Gaza : l'écologiste Sandrine Rousseau "réfléchit à aller sur une prochaine flottille"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 43 %Défensif 17 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:03OuverteRéponse partielle
Est-ce bientôt la fin de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran ?
- 5:06OuverteRéponse partielle
Que pensez-vous du rôle de la France dans la sécurisation du Détroit d'Hormuz ?
- 6:25OuverteRéponse directe
Vous saluez l'interdiction de territoire français du ministre israélien Benvir ?
- 7:43OuverteRéponse directe
Est-ce que les flottilles pour Gaza ont encore du sens ?
- 8:52OuverteRéponse directe
Comment expliquer que MeToo n'ait pas empêché les agressions de Patrick Bruel ?
- 11:01OuverteRéponse directe
Sur un texte de loi que vous déposez à l'Assemblée, qu'est-ce que ça changerait ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:27InvitéFait
« Je pense qu'on peut y croire, après c'est incroyable de gâchis, c'est-à-dire qu'on est exactement dans la situation d'avant la guerre. »
- 3:29InvitéChiffre
« On a voté à l'Assemblée nationale 36 milliards d'euros de plus pour le budget de l'armée pour la première fois en France. »
- 6:55InvitéFait
« Il faudrait contester l'accord de l'Union européenne avec Israël. »
- 7:06InvitéFait
« Israël, qui colonise la Cisjordanie avec une violence inouïe, qui affame et qui tue en masse des personnes sur la bande de Gaza, simplement parce qu'ils sont et parce qu'elles sont palestiniennes. »
- 10:06InvitéFait
« La sérialité des personnes qui violent et qui agressent n'est jamais anticipée, de sorte qu'on minimise considérablement leur dangerosité et que ça fait partie de la culture du viol. »
- 21:19InvitéFait
« La perspective que le gouvernement ou la classe politique aille faire des plans de sobriété en expliquant comment il faudrait rouler, etc., à titre personnel, ça m'insupporte. »
- 22:15InvitéChiffre
« Vous savez combien coûte une voiture électrique ? »
- 28:59InvitéChiffre
« Il y a 48 000 morts prématurées de la pollution en France. »
- 30:55InvitéChiffre
« La viande aujourd'hui, la consommation de viande, est responsable de 60% de notre empreinte carbone. »
- 36:10InvitéFait
« Elle existe partout, l'écologie. »
- 39:06InvitéFait
« Ma maman s'est suicidée. Elle s'est suicidée alors qu'elle était en fin de vie parce qu'il n'y avait pas l'aide à mourir. »
- 41:23InvitéPromesse
« Il va passer en commission mixte paritaire, puis il va revenir à l'Assemblée. »
- 41:38InvitéFait
« Ouvrir ce droit à l'aide à mourir est aussi une manière de ne pas y recourir. »
- 45:39InvitéChiffre
« Un data center, aujourd'hui, ça consomme à peu près 19 millions de litres d'eau par jour. »
- 45:51InvitéChiffre
« Le nucléaire est une industrie grande consommatrice d'eau. À peu près 50% d'usage pour refroidir les réacteurs. Et 12% à la fin qui s'évaporent. »
- 49:30InvitéChiffre
« Le plan d'électrification vise moins de 30% de l'énergie consommée en France provenant des énergies fossiles contre 60% aujourd'hui. »
Temps de parole
- Invité69 %
- Présentateur14 %
- ?6 %
- Invité 25 %
- Invité 35 %
≈ 26,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonjour
à toutes et à tous, bienvenue dans Questions politiques.
Quand
certains réservent les salles des meetings, peaufinent leur stratégie de campagne à moins d'un an de la présidentielle. D'autres se demandent comment exister, voire comment survivre. Quelle place à gauche pour les écologistes en plein duel LFI-PS ? Le parti vert a-t-il encore du sens ? Ces élus se rangeront-ils dans l'un des deux camps ? Le vent, ils l'ont de face depuis des mois. L'examen de la loi d'urgence agricole rajoute quelques rafales. Comment inciter à la sobriété quand faire le plein est au centre des préoccupations ? Comment remettre les projecteurs sur l'urgence climatique quand il fait aussi chaud de plus en plus tôt ?
Notre invité est députée écologiste de Paris, féministe aussi. L'affaire Patrick Bruel devient politique avec ce schéma qui reste le même. Neuf ans après MeToo, un homme puissant, populaire, accusé de violence sexuelle. Sandrine Rousseau est avec nous sur France Inter, France Info, le canal 16 de la télé et en partenariat avec le journal Le Monde. Nous sommes ensemble pour répondre à toutes vos questions, à toutes nos questions politiques jusqu'à 13h.
France Inter, questions politiques, Victoria Coussa.
Bonjour Sandrine Rousseau.
Bonjour.
Merci d'avoir accepté notre invitation. A mes côtés pour vous interviewer pendant une heure, je les salue. Brigitte Boucher de France Télévisions, bonjour Brigitte. Bonjour Victoria, bonjour
Sandrine
Rousseau. Tout à l'heure, vous nous ferez justement le portrait de notre invitée.
Eh
oui, écoféministe, femme de conviction ou idéologue, femme forte ou à fleur de peau, qui êtes-vous vraiment Sandrine
Rousseau ? On verra ça. Abel Mestre, bonjour du journal Le Monde, bonjour à vous. Vers midi 50, on ira tout droit vers 2027 avec vous, avec une question qui sera également très importante pendant la campagne, la question du nucléaire.
Oui tout à fait, en pleine crise énergétique, est-ce qu'on se demandera si on peut encore politiquement prôner une sortie totale de l'atome comme le font les écologistes
?
Mais d'abord, quelques questions d'actualité Sandrine Rousseau. Est-ce bientôt la fin de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran ? Le président américain Donald Trump affirme qu'un accord a été largement négocié. Il permettrait selon des médias américains aux navires de franchir à nouveau le détroit d'Hormuz bloqué, assouplirait également les sanctions qui pèsent sur l'Iran. Le nucléaire renvoyait à des négociations ultérieures, est-ce qu'il faut y croire selon
vous
?
Je pense qu'on peut y croire, après c'est incroyable de gâchis, c'est-à-dire qu'on est exactement dans la situation d'avant la guerre. C'est-à
-dire
qu'en fait on va pouvoir passer par le détroit d'Hormuz, il n'y aura rien de plus sur le nucléaire et par contre le peuple iranien aura beaucoup souffert, les répressions de la société civile seront bien plus grandes et en fait on est là dans quelque chose de la logique absolument mortifère, dangereuse et effroyable du capitalisme.
C
'est-à-dire que Trump qui est le garant d'un capitalisme sauvage a voulu s'approprier des ressources, libérer le détroit d'Hormuz puis à la fin ça a fait fonctionner un peu son industrie, ça a occupé l'actualité et à la fin ça a tué des gens et à la fin on retombe sur la même situation. C'est
tout
ça pour ça, c'est ce que vous dites ? C'est tout ça pour ça, c'est-à
-dire
qu'en fait on n'a aucune avancée sur l'Iran mais par contre on a des morts, par contre on a des destructions
et
en fait ça pose une question, c'est-à-dire parce que là je pense que le capitalisme, parce qu'il est en crise profonde, parce qu'il est en crise systémique, va aller chercher des débouchés et pour chercher des débouchés peut-être que la guerre en sera et on le voit d'ailleurs parce qu'on a voté à l'Assemblée nationale 36 milliards d'euros de plus pour le budget de l'armée pour la première fois en France. Vous
pensez
que ce n
'est
pas nécessaire avec la guerre aux portes de l'Europe, la guerre internationale ? La première fois en France, le budget de l'armée est supérieur
au
budget de l'éducation nationale et en fait c'est un projet de société qui se dessine et c'est grave.
Sauf que tout le
monde s'arme
?
Oui, sauf
que là par exemple,
je vais vous dire, dans le projet de loi sur l'armée,
ce
qui s'est passé c'est qu'on a voté, donc c'est pas nous mais il y a eu une majorité à l'Assemblée pour voter 36 milliards de plus, dont 8,5 milliards sur les munitions. On a créé un nouveau label qui s'appelle France Munition, donc après France Emploi, après France, je ne
sais
plus comment c'est, France Personnes âgées, France Dépendance je crois.
Donc on va faire
statut gros, il faudrait ne plus bouger, ne plus toucher
au budget de l'armée aujourd'hui, l
'essentiel de la défense, de notre capacité à nous défendre, réside dans notre autonomie vis-à-vis des ressources pétrolières et fossiles, vis-à-vis aussi de l'uranium, j'imagine qu'on en parlera, vis-à-vis des terres rares et donc ça nécessite d'avoir une forme de changement d'économie avec une autonomie, avec un changement de mode de consommation, de production et on va exactement à l'inverse,
c
'est-à-dire qu'on arme, on arme, on arme et on ne change rien. Et derrière, il y
a
quand même une partie de la guerre qui est sur les données, sur le captage des données, on est extrêmement fragile là-dessus. En fait, là j'ai l'impression qu'on est dans une espèce de fuite en avant, mais je vais y revenir sans doute au cours de
l'émission, on est dans une fuite en avant
sur tout.
Simplement, sur
cette situation, sur cette guerre,
le débat d
'Hormuz, que pensez-vous du rôle de la France ? Emmanuel Macron s'est entretenu avec son homologue américain, les pays du Golfe, est-ce que la France a un rôle à jouer, par exemple même dans la sécurisation du Détroit, si demain il devait être débloqué ? Mais la
France joue un rôle de spectateur des conflits mondiaux depuis le début, c'est-à
-dire
qu'en fait, il
y
a des grandes annonces, une voix qui tremble d'Emmanuel Macron, mais à la fin, on n'agit pas.
Il y a le porte-avions Charles de Gaulle
qui se trouve quand
même dans la zone.
Oui, mais si l'Espagne a repris une forme d'autonomie sur la scène internationale et géopolitique, c'est précisément parce qu'elle a fait une transition énergétique, parce qu'elle a pris les mesures pour être bien plus indépendante. Et en fait, là, on est dans... Enfin, vous savez que la guerre est un des débouchés naturels du capitalisme et que là, on est en train d'y aller. Et vraiment, je le pose, je sais que ce sont des grands mots, mais la réalité est qu'il va falloir trouver des débouchés industriels. Et qu'en fait, j'ai l'impression que la politique de la France se positionne aussi sur une forme d'exportation d'une industrie qui serait l'industrie d'armement.
Mais enfin, moi, je suis désolée, je ne souhaite pas que la France soit
une exportation.
Donc
on
ne se protège pas, malgré
la menace. C'est
exactement l'inverse. Je vous ai dit qu'on se protégeait différemment, précisément en n'étant pas dépendant des ressources internationales.
Alors comment, pardon ? On a déjà voté
une loi de programmation militaire de 400 milliards d'euros entre 2026 et 2030. Donc ça suffit. Et on est le budget d'Europe le plus important en matière d'armée. Donc on n'avait pas besoin de rajouter ces 36 milliards d'euros supplémentaires. À
l
'international, ce sont aussi ces images qui ont fait le tour du monde. Des dizaines de militants pro-palestiniens de la flottie pour Gaza, agenouillés, après leur arrestation par Israël, les mains liées, violentées par les autorités. Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Benvir, qui se met en scène sur la vidéo en question, sur ces images, n'est plus le bienvenu chez nous. Interdit de territoire français par le Quai d'Orsay. Vous saluez cette décision
? Oui,
bien sûr, mais c'est une petite décision dans l'ensemble des décisions qu'il faudrait prendre. Il faudrait contester l'accord de l'Union européenne avec Israël. Il faut aussi se poser maintenant, sérieusement, la question du boycott des produits qui viennent d'un pays qui est capable de faire cela. D'un pays qui est allié à
la France. Israël,
qui est un pays Israël, qui colonise la Cisjordanie avec une violence inouïe, qui affame et qui tue en masse des personnes sur la bande de Gaza, simplement parce qu'ils sont et parce qu'elles sont palestiniennes. En fait, ça n'est pas possible de continuer à jouer. Et d'ailleurs, encore une fois, l'Espagne a eu un discours politique bien plus fort. Donc, contre ce génocide, contre tout ce qui est en train de se passer là-bas, qui est en dehors du droit international, en dehors du droit humain, mais en dehors même de l'humanité, nous devrions avoir une politique bien plus forte que juste, vous n'aurez pas le droit de passer des vacances en France, monsieur Ben Guir.
Donc, rupture des liens commerciaux et rupture des liens diplomatiques. Absolument. Très bien. Vu les risques que représentent ces flottilles sécuritaires, diplomatiques, et vu aussi l'inefficacité pour les habitants de Gaza, est-ce qu'elles ont encore du sens, ces flottilles ? Elles
sont très importantes parce que je pense que les images que nous avons vues donnent un aperçu de ce que vit actuellement le peuple palestinien. Et moi, je vais vous dire, je réfléchis même à pouvoir aller sur une prochaine flottille parce que je pense que ce qui se passe là-bas, nous sommes tous responsables de ce qui se passe là-bas. Vous
avez déjà prévu ? Si nous ne le dénonçons
pas forcément. Non,
non,
j'avais été contactée par celle-ci, mais je n'y suis pas allée.
C
'est le rôle
d'une élue
de la République de monter sur ces flottilles
? Je
pense que là, vu ce qui s'est passé, c'est absolument... Et on ne parle pas des viols et des agressions sexuelles qu'on subit manifestement,
en
tous les cas, dont témoigne une partie des membres de l'équipage. Moi, je voudrais qu'il y ait des personnalités dont le nom soit connu. Je ne dis pas que j'en fais partie, mais en tous les cas, des personnalités dont le nom soit connu et reconnu pour empêcher
cela. C'est très symbolique, ce genre de flottille.
C'est très
symbolique, mais le symbole a de la force, des fois.
France, Belgique, Canada, au moins 13 plaintes contre le chanteur Patrick Bruel et une trentaine de femmes qui dénoncent des agressions sexuelles et des viols. Il a fallu attendre une récente enquête de Mediapart pour que ces accusations aient de l'écho. Et on entend toujours la même chose. Tout le monde savait, tout le monde se taisait. Comment expliquer qu'on en soit encore là, neuf ans après MeToo
?
Alors, on n'en est plus tout à fait là, puisque pour la première fois, il y a des enquêtes qui sont ouvertes. Pour la première fois, on n'est pas dans un classement sans suite. Pour la première fois, un parquet s'est saisi. Mais combien il aura fallu de temps ? En 2019, il y a déjà neuf femmes qui avaient témoigné des comportements de Patrick Bruel. Et aujourd'hui, on en est à une trentaine de femmes. Et en fait, moi, je voudrais juste poser deux choses dans le cas de Patrick Bruel.
C
'est un, la question de la sérialité.
C
'est-à-dire que comment on détecte la dangerosité de personnes. Et manifestement, la sérialité, je suis en train de faire une mission flash avec d'autres députés à l'Assemblée nationale transpartisane sur le squarnec, qui est un chirurgien qui a violé jusqu'à 300 personnes. En tous les cas, c'est le minimum puisqu'il a été condamné pour cela. Et en fait, la sérialité des personnes qui violent et qui agressent n'est jamais anticipée, de sorte qu'on minimise considérablement leur dangerosité et que ça fait partie de la culture du viol. Mais il
y
a une autre chose qui est ce qu'on appelle le grooming institutionnel. Qui est le fait que normalement, des institutions qui devraient protéger les patients dans le cadre de la médecine, les fans dans le cadre de Bruel, puisqu'on
se souvient de la Bruelmania... Et d'ailleurs, on rappelle juste que Patrick
Bruel conteste ses faits. Bien sûr, évidemment.
Et qu'il est présumé innocent.
Et
qu'il est
présumé innocent, tout à fait.
Mais dans le cadre de la Bruelmania, il était entouré d'un nombre de femmes tout à fait conséquent. On se souvient, c'était dans les années 90. Et en fait, dans ces cas-là, les institutions devraient protéger les personnes, les fans. Et c'est tout l'inverse qui se passe. C'est-à-dire que les institutions, mais on l'a vu dans PPDA, on l'a vu dans toutes les affaires, dans toutes les graves affaires sérielles, et on le voit aussi dans le Square Neck, c'est que les institutions, au contraire, finalement, facilitent l'accès au corps de femmes, de jeunes femmes, de mineurs, et légitiment les attitudes. Et derrière, couvrent les exactions.
D'ailleurs,
sur un texte de loi que vous déposez
à l'Assemblée,
on y reviendra. Parmi ces plaignantes, il y a l'animatrice Flavie Flamand, qui dénonce un viol quand elle avait 16 ans.
Elle
envisage de porter plainte pour diffamation après la défense de l'artiste. On écoute son avocate Corinne Hermann.
Elle
parle d'abord parce qu'elle parle pour cette jeune fille de 16 ans qui a subi ces faits. Elle parle pour soutenir la parole des autres femmes, parce que ça devient insupportable d'avoir des femmes qui sont moquées, qui ne sont pas comprises, et des paroles qui sont oubliées ou mises de côté parfois par la justice. Elle se concentre sur son combat. Pour le restant, la seule chose que demande l'ensemble des plaignantes, d'ailleurs, pas seulement Flavie Flamand, et il va y avoir de nouvelles plaintes, je vous l'annonce, c'est qu'on protège en tous les cas les jeunes femmes qui sont à son contact, ou en tout cas dans son environnement, dans son cadre professionnel.
Vous qui êtes engagée dans la lutte contre ces violences, vous accueillez comment cette parole
?
Alors,
d'abord,
je
voudrais dire que Flavie Flamand est extrêmement courageuse, mais extrêmement courageuse, parce que dénoncer deux viols, et on sait que quand on a subi un viol enfant, on est plus exposé à en subir d'autres après, malheureusement, parce que les agresseurs, les violeurs, arrivent à détecter tout un tas de signaux faibles qui rendent les personnes plus vulnérables à leurs agressions. Et Flavie Flamand est extrêmement courageuse de faire ce qu'elle fait. Et vraiment, je le pose parce que, évidemment, si loin en arrière, probablement que les preuves manqueront au moment du jugement.
Et donc, elle prend un risque sur sa réputation, sur sa notoriété, et elle prend un risque pour toutes les autres femmes, et pour cela, merci. Mais dans la proposition de loi que nous portons avec Erwann Balanant, nous mettons une mesure qui est très importante, qui est d'amplifier les condamnations, les sanctions contre les personnes qui savent et qui n'agissent pas. Parce qu'en fait, on le voit là, dans l'industrie de la musique, qu'il a fallu tout un système pour protéger Patrick
Bruel. Et là
encore,
on va revenir très vite sur votre proposition de
loi, Abel Mestre. Oui, Patrick Bruel maintient pour l'instant ses concerts en France.
Les
préfets peuvent les annuler pour risque d'atteinte à l'ordre public. Des maires appellent à le faire, notamment à Marseille, Nancy, Brest, Nancy, Lille. Au Québec, plusieurs concerts ont été annulés par le promoteur de Patrick Bruel. C'est ce qu'il faut faire, malgré justement la présomption d'innocence que vous releviez tout à l'heure. Évidemment, puisque c'est un trouble à l'ordre public, puisque c'est mettre
en danger des personnes. Même en l'attention de manifestation, etc. Il n'y a pas de trouble à
l'ordre public. Bien sûr que si, il y aura forcément des féministes devant. Et c'est très bien, d'ailleurs.
Ce n
'est
pas
le cas pour l'instant. Ce n
'est
pas le cas pour l'instant, mais ça va forcément venir. Et par ailleurs, c'est aussi une mise en danger. Je veux dire, Patrick Bruel n'organise pas ses concerts seul. Il y a des techniciennes, il y a des personnes qui gèrent les lumières, le son, qui gèrent sa loge, qui le maquillent. On l'a vu d'ailleurs le masse avant ou après ses concerts. Et puis derrière, il y a des fans. Et donc, c'est une mise en danger de toutes ces personnes. Tant que la
justice... Oui, toutes ces femmes qui travaillent avec lui,
elles n'ont
rien
à lui reprocher jusqu'ici, puisqu'elles font partie de l'équipe et elles travaillent peut-être avec lui depuis des années. Ce n
'est
pas ce qui apparaît de certains des témoignages, des 30 témoignages, puisqu'il y a une éclairagiste, je crois, dans les témoignages. Il y a deux masseuses, il y a une ostéopathe qui était venue, une kinésithérapeute, qui était venue pour lui remettre le dos, je ne sais plus comment, et qui l'a agressée. Il y a en fait tout un tas de personnes à l'intérieur de son staff. Il y
a
eu des maquilleuses aussi, je crois, dans la première version des témoignages. Donc ce serait plus sur le fondement d'une mise en danger d'autres... Absolument, et ce serait sur la protection des risques psychosociaux. Ce qui est un devoir dans le cadre du droit du travail. Et donc la présomption d'innocence dans le droit du travail n'est pas première. Il faut d'abord protéger les autres. Et donc à ce titre-là, on devrait annuler évidemment les tournées. Vous dites
qu
'il faut annuler, mais ils jouent tous les soirs en ce moment au Théâtre Édouard VII et ça ne provoque aucun trouble effectivement. Vous êtes déçue par justement les féministes ? Parce que justement là, on ne les entend pas, elles ne manifestent pas. On
entend
beaucoup les féministes, sans quoi l'affaire Patrick Bruel n'existerait pas. Donc au contraire, on entend beaucoup les féministes et je ne suis pas du tout déçue des féministes jamais. Au contraire, je pense que grâce aux féministes, MeToo ne s'arrête pas. Parce qu'on a essayé d'arrêter MeToo de mille
et
une manières depuis 2017 où c'est sorti. Certains ont porté plainte en diffamation, il y
a
eu des procès, il y a eu des condamnations,
il
y a eu des personnes qui ont été empêchées, on a été traitées de sale conne, etc. Et à la fin, à la fin, MeToo continue. Donc les choses ont changé ? Oui, je pense qu'on est dans un mouvement social d'une ampleur telle qu'il est impossible de revenir
en
arrière. Et là,
je pense qu'on va ouvrir
dans les semaines prochaines un
MeToo de l'endamnation.
Ça aura changé quand il y
aura
eu des condamnations ?
Oui,
mais il y en a déjà eu, regardez Depardieu. Et je rappelle quand même que Depardieu, Besson, Cobert, Bruel, tous ceux-là ont bénéficié soit de non-lieux, soit d'affaires classées sans suite. Et que tous finalement, d'Armont, reviennent sur le devant de la scène dans les affaires MeToo. Donc moi, ce que je veux juste dire, c'est que heureusement qu'il y a la pugnacité des victimes, et bravo à elles. Heureusement qu'il y a l'accompagnement des féministes.
Et l'accompagnement des
politiques, justement. C'est ce que vous voulez, avec un texte qui découle de la commission d'enquête sur ces violences sexistes et sexuelles dans l'univers du cinéma, mais aussi plus largement dans l'univers de la culture. Vous proposez par exemple d'obliger les employeurs dans le cinéma, la mode,
l
'audiovisuel, à accompagner les victimes, à lancer des enquêtes internes au moindre signalement. Qu'est-ce que ça changerait ? Est-ce que ça pourrait éviter ce genre d'affaires, Patrick Bruel, ou d'autres
? Oui,
dans le texte de loi, on propose qu'il y ait des enquêtes systématiques à tout signalement, ce qui n'est pas aujourd'hui le cas. Que ces enquêtes, par ailleurs, fassent l'objet d'une procédure établie, que ce soit des enquêtes sérieuses. Et puis derrière, on oblige surtout, et c'est ça pour moi une des forces de ce texte, pas que, mais une des forces de ce texte, c'est qu'on oblige les personnes qui ont été dépositaires de témoignages, on oblige les producteurs, les organisateurs de tournées,
on
les oblige à signaler les faits au procureur, c'est-à-dire qu'on étend l'article 40. Et en fait, ça, c'est très important, parce que vous voyez bien que, si je reprends dans un autre domaine, mais je fais les parallèles exprès pour montrer qu'en fait, c'est la même mécanique. Quand on regarde ce qui s'est passé avec Joël Lesquarnac, le Conseil de l'Ordre n'a pas signalé les faits. On a eu des directeurs d'hôpitaux qui n'ont pas perçu la dangerosité du personnage. Et en fait, c'est parce que tout le monde ferme les yeux, parce que tout le monde minimise, parce que personne ne veut voir, parce que ça dérange tout
le monde. C'est de la lâcheté ou de la complicité pour nous
? Ça relève de la lâcheté ou de la complicité
?
Ça relève d'un peu les deux. C'est-à-dire que c'est à la fois un peu de lâcheté, parce que ça sort d'une zone de confort, de devoir soutenir une victime ou de devoir prendre véritablement la mesure des paroles.
C
'est très compliqué en réalité. Mais je vais vous dire, je l'ai vécu dans mon parti. Je l'ai vécu, on l'a vu avec l'affaire Bayou dans mon parti, où même un témoignage de viol n'a pas été instruit comme ça aurait dû être instruit. Donc en fait, c'est très inconfortable d'instruire ces paroles
-là. Vous parlez d'un nouveau
témoignage. Julien Bayou conteste
l'effet. Absolument.
C'est important
de préciser. Oui, ils sont tous
présumés innocents, il n
'y a
pas de problème.
Et
sur les
autres affaires, les plaintes ont été classées sans suite.
Oui, mais pour le coup,
il
y
a
une nouvelle révélation qui a été faite.
Il y a un vrai problème,
Sandrine Rousseau, c'est
que... Donc
attendez,
juste, je termine
sur ce que vous disiez. C'est qu'il y a à la fois de la lâcheté, mais il y a aussi une forme de complicité.
C
'est-à-dire que comme on est une société qui est organisée autour de la silenciation des victimes, eh bien il y a tout un tas de petits phénomènes qui se produisent ou on minimise. C'est-à
-dire
que quand vous parlez de viol, la personne en général retient agression sexuelle, par exemple, et donc diminue la gravité des faits. Et puis après, si c'est quelqu'un qu'on aime bien, et Bruel, c'était quelqu'un qui était très admiré, eh bien on a tendance à ne pas penser qu'il
puisse mal se comporter. Mais ça, la loi peut résoudre
ce souci.
Et tout ça,
c'est la culture du viol. Mais
la
loi, vous pensez que la loi peut changer ça, cette omerta
?
Oui, absolument, parce que si on oblige les gens qui ont été dépositaires d'un témoignage à véritablement prendre la mesure de ce témoignage, faute de quoi ils seraient eux-mêmes condamnés pour non-assistance à personne en danger ou pour non-dénonciation de crime ou de délit, eh bien alors, évidemment, la responsabilité de chacun est bien plus importante.
Sauf que pour condamner, il faut des preuves. Il y a aussi aux parents des écoles de Paris
qui ont subi le pire et solidarité avec
eux.
Il y a des silences, vous le dites, parce qu'il
y
a aussi beaucoup de femmes qui ne parlent pas. Il y a ce problème de la libération de la parole. Et puis, il faut des preuves pour condamner. C'est souvent parole contre parole. Comment on arrive à prouver ? Et est-ce que votre loi, par exemple, elle va permettre de dépasser ça ? Moi, je ne connais pas de femmes qui n'ont pas parlé.
Je
connais des femmes qui ont parlé à des proches. Je connais des femmes qui ont parlé à des employeurs et qui n'ont pas été entendues. J'ai vu des femmes, ou des hommes d'ailleurs, parce qu'il y a aussi des hommes victimes, qui ont parlé à demi-mot. Ça, c'est vrai. Mais je n'en connais pas qui n'ont jamais parlé. Alors, évidemment, il peut y en avoir. Il peut
y en avoir. Sauf que souvent, des années après, les
preuves n 'existent plus. Non,
en
général, les gens parlent très vite, en réalité. Très vite. Dans les jours, dans les semaines qui viennent. On écrit à une amie en disant « ça s'est très mal passé hier soir, je ne
vais
pas bien ». Et il y a tout un tas de troubles aussi liés aux violences sexistes et sexuelles. Des comportements d'évitement, des comportements de troubles alimentaires, de l'anxiété, de la dépression, etc. Tout cela, ce sont des preuves indirectes qu'il s
'est
passé quelque chose. Il
suffit
à condamner. Et
donc, en fait,
c'est aussi toute une justice que l'on va devoir revoir. Mais une des choses aussi que j'apprends dans cette mission Flash, sur le Square Neck, c'est à quel point la justice est démunie face à cela. C'est-à
-dire
qu'il faut beaucoup de moyens, il faut beaucoup plus de moyens si on veut prendre et saisir l'ampleur des violences
sexuelles
dans la société. Dans un agenda parlementaire déjà saturé. Passons à la crise énergétique. Les prix à la pompe en plein blocage du détroit d'Hormuz. Le gouvernement prépare les esprits au fait que ça va durer, avec une stratégie d'aide à la semaine. Mais pas question pour autant pour le Premier ministre d'appeler à la sobriété.
La perspective que le gouvernement ou la classe politique aille faire des plans de sobriété en expliquant comment il faudrait rouler, etc.
A
titre personnel, ça m'insupporte. Et je le dis, il faut arrêter d'emmerder les Français, parce que, comme disait Georges Pompidou, parce qu'au fond, je fais bien des mesures qui ne
sont
pas revenus au début en disant on va baisser la vitesse sur l'autoroute.
Mais
les gens le font de même s'ils veulent le faire.
Vous,
l'écologiste, vous en pensez quoi
? Quand
il dit qu'il ne
faut
pas emmerder les Français.
J
'en pense que j'étais au débat sur la loi agricole cette semaine et qu'ils ont porté un amendement pour supprimer le mot sobriété dans l'usage de l'eau. Et en fait,
c
'est incroyable de ne pas poser ce mot sobriété qui est indispensable dans la période.
Donc vous dites
aux Français, il
faut
limiter vos déplacements ? Il les limite, de fait. Il les limite de fait. Je ne dis rien, moi.
Je
dis juste, il les limite de fait. Par contre, je dis au Premier ministre, quel est votre plan pour les alternatives à la voiture thermique ? Quel est votre
plan sur l'électrification
? Un grand plan d'électrification qui a été annoncé.
Emmanuel Macron s'en saisit d'ailleurs dans la semaine. Il y a un plan d'électrification avec
30% de voitures électriques vendues de manière supplémentaire. Vous savez combien coûte une voiture électrique ? Donc ce n
'est
pas tout le monde qui
peut faire ça.
Et par ailleurs, les voitures électriques,
il
faut rouler jusqu
'à
150 000 à 200 000 kilomètres sans changer de batterie pour que ça soit équivalent à une voiture thermique. Donc c'est loin d'être une solution. Et ça dépend des terres rares, notamment du
cobalt,
qui sont aujourd'hui au cœur de conflit. On
parlait
du recyclage des batteries. Absolument.
Donc la solution, c'est
d'investir dans des transports de proximité, de faire de l'autopartage, de faire des voitures aussi qui sont beaucoup plus légères, qui consomment nettement moins, de faire des mesures sur le train. Là, aujourd'hui, on n'a aucune annonce sur le train, sur les TER par
exemple. Mais vous savez bien qu'il y a
plein de trains qui ne desservent
pas...
Oui, mais je vais vous dire si déjà
toutes les personnes qui ont un train... Il y a une réalité dans les territoires. On a l
'impression que votre vision, vous, écologiste, est un peu en décalage avec ce que
vivent les gens. Oui, et moi, je vais vous dire que là,
on est dans un pic de chaleur
énorme,
inouï, inédit. Et qu'en fait, on peut se dire qu'on ne
peut
rien changer, mais qu'en fait, c
'est
le moment aussi de s'interroger sur ce qu'on peut changer. Et que la voiture fait partie des choses sur lesquelles on peut investir, à condition d'avoir de la volonté politique de le faire. Et donc, où sont les gratuités des TER, des trains express régionaux ? Où est la diminution du prix des tarifs de trains comme en Lituanie ? Comment on fait pour avoir des transports en commun de proximité avec de l'autopartage ? Ça,
ça
prend du temps,
là, il y a un... Non,
non, ça ne prend pas de temps. De l'autopartage,
ça ne prend pas de temps. Là, il y a une immédiateté, Sandrine Rousseau, il y a une immédiateté,
il y
a
un vrai problème. Comment vous arbitrez chez les écolos entre cette aide au pouvoir d'achat et cette subvention à l'énergie carbonée
?
En 2008, quand la Russie a envahi l'Ukraine,
il
y avait déjà une crise de la mobilité. Déjà. Il y avait déjà une crise de l'essence. Il y avait déjà
une inflation. Vous n'aviez pas dû agir avant. Qu'est-ce qui a été
fait ? Qu'est-ce qui a été fait ? Mais
c'est ça qui est
irresponsable. On a déjà eu des pics de chaleur. Qu'est-ce qui est fait sur le bâtiment pour éviter qu'on soit dépendant d'une climatisation, par exemple ? Qu'est-ce qui est fait comme plan, comme politique publique ? Alors c'est facile pour Sébastien Lecornu de dire « je ne dis rien, j'emmerde pas les Français », mais moi j'ai envie de dire à Sébastien Lecornu « mais emmerdez vos ministres en fait ». Il
faut un quoi qu'il en
coûte climatique, vous dites ? Mais là, aujourd'hui, quelle est l'annonce, à part quelques petits chèques ? Oui,
donc il faut massivement
dépenser ? C'est une sorte de quoi qu'il en coûte qu'il faut ? Je viens de vous dire qu'il faut investir. Vous savez qu'on a par exemple le deuxième réseau ferroviaire d'Europe. Aujourd'hui, on investit 2,5 fois moins que l'Allemagne ou l'Italie sur ce réseau ferroviaire. Et puis je vais vous dire, moi j'aimerais aussi que Sébastien Lecornu, qui refuse d'utiliser des mots qui fâchent, nous parle par exemple de mots qui plaisent. Moi j'aimerais qu'on annonce un plan vacances avec des billets de train de
faible prix, avec des chèques
vacances,
avec la
renationalisation des autoroutes par exemple, parce que la renationalisation des autoroutes, elle permettrait de prendre cet argent et de l'investir dans des tramways, dans des véhicules partagés, etc.
Et sur la
chaleur, juste pour avancer, vous, vous proposez, vous écologistes, un congé climatique, 5 jours, c'est ça, par an, pour les travailleurs les plus exposés à la chaleur, ça consiste en ça, ça coûte très cher, vous avez un peu mesuré l'ampleur financière de cette mesure
?
Mais en
fait là, vous voyez,
en rentrant dans la maison de la radio,
il
y avait deux personnes qui faisaient la sécurité à l'entrée, et c'est important parce que les médias sont aujourd'hui une cible pour les terroristes, et ils étaient en plein soleil, ils n'avaient aucune espèce de protection, et il y a plein de personnes partout qui ont les mêmes conditions de travail. Et donc, des
personnes qui travaillent dehors...
Ils ont des mesures à Radio France, exprès justement, pour lutter contre la chaleur, avec, il me semble, ils ont un ventilateur d'ailleurs, dès l'entrée, que vous avez, vous, d'ailleurs, pu constater.
Alors
non, je n
'ai
pas vu le ventilateur, mais si vous le dites, je vous le crois. Mais en tous les cas, 5 jours... Vous savez que là, les prévisions montrent que dans les années qui viennent, on va monter à à peu près 20 jours de canicule, en dehors de juillet et août. C'est-à
-dire
qu'en fait, au mois de mai, au mois de septembre, on va avoir des épisodes caniculaires comme on en connaît aujourd'hui, voire beaucoup plus. On a fait des études pour tester la résistance d'une ville comme Paris en 2050, à 50 degrés. Là,
on
est à 35 degrés, ça montrait à 50 degrés. Et en fait, si on ne revoit pas le droit du travail pour éviter que les gens, simplement, meurent au travail ou soient malades de leur travail, eh bien, on est encore une fois dans un déni climatique, mais surtout, on met des personnes en danger.
Donc, il
est très important de faire ces 5 jours de congés supplémentaires en cas de canicule. Sur le prix du carburant, les insoumis dont vous êtes proches proposent le blocage des prix. Qu
'est
-ce que vous leur dites ? Qu'ils se trompent ? Que ce n
'est
pas la bonne solution ?
Non,
moi, je pense qu'ils ont raison à très court terme, mais que ça ne peut pas être la seule mesure.
Mais ça bénéficie à tous les Français, le blocage des prix.
multinationales. Ça bénéficie à tous les Français ? Oui. Est-ce que tout le monde a besoin d
'avoir un blocage ? Il faut par
ailleurs aller chercher les surprofits des entreprises extraordinaires que réalisent les entreprises multinationales qui sont propriétaires
de gisements de fossiles. Ça veut dire que les personnes les plus
aisées, elles
bénéficieraient aussi de cette mesure alors qu'elles n'en ont pas besoin. Si vous faites
des chèques, là, par exemple, les chômeurs ne sont pas concernés par les chèques. Par exemple, les personnes au RSA, dont on a voté une loi qui rend obligatoire l'accès à des formations, n'ont pas de chèques. Comment on fait pour les personnes qui sont très isolées ? Et donc, le blocage, c'est presque la pire des situations à l'exclusion de toutes les autres. Pour reprendre la phrase de
Churchill, c'est pas idéal du tout.
Je ne
suis
pas en train de vous dire que c'est
égal, mais
ça permettrait de ne pas avoir de trous dans la raquette.
On voulait vous entendre sur les ZFE, le Conseil constitutionnel qui annule la suppression des zones à faible émission. Il y
en
a 43 dans le pays. Pour écarter les voitures les plus polluantes des centres-villes, Paris, Lyon, Marseille, c'est une victoire pour votre groupe Les Écologistes et pour vous ?
C
'est surtout une victoire du droit. Ce n
'est
pas une victoire pour le groupe Les Écologistes. C'est le Conseil constitutionnel qui a décidé que la santé des Français
était importante. Vous soutenez
ces ZFE ? Vous, Sandrine Rousseau ? Je soutiens les ZFE à condition qu'il y ait des mesures véritables pour pouvoir se passer de la voiture. Parce que ce qui
n'est pas le cas, donc.
Voilà, ça n'est pas le cas
aujourd'hui. Vous êtes contre,
encore une fois, Sébastien Lecornu, plutôt que de dire des bêtises à la télé.
Vous êtes pour ou vous êtes contre ? Je ne comprends pas. Un peu
important. Je suis pour les ZFE à condition que ce soit accompagné de mesures.
Des transports en commun,
des places de stationnement.
Des
parkings relais, des transports
en commun. Mais là, dans l'immédiat, il y a plein de gens qui sont
exclus, finalement,
de ce... Oui, aujourd'hui, vous savez, le nombre qui sont
en périphérie, en périphérie urbaine, etc. Non, précisément,
parce que si on met
des
mesures
compensatoires, ça permet à tout le monde d'avoir accès à sa voiture. Mais je vais vous dire, aujourd'hui, il
y
a 48 000 morts prématurées de la pollution en France. Dans la périphérie de... Enfin, à Paris, lors des pics de pollution, il y a trois fois plus de morts chez les catégories populaires que chez les catégories riche.
Donc,
en fait, à un moment, il y a quand même un enjeu de santé publique majeure.
On a vu que la pollution
changeait en plus. Le cerveau s'infiltrait, parce que ce sont des particules ultra fines qui s'insèrent jusque dans le cerveau. Enfin, vraiment...
Comment
on finance l'offre de
transport
supplémentaire, tout ce que vous venez de décrire, dans
ce
contexte-là ? Eh bien, par exemple, en renationalisant les autoroutes, il y a 4,5 milliards de bénéfices qui sont faits chaque année sur les autoroutes. Il serait temps, quand même, que ça n'aille pas au privé et à des fonds de pension. On estime que sur cinq ans, les compagnies d'autoroutes vont distribuer en dividendes 40 milliards.
Donc,
ça,
c
'est... D'accord. Voilà. Mais on pourrait aussi, très bien, plutôt que de laisser Total décider de sa politique, aller chercher une taxe sur les surprofits.
Pour faire changer de ressources.
Mais bien sûr. Et en fait, c'est toutes des ressources fiscales dont on se prive qui ne permettent pas de financer des alternatives. Mais par contre, on y va sur... Donc,
on a compris votre position
qui est
d'ailleurs...
Des produits,
des
dividendes. Votre position, c
'est
d'ailleurs celle du groupe LFI. L'une de vos sorties a fait beaucoup réagir des agriculteurs. D'ailleurs, il
y a
un texte d'urgence agricole qui est en train d'être examiné à l'Assemblée. Après votre guerre contre les barbecues, vous voulez maintenant enlever le mot « steak » des cartes des restaurants et écrire à la place « cadavre de vache
». C
'est ce que vous voulez vraiment ou
c
'est une provocation ? Alors, je répondais à une question de Futur Asso qui promeut une alimentation végétale. Et nous parlions des steaks de soja dont l'appellation a été interdite au niveau européen grâce au lobby de la viande. Et donc, je répondais que si on interdit steaks de soja, pourquoi on n'appellerait pas des steaks des cadavres de vache ? Je voudrais quand même poser quelques éléments pour qu'on comprenne bien de quoi il s'agit. La viande aujourd'hui, la consommation de viande, est responsable de 60% de notre empreinte carbone. Et si on regarde les émissions de gaz à effet de serre, on est à peu près entre 20 et 60%. On
a bien compris votre
position sur la consommation de
viande. Mais est-ce que vous
maintenez vos propos ? Est-ce qu'il faut écrire « cadavre de vache » sur les cartes des restaurants ?
En tous les cas, j'assume de mener une bataille culturelle pour dire que la viande n'est pas neutre sur le climat. Qu'en plein dôme de chaleur, oui, nous devrions interroger la consommation de viande. Et si on a réussi à diminuer la consommation d'alcool, c'est parce que nous avons envoyé des messages sur la réalité des conséquences de l'alcool. Et on est passé d'une consommation d'alcool quotidienne, y compris dans les écoles primaires. Souvenez-vous, dans les années 50, il y avait de la consommation d'alcool dans les écoles primaires, à une consommation d'alcool des soirs de fête à des occasions exceptionnelles.
Il faudrait que nous faisions le même mouvement sur la viande et que nous diminuions la consommation de viande quotidienne pour aller sur des consommations d'exception,
de qualité. Et
pour cela, ça nécessite de changer les représentations que nous avons de la vie.
À
aucun moment, vous voulez interdire l'élevage ?
Non, je
veux juste poser le fait que l'élevage intensif tel que 80% de la viande que nous mangeons actuellement est issu, est un
élevage
qui ne respecte pas la sentience animale. Vous saviez par exemple que les joues des poulets rougissent quand elles subissent des émotions. Vous saviez que les vaches, par exemple, avaient une santé mentale. Vous saviez que quand on enlève des
petits... Du coup, ça ne justifie pas d'interdire les vaches,
ça
?
En fait, les conditions d'élevage intensif telles qu'elles sont actuellement sont des conditions qui nient notre humanité. À
belle-maisse. Et par ailleurs,
il y a des gens qui travaillent dans ces élevages de manière intensive. Il
y a
des gens dans les abattoirs qui ont des conditions de travail absolument
abominables. On
entend votre volonté de mener cette bataille culturelle avec des mots forts. Mais est-ce que, malgré tout, ce n
'est
pas un risque pour vous de vous enfermer dans un rôle et de nourrir les caricatures que vos adversaires ont à votre sujet ? Est-ce que ce n
'est
pas un équilibre auquel vous pensez
? Moi,
je vais vous dire, j'ai dénoncé des violences sexuelles avant MeToo. On m'a caricaturé, on m
'a
dit que j'étais une espèce de pleureuse, etc. Aujourd'hui, je constate que MeToo s'installe dans la société. Je dénonce les conditions d'élevage et notre rapport aux animaux. Et je pense que dans la transformation écologique, un des leviers, c'est vraiment de changer notre rapport aux animaux, de ne pas les considérer comme des boulons sur une chaîne de production, mais comme des
êtres
sentients, etc. Et donc, en fait, oui, je mène ces batailles culturelles. Et j'ai toujours, au début où je les mène, été taxée de débiles, d'hystériques, de folles et de stupides, parce que c'est quand même l'insulte que je reçois le plus. On m'a menacé de mort, on me menace de viol. Et à la fin, 3, 4, 5 ans plus tard, on se dit « Ah, ben non, mais en fait...
»
Et donc, oui, j'ouvre des portes. Et parfois, quand on ouvre des portes, on se prend la volée de bois vert qui va avec. Mais je constate quand même que tous les combats que j'ai menés s'inscrivent dans la société. Et donc, je
continuerai à le faire. Et je dis aux gens qui me menacent
de mort et de viol, arrêtez, parce qu'en fait, ce que vous faites ne fait que me conforter.
Et on vous entendra peut-être aussi auprès d'un candidat, d'une candidate pour 2027. À gauche, il y
en
a beaucoup. Il y a celle de votre parti. Marine Tondelier, très rapidement, est-ce que vous la soutenez ? Marine Tondelier
? Mais
là, pour l'instant, on a une primaire.
Et
donc, la
primaire...
Vous êtes sûre que vous avez une primaire
? Alors,
c'est toute la question. Mais en tous les cas, pour l'instant, moi, je pense qu'il faut aller au bout de cette
aventure qu'elle a une primaire. Et s'il n'y en a pas, vous faites quoi ? Sandrine Droson, vous faites quoi s'il n'y en a pas ? Dans le mois de
juin, il va y avoir un vote du Parti Socialiste.
Et
donc, on va voir ce qu'il en est.
Mais
moi, je souhaiterais
qu'on ne s'y mette pas.
Sans
les socialistes, pas de primaire ?
Je pense que sans les socialistes, mais même avec les socialistes, en réalité, cette primaire est très fragile.
Vous rejoindriez LFI, par exemple,
s'il n'y avait pas de primaire ? Je termine sur la primaire. La primaire est très fragile, notamment parce que c'est important. Elle a été verrouillée par les partis. Et elle n'a pas donné lieu à un vrai débat de fond. C'est-à-dire qu'en fait, on est resté sur un par partie et on verrouille tout pour que la société n'ait pas à changer.
Et
ça, en fait, ça donne comme image à l'intérieur de la société quelque chose de l'ordre d'une réunion en salle B12 des chefs de partis. Mais dans ces cas-là, mettez-vous d'accord ? Il faudrait qu
'ils se mettent d'accord, par exemple. Marie-Pogellier n'a pas
réussi sa mission de
monter...
Pour ça, il aurait fallu qu'elle ouvre cette primaire. Mais ceci dit, moi, je ne suis pas en train de dire qu'il ne faut pas de primaire. Je pense que la primaire fait partie des modalités vers lesquelles on va. Mais par contre, s'il n
'y a
pas de primaire, je pense qu'il faut remettre à plat la stratégie, et notamment la stratégie
des écologistes. Et notamment la candidate.
Ce ne sera
pas
Marine Tondelier
pour
vous ?
Il n'y a pas d
'automaticité sur l'étape d'après. Donc je le dis et je le
dis à toutes les
personnes qui sont dans notre parti. Attention à ne pas vous faire enfermer dans un scénario dont nous n'aurions plus la maîtrise. C'est un parti
qui se
revendique démocratique. Une
des hypothèses du
scénario serait un ralliement derrière Jean-Luc Mélenchon dès le premier tour. Non mais en fait, pour l'instant, au
Stade de Choupa, il n'y a pas de
ralliement. Moi, je voudrais que les écologistes aient une stratégie qui fasse exister l'écologie. Enfin, on voit quand même à quel point...
L'écologie existe dans
le programme de Jean-Luc Mélenchon. Elle existe partout, l'écologie. On a bien
même vu
Lecornu qui nous expliquait que... Est-ce que vous avez encore une place de rapport à l'écologie
?
Mais
on peut se
passer de candidat écologiste à la présidentielle. C'est déjà arrivé.
Mais vous pensez que vous
ne devez pas forcément être représenté ? Moi, je pense surtout qu'il nous faudrait aller vers... Prendre à revers la Ve République et aller vers une équipe plutôt qu'une personnalité seule. Même s'il y a une seule candidature, évidemment, puisque telle est notre constitution. Mais qu'on puisse donner à voir une équipe avec des complémentarités, quitte à ce que nous ne soyons pas d'accord sur tout.
Le NFP, en fait. Le
NFP, je rappelle qu'il y
a
eu une mobilisation extraordinaire dans la société d'ONG, d'associations, de syndicats qui ont rompu avec des usages assez anciens pour soutenir le nouveau Front populaire. Certaines des associations ont même pris des risques conséquents sur leur financement, je pense au planning familial et à d'autres, pour soutenir le nouveau Front populaire. Et donc, on a gâché cette dynamique collective. On l'a gâché par des votes, et notamment, je pense au vote qui maintient le macronisme au pouvoir. Mais on l'a aussi gâché en faisant des partis, les acteurs principaux de ce mouvement. Or, ce qui a été fort dans le NFP, c'est que ça a été dépassé par une société civile mobilisatrice.
Et si on regarde Minneapolis, eh bien ce qui s'est passé, c'est une société civile mobilisée qui a renversé et qui a contraint Trump à virer l'ice de Minneapolis. C'est l'heure de mieux vous connaître,
Sandrine
Rousseau.
Vous
êtes l'invité de Questions politiques. On va tenter avec Brigitte Boucher de mieux connaître la femme politique que vous êtes et vos combats.
Pour
ceux qui ne vous connaissent pas, Sandrine Rousseau, vous êtes docteur. Docteur en économie, enseignante, chercheuse. Vous travaillez, entre autres, sur l'économie de l'environnement. Un chemin qui vous mène chez Les Verts. Adhérente dès les années 2000, vous êtes l'une des figures de la création d'Europe Écologie Les Verts en 2009. En 2017, vous claquez la porte suite à l'affaire Denis Bopin, dont vous êtes l'une des accusatrices. Votre livre « Parlez » suivra pour inciter les femmes à libérer la parole dans les affaires de violences sexuelles et sexistes.
Vous êtes une femme de conviction, certains diront idéologue en tant qu'écoféministe quand vous dénoncez l'androcène, la destruction de dames nature par les hommes, ou le virilisme autour du barbecue. Vous défendez les hommes déconstruits dont on ne sait pas très bien à quoi ils ressemblent puisque vous nous cachez toujours votre conjoint. Voilà, que nous avons découvert effectivement juste avant cette émission puisqu'il est dans la salle d'attente. Alors, à fleur de peau, vous l'êtes, surtout quand vous défendez le suicide assisté, comme ici à l'Assemblée, au moment du projet de loi sur la fin de vie.
Je
ne voulais pas en parler dans cet hémicycle, mais vous m'y forcez. Et donc, je vais vous le dire.
Ma
maman s'est suicidée.
Elle
s'est suicidée alors qu'elle était en fin de vie parce qu'il n'y avait pas l'aide à mourir. Elle s'est suicidée dans des conditions abjectes. Son agonie a été insupportable, épouvantable. Elle a duré extrêmement longtemps parce qu'elle a fait ce que vous appelez un suicide libre. C'est-à-dire qu'elle a pris dans sa table de chevet tous les médicaments qu'elle avait gardés depuis des semaines et elle les a avalées d'un coup.
Et
je peux vous dire
que
c'est pour cela que je milite pour le droit à mourir. Cette réserve, Sandrine Rousseau, sur votre vie privée, vous l'avez dépassée pour parler d'un moment fort de votre existence. À ce moment-là, pourquoi ?
Parce
que dans l'hémicycle, à ce moment-là, la droite avait des mots qui étaient très durs vis-à-vis du suicide, qui condamnaient le suicide. Et j'avais déjà pris la parole juste avant pour dire « mais attention, il y
a
des familles qui ont vécu des suicides et on se remet rarement d'un suicide ». Enfin, c'est très très dur. Et donc arrêtez avec ce terme et prenons d'autres termes et soyons responsables dans le débat politique. Et comme il continuait, j'ai parlé de cette expérience personnelle que j'ai eue. Mais voilà, évidemment que je ressens des choses et je pense même que c'est une ligne politique d'assumer que nous ressentions des choses et que nous ne soyons pas imperméables. En fait, je pense que la planète est en train de crever, au sens premier du terme, de leaders politiques qui sont indifférents au monde, qui n'ont pas d'empathie.
Je pense à Trump, mais je pense à d'autres et je pense que Macron, par exemple, a un problème avec l'empathie des personnes les plus vulnérables dans la société. Et donc je trouve qu'on est dans cette espèce de figure du leader qui n'est bon que parce qu'il est d'une froideur inouïe, un stratège calculateur, alors que profondément, je pense que la politique est quelque chose qui se fait avec les tripes, en étant perméable à l'émotion et
au sentiment que l'on ressent.
Qu'est-ce que vous attendez justement du projet de loi qui est actuellement en débat, toujours, j'allais dire, en débat et qui devrait aboutir avant l'été ? Qu'il passe enfin, moi je pense que c 'est... Vous êtes confiante
? Oui,
je suis confiante. Oui, je suis confiante. Il va passer en commission mixte paritaire, puis il va revenir à l'Assemblée. Et je suis confiante parce que je pense qu'aujourd'hui, c'est une demande très importante dans la société. Et je rappelle qu'ouvrir ce droit à l'aide à mourir est aussi une manière de ne pas y recourir. Alors je sais que cet argument peut paraître contradictoire, mais en fait, si on est rassuré sur le fait que si les souffrances deviennent trop importantes, eh bien on peut y mettre un terme.
En fait, c'est aussi une
manière de mieux vivre ces derniers jours. Et moi, c'est ce que je voudrais, c'est que chaque Français et Française qui est confrontée à une forme de fin de vie, eh bien vive sereinement ces derniers jours parce qu'en fait, c'est très important quand on quitte cette terre de pouvoir vraiment être en paix avec ses proches, dire ce qu'on a à leur dire, aimer ce qu'on a envie d'aimer et tendre la main, tenir la main des personnes. Vous
auriez aimé aller
encore plus loin vers l'euthanasie
? Moi,
je pense qu'on aurait pu surtout demander à un soignant de faire le geste à notre place parce que, vous savez, pour faire le geste soi-même, il faut déjà ne pas avoir la main qui trempe pour que le cachet ne tombe pas. Il faut être en capacité d'avaler. En fait, bon voilà, moi je pense que c'est un stress supplémentaire à un moment où on aurait besoin de ne pas avoir de stress. Donc je regrette que cette disposition ait été enlevée du texte lors de la dernière lecture à l'Assemblée. Mais même s'il n'y
a
pas cette disposition, je voterai le texte. Vous êtes féministe, est-ce que vous considérez que le féminisme doit avancer avec et grâce aux hommes
? Bien
sûr, et d'ailleurs, je vous appelle à vous mobiliser parce que nous avons absolument besoin de vous. Et quand vous disiez que l'anthropocène, vous me renvoyez le fait que c'était les hommes qui détruisaient la planète, je vous réponds que ce n'est pas les hommes que je cible. C'est une masculinité toxique, c'est une construction viriliste. Et en fait, ça, ce sont des rapports sociaux, ce ne sont pas
les humains qu'il y a comme ça. Ce
ne sont pas les humains qui sont derrière. C'est par contre un rapport social qui fait qu'un vrai homme est un homme qui a des comportements à risque, qui exerce une forme de toxicité sur les autres. Et heureusement que tous les hommes ne sont pas comme ça. Et merci à ceux qui renoncent à ce modèle. Sandrine
Rousseau,
on vous a demandé de venir avec un thème, un sujet sur lequel vous voulez braquer les projecteurs. Deux minutes, pas plus, vous avez choisi l'artisanat.
Oui,
parce que c'est un sujet dont on parle trop peu dans le débat politique. Et les artisans sont pour moi au cœur de la transformation écologique à effectuer. C'est-à-dire qu'on passe d'une consommation de la quantité à une consommation de la qualité, d'une consommation standardisée à une consommation du surmesure, du jetable au réparable, que ce sont des emplois qui sont non délocalisables par rapport à des made in ailleurs, que ce sont aussi des compétences qui sont transférées via l'apprentissage dans des conditions humaines. Vous
pensez à quel métier
? Pardon ? Vous pensez à quel métier
? Mais
plein de métiers, depuis l'isolation des logements jusqu'à la cordonnerie, à la réparation. Et en fait, ces corps de métiers sont indispensables. Mais là, ils vont être secoués par la crise que nous connaissons, parce qu'évidemment, il va y avoir des retards de commande. Et donc, je voudrais vraiment qu'on ait aussi un discours écologiste qui aille au plus proche de ces métiers qui sont au moins aussi indispensables dans la transformation que les questions de mobilité qu'on a vues ou de consommation végétale dont on a parlé précédemment. Donc, force aux artisans qui subissent de plein fouet la crise actuelle.
Vous en parlerez peut-être dans le programme des écologistes ou d'un autre parti de gauche pour 2027. Et justement, un autre sujet de cette campagne France 2027,
c
'est le nucléaire à Belmestre.
Oui, tout à fait. En 2023, les Verts, enfin le parti écologiste, disaient résolument, je cite, résolument pour la sortie du nucléaire.
Dans
le contexte actuel de la crise de l'énergie, où les cours du gaz et du pétrole explosent, est
-ce
que c'est audible
?
Alors, non seulement c'est audible, mais nous devrions remettre cette question dans les mains du peuple français via un référendum parce qu'on sait que sur le nucléaire, ce qui pêche beaucoup, c'est le débat démocratique. Vous savez, là, on prend des mesures qui vont avoir des conséquences dans les 5-10 prochaines années assez importantes. Dans la loi agricole, il y a le fait de pouvoir faire des méga-bassines ou des retenues collinaires. Et on va même aller chercher dans les nappes phréatiques pour faire de la neige artificielle. On développe des data centers. On a 60 projets à peu près sur le territoire de data centers.
Un data center, aujourd'hui, ça consomme à peu près 19 millions de litres d'eau par jour. Et puis, il
y
a le nucléaire. Et le nucléaire est une industrie
grande consommatrice d'eau. A
peu près 50% d'usage pour refroidir les réacteurs. Et 12% à la fin qui s'évaporent. Et donc, en fait, là, on est dans une forme d'accaparement en bande organisée de l'eau. Mais l'eau, c'est absolument indispensable à notre vie. Et ce qui se passe, c'est que quand les nappes phréatiques diminuent, et on le voit là encore une fois, dans les jours qui viennent, il n'y aura pas d'eau pour alimenter ces nappes phréatiques, eh bien, il y a aussi une concentration de l'eau qui reste en pesticides, en pifas. Et donc, c'est un enjeu de santé. C 'est toute une chaîne de responsabilité. Et donc, oui, sur le nucléaire, nous ne pouvons pas tout miser sur le nucléaire, comme nous le faisons actuellement.
Et je rappelle aussi que récemment,
on
a eu jusqu'à la moitié des réacteurs qui étaient arrêtés pour des questions de corrosion, pour des raisons de manque d'eau. Et donc, voilà, je dis juste, on est dans une forme non seulement de fuite en avant, mais de lâcheté et de déni. On refuse l'obstacle, on refuse
de s
'affronter au problème
climatique et écologique.
Quand
on
voit qu'en 2025, 68% de
l
'électricité provenait des centrales nucléaires, comment concrètement, on peut passer au tout renouvelable, c'est-à-dire, vu cette part majoritaire
? On
ne passe pas au tout renouvelable en claquant des doigts, mais de
toute façon,
on ne sait pas non plus démanteler une centrale nucléaire en claquant des doigts. Donc, on investit sur un mix énergétique fait de panneaux solaires, fait de géothermie. Mais qui doit
aboutir à la sortie totale
du nucléaire à terme. Oui,
parce
que, mais oui, mais regardez le monde dans lequel nous avançons. Constatons aussi que même sur un plan de sécurité nationale, les centrales nucléaires sont aussi des cibles possibles.
Et
donc, en fait, construire notre résistance, construire notre résilience, mettre les choses dans le bon ordre, c'est aussi ne pas créer des zones de fragilité. Et aujourd'hui, sur les data centers, sur le nucléaire, on crée des zones de fragilité. Et on prend un peu tout à l'envers. Enfin, je vais juste poursuivre un tout petit peu cette idée, parce que moi, j'ai l'impression de vivre dans un monde où on prend les choses vraiment à l'envers. On a une concentration des médias dans Bolloré, et puis on a des services publics qui fonctionnent, comme la SNCF, la RATP, où on les met en concurrence, parce qu
'on
ne supporte pas les monopoles. Et de l'autre côté, on a un monopole qu
'on
ne conteste pas. Là, on est loin du nucléaire. Oui,
oui,
bien sûr. Mais ce que je veux dire, c'est que toutes les mesures politiques qu'on prend actuellement ne tiennent pas compte de notre capacité à durer, quitte à être plus humble dans notre mode
de développement. Pour revenir sur
le nucléaire, qu'est-ce que vous répondez à Greta Thunberg, qui, bien qu'étant hostile aussi au nucléaire comme vous, a dit à plusieurs reprises que c'est un moindre mal, notamment en
s
'appuyant sur les travaux du GIEC. Est-ce qu'elle a raison ? En fait, il y a toute la question du nucléaire déjà existant et de ce qu'on va construire. Là, on a prévu de construire des EPR2 ou des SMR, des réacteurs de petite taille qui pourraient être mis à côté des data centers. On a déjà des centrales. Et en fait, si on n'entame pas la sortie du nucléaire, alors on est dans des investissements supplémentaires. Donc je réponds à Greta Thunberg. Greta regarde, certes, l'évolution des émissions de gaz à effet de serre. Regarde aussi les consommations d'eau. Et puis regarde aussi les enjeux géopolitiques. Parce qu'aujourd'hui, nos déchets nucléaires dépendent, par exemple, de la Russie.
Dépendent de l'uranium qui est extrait dans des conditions qui ont été largement dénoncées. Et en fait, on ne peut pas se mettre pieds et poings liés comme ça avec des régimes tels que celui de Vladimir
Poutine. Vous
êtes d'accord que le nucléaire fait partie de la réponse pour sortir de la dépendance aux énergies fossiles. Le plan d'électrification vise moins de 30% de l'énergie consommée en France provenant des énergies fossiles contre 60% aujourd'hui. Est-ce qu'on peut se passer du nucléaire pour passer au tout électrique ? Oui, on peut se passer du nucléaire. Mais de toute façon, ça ne
se
fera pas du jour au lendemain. Ça se fera se planifier sur 5, 10, 15, 20, 30 ans. Et en fait, vous dites qu'on a un plan qui vise à diminuer de 30% notre consommation d'énergie fossile. Et pour autant, je vous parlais des data centers qui augmentent. Le besoin des data centers est estimé à trois fois les besoins de l'industrie aujourd'hui. Donc en fait, c'est ça quand je vous dis qu'on est dans une course en avant. Et je comprends que le cornu ne veuille pas dire le mot sobriété. Mais en fait, c'est aujourd'hui ce bon sens de la sobriété qui nous permettrait de nous en sortir. Et le nucléaire, c'est une manière encore une fois de ne pas nous affronter au problème. Encore une fois.
Comment vous jouez le bilan d'Emmanuel Macron sur le nucléaire ? Au départ, on se souvient, en 2017, il avait plutôt une ligne de sortie progressive. Il avait arrêté Fessenheim. Et puis, le temps passant,
on a vu... La décision était préalable à Emmanuel
Macron. Tout à fait. Mais il l'avait continué. Et puis, on a vu qu'au fil du temps, il avait fait un revirement. Et qu'aujourd'hui, il prend un tour pro-nucléaire. Comment vous l'analysez ? C 'est
un revirement de
conviction ou c'est du pragmatisme ? Non, mais je pense qu'Emmanuel Macron est tout à fait fasciné par la tech. D'ailleurs, il en parle à un discours sur deux. Et qu'en fait, il voit l'intelligence artificielle comme ce qui va révolutionner
les choses. Et donc,
la nécessité des data centers. D'où la fourniture d'électricité. Mais on peut prendre l'intelligence artificielle sous plein d'angles. Je vous en ai parlé sur l'eau, mais je pourrais vous en parler sur les terres rares. Je pourrais vous en parler aussi sur le pillage des données, le moissonnage des données, le droit d'auteur, etc. En fait, on est dans une économie toxique si on dépend complètement de cette technologisation. Je ne
sais
pas comment le dire. Et donc, je pense qu'Emmanuel Macron a une forme de fascination morbide pour ça et pour ses personnages de la tech. Moi, je me souviens de la manière dont il avait reçu Elon Musk, comme si c'était un dieu sur Terre. Et évidemment, nous ne sommes pas du tout sur le
même projet de
société. Sauf qu'aujourd'hui, s'il n
'y
avait pas eu le nucléaire, on n'aurait pas pu faire face aux crises, à la guerre en Ukraine, à la guerre au Moyen-Orient.
Non, mais ce n'est
pas vrai, puisque de toute façon, là, on est déjà dans une période d'inflation. Et regardez encore
une fois l'Espagne, parce que c'est un
exemple. Alors certes, il y
a
eu un blackout, mais qui a été corrigé depuis. Ils ont 56% d'énergie renouvelable, 56% d'énergie renouvelable. Et en fait, tout va bien. Je veux dire, on a quand même ce truc en France où on refuse le changement.
Tout changement, c
'est... Dernière question. Pour vous, la priorité, c'est sortir du nucléaire ou sortir des énergies fossiles ?
Les deux, mon capitaine.
En même temps.
Deux minutes avant la fin de notre émission, avant la fin de questions politiques. C'est l'heure du vrai ou faux. Vous connaissez le principe, Sandrine Rousseau. Je vais donner des affirmations.
Vous avez essayé
de changer nos visages.
Tout à fait.
Je vais donner des affirmations et vous me direz très rapidement vrai ou faux. Jean-Luc Mélenchon ferait un meilleur candidat à la présidentielle que Marine Tandelier. Vrai ou faux ? Joker.
Alors
vous
devez répondre.
Le principe du
vrai ou faux, il faut
répondre. Ma liberté de vous dire joker.
Vous
n'écartez pas de rejoindre Jean-Luc Mélenchon avant la fin, avant l'élection ?
Moi je pense que la gauche ne pourra gagner que si elle est unie plus largement que juste LFI.
Et
donc ça va être tout le débat des semaines et des mois à venir que de reposer la question de l'union de la gauche.
Pareil, vous ne répondez pas. Est-ce que vous écartez la possibilité de rejoindre Jean-Luc Mélenchon avant 2027
?
Eh bien je vous dis, je rejoindrai qui fera l
'union
en
fait.
D'accord.
Voilà.
Et
si Jean-Luc Mélenchon ne fait pas l'union
? Je
vous dis, je viens de vous répondre. Je vous dis, je rejoindrai l'union. Vous aimeriez une femme présidente coûte que coûte ? Pardon ? Vous aimeriez une femme présidente coûte que coûte ? Pas si c'est Marine Le Pen, non. Vous auriez préféré... Je préférerais qu
'il
y
ait
beaucoup plus de femmes comme disait.
Vous
auriez préféré être un homme ?
Moi, vous préférez être un homme ? Pas du tout. Pas du tout. Par contre, je préférerais ne pas subir les discriminations liées à mon genre. Oui, ça c'est clair.
Pour vous, fin du monde, fin du mois, vous avez choisi votre cause.
C
'est la fin du monde
?
En tous les cas, la fin du monde arrive si on ne fait rien. Donc il y a quand même un enjeu à ce qu'on revoie en profondeur nos priorités. Ce que je veux dire, c'est qu'une société écologique, c'est aussi une société de l'émancipation, du temps libéré, de la plus faible consommation, mais des droits humains. En fait, c'est aussi une société qui est moins toxique que celle que nous avons actuellement.
Et
très rapidement, un livre se prépare sur vous, écrit par deux journalistes. Ça vous fait peur
?
Ben non, je l'attends. Je vais voir. Et moi, j'en ai écrit un qui s'appelle « Tu nues à la cause » aux éditions incroyables de La Meute.
Un stand pour vous.
Merci
Sandrine Rousseau
d
'avoir
répondu à nos questions politiques. Merci à ceux qui m'ont accompagnée toute cette heure. Abel Mestre du journal Le Monde. Merci beaucoup Brigitte Boucher de France Télé. Merci à vous. Merci à la grande équipe de cette émission de questions politiques. À Fabienne Lemoyle, à Marius Serriès. Merci à l'équipe technique. Le son, l'image, auditeurs, téléspectateurs. Merci à vous d'être fidèles au poste
et
à la télévision pour suivre questions politiques. Rendez-vous la semaine prochaine comme chaque dimanche.