Sébastien Martin : " Il faut accepter que les Chinois nous apprennent un certain nombre de choses " - Vidéo
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:10OuverteRéponse directe
La hausse des prix du carburant impacte-t-elle l'industrie ?
- 0:12OuverteRéponse directe
La situation économique peut-elle s'aggraver ?
- 0:38RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous pensez vraiment qu'elles sont suffisantes pour calmer la colère des Français ?
- 2:30OuverteRéponse directe
Pourquoi la France ne réussit pas à faire la même chose [baisser les taxes] que l'Allemagne ?
- 3:29RelanceRéponse directe
Est-ce que c'est entendable par les Français qui ne bénéficient pas des aides mais sont des classes moyennes ?
- 4:34OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y aura des mesures spécifiques pour votre secteur ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:42Invité politiqueFait
« Elles sont utiles et nécessaires. »
- 1:05Invité politiqueFait
« la prime grand rouleur, c'est une aide très claire et très directe au pouvoir d'achat de nos concitoyens. »
- 2:26Invité politiqueChiffre
« 5,5 millions de personnes. »
- 5:06Invité politiqueChiffre
« un plan spécifique, une aide spécifique autour de 150 millions d'euros pour ce secteur de la chimie. »
- 5:36Invité politiqueChiffre
« les plateformes industrielles chimiques tournent, allez, entre 50-60% de leur capacité. »
- 8:12Invité politiqueFait
« Total en France vend à perte. »
- 10:04Invité politiqueFait
« la raffinerie, c'est de la chimie. »
- 13:27Invité politiqueChiffre
« les Chinois, ils ont mis 15 ans à apprendre à savoir faire des batteries. »
- 14:25Invité politiqueFait
« en France 2030, on a mis des moyens financiers. »
- 14:33Invité politiqueChiffre
« l'Union européenne va mettre 1,5 milliard sur la table pour accompagner ces gigafactories. »
- 15:15Invité politiqueChiffre
« l'enveloppe globale qui a été décidée au printemps de 1,4 milliard. »
- 21:38Invité politiqueChiffre
« j'ai décidé du versement d'un soutien d'un peu plus de 2 millions d'euros qui a permis de payer les salaires. »
- 21:57Invité politiqueFait
« c'est un acteur qui n'est pas fiable. »
Temps de parole
- Sébastien Martin69 %
- Invité14 %
- Présentateur9 %
- ?7 %
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Public
Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous.
La
hausse des prix du carburant impacte-t-elle l'industrie ? La situation économique peut-elle s'aggraver ? On va vous poser ces questions Sébastien Martin. Bonjour, merci d'avoir accepté notre invitation. Ministre délégué chargé de l'industrie, interview en partenariat avec la presse régionale, représenté ce matin par Julien Lécuyer de La Voix du Nord. Bonjour Julien.
Bonjour Auriane. Bonjour Monsieur le Ministre. Bonjour.
Le gouvernement qui a donc annoncé hier de nouvelles aides pour faire face à la hausse des prix du carburant, des aides nouvelles, des aides élargies aussi, des aides prolongées. Est-ce que vous pensez vraiment qu'elles sont suffisantes pour calmer la colère des Français
?
Écoutez, en tout cas, elles sont utiles et nécessaires.
Elles
sont utiles et nécessaires parce qu'effectivement, quand vous passez à la pompe et que votre plein parfois dépasse les 120 euros, on a forcément non seulement
un
sentiment de choc d'une part et puis d'autre part aussi, c'est une atteinte au pouvoir d'achat de nombre de nos concitoyens. Donc, la reconduction et l'élargissement, par exemple,
de
la prime grand rouleur, c'est une aide très claire et très directe au pouvoir d'achat de nos concitoyens.
Il
faut regarder un peu, d'ailleurs, vous savez, cette prime grand rouleur, lorsqu'elle a été mise en place, moi j'ai regardé sur six mois ce que ça voulait dire, finalement, quand vous touchez un chèque de 100 euros.
Je
rappelle
qu
'effectivement, le prix du carburant, il a augmenté, il a baissé, il a augmenté sur les six derniers mois.
Alors,
grosso modo, cette aide de 100 euros, pour quelqu'un qui fait son plein, son plomb 95, deux fois par mois, 100 euros, ça a couvert la moitié
de
la hausse du carburant. Là, on remet 100 euros uniquement pour trois mois. Donc, ça veut dire que ça va couvrir quand même, je ne sais pas quel sera le prix de l'essence demain, je ne sais pas, mais ça couvrira quand même une grande partie de la hausse du carburant que l'on a constaté depuis l'avant-crise. Donc, ça, c'est quand même quelque chose d'important. Et puis ensuite, vous voyez,
on regarde profession par profession.
C'est une aide qui n'est pas adressée à tous les Français. Oui, parce qu'il
y a
des Français qui travaillent, des classes moyennes qui ne sont pas éligibles à cette aide.
On a aujourd'hui, effectivement, des aides ciblées,
c
'est-à-dire jusqu'à 2 000 euros, un peu plus de 2 000 euros net quand vous êtes seul. Quand vous êtes un ménage à deux, c'est à peu près 4 000. Et puis, quand vous êtes un ménage avec deux enfants, c'est à peu près 6 000 euros net. Donc, ça veut dire quand même qu'on étend le dispositif aux classes moyennes.
5,5 millions de personnes. Voilà, 5,5 millions de personnes. Et d'autres
pays ont fait le choix de baisser les taxes. C'est notamment le cas de l'Allemagne. Pourquoi la France ne réussit pas à faire la même chose ?
Vous avez vu les propositions sur les baisses de taxes. Moi, je veux bien. Tous ceux qui nous proposent les baisses de taxes, c'est les mêmes qui, dans le même temps, vont nous expliquer que les finances publiques
dérapent.
Donc, avec des coûts qui peuvent être démesurés. On n
'a
pas les moyens, c'est ça que vous dites ? Ce n
'est
pas qu'on n'a pas les moyens, c'est que je pense qu'il faut passer un peu d'une logique d'euro facile à une logique d'euro utile. Et la logique d'euro facile, qui consiste à aider absolument tout le monde, exactement de la même manière, y compris les personnes qui arrivent à passer ce moment et qui ont les moyens de passer ce moment ou qui peuvent s'organiser parce qu
'ils
n'ont pas l'obligation de prendre leur voiture tous les jours, notamment pour aller travailler, parce qu'on a fait ce choix. Gouverner, c'est choisir. Et on a fait le choix d'aider en priorité les gens qui sont dans l'obligation d'utiliser leur voiture pour
aller travailler. Donc
effectivement, nous ne faisons
pas le choix. Vous pensez que c'est
entendable par les Français, donc qui ne bénéficient pas des herbes, mais qui sont des classes moyennes, qui ne sont pas non plus des Français ultra riches, qui voient qu
'il y a 60
% de taxes, que nos voisins baissent les taxes, et à eux, on leur dit, vous, vous avez les moyens de payer.
Parce que si on fait le choix de baisser les taxes de manière indistincte, nous aidons tout le monde exactement de la même manière. Et je croyais entendre que la politique du quoi qu'il en coûte aujourd'hui n'était pas la politique non plus qui était forcément souhaitée. Donc on a fait un autre choix.
S
'il ne faut pas la politique des aides généralisées qui touche aussi les gens qui ont largement les moyens d'absorber cela, ce n
'est
pas juste. Donc on fait aussi un dispositif qui va vers les Français qui en ont le plus besoin, là où la solidarité nationale doit s'exprimer clairement. Et puis pour ceux qui ont les moyens de passer cette crise, qui ont les moyens de ne pas utiliser leur voiture et qui ne sont pas en situation d'avoir à l'utiliser pour aller au travail, eh bien pour ceux-là, on considère qu'ils peuvent peut-être faire un petit
effort. Monsieur le ministre, est-ce qu'il y
aura
des mesures spécifiques pour votre secteur ? Vous êtes ministre de l'Industrie, il y a des sites électro-intensifs comme la bétallurgie, la chimie, les imprimeries qui réclament beaucoup d'énergie. Est-ce qu
'ils
vont recevoir une aide ?
Alors, lors du premier plan d'aide qui avait été annoncé à la fin du printemps, au printemps dernier, on a annoncé, notamment pour le secteur de la chimie,
le
secteur de la chimie qui est un secteur qui est, comme vous l'avez dit, très consommateur d'énergie, un plan spécifique, une aide spécifique autour de 150 millions d'euros pour ce secteur de la chimie. Je passe sur les détails, ça s'appelle un mécanisme de la compensation des coûts, indirect du carbone, qui est une aide directe à l'achat d'énergie pour ce secteur de la chimie, parce que le secteur de la chimie, il est fragile sur le continent européen. Aujourd'hui, sur le continent européen, les plateformes industrielles chimiques
tournent,
allez, entre 50-60% de leur capacité. Elles étaient frappées, elles sont toujours frappées d'ailleurs, d'une concurrence asiatique extrêmement
agressive. C'est toujours le cas, ce
dispositif de 150 millions d'euros d'aide, le guichet vient juste d'être ouvert il y a une semaine ou dix jours, et elle permet au site industriel chimique d'en bénéficier.
Non,
mais
je
rebondis simplement sur la question de l'approvisionnement, parce qu'on a vu des pénuries d'essence dans certaines stations. On peut se poser la question de savoir si on va avoir suffisamment d'énergie aussi durant l'hiver. Est-ce que vous, vous pouvez nous confirmer qu'il n'y aura pas de pénurie ?
Alors, le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure, l'a confirmé hier.
Nous
n'avons pas de problématique
d
'approvisionnement pour les mois qui viennent.
Ça
a été redit hier par Roland Lescure, à l'occasion de la conférence de presse. Il est vrai
qu'on a vu des stations... Voilà, parce que
pardon, on a entendu effectivement cette phrase Sébastien Martin, Roland
Lescure, il
dit on a une prévisibilité sur deux mois, sur les deux mois qui viennent, il n
'y a
pas de problème d'approvisionnement. On regarde la une de l'Est républicain, par exemple ce matin, c'est une file interminable de voitures à la pompe avec ce titre carburant de plus en plus de ruptures. Qu'est-ce que vous leur dites à ces Français ? Il n
'y
a pas de problème d'approvisionnement ?
Je leur dis simplement, je vais vous donner quelques explications. Vous savez très bien qu'il y a une grande marque de distribution qui s'appelle par exemple Total,
qui
plafonne ces prix. Et il est certain que la plupart des ruptures sont plutôt situées dans des stations Totales,
puisqu
'elles ont des prix plafonnés et plus bas.
Chez
moi, à Châlons-sur-Saône, dimanche soir, effectivement, les deux stations Totales, il n
'y
avait plus d'essence, parce que d'abord, elles ne
sont
pas approvisionnées pendant le week-end. Et ce qui se passe, c'est qu'effectivement, tant qu'on n'a pas réapprovisionné en général le lundi, ces stations sont très vite prises d'assaut, entre guillemets, par les automobilistes. Mais l'approvisionnement en matière, que ce soit de bétrole brut ou des matières raffinées, aujourd'hui, il est assuré pour un pays comme la France. –
Le plafonnement des prix chez Totales, encore une fois, la France Insoumise le propose de bloquer les prix, vous vous dites non, on a du mal à comprendre pourquoi. – Moi, je veux
bien
qu'on impose de bloquer les prix à quelqu'un qui les bloque déjà. – Non mais à
tout le monde,
la France Insoumise
a dit Totales… – Alors,
allons au bout du raisonnement, allons au bout du raisonnement deux secondes. Bloquons les prix pour tout le monde. D'abord, je précise, en fait, Total en France vend à perte.
– Donc,
si je fais, si nous faisons la même chose pour tout le monde,
je
me mets à la place de la petite station-service qui est en milieu rural, je m'éloigne un peu des villes,
mais
la petite station-service qui est en milieu rural, qui fait pratiquement pas de marge, et à qui vous allez dire demain vous vendez à perte, qu'est-ce qu'elle fait ?
Elle
s'arrête, elle s'arrête.
–
Donc, tout n
'est pas pris sur la marge de la station-essence. – Il y a une partie qui est prise
par l'État. –
Les
prix qui sont administrés, moi ça me rappelle bien, certaines économies post-1989, mais en général ça aboutit plutôt à des catastrophes économiques. Donc, on va essayer de faire les choses de manière raisonnable. On a un grand opérateur qui joue le jeu. On a une surveillance des marges qui est extrêmement attentive. Roland Lescure l'a encore rappelé hier.
Et troisième
élément, on a toujours un décret qui est prêt à être sorti si les gens se comportaient mal en matière de marge et de marge abusive. Le Premier ministre l'a rappelé, et Roland Lescure l'a encore rappelé hier. Donc, aujourd'hui, on a un système qui,
en termes d'approvisionnement…
–
Donc, le carton
rouge,
il est dans la poche, mais vous êtes prêt
à
le sortir. – Le
carton rouge, il est prêt à être sorti. Mais en tout cas, le système en termes d'approvisionnement ne pose pas de difficultés majeures, sauf sur certaines stations qui parfois sont très tendues.
–
Un mot sur les raffineries qui tournent actuellement à plein régime. Le problème, c'est qu
'il
n
'y a
plus que 6 raffineries dans le pays.
Il
y
en
avait 24 dans les années 70. 160 millions de tonnes de produits raffinés produits à l'époque, 58 millions aujourd'hui. Est-ce que notre dépendance, ça vient aussi de mauvais choix ? Est-ce qu'on n'a pas trop tardé à prendre conscience de notre souveraineté ? Est-ce que finalement, on paye aujourd'hui une forme de mondialisation heureuse
? – Il
y a certaines raffineries qui, effectivement, se sont délocalisées. sont parties ailleurs,
on
le sait très bien. Et finalement, la raffinerie, c'est de la chimie. Donc tout à
l
'heure, quand je vous parlais de la question de la chimie, on voit bien la fragilisation de ce secteur.
C
'est vrai qu'à court terme, on peut effectivement s'interroger. Maintenant, si on voit les choses à un petit peu plus long terme sur ces questions-là de raffinerie, on ne
peut
pas, dans le même temps, si vous voulez, se dire qu'il faut essayer de sortir d'une dépendance aux énergies fossiles comme celle-là et se dire qu
'on
pourrait toujours avoir 24 raffineries.
Il
y
a
aussi, quelque part, une question de cohérence dans la trajectoire. On a besoin de raffinerie, notamment parce que, y compris pour la chimie, il y a certaines molécules qui sont
issues de ces
raffineries. –
Il
y a un problème de liaison.
C
'est-à-dire qu'en fait, les raffineries, elles ont
disparu presque trop
vite par
rapport à l'émergence de l'électrification. – Non,
la vérité,
c'est qu
'il
y
a
un problème d'absorption de choc. Avant le choc du Détroit d'Ormousse, je ne vous ai pas entendu faire un seul papier sur le fait qu
'il
y avait six raffineries en France. Bon, sauf que là, aujourd'hui, on est face à un choc majeur auquel il faut essayer de s'adapter. Donc, il y
a
des raffineries auxquelles on demande de produire plus, notamment à Notre-Dame de Gravenchon, pour essayer de produire plus, de s'adapter, essayer de trouver les solutions. –
Mais pardon, elles peuvent
encore produire plus ? Elles ne tombent pas à plein régime aujourd'hui, nos raffineries
?
– Elles peuvent encore produire un peu plus que ce qu'elles ne font,
parce
qu
'on
a tendance à oublier qu'un outil industriel, vous n'appuyez pas sur le bouton, et puis du jour au lendemain, comme ça, il double sa production. Donc, il y a une montée en puissance de cette raffinerie, et avec des volumes supplémentaires qui en sortent, mais tout ça prend un peu de temps quand même. Parce qu'un outil industriel tel que c'est, du jour au lendemain, vous n'appuyez pas sur le bouton, vous ne doublez pas votre volume.
–
Une question, puisqu'on parlait de l'électrification, nous on a un dossier dans les Hauts-de-France qui commence à inquiéter.
– Belle
région industrielle.
–
Belle région industrielle, je vous rejoins totalement là-dessus. Il y a la start-up Tiamat qui était censée créer une usine sodium-ion près d'Amiens pour créer des batteries. Finalement, ce projet n'a pas lieu, faute de financement. Et j'allais dire que c'est un nouveau signal d'alerte quand même sur la filière des batteries, parce qu'on a aussi Vercor qui a des soucis de production. On a ACC, une autre entreprise qui s'est installée aussi dans le Nord, qui a renoncé à des projets de gigafactory en Allemagne et en Italie. Est-ce qu'il n
'y a
pas des inquiétudes à avoir sur cette vaste stratégie de la vallée de la batterie dans les Hauts-de-France
? –
Il y a trois ans, on ne produisait
pas une batterie en France.
Il
y
a
trois ans. On a l'impression qu'il y a longtemps qu'on a des gigafactory en France.
Mais
il y a trois ans, on ne produisait pas de batterie en France.
On
a une filière
qui
émerge.
–
Oui. – Donc quand vous avez une filière qui émerge, au début,
c
'est difficile,
parce
qu'il faut apprendre la technologie, parce qu'il faut implanter un process industriel, parce qu'effectivement au début, c'est l'expression, vous consommez,
certains
disent, vous brûlez du cash. – Mais la question c'est
de savoir surtout
si la France est en capacité de rattraper son retard sur la Chine. –
Vous avez raison, c'est la bonne question. – Il y a des vraies inquiétudes au sein de la filière.
– C'est la bonne question. Et vous savez, les Chinois, ils ont mis 15 ans
à
apprendre à savoir faire des batteries.
Pour
moi, il n
'y
a aucune raison,
au
regard, un, de la qualité de nos ouvriers en France
et
de la qualité de nos ingénieurs en France, qu'on mette 15 ans à apprendre à savoir faire des batteries. –
Oui, c'est
que eux, ils prennent de l'avance. Donc ils ont 15 ans toujours d'avance sur nous pour l'instant.
– Oui, mais ça, ça s'appelle le discours qui refuse de se battre. La vérité, c'est que je ne vois pas pourquoi nos salariés, nos ingénieurs français ne seraient pas capables de faire ce qu'on réussit à faire des Chinois.
Ils
ne sont pas plus bêtes. – Oui,
mais
ce que
dit le bien, c'est qu'on aura toujours un train de
retard.
– Non, ce qu'on veut dire,
c
'est que, et on en viendra sans doute à la question européenne, ce que ça veut dire, c'est que pour des filières émergentes comme celle-là, qui sont absolument indispensables à notre tissu industriel européen, et notamment à notre tissu industriel automobile, on a besoin, pendant la période où elle émerge, d'avoir les mesures nécessaires d'accompagnement.
– Et alors c'est quoi cette mesure ? – C'est ce qu'a fait le
gouvernement avec France 2030.
– En effet. – En France 2030, on a mis des
moyens financiers. Maintenant, il y a un dispositif au niveau européen qu'a annoncé le vice-président Stéphane Séjourné, qui s'appelle le battery booster, c'est-à-dire que l'Union européenne va mettre 1,5
milliard
sur la table pour accompagner ces gigafactories qui ont besoin de traverser ce moment, parce qu'en fait on est dans un moment et d'apprentissage de la technologie, et il faut accepter que les Chinois nous apprennent, c'est ça la vérité, mais remarquez, il y a 20 ans on a appris aux Chinois à faire des choses, donc
maintenant on va
faire en sorte d'apprendre un certain nombre de choses et de passer un moment qui est la montée en puissance de cette industrie.
– Un mot juste sur le financement, parce qu'il y avait hier David Amiel aussi à cette conférence de presse, le ministre des Comptes Publics, 450 millions d'euros, c'est le montant annoncé de ces aides, est-ce que vous pouvez nous éclairer sur la manière dont c'est financé ?
–
David Amiel l'a très bien expliqué, sur l'enveloppe globale qui a été décidée au printemps de 1,4 milliard, il y a eu ce qu'on appelle beaucoup de gens qui n'y ont pas eu recours, vous voyez tout à l'heure vous m'interrogiez sur le fait est-ce que c'est assez, est-ce que c'est pas assez, il y
a
aussi des Françaises et des Françaises, alors peut-être certains considèrent que c'est trop compliqué, c'est pour ça qu'on simplifie le guichet d'accès à la prime grand rouleur, que ceux qui ont déjà bénéficié de la prime grand rouleur vont bénéficier automatiquement, vous n'avez rien à faire, si vous avez déjà bénéficié de la prime grand rouleur, vous allez automatiquement recevoir la nouvelle prime grand rouleur, mais il
y
a aussi sans doute une partie des gens qui sans doute par esprit civique se disent « moi j'y arrive, je ne
suis
peut
-être
pas obligé d'aller demander à l'État un chèque ».
– Mais donc les financements ils reposent sur le non-recoût, on était sur 1,4 milliard, c'est 1,4 milliard, c'est 1,4 milliard,
aujourd'hui on a un besoin de financement qui est estimé à à peu près 450 millions d'euros et les choses ont été très claires, soit ça tient dans cette enveloppe d'un milliard 4, soit nous irons trouver quelques économies ailleurs dans les ministères, c'est assez simple, c'est comme ça qu'on a fonctionné jusqu'à présent et qu'on fonctionnera encore jusqu'à la fin de l'année 2026 et après je vous rappelle qu'il faut qu'il
y ait
un budget qui soit voté pour pouvoir mobiliser des aides et là il reviendra aux parlementaires de le voter. – Juste sur
le
non-recours, est-ce que ceux qui n'ont pas eu recours et qui hier se rendent compte qu'ils auraient pu y avoir
droit et qu'ils n'ont pas
droit, ils vont pouvoir ? – Ah
oui.
– Et de manière rétroactive ou pas ?
– Non, non, quand vous rentrez dans le nouveau dispositif, à partir de maintenant, vous déposez votre dossier et vous pouvez bénéficier de l'aide grand rouleur.
– J
'ai
une petite question puisque demain… –
Et je rappelle
que c'est à partir de 8 000 kilomètres par an.
– Oui c'est ça, ou 15 kilomètres de domicile
-travail.
– Demain, le Président de la République va s'exprimer, il va reparler des menaces hybrides. Moi je voulais vous entendre sur le plan de protection des infrastructures. – Ah vous, vous savez exactement ce que
veut dire
le Président de la République
? –
Bah il va reparler,
s'il ne reparle pas de la situation internationale… – Il va parler de la
situation internationale je pense. – Ah oui, je
pense qu'on devrait être là-dessus, et notamment sur
les
menaces hybrides. Est-ce que vous savez nous dire combien de sites industriels seront concernés par ce plan de sécurisation des infrastructures ?
– On a en France un certain nombre de sites industriels qui sont classés Céveso seuil haut, notamment où Céveso seuil bas sur tout le territoire national, d'autres qui sont stratégiques. Si je commence à vous les lister, j'ai peur que l'effet qui est celui, une forme de secret autour de ces questions-là… –
Mais la vraie question c'est de savoir est-ce que
ces sites industriels sont prêts à affronter des menaces hybrides de la part de Russie ou d'autres qui pourraient…
–
Ce sont déjà des sites, ce sont
déjà des sites, d'ailleurs on l'a vu au moment des incendies
de
cet été.
Vous
savez que ce sont déjà des sites qui font l'objet de mesures de sécurité extrêmement particulières. Si on prend également par exemple nos centrales nucléaires, nos centrales nucléaires ont des systèmes de défense qui existent et qui sont extrêmement pointus et extrêmement particuliers. Donc il y a déjà des manières de protection. Ensuite il y a des protections cyber aussi qui doivent être renforcées. Parce qu'on peut aussi fragiliser un site industriel, pas
simplement avec un drone… – Et pas les meilleurs élèves en la matière. – Pas forcément
avec un drone. Mais peut-être, mais vous savez, dans le secteur privé, ils n'ont pas attendu le public parfois pour faire des choses.
–
Il vaut mieux. – Donc voilà. –
Et
ensuite, on peut revenir sur le sujet de la menace cyber. En fait, la menace cyber aujourd'hui,
ce
qui est préoccupant, c'est qu'en fait on n'est plus vraiment sur… on n'est pas sur une menace,
ce
qu'on appelle de haut de spectre, c'est-à-dire les États qui attaquent et qui vont chercher des informations extrêmement importantes, extrêmement confidentielles. On est plutôt sur des petits hackers…
–
Des loups
solutaires. – Qui sont là pour
fragiliser, qui sont là pour dire, regardez le système, il est un peu… il est perméable. mais quand ils sont allés chercher le revenu fiscal de référence, excusez-moi, enfin moi je suis parent d'élève, votre revenu fiscal de référence, quand vous inscrivez vos enfants à la cantine et pour avoir le quotient, vous le donnez. Ce ne
sont
pas des informations stratégiques qui ont été prises cet été, mais ce sont des opérations qui visent à fragiliser le système.
– Vous avez rassemblé hier des centaines d'industriels venus de toute l'Europe. Est-ce qu'une réelle préférence européenne verra le jour ?
– En tout cas, ça chemine.
Et
ça chemine plutôt positivement parce qu'il y a eu un texte qui a été posé par la Commission européenne
qui
a posé ce principe de la préférence européenne qui est quelque chose dont on ne pouvait pas parler. Préférence européenne en deux mots, c'est quoi ? C'est de faire en sorte que les subventions, par exemple subventions pour acheter un véhicule électrique, subventions pour acheter une pompe à chaleur, soient vraiment des subventions qui vont privilégier le made in Europe, d'une part, et d'autre part, c'est les marchés
publics, les
marchés publics, eux, d'orienter l'achat public vers les productions européennes. C'est ça la préférence européenne. Et c'est assez logique. Les gens se disent, l'argent public, c'est quand même bien qu'il aille vers des ouvriers, vers des usines européennes. – C'est logique,
mais ce n
'est pas encore mis en œuvre ? –
Parce
que derrière ça,
il
y
a
beaucoup de gens qui disent, oui, il faut le faire. Et puis après,
ils
disent, ah oui, il faut le faire, mais en fait, c'est bien Chine, parce qu'on achète notre t-shirt 3 euros. Oui, mais si nous sommes cohérents et qu'on veut soutenir l'industrie européenne, on ne fait pas du Chine,
on
fait du made in Europe. Donc, parfois,
vous
avez cette contradiction à mener dans le débat. Mais, peu importe, cette préférence européenne, elle est inscrite dans le texte. Deux, les rapporteurs au Parlement européen, confortent la position française d'avoir un vrai made in Europe. Parce qu'il y a un débat en ce moment. Il
y a
ceux qui disent, oui, mais nos chaînes de valeur, nos approvisionnements, ils sont mondiaux. Donc, il faut que le made in Europe, ça soit le made in Europe, plus tous les pays avec lesquels on nous accorde de libre-échange. En fait, ça fait un made in the world.
Je
suis totalement opposé à ça. Le gouvernement français est opposé à ça. On veut un made in Europe à 27, qui conforme notre industrie européenne. Et c'est ce que font les Américains, c'est
ce
que font les Asiatiques. –
Dernière question, Chine.
–
Une dernière question, parce que ça intéresse là aussi notre région,
c
'est, je voulais vous parler de Val-Dune, ce qui est la dernière usine française de roues et essieux ferroviaires. Europlasma avait promis des investissements. Ils ne sont pas là. Les salariés s'inquiètent, Attrice-en-Léger et Lefrancouc.
Donc, est
-ce que vous pouvez les rassurer, dire que l'État sera aux côtés de Val-Dune et est en train d'étudier un peu la manière dont on peut régler cette situation avec Europlasma ?
– L'État est déjà aux côtés des salariés de Val-Dune, tout simplement parce que cet été, j'ai décidé du versement d'un soutien d'un peu plus de 2 millions d'euros qui a permis de payer les salaires. – Oui, on en est là. – Qui a permis de payer les salaires parce qu'on a un acteur qui doit sortir du jeu, qui s'appelle Europlasma et qui n'est pas fiable.
La
vérité, c'est que c'est un acteur qui n'est pas fiable. Donc, notre travail en ce moment avec les équipes de Bercy, c'est de faire en sorte que d'autres acteurs industriels s'intéressent à ce projet et s'intéressent à cette entreprise. On travaille aussi en lien avec le Conseil régional des Hauts-de-France.
J
'ai eu Xavier Bertrand au téléphone il n
'y a
pas longtemps sur ce sujet-là parce qu'il faut qu
'on
trouve un nouvel industriel
intéressé par
cette production de roues. Il y a déjà des gens qui s'intéressent. Maintenant, il faut qu'ils formalisent une offre.
– Merci, M. le ministre. – Merci,
Sébastien Rappin d
'avoir été notre invité. –
Public
Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous a proposé Bonjour Chez Vous.
Sébastien Martin