PS : Fronde anti-Hollande, avec Fatiha Keloua Hachi
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 38 %Attaque 45 %Défensif 17 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:35OuverteRéponse directe
Comment ça s'est passé aujourd'hui pour votre groupe, les socialistes ?
- 0:48OuverteRéponse directe
C'est quoi ces trois propositions de loi ?
- 1:25OuverteRéponse directe
Pourquoi avez-vous voté la censure contre François Bayrou ?
- 1:56OuverteRéponse directe
Vous avez décidé de censurer François Bayrou. Pourquoi ?
- 3:52OuverteRéponse partielle
Vous croyez qu'elle va donner quelque chose, cette discussion ?
- 4:06RelanceÉludée
Est-ce qu'on ne peut pas penser aussi que vous avez intérêt à ne pas avoir de candidats insoumis face à vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:52Invité politiqueFait
« La première, c'est sur la vie chère dans les Outre-mer. »
- 0:52Invité politiqueFait
« La deuxième, c'est sur le ratio patients-soignants. »
- 1:05Invité politiqueFait
« Et la troisième, c'est le repas à un euro. C'est la mienne. »
- 2:02Invité politiqueChiffre
« 8 députés, ça fait 12%. »
- 2:43Invité politiqueChiffre
« On était déjà à 260 millions de coupes budgétaires. Il nous en rajoute 130, etc. »
- 2:59Invité politiqueFait
« Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de France métropolitaine. »
- 3:09Invité politiqueFait
« Deux ans de vie en plus, deux ans de travail en plus, c'est deux ans de vie en moins. »
- 3:27Invité politiquePromesse
« Et pour moi, c'était aussi une façon de dire, bon, on arrête tout. Ceux qui doivent partir à la retraite partent dès le mois de janvier. »
- 8:44Invité politiqueFait
« On a obtenu les 4 000 postes, c'est-à-dire la non-suppression des 4 000 postes. »
- 9:09Invité politiqueFait
« On a obtenu aussi des avancées sur le non-déremboursement de certains médicaments. »
- 9:51Invité politiqueFait
« J'en ai reçu des milliers en me disant « Fatiha, esprit de corps, toi aussi, tu as été fonctionnaire, il ne faut pas laisser passer ça. » »
- 17:19Invité politiqueFait
« Je suis rentrée au parti socialiste quand Nicolas Sarkozy a décidé de faire un ministère de l'immigration. »
- 17:55Invité politiqueFait
« Pour moi, le parti socialiste, c'est le parti de Jaurès. »
- 22:59Invité politiqueFait
« Si les élections des députés se font à la proportionnelle, le RN a un député en Seine-Saint-Denis. Au moins. »
- 23:10Invité politiqueChiffre
« Dans ma circonscription, ils font 28%. »
- 26:31Invité politiqueChiffre
« il y a une clientèle pour le Front National, c'est pour ça qu'ils sont 80 députés. »
- 27:06Invité politiqueFait
« C'était beaucoup d'argent. Mais il n'a pas gagné à cause de TikTok. »
- 32:20Invité politiqueFait
« Moi, je vois des jeunes qui dorment dans leur voiture. »
- 32:28Invité politiqueChiffre
« je paye 95 euros par mois pour me chauffer et en plus, j'ai froid. »
Temps de parole
- Fatiha Keloua Hachi57 %
- Présentateur18 %
- Locuteur 511 %
- Locuteur 411 %
- Locuteur 13 %
≈ 8,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Salut, c'est Jean Macier. Juste avant ton podcast, un petit mot pour te dire que tu peux soutenir Backseat en cliquant sur le lien dans la description. Petite chose intéressante déjà aujourd'hui, vous êtes sur le plateau de Backseat à l'heure qu'il est, vous étiez dans l'hémicycle de l'Assemblée Nationale avant, vous y retournez après. Pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, c'est la niche parlementaire des socialistes à l'Assemblée Nationale. La niche parlementaire, c'est ce petit jour dans l'année que le groupe maîtrise en termes d'agenda d'ordre du jour. Et donc, c'est l'occasion pour un groupe de faire adopter ou d'en tout cas essayer de faire adopter des propositions de loi.
Comment ça s'est passé aujourd'hui pour votre groupe, les socialistes ?
Pour l'instant, ça s'est très bien passé. On a eu trois votes favorables pour trois propositions de loi qui sont très chouettes.
Donc, trois propositions de loi socialistes ont été adoptées aujourd'hui à l'Assemblée Nationale. C'est quoi ces trois propositions de loi ?
Alors, la première, c'est sur la vie chère dans les Outre-mer. La deuxième, c'est sur le ratio patients-soignants. Donc, de mieux gérer le ratio entre les patients et les soignants. Donc, d'avoir plus de patients, de soignants tout simplement. Et la troisième, c'est le repas à un euro. C'est la mienne.
C'est la vôtre que vous avez déposée, défendue, dans l'hémicycle tout à l'heure. Félicitations. Merci. On est contents. À l'Assemblée Nationale, en première lecture. Il faut que ça continue à faire son petit bonhomme de chemin, le Sénat, tout ça, tout ça. Mais en tout cas, c'est une forme de victoire politique. Parlons-en quand même de l'autre sujet pour lequel on a voulu vous inviter. Parce qu'au début d'année 2025, la gauche, le nouveau Front Populaire, a déposé une motion de censure contre le gouvernement de François Bayrou. Motion de censure que n'a pas voté le groupe socialiste à l'Assemblée Nationale. 66 députés à l'Assemblée Nationale sont socialistes.
Et l'écrasante majorité d'entre eux n'ont pas voté cette motion de censure avec le reste de leurs camarades de gauche. À l'exception de 7 députés socialistes. 8 députés socialistes, dont vous. Et c'est aussi pour ça qu'on voulait vous recevoir sur le plateau de Brexit ce soir. Vous avez décidé de censurer François Bayrou. Pourquoi ?
Alors, déjà, on va commencer par le commencement. 8 députés, ça fait 12%. 12% du groupe socialiste a voté la censure. C'est pas rien. C'est pas énorme, mais c'est pas rien non plus. Et c'est pas rien non plus. Alors, pourquoi j'ai censuré le gouvernement Bayrou ? Pour moi, c'est pas une motion de censure, en fait. C'est une motion de sursaut. Il faut se réveiller, quoi. Il y a un moment où il doit y avoir une pression sur ce gouvernement pour vraiment l'alerter que le PLF, le projet de loi de finances, il va pas dans le bon sens. Il va pas dans le bon sens, déjà, de l'époque de Barnier. Mais alors là, il y a les coupes sur des coupes. Et là, c'est catastrophique.
Et puis, je vais vous donner des exemples. Le sport, là, c'est catastrophique. On était déjà à 260 millions de coupes budgétaires. Il nous en rajoute 130, etc., etc. Donc, moi, j'avais alerté que j'avais des lignes rouges. Et j'en avais une, la réforme des retraites. Alors, pourquoi ? Parce que moi, je suis députée socialiste de Seine-Saint-Denis. Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de France métropolitaine. Seine-Saint-Denis où il y a une concentration de gens qui sont de simples ouvriers, les plus précaires. Deux ans de vie en plus, deux ans de travail en plus, c'est deux ans de vie en moins. C'est simple.
Les gens vivent peu longtemps par rapport au cadre, beaucoup moins longtemps. Et moi, la réforme des retraites, je ne l'ai pas digérée. Tous les Français ne l'ont pas digérée. Mais je voulais un gel de la réforme des retraites. Et pour moi, c'était aussi une façon de dire, bon, on arrête tout. Ceux qui doivent partir à la retraite partent dès le mois de janvier. Et on discute. Sauf que ça ne s'est pas passé comme ça. C'est qu'on discute. Et ensuite, dans trois mois, on voit. Alors, je tiens à dire que c'est quand même quelque chose d'important, la discussion. Pourquoi ? Parce que Macron, c'est son totem, la réforme des retraites. C'est la réforme borne. Et que pour lui, de rouvrir...
Vous croyez qu'elle va donner quelque chose, cette discussion ?
Je ne sais pas. Mais en tout cas, de rouvrir la discussion, c'est quelque chose d'important. C'est quelque chose de... Pour moi, c'est une avancée. Par contre, elle est insuffisante.
Vous l'avez dit, vous-même, vous êtes député de Seine-Saint-Denis. Est-ce qu'on ne peut pas penser aussi que, trivialement, vous avez intérêt à ne pas avoir de candidats insoumis face à vous à la prochaine élection dans votre circonscription ? Est-ce que là, vous risquez de la perdre, votre circonscription, si vous avez la France insoumise ?
Alors, oui et non. J'ai des collègues... D'abord, la Seine-Saint-Denis, ce n'est que des députés de gauche, aujourd'hui. Il n'y a que des députés. 12 circonscriptions, 12 circonscriptions de gauche. C'est important de le dire, parce que ce n'était pas le cas avant 2022. Dans les 12 circonscriptions, on a 8 circonscriptions insoumises, 2 écologistes, 2 écologistes, 2 communistes, 1 socialiste, donc ça fait 5, et donc 7 circonscriptions insoumises.
Vous êtes la seule socialiste de Seine-Saint-Denis.
Je suis la seule socialiste de Seine-Saint-Denis, parce que c'était la seule circonscription qui avait été fléchée socialiste.
Donc vous avez intérêt à voter avec le reste ?
Non, mais c'est parce que vous ne me connaissez pas. Moi, je ne fonctionne pas par intérêt. Je fonctionne par ce que je crois, par les vraies valeurs. Je suis une femme de gauche, et mes valeurs, c'est l'union de la gauche. Ça l'a toujours été. J'ai grandi à Montreuil, qui est une ville communiste, et à l'époque, j'étais déjà socialiste, et je tractais pour les communistes, pour que Jean-Pierre Bras reste maire, et puis ensuite, maintenant, pour le nouveau maire. Donc c'est comme ça. Je suis génétiquement comme ça. Maintenant, on peut me targuer d'avoir pensé des petites pensées électorales ou je ne sais quoi. Moi, je suis prof. J'adore mon métier.
À la dissolution, je suis retournée dans mon établissement leur faire coucou, leur dire que je reviens. Il n'y a aucun souci.
Emileon ? Oui, c'est-à-dire que dans les points, finalement, d'achoppement au sein de la gauche, qui justifiaient pour les gens qu'on votait à la censure, le fait que c'était évident, qu'il a moins été pour vos camarades socialistes, il y avait donc la réforme des retraites, dont je me pose la question de quelle est la position du PS aujourd'hui, parce que beaucoup de paroles ont été dites abrogation, gel, accession, voilà, tandis que, bon, par exemple, la LFI est pour l'abrogation pure et simple.
Et deuxièmement, c'est la présence dans le gouvernement, notamment de deux ministres, Bruno Rotaillot et Gérald Darmanin, avec les options politiques qu'on connaît, qui a priori sont quand même radicalement opposées à ces deux autres. Donc comment est-ce que, pour rester sur le deuxième point, comment vous expliquez que ça n'est pas apparemment posé tant de problèmes que ça à certains camarades, et qu'est-ce qu'il faudrait pour réveiller un petit peu l'affaire ?
Moi, je ne suis pas là pour faire le service à prévente de la censure ou de la non-censure. Mais ce que je peux vous dire, c'est que, pour moi, on a eu un programme commun qu'on a fait très vite, mais il y avait déjà un programme commun de la NUPES, donc c'est le deuxième programme commun. Le programme du NFP, on l'a tous validé et on est partis en campagne sur ce programme. Il dit abrogation de la réforme Borne, retour à la réforme Touraine. On s'arrête là, point barre, il n'y a plus d'autres discussions. S'il y en a d'autres, c'est que je n'ai pas compris les règles du jeu. Le gel, le but du gel, c'était en attendant l'abrogation.
Mais on est, les socialistes sont pour l'abrogation de la réforme des retraites. Et ça, je vous parle en tant que socialiste et pas en tant que minoritaire dans un groupe politique. Deuxièmement, pour moi, c'est épidermique d'avoir dans Auban, Darmanin et Retailleau, et surtout Retailleau.
Auban, ça veut dire dans le gouvernement.
Oui, ça veut dire dans le gouvernement. C'est les deux premiers bancs de l'Assemblée qui sont dédiés aux membres du gouvernement. C'est épidermique, mais c'est épidermique, pour moi, c'est rédhibitoire, puisque en plus, Retailleau a une dent contre les Algériens et que moi, je suis binationale. Donc déjà, ça complique les choses. Mais la réalité, c'est que mes collègues, quand ils n'ont pas censuré, ils ont eu des arguments. Ils ont dit qu'on ne censure pas sur un discours de politique générale. On censure sur des actes. Quand Retailleau va déposer, je ne sais pas, un amendement sur le PLFSS sur l'AME, et là, ça sera des actes. Là, on va se dire non, ce n'est pas possible.
C'est une ligne rouge pour le Parti socialiste et pour le groupe socialiste.
Donc, les avancées, est-ce que les socialistes semblent avoir obtenu la lettre de Bayrou, etc. Donc ça, ça ne vous a pas convaincu plus que ça. Mais pour autant, d'ailleurs, qu'est-ce qu'ils ont obtenu à ce moment-là ? De quoi ils se... Ou ça ne vous plaisait déjà pas, mais qu'est-ce qu'ils avaient obtenu ? C'était quoi les arguments ? Après, on a appris que Hollande aussi avait appelé Bayrou. Comment ça s'est négocié ?
Alors, déjà, je ne sais pas comment ça s'est négocié, mais je sais ce qu'on a obtenu. On a obtenu les 4 000 postes, c'est-à-dire la non-suppression des 4 000 postes.
Et le Sénat est déjà revenu là-dessus ?
Il est revenu partiellement et puis il y a la CMP après. Tant qu'il n'y a pas la CMP, on ne sait pas ce qui va se passer.
C'est la nouvelle position du gouvernement, pas de suppression des 4 000 postes ?
Pas de suppression. La position d'Elisabeth Borne dans l'article du Parisien était quand même claire. Quand ils sont clairs, il faut le dire, c'était non-suppression des 4 000 postes. On a obtenu aussi des avancées sur le non-déremboursement de certains médicaments, ce qui est quand même super important. Parce que quand on va à la pharmacie et qu'on achète une boîte de médicaments à 8 euros, on retourne chez soi et on reste malade.
Après, c'est des avancées sur des reculs. C'est-à-dire, il n'y aura pas de recul. Ce n'est pas des avancées.
Je suis d'accord avec vous, mais vous savez, quand on est député, quand on siège, ça donne froid dans le dos quand on entend qu'on va dérembourser une liste de médicaments de 70 médicaments parce qu'on sait ce qui va se passer. Oui, bien sûr que c'est une avancée d'un non-recul. On est d'accord. Ce n'est pas une avancée. Mais la réalité, c'est que la lubie de Casbarian quand il dit « Allez hop, trois jours de carence pour tous les fonctionnaires », moi, mes collègues m'ont tous envoyé des SMS. J'en ai reçu des milliers en me disant « Fatiha, esprit de corps, toi aussi, tu as été fonctionnaire, il ne faut pas laisser passer ça. » Donc oui, mais leur projet, il est funeste.
Donc qu'ils soient revenus un peu sur un projet funeste, c'est quand même positif.
Est-ce que vous pensez qu'Olivier Faure s'est fait avoir ? Parce qu'entre les avancées... Moi, je l'ai senti amère à la tribune de l'Assemblée nationale puisque, semble-t-il, dans le discours de politique générale de François Bayrou, François Bayrou a dit assez peu de choses de ce qu'il aurait dealé en réunion avec les responsables socialistes. Et Olivier Faure, lui, en a beaucoup voulu. Il l'a fait remarquer d'ailleurs dans son discours. On a l'impression qu'Olivier Faure s'est fait avoir par François Bayrou, qu'il est maintenant pieds et poings layés avec un gouvernement qui lui a donné quelques miettes et que ça n'a pas beaucoup d'avenir.
Et on a l'impression que Bayrou est très content de son coup. Alors, Bayrou,
la déclaration de politique générale était nulle. Elle était nulle. Elle montrait un niveau déjà. Et politiquement, ce n'est pas ma tasse de thé. Barnier, c'est encore moins ma tasse de thé. Il y avait quand même un peu plus de relief. Oui, mais sur les poireaux,
ça ne vous a pas... Le truc sur les élèves qui sont des poireaux et tout, ça ne vous a pas
convaincu ? Non, non, non. Oui, moi, l'agriculture et l'éducation nationale, ça ne fait pas bon ménage pour moi. Mais bon, après, chacun son truc. Il a été très mauvais et il n'a rien dit des avancées que les socialistes avaient obtenues. Même si elles n'étaient pas très importantes, il y en avait. C'est pour ça qu'on lui a demandé une lettre. Il s'est exécuté, il a fait sa petite lettre. Bon. Olivier Faure, il a accepté la position du groupe. Donc, il est allé à la tribune dire la position du groupe. Après, l'amertume, la non-amertume, c'est de la... Enfin, on est dans un milieu politique. Donc, soit on accepte
de défendre... En fait, c'est le groupe socialiste. Est-ce que le groupe socialiste s'est fait avoir ? C'est ça, ma question, en fait.
C'est à moi que vous posez...
Non, mais justement, je sais que vous, en l'occurrence, vous avez refusé la position du PS et vous avez voté la censure alors que le PS a décidé, de discipline collective, de ne pas la voter. Donc, c'est pour ça. Je vous pose la question à vous. Pourquoi avez-vous voté cette censure alors que votre parti
n'a pas voté ? Je ne pense pas que le groupe socialiste se soit fait avoir. Je pense que c'était réfléchi, que le but, c'était de rester en discussion avec le gouvernement et de ne pas claquer la porte. Moi, je suis d'avis qu'on peut censurer et continuer à discuter. Pourquoi ? Parce que quand on censure, je vous dis, c'est ça, c'est la motion de sursaut. Attention, moi, je vous mets de la pression. Je ne suis pas là pour être en... À aucun moment, je n'ai de connivence puisque je continuerai à discuter avec vous. Enfin, je continue à discuter, mais je censure pour vous dire que le gouvernement ne me plaît pas. Un. Deux. Le PLF va être une catastrophe.
Le PLF, c'est le budget. Est-ce que vous pensez que les socialistes, du coup, sont peut-être aussi taraudés par le fait que si eux se mettent à censurer directement Bayrou, ils mettent le gouvernement de Bayrou, comme celui de Barnier avant, dans les mains du RN ?
Oui.
C'est ça, les scrupules qu'ils ont eus, c'était ça ?
Je pense que ce gouvernement Bayrou a décidé de discuter avec la gauche. Pour nous, c'était important d'entrer dans les discussions. Les écologistes et les communistes l'ont fait aussi. c'était important d'entrer en discussion et c'était aussi une façon de dire si on entre en discussion, ils n'iront pas discuter avec le RN. En tout cas, c'est un argument.
On a fait des petits calculs avec le chat la semaine dernière. On a calculé qu'il fallait une petite vingtaine de députés socialistes qui censurent pour qu'une motion de censure passe. Si d'aventure, le RN et ses alliés le votaient également. Il paraît, j'ai appris dans le journal l'opinion qu'il y a un groupe WhatsApp qui existe qui s'appelle l'Amicale de la censure. Constitué des députés socialistes favorables à la censure.
Qui choisit ce genre de nom, franchement ?
C'est sympa. En vrai, il n'est pas mal, le nom. Vous en faites partie évidemment de ce groupe WhatsApp. J'espère que l'ambiance est bonne à l'intérieur. Il y a combien de membres dans ce groupe WhatsApp ?
D'abord, oui, je fais partie du groupe WhatsApp. Je n'ai aucun problème. Mais je fais partie d'autres groupes WhatsApp. Attention.
Oui, non mais je sais.
On discute avec tout le monde.
Vous êtes aussi dans le groupe général socialiste
député. Et dans d'autres encore. Je discute, je suis OK pour discuter. Par contre, ce que je n'apprécie pas, c'est que le journal l'opinion, il sous-entend que ce seraient les députés qui auraient envie à nouveau de censurer. Ce n'est pas ça.
Ce n'est pas sûr ?
Non. Ce n'est pas ça. Ce n'est pas l'objectif. Ce groupe WhatsApp, c'est des députés qui ont censuré, ont hésité ou ont eu envie de censurer. Il faut retrouver notre position à gauche. Attention. Il y a urgence. Il y a urgence de réfléchir. Il y a urgence de rediscuter ensemble avec aussi les autres groupes politiques. Ce n'est pas le groupe Gadget. J'appuie sur le bouton censure sans arrêt. Ce n'est pas ça.
Non, non. Je comprends. Peser en interne aussi pour... Opinion,
ça dit un peu ça.
Oui, mais ça, c'est nos amis de l'opinion. Mais ce que je voulais vous demander, c'est, soyons clairs, est-ce que vous allez censurer le gouvernement de France à Bayrou sur le budget ?
Je vais vous décevoir, je n'en sais rien. J'attends, j'attends la CMP. Je ne suis pas quelqu'un, je n'ai pas d'a priori sur le budget et comment il sera au final. Là, aujourd'hui, je peux vous dire clairement, ce budget, il ne me convient absolument pas. C'est catastrophique même, plutôt. Mais j'attends la CMP, j'attends de voir les amendements qui vont être retenus. La politique, c'est un peu au dernier moment, en réalité.
On a vu effectivement que, encore une fois, ça ne répond pas à la question de est-ce que le PS s'est fait avoir ou pas dans les négociations. En tout cas, on a vu que le Parti Socialiste faisait monter la pression. Olivier Faure, Philippe Brun, d'autres sont montés dans les tours en demandant davantage de concessions à François Bayrou en faisant monter un peu les enchères. Existe-t-il un monde dans lequel le groupe socialiste finalement vote la censure de François Bayrou au moment du budget ?
Mais bien sûr que oui.
Trois semaines après ne pas l'avoir censuré sur la politique.
Évidemment, mais j'espère bien. Sinon, s'il y a des prérequis, à quoi ça sert de faire de la politique et de discuter ? Il n'y en a pas. Bien sûr que l'objectif, c'est d'abord de rester unis au groupe socialiste, c'est important, et ensuite de voir si on censure ou si on ne censure pas. Mais il y a les deux options.
Ça avait été dit à la tribune aussi par Boris Vallaud, je crois. Oui, la censure
est sur la table.
On garde le doigt sur le bouton de la censure pour la suite. Ariane ?
Oui, j'ai lu l'interview de Carole Delga dans Le Monde tout à l'heure. Globalement, c'était oui, il faut quand même faire des économies, la gauche du gouvernement, remettons François Hollande, parce que ça avait si bien marché la première fois. Et globalement, rupture avec Alafi et elle rapproche Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.
C'est Carole Delga.
Voilà, c'est Carole Delga. Carole Delga,
opposante à Olivier Faure en interne, qui néanmoins dans cette interview lui reconnaît d'avoir discuté avec Bayrou et elle trouve ça très bien.
Parce qu'il voulait censurer à la base Faure et apparemment, il a changé d'avis en cours de route. C'est ce que j'ai lu.
Moi aussi.
Ariane, du coup,
donc Carole Delga,
on en pense quoi ? On en pense quoi ? Oui, ma question, parce que franchement, c'était vraiment épuisant. Vous avez dit que vous êtes une femme de gauche, mais du coup, vous êtes sûre que vous êtes dans le bon parti ? Oui, c'est direct.
C'est très bien. Je vais répondre à Delga, Hollande, bon parti. On fait tout. Moi, j'aime le parti socialiste. Moi, je sais pourquoi je suis socialiste. Je suis rentrée au parti socialiste quand Nicolas Sarkozy a décidé de faire un ministère de l'immigration. Je me suis dit là, il faut que je m'engage en politique. Les communistes, je les connaissais bien à Montreuil. Ça ne me convenait pas. Il y avait quelque chose qui me dérangeait. d'un esprit de corps unique où il fallait... Il y avait un décideur qui avait toujours... Le chef a toujours 95%, on ne sait pas d'où il les sort.
C'est rare. On parle des communistes de Montreuil ? Non, non, mais d'accord.
Je ne parle pas des communistes de Montreuil. Je parle des communistes en général. Il y avait quelque chose qui me dérangeait pour rentrer au parti communiste. Donc, je suis rentrée au parti socialiste. Et puis, pour moi, le parti socialiste, c'est le parti de Jaurès. C'est le parti de Jaurès qui s'est mis aux côtés des ouvriers, qui s'est battu avec les syndicats pour avoir des avancées pour les ouvriers. Pour moi, je suis restée là. C'est ce parti-là. Mais aujourd'hui... C'est aussi François Hollande. Les autres, ils ont... Donc, je réponds.
Vous la deuxième question.
François Hollande est un député comme n'importe quel autre député. Il est député d'une circonscription de Corrèze. Et pour moi, c'est tout. Ça n'est pas notre secrétaire national. Et ça n'est pas notre président de groupe. Et c'est important de le dire. C'est important de le rappeler.
Il a un bilan, quand même. Il a une audience aussi qui est extraordinaire. C'est-à-dire, il a une chambre d'écho formidable. Chacune de ses déclarations, il fait énormément de médias.
Il l'utilise.
Il insiste énormément sur la rupture avec LFI et avec Mélenchon. D'ailleurs, les deux, de toute façon, tu les lances. C'est 30 ans de... Voilà, on sent qu'il y a un truc à régler. Mais du coup, lui en a fait un peu une question, un axe prioritaire. Aidé en cela par les questions des journalistes. On voit qu'LFI, vous devez le constater aussi, LFI est mis au banc de la vie politique, exclue très volontiers par tous les journalistes de l'arc républicain et par les politiques aussi et par Renaissance également. Est-ce qu'il ne s'agit pas aujourd'hui de résister aussi à ça ?
Moi, je trouve que d'exclure les insoumis de la société, ça n'est pas un programme politique.
Non, mais ça a l'air d'être celui de Hollande. Ça n'est pas un programme politique.
Donc, les collègues qui en font leur obsession, je leur dis clairement, ça n'est pas un programme politique. Proposez un programme de gauche et vous verrez qu'il y a des gens qui vous suivent. Arrêtez de parler des uns, des autres, des distensions, des disputes, de la gauche de gouvernement, ça suffit en fait.
Ou aller à la place publique.
Pardon ?
Ou aller à la place publique.
Qui doit aller à la place publique ?
Ces gens-là, précisément.
Ah, d'accord. Je crois qu'ils tiennent tous au Parti Socialiste autant que moi, c'est ça le problème. Mais par contre, moi, je ne partirais pas.
Vous souhaitez qu'ils partent ?
Non, je ne dis pas ça. Je dis qu'il y en a qui sont partis, qui sont revenus.
C'est vrai qu'ils l'ont évoqué, Anne Hidalgo l'a évoqué aussi. Je reviens sur le Parti quand même parce qu'il y a aussi la question du Congrès. Il y a aussi la question du Congrès qui est posée. J'ai entendu dire par Olivier Faure qu'il allait organiser un Congrès avant l'été prochain. C'est l'engagement qu'il a pris. Le Congrès, je rappelle que c'est l'Assemblée Générale du Parti. Les adhérents votent pour les tendances internes du Parti, pour la direction générale du Parti en élisant des délégués, etc. Est-ce qu'Olivier Faure joue aussi son avenir politique personnel à la tête du Parti ?
Oui, évidemment. Oui, il joue. Bien sûr. Donc ça explique aussi. D'abord, il a quand même fait deux mandats de secrétaire national. C'est une réalité. Moi, Olivier Faure, c'est un ami. Pour moi, il a remonté le Parti. On est enfin revenus sur notre gauche. On a eu du mal. Ça a été long. Ça a été difficile. Donc il est hors de question qu'Olivier Faure ne soit pas à nouveau candidat déjà. Ou en tout cas, notre ligne. C'est absolument important que la ligne de l'union de la gauche, les socialistes qui sont dans une gauche unie avec les insoumis, n'existe plus. Ça serait très compliqué. Là, je ne me reconnaîtrais plus dans mon parti.
Émilian ? Oui, il y a une question qui en fait est un peu en suspens dans l'atmosphère, quelque part, avec ce gouvernement Bayrou, c'est celle de la proportionnelle. La proportionnelle, ce n'est pas une ronde question absolument historique des socialistes. Ce n'est pas la première, mais dans le programme du NFP, figure l'idée de la proportionnelle qui est défendue aussi par le RN et vis-à-vis laquelle la Macronie se dit à peu près ouverte. Et donc, je pose la question de est-ce qu'avant éventuelles élections anticipées, il y aurait cette proportionnelle. La question, c'est quel proportionnel est-ce qu'on défend ? Je n'ai pas beaucoup vu de détails.
Certains ont lancé des propositions pendant les écologistes à apporter de l'allure, etc. Le RN, on sait qu'ils sont pour une proportionnelle très bizarre où on met 30% de prime au premier, ce qui veut dire qu'il n'y a rien de proportionnel du tout. Et par ailleurs, ça a aussi des enjeux vis-à-vis de l'union de la gauche parce qu'une proportionnelle intégrale, nationale, est généralement assez peu favorable aux unions parce que chacun y va et récolte ses points. Donc, est-ce que vous pouvez nous dire un peu au PS quelle serait la proportion qui serait portée ou de ce que vous pouvez discuter éventuellement avec les partis collègues ?
Moi, je suis vraiment inquiète parce que je crois que la politique et la politique intelligente, elle se fait sur le temps long. Nous, on n'a pas mené de réflexion ces dernières années sur la proportionnelle sérieuse. On est en train de le faire. On est en train d'avoir des groupes de travail sur la proportionnelle et dans les autres pays, comment ça se passe. Est-ce que ça serait favorable pour nous ou pas ? Voilà. On est en train de le faire, mais on vient de commencer. Donc, si Bayrou décide d'un seul coup d'engager la seconde et de proposer un projet de doigt sur la proportionnelle ficelé tout près qui ferait plaisir au Rassemblement national, semble-t-il, je suis inquiète.
Je vais vous donner un exemple du département à la Seine-Saint-Denis. Si les élections des députés se font à la proportionnelle, le RN a un député en Seine-Saint-Denis. Au moins.
Oui.
Parce que moi, dans ma circonscription, ils font 28%.
Oui.
Voilà. Déjà, ça, c'est un indice. Il faut le prendre en compte et ensuite, regarder sur le territoire national ce que ça peut donner.
Je précise que vous devez partir du plateau à 21h30.
Et j'aimerais qu'on parle de repas à 1 euro, quand même. Attendez, c'était ma transition. Encore une petite question
un peu générale ? Vas-y, continue. Juste une petite question un peu générale parce que je me souviens aussi d'une ambiance. On parlait de Carole Delga. À un moment, l'aile droite du PS, on va dire, la gauche bourgeoise pro-business à un moment, se réjouissait de l'arrivée au pouvoir de d'autres... Ah oui, ils disent sociodémocrates, ils disent. Donc d'autres sociodémocrates dans le monde. Aujourd'hui, on voit Scholz qui va partir là en Allemagne, Starmer qui est en grande difficulté en Angleterre, les démocrates aux Etats-Unis qui se sont fait rétamer, le tout avec l'extrême droite qui pèse.
Est-ce que vous pensez qu'à ce moment-là, au moment où la gauche réarrivait au pouvoir dans quelques pays, on se rend gorgé aussi au Parti Socialiste, on se dit, voyez, il y a une place pour notre gauche social-démocrate et puis là, on voit qu'elle se fait balayer, qu'elle va se faire balayer dans pas longtemps, que ça ne prend pas. Est-ce que c'est perçu par des gens aussi au PS en se disant peut-être qu'il est l'heure de faire vraiment la gauche de rupture ? Ce qui avait sans doute été un petit peu la réflexion au moment de la NUPES. Voilà, il faut changer de gauche. Est-ce que cette réflexion se poursuit là ? Est-ce qu'on a arrêté de se faire des illusions sur ces questions ?
La question que vous me posez, si vous me la posez à moi, déjà je vais répondre moi, après je parlerai des discussions des socialistes. Moi je suis inquiète parce que j'ai l'impression que les gens votent pour plus de radicalité, mais dans tous les sens, c'est-à-dire vers la gauche et vers la droite et vers l'extrême droite. ça m'inquiète parce que je n'ai pas l'impression que les gens votent vraiment pour des programmes pour des changements de société. J'ai l'impression qu'ils votent pour des chocs, c'est-à-dire comment on va choquer la société, comment on va faire un électrochoc et changer de registre.
Non, c'est juste c'est quoi l'électrochoc de la France insoumise ? Vous dites à gauche et à droite, mais en vrai le programme de la France insoumise ce n'est pas un programme dingo, c'est un programme de gauche.
Je n'ai absolument pas dit que c'était un programme dingo. Non, mais parce que vous dites électrochoc. D'accord, je ne suis pas insoumise mais quand même. J'ai dit que les gens qui allaient aux urnes
cherchaient
de l'électrochoc et c'est une réalité, c'est-à-dire que je vais parler de Jordan Bardella comme ça on va se mettre d'accord. Moi, les habitants de Ronny-Gagné-Villemomble, quand ils sont allés dans l'isoloir, ils ont voté Jordan Bardella alors que le candidat c'était un certain, je n'aurai même pas son nom parce que je ne vais pas me rabaisser à dire son nom, c'était un gars que personne ne connaissait et on n'avait jamais vu sa tête. Il arrivait de Montreuil, il a été parachuté à Ronny et puis maintenant il habite à Ronny. Les gens, quand ils sont allés dans l'isoloir, ils ont beaucoup de jeunes parce que moi, comme j'ai été prof très longtemps, je parle beaucoup avec les jeunes.
Ils me disent moi j'ai voté pour le TikToker. Ils cherchent un truc différent, faute chose, pas de faire de la politique comme nous on l'entend, chercher autre chose. C'est-à-dire le problème,
c'est les jeunes ?
Non, mais le TikToker, il a eu beaucoup de voix.
Parce qu'il est TikToker ?
Alors il y a ceux-là. Et puis après, il y a les racistes, il y a bien sûr, il y a une clientèle pour le Front National, c'est pour ça qu'ils sont 80 députés. Mais moi, j'ai l'impression que la politique, comme moi je l'entends, elle n'a, elle vend plus, elle n'est plus vendeuse. Oui, c'est vrai. Maintenant, est-ce que les groupes politiques, est-ce que le Parti Socialiste doit travailler là-dessus ? Bien sûr que oui. Bien sûr que oui.
Il va falloir des TikToker aussi.
Non mais, et qui racontent un peu de choses intelligentes. C'est pas à cause de TikTok. Si il y a la montée du fascisme dans tous les pays du monde, c'est pas parce qu'il y a TikTok.
Excusez-moi, mais le programme de Trump, qu'est-ce que c'était le programme de Trump ? C'était beaucoup d'argent. Mais il n'a pas gagné à cause de TikTok. Non, pas TikTok, mais Twitter, oui.
Un petit peu.
Un petit peu quand même.
Non mais, il avait déjà gagné une première fois avant. En effet, il y a un vent pour l'extrême droite qui est aussi largement porté par les intérêts économiques qui trouvent ça très intéressant. Donc justement, peut-être qu'aujourd'hui, allez, je fais un petit raisonnement marxiste un peu de base. Peut-être que le capital est en train de se retourner et de trouver que la solution, y compris la solution sociale libérale à l'européenne et tout, est une solution un petit peu dépassée, notamment pour avoir l'adhésion des masses. Et peut-être que c'est ça dont Trump est le nom.
C'est-à-dire, une autre façon, une autre incarnation, une autre manière de créer un lien avec des gens pour qu'ils votent pour vous alors que vous n'allez pas du tout faire un programme économique qui va dans leur sens. Ils ont trouvé cette nouvelle formule-là. Combien de temps avant qu'en France, ils se disent la même chose et que nos grands capitalistes se retournent et se mettent à soutenir des leaders d'extrême droite qui vont mentir, qui vont... Etc. Donc... Oui.
De toute façon, ça sera soit ce modèle, soit un modèle de rupture à gauche. Moi, je suis pour la rupture à gauche. Moi, personnellement, je suis élue de Seine-Saint-Denis, j'ai grandi en Seine-Saint-Denis, je ne peux pas être pour autre chose que pour la rupture à gauche.
Emilia ? Alors, donc, vous avez porté une loi sur les repas en euros qui avait déjà été portée en 2023, qui avait échoué à une voie près...
Celle d'Éric Ciotti. Ah. Je dénonce.
Et bien d'autres. Non, non.
À une voie près, Éric Ciotti est arrivé en courant pour appuyer sur le bouton.
Bon, bah écoutez, comme quoi il peut courir. Mais... À l'époque, les macronistes à droite étaient plus nombreux. Bon, il se trouve qu'apparemment, ils n'étaient pas très présents aujourd'hui sur les bancs de l'Assemblée. En tout cas, vous avez réussi à faire ça, qui, effectivement, était entre autres une réponse à ces fils d'étudiants en banquement de l'Assemblée qui est absolument scandaleuse. Et en lisant une de vos justifications dans la presse de cette loi-là, je trouvais un propos très intéressant qui était que les jeunes ne doivent pas... Les étudiants et autres jeunes, évidemment, ne doivent pas dépendre de leurs parents pour vivre et faire leurs études.
Et, effectivement, il y a de nombreux jeunes qui, ne serait-ce que doivent travailler pour faire leurs études. J'en ai, moi-même, enseignant à la fac, comme tous les profs de fac ont des élèves qui, parfois, ne peuvent pas assister à certains cours parce que, bah voilà, on leur a demandé de venir en dernière minute. Donc, c'est des choses où on se dit que ce n'est pas normal. Qu'est-ce que... Quelle est l'étape d'après, finalement, pour cette autonomisation des jeunes ? Quelque chose qui a beaucoup été discuté, c'est le RSA. Il existe un RSA jeune qui est très restrictif parce que c'est que pour les actifs depuis un certain temps ou les gens qui ont deux enfants.
Est-ce que, contrairement à ce que veut le gouvernement, il faudrait généraliser le RSA à 18 ans ou même envisager des revenus étudiants comme ça dans d'autres pays, notamment Nordique ? Comment est-ce qu'on fait pour que les étudiants soient des citoyens adultes et pas juste des gens qui dépendent de leurs parents et s'ils ne sont pas riches, et baptiques pour eux ?
Déjà, on va peut-être commencer par le commencement, c'est-à-dire... Moi, je vois que les étudiants ont faim aujourd'hui. C'est quand même le plus urgent, c'est de se nourrir.
Ils ont faim. 56% des étudiants déclarent avoir déjà sauté souvent ou de temps en temps un report.
Par faute d'argent. Par manque d'argent. Par manque d'argent, c'est important. Et la genèse, en fait, de cette proposition de loi, elle est simple. Moi, j'ai enseigné à l'UPEC, donc la fac de Créteil. Pendant 4 ans. Pendant le Covid. Et là, j'ai vu que mes étudiants ont sombré dans la pauvreté. C'est-à-dire que ceux qui avaient les moyens sont rentrés chez papa, maman. Très rapidement. Et puis, les autres, ils se sont isolés dans leur chambre d'étudiants. Les crousses étaient fermées pendant quelques semaines. Les magasins étaient fermés. Et donc, il y avait des colis alimentaires ou rien. Et en réalité, cette situation, elle n'a pas tellement changé là, maintenant, tout de suite.
Il fallait faire quelque chose. Donc, cette proposition, elle vient bien sûr des syndicats étudiants. C'est tout simple. Moi, quand j'ai été députée en 2022, j'ai reçu tous les syndicats étudiants. UNEF, FAGE, Union étudiante, à l'époque, c'était un autre nom. J'ai reçu toutes les associations d'aide aux étudiants et ils m'ont dit repas un euro, repas un euro. Donc, ça vient de là. On va dire la victoire, elle est à eux, elle est pour eux. Moi, je suis quelqu'un de tenace. Je suis prof. Je répète, je répète, je répète. Et il y a un moment où mon groupe a accepté que je me mette dans la niche une première fois, une deuxième fois. Et aujourd'hui, c'est la victoire. Déjà, c'est important.
Après, en réalité, la situation, elle est catastrophique. C'est-à-dire que les étudiants sont mal logés, les étudiants mangent mal, les étudiants sont mal chauffés. Avant-hier, je suis allée à une raclette à un euro. C'est-à-dire que l'association Copains, qui est une association d'aide aux étudiants, a fait une grande raclette pour un euro pour tous les jeunes. 300 jeunes se sont inscrits.
Il n'y avait pas
assez de raclettes ? Il y en avait. Ah, il y en avait. Ils avaient fait tout ce qu'il fallait. Ils ont créé un petit restaurant qui s'appelle La Copine où justement, les jeunes viennent manger à bas prix et puis surtout, ils viennent se sociabiliser parce que quand on est pauvre, on est seul. Et la réalité, c'est qu'il y a d'énormes problèmes de logement, énormes. Moi, je vois des jeunes qui dorment dans leur voiture. Je n'avais jamais vu ça en Ile-de-France. Il y a des problèmes d'électricité. Moi, j'ai une jeune fille qui m'a dit je paye 95 euros par mois pour me chauffer et en plus, j'ai froid. Ces 95 euros, je ne peux pas les mettre dans autre chose.
Donc d'abord, je paye mon loyer, ensuite, mon électricité et puis mes charges et après, je mange. Et en réalité, ils mangent quoi ? Des pâtes au mieux. Donc oui, il y a un gros souci de précarisation de la jeunesse et moi, je trouve qu'un pays comme la France devrait bien réfléchir à comment on traite la jeunesse parce que ça va nous revenir en boomerang. Un. Deux, je ne comprends pas. Alors vraiment, excusez-moi, pourtant, je suis d'origine latine, méditerranéenne, mais je vais vous expliquer pourquoi je dis ça. je ne comprends pas pourquoi les étudiants ne sont pas défamiliarisés, c'est-à-dire pourquoi ils n'ont pas leur propre déclaration de revenu. Pourquoi je vous dis ça ?
Parce que dans tous les pays du Nord, ils ont leur déclaration de revenu. À 18 ans, c'est un adulte, point barre. En France et dans tous les pays du Sud, l'Italie, l'Espagne, l'enfant, il reste tout tutelle jusqu'à ce qu'il bosse.
Je reviens sur votre loi du repas à 1 euro. C'est quoi la suite du processus pour cette loi ? Parce qu'elle va passer au Sénat, le Sénat a peu de chances de l'adopter.
Alors, déjà, il faut qu'elle arrive au Sénat, il faut qu'un député de gauche la porte dans une niche, on en a.
Le groupe PS, oui.
On en a. Et ensuite, il faudrait qu'elle soit votée. La difficulté, c'est que les LR ne vont trouver pas cette loi en l'État. Mais, en 2023, quand j'avais déposé la proposition de loi, les LR voulaient être constructifs. Donc, ils ont proposé des choses. Ils ne vont pas voter contre comme ça directement. Ils ont dit, voilà, on peut faire des amendements sur, bon, d'accord, tout le monde mange pour 1 euro, mais il faut donner de son temps aux Crous. Oui, non, mais, moi, ça s'appelle du travail au noir.
Oui, c'est exactement ça. Ils ont conditionné la nationalité aussi. Le fait qu'il y ait déjà des repas à 1 euro, c'est déjà le pied dans la porte. Maintenant, c'est la généralisation et ils vont y mettre
des conditions. Je pense que c'est important, déjà. cette victoire à l'Assemblée, elle est importante, mais bien sûr, le parcours, il est loin d'être fini. Ça, c'est une réalité. Et puis, pour le RSA jeune, nous, on est pour une allocation autonomie. Boris Vallaud avait déjà déposé une proposition de loi en 2021 ou 2022. Bien sûr qu'on veut à nouveau la porter. Là, vu l'état des finances de la France, on va le faire, mais pas tout de suite, pas en 2025 ou en 2026. Et c'est aussi dans le programme du NFP. Vous voyez, moi, je suis assez fidèle au programme. C'est dans le programme du NFP. Oui,
c'est vrai. On verra, du coup, la suite de ce programme. On arrive à la fin de notre interview. Vous devez retourner dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale. Bah oui, puisque visiblement, ça se vote à une voix près, parfois, donc c'est l'occasion. Il faut arriver
à voir Éric Ciotti.
Merci beaucoup, Fatia, qu'Éloi, Achille, d'avoir accepté notre invitation sur le plateau de Baxit. Au revoir.
Fatiha Keloua Hachi