Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 25 mai 2026 55 minContradictoireActualité / polémiqueEnvironnement & énergieSolidarités & familleÉconomie & entreprisesJustice

Gaza : l'écologiste Sandrine Rousseau "réfléchit à aller sur une prochaine flottille"

Au micro : Victoria Coussa Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 43 %Défensif 17 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:03OuverteRéponse partielle

    Est-ce bientôt la fin de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran ?

  • 5:06OuverteRéponse partielle

    Que pensez-vous du rôle de la France dans la sécurisation du Détroit d'Hormuz ?

  • 6:25OuverteRéponse directe

    Vous saluez l'interdiction de territoire français du ministre israélien Benvir ?

  • 7:43OuverteRéponse directe

    Est-ce que les flottilles pour Gaza ont encore du sens ?

  • 8:52OuverteRéponse directe

    Comment expliquer que MeToo n'ait pas empêché les agressions de Patrick Bruel ?

  • 11:01OuverteRéponse directe

    Sur un texte de loi que vous déposez à l'Assemblée, qu'est-ce que ça changerait ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:27InvitéFait
    « Je pense qu'on peut y croire, après c'est incroyable de gâchis, c'est-à-dire qu'on est exactement dans la situation d'avant la guerre. »
  • 3:29InvitéChiffre
    « On a voté à l'Assemblée nationale 36 milliards d'euros de plus pour le budget de l'armée pour la première fois en France. »
  • 6:55InvitéFait
    « Il faudrait contester l'accord de l'Union européenne avec Israël. »
  • 7:06InvitéFait
    « Israël, qui colonise la Cisjordanie avec une violence inouïe, qui affame et qui tue en masse des personnes sur la bande de Gaza, simplement parce qu'ils sont et parce qu'elles sont palestiniennes. »
  • 10:06InvitéFait
    « La sérialité des personnes qui violent et qui agressent n'est jamais anticipée, de sorte qu'on minimise considérablement leur dangerosité et que ça fait partie de la culture du viol. »
  • 21:19InvitéFait
    « La perspective que le gouvernement ou la classe politique aille faire des plans de sobriété en expliquant comment il faudrait rouler, etc., à titre personnel, ça m'insupporte. »
  • 22:15InvitéChiffre
    « Vous savez combien coûte une voiture électrique ? »
  • 28:59InvitéChiffre
    « Il y a 48 000 morts prématurées de la pollution en France. »
  • 30:55InvitéChiffre
    « La viande aujourd'hui, la consommation de viande, est responsable de 60% de notre empreinte carbone. »
  • 36:10InvitéFait
    « Elle existe partout, l'écologie. »
  • 39:06InvitéFait
    « Ma maman s'est suicidée. Elle s'est suicidée alors qu'elle était en fin de vie parce qu'il n'y avait pas l'aide à mourir. »
  • 41:23InvitéPromesse
    « Il va passer en commission mixte paritaire, puis il va revenir à l'Assemblée. »
  • 41:38InvitéFait
    « Ouvrir ce droit à l'aide à mourir est aussi une manière de ne pas y recourir. »
  • 45:39InvitéChiffre
    « Un data center, aujourd'hui, ça consomme à peu près 19 millions de litres d'eau par jour. »
  • 45:51InvitéChiffre
    « Le nucléaire est une industrie grande consommatrice d'eau. À peu près 50% d'usage pour refroidir les réacteurs. Et 12% à la fin qui s'évaporent. »
  • 49:30InvitéChiffre
    « Le plan d'électrification vise moins de 30% de l'énergie consommée en France provenant des énergies fossiles contre 60% aujourd'hui. »

Temps de parole

  • Invité69 %
  • Présentateur14 %
  • ?6 %
  • Invité 25 %
  • Invité 35 %

≈ 26,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur

Bonjour

0:11
Présentateur

à toutes et à tous, bienvenue dans Questions politiques.

0:14
Locuteur

Quand

0:14
Présentateur

certains réservent les salles des meetings, peaufinent leur stratégie de campagne à moins d'un an de la présidentielle. D'autres se demandent comment exister, voire comment survivre. Quelle place à gauche pour les écologistes en plein duel LFI-PS ? Le parti vert a-t-il encore du sens ? Ces élus se rangeront-ils dans l'un des deux camps ? Le vent, ils l'ont de face depuis des mois. L'examen de la loi d'urgence agricole rajoute quelques rafales. Comment inciter à la sobriété quand faire le plein est au centre des préoccupations ? Comment remettre les projecteurs sur l'urgence climatique quand il fait aussi chaud de plus en plus tôt ?

Notre invité est députée écologiste de Paris, féministe aussi. L'affaire Patrick Bruel devient politique avec ce schéma qui reste le même. Neuf ans après MeToo, un homme puissant, populaire, accusé de violence sexuelle. Sandrine Rousseau est avec nous sur France Inter, France Info, le canal 16 de la télé et en partenariat avec le journal Le Monde. Nous sommes ensemble pour répondre à toutes vos questions, à toutes nos questions politiques jusqu'à 13h.

1:11
Invité

France Inter, questions politiques, Victoria Coussa.

1:18
Présentateur

Bonjour Sandrine Rousseau.

1:19
Locuteur

Bonjour.

1:20
Présentateur

Merci d'avoir accepté notre invitation. A mes côtés pour vous interviewer pendant une heure, je les salue. Brigitte Boucher de France Télévisions, bonjour Brigitte. Bonjour Victoria, bonjour

1:28
Locuteur

Sandrine

1:29
Présentateur

Rousseau. Tout à l'heure, vous nous ferez justement le portrait de notre invitée.

1:32
Locuteur

Eh

1:32
Invité

oui, écoféministe, femme de conviction ou idéologue, femme forte ou à fleur de peau, qui êtes-vous vraiment Sandrine

1:39
Présentateur

Rousseau ? On verra ça. Abel Mestre, bonjour du journal Le Monde, bonjour à vous. Vers midi 50, on ira tout droit vers 2027 avec vous, avec une question qui sera également très importante pendant la campagne, la question du nucléaire.

1:52
Invité

Oui tout à fait, en pleine crise énergétique, est-ce qu'on se demandera si on peut encore politiquement prôner une sortie totale de l'atome comme le font les écologistes

1:59
Locuteur

?

2:00
Présentateur

Mais d'abord, quelques questions d'actualité Sandrine Rousseau. Est-ce bientôt la fin de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran ? Le président américain Donald Trump affirme qu'un accord a été largement négocié. Il permettrait selon des médias américains aux navires de franchir à nouveau le détroit d'Hormuz bloqué, assouplirait également les sanctions qui pèsent sur l'Iran. Le nucléaire renvoyait à des négociations ultérieures, est-ce qu'il faut y croire selon

2:27
Invité

vous

2:27
Locuteur

?

2:27
Invité

Je pense qu'on peut y croire, après c'est incroyable de gâchis, c'est-à-dire qu'on est exactement dans la situation d'avant la guerre. C'est-à

2:34
Locuteur

-dire

2:34
Invité

qu'en fait on va pouvoir passer par le détroit d'Hormuz, il n'y aura rien de plus sur le nucléaire et par contre le peuple iranien aura beaucoup souffert, les répressions de la société civile seront bien plus grandes et en fait on est là dans quelque chose de la logique absolument mortifère, dangereuse et effroyable du capitalisme.

2:52
Locuteur

C

2:52
Invité

'est-à-dire que Trump qui est le garant d'un capitalisme sauvage a voulu s'approprier des ressources, libérer le détroit d'Hormuz puis à la fin ça a fait fonctionner un peu son industrie, ça a occupé l'actualité et à la fin ça a tué des gens et à la fin on retombe sur la même situation. C'est

3:08
Locuteur

tout

3:08
Invité

ça pour ça, c'est ce que vous dites ? C'est tout ça pour ça, c'est-à

3:11
Locuteur

-dire

3:11
Invité

qu'en fait on n'a aucune avancée sur l'Iran mais par contre on a des morts, par contre on a des destructions

3:16
Locuteur

et

3:17
Invité

en fait ça pose une question, c'est-à-dire parce que là je pense que le capitalisme, parce qu'il est en crise profonde, parce qu'il est en crise systémique, va aller chercher des débouchés et pour chercher des débouchés peut-être que la guerre en sera et on le voit d'ailleurs parce qu'on a voté à l'Assemblée nationale 36 milliards d'euros de plus pour le budget de l'armée pour la première fois en France. Vous

3:35
Locuteur

pensez

3:36
Présentateur

que ce n

3:36
Locuteur

'est

3:36
Présentateur

pas nécessaire avec la guerre aux portes de l'Europe, la guerre internationale ? La première fois en France, le budget de l'armée est supérieur

3:43
Locuteur

au

3:44
Invité

budget de l'éducation nationale et en fait c'est un projet de société qui se dessine et c'est grave.

3:49
Locuteur

Sauf que tout le

3:49
Invité

monde s'arme

3:50
Locuteur

?

3:50
Invité

Oui, sauf

3:51
Locuteur

que là par exemple,

3:52
Invité

je vais vous dire, dans le projet de loi sur l'armée,

3:55
Locuteur

ce

3:55
Invité

qui s'est passé c'est qu'on a voté, donc c'est pas nous mais il y a eu une majorité à l'Assemblée pour voter 36 milliards de plus, dont 8,5 milliards sur les munitions. On a créé un nouveau label qui s'appelle France Munition, donc après France Emploi, après France, je ne

4:11
Locuteur

sais

4:11
Invité

plus comment c'est, France Personnes âgées, France Dépendance je crois.

4:13
Locuteur

Donc on va faire

4:14
Invité

statut gros, il faudrait ne plus bouger, ne plus toucher

4:17
Locuteur

au budget de l'armée aujourd'hui, l

4:20
Invité

'essentiel de la défense, de notre capacité à nous défendre, réside dans notre autonomie vis-à-vis des ressources pétrolières et fossiles, vis-à-vis aussi de l'uranium, j'imagine qu'on en parlera, vis-à-vis des terres rares et donc ça nécessite d'avoir une forme de changement d'économie avec une autonomie, avec un changement de mode de consommation, de production et on va exactement à l'inverse,

4:48
Locuteur

c

4:48
Invité

'est-à-dire qu'on arme, on arme, on arme et on ne change rien. Et derrière, il y

4:52
Locuteur

a

4:52
Invité

quand même une partie de la guerre qui est sur les données, sur le captage des données, on est extrêmement fragile là-dessus. En fait, là j'ai l'impression qu'on est dans une espèce de fuite en avant, mais je vais y revenir sans doute au cours de

5:02
Locuteur

l'émission, on est dans une fuite en avant

5:04
Présentateur

sur tout.

5:04
Locuteur

Simplement, sur

5:04
Présentateur

cette situation, sur cette guerre,

5:06
Locuteur

le débat d

5:06
Présentateur

'Hormuz, que pensez-vous du rôle de la France ? Emmanuel Macron s'est entretenu avec son homologue américain, les pays du Golfe, est-ce que la France a un rôle à jouer, par exemple même dans la sécurisation du Détroit, si demain il devait être débloqué ? Mais la

5:19
Invité

France joue un rôle de spectateur des conflits mondiaux depuis le début, c'est-à

5:23
Locuteur

-dire

5:23
Invité

qu'en fait, il

5:23
Locuteur

y

5:23
Invité

a des grandes annonces, une voix qui tremble d'Emmanuel Macron, mais à la fin, on n'agit pas.

5:27
Locuteur

Il y a le porte-avions Charles de Gaulle

5:28
Présentateur

qui se trouve quand

5:29
Locuteur

même dans la zone.

5:29
Invité

Oui, mais si l'Espagne a repris une forme d'autonomie sur la scène internationale et géopolitique, c'est précisément parce qu'elle a fait une transition énergétique, parce qu'elle a pris les mesures pour être bien plus indépendante. Et en fait, là, on est dans... Enfin, vous savez que la guerre est un des débouchés naturels du capitalisme et que là, on est en train d'y aller. Et vraiment, je le pose, je sais que ce sont des grands mots, mais la réalité est qu'il va falloir trouver des débouchés industriels. Et qu'en fait, j'ai l'impression que la politique de la France se positionne aussi sur une forme d'exportation d'une industrie qui serait l'industrie d'armement.

Mais enfin, moi, je suis désolée, je ne souhaite pas que la France soit

6:01
Locuteur

une exportation.

6:01
Invité

Donc

6:01
Locuteur

on

6:01
Invité

ne se protège pas, malgré

6:03
Locuteur

la menace. C'est

6:04
Invité

exactement l'inverse. Je vous ai dit qu'on se protégeait différemment, précisément en n'étant pas dépendant des ressources internationales.

6:09
Locuteur

Alors comment, pardon ? On a déjà voté

6:11
Invité

une loi de programmation militaire de 400 milliards d'euros entre 2026 et 2030. Donc ça suffit. Et on est le budget d'Europe le plus important en matière d'armée. Donc on n'avait pas besoin de rajouter ces 36 milliards d'euros supplémentaires. À

6:23
Locuteur

l

6:24
Présentateur

'international, ce sont aussi ces images qui ont fait le tour du monde. Des dizaines de militants pro-palestiniens de la flottie pour Gaza, agenouillés, après leur arrestation par Israël, les mains liées, violentées par les autorités. Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Benvir, qui se met en scène sur la vidéo en question, sur ces images, n'est plus le bienvenu chez nous. Interdit de territoire français par le Quai d'Orsay. Vous saluez cette décision

6:45
Locuteur

? Oui,

6:46
Invité

bien sûr, mais c'est une petite décision dans l'ensemble des décisions qu'il faudrait prendre. Il faudrait contester l'accord de l'Union européenne avec Israël. Il faut aussi se poser maintenant, sérieusement, la question du boycott des produits qui viennent d'un pays qui est capable de faire cela. D'un pays qui est allié à

7:05
Locuteur

la France. Israël,

7:06
Invité

qui est un pays Israël, qui colonise la Cisjordanie avec une violence inouïe, qui affame et qui tue en masse des personnes sur la bande de Gaza, simplement parce qu'ils sont et parce qu'elles sont palestiniennes. En fait, ça n'est pas possible de continuer à jouer. Et d'ailleurs, encore une fois, l'Espagne a eu un discours politique bien plus fort. Donc, contre ce génocide, contre tout ce qui est en train de se passer là-bas, qui est en dehors du droit international, en dehors du droit humain, mais en dehors même de l'humanité, nous devrions avoir une politique bien plus forte que juste, vous n'aurez pas le droit de passer des vacances en France, monsieur Ben Guir.

7:40
Présentateur

Donc, rupture des liens commerciaux et rupture des liens diplomatiques. Absolument. Très bien. Vu les risques que représentent ces flottilles sécuritaires, diplomatiques, et vu aussi l'inefficacité pour les habitants de Gaza, est-ce qu'elles ont encore du sens, ces flottilles ? Elles

7:55
Invité

sont très importantes parce que je pense que les images que nous avons vues donnent un aperçu de ce que vit actuellement le peuple palestinien. Et moi, je vais vous dire, je réfléchis même à pouvoir aller sur une prochaine flottille parce que je pense que ce qui se passe là-bas, nous sommes tous responsables de ce qui se passe là-bas. Vous

8:14
Locuteur

avez déjà prévu ? Si nous ne le dénonçons

8:15
Invité

pas forcément. Non,

8:16
Locuteur

non,

8:16
Invité

j'avais été contactée par celle-ci, mais je n'y suis pas allée.

8:20
Locuteur

C

8:20
Invité

'est le rôle

8:21
Locuteur

d'une élue

8:21
Invité

de la République de monter sur ces flottilles

8:23
Locuteur

? Je

8:23
Invité

pense que là, vu ce qui s'est passé, c'est absolument... Et on ne parle pas des viols et des agressions sexuelles qu'on subit manifestement,

8:30
Locuteur

en

8:30
Invité

tous les cas, dont témoigne une partie des membres de l'équipage. Moi, je voudrais qu'il y ait des personnalités dont le nom soit connu. Je ne dis pas que j'en fais partie, mais en tous les cas, des personnalités dont le nom soit connu et reconnu pour empêcher

8:46
Présentateur

cela. C'est très symbolique, ce genre de flottille.

8:48
Locuteur

C'est très

8:49
Invité

symbolique, mais le symbole a de la force, des fois.

8:52
Présentateur

France, Belgique, Canada, au moins 13 plaintes contre le chanteur Patrick Bruel et une trentaine de femmes qui dénoncent des agressions sexuelles et des viols. Il a fallu attendre une récente enquête de Mediapart pour que ces accusations aient de l'écho. Et on entend toujours la même chose. Tout le monde savait, tout le monde se taisait. Comment expliquer qu'on en soit encore là, neuf ans après MeToo

9:11
Locuteur

?

9:12
Invité

Alors, on n'en est plus tout à fait là, puisque pour la première fois, il y a des enquêtes qui sont ouvertes. Pour la première fois, on n'est pas dans un classement sans suite. Pour la première fois, un parquet s'est saisi. Mais combien il aura fallu de temps ? En 2019, il y a déjà neuf femmes qui avaient témoigné des comportements de Patrick Bruel. Et aujourd'hui, on en est à une trentaine de femmes. Et en fait, moi, je voudrais juste poser deux choses dans le cas de Patrick Bruel.

9:34
Locuteur

C

9:34
Invité

'est un, la question de la sérialité.

9:37
Locuteur

C

9:37
Invité

'est-à-dire que comment on détecte la dangerosité de personnes. Et manifestement, la sérialité, je suis en train de faire une mission flash avec d'autres députés à l'Assemblée nationale transpartisane sur le squarnec, qui est un chirurgien qui a violé jusqu'à 300 personnes. En tous les cas, c'est le minimum puisqu'il a été condamné pour cela. Et en fait, la sérialité des personnes qui violent et qui agressent n'est jamais anticipée, de sorte qu'on minimise considérablement leur dangerosité et que ça fait partie de la culture du viol. Mais il

10:06
Locuteur

y

10:06
Invité

a une autre chose qui est ce qu'on appelle le grooming institutionnel. Qui est le fait que normalement, des institutions qui devraient protéger les patients dans le cadre de la médecine, les fans dans le cadre de Bruel, puisqu'on

10:19
Locuteur

se souvient de la Bruelmania... Et d'ailleurs, on rappelle juste que Patrick

10:20
Présentateur

Bruel conteste ses faits. Bien sûr, évidemment.

10:23
Locuteur

Et qu'il est présumé innocent.

10:23
Présentateur

Et

10:24
Locuteur

qu'il est

10:24
Présentateur

présumé innocent, tout à fait.

10:25
Invité

Mais dans le cadre de la Bruelmania, il était entouré d'un nombre de femmes tout à fait conséquent. On se souvient, c'était dans les années 90. Et en fait, dans ces cas-là, les institutions devraient protéger les personnes, les fans. Et c'est tout l'inverse qui se passe. C'est-à-dire que les institutions, mais on l'a vu dans PPDA, on l'a vu dans toutes les affaires, dans toutes les graves affaires sérielles, et on le voit aussi dans le Square Neck, c'est que les institutions, au contraire, finalement, facilitent l'accès au corps de femmes, de jeunes femmes, de mineurs, et légitiment les attitudes. Et derrière, couvrent les exactions.

11:00
Locuteur

D'ailleurs,

11:01
Présentateur

sur un texte de loi que vous déposez

11:02
Locuteur

à l'Assemblée,

11:03
Présentateur

on y reviendra. Parmi ces plaignantes, il y a l'animatrice Flavie Flamand, qui dénonce un viol quand elle avait 16 ans.

11:09
Locuteur

Elle

11:09
Présentateur

envisage de porter plainte pour diffamation après la défense de l'artiste. On écoute son avocate Corinne Hermann.

11:15
Locuteur

Elle

11:15
Invité

parle d'abord parce qu'elle parle pour cette jeune fille de 16 ans qui a subi ces faits. Elle parle pour soutenir la parole des autres femmes, parce que ça devient insupportable d'avoir des femmes qui sont moquées, qui ne sont pas comprises, et des paroles qui sont oubliées ou mises de côté parfois par la justice. Elle se concentre sur son combat. Pour le restant, la seule chose que demande l'ensemble des plaignantes, d'ailleurs, pas seulement Flavie Flamand, et il va y avoir de nouvelles plaintes, je vous l'annonce, c'est qu'on protège en tous les cas les jeunes femmes qui sont à son contact, ou en tout cas dans son environnement, dans son cadre professionnel.

11:47
Présentateur

Vous qui êtes engagée dans la lutte contre ces violences, vous accueillez comment cette parole

11:53
Locuteur

?

11:54
Présentateur

Alors,

11:55
Invité

d'abord,

11:55
Locuteur

je

11:55
Invité

voudrais dire que Flavie Flamand est extrêmement courageuse, mais extrêmement courageuse, parce que dénoncer deux viols, et on sait que quand on a subi un viol enfant, on est plus exposé à en subir d'autres après, malheureusement, parce que les agresseurs, les violeurs, arrivent à détecter tout un tas de signaux faibles qui rendent les personnes plus vulnérables à leurs agressions. Et Flavie Flamand est extrêmement courageuse de faire ce qu'elle fait. Et vraiment, je le pose parce que, évidemment, si loin en arrière, probablement que les preuves manqueront au moment du jugement.

Et donc, elle prend un risque sur sa réputation, sur sa notoriété, et elle prend un risque pour toutes les autres femmes, et pour cela, merci. Mais dans la proposition de loi que nous portons avec Erwann Balanant, nous mettons une mesure qui est très importante, qui est d'amplifier les condamnations, les sanctions contre les personnes qui savent et qui n'agissent pas. Parce qu'en fait, on le voit là, dans l'industrie de la musique, qu'il a fallu tout un système pour protéger Patrick

12:51
Locuteur

Bruel. Et là

12:51
Invité

encore,

12:51
Locuteur

on va revenir très vite sur votre proposition de

12:53
Invité

loi, Abel Mestre. Oui, Patrick Bruel maintient pour l'instant ses concerts en France.

12:58
Locuteur

Les

12:58
Invité

préfets peuvent les annuler pour risque d'atteinte à l'ordre public. Des maires appellent à le faire, notamment à Marseille, Nancy, Brest, Nancy, Lille. Au Québec, plusieurs concerts ont été annulés par le promoteur de Patrick Bruel. C'est ce qu'il faut faire, malgré justement la présomption d'innocence que vous releviez tout à l'heure. Évidemment, puisque c'est un trouble à l'ordre public, puisque c'est mettre

13:18
Locuteur

en danger des personnes. Même en l'attention de manifestation, etc. Il n'y a pas de trouble à

13:20
Invité

l'ordre public. Bien sûr que si, il y aura forcément des féministes devant. Et c'est très bien, d'ailleurs.

13:25
Locuteur

Ce n

13:25
Invité

'est

13:25
Locuteur

pas

13:25
Invité

le cas pour l'instant. Ce n

13:26
Locuteur

'est

13:26
Invité

pas le cas pour l'instant, mais ça va forcément venir. Et par ailleurs, c'est aussi une mise en danger. Je veux dire, Patrick Bruel n'organise pas ses concerts seul. Il y a des techniciennes, il y a des personnes qui gèrent les lumières, le son, qui gèrent sa loge, qui le maquillent. On l'a vu d'ailleurs le masse avant ou après ses concerts. Et puis derrière, il y a des fans. Et donc, c'est une mise en danger de toutes ces personnes. Tant que la

13:50
Locuteur

justice... Oui, toutes ces femmes qui travaillent avec lui,

13:51
Invité

elles n'ont

13:52
Locuteur

rien

13:52
Invité

à lui reprocher jusqu'ici, puisqu'elles font partie de l'équipe et elles travaillent peut-être avec lui depuis des années. Ce n

13:57
Locuteur

'est

13:57
Invité

pas ce qui apparaît de certains des témoignages, des 30 témoignages, puisqu'il y a une éclairagiste, je crois, dans les témoignages. Il y a deux masseuses, il y a une ostéopathe qui était venue, une kinésithérapeute, qui était venue pour lui remettre le dos, je ne sais plus comment, et qui l'a agressée. Il y a en fait tout un tas de personnes à l'intérieur de son staff. Il y

14:21
Locuteur

a

14:21
Invité

eu des maquilleuses aussi, je crois, dans la première version des témoignages. Donc ce serait plus sur le fondement d'une mise en danger d'autres... Absolument, et ce serait sur la protection des risques psychosociaux. Ce qui est un devoir dans le cadre du droit du travail. Et donc la présomption d'innocence dans le droit du travail n'est pas première. Il faut d'abord protéger les autres. Et donc à ce titre-là, on devrait annuler évidemment les tournées. Vous dites

14:46
Locuteur

qu

14:47
Invité

'il faut annuler, mais ils jouent tous les soirs en ce moment au Théâtre Édouard VII et ça ne provoque aucun trouble effectivement. Vous êtes déçue par justement les féministes ? Parce que justement là, on ne les entend pas, elles ne manifestent pas. On

14:58
Locuteur

entend

14:59
Invité

beaucoup les féministes, sans quoi l'affaire Patrick Bruel n'existerait pas. Donc au contraire, on entend beaucoup les féministes et je ne suis pas du tout déçue des féministes jamais. Au contraire, je pense que grâce aux féministes, MeToo ne s'arrête pas. Parce qu'on a essayé d'arrêter MeToo de mille

15:14
Locuteur

et

15:14
Invité

une manières depuis 2017 où c'est sorti. Certains ont porté plainte en diffamation, il y

15:20
Locuteur

a

15:20
Invité

eu des procès, il y a eu des condamnations,

15:23
Locuteur

il

15:23
Invité

y a eu des personnes qui ont été empêchées, on a été traitées de sale conne, etc. Et à la fin, à la fin, MeToo continue. Donc les choses ont changé ? Oui, je pense qu'on est dans un mouvement social d'une ampleur telle qu'il est impossible de revenir

15:39
Locuteur

en

15:39
Invité

arrière. Et là,

15:40
Locuteur

je pense qu'on va ouvrir

15:41
Invité

dans les semaines prochaines un

15:42
Locuteur

MeToo de l'endamnation.

15:44
Invité

Ça aura changé quand il y

15:45
Locuteur

aura

15:45
Invité

eu des condamnations ?

15:46
Locuteur

Oui,

15:46
Invité

mais il y en a déjà eu, regardez Depardieu. Et je rappelle quand même que Depardieu, Besson, Cobert, Bruel, tous ceux-là ont bénéficié soit de non-lieux, soit d'affaires classées sans suite. Et que tous finalement, d'Armont, reviennent sur le devant de la scène dans les affaires MeToo. Donc moi, ce que je veux juste dire, c'est que heureusement qu'il y a la pugnacité des victimes, et bravo à elles. Heureusement qu'il y a l'accompagnement des féministes.

16:15
Locuteur

Et l'accompagnement des

16:16
Présentateur

politiques, justement. C'est ce que vous voulez, avec un texte qui découle de la commission d'enquête sur ces violences sexistes et sexuelles dans l'univers du cinéma, mais aussi plus largement dans l'univers de la culture. Vous proposez par exemple d'obliger les employeurs dans le cinéma, la mode,

16:30
Locuteur

l

16:30
Présentateur

'audiovisuel, à accompagner les victimes, à lancer des enquêtes internes au moindre signalement. Qu'est-ce que ça changerait ? Est-ce que ça pourrait éviter ce genre d'affaires, Patrick Bruel, ou d'autres

16:41
Locuteur

? Oui,

16:42
Invité

dans le texte de loi, on propose qu'il y ait des enquêtes systématiques à tout signalement, ce qui n'est pas aujourd'hui le cas. Que ces enquêtes, par ailleurs, fassent l'objet d'une procédure établie, que ce soit des enquêtes sérieuses. Et puis derrière, on oblige surtout, et c'est ça pour moi une des forces de ce texte, pas que, mais une des forces de ce texte, c'est qu'on oblige les personnes qui ont été dépositaires de témoignages, on oblige les producteurs, les organisateurs de tournées,

17:11
Locuteur

on

17:11
Invité

les oblige à signaler les faits au procureur, c'est-à-dire qu'on étend l'article 40. Et en fait, ça, c'est très important, parce que vous voyez bien que, si je reprends dans un autre domaine, mais je fais les parallèles exprès pour montrer qu'en fait, c'est la même mécanique. Quand on regarde ce qui s'est passé avec Joël Lesquarnac, le Conseil de l'Ordre n'a pas signalé les faits. On a eu des directeurs d'hôpitaux qui n'ont pas perçu la dangerosité du personnage. Et en fait, c'est parce que tout le monde ferme les yeux, parce que tout le monde minimise, parce que personne ne veut voir, parce que ça dérange tout

17:43
Locuteur

le monde. C'est de la lâcheté ou de la complicité pour nous

17:45
Invité

? Ça relève de la lâcheté ou de la complicité

17:47
Locuteur

?

17:48
Invité

Ça relève d'un peu les deux. C'est-à-dire que c'est à la fois un peu de lâcheté, parce que ça sort d'une zone de confort, de devoir soutenir une victime ou de devoir prendre véritablement la mesure des paroles.

17:58
Locuteur

C

17:58
Invité

'est très compliqué en réalité. Mais je vais vous dire, je l'ai vécu dans mon parti. Je l'ai vécu, on l'a vu avec l'affaire Bayou dans mon parti, où même un témoignage de viol n'a pas été instruit comme ça aurait dû être instruit. Donc en fait, c'est très inconfortable d'instruire ces paroles

18:11
Locuteur

-là. Vous parlez d'un nouveau

18:12
Présentateur

témoignage. Julien Bayou conteste

18:13
Locuteur

l'effet. Absolument.

18:14
Présentateur

C'est important

18:15
Locuteur

de préciser. Oui, ils sont tous

18:15
Invité

présumés innocents, il n

18:16
Locuteur

'y a

18:16
Invité

pas de problème.

18:17
Présentateur

Et

18:17
Locuteur

sur les

18:18
Présentateur

autres affaires, les plaintes ont été classées sans suite.

18:20
Invité

Oui, mais pour le coup,

18:22
Locuteur

il

18:22
Invité

y

18:22
Locuteur

a

18:22
Invité

une nouvelle révélation qui a été faite.

18:23
Locuteur

Il y a un vrai problème,

18:24
Présentateur

Sandrine Rousseau, c'est

18:25
Locuteur

que... Donc

18:25
Invité

attendez,

18:26
Locuteur

juste, je termine

18:26
Invité

sur ce que vous disiez. C'est qu'il y a à la fois de la lâcheté, mais il y a aussi une forme de complicité.

18:33
Locuteur

C

18:33
Invité

'est-à-dire que comme on est une société qui est organisée autour de la silenciation des victimes, eh bien il y a tout un tas de petits phénomènes qui se produisent ou on minimise. C'est-à

18:44
Locuteur

-dire

18:44
Invité

que quand vous parlez de viol, la personne en général retient agression sexuelle, par exemple, et donc diminue la gravité des faits. Et puis après, si c'est quelqu'un qu'on aime bien, et Bruel, c'était quelqu'un qui était très admiré, eh bien on a tendance à ne pas penser qu'il

18:59
Locuteur

puisse mal se comporter. Mais ça, la loi peut résoudre

19:00
Invité

ce souci.

19:01
Locuteur

Et tout ça,

19:01
Invité

c'est la culture du viol. Mais

19:02
Locuteur

la

19:02
Invité

loi, vous pensez que la loi peut changer ça, cette omerta

19:05
Locuteur

?

19:05
Invité

Oui, absolument, parce que si on oblige les gens qui ont été dépositaires d'un témoignage à véritablement prendre la mesure de ce témoignage, faute de quoi ils seraient eux-mêmes condamnés pour non-assistance à personne en danger ou pour non-dénonciation de crime ou de délit, eh bien alors, évidemment, la responsabilité de chacun est bien plus importante.

19:23
Locuteur

Sauf que pour condamner, il faut des preuves. Il y a aussi aux parents des écoles de Paris

19:27
Invité

qui ont subi le pire et solidarité avec

19:30
Locuteur

eux.

19:30
Invité

Il y a des silences, vous le dites, parce qu'il

19:32
Locuteur

y

19:32
Invité

a aussi beaucoup de femmes qui ne parlent pas. Il y a ce problème de la libération de la parole. Et puis, il faut des preuves pour condamner. C'est souvent parole contre parole. Comment on arrive à prouver ? Et est-ce que votre loi, par exemple, elle va permettre de dépasser ça ? Moi, je ne connais pas de femmes qui n'ont pas parlé.

19:48
Locuteur

Je

19:49
Invité

connais des femmes qui ont parlé à des proches. Je connais des femmes qui ont parlé à des employeurs et qui n'ont pas été entendues. J'ai vu des femmes, ou des hommes d'ailleurs, parce qu'il y a aussi des hommes victimes, qui ont parlé à demi-mot. Ça, c'est vrai. Mais je n'en connais pas qui n'ont jamais parlé. Alors, évidemment, il peut y en avoir. Il peut

20:06
Locuteur

y en avoir. Sauf que souvent, des années après, les

20:07
Invité

preuves n 'existent plus. Non,

20:09
Locuteur

en

20:09
Invité

général, les gens parlent très vite, en réalité. Très vite. Dans les jours, dans les semaines qui viennent. On écrit à une amie en disant « ça s'est très mal passé hier soir, je ne

20:21
Locuteur

vais

20:21
Invité

pas bien ». Et il y a tout un tas de troubles aussi liés aux violences sexistes et sexuelles. Des comportements d'évitement, des comportements de troubles alimentaires, de l'anxiété, de la dépression, etc. Tout cela, ce sont des preuves indirectes qu'il s

20:35
Locuteur

'est

20:35
Invité

passé quelque chose. Il

20:36
Locuteur

suffit

20:36
Invité

à condamner. Et

20:37
Locuteur

donc, en fait,

20:37
Invité

c'est aussi toute une justice que l'on va devoir revoir. Mais une des choses aussi que j'apprends dans cette mission Flash, sur le Square Neck, c'est à quel point la justice est démunie face à cela. C'est-à

20:47
Locuteur

-dire

20:47
Invité

qu'il faut beaucoup de moyens, il faut beaucoup plus de moyens si on veut prendre et saisir l'ampleur des violences

20:52
Locuteur

sexuelles

20:53
Présentateur

dans la société. Dans un agenda parlementaire déjà saturé. Passons à la crise énergétique. Les prix à la pompe en plein blocage du détroit d'Hormuz. Le gouvernement prépare les esprits au fait que ça va durer, avec une stratégie d'aide à la semaine. Mais pas question pour autant pour le Premier ministre d'appeler à la sobriété.

21:12
Invité

La perspective que le gouvernement ou la classe politique aille faire des plans de sobriété en expliquant comment il faudrait rouler, etc.

21:19
Locuteur

A

21:20
Invité

titre personnel, ça m'insupporte. Et je le dis, il faut arrêter d'emmerder les Français, parce que, comme disait Georges Pompidou, parce qu'au fond, je fais bien des mesures qui ne

21:28
Locuteur

sont

21:28
Invité

pas revenus au début en disant on va baisser la vitesse sur l'autoroute.

21:32
Locuteur

Mais

21:32
Invité

les gens le font de même s'ils veulent le faire.

21:35
Locuteur

Vous,

21:35
Présentateur

l'écologiste, vous en pensez quoi

21:37
Locuteur

? Quand

21:38
Présentateur

il dit qu'il ne

21:38
Locuteur

faut

21:38
Présentateur

pas emmerder les Français.

21:39
Locuteur

J

21:39
Invité

'en pense que j'étais au débat sur la loi agricole cette semaine et qu'ils ont porté un amendement pour supprimer le mot sobriété dans l'usage de l'eau. Et en fait,

21:49
Locuteur

c

21:50
Invité

'est incroyable de ne pas poser ce mot sobriété qui est indispensable dans la période.

21:54
Locuteur

Donc vous dites

21:54
Invité

aux Français, il

21:56
Locuteur

faut

21:56
Invité

limiter vos déplacements ? Il les limite, de fait. Il les limite de fait. Je ne dis rien, moi.

22:00
Locuteur

Je

22:00
Invité

dis juste, il les limite de fait. Par contre, je dis au Premier ministre, quel est votre plan pour les alternatives à la voiture thermique ? Quel est votre

22:06
Locuteur

plan sur l'électrification

22:07
Invité

? Un grand plan d'électrification qui a été annoncé.

22:10
Locuteur

Emmanuel Macron s'en saisit d'ailleurs dans la semaine. Il y a un plan d'électrification avec

22:11
Invité

30% de voitures électriques vendues de manière supplémentaire. Vous savez combien coûte une voiture électrique ? Donc ce n

22:17
Locuteur

'est

22:17
Invité

pas tout le monde qui

22:18
Locuteur

peut faire ça.

22:19
Invité

Et par ailleurs, les voitures électriques,

22:21
Locuteur

il

22:22
Invité

faut rouler jusqu

22:25
Locuteur

'à

22:26
Invité

150 000 à 200 000 kilomètres sans changer de batterie pour que ça soit équivalent à une voiture thermique. Donc c'est loin d'être une solution. Et ça dépend des terres rares, notamment du

22:34
Locuteur

cobalt,

22:35
Invité

qui sont aujourd'hui au cœur de conflit. On

22:36
Locuteur

parlait

22:36
Invité

du recyclage des batteries. Absolument.

22:38
Locuteur

Donc la solution, c'est

22:41
Invité

d'investir dans des transports de proximité, de faire de l'autopartage, de faire des voitures aussi qui sont beaucoup plus légères, qui consomment nettement moins, de faire des mesures sur le train. Là, aujourd'hui, on n'a aucune annonce sur le train, sur les TER par

22:56
Locuteur

exemple. Mais vous savez bien qu'il y a

22:57
Présentateur

plein de trains qui ne desservent

22:58
Locuteur

pas...

22:59
Invité

Oui, mais je vais vous dire si déjà

23:00
Locuteur

toutes les personnes qui ont un train... Il y a une réalité dans les territoires. On a l

23:02
Présentateur

'impression que votre vision, vous, écologiste, est un peu en décalage avec ce que

23:06
Locuteur

vivent les gens. Oui, et moi, je vais vous dire que là,

23:07
Invité

on est dans un pic de chaleur

23:08
Locuteur

énorme,

23:10
Invité

inouï, inédit. Et qu'en fait, on peut se dire qu'on ne

23:13
Locuteur

peut

23:13
Invité

rien changer, mais qu'en fait, c

23:14
Locuteur

'est

23:14
Invité

le moment aussi de s'interroger sur ce qu'on peut changer. Et que la voiture fait partie des choses sur lesquelles on peut investir, à condition d'avoir de la volonté politique de le faire. Et donc, où sont les gratuités des TER, des trains express régionaux ? Où est la diminution du prix des tarifs de trains comme en Lituanie ? Comment on fait pour avoir des transports en commun de proximité avec de l'autopartage ? Ça,

23:36
Locuteur

ça

23:36
Invité

prend du temps,

23:37
Locuteur

là, il y a un... Non,

23:38
Invité

non, ça ne prend pas de temps. De l'autopartage,

23:39
Locuteur

ça ne prend pas de temps. Là, il y a une immédiateté, Sandrine Rousseau, il y a une immédiateté,

23:42
Invité

il y

23:42
Locuteur

a

23:42
Invité

un vrai problème. Comment vous arbitrez chez les écolos entre cette aide au pouvoir d'achat et cette subvention à l'énergie carbonée

23:48
Locuteur

?

23:49
Invité

En 2008, quand la Russie a envahi l'Ukraine,

23:56
Locuteur

il

23:57
Invité

y avait déjà une crise de la mobilité. Déjà. Il y avait déjà une crise de l'essence. Il y avait déjà

24:02
Locuteur

une inflation. Vous n'aviez pas dû agir avant. Qu'est-ce qui a été

24:03
Invité

fait ? Qu'est-ce qui a été fait ? Mais

24:06
Locuteur

c'est ça qui est

24:07
Invité

irresponsable. On a déjà eu des pics de chaleur. Qu'est-ce qui est fait sur le bâtiment pour éviter qu'on soit dépendant d'une climatisation, par exemple ? Qu'est-ce qui est fait comme plan, comme politique publique ? Alors c'est facile pour Sébastien Lecornu de dire « je ne dis rien, j'emmerde pas les Français », mais moi j'ai envie de dire à Sébastien Lecornu « mais emmerdez vos ministres en fait ». Il

24:25
Locuteur

faut un quoi qu'il en

24:26
Invité

coûte climatique, vous dites ? Mais là, aujourd'hui, quelle est l'annonce, à part quelques petits chèques ? Oui,

24:32
Locuteur

donc il faut massivement

24:34
Invité

dépenser ? C'est une sorte de quoi qu'il en coûte qu'il faut ? Je viens de vous dire qu'il faut investir. Vous savez qu'on a par exemple le deuxième réseau ferroviaire d'Europe. Aujourd'hui, on investit 2,5 fois moins que l'Allemagne ou l'Italie sur ce réseau ferroviaire. Et puis je vais vous dire, moi j'aimerais aussi que Sébastien Lecornu, qui refuse d'utiliser des mots qui fâchent, nous parle par exemple de mots qui plaisent. Moi j'aimerais qu'on annonce un plan vacances avec des billets de train de

25:05
Locuteur

faible prix, avec des chèques

25:07
Invité

vacances,

25:08
Locuteur

avec la

25:08
Invité

renationalisation des autoroutes par exemple, parce que la renationalisation des autoroutes, elle permettrait de prendre cet argent et de l'investir dans des tramways, dans des véhicules partagés, etc.

25:19
Locuteur

Et sur la

25:20
Présentateur

chaleur, juste pour avancer, vous, vous proposez, vous écologistes, un congé climatique, 5 jours, c'est ça, par an, pour les travailleurs les plus exposés à la chaleur, ça consiste en ça, ça coûte très cher, vous avez un peu mesuré l'ampleur financière de cette mesure

25:35
Locuteur

?

25:35
Présentateur

Mais en

25:35
Locuteur

fait là, vous voyez,

25:36
Invité

en rentrant dans la maison de la radio,

25:38
Locuteur

il

25:38
Invité

y avait deux personnes qui faisaient la sécurité à l'entrée, et c'est important parce que les médias sont aujourd'hui une cible pour les terroristes, et ils étaient en plein soleil, ils n'avaient aucune espèce de protection, et il y a plein de personnes partout qui ont les mêmes conditions de travail. Et donc, des

25:55
Locuteur

personnes qui travaillent dehors...

25:56
Présentateur

Ils ont des mesures à Radio France, exprès justement, pour lutter contre la chaleur, avec, il me semble, ils ont un ventilateur d'ailleurs, dès l'entrée, que vous avez, vous, d'ailleurs, pu constater.

26:06
Locuteur

Alors

26:06
Invité

non, je n

26:06
Locuteur

'ai

26:06
Invité

pas vu le ventilateur, mais si vous le dites, je vous le crois. Mais en tous les cas, 5 jours... Vous savez que là, les prévisions montrent que dans les années qui viennent, on va monter à à peu près 20 jours de canicule, en dehors de juillet et août. C'est-à

26:19
Locuteur

-dire

26:19
Invité

qu'en fait, au mois de mai, au mois de septembre, on va avoir des épisodes caniculaires comme on en connaît aujourd'hui, voire beaucoup plus. On a fait des études pour tester la résistance d'une ville comme Paris en 2050, à 50 degrés. Là,

26:35
Locuteur

on

26:35
Invité

est à 35 degrés, ça montrait à 50 degrés. Et en fait, si on ne revoit pas le droit du travail pour éviter que les gens, simplement, meurent au travail ou soient malades de leur travail, eh bien, on est encore une fois dans un déni climatique, mais surtout, on met des personnes en danger.

26:50
Locuteur

Donc, il

26:50
Invité

est très important de faire ces 5 jours de congés supplémentaires en cas de canicule. Sur le prix du carburant, les insoumis dont vous êtes proches proposent le blocage des prix. Qu

26:59
Locuteur

'est

26:59
Invité

-ce que vous leur dites ? Qu'ils se trompent ? Que ce n

27:00
Locuteur

'est

27:00
Invité

pas la bonne solution ?

27:02
Locuteur

Non,

27:02
Invité

moi, je pense qu'ils ont raison à très court terme, mais que ça ne peut pas être la seule mesure.

27:05
Locuteur

Mais ça bénéficie à tous les Français, le blocage des prix.

27:08
Invité

multinationales. Ça bénéficie à tous les Français ? Oui. Est-ce que tout le monde a besoin d

27:12
Locuteur

'avoir un blocage ? Il faut par

27:12
Invité

ailleurs aller chercher les surprofits des entreprises extraordinaires que réalisent les entreprises multinationales qui sont propriétaires

27:23
Locuteur

de gisements de fossiles. Ça veut dire que les personnes les plus

27:24
Invité

aisées, elles

27:26
Locuteur

bénéficieraient aussi de cette mesure alors qu'elles n'en ont pas besoin. Si vous faites

27:28
Invité

des chèques, là, par exemple, les chômeurs ne sont pas concernés par les chèques. Par exemple, les personnes au RSA, dont on a voté une loi qui rend obligatoire l'accès à des formations, n'ont pas de chèques. Comment on fait pour les personnes qui sont très isolées ? Et donc, le blocage, c'est presque la pire des situations à l'exclusion de toutes les autres. Pour reprendre la phrase de

27:50
Locuteur

Churchill, c'est pas idéal du tout.

27:52
Invité

Je ne

27:52
Locuteur

suis

27:52
Invité

pas en train de vous dire que c'est

27:53
Locuteur

égal, mais

27:53
Invité

ça permettrait de ne pas avoir de trous dans la raquette.

27:55
Présentateur

On voulait vous entendre sur les ZFE, le Conseil constitutionnel qui annule la suppression des zones à faible émission. Il y

28:01
Locuteur

en

28:01
Présentateur

a 43 dans le pays. Pour écarter les voitures les plus polluantes des centres-villes, Paris, Lyon, Marseille, c'est une victoire pour votre groupe Les Écologistes et pour vous ?

28:10
Locuteur

C

28:11
Invité

'est surtout une victoire du droit. Ce n

28:12
Locuteur

'est

28:12
Invité

pas une victoire pour le groupe Les Écologistes. C'est le Conseil constitutionnel qui a décidé que la santé des Français

28:17
Locuteur

était importante. Vous soutenez

28:18
Invité

ces ZFE ? Vous, Sandrine Rousseau ? Je soutiens les ZFE à condition qu'il y ait des mesures véritables pour pouvoir se passer de la voiture. Parce que ce qui

28:28
Locuteur

n'est pas le cas, donc.

28:29
Invité

Voilà, ça n'est pas le cas

28:30
Locuteur

aujourd'hui. Vous êtes contre,

28:31
Invité

encore une fois, Sébastien Lecornu, plutôt que de dire des bêtises à la télé.

28:34
Locuteur

Vous êtes pour ou vous êtes contre ? Je ne comprends pas. Un peu

28:36
Invité

important. Je suis pour les ZFE à condition que ce soit accompagné de mesures.

28:40
Locuteur

Des transports en commun,

28:40
Invité

des places de stationnement.

28:41
Locuteur

Des

28:42
Invité

parkings relais, des transports

28:43
Locuteur

en commun. Mais là, dans l'immédiat, il y a plein de gens qui sont

28:46
Invité

exclus, finalement,

28:48
Locuteur

de ce... Oui, aujourd'hui, vous savez, le nombre qui sont

28:49
Invité

en périphérie, en périphérie urbaine, etc. Non, précisément,

28:52
Locuteur

parce que si on met

28:53
Invité

des

28:55
Locuteur

mesures

28:55
Invité

compensatoires, ça permet à tout le monde d'avoir accès à sa voiture. Mais je vais vous dire, aujourd'hui, il

28:59
Locuteur

y

28:59
Invité

a 48 000 morts prématurées de la pollution en France. Dans la périphérie de... Enfin, à Paris, lors des pics de pollution, il y a trois fois plus de morts chez les catégories populaires que chez les catégories riche.

29:12
Locuteur

Donc,

29:13
Invité

en fait, à un moment, il y a quand même un enjeu de santé publique majeure.

29:17
Locuteur

On a vu que la pollution

29:17
Invité

changeait en plus. Le cerveau s'infiltrait, parce que ce sont des particules ultra fines qui s'insèrent jusque dans le cerveau. Enfin, vraiment...

29:25
Locuteur

Comment

29:26
Invité

on finance l'offre de

29:27
Locuteur

transport

29:27
Invité

supplémentaire, tout ce que vous venez de décrire, dans

29:30
Locuteur

ce

29:30
Invité

contexte-là ? Eh bien, par exemple, en renationalisant les autoroutes, il y a 4,5 milliards de bénéfices qui sont faits chaque année sur les autoroutes. Il serait temps, quand même, que ça n'aille pas au privé et à des fonds de pension. On estime que sur cinq ans, les compagnies d'autoroutes vont distribuer en dividendes 40 milliards.

29:47
Locuteur

Donc,

29:48
Invité

ça,

29:48
Locuteur

c

29:48
Invité

'est... D'accord. Voilà. Mais on pourrait aussi, très bien, plutôt que de laisser Total décider de sa politique, aller chercher une taxe sur les surprofits.

29:58
Locuteur

Pour faire changer de ressources.

29:59
Invité

Mais bien sûr. Et en fait, c'est toutes des ressources fiscales dont on se prive qui ne permettent pas de financer des alternatives. Mais par contre, on y va sur... Donc,

30:08
Locuteur

on a compris votre position

30:09
Invité

qui est

30:10
Locuteur

d'ailleurs...

30:11
Présentateur

Des produits,

30:11
Locuteur

des

30:11
Présentateur

dividendes. Votre position, c

30:12
Locuteur

'est

30:12
Présentateur

d'ailleurs celle du groupe LFI. L'une de vos sorties a fait beaucoup réagir des agriculteurs. D'ailleurs, il

30:19
Locuteur

y a

30:19
Présentateur

un texte d'urgence agricole qui est en train d'être examiné à l'Assemblée. Après votre guerre contre les barbecues, vous voulez maintenant enlever le mot « steak » des cartes des restaurants et écrire à la place « cadavre de vache

30:29
Locuteur

». C

30:30
Présentateur

'est ce que vous voulez vraiment ou

30:32
Locuteur

c

30:33
Invité

'est une provocation ? Alors, je répondais à une question de Futur Asso qui promeut une alimentation végétale. Et nous parlions des steaks de soja dont l'appellation a été interdite au niveau européen grâce au lobby de la viande. Et donc, je répondais que si on interdit steaks de soja, pourquoi on n'appellerait pas des steaks des cadavres de vache ? Je voudrais quand même poser quelques éléments pour qu'on comprenne bien de quoi il s'agit. La viande aujourd'hui, la consommation de viande, est responsable de 60% de notre empreinte carbone. Et si on regarde les émissions de gaz à effet de serre, on est à peu près entre 20 et 60%. On

31:12
Locuteur

a bien compris votre

31:13
Présentateur

position sur la consommation de

31:14
Locuteur

viande. Mais est-ce que vous

31:15
Présentateur

maintenez vos propos ? Est-ce qu'il faut écrire « cadavre de vache » sur les cartes des restaurants ?

31:18
Invité

En tous les cas, j'assume de mener une bataille culturelle pour dire que la viande n'est pas neutre sur le climat. Qu'en plein dôme de chaleur, oui, nous devrions interroger la consommation de viande. Et si on a réussi à diminuer la consommation d'alcool, c'est parce que nous avons envoyé des messages sur la réalité des conséquences de l'alcool. Et on est passé d'une consommation d'alcool quotidienne, y compris dans les écoles primaires. Souvenez-vous, dans les années 50, il y avait de la consommation d'alcool dans les écoles primaires, à une consommation d'alcool des soirs de fête à des occasions exceptionnelles.

Il faudrait que nous faisions le même mouvement sur la viande et que nous diminuions la consommation de viande quotidienne pour aller sur des consommations d'exception,

31:57
Locuteur

de qualité. Et

31:57
Invité

pour cela, ça nécessite de changer les représentations que nous avons de la vie.

32:02
Locuteur

À

32:02
Invité

aucun moment, vous voulez interdire l'élevage ?

32:04
Locuteur

Non, je

32:05
Invité

veux juste poser le fait que l'élevage intensif tel que 80% de la viande que nous mangeons actuellement est issu, est un

32:19
Locuteur

élevage

32:20
Invité

qui ne respecte pas la sentience animale. Vous saviez par exemple que les joues des poulets rougissent quand elles subissent des émotions. Vous saviez que les vaches, par exemple, avaient une santé mentale. Vous saviez que quand on enlève des

32:37
Locuteur

petits... Du coup, ça ne justifie pas d'interdire les vaches,

32:39
Invité

ça

32:39
Locuteur

?

32:39
Invité

En fait, les conditions d'élevage intensif telles qu'elles sont actuellement sont des conditions qui nient notre humanité. À

32:46
Locuteur

belle-maisse. Et par ailleurs,

32:47
Invité

il y a des gens qui travaillent dans ces élevages de manière intensive. Il

32:49
Locuteur

y a

32:49
Invité

des gens dans les abattoirs qui ont des conditions de travail absolument

32:51
Locuteur

abominables. On

32:52
Invité

entend votre volonté de mener cette bataille culturelle avec des mots forts. Mais est-ce que, malgré tout, ce n

32:57
Locuteur

'est

32:57
Invité

pas un risque pour vous de vous enfermer dans un rôle et de nourrir les caricatures que vos adversaires ont à votre sujet ? Est-ce que ce n

33:04
Locuteur

'est

33:04
Invité

pas un équilibre auquel vous pensez

33:06
Locuteur

? Moi,

33:06
Invité

je vais vous dire, j'ai dénoncé des violences sexuelles avant MeToo. On m'a caricaturé, on m

33:11
Locuteur

'a

33:11
Invité

dit que j'étais une espèce de pleureuse, etc. Aujourd'hui, je constate que MeToo s'installe dans la société. Je dénonce les conditions d'élevage et notre rapport aux animaux. Et je pense que dans la transformation écologique, un des leviers, c'est vraiment de changer notre rapport aux animaux, de ne pas les considérer comme des boulons sur une chaîne de production, mais comme des

33:30
Locuteur

êtres

33:31
Invité

sentients, etc. Et donc, en fait, oui, je mène ces batailles culturelles. Et j'ai toujours, au début où je les mène, été taxée de débiles, d'hystériques, de folles et de stupides, parce que c'est quand même l'insulte que je reçois le plus. On m'a menacé de mort, on me menace de viol. Et à la fin, 3, 4, 5 ans plus tard, on se dit « Ah, ben non, mais en fait...

33:51
Locuteur

»

33:52
Invité

Et donc, oui, j'ouvre des portes. Et parfois, quand on ouvre des portes, on se prend la volée de bois vert qui va avec. Mais je constate quand même que tous les combats que j'ai menés s'inscrivent dans la société. Et donc, je

34:03
Locuteur

continuerai à le faire. Et je dis aux gens qui me menacent

34:05
Invité

de mort et de viol, arrêtez, parce qu'en fait, ce que vous faites ne fait que me conforter.

34:10
Présentateur

Et on vous entendra peut-être aussi auprès d'un candidat, d'une candidate pour 2027. À gauche, il y

34:14
Locuteur

en

34:14
Présentateur

a beaucoup. Il y a celle de votre parti. Marine Tondelier, très rapidement, est-ce que vous la soutenez ? Marine Tondelier

34:20
Locuteur

? Mais

34:20
Invité

là, pour l'instant, on a une primaire.

34:22
Locuteur

Et

34:22
Invité

donc, la

34:23
Locuteur

primaire...

34:23
Invité

Vous êtes sûre que vous avez une primaire

34:24
Locuteur

? Alors,

34:25
Invité

c'est toute la question. Mais en tous les cas, pour l'instant, moi, je pense qu'il faut aller au bout de cette

34:29
Locuteur

aventure qu'elle a une primaire. Et s'il n'y en a pas, vous faites quoi ? Sandrine Droson, vous faites quoi s'il n'y en a pas ? Dans le mois de

34:32
Invité

juin, il va y avoir un vote du Parti Socialiste.

34:35
Locuteur

Et

34:35
Invité

donc, on va voir ce qu'il en est.

34:37
Locuteur

Mais

34:37
Invité

moi, je souhaiterais

34:37
Locuteur

qu'on ne s'y mette pas.

34:37
Invité

Sans

34:37
Locuteur

les socialistes, pas de primaire ?

34:40
Invité

Je pense que sans les socialistes, mais même avec les socialistes, en réalité, cette primaire est très fragile.

34:46
Locuteur

Vous rejoindriez LFI, par exemple,

34:48
Invité

s'il n'y avait pas de primaire ? Je termine sur la primaire. La primaire est très fragile, notamment parce que c'est important. Elle a été verrouillée par les partis. Et elle n'a pas donné lieu à un vrai débat de fond. C'est-à-dire qu'en fait, on est resté sur un par partie et on verrouille tout pour que la société n'ait pas à changer.

35:04
Locuteur

Et

35:04
Invité

ça, en fait, ça donne comme image à l'intérieur de la société quelque chose de l'ordre d'une réunion en salle B12 des chefs de partis. Mais dans ces cas-là, mettez-vous d'accord ? Il faudrait qu

35:15
Locuteur

'ils se mettent d'accord, par exemple. Marie-Pogellier n'a pas

35:17
Invité

réussi sa mission de

35:18
Locuteur

monter...

35:19
Invité

Pour ça, il aurait fallu qu'elle ouvre cette primaire. Mais ceci dit, moi, je ne suis pas en train de dire qu'il ne faut pas de primaire. Je pense que la primaire fait partie des modalités vers lesquelles on va. Mais par contre, s'il n

35:29
Locuteur

'y a

35:29
Invité

pas de primaire, je pense qu'il faut remettre à plat la stratégie, et notamment la stratégie

35:32
Locuteur

des écologistes. Et notamment la candidate.

35:34
Invité

Ce ne sera

35:34
Locuteur

pas

35:35
Invité

Marine Tondelier

35:35
Locuteur

pour

35:35
Invité

vous ?

35:36
Locuteur

Il n'y a pas d

35:36
Invité

'automaticité sur l'étape d'après. Donc je le dis et je le

35:40
Locuteur

dis à toutes les

35:40
Invité

personnes qui sont dans notre parti. Attention à ne pas vous faire enfermer dans un scénario dont nous n'aurions plus la maîtrise. C'est un parti

35:48
Locuteur

qui se

35:48
Invité

revendique démocratique. Une

35:50
Locuteur

des hypothèses du

35:51
Invité

scénario serait un ralliement derrière Jean-Luc Mélenchon dès le premier tour. Non mais en fait, pour l'instant, au

35:57
Locuteur

Stade de Choupa, il n'y a pas de

35:59
Invité

ralliement. Moi, je voudrais que les écologistes aient une stratégie qui fasse exister l'écologie. Enfin, on voit quand même à quel point...

36:07
Locuteur

L'écologie existe dans

36:08
Invité

le programme de Jean-Luc Mélenchon. Elle existe partout, l'écologie. On a bien

36:12
Locuteur

même vu

36:13
Invité

Lecornu qui nous expliquait que... Est-ce que vous avez encore une place de rapport à l'écologie

36:17
Locuteur

?

36:17
Invité

Mais

36:17
Locuteur

on peut se

36:17
Invité

passer de candidat écologiste à la présidentielle. C'est déjà arrivé.

36:21
Locuteur

Mais vous pensez que vous

36:22
Invité

ne devez pas forcément être représenté ? Moi, je pense surtout qu'il nous faudrait aller vers... Prendre à revers la Ve République et aller vers une équipe plutôt qu'une personnalité seule. Même s'il y a une seule candidature, évidemment, puisque telle est notre constitution. Mais qu'on puisse donner à voir une équipe avec des complémentarités, quitte à ce que nous ne soyons pas d'accord sur tout.

36:41
Locuteur

Le NFP, en fait. Le

36:42
Invité

NFP, je rappelle qu'il y

36:45
Locuteur

a

36:45
Invité

eu une mobilisation extraordinaire dans la société d'ONG, d'associations, de syndicats qui ont rompu avec des usages assez anciens pour soutenir le nouveau Front populaire. Certaines des associations ont même pris des risques conséquents sur leur financement, je pense au planning familial et à d'autres, pour soutenir le nouveau Front populaire. Et donc, on a gâché cette dynamique collective. On l'a gâché par des votes, et notamment, je pense au vote qui maintient le macronisme au pouvoir. Mais on l'a aussi gâché en faisant des partis, les acteurs principaux de ce mouvement. Or, ce qui a été fort dans le NFP, c'est que ça a été dépassé par une société civile mobilisatrice.

Et si on regarde Minneapolis, eh bien ce qui s'est passé, c'est une société civile mobilisée qui a renversé et qui a contraint Trump à virer l'ice de Minneapolis. C'est l'heure de mieux vous connaître,

37:37
Locuteur

Sandrine

37:38
Présentateur

Rousseau.

37:47
Locuteur

Vous

37:47
Présentateur

êtes l'invité de Questions politiques. On va tenter avec Brigitte Boucher de mieux connaître la femme politique que vous êtes et vos combats.

37:56
Locuteur

Pour

37:56
Invité

ceux qui ne vous connaissent pas, Sandrine Rousseau, vous êtes docteur. Docteur en économie, enseignante, chercheuse. Vous travaillez, entre autres, sur l'économie de l'environnement. Un chemin qui vous mène chez Les Verts. Adhérente dès les années 2000, vous êtes l'une des figures de la création d'Europe Écologie Les Verts en 2009. En 2017, vous claquez la porte suite à l'affaire Denis Bopin, dont vous êtes l'une des accusatrices. Votre livre « Parlez » suivra pour inciter les femmes à libérer la parole dans les affaires de violences sexuelles et sexistes.

Vous êtes une femme de conviction, certains diront idéologue en tant qu'écoféministe quand vous dénoncez l'androcène, la destruction de dames nature par les hommes, ou le virilisme autour du barbecue. Vous défendez les hommes déconstruits dont on ne sait pas très bien à quoi ils ressemblent puisque vous nous cachez toujours votre conjoint. Voilà, que nous avons découvert effectivement juste avant cette émission puisqu'il est dans la salle d'attente. Alors, à fleur de peau, vous l'êtes, surtout quand vous défendez le suicide assisté, comme ici à l'Assemblée, au moment du projet de loi sur la fin de vie.

39:00
Locuteur

Je

39:00
Invité

ne voulais pas en parler dans cet hémicycle, mais vous m'y forcez. Et donc, je vais vous le dire.

39:06
Locuteur

Ma

39:06
Invité

maman s'est suicidée.

39:09
Locuteur

Elle

39:09
Invité

s'est suicidée alors qu'elle était en fin de vie parce qu'il n'y avait pas l'aide à mourir. Elle s'est suicidée dans des conditions abjectes. Son agonie a été insupportable, épouvantable. Elle a duré extrêmement longtemps parce qu'elle a fait ce que vous appelez un suicide libre. C'est-à-dire qu'elle a pris dans sa table de chevet tous les médicaments qu'elle avait gardés depuis des semaines et elle les a avalées d'un coup.

39:33
Locuteur

Et

39:34
Invité

je peux vous dire

39:34
Locuteur

que

39:35
Invité

c'est pour cela que je milite pour le droit à mourir. Cette réserve, Sandrine Rousseau, sur votre vie privée, vous l'avez dépassée pour parler d'un moment fort de votre existence. À ce moment-là, pourquoi ?

39:48
Locuteur

Parce

39:48
Invité

que dans l'hémicycle, à ce moment-là, la droite avait des mots qui étaient très durs vis-à-vis du suicide, qui condamnaient le suicide. Et j'avais déjà pris la parole juste avant pour dire « mais attention, il y

40:01
Locuteur

a

40:01
Invité

des familles qui ont vécu des suicides et on se remet rarement d'un suicide ». Enfin, c'est très très dur. Et donc arrêtez avec ce terme et prenons d'autres termes et soyons responsables dans le débat politique. Et comme il continuait, j'ai parlé de cette expérience personnelle que j'ai eue. Mais voilà, évidemment que je ressens des choses et je pense même que c'est une ligne politique d'assumer que nous ressentions des choses et que nous ne soyons pas imperméables. En fait, je pense que la planète est en train de crever, au sens premier du terme, de leaders politiques qui sont indifférents au monde, qui n'ont pas d'empathie.

Je pense à Trump, mais je pense à d'autres et je pense que Macron, par exemple, a un problème avec l'empathie des personnes les plus vulnérables dans la société. Et donc je trouve qu'on est dans cette espèce de figure du leader qui n'est bon que parce qu'il est d'une froideur inouïe, un stratège calculateur, alors que profondément, je pense que la politique est quelque chose qui se fait avec les tripes, en étant perméable à l'émotion et

41:06
Locuteur

au sentiment que l'on ressent.

41:09
Invité

Qu'est-ce que vous attendez justement du projet de loi qui est actuellement en débat, toujours, j'allais dire, en débat et qui devrait aboutir avant l'été ? Qu'il passe enfin, moi je pense que c 'est... Vous êtes confiante

41:20
Locuteur

? Oui,

41:21
Invité

je suis confiante. Oui, je suis confiante. Il va passer en commission mixte paritaire, puis il va revenir à l'Assemblée. Et je suis confiante parce que je pense qu'aujourd'hui, c'est une demande très importante dans la société. Et je rappelle qu'ouvrir ce droit à l'aide à mourir est aussi une manière de ne pas y recourir. Alors je sais que cet argument peut paraître contradictoire, mais en fait, si on est rassuré sur le fait que si les souffrances deviennent trop importantes, eh bien on peut y mettre un terme.

41:47
Locuteur

En fait, c'est aussi une

41:47
Invité

manière de mieux vivre ces derniers jours. Et moi, c'est ce que je voudrais, c'est que chaque Français et Française qui est confrontée à une forme de fin de vie, eh bien vive sereinement ces derniers jours parce qu'en fait, c'est très important quand on quitte cette terre de pouvoir vraiment être en paix avec ses proches, dire ce qu'on a à leur dire, aimer ce qu'on a envie d'aimer et tendre la main, tenir la main des personnes. Vous

42:08
Locuteur

auriez aimé aller

42:08
Invité

encore plus loin vers l'euthanasie

42:10
Locuteur

? Moi,

42:11
Invité

je pense qu'on aurait pu surtout demander à un soignant de faire le geste à notre place parce que, vous savez, pour faire le geste soi-même, il faut déjà ne pas avoir la main qui trempe pour que le cachet ne tombe pas. Il faut être en capacité d'avaler. En fait, bon voilà, moi je pense que c'est un stress supplémentaire à un moment où on aurait besoin de ne pas avoir de stress. Donc je regrette que cette disposition ait été enlevée du texte lors de la dernière lecture à l'Assemblée. Mais même s'il n'y

42:36
Locuteur

a

42:36
Invité

pas cette disposition, je voterai le texte. Vous êtes féministe, est-ce que vous considérez que le féminisme doit avancer avec et grâce aux hommes

42:43
Locuteur

? Bien

42:44
Invité

sûr, et d'ailleurs, je vous appelle à vous mobiliser parce que nous avons absolument besoin de vous. Et quand vous disiez que l'anthropocène, vous me renvoyez le fait que c'était les hommes qui détruisaient la planète, je vous réponds que ce n'est pas les hommes que je cible. C'est une masculinité toxique, c'est une construction viriliste. Et en fait, ça, ce sont des rapports sociaux, ce ne sont pas

43:05
Locuteur

les humains qu'il y a comme ça. Ce

43:07
Invité

ne sont pas les humains qui sont derrière. C'est par contre un rapport social qui fait qu'un vrai homme est un homme qui a des comportements à risque, qui exerce une forme de toxicité sur les autres. Et heureusement que tous les hommes ne sont pas comme ça. Et merci à ceux qui renoncent à ce modèle. Sandrine

43:24
Locuteur

Rousseau,

43:25
Présentateur

on vous a demandé de venir avec un thème, un sujet sur lequel vous voulez braquer les projecteurs. Deux minutes, pas plus, vous avez choisi l'artisanat.

43:34
Locuteur

Oui,

43:35
Invité

parce que c'est un sujet dont on parle trop peu dans le débat politique. Et les artisans sont pour moi au cœur de la transformation écologique à effectuer. C'est-à-dire qu'on passe d'une consommation de la quantité à une consommation de la qualité, d'une consommation standardisée à une consommation du surmesure, du jetable au réparable, que ce sont des emplois qui sont non délocalisables par rapport à des made in ailleurs, que ce sont aussi des compétences qui sont transférées via l'apprentissage dans des conditions humaines. Vous

44:05
Locuteur

pensez à quel métier

44:06
Invité

? Pardon ? Vous pensez à quel métier

44:08
Locuteur

? Mais

44:08
Invité

plein de métiers, depuis l'isolation des logements jusqu'à la cordonnerie, à la réparation. Et en fait, ces corps de métiers sont indispensables. Mais là, ils vont être secoués par la crise que nous connaissons, parce qu'évidemment, il va y avoir des retards de commande. Et donc, je voudrais vraiment qu'on ait aussi un discours écologiste qui aille au plus proche de ces métiers qui sont au moins aussi indispensables dans la transformation que les questions de mobilité qu'on a vues ou de consommation végétale dont on a parlé précédemment. Donc, force aux artisans qui subissent de plein fouet la crise actuelle.

44:43
Présentateur

Vous en parlerez peut-être dans le programme des écologistes ou d'un autre parti de gauche pour 2027. Et justement, un autre sujet de cette campagne France 2027,

44:52
Locuteur

c

44:53
Présentateur

'est le nucléaire à Belmestre.

44:55
Invité

Oui, tout à fait. En 2023, les Verts, enfin le parti écologiste, disaient résolument, je cite, résolument pour la sortie du nucléaire.

45:02
Locuteur

Dans

45:02
Invité

le contexte actuel de la crise de l'énergie, où les cours du gaz et du pétrole explosent, est

45:06
Locuteur

-ce

45:06
Invité

que c'est audible

45:07
Locuteur

?

45:08
Invité

Alors, non seulement c'est audible, mais nous devrions remettre cette question dans les mains du peuple français via un référendum parce qu'on sait que sur le nucléaire, ce qui pêche beaucoup, c'est le débat démocratique. Vous savez, là, on prend des mesures qui vont avoir des conséquences dans les 5-10 prochaines années assez importantes. Dans la loi agricole, il y a le fait de pouvoir faire des méga-bassines ou des retenues collinaires. Et on va même aller chercher dans les nappes phréatiques pour faire de la neige artificielle. On développe des data centers. On a 60 projets à peu près sur le territoire de data centers.

Un data center, aujourd'hui, ça consomme à peu près 19 millions de litres d'eau par jour. Et puis, il

45:46
Locuteur

y

45:46
Invité

a le nucléaire. Et le nucléaire est une industrie

45:49
Locuteur

grande consommatrice d'eau. A

45:51
Invité

peu près 50% d'usage pour refroidir les réacteurs. Et 12% à la fin qui s'évaporent. Et donc, en fait, là, on est dans une forme d'accaparement en bande organisée de l'eau. Mais l'eau, c'est absolument indispensable à notre vie. Et ce qui se passe, c'est que quand les nappes phréatiques diminuent, et on le voit là encore une fois, dans les jours qui viennent, il n'y aura pas d'eau pour alimenter ces nappes phréatiques, eh bien, il y a aussi une concentration de l'eau qui reste en pesticides, en pifas. Et donc, c'est un enjeu de santé. C 'est toute une chaîne de responsabilité. Et donc, oui, sur le nucléaire, nous ne pouvons pas tout miser sur le nucléaire, comme nous le faisons actuellement.

Et je rappelle aussi que récemment,

46:33
Locuteur

on

46:33
Invité

a eu jusqu'à la moitié des réacteurs qui étaient arrêtés pour des questions de corrosion, pour des raisons de manque d'eau. Et donc, voilà, je dis juste, on est dans une forme non seulement de fuite en avant, mais de lâcheté et de déni. On refuse l'obstacle, on refuse

46:49
Locuteur

de s

46:49
Invité

'affronter au problème

46:50
Locuteur

climatique et écologique.

46:51
Invité

Quand

46:51
Locuteur

on

46:51
Invité

voit qu'en 2025, 68% de

46:53
Locuteur

l

46:53
Invité

'électricité provenait des centrales nucléaires, comment concrètement, on peut passer au tout renouvelable, c'est-à-dire, vu cette part majoritaire

47:01
Locuteur

? On

47:01
Invité

ne passe pas au tout renouvelable en claquant des doigts, mais de

47:04
Locuteur

toute façon,

47:04
Invité

on ne sait pas non plus démanteler une centrale nucléaire en claquant des doigts. Donc, on investit sur un mix énergétique fait de panneaux solaires, fait de géothermie. Mais qui doit

47:16
Locuteur

aboutir à la sortie totale

47:17
Invité

du nucléaire à terme. Oui,

47:19
Locuteur

parce

47:19
Invité

que, mais oui, mais regardez le monde dans lequel nous avançons. Constatons aussi que même sur un plan de sécurité nationale, les centrales nucléaires sont aussi des cibles possibles.

47:29
Locuteur

Et

47:29
Invité

donc, en fait, construire notre résistance, construire notre résilience, mettre les choses dans le bon ordre, c'est aussi ne pas créer des zones de fragilité. Et aujourd'hui, sur les data centers, sur le nucléaire, on crée des zones de fragilité. Et on prend un peu tout à l'envers. Enfin, je vais juste poursuivre un tout petit peu cette idée, parce que moi, j'ai l'impression de vivre dans un monde où on prend les choses vraiment à l'envers. On a une concentration des médias dans Bolloré, et puis on a des services publics qui fonctionnent, comme la SNCF, la RATP, où on les met en concurrence, parce qu

48:03
Locuteur

'on

48:03
Invité

ne supporte pas les monopoles. Et de l'autre côté, on a un monopole qu

48:06
Locuteur

'on

48:06
Invité

ne conteste pas. Là, on est loin du nucléaire. Oui,

48:10
Locuteur

oui,

48:10
Invité

bien sûr. Mais ce que je veux dire, c'est que toutes les mesures politiques qu'on prend actuellement ne tiennent pas compte de notre capacité à durer, quitte à être plus humble dans notre mode

48:22
Locuteur

de développement. Pour revenir sur

48:23
Invité

le nucléaire, qu'est-ce que vous répondez à Greta Thunberg, qui, bien qu'étant hostile aussi au nucléaire comme vous, a dit à plusieurs reprises que c'est un moindre mal, notamment en

48:32
Locuteur

s

48:32
Invité

'appuyant sur les travaux du GIEC. Est-ce qu'elle a raison ? En fait, il y a toute la question du nucléaire déjà existant et de ce qu'on va construire. Là, on a prévu de construire des EPR2 ou des SMR, des réacteurs de petite taille qui pourraient être mis à côté des data centers. On a déjà des centrales. Et en fait, si on n'entame pas la sortie du nucléaire, alors on est dans des investissements supplémentaires. Donc je réponds à Greta Thunberg. Greta regarde, certes, l'évolution des émissions de gaz à effet de serre. Regarde aussi les consommations d'eau. Et puis regarde aussi les enjeux géopolitiques. Parce qu'aujourd'hui, nos déchets nucléaires dépendent, par exemple, de la Russie.

Dépendent de l'uranium qui est extrait dans des conditions qui ont été largement dénoncées. Et en fait, on ne peut pas se mettre pieds et poings liés comme ça avec des régimes tels que celui de Vladimir

49:24
Locuteur

Poutine. Vous

49:25
Invité

êtes d'accord que le nucléaire fait partie de la réponse pour sortir de la dépendance aux énergies fossiles. Le plan d'électrification vise moins de 30% de l'énergie consommée en France provenant des énergies fossiles contre 60% aujourd'hui. Est-ce qu'on peut se passer du nucléaire pour passer au tout électrique ? Oui, on peut se passer du nucléaire. Mais de toute façon, ça ne

49:47
Locuteur

se

49:47
Invité

fera pas du jour au lendemain. Ça se fera se planifier sur 5, 10, 15, 20, 30 ans. Et en fait, vous dites qu'on a un plan qui vise à diminuer de 30% notre consommation d'énergie fossile. Et pour autant, je vous parlais des data centers qui augmentent. Le besoin des data centers est estimé à trois fois les besoins de l'industrie aujourd'hui. Donc en fait, c'est ça quand je vous dis qu'on est dans une course en avant. Et je comprends que le cornu ne veuille pas dire le mot sobriété. Mais en fait, c'est aujourd'hui ce bon sens de la sobriété qui nous permettrait de nous en sortir. Et le nucléaire, c'est une manière encore une fois de ne pas nous affronter au problème. Encore une fois.

Comment vous jouez le bilan d'Emmanuel Macron sur le nucléaire ? Au départ, on se souvient, en 2017, il avait plutôt une ligne de sortie progressive. Il avait arrêté Fessenheim. Et puis, le temps passant,

50:38
Locuteur

on a vu... La décision était préalable à Emmanuel

50:41
Invité

Macron. Tout à fait. Mais il l'avait continué. Et puis, on a vu qu'au fil du temps, il avait fait un revirement. Et qu'aujourd'hui, il prend un tour pro-nucléaire. Comment vous l'analysez ? C 'est

50:53
Locuteur

un revirement de

50:54
Invité

conviction ou c'est du pragmatisme ? Non, mais je pense qu'Emmanuel Macron est tout à fait fasciné par la tech. D'ailleurs, il en parle à un discours sur deux. Et qu'en fait, il voit l'intelligence artificielle comme ce qui va révolutionner

51:07
Locuteur

les choses. Et donc,

51:07
Invité

la nécessité des data centers. D'où la fourniture d'électricité. Mais on peut prendre l'intelligence artificielle sous plein d'angles. Je vous en ai parlé sur l'eau, mais je pourrais vous en parler sur les terres rares. Je pourrais vous en parler aussi sur le pillage des données, le moissonnage des données, le droit d'auteur, etc. En fait, on est dans une économie toxique si on dépend complètement de cette technologisation. Je ne

51:32
Locuteur

sais

51:32
Invité

pas comment le dire. Et donc, je pense qu'Emmanuel Macron a une forme de fascination morbide pour ça et pour ses personnages de la tech. Moi, je me souviens de la manière dont il avait reçu Elon Musk, comme si c'était un dieu sur Terre. Et évidemment, nous ne sommes pas du tout sur le

51:47
Locuteur

même projet de

51:48
Invité

société. Sauf qu'aujourd'hui, s'il n

51:49
Locuteur

'y

51:49
Invité

avait pas eu le nucléaire, on n'aurait pas pu faire face aux crises, à la guerre en Ukraine, à la guerre au Moyen-Orient.

51:54
Locuteur

Non, mais ce n'est

51:54
Invité

pas vrai, puisque de toute façon, là, on est déjà dans une période d'inflation. Et regardez encore

51:59
Locuteur

une fois l'Espagne, parce que c'est un

52:01
Invité

exemple. Alors certes, il y

52:02
Locuteur

a

52:02
Invité

eu un blackout, mais qui a été corrigé depuis. Ils ont 56% d'énergie renouvelable, 56% d'énergie renouvelable. Et en fait, tout va bien. Je veux dire, on a quand même ce truc en France où on refuse le changement.

52:13
Locuteur

Tout changement, c

52:14
Invité

'est... Dernière question. Pour vous, la priorité, c'est sortir du nucléaire ou sortir des énergies fossiles ?

52:18
Présentateur

Les deux, mon capitaine.

52:19
Invité

En même temps.

52:21
Présentateur

Deux minutes avant la fin de notre émission, avant la fin de questions politiques. C'est l'heure du vrai ou faux. Vous connaissez le principe, Sandrine Rousseau. Je vais donner des affirmations.

52:30
Locuteur

Vous avez essayé

52:30
Invité

de changer nos visages.

52:31
Locuteur

Tout à fait.

52:32
Présentateur

Je vais donner des affirmations et vous me direz très rapidement vrai ou faux. Jean-Luc Mélenchon ferait un meilleur candidat à la présidentielle que Marine Tandelier. Vrai ou faux ? Joker.

52:41
Locuteur

Alors

52:42
Présentateur

vous

52:42
Locuteur

devez répondre.

52:43
Présentateur

Le principe du

52:44
Locuteur

vrai ou faux, il faut

52:45
Présentateur

répondre. Ma liberté de vous dire joker.

52:47
Locuteur

Vous

52:48
Présentateur

n'écartez pas de rejoindre Jean-Luc Mélenchon avant la fin, avant l'élection ?

52:52
Invité

Moi je pense que la gauche ne pourra gagner que si elle est unie plus largement que juste LFI.

52:58
Locuteur

Et

52:58
Invité

donc ça va être tout le débat des semaines et des mois à venir que de reposer la question de l'union de la gauche.

53:03
Présentateur

Pareil, vous ne répondez pas. Est-ce que vous écartez la possibilité de rejoindre Jean-Luc Mélenchon avant 2027

53:11
Locuteur

?

53:11
Invité

Eh bien je vous dis, je rejoindrai qui fera l

53:14
Locuteur

'union

53:15
Présentateur

en

53:15
Locuteur

fait.

53:15
Présentateur

D'accord.

53:16
Invité

Voilà.

53:16
Locuteur

Et

53:16
Présentateur

si Jean-Luc Mélenchon ne fait pas l'union

53:18
Locuteur

? Je

53:20
Présentateur

vous dis, je viens de vous répondre. Je vous dis, je rejoindrai l'union. Vous aimeriez une femme présidente coûte que coûte ? Pardon ? Vous aimeriez une femme présidente coûte que coûte ? Pas si c'est Marine Le Pen, non. Vous auriez préféré... Je préférerais qu

53:36
Locuteur

'il

53:36
Présentateur

y

53:36
Locuteur

ait

53:36
Présentateur

beaucoup plus de femmes comme disait.

53:37
Locuteur

Vous

53:38
Présentateur

auriez préféré être un homme ?

53:41
Invité

Moi, vous préférez être un homme ? Pas du tout. Pas du tout. Par contre, je préférerais ne pas subir les discriminations liées à mon genre. Oui, ça c'est clair.

53:47
Présentateur

Pour vous, fin du monde, fin du mois, vous avez choisi votre cause.

53:50
Locuteur

C

53:50
Présentateur

'est la fin du monde

53:50
Locuteur

?

53:52
Invité

En tous les cas, la fin du monde arrive si on ne fait rien. Donc il y a quand même un enjeu à ce qu'on revoie en profondeur nos priorités. Ce que je veux dire, c'est qu'une société écologique, c'est aussi une société de l'émancipation, du temps libéré, de la plus faible consommation, mais des droits humains. En fait, c'est aussi une société qui est moins toxique que celle que nous avons actuellement.

54:14
Locuteur

Et

54:15
Présentateur

très rapidement, un livre se prépare sur vous, écrit par deux journalistes. Ça vous fait peur

54:18
Locuteur

?

54:19
Invité

Ben non, je l'attends. Je vais voir. Et moi, j'en ai écrit un qui s'appelle « Tu nues à la cause » aux éditions incroyables de La Meute.

54:24
Locuteur

Un stand pour vous.

54:26
Présentateur

Merci

54:26
Locuteur

Sandrine Rousseau

54:27
Présentateur

d

54:27
Locuteur

'avoir

54:28
Présentateur

répondu à nos questions politiques. Merci à ceux qui m'ont accompagnée toute cette heure. Abel Mestre du journal Le Monde. Merci beaucoup Brigitte Boucher de France Télé. Merci à vous. Merci à la grande équipe de cette émission de questions politiques. À Fabienne Lemoyle, à Marius Serriès. Merci à l'équipe technique. Le son, l'image, auditeurs, téléspectateurs. Merci à vous d'être fidèles au poste

54:47
Locuteur

et

54:47
Présentateur

à la télévision pour suivre questions politiques. Rendez-vous la semaine prochaine comme chaque dimanche.