Bruno Retailleau aux Mardis de l'ESSEC !
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 51 %Attaque 29 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 11:50OuverteRéponse directe
Monsieur Retaillot, bonsoir. Alors, ce soir, notre échange sera structuré en deux temps...
- 18:21OuverteRéponse directe
Revenons un peu sur votre manière dont vous avez vécu en tant que ministre de l'intérieur...
- 28:31RelanceRéponse directe
Je me permets de rebondir sur ce que vous avez dit, sur le fait que les politiciens avaient tendance à minimiser...
- 30:39OuverteRéponse directe
On parle du maintien de l'ordre notamment et il y a une autre question qui nous semble assez centrale...
- 40:06OuverteRéponse directe
Certes, le constat est là, faut allonger le départ à la retraite...
- 45:58OuverteRéponse directe
Face à ces défis économiques budgétaires, justement l'immigration est parfois présentée comme une opportunité...
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:57Promesse
« La sécurité et l'immigration seront vos chevaux de bataille. »
- 6:41Fait
« on les encercle et après on les tape. »
- 7:24Fait
« Vous vous exprimez ainsi en faveur de l'abolition du droit du sol à Mayotte. »
- 7:24Fait
« vous soutenez que les statistiques ethniques ont d'évidents intérêts »
- 7:24Fait
« Vous pensez que l'IVG ne mérite pas de figurer dans la Constitution »
- 31:22Fait
« le budget actuel de holdup du siècle en dénonçant notamment une fiscalité excessive »
- 33:35Fait
« le modèle socialtatiste qui est la cause de l'appauvrissement de la France »
- 34:19Chiffre
« les Italiens, le niveau de vie italien PIB par habitant a dépassé le niveau de vie français »
- 35:03Chiffre
« En 2030, on était le pays européen qui avait l'âge de départ à la retraite le plus précoce »
- 35:48Fait
« une grande part déficit budgétaire actuel est dû aux retraites »
- 36:30Chiffre
« il y avait quatre cotisant pour un retraité, aujourd'hui 1,6 »
- 37:14Chiffre
« dans une vie, il nous manque 3 ans »
- 46:42Fait
« l'immigration pour la France n'est pas une chance »
- 47:27Fait
« on a l'immigration la plus concentrée géographiquement et l'immigration professionnellement la moins qualifiée de toute l'Europe »
- 59:10Bruno RetailleauFait
« Il y a eu des sanctions justement, ils ont réhabilité ces sanctions, des courtes peines, une semaine, 2 semaines, 3 semaines de prison. Ils ont construit des prisons et ça marchait. »
- 59:53Bruno RetailleauFait
« Pourquoi est-ce que les narcotrafiquants aujourd'hui utilisent comme des Kleinex utilisent des mineurs ? Parce que il y a ce sentiment d'impunité. »
- 1:01:20Bruno RetailleauFait
« Le type fait demi-tour, veut se venger. Le sapeur pompier revient à pied avec ses ses deux ou trois copains et le type lui fonce dans le dos en voiture, il le fait voler à plusieurs mètres. »
- 1:02:49Bruno RetailleauChiffre
« Quand il y a de façon flagrante enfin je suis désolé quand il y a des allocations familiales et qu'il y a des graves manquements que les parents ne s'occupent plus y compris d'enfants très jeunes qui ne vont même plus à l'école, on doit les sanctionner. »
- 1:04:17Bruno RetailleauFait
« Vous allez d'abord avoir une audience qui va constater sa culpabilité ou non. Une audience qui constate sa culpabilité et ensuite une autre audience plusieurs mois après qui va faire tomber la sanction. »
- 1:14:24Bruno RetailleauFait
« On a le droit de les retenir pour 3 mois à peu près ou plus. Et malheureusement le juge avait libéré euh cet EQTF en disant "Non, non, on va le libérer parce que la perspective d'éloignement au Maroc est nulle". »
- 1:15:08Bruno RetailleauChiffre
« Cette loi, c'est 7 mois. 7 mois, c'était timide parce que la loi européenne, la directive retour dispose qu'on peut aller jusqu'à 18 mois et 14 pays sur 27 européens, 14 pays pratiquent les 18 mois. »
- 1:17:20Bruno RetailleauFait
« L'état de droit est un cadre juridique, mais ce cadre juridique devient de plus en plus un cadre idéologique. »
- 1:18:47Bruno RetailleauChiffre
« Nos services ont déjoué cette année six attentats, l'an dernier avec les Jeux Olympiques, neuf attentats terroristes. »
- 1:19:29Bruno RetailleauFait
« Je pense qu'aujourd'hui le risque, il y a Orb d'un côté, c'est la démocratie illibérale. »
- 1:20:56Bruno RetailleauFait
« Quand la majorité change, il faut qu'on soit capable de changer. Aujourd'hui, vous ne changerez pas de politique pénale. »
- 1:24:34Bruno RetailleauFait
« La situation économique, elle est grave. Mais c'est ce que je vous ai dit tout à l'heure. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
[musique] [musique]
Les portes du pénitencier bientôt [musique] vont se fermer. Et c'est là que je finirai [musique] ma vie comme d'autres gars l'ont fini.
[musique] [musique]
Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue à ce nouveau débat des mardis de l'ESSC organisé en partenariat avec le groupe financier ODOBHF. Nous remercions également notre partenaire LCP qui diffuse ce débat sur sa chaîne YouTube. Pour préparer votre visite en bon mardisien, nous nous sommes penchés sur les différentes biographies qui ont été écrites de vous. Mais quelle ne fut alors notre surprise de constater que la place accordée à l'équitation, votre hobby depuis toujours, n'était jamais à la hauteur du cavalier hors paire que vous êtes ? C'est en effet un fait souvent peu connu du grand public, mais vous êtes passionné d'équitation depuis votre plus jeune âge.
Monsieur Rotaillot, vous êtes venu au monde le 20 novembre 1960 à Cholet. Après une enfance paisible en vendé où vous passez le plus clair de vos journées avec petit, votre cheval adoré, vous décrochez une maîtrise de science économique à Nantes. Une fois l'économie maîtrisée, vous vous penchez vers la politique. Le saut d'obstacle de la rue Saint- Guillaume n'est qu'une formalité et vous obtenez votre galot 1 en 1985, le temps recherché diplôme de science pot. Cependant, rapidement, Paris vous lass et vous retournez dans votre vendé familiale. Car plus on est de fou, plus on rit.
Quoi de mieux alors pour contrer l'ennui que devenir bénévole pour le puit du fou, ce grand parc qui célèbre la culture de la Vandé. Là, entre deux cabrioles, vous rencontrez votre mentor qui fait de vous son poulin Philippe Devilier. Grâce à lui, vous obtenez votre galo 2 en devenant à seulement 27 ans metteur en scène du célèbre spectacle nocturne de la cinécénie. En somme, aussi loufo que cela puisse paraître, vous êtes un objet politique non identifié. Vous ne vous formez non pas à l'ENA comme la majorité de vos collègues, mais déguisés au milieu de danseurs et de cracheurs de feu. Comme quoi, entre le monde des saltes à banan et celui des politiques, il n'y a parfois qu'un pas.
La simple responsabilité de la sinécénie ne vous suffit plus. Vos rêves, aussi vastes que votre ambition vous poussent à lâcher la bride pour devenir animateur radio. Mais votre mais votre audace artistique ne connaît pas de limite. Vous prenez également le paris de diriger une école de communication. Pendant cette période, vous vous distinguez par votre sens de l'ordre, de l'organisation et surtout de l'intégrité. Comme on témoigne, vos deux victoires à Interville, toujours droit dans vos bottes. Mais un canard enchaîné est passé par là pour rétablir la vérité. Ce qui démontre que même les plus habiles cavaliers peuvent se laisser mener à la longe quand la tricherie tient les rennes.
Vous obtenez avec aisance votre galo 3 en faisant votre entrée en politique. En 1994, vous êtes séduit par le mouvement pour la France. Vous récupérez la celle de Philippe Devilier comme député à l'Assemblée nationale lorsque ce dernier est nommé au Parlement européen. Mais malheureusement, vous ne restez que 3 ans dans l'hémicycle car votre mentor souhaite récupérer son siège. Voyant que vous êtes compromis à l'Assemblée, vous galoppez direction l'Ouest pour conquérir les grands électeurs. C'est la ruée vers la Vendé. Vous en devenez le sénateur en 2004. Chassez le naturel, il revient en galot.
Votre désir d'indépendance se révèle graduellement et de poulin vous vous transformez en véritable étalon au risque que cela ne déplaise à votre mentor. C'est moi qui l'ai fait. Pas question qu'il me passe devant, déclare Philippe Devilier en 2009 lorsque le premier ministre François Fillon souhaite vous nommer secrétaire d'état à l'économie numérique. Lidal avec Philippe vol en éclat. La rupture est brutale. Vous êtes exclu du puit du fou et quittez le MPF. Vous enfilez votre bombe chérie pour vous protéger de toute chute et remonter plus déterminé que jamais à poursuivre votre ascension.
Votre élection en tant que président du conseil général de la Vandé en 2010 est un retour en force dans le derby politique. Mais afin de décrocher le temps voulu galot 4, vous devez encore enchaîner les postes de président du groupe UMP au Sénat puis celui de président du conseil régional des pays de la Loire en 2015. Mais cet enchaînement de succès est troublé en 2017. Les Républicains, le nouveau nom pour le parti UMP, sont chahutés. Par quoi ? Par un Paris loupé, un tiers perdant. En clair, avec François Fillon, vous avez misé sur le mauvais cheval pour la campagne présidentielle de 2017. Malgré le Penelope Gates, vous soutenez votre ami Corseam.
Bruno Rétalon tente une première fois en 2022 de devenir président du groupe les républicains. Seulement, le jocky Eric Sioti le devance de peu. Comme Philippe de Villier le disait, vous ne serez toujours qu'un efficace numéro 2. Cet échec au galo 5 est un revers. Mais le 21 septembre 2024, après votre balade matinale, alors que votre monture portant son licole de sénateur brout l'herbre du jardin du Luxembourg, un nouvel environnement d'entraînement vous est proposé. Vous l'avez tous compris, nous parlons ici de l'hôtel particulier Bovau, le siège du ministre de l'intérieur. Avec cette écurie majestueuse, vous êtes directement promis au Galosis.
Vous faites une arrivée ton truante et annoncez une ligne directrice simple pour faire de vous l'un des meilleurs cavaliers de l'hôtel Bovau. La sécurité et l'immigration seront vos chevaux de bataille. Pour maintenir l'ordre, bien souvent, la longe vous suffit. Mais lorsque mais lorsque quelques fétards rindoscile se rebelle, comme vous le dites vous-même un soir au JT de TF1, on les encercle et après on les tape. En tant que passionné de dressage ibérique, vous avez su transposer à Bova les principes que vous appliquez dans le manège. Garder l'impulsion constante et maintenir l'équilibre entre fermeté et souplesse.
Vous, ministre de l'intérieur, vous présentez à l'Assemblée nationale une loi phare de votre temps pour empêcher le narcotrafic de prendre le mort aux dents. Mais monsieur, à force d'avoir brossé votre poil dans le bon sens, celui-là devient de plus en plus rêche comme vos opinions et vos positions sur les chiques. Au lieu d'aller de l'avant, vous galoppez latéralement vers la droite. Vous vous exprimez ainsi en faveur de l'abolition du droit du sol à Mayotte. Quelques cavalcades plus loin, vous soutenez que les statistiques ethniques ont d'évidents intérêts, pourvu qu'elles ne remettent pas en question la domination des chevaux les plus favorisés.
C'est les derniers coups de cravache vous emmènent finalement jusqu'à la partie la plus àoite du manège. Vous pensez que l'IVG ne mérite pas de figurer dans la Constitution et voter contre son inscription le 4 mars 2024 par un beau dimanche soir alors que vous êtes atta avec votre ma favori le couscous vous découvrez à la télé que Sébastien Lecornu a nommé au gouvernement un deuxième Bruno macroniste. celui-là. Vous montez sur vos grands chevaux, renoncez à Bova et faites un strike en entraînant dans votre démission le gouvernement tout entier. Vous revenez à la charge vers votre galo 5, celui auquel vous aviez échoué.
Voyant que tous les maires de France ne sont pas séduits par vos petites acrobaties et qu'on vous rappelle sans cesse que vous êtes au LR ce que les sec est aux écoles de commerce à savoir le numéro 2. Vous reprenez les rennes pour tordre le coup au destin et saisir la place du premier à la présidence des Républicains en 2025. Mais le cavalier Laurent Voquier n'est jamais loin. Il vous talonne sans relâche au risque de nuire à l'unité du parti. Mais vous le savez bien, il y a en tout sept galot. Or, vous n'en avez pour l'heure que six à votre actif. Nous nous posons donc tous une question. Décrocherez-vous le 7e en 2027 ?
Nous vous souhaitons à tous, cher monsieur Retaillot, cher public, un excellent débat.
[applaudissements] [applaudissements]
Monsieur, je suis je suis un bon client, hein. Et ça serait sympa parce qu'on se croirait à la télévision à The Voice et on est on est complètement ébloui et je je vois pas du tout la salle et j'adore la scène mais c'est encore mieux quand on voit quand même le public. Donc je sais pas si la régie, j'ai fait ça au pu du fou euh puisque j'ai fait la mise en scène et si on peut baisser un peu les projecteurs frontaux et allumer légèrement la salle. Ah ouai alors le problème c'est que c'est tout ou rien. C'est ça. Bon la régie va Voilà, je vous écoute. Bonsoir à tous et merci d'être là nombreux.
Monsieur Rota merci d'avoir accepté l'invitation des mardis de l'ESC et comme le veut la tradition mardisienne, vous disposez d'un court droit de réponse à la présentation de Jeanne et Alexandre. Non non, je suis un bon client moi pour la caricature. [rires] Alors parfois la caricature en réalité, on s'enferme dans nos propres caricatures. En tout cas, ce que je sais c'est que je je suis pas en réalité un homme de du du nouveau monde. Je suis plutôt un homme du monde d'avant puisque je me suis pas posé je ne suis pas une soucoupe volante qui s'est posé dans le paysage politique brutalement. J'ai eu un long parcours d'élus euh d'élus local.
J'ai présidé une intercommunalité, un département, une région. J'ai fait plein de choses à côté et j'ai été heureux lorsque je suis rentré à science pause et que j'avais envie de devenir préfet, monsieur le préfet et et je devais faire l'ENAT. Et en réalité, Philippe Bevier m'a détourné, mais en tout cas, j'étais bien entendu dans l'aventure du pu du fou depuis le depuis le tout début avec effectivement quelques cascades et à l'époque on a tous fait quelques séjours à l'hôpital parce que c'était c'était un petit peu dangereux et en réalité j'ai pu dans cette existence, nos existences sont trop courtes, alterner les périodes où j'ai été élu.
On a été on j'ai été président fondateur du parc d'un parc de loisirs qui marche très très bien. Au départ c'était difficile, ça perdait de l'argent. Donc ça m'a confronté à la vie de l'entreprise. J'ai dirigé un 3è cycle aussi qui est adossé maintenant à Audencia à à Nant. Je sais pas si c'est la 5e, la 6e, la 7e euh école de école de commerce. Donc voilà. Non non mais il y a des si il y a des petites choses mais je je non je peu importe, il faut comment dirais-je ? Il faut la légende pour l'ensemble et le détail pour l'histoire, a dit Victor Hugo. Très simplement.
[applaudissements]
Monsieur Retaillot, bonsoir. Alors, ce soir, notre échange sera structuré en deux temps. Tout d'abord, nous évoquerons votre changement de rôle et vos responsabilités dans une période de crise, puis nous échangerons sur l'avenir politique de la France. Effectivement, comme l'ont rappelé Jean et Alexandre lors de votre présentation, vous avez d'abord été sénateur avant de devenir ministre de l'intérieur entre septembre 2024 et octobre 2025. Vous avez donc été mteur enop, élu local puis sénateur. Et soudain, un jour le téléphone sonne. On vous propose le ministère de l'intérieur. Qu'est-ce que vous ressentez d'abord ?
La responsabilité de la pression ou la nécessité de servir dans un contexte difficile ? Ça s'est pas passé comme ça. Pardon. Euh c'est vrai. En général, quand on est nommé ministre, il y a un coup de fil et c'est au dernier moment qu'on apprend qu'on va être nommé ou qu'on ne sera pas nommé. Euh là, c'était très particulier parce que euh président de la République avait eu cette curieuse idée de faire une dissolution que lui seul a comprise, apparemment les Français l'ont pas compris. raté avec une majorité introuvable à l'Assemblée nationale et le chaos politique en France et une quasi crise euh politique en tout cas et même institutionnelle.
Et ce faisant euh il a nommé donc Michel Barnier et avec Michel Barnier, on s'est dit voilà est-ce que est-ce qu'on y va ? Est-ce qu'on y va pas ? Moi si à l'époque j'y suis allé, j'étais un opposant assez assez ferme vis-à-vis de d'Emel Macron et souvent un peu vétilleux, c'est d'abord parce qu'il fallait éviter le chaos et parce que il fallait éviter à la gauche assez mélanchonisé à l'époque d'accéder au pouvoir.
que en réité j'ai j'ai su progressivement que je serais amené à rentrer au gouvernement parce que euh c'était un choix de ma part plus que on était pas dans la même configuration quand on a on était dans une quasi cohabitation finalement et je me souviens la première question que j'avais posée avec Gérarch Michel Barnier dont on l'avait vu c'était savoir si je rentrais si nous rentrions dans un gouvernement d'Ema Macron ou un gouvernement de Michel Barnier Moi, j'avais pas du tout envie de rentrer dans un gouvernement de d'Emel Macron.
Et la question qu'on avait posé au premier ministre, c'est "Est-ce que tu seras un premier ministre qui va respecter la Constitution ?" L'article 20 de la Constitution, le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation. C'està-dire le gouvernement gouverne et le président préside. Vous voyez ce que je veux dire ? C'est-à-dire que pour moi, c'était fondamental. On devait s'engager mais Emmanuel Macron devait se retirer. Il y avait eu un échec à l'élection législative et donc il fallait que le président préside mais qu'il laisse le patron du gouvernement, le chef de gouvernement gouverner. Et c'est à cette condition qu'on y est rentré.
Quand j'ai vu d'ailleurs il y a quelques semaines que le président de la République reprenait la main sur son premier ministre et reprenait la main sur Matignon, ça a été une des conditions qui m'est apparu comme contraire à l'engagement premier. Il y a d'abord eu Michel Barnier, c'était un pratiquement un premier ministre de cohabitation. Donc le président de la République nomme un opposant. Ensuite, il nomme François Berou dont je dirais qu'il est un allié incommode mais pas totalement aligné et ensuite Sébastien Lecnu qui est plus beaucoup plus proche.
Oui, parce que l'occasion s'est présentée en 2009, vous étiez proche de François Fillon et à ce moment à ce moment-là vous avez pas franchi le pas. C'est justement ce contexte différent qui vous a plu, on va dire ce goû du challenge par rapport à la situation. Non, j'étais non en en 2009, je vais vous dire pendant 10 ans au Sénat, j'étais le le spécialiste et même au Parlement le spécialiste du numérique. J'ai adoré cette période parce que les nouvelles technologies j'avais par exemple au pu du fou euh c'était génial. On se baladait dans le monde entier parce que il fallait trouver des techniques de spectacle toujours plus modernes.
Euh, assumer une mise en scène sur une petite vingtaine d'hectares, c'est passionnant mais c'est le mouvement des acteurs. Mais comme vous êtes en plein air, ils font un son qui soit très pur. Donc ça m'a appris à voir un son, voilà, à connaître ce qui est les différentes techniques notamment sur le son d'éclairage, de laser, enfin bref toutes les techniques de spectacle qui sont des techniques désormais un peu planétaires mais en essayant d'être toujours à l'avant-garde. Et j'avais conscience dès le début des années 2000 qu'Internet allait totalement changer nos sociétés et donc j'ai participé à cet écosystème juridique, la loi de 2000 de 2004 et cetera.
J'étais président de la commission du dividend numérique pour préparer la 5G. et ça m'a vraiment enthousiasmé. Donc bon, secrétaire d'État au numérique, c'était quelque chose de très de très particulier. l'intérieur c'est autre chose. Et je me souviens très bien, c'était un 23 septembre lorsque j'arrive pour la passation de pouvoir, c'était Gérald Arrmanin qui était mon prédécesseur. J'arrive dans la cour de Bova et la cour de Bova vous ne la connaissez pas mais d'abord elle est très refermée, elle est à deux pas de l'Élysée, ça tombe bien. Et en plus une passation de pouvoir à Bova c'est quelque chose de très formel parce que les hommes et les femmes de Bau sont en uniforme.
Il y a les préfets qui sont en uniforme. Il y a les gendarmes, il y a les policiers, il y a les sapeurs pompiers. La sécurité civile dépend dépend de beauvau hein. C'est vraiment le ministère de la gestion des crises, on pourra y revenir, de la gestion des urgences. D'ailleurs, vous savez la salle de crise dans la République, elle est pas à l'Élysée, elle est pas à Matignon, elle se trouve dans les entrailles de Bovau.
Et quand j'arrive et je me dis "Mais tu t'es engagé dans un truc intenable, on n' pas de majorité à l'assemblée, qu'est-ce que tu vas pouvoir faire ?" Et je me souviens très bien que très vite, je me suis j'avais théorisé quelque chose, conceptualisé quelque chose et je m'étais dit finalement alors qu'il y a le désordre partout, il y a une forme d'ensauvagement, il y a pas de majorité à l'Assemblée nationale mais il faut que je m'appuie sur une majorité nationale. Il faut que je passe au-dessus du petit monde politico-médiatique, du microcosme et que j'aille vers les Français.
Et ce qui m'a étonné dès le premier mois, les deux premiers mois, j'avais déclenché des polémiques sur plein de choses et dans les notamment études d'enquête, dans les sondages, bien sûr que les gens de droite me suivaient à 80 %. Mais curieusement, une grande majorité de lectorat socialistes et même une majorité de ceux qui votaient pour Mélenchon appuyait ma fermeté, que ce soit en matière migratoire ou de sécurité. C'est ce que le général de Gaulle a appelé euh la majorité nationale. C'est ce qu'on appelle parfois la majorité silencieuse. C'est ce que moi j'ai appelé euh la France des honnêtes de gens.
Et revenons un peu sur votre sur la manière dont vous avez vécu euh en tant que ministre de l'intérieur. Est-ce enfin vous avez dû naviguer entre deux exigences qui étaient parfois contradictoires. Euh garantir la sécurité tout en préservant les libertés et faire preuve de fermeté sans jamais renoncer. euh à l'apaisement. Et justement, comment avez-vous trouvé un équilibre dans les décisions que vous deviez prendre au quotidien ? Ah, le ministère de l'Intérieur, c'est un ministère où vous êtes amené à prendre chaque minute qui passe des décisions.
Euh j'ai j'ai dit, je le redis devant vous, c'est un ministère qui est très exigeant et j'ai qualifié ce ministère de ministère euh en clair obscur. Il y a une partie ténébreuse et il y a une partie lumineuse. Et c'est un ministère qui est difficile parce que il vous ha complètement. Je logis, j'avais pris un petit appartement juste au-dessus de mon bureau et en réalité comme je suis provincial, je suis vendéin, vos amis l'ont suggéré tout à l'heure, je je voilà, j'étais à mon travail et je dors peu. Donc à partir de 4h 4h30, j'étais réveillé.
Mais euh la part ténébreuse, c'est que je ne pense pas qu'il y a un ministère qui vous permette de voir la noirceur de l'âme humaine telle que vous la voyez, telle que vous la recevez sur vos portables parce que vous avez un centre de veille et le ministre de l'intérieur est bien informé et vous recevez ce que j'ai appelé la la chronique malheureusement banale de tous les événements abominables. cette noirceur là, vous la touchez, vous la touchez concrètement et elle vous affecte. Et d'ailleurs dans les premières semaines, il a fallu que je progressivement je je me mette un peu à distance.
J'avais même demandé à mon directeur de cabinet de faire un autre tri dans un premier tri pour pour que je sois pas totalement absorbé et que l'émotion submerge la raison. Et ça c'est important. et la part lumineuse, j'ai rencontré il y a à peu près 300 310000 personnes, je vous ai donné les grands corps, policiers, gendarme, préfet, administration territoriale de l'État, sapeur pompiers, la sécurité civile quand je suis allé par exemple Shidu Bayotte, euh voilà, c'est les sapeurs pompiers, c'est le ministère de l'intérieur. Il y a pas que les policiers et les gendarmes dans le ministère de l'intérieur.
Bon et bien j'ai rencontré des hommes et des femmes qui parfois doutaient, qui parfois étaient découragés. Les policiers et les gendarmes parce qu'ils sont au premier plan de l'ultraviolence, ils partent, ils ont des familles, ils partent le matin et le soir leur famille ne sait pas si ils rentreront avec leur intégrité physique. Ils sont confrontés à cette violence. Tous, tous sont confrontés à la bureaucratisation. C'est-à-dire que on leur demande de faire toujours plus mais en réalité ils croulent, on les asphyxie sous les normes et cetera et pour autant ils se sont engagés non pas pour un salaire, une rémunération mais pour un idéal.
Et une grande partie de mon temps, j'ai j'ai vu des choses exceptionnelles. Les images qui me restent et par exemple, mais il y en a eu tellement mais j'ai vécu il y a eu des moments dramatiques. J'ai dû présider par exemple des cérémonies, une cérémonie ou un CRS. On a deux compagnies de CRS, l'une dans les Alpes et l'une dans les Pyrénées qui qui sont chargés de de secourir les alpinistes, les SK. Voilà. Et ben j'ai dû présider la sépulture d'un CS qui était qui était décédé dans les Pyrénées. J'ai dû présider une autre sépulture d'un de deux jeunes sapports pompiers volontaires. Ils avaient un peu plus de 20 ans. Ils avaient un peu plus de 20 ans. Ils étaient pas vieux.
L'un était suffisamment vieux pour avoir une petite fille. et je la revois encore. Les deux cercueils étaient couverts, recouverts du drapeau bleu blanc-rouge et euh leurs camarades pendant des heures et des heures de recherche les avait retrouvés euh à quelques mètres se faisant face pratiquement. Ils étaient entrés ensemble, ils sont morts ensemble, ils se regardaient pratiquement et ils étaient unis par ce qu'on appelle une ligne de vie. Parce que quand on entre dans ce genre d'atmosphère avec la fumée, on y voit plus rien. Donc il y a ce qu'on appelle une ligne de vie.
Et ça a été pour moi des images qui sont extraordinaire enfin qui sont pas des images de souffrance mais qui sont des images d'espérance parce que ces hommes et ces femmes ils sont les derniers souvent les derniers remparts du chacun pour soi et eux leur devis c'est le don de soi. C'est le don de soi. Ils peuvent aller justement jusqu'au au sacrifice suprême. Donc bovo c'est ça c'est cette part obscure et c'est cette part lumineuse qui donne de l'espoir de l'espérance même.
Justement, vous parlez de choses abominables, de choses tristes que vous avez pu voir en tant que ministre de l'intérieur, mais plus précisément pour piloter une politique de sécurité nationale, sur quoi vous fondez réellement ? Est-ce que c'est sur des indicateurs objectifs, des statistiques ou sur ce genre de situation semblable qui frappe l'opinion publique mais qui parfois peut-être pas peuvent pas représenter une globalité ou généralité ? Je vous Non, on on a les deux. On a les deux. Euh je pense que le préalable de l'action politique, c'est la vérité et le courage.
Je pense que la crise de la démocratie aujourd'hui, puisque vous avez vu un sondage qui est paru il y a moins de 24 heures et qui montre que jamais les Français se sont autant détournés des hommes et des femmes politiques. Je pense que le préalable c'est la vérité notamment, c'est la parole publique. Je pense que la crise de la démocratie, c'est d'abord la crise de la parole publique. Et ça, je m'étais juré de dire la vérité, de donner des mots qui collent à la réalité parce que les mots qui sont choisis par les hommes et les femmes politiques trop souvent, ce sont des mots qui relativisent, qui minimisent, qui euphémisent et ça rend fou les Français.
Et donc j'ai voulu être cach et parce que simplement dans la vie publique quand on commence à mettre le bon mot derrière la bonne réalité alors on crée les conditions pour que l'action se déploie. Anna Rent qui est une grande philosophe que j'aime beaucoup disait justement les mots justes prononcés au bon moment sont déjà de l'action. Et ça c'était pour moi quelque chose de fondamental du sè-je d'ailleurs choqué créer des polémiques et à chaque fois que j'ai créé des polémiques, j'en ai créé plusieurs, mais ça m'a permis de m'adresser directement au français et d'être parfaitement compris. Et ça c'était vraiment important.
Alors, on s'appuie bien sûr sur des statistiques, on s'appuie sur et le parcours. Ce que je veux dire aussi, c'est que il si il y a quelques individus qui sont sans doute géniaux, mais je pense que le parcours d'une vie, se frotter aux difficultés. D'ailleurs, celles et ceux qui sont venus faire la présentation, ah voilà, j'ai eu des échecs et des succès. Mais ces échecs et ces succès polissent en réalité une âme, police un tempérament, un caractère. Et on apprend toujours, on apprend et surtout ce que ce que j'ai à Bovau, euh je je pense que le commandement est important parce que on a des hommes parce que l'autorité se commande et l'autorité se commande pas en criant sur les gens.
L'autorité se commande, je pense par l'exemple et j'ai passé beaucoup de temps auprès des hommes et des femmes de Bouveau pour leur redonner le sens, pour leur rappeler leur idéal. Ils ont tous eu un idéal à un moment donné, une flamme qui brillait dans leur cœur et j'ai bien vu que cette flamme, elle pouvait vaciller, que parfois elle était réduite à à de la braise sous la cendre à cause des difficultés quotidiennes. Mais en tout cas, on agit, on a des convictions. Moi que si on est venu me chercher, je me suis dit on est venu chercher une ligne. Voilà, je m'appelle Bruno Rota. des convictions. Je n'ai jamais rien cédé sur mes convictions.
Même quand ces convictions, je sais qu'elles ne sont pas populaires, même si il y a un micro, il y a une caméra et je sais que ça sera difficile, mais c'est mes convictions. Moi, je demande à personne de de les partager. Simplement à partir du moment où je crois à ce que je fais et d'ailleurs je ne peux pas être bon. pour être bon et compris dans une émission. Je ne suis pas bon si jamais il y a un écart, un désalignement entre ce qui est au fond de moi et ce qui va sortir de mes lèvres. Et ça pour moi, pour l'action politique, c'est très important. Mais le commandement et le fait, je vais vous dire, on parle de services volontaires, de services militaire.
J'ai fait donc 1 an, j'ai le privilège d'être beaucoup plus vieux que vous. Et donc j'ai fait j'avais choisi la carrière, enfin pas la carrière pardon, mais d'être élève officier et puis ensuite officier. J'ai encadré d'autres élèves officiers ensuite et ça m'avait beaucoup appris. Ça m'avait beaucoup appris dans le commandement aussi parce que voilà quand vous avez vous avez le maintien de l'ordre bah il faut faut donner des instructions claires.
Il faut que les gens qui sont sur le terrain, qui peuvent avoir un gros pépin, savent que quand vous leur dites, moi j'avais dit d'ailleurs pour les vous savez le mouvement bloquant tout le 10 septembre, le 18 et cetera, à chaque fois je disais au préfet et aux policiers, je vous donne une consigne, vous ne vous laissez pas taper dessus quand vous voyez des délinquents, quand vous voyez qu'on on vous jette des pavés, quand vous voyez des infractions, Voilà, vous n'êtes pas statique, vous allez au contact et quand on va au contact, ça permet d'interpeller pour déférer la justice. Mais il peut y avoir des problèmes.
Mais je pense que le maintien de l'ordre, ça doit être un maintien de l'ordre dynamique. Et quand les Français, quand les policiers, quand les gendarmes mobiles constatent que ils sont là, ils se font injuriés, il voilà il il constatent des infractions et qu'on leur dit "Vous ne bougez pas parce qu'on veut pas avoir de problème." C'est la catastrophe. Il faut l'assumer. Et l'assumer, c'est diriger les hommes et les femmes. C'est aussi qu'il sachent que la consigne sera claire, mais que si s'il y a un problème, c'est vous qui assumerez, vous serez responsable.
Je me permets de rebondir sur ce que vous avez dit, sur le fait que les politiciens avaient tendance à minimiser un peu l'actualité et tout le reste. Est-ce que justement le fait de d'être cash et d'être sans filtre comme vous l'avez dit, c'est pas un petit peu une simplification du débat démocratique qui qui serait en fait une stratégie pour plaire aux Français et pour leur montrer enfin accentuer les problèmes sans vraiment de solution. Je je suis rentré à Bova très franchement avec cette idée quand j'y suis rentré que je n'y resterai que quelques mois.
J'avais pas du tout imaginé que j'y resterai une année parce que on vit cette crise politique et que on est dans une situation extrêmement compliquée. Mais je m'étais juré d'être moi-même. Je m'étais juré de rester ce que je suis. Et je peux dire des choses qui sont fortes. J'essaie toujours des argumenter. J'essaie de le faire raisonnablement et j'essaie à chaque fois de de viser ce qui est bon pour la nation. Alors peut on peut se tromper hein, je veux dire je me suis sûrement parfois trompé mais je pense que je n'ai jamais calculé. Vous pouvez me croire, vous ne me croyez pas. Je n'ai jamais calculé euh ce que j'allais dire, ce que j'allais faire en fonction d'un parcours politique.
Jamais. Je l'ai j'ai toujours essayé de le faire. Et souvent d'ailleurs, je m'étonnais moi-même dans les sondages. Je me dis mais qu'est-ce qu' trouvent les Français ? Qu'est-ce qu'il me trouvent pour que ça grimpe aussi vite ?
parce qu'il y a un moment donné forcément il y a une voilà et et je me suis voilà j'avais du recul et j'avais dit au aux gens qui me côtoyait surtout si vous sentez que je changeais je change vous vous me le dites mais je pense que j'ai pas changé voilà et on a parlé du maintien de l'ordre notamment et il y a une autre question qui nous semble assez centrale c'est celle des moyens financiers dont dispose l'état justement pour répondre efficacement à ces enjeux et c'est précisément ce qui nous conduit justement à votre critique du cadre budgétaire actuel. Monsieur Retaillot, vous qualifiez le budget actuel de holdup du siècle en dénonçant notamment une fiscalité excessive.
Comment proposez-vous alors que l'État retrouve des marges de manœuvre ? Alors, vous passez effectivement là, vous faites un grand pas pour entre beau et la situation actuelle. Je vais m'expliquer. Moi, j'ai vu en réalité euh le drame français budgétaire. J'ai vu que l'État régalien s'était rétracté au fur et à mesure que l'État providence se dilatait et on est aujourd'hui dans une situation catastrophique. La situation catastrophique, c'est que on a des 27 pays européens en valeur absolue le pire déficit. Depuis des semaines, les OAT à 5 ans à 10 ans, c'est-à-dire les obligations auxquelles l'État que l'État achète pour emprunter pour cette dette publique n'ont jamais été aussi coûteuse.
On a le pire taux. il y a que la Lituanie qui fait un peu moins bien. Donc et dans 2 ans, comme vous le savez, la totalité de l'impôt sur le revenu sera absorbée par le seul paiement des intérêts. Donc on en est là. Et lorsque j'adorais, il y a un exercice que j'adorais au départ, pourtant j'étais très réticent, c'est les Conseils européens parce que j'avais une image du fonctionnement de l'Europe très bureaucratique, mais là on se retrouvait avec les 27 ministres de l'intérieur et j'aimais bien parce que ça donnait un peu de comment dirais-je de recul.
Et entre nous, j'ai constaté puisqu'on se retrouvait évidemment, il y avait des conservateurs, il y avait des sociaux-démocrates, donc des gens de droite et des gens de gauche. Mais croyez-moi, sur l'immigration, je me faisais parfois doubler par des gens de gauche, enfin socio-démocrates. En tout cas, je retrouvais dans cette enceinte là un consensus qu'on a pas dans le microcosme français. On l'a beaucoup plus qu'on le pen chez les Français. Je vous parlais tout à l'heure des électorats qui convergent beaucoup plus que le petit milieu politique. Bon, mais ça c'est intéressant. Mais je voyais au fil des mois mes collègues qui me disaient "Mais Bruno, qu'est-ce qui se passe en France ?
On comprend plus la France et et vous êtes un grand pays fondateur et vous êtes en train de vous affaiblir." Pourquoi est-ce que j'ai dit que euh aujourd'hui le budget était pas votable ? Tout simplement parce que c'est le modèle socialtatiste qui est la cause de l'appauvrissement de la France. Modèle socialtatiste, j'en donne une définition, Rean l'avait donné peut-être en parlant de la France. Il avait dit "Tout ce qui bouge, on le taxe, ce qui bouge encore, on le réglemente. Et ce qui bouge toujours, on le subventionne." Non, vous avez à peu près le modèle social étatiste et on a vendu des mensonges aux Français.
On leur a dit "Travaillez moins, vous vivrez mieux." Total, ils se sont appauvris. Chaque 16 du mois, il y a le quart des Français quasiment dont les comptes bancaires sont dans le rouge. En 2 ans, il y a 1 million de français qui été rejoints par le SMIC. Donc, il y a un appauvrissement. Désormais, les Italiens, le niveau de vie italien PIB par habitant a dépassé le niveau de vie français. Quant aux Allemands, il y a 25 ans, même niveau de vie, aujourd'hui 7000 € pour l'Allemagne. Un appauvrissement individuel des Français, un appauvrissement collectif puisqu'on croule sous la dette 3400 milliards. Et là, le budget, qu'est-ce qu'il nous propose ?
Il nous propose plus d'impôts, pratiquement pas de coupe, pas d'économie significative et la suspension pardon la suspension, je parle devant une des jeunes générations, la suspension de la réforme des retraites. C'est vous qui allez porter ce fardeau là. La réforme des retraites, je l'ai voté d'ailleurs, je l'ai même porté. Ellisabeth Born aurait pu vous le confirmer. J'étais dans l'opposition moi au Sénat. Je savais que c'était une réforme qui était pas populaire. Donc, il aurait été tellement facile pour moi de me planquer sous la table. Je l'ai porté cette réforme, y compris devant les médias. Et même avec cette réforme qui était peu audacieuse mais qui était nécessaire.
En 2030, on était le pays européen qui avait l'âge de départ à la retraite le plus précoce. Et là, on suspend tout. C'est terrible parce que ce que l'on ne vous dit pas, je pas ce que qui vous avez comme preuve de finances publique, mais je suis sûr, je sais pas si vous l'a dit, mais une grande part déficit budgétaire actuel est dû aux retraites parce que le déficit des retraites aujourd'hui, personne n'en parle. Il faudrait ajouter les 44 milliards d'euros de subvention de l'État pour les retraites de la fonction publique et les 8 milliards de subvention pour les régimes qui sont des régimes exceptionnels des régimes de de retraite spécifiques, les régimes spéciaux, c'est énorme.
Donc vous ne pouvez pas réduire significativement demain le déficit budgétaire sans vous attaquer au retrait premièrement. Deuxièmement deuxièmement quand je suis né, je ne dis plus l'année, vous l'avez entendu, il y avait quatre cotisant pour un retraité, aujourd'hui 1,6. Dites-moi comment demain on fera. Le régime par répartition est un régime démocr démocraphique et aujourd'hui cette année, c'est depuis la Seconde Guerre mondiale, l'année où on aura un excédent de décès sur les naissances. Et troisièmement Et troisièmement c'est donc cette suspension plus de déficit et c'est moins de prospérité. Pourquoi ?
Parce que ce qui était très important dans cette réforme des retraites, c'est le taux d'activité. Le taux d'activité, c'est quoi ? C'est parce qu'on a un problème en France. On a trop peu de gens qui sont au boulot et qui sont en âge de travailler parce que notre système de formation est défaillant au début de la trajectoire professionnelle. Et souvent les entreprises se débarrassent trop tôt des seigneurs et ils partent aussi trop tôt en retraite. Grosso modo, dans une vie, il nous manque 3 ans.
Vous vous rendez compte 3 ans dans une vie, ce que ça peut impliquer comme création de richesse, comme niveau de vie, comme pouvoir d'achat qu'on ne distribue pas ou comme ressources que on n'affecte pas par exemple à l'hôpital et on ne on ne s'en tirera pas. Peut-être que tout à l'heure on avait parlé de la prospérité, mais quand on repousse de 2 ans, par exemple 62 à 64 ans, on gagne automatiquement en taux d'activité. Et le taux d'activité pour moi beaucoup plus importante pour piloter l'économie que le taux de chômage. Si on avait le même taux d'activité par exemple que l'Allemagne, on aurait plus de déficit budgétaire. Plus de déficit budgétaire.
Et en plus nous, on a un double déficit que l'Italie n'a pas. L'Italie a un maintenant enfin il a ils sont à 3 % l'Italie de déficit budgétaire mais eux ils ont un excédent commercial et nous on a un déficit des déficits jumeaux déficit budgétaires ce qui veut dire que l'État dépense plus que ce qu'il ne gagne et déficit commercial ce qui veut dire que la France consomme plus que ce qu'elle ne produit et les deux sont liés puisqu'il y a tellement de charges à cause de la dépense publique plétorique que cette charge là elle dégrade la compétitivité et finalement on perd des parts de marché. Donc oui, je pense que ce budget n'est pas votable parce qu'il reproduit toutes les erreurs du passé.
travailler moins euh toujours plus d'impôts et ce qui était insupportable si vous avez suivi je je les impôt c'est nécessaire pour comme le dit la déclaration des droits de l'homme et du citoyens pour pouvoir subvenir à la charge publique. Mais ce qui était terrible à l'Assemblée nationale c'est que c'était plus des impôts, y compris pour combler un déficit, c'était pour punir les riches, pour punir ceux qui réussissaient.
la vieille idée marxisante, les pauvres sont pauvres parce que les riches sont riches et que les le succès des uns est explique explique finalement l'échec des autres et c'est ça qu'il faut qu'il faut briser et et je trouve que malheureusement, mais ça je sais ce qui s'est passé, il y a un deal entre euh le Premier ministre et la gauche. Il y a un deal. Voilà, c'est tout pour durer. Mais jus jusqu'où ? À quel prix peut-on encore durer ? au prix. Balzac avait une très belle phrase. Balzac avait dit un jour aucune génération n'a le droit d'amoindrir une autre génération.
Et là, pour s'acheter des semaines ou des mois, on amoindrit la future génération qui devra bientôt, j'espère que non, payer à la fois nos retraites et leurs propres retraites. C'est ça la conséquence. Certes, le constat est là, vous le dites, faut allonger le départ à la retraite. Mais comment vraiment défendre cette réforme face aux Français ? On sait que de tiers de la population trouvent cette idée illégitime euh pour ces Français qui peuvent penser que vous faites des économies sur eux et sur leur temps de travail plutôt que sur d'autres sur d'autres choses. Mais je suis d'accord, avant de faire l'approche des Français, il faut que l'État se serre la ceinture.
Il il y a mais il y a des dizaines de milliards d'euros d'économie à faire. Des dizaines de milliards. Je l'ai documenté. Voilà, je je pense que je je vais y revenir, je vais vous donner quelques pistes. Mais euh là encore, ce que moi je veux pas mentir au français, dire au français demain, vous aurez plus de pouvoirs d'achat et vous travaillerez moins, ça ne marche plus. Moi, je ne participe, je préfère ne pas être élu, voyez, que de dire que de dire quelque chose dont je sais parfaitement que ça trompe le peuple français. C'est pas vrai dans aucun reg. Regardez ce qui se passe ailleurs. Regardez ce qui se passe dans toute l'Europe. Vous pensez un instant, on partage l'euro.
On est tous contents de le partager. Très bien. Mais ça nous donne des responsabilités. Ça nous donne des responsabilités. On est La France demain pourrait être un risque systémique. systémique. Quelles sont les pistes sur l'État ? Moi je pense que on est arrivé parce que vraiment c'est ce que je veux vous dire c'est que on est arrivé au bout d'un système il faut qu'on change radicalement de modèle. Le système actuel c'était un système social-étatiste et la droite y a participé. Donc euh je vais vous dire, je je n'exonère pas ma famille politique de toute responsabilité, mais si on veut en sortir euh il va falloir appuyer d'abord dire si peut-être dire arrêter les boniments.
Donc on dit la vérité au français ce que j'essaie de vous dire et euh surtout dire il y a une espérance. Regardez la Grèce, regardez le Portugal, regardez l'Irlande, regardez l'Italie, tous ces pays et la France en 58 et le Canada dans les années 90 et la et et la Suède. En réalité, quelques bonnes décisions politiques font reverdir un pays en quelques années. Et la France, de tous les pays que j'ai cité, a d'énormes mais d'énormes atouts. Donc c'est possible et on le fera pour tous les Français et pour tous les Français les plus faibles.
Parce que tout à l'heure ce que je n'ai pas dit, ce que moi j'ai appris notamment comme ministre de l'intérieur, c'est vous savez le ministère de l'intérieur ministère à une dimension sociale. Parce que quand vous avez le désordre migratoire, c'est pas les types qui sont évidemment qui prêchent la disparition des frontières, mais qui reconstruisent autour de leur cité où ils vivent des frontières qui sont invisibles, qui sont les frontières de l'argent. Ils vivent dans les beaux quartiers là où il y a pas de désordre. Ils mettent leurs enfants dans des bonnes écoles. Ils ont l'argent pour le faire.
Mais quand il y a du désordre, ceux qui sont les premiers concernés, c'est les Français les plus fragiles, les plus vulnérables, les plus modestes. Faut bien se dire ça. La loi de la jungle, elle profite toujours au plus fort, au détriment des plus faibles. Et ça c'est un peu important. Alors, comment est-ce qu'on fait sur l'état ? Je vous donne plusieurs pistes. J'ai parlé du frein et de l'accélérateur. L'accélérateur, c'est la croissance potentielle. La croissance potentielle, c'est l'offre de travail que multiplie la productivité, notamment la compétitivité. On pourra en parler si vous souhaitez. L J'ai commencé à parler du taux d'activité.
Je je pense que si on veut accroître le travail, le problème en France, c'est pas que les Français sont feignants, c'est que le travail ne paye pas. Quand vous donnez une augmentation aux Français, les deux tiers des Français vont toucher beaucoup beaucoup moins que ce qu'il vont donner. Une augmentation en fait, c'est d'abord pour les autres et c'est pas pour soi. Pour ça que j'ai proposé moi l'idée d'une sorte de seuil libératoire, on passerait de 1607 he à 1620 annuel 1625 ou 1630. Et on considérait que jusqu'à ce seuil, ben les Françaises, les Français, ils payent leur DU, ils payent leur cotisation. Mais après, c'est encore mieux que les heures supres. Zéro cotisation.
Zéro cotisation pour le salarié et zéro cotisation pour l'employeur. C'est de la compétitivité pour l'employeur mais c'est aussi du pouvoir d'achat. Or, pour l'instant, on pense que compétitivité et pouvoir d'achat, ce sont des frères et ennemis ou des sœurs ennemis. Non, on peut les réconcilier. Donc ça c'est le travail, la compétitivité, la productivité, on pourrait parler politique énergétique, l'innovation, la recherche, il nous manque 20000 ingénieur par an. Voilà, moi je pense que enfin bon peu importe, je vais pas m'embarquer là-dedans. Et le frein, ça c'est l'accélérateur. Euh le frein, c'est revoir notre système social et l'État. Je vous donne quelques pistes pour l'État.
Première piste, il faut réduire le périmètre de l'État. L'État ne sait pas gérer son patrimoine, il ne le gérera jamais bien. Et ben, il faut intéresser le privé et ça sera plus efficace pour tout le monde et l'État, il gagnera. Deuxième chose, la fonction publique. L'IA l'IA va transformer totalement. Moi, je me suis battu, battu, battu. Vous souvenez les policiers gendarmes qui prennent une déposition en tapant avec l'index, on a des logiciels maintenant et il y a plus besoin d'interprète. quand vous avez des dialectes que l'interprétariat c'est très compliqué, c'est cher. Non, le le l'IA va le faire et bien l'IA va transformer la fonction publique.
Moi je pense que le statut doit être réservé précisément aux fonctions régaliennes mais que pour tout le reste c'est précisément du contrat de droit privé. Et puis il y a bien sûr l'alignement du temps de travail de la fonction publique sur le privé. C'est des dizaines et même des centaines de milliers d'emplois qu'on peut gagner. Et enfin les agences, il y a des agences envutues en voilà. L'État ne dirige plus rien du tout, elle s'autodirige. Il y a 83 milliards de budget de ces agences qui ont galopé là aussi en terme d'effectif, bien c'est autant de pistes de réforme et d'économie.
Et face à ces défis économiques budgétaires, justement l'immigration est parfois présentée comme une opportunité. En France, les immigrés représentent par exemple 12 % de la population active selon les chiffres du ministère de l'intérieur. Et vous avez déclarer à plusieurs reprises que l'immigration n'est pas une chance. Mais alors, quelles sont les raisons qui vous amènent à ce constat ? Aujourd'hui, j'affirme que l'immigration pour la France n'est pas une chance.
Je connais, attention, je connais parfaitement et quand je discutais avec des Français issus d'immigration, ils étaient les premiers à dire "Écoutez, nous on a fait des efforts et on veut que les nouveaux venus participent de ces efforts." Mais quand vous accueillez un demi million par an, que vous n'avez plus la capacité d'accueil dans l'école, à l'hôpital, en logement, on a un problème de mal logement aussi pour les nationaux. Si vous voulez bien accueillir, il faut moins accueillir. C'est une question de nombre et d'intégration aussi.
On a un vrai problème aujourd'hui, c'est qu'on a l'immigration la plus concentrée géographiquement et l'immigration professionnellement la moins qualifiée de toute l'Europe. Moi, j'ai par exemple voulu conclure un accord avec le Vietnam pour que on puisse diversifier. Je vais parler par exemple des ingénieurs. On aurait tout intérêt par exemple avec l'Inde. Mais aujourd'hui, notre système social est tellement généreux que il accueille il accueille et il crée des appels d'air sur la population active. J'ai créé une polémique quand et c'est vrai que j'avais envoyé au préfet une circulaire pour moins régulariser et les régularisations ont reculé de 38 %. Pourquoi j'ai fait ça ?
parce qu'il y a des chefs d'entreprise qui me disaient "Mais Bruno, on a besoin dans dans nos dans nos métiers, on a besoin de régulariser." J'ai dis, "Écoutez-moi bien, vous avez 420000 étrangers qui sont euh au chômage, ils sont inscrits à France travail, ils sont venus légalement, parfois ils ils ont attendu leur visa pendant des mois, ils viennent, ils sont au chômage." Et vous voudriez que je régularise quelqu'un qui a fraudé la loi française pour qu'il obtienne un titre de travail dans des conditions plus rapides que celui qui est venu du même endroit qui lui a respecté nos lois. Mais attendez, si on ne veut pas faire respecter la loi, on démissionne tous dans aucun pays.
Et vous savez le Danemark, le Danemark est un pays social-démocrate qui a donc de gauche qui a la politique migratoire sans doute la plus restrictive. C'est parce que ce sont des socio-démocrates qui sont très restrictifs. Pourquoi ? Parce que ils tiennent à leur modèle social et ils ont convenu que pour garder un très haut niveau de standard social, ils ne pouvaient pas ouvrir leur frontières à tous les vents. Il faut une régulation. Et les gouvernements qui ne le font pas, les peuples nous le demandent. Où on est démocrate, on ne l''est pas mais les peuples nous demandent.
Et si les peuples nous le demandent et que les gouvernements ne suivent pas ce que les peuples veulent, alors ils seront remplacés par les populistes. C'est ce qui se passe en toute l'Europe. Dans toute l'Europe, on en parlait, j'en parlais souvent à mes collègues et moi ce que je veux, on a un problème d'intégration aujourd'hui qui vient de nous et qui vient d'un certain nombre de nouveaux venus. Il y a des nouveaux venus, il y a des réflexes hyper communautaristes. Mais de notre côté, je vais vous dire ce que je pense. Est-ce que nous avons nous français la force de croire suffisamment en nous-même pour nous poser en modèle ?
Parce que pour intégrer ou pour assimiler, j'avais moi assumé l'idée d'assimilation pour la naturalisation. Ça a été très contesté. Sauf que les gens avaient oublié que dans le code civil, il y a un article 21-24, je le cite au mot à mot, vous pourrez le vérifier. Nul ne peut être naturalisé s'il ne justifie son assimilation à la à la communauté française. C'est pas Bruno Rillo qui le dit, c'est la loi française. Est-ce que la loi française c'est quelque chose encore ? Parce que la naturalisation, c'est pas le droit à la différence, c'est le droit à la ressemblance. C'est beaucoup mieux. On ouvre les bras pour que l'autre devienne notre semblable avec un droit de vote totalement français.
Quelle que soit sa religion, quelle que soit la courle de sa peau, ça c'est le modèle républicain, c'est le modèle qu'on aime. Et encore une fois, si vous dites que la France, elle est coupable des pires mots, si la France vous dites elle doit d'abord se reconnaître et faire pénitence et qu'elle n'est pas aimable, comment voulez-vous attirer des jeunes générations si ce que vous présentez comme la France, votre pays n'est pas aimable si c'est un contreexemple, un contre donc sur la question migratoire et c'est ce que j'ai constaté Plus vous plus vous descendez dans les catégories sociales, plus vous avez une demande de régulation.
Plus vous avez une demande de régulation parce qu'il y a quelque chose qui est important que les hommes et les femmes politiques et moi je veux le porter. Il y a des éléments de prospérité qui sont des éléments matériels. On a parlé du travail, du pouvoir d'achat, du niveau de vie, de la croissance et cetera et cetera. Mais il y a des éléments immatériels. Ces éléments immatériels sont importants. Et ce patrimoine immatériel, ceux qui ont peu de patrimoine matériel, ils sont d'autant plus attachés.
Jor avait dit un jour d'ailleurs, un peu avant qu'il ne soit assassiné en 1914 euh juste avant la guerre, il avait dit "La patrie est le seul bien de ceux qui n'en ont pas." Ce patrimoine immatériel qui nous constitue d'ailleurs comme une culture, une civilisation. Le monde est beau pas parce qu'il y a une uniformisation de la civilisation, mais parce que il y a des cultures qui sont différentes. Il faut les faire vivre. Et ces repères là, ces repères culturels, on en a besoin. On en a besoin. On l'offre au monde entier, à ceux qui veulent venir chez nous.
Et quand je vais moi quand enfin à Rome on disait à Rome fait comme les Romains, mais quand je vais dans d'autres pays étrangers, je suis heureux de voir une culture différente de la mienne. Parce que dans le grand concert de l'humanité bah chaque nation joue une partition différente. Mais justement, monsieur R, vous affirmez surtout que le problème n'est pas l'immigration en elle-même, mais le nombre d'immigrés, justement que les flux actuels rendent l'intégration difficile, mais est-ce qu'on pourrait pas aussi considérer que c'est la politique publique, les moyens alloués et la volonté politique qui détermine la capacité réelle d'intégrer ?
Non, vous avez une vision matérialiste des choses. Pourquoi ? En France, on pense que tout est question de dépense, que aucun problème ne peut se régler. Euh si en face il y a pas une subvention de la dépense publique, ce modèle là, c'est le vieux modèle. Je vais vous montrer. J'étais choqué. Alors si sur l'immigration, regardez par exemple le la l'aide médicale d'État, on a le système mondial qui peut-être avec la Belgique est encore le plus avantageux. C'est un système qui est destiné à des clandestins. Donc ils ont fraudé la loi française et qui est un système qui conduit à ce que des clandestins aient un remboursement à 100 % sur un certain nombre sur un panier très large de soins.
Remboursement supérieur, je pense au frais dentair et cetera, à ce que peuvent avoir des gens qui travaillent et qui cotisent des nationaux. Est-ce que vous pensez que pour des gens qui ont de la la peine à joindre les debouts, c'est pas quelque chose de révoltant ? On demande des efforts aux Français dans un budget dans le PLFS 16S, budget de la sécurité sociale, il fallait augmenter les franchises, l'année blanche et cetera et cetera. C'est ça qui rend fout les gens. La France des honnêtes de gens pour moi, c'est une France qui est généreuse et qui est solidaire. Cette solidarité, elle l'exerce dans des associations, dans des entreprises, dans son quartier, dans son village.
Et elle sait que dans une nation, le sort de chacun dépend des efforts de tous, mais des efforts de tous, tous, tous, tous. et je j'en viens au côté matérialiste. Euh ça sert à rien. Je notamment en matière de justice. Moi, j'étais ce qui m'a le plus choqué au ministère, je le dis souvent, c'est l'ensuvagement des mineurs. C'est-à-dire que je demandais systématiquement quand vous êtes mise intérieur, vous avez le matin ou l'après-midi ou le soir plutôt des fiches de la police, des fiches de la gendarmerie.
Et pour les crimes les plus graves notamment crimes de sang qui peuvent se conclure oui ou non par la mort quand ils agissaient de mineur je demandais systématiquement à ce qu'on me précise le tage c'est-à-dire les antécédents judiciaires. Je vous jure à chaque fois c'était pas 5, c'était pas 10, c'était pas 15, c'était plus de 30. Pourquoi plus de 30 ? Parce qu'en France, on ne veut pas sanctionner. En France, on ne veut pas sanctionner. Écoutez la mère d'Élias et tant d'autres qui se sont révoltés.
Un gamin de 14 ans, un coup de machette, les types, ils commencent par voler un œuf et cetera et comme on les sanctionne pas, ils montent en gave et finalement notre inconséquence les enferme dans des parcours de délinquence. Et quand la prison va tomber, c'est trop tard. Souvent, c'est trop tard parce qu'il y a un mort ou un blessé très grave. Et c'est trop tard parce que ce jeune-là il est pas redressable où ça sera très difficile. Donc là où je veux en dire en venir, c'est que si vous avez une approche uniquement mais monsieur Rotaou mettez plus de policiers, mettez plus de gendarmes.
Si les types sont pas sanctionnés, si les juges, si les policiers, les gendarmes chopent des délinquants, y compris parfois qui ont essayé de les lyncher et que le surlendemain, ces délinquants sont dans la rue, bah je peux multiplier par 10 le nombre de gendarmes de policiers, il se passera rien. Donc la solution c'est pas plus de dépenses publiques, c'est de réformer la justice, de réhabiliter la sanction. Aujourd'hui, on a une politique pénale qui est en réalité une politique qui vise une politique de l'auteur qui vise l'auteur. Est-ce que il est primo délinquant ? Est-ce qu'il a des circonstances ? de l'auteur. C'est une justice de l'auteur.
Ben, il faut passer à une justice de l'acte, une justice de la victime. Quand vous êtes une victime que j'ai pu en voir et que vous perdez, vous êtes même parfois traplégique. Franchement, que le type a une circonstance atténuante ou que c'est la première fois qui cause un tel dommage, qu'est-ce que vous en avez à faire ? Est-ce qu'il faut pas punir et donner une sanction à proportion en réalité du mal qui a été commis ? que dans mais ça je pourrais vous parler de l'école, je pourrais vous parler de la santé. Aujourd'hui, il peut y avoir des questions de mais aujourd'hui, c'est pour ça qu'on est au bout d'un système. Il faut changer de braquet. Out of the box, comme disent les Américains.
Il faut faire un pas de côté. Il y a plus de sous, c'est plus possible. Donc il faut aller chercher ce qu'on fait d'autres pays à réformer. Les pays par exemple scandinaves, il ils font des courte peine de prison dès les premiers délits graves pour les mineurs. D'accord ? Et ben ça permet d'empêcher ça. Ça permet d'empêcher et à partir de là on est beaucoup plus efficace, beaucoup plus efficace. Mais certes, vous parlez de sanctionner, mais si on vous entend, il suffit juste de sanctionner mais la sécurité, enfin l'insécurité et l'ensauvagement de la de la France comme vous le dites, ça passe par un problème de fond, l'éducation, d'autres choses.
Donc comment concrètement vous voulez instaurer cette autorité en France ? Sachant que si on sanctionne, on met plus dans les prisons et cetera. Enfin, les prisons n'ont pas beaucoup enfin n'ont pas énormément de place pour accueillir tout le monde. Non, mais l'expérience des Pays-Bas est intéressante. Il y a il y a eu des sanctions justement, ils ont réhabilité ces sanctions, des courtes peines, une semaine, 2 semaines, 3 semaines de prison. Ils ont construit des prisons et ça marchait. Ils ont ensuite libéré, ils ont même loué des places de prison à la Belgique. Donc, je veux dire que de temps en temps faut être malin et euh il faut voir ce qui peut fonctionner.
Bon et c'est comme ça je pense qu'on peut relever un pays vraiment. Mais dans le fond par rapport à l'éducation pour insurer justement cette autorité. Alors totalement, vous avez totalement raison. La question maintenant de l'ordre public, ça n'est pas seulement une question sécuritaire ni même judiciaire. Il y a des réponses de court terme, de moyen terme et je je dis juste quand moi on me disait par exemple à Marseille il y a c'est encore récent quand je voyais des gamins de 15 ans qui avaient été lardé de 50 coups de couteau 15 ans et qui avait été fini par un barbecue c'estàd qu'on les brûlait c'est horrible.
Pourquoi est-ce que les Posez-vous cette question pourquoi est-ce que les narcotrafiquants aujourd'hui utilisent comme des Kleinex utilisent des mineurs ? Parce que il y a ce sentiment d'impunité. il les recrute sur les réseaux sociaux. Bon, mais je pense que ce que j'essayé de dire c'est que les l'idéologie 68 arbes, il est interdit d'interdire pas de hiérarchie, l'aplatissement des hiérarchies de la discipline, la contestation systématique de l'autorité. Et bien ça crée une fabrique de barbare. Il faut un cadre. Il faut un cadre y compris dans la famille.
Moi, je suis favorable parce que j'ai travaillé avec un un grand pédopsychiatre qui a été pendant quasiment 40 ans au contact de ces jeunes les plus violents qui ont perdu toute empathie. Ils peuvent tuer quelqu'un et avec aller avec la copine ou le copain la minute d'après prendre un coca dans un bar. Voilà. Donc il y a un problème, il y a un problème sans doute d'autorité parentale. Parfois, où sont les pères ? Mais je je pense qu'il faut que on puisse appeler à la responsabilité.
Il y a déjà d'ailleurs dans le code pénal un article, mais on le il n'est jamais appliqué pour que quand il y a des familles qui sont vraiment très défaillants, enfin laisser des gamins de 10 ans, de 11 ans à 1h du matin dans des rues qui sont dont on sait parfaitement, vous allez pas me dire que c'est normal. Vous allez pas me dire qu'il y a pas de responsabilité parentale. Moi, je je suis plutôt libéral et j'aime la liberté. Mais l'exercice quotidien de la liberté, c'est la responsabilité. Donc il y a ça et il y a l'école. Je suis désolé, le maître et l'élève, il y a une hiérarchie. Il y a pas d'égalité, il y a une il y a une hiérarchie.
Et pour moi, il faut déconstruire l'idéologie des déconstructeurs. C'est comme ça qu'on y arrivera. Et replacer cette thématique là dans la société. Moi je me souviens quand je suis allé en haut de sa voie, il y avait un sapeur pompier volontaire. Il sort, il y a un type qui faisait du rodéo pour lui dire "Arrête tes conneries" et cetera. Euh le type fait demi-tour, veut se venger. Le sapeur pompier revient à pied avec ses ses deux ou trois copains et le type lui fonce dans le dos en voiture, il le fait voler à plusieurs mètres. Il y a un rond-point, il fait le tour du rond-point, il revient, il ouvre sa vitre électrique et il il crache sur la victime et sur ses deux camarades et cetera.
Bah pour moi, ça c'est de la barbarie et ça ça doit être châtié. Ça doit être châtié. Je suis désolé. Et si notre société ne le fait pas, ça sera demain la prime justement au plus fort. Mais vous parlez d'autorité éducation, c'est pas enfin c'est pas en arrivant en claquant des doigts que ça va se rétablir. Qu'est-ce que vous proposez concrètement pour pour restaurer justement ces cette autorité ? Ben je, il y a des réponses de long terme et des réponses de court terme.
Il y a la question il y a la question familiale et je pense que quand il y a de façon flagrante enfin je suis désolé quand il y a des allocations familiales et qu'il y a des graves manquements que les parents ne s'occupent plus y compris d'enfants très jeunes qui ne vont même plus à l'école, on doit les sanctionner. Une allocation ça n'est pas un du. Il y a des gens derrière, il y a la peine de gens qui travaillent pour payer ces allocations, pardon, qui soi d'ailleurs qui viennent de l'immigration ou qui soit sur le salle nationale. Donc ça, il y a la question de l'autorité parentale. Bon, il y a la question de l'école. Il y a la question de l'école.
Je pense que à l'école il faut il faut des cadres. Je pense qu'il faudra que il faudrait qu'il y ait par département des institutions avec une discipline quasi militaire. Il y a des épides qui marchent très bien et je pense qu'il en faudrait au moins un par département parce que il y a des enfants qui enfin il y a des jeunes qui se sont enauvagés et qui méritent qu'on les reprenne avec de la poigne. Il y a la justice. Je pense qu'il faut encore une fois réhabiliter la sanction. Ce que vous ne savez pas, c'est au moment où je vous parle, un jeune est convaincu de d'une grave infraction, grave grave infraction. Euh et bien vous allez avoir une dissociation.
Vous allez d'abord avoir une audience qui va constater sa culpabilité ou non. Une audience qui constate sa culpabilité et ensuite une autre audience plusieurs mois après qui va faire tomber la sanction. Ça veut dire que on dissocie la reconnaissance de culpabilité de la sanction. C'est totalement contraire. On essaiera de parler de l'état de droit si vous voulez parce que ça me paraît intéressant. Le Conseil constitutionnel a sabré des dispositions qui avaient été timides d'ailleurs votées par le Parlement notamment sur la justice des mineurs dont tout le monde s'accorde à dire parce que la justice des mineurs, elle est engrée aujourd'hui par une ordonnance de 1945.
comme si les mineurs de 1945 avaient quelque chose à voir avec les mineurs euh de 2025. Et donc le Parlement a essayé de modifier Oh, c'était assez timide et le conseil constitutionnel a a censuré pour dire non pour les mineurs, l'éducation doit prévaloir sur la sanction. Ah bon ? Ça veut dire que la sanction ne participe pas de l'éducation. Quand on est père mère de famille, on sait parfaitement que on doit jouer sur les deux, que la sanction, elle est inhérente à l'éducation. Donc je propose que on est à la fois du long terme. Je pense que sur l'école, on va pas en parler mais je pense qu'avant de former, enfin il faut refaire des savoirs, mais il faut refaire des maîtres.
Je pense qu'il faut vraiment moi je suis favorable au retour des écoles normales et je crois que le fait comment dirais-je de donner des masters, la mastérisation est un échec. Je pense que l'université peut donner au professeurs et notamment du du du du du primaire le savoir, mais le problème c'est la pédagogie. Le fait de posséder un savoir ne vous rend pas capable de le partager. Et là, il y a un côté qui est très professionnel et dans les école normal justement, il y avait cet apprentissage et en plus à l'éducation nationale, on va vous mettre on va mettre les plus jeunes dans les situations les plus ardues alors qu'ils n'ont pas l'expérience.
Donc c'est tout ça qu'il faut revoir, vous voyez. Mais en tout cas, je sais que aujourd'hui le maillon faible, c'est une nouvelle politique pénale. Si on n' pas cette nouvelle politique pénale, on ne reprendra pas le levier de l'ensauvagement. Très bien. Après c long parallèle, on va passer au petit jeu. Donc un cadre un peu plus détendu. Donc trois questions avec trois choix à chaque fois. Première question. De quelle couleur est le cheval blanc de Bruno Retaillot ? Blanc comme neige à l'instard de Nicolas Sarkozy selon son journal du prisonnier. Peu importe la couleur tant qu'il est régularisé. Bleu, blanc, rouge comme la France et pas n'importe laquelle. La France du général de Gaulle.
Ah bah bien sûr la troisème mon cheval mon cheval est un cheval ibérique purce espagnol. Il est plutôt plutôt blanc mais bien sûr général de Gaulle. Mais c'est rare de trouver des bleus blanc rouge [rires] serait compliqué effectivement. Deuxème question, de quelle personnalité de droite vous sentez-vous le plus proche ? Valérie PCR pour sa vigueur dans ses débat. Éric Sioti le vilain petit canard ou notre responsable diversité et inclusion Soufiane. Sopiane ? Mais je connais peu Sopiane mais il m'a l'air très sympathique. [rires] Et enfin, quelle est votre rupture la plus douloureuse ?
Avec celui qui vous a tout appris, Philippe Devilier, avec la brioche Vandéenne, un amour rendu impossible par la distance ou avec Laurent Voquier, votre meilleur ennemi. Vous dites le la première phrase c'était la première c'est avec celui qui vous a tout appris. Philippe de Non, non, non, mais avant avant le la question. La question, quelle est votre rupture la plus douloureuse ? La rupture non la rupture la plus duruse c'était avec Philippe bien sûr parce que on on a été moi j'étais en fait je suis arrivé en scène il m'a confié j'avais à peine 25 ans et encore une fois le puit du fou ça a été pour moi un truc voilà c'était mes racines euh et et on a fait plein de choses.
Il y a eu après le vent des globes, il y a eu plein plein de choses. Voilà. Et donc on s'est séparé sur des sujets politiques mais aussi un sujet que je garde pour moi qui qui attrait au P du faux. Et ça a été une Ouais, c'était c'était difficile, c'était blessant et ça a été pour moi un arrachement parce que j'y avais beaucoup beaucoup donné quand j'étais mur. Évidemment j'étais totalement bénévole hein et du coup bah il y a pas quand vous êtes avec des bénévoles, il y en avait 3000. Il y a pas il y a pas de salaire, il y a pas d'autorité. Donc il faut et ça ça m'a beaucoup servi, il faut que les gens adhèrent à quelque chose.
Il faut les faire adhérer à un projet parce que vous avez pas l'outil ni du salaire en et ni de l'autorité. Et donc on se donne donc mes vacances étaient le plus du fou. Mes weekends, les plus beaux jours, je commençais les répétitions à partir du mois de de du mois d'avril. On terminait les spectacles au mois de septembre et très vite je recommençais euh pour aller voir les bénévoles l'hiver pour les remotiver pour réfléchir au spectacle au spectacle suivant. Donc voilà, c'est ça a été une ça a été une partie de ma vie. Mais de toute façon, on se construit comme les hommes et les femmes là encore à travers bah voilà des joies mais aussi des peines.
C'est c'est ce qui c'est ce qui construit un homme, c'est ce qui construit une femme. On a des failles et c'est ce qui fait qu'on est humain. Celui qui dit que il n'a pas de faille. Mais voilà, j'ai j'ai une forme de gratitude. J'ai je l'ai souvent dit pendant la campagne et ça c'est un parce que la gratitude est un mot qui que les hommes et les femmes politiques ne n'empruntent plus, en tout cas n'utilisent pas tout simpul. Moi simplement ce que je voudrais vous dire ce soir c'est que on ne se fait jamais tout seul. Jamais. Ce sont les autres qui nous font. et et les autres, bah c'est ceux qui par lesquels on reçoit parfois des coups, mais c'est aussi sa famille, ses proches et cetera.
Et on a un sentiment de responsabilité. Vivre sous le regard de ces proches-là, vivre sous le regard de de la gratitude, je pense que ça vous permet d'être plus exigeant vis-à-vis de vous-même parce que vous avez pas envie de décevoir ceux qui croient en vous. Voilà, sur ces belles paroles, on va passer sur un sujet un peu moins heureux à savoir la situation politique actuelle en France. Euh justement, par Ah, je pensais que ça terminait moi avec on vous garde encore un peu.
Après avoir parlé justement des urgences auxquelles la France fait face et de la manière dont le détail y répond devrait devrait y répondre, il faut regarder une autre réalité, donc notre démocratie elle-même qui traverse une zone de turbulence. Justement, quand seulement 24 % des Français déclarent encore faire confiance, pardon, encore faire confiance au responsable politique, comment ne pas y avoir une crise démocratique et qu'est-ce qu'on doit changer en priorité selon vous ? Ah, ça c'est un sujet fondamental qui est un sujet vraiment passionnant, je vais l'introduire mais il mériterait de ou 3 heures de de débat, de discussion, de conférence.
Je pense que en France, mais aussi dans le monde occidental, je pense que ça a été un des ressorts qui a porté Donald Trump au pouvoir aux États-Unis, notamment sur la dernière élection. Je pense que la démocratie et ce qu'on appelle l'état de droit sont rentrés en conflit. Et je vais saisir de m'expliquer. L'état de droit et la démocratie sont entrés en conflit et l'urgence et je pense que ce sera une des grandes questions 2027 pour les présidentiels. Il faut qu'on parvienne à réconcilier ces deux termes. De quoi je parle ? Je vais essayer de l'expliquer puisque vous êtes pas tous des juristes mais je vais essayer de vraiment le faire comprendre et en quoi ça participe de la crise actuelle.
Vous avez des françaises et des Français qui élisent des majorités de droite, de gauche, du centre d'ailleurs et quelque chose les choque parce qu'il sentent que en réalité ces hommes politiques qui professent des des convictions différentes finalement ne pratiquent pas des politiques si différentes que cela. Ils constatent que leur voix pèse pas, qu'ils ne sont pas écoutées et en réalité c'est la question de l'efficacité et la démocratie suppose des résultats pour avoir confiance. Le problème c'est qu'il y a une impuissance publique. C'est moi ce que j'ai appelé l'impossibilisme.
L'impossibilisme c'est quand dans un ministère, vous avez une idée que vous voulez tester et on vous dit non c'est pas possible, monsieur le ministre, ça n'est pas possible. Ça n'est pas possible et souvent c'est juridiquement pas possible. Je vais vous faire toucher du doigt une expérience une des plus douloureuse que j'ai eu quand je suis arrivé au ministère. Je suis nommé donc la passation de pouvoir, je vous l'ai dit, c'est un lundi, le 23 septembre et je suis nommé le samedi l'avant-veille. L'avant-veille de ce samedi, le vendredi, a été violé et a été tué Philippines.
Quand je prends mon poste, je me dis, je vais aller voir la famille parce que je vais rencontrer ce qu'on appelle les filles d'hiver qui n'en sont plus d'ailleurs, qui ont du sens, qui sont des faits de société au contraire pour me confronter à la douleur des victimes. J'y tenais beaucoup parce que je considérais que si c'était dur, ça pouvait en quelque sorte me rapprocher de ces victimes et et me motiver. Et j'avais gardé, il m'avait donné un petit cadre avec la photo de et le sourire de Philippine que j'ai toujours gardé dans mon bureau pour me rappeler cette exigence.
Et euh j'avais dit aux parents parce que Philippine avait été violé et assassiné par un OCTF qui avait déjà fait un premier viol qui avait été condamné. Évidemment la justice enfin évidemment il avait pas fait toute sa peine et comme on savait parce qu'un violeur en en règle générale sa récidive en tout cas le risque de récidive est majeur et donc puisque on pouvait pas le faire recondam avant de l'envoyer il était d'origine marocaine il nous fallait un sésame. La question la question des sorties des EQTF, vous savez, c'est ce qu'on appelle les laisser passer consulaire.
Et nous, quand quelqu'un sort de prison comme ça, quand les gens sont dangereux, on a une formule en France, on les enferme, on les retient dans ce qu'on appelle des centres de rétention administrative. On a le droit de les retenir pour 3 mois à peu près ou plus. Et malheureusement le juge avait libéré euh cet EQTF en disant "Non, non, on va le libérer parce que la perspective d'éloignement au Maroc est nulle et le lendemain ou le surlendemain, on recevait le sésame, le laisser passer le laisser passer du Maroc qui nous aurait pu qui nous aurait pu en fait éloigner cet individu dans sa terre sur sa terre d'origine." Et j'avais dit aux parents, on va pousser, on va changer la loi.
loi, le droit n'a pas protégé votre fille, et bien pour moi, l'état de droit doit servir à protéger les Français. Et quand la loi ne protège pas, il faut changer la loi, on va la changer. Et malgré euh cette majorité introuvable à l'Assemblée, on le Sénat, ça se passe bien, forte majorité et à l'Assemblée, on réussi à faire passer cette loi. Cette loi, c'est 7 mois. 7 mois, c'était timide parce que la loi européenne, la directive retour dispose qu'on peut aller jusqu'à 18 mois et 14 pays sur 27 européens, 14 pays pratiquent les 18 mois et nous on est pratiquement les derniers à avoir seulement 3 mois. Donc j'avais dit bon, je m'étais dit 7 mois ça va.
Je me souviens au vote du texte à la fin, ils étaient là dans le balcon à l'Assemblée nationale pour regarder le vote du texte et j'avais bien senti, c'était un long parcours de douleur, de souffrance pour eux et surtout pour sa maman. Et quand le texte a été voté, ils ont senti que finalement la mort de leur fille avait peut-être servi à quelque chose. Et le lendemain matin, ils sont allés acheter cinq listes blanches qu'ils ont posé sur la plaire tombale de leurs filles. Ces cinq listes étant censé représenter peut-être les vies de jeunes femmes, de jeunes filles qui seraient sauvées grâce au sacrifice précisément de leur fille.
On est au mois de juin, je suis en août et je prends quelques jours de vacances en vendé et j'ai un coup de fil de mon cabinet et il me disent le conseil constitutionnel a censuré les 7 mois. Je me dis qu'est-ce que je fais ? Demain toute la presse va en parler. C'est à moi qu'il appartient d'appeler la famille pour leur dire ce qui s'est passé. J'entends encore enfin bref leur réaction. Ce que je veux dire par là, ce que je veux dire par là, c'est que aujourd'hui l'état de droit, on est pour. L'état de droit est un cadre juridique, mais ce cadre juridique devient de plus en plus un cadre idéologique. Ce que je veux dire, c'est que dans le mot démocratie libérale, il y a deux mots.
Il y a la démocratie et pour moi la source du droit, ça doit être quand même la souveraineté populaire, la démocratie. Là, vous voyez bien que on est confronté, l'exécutif est confronté à une forme d'impuissance, d'un impossibilisme parce que ce qui paraît évident, c'estàd passer de 7 de 3 mois à 7 mois pour se donner plus de chance de trouver des solutions pour que des individus dangereux, des individus en règle général qui ont violé, qui ont tué et cetera enfin où il y a eu des crimes de sang, ça paraît ça paraît évident. Et bien pour autant non, ça ne l'est pas. Pourquoi ?
Parce que vous posiez la question tout à l'heure, il y a un curseur qu'il faut ajuster en permanence entre la sécurité publique et les libertés publiques. L'état de droit, c'est faire respecter les libertés publiques. Mais quand on n pas de sécurité publique, il y a plus de liberté. Quand vous êtes une jeune femme dans un certain nombre de quartiers qui sont malfamés et cetera, vous ne pouvez plus vous déplacer parce que vous risquez, vous risquez gros. Donc en fonction et je me souviens très bien, j'étais parlementaire et je présidais mon groupe LR au Sénat à l'époque pendant le notamment la décennie du terrorisme, on a adapté la loi avec succès.
Nos services ont déjoué cette année six attentats, l'an dernier avec les Jeux Olympiques, neuf attentats terroristes parce que on a eu un arsenal. Et dans cet arsenal, on a justement déplacé le curseur un peu plus pour assurer la sécurité publique que pour les libertés individuelles. Quand moi par exemple, ministre de l'intérieur, on m'interdisait d'expulser des Tetchen qui avaient du sang français sur les mains parce que la CEDH me disait "Mais attention, ils n'auront pas droit en Cheetchen à un procès équitable." Il dit "Mais attendez moi, qu'est-ce que je fais moi ?
Est-ce que est-ce que je protège la société française ou est-ce que je protège des droits individuels ?" Il y a un moment donné où la rhthorique des droits individuels prend le pas sur le cadre commun et il faut en permanence équilibrée. Et c'est pour ça que je dis que la démocratie rentre en conflit avec l'état de droit et qu'il faut impérativement les réconcilier. Et je vais vous dire comment. Mais dans le mot démocratie libérale aujourd'hui, il y a le mot démocratie, la souveraineté populaire et il y a le mot libéral. Le libéralisme politique, il a été inventé pour que l'exécutif, un ministre de l'intérieur ne menace pas les libertés qui est pas d'arbitraire, si j'ose dire.
C'est ça le libéralisme politique. Mais il faut les deux. Il faut les deux. Et je pense qu'aujourd'hui le risque, il y a Orb d'un côté, c'est la démocratie illibérale. C'est-à-dire une démocratie où grosso modo la majorité peut écraser le droit où la majorité peut écraser les minorités. Ça c'est pas bon. Mais je pense que nous on est en train de tomber dans un libéralisme adémocratique. On se fiche de la démocratie et un certain nombre de magistrats vont prendre des textes mais vont interpréter y compris des traités, ils vont en tirer autre chose que ce que disent les textes de loi ou les traités. Ça c'est pas possible.
Quand monsieur Rosan Valallon dans le monde cet été dit "Les magistrats incarnent autant que les élus le principe non incarnent c'est ça autant que les élus le principe de souveraineté nationale." Je dis non l'état de droit chacun sa place c'est d'abord la séparation des pouvoirs. Comme disait Montesc les magistrats sont la bouche de la loi. Ils peuvent pas créer du droit. Ils doivent interpréter le droit bien sûr mais pas mais pas sortir de ce droit. Et je pense que quand je dis que il y a ce conflit-là, il faut réconcilier les deux. Il faut que la souveraineté populaire, l'efficacité de la majorité, la majorité, il faut des politiques qui changent.
Quand la majorité change, il faut qu'on soit capable de changer. Aujourd'hui, vous ne changerez pas de politique pénale. Vous ne pouvez plus changer la politique pénale si vous ne changez pas la constitution. Est-ce que c'est normal ? Non, ça n'est pas normal. Si vous ne changez pas la constitution, le Conseil constitutionnel vous dira "Non, monsieur Rota la sanction n'est pas la bonne voix pour ces jeunes violents. C'est l'éducation." Je dis "Mais vous y connaissez rien. Écoutez des pédopsychiatres, ils vont vous dire de qui il s'agit." Donc il faut que la souveraineté populaire puisse avoir prise parce que sinon on ne maîtrise plus notre destin, on peut plus prendre le contrôle.
Et à ce moment-là, évidemment une fois de plus, c'est les populistes qui gagneront. Donc comment fait-on pour réarticuler la souveraineté populaire, la démocratie et l'état de droit ? Je pense et parce que la démocratie libérale c'est les deux termes. Voilà. Bien, je pense qu'il faudra modifier la constitution. Je pense qu'il faudra par exemple, ça sera le cas si on veut par exemple en terme de politique migratoire, il faudra que l'article 11 soit élargi y compris pour qu'il puisse y avoir des référendums et cetera. Si on ne change pas cela, le pouvoir politique se heurtera à l'impossibilisme, à l'impuissance et donc les choses ne changeront pas. C'est compliqué.
Il y a un excellent bouquin de de Yashamoun et j'ai lu cet été, ça m'a beaucoup intéressé. Francis Fukuyama, vous en avez entendu parler, il a parlé de la fin d'histoire, vous savez le grand match entre Huttington, le choc des civilisations et Fukuyama. C'està-dire en 89, finalement c'est la fin de l'histoire. Ça veut dire que la démocratie va s'étendre au monde entier sous le sous les doubles du droit et du marché. Évidemment, erreur de prédiction que Fukuyama d'ailleurs a expliqué et a reconnu comme une erreur. Et Fukuyama a fait un article. Je prends Fukuyama. Pourquoi ? Parce que c'est la gauche américaine, c'est très démocrate.
Et dans ce grand article qui publie cet été, il parle de la vétocratie. la vétocratie, il dit on a maintenant un système qui empêche l'action, qui met des obstacles à l'action et ce système là va provoquer une insurrection électorale, des insurrections électorales. Je pense que Donald Trump a été élu pour cela aussi parce que les Américains voulaient que ça change et ils ne voulaient pas que une forme de clergé, une forme de clicature capte ce pouvoir alors que ils ne sont pas élus et que la démocratie ne puisse pas changer de politique. Voilà ce que je veux dire. C'est c'est un point essentiel.
Je sais pas si j'étais clair, j'ai j'ai je crains de ne pas l'avoir été suffisamment, mais je veux au moins vous faire sentir ce qui est aujourd'hui un nœud. Marcel Gaucher qui est un auteur plutôt de gauche aussi a écrit de très belles pages et et tant d'autres mais c'est quelque chose de fondamental. Est-ce que la politique aujourd'hui peut encore quelque chose ? Est-ce que elle se heurte à l'impuissance ? Je pense que on devra changer les choses. On devra changer la Constitution pour rendre à la politique toute sa puissance et son effectivité. Maintenant, je pense qu'on va passer à la dernière question.
Monsieur Retaillot, vous adoptez souvent un discours plutôt alarmiste voire catastrophiste sur la situation de la France et son avenir. Faut-il donc encore avoir de l'espoir et l'espoir peut-il encore venir des décideurs politiques ? Bah, j'espère que j'ai pu répondre un petit peu en filigrane. Non, je je j'essaie d'être réaliste et euh les chiffres, vous savez comme ministre de l'intérieur, vous avez les chiffres, vous avez les événements et vous ne pensez pas que les médias traitent tous les événements. Ça veut dire que beaucoup passent à la trappe. Beaucoup personne ne parlera de ces dizaines, de ces centaines de victimes en réalité.
Donc la situation, bien sûr qu'elle est grave et je pense que la situation économique, elle est grave. Mais c'est ce que je vous ai dit tout à l'heure. Moi, je pense que la France a des atouts et que dans notre propre histoire, enfin je veux dire que vous sans sans parler d'Isabo de Bavière et de son mari qui était dingue et qui avait livré la France aux anglais jusque aux collaborations Pétin et cetera et 58, dans notre propre histoire, la France a failli disparaître. Et je vous disais, je vous ai donné des plein d'exemples de pays qui repartent en avant. Donc moi, je pense que il faut pas mentir aux Français. Il faut arrêter les bonniments, faut leur dire cache.
De toute façon, les Français, ils vivent ce que l'on voit, ce que l'on sait. Ils le vivent, ils le voi parfaitement. Et une fois qu'on a ce constat là, on dit "On va se retrousser les manches et on va y arriver." Moi, je dis pas "Vous allez travailler plus sans être payé plus." Je me suis tout de suite opposé à l'idée de François Baou des de jours euh de la suppression des deux jours fériers non rémunéré. Non, moi ce que je mets sur table, ce que je mets sur la table, c'est une formule. Je vous ai parlé du seuil libératoire, du seuil zéro cotisation où on travaillera un peu plus mais ça sera tout bénéf pour l'entrepreneur et pour le salarié.
Donc je pense que au point on en est, je je assez peu de décisions, faut pas faut pas partir dans tous les sens mais je pense vraiment que on peut faire reverdir la France. Simplement ce que je veux je pense vraiment c'est que il faut traiter cet aspect matériel et cet aspect immatériel parce que un peuple vous ne le bougez pas uniquement en parlant de la productivité. Le décrochage de l'Europe par rapport aux États-Unis, il s'explique quasiment exclusivement par le décrochage de la productivité. OK, ça les économistes le savent. OK, depuis 2007, 2008 même plutôt. Mais c'est pas comme ça qu'on mobilise un peuple.
On mobilise un peuple en lui donnant un horizon, une vision et en lui disant que voilà, une nation c'est un fil invisible qui court à travers les siècles, à travers les générations et et il faut il y a cette nation héritage mais il y a une nation projet, un destin commun qu'on va construire ensemble et je pense que la France a énormément à apporter. J'étais l'autre jour pendant j'ai passé 2 heures, un peu plus de 2h avec Boem Sansa. Il est exceptionnel. J'espère qu'un jour vous aurez l'occasion de le connaître. Il est absolument exceptionnel. Et voyez, Boem, il est pas né chez nous. Il est devenu français par la langue.
Il s'est reconnu dans notre langue et nous sommes une grande patrie littéraire. Quand je me déplace en France, je m'amuse en disant bah voilà, je suis dans le Berry. Qu'est-ce qu'il y a dans le ber ? Gen s je suis dans le sud, qu'est-ce qu'il y a ? Bah, il y a Frédéric Mistral, il y a Jonau. Je suis à Bordeaux, il y a Moriac, je suis en Bretagne, il y a Château Brillant, il y a Pierre Jaquez Elias, il y a en Normandie, il a motsant et cetera. On est une patrie littéraire. On on existe au monde à travers la langue, à travers la littérature. Donc, on a plein de choses à apporter. Et quand il parle de la France, il est incroyable.
Il est français par le non pas par le sang versé, par l'encre versée. Jadis, juste une anecdote pour vous montrer que la France est une patrie littéraire. C'est je pense que c'est Monaouf qui est une grande historienne qui qui a utilisé cette phrase-là la première. Mais regardez, jadis les rois était oin avec l'huile sainte. Et désormais quand quelqu'un veut se présenter à la présidentielle, il fait un bouquin. C'est-à-dire que l'ancre noire a remplacé l'onction et l'huile si j'ose dire. On est d'une patrie littéraire. Voilà. Donc il faut être fier de ce que nous sommes. Le temps de la repentance.
Bien sûr que tous les peuples dans une histoire, toutes les pages ne peuvent pas être glorieuses. Mais très franchement, quand on regarde notre histoire, c'est extraordinaire ce qu'on a pu apporter au monde et cetera en terme de connaissance et autres. Et et je pense qu'il faut que les Français redeviennent fiers de ce qu'ils sont. Ils veulent habiter en France comme chez eux. Le droit, comment dirais-je, à la continuité historique est un droit comme le droit des peuples a disposé d'eux-même. Pour moi, équivalent. Voilà. Et et je pense que demain, non, moi je suis pas du tout catrasophiste. Je pense que au contraire, on ne peut faire que mieux.
Et pour votre génération, moi je me je sais parfaitement que c'est pas ma génération. Je pense que on s'aime. J'espère que c'est vous qui récolterez. On aura peut-être fait des erreurs. En tout cas, moi mon engagement politique, il est d'abord pour mon pays et et pour ceux qui viendront derrière moi. C'est vraiment ce que je crois.
et encore une fois avec mes convictions sur lesquelles je ne transgige pas, je demande à personne de de se les accaparer à 100 % mais au moins voilà, c'est une proposition et je ne cesserai de de donner dans le débat public des projets, des idées nouvelles parce que je pense qu'il faut que la droite se réinvente profondément et que les temps d'aujourd'hui sont plus les temps d'hier. Le monde est totalement différent, on n pas eu le temps d'en parler et la France encore une fois la France a totalement changé donc il faut des nouvelles idées. Voilà. Et rapidement, par oui ou par non, est-ce qu'on doit s'attendre à une campagne présidentielle RAU en 2027 ?
Je participerai d'une façon ou d'une autre à la campagne présidentielle qui sera une campagne, je pense absolument déterminante déterminante pour l'avenir de notre pays, de notre beau pays, la France. La France, la République que nous servons et la France que nous aimons. Très bien. Merci. On peut passer aux questions du
[applaudissements]
On peut passer aux questions du public. Bonjour monsieur. Euh vous avez parlé tout à l'heure de la crise de la démocratie. Euh récemment euh Emmanuel Macron a relancé le projet de labellisation des médias pour lutter contre la désinformation. Vous vous êtes euh opposé à ce projet pour lutter enfin protéger plutôt la liberté de la presse, la liberté de l'expression.
Cependant, quand on voit que aujourd'hui des médias comme C News dont la fonction principale est quand même d'informer la population, de dire la vérité, répandre des fake news quasiment quotidiennement, est-ce qu'il serait pas légitime d'informer les Français, d'alerter les Français sur la qualité des des informations à laquelle ils sont confrontés ? Est-ce que est-ce qu'on fait tr Non, je réponds directement, pardon.
Euh je je suis un récidiviste parce que il y a quelques années, vous vous souvenez, il y a eu un texte, une loi qui avait été votée à l'Assemblée euh et qui proposait euh qui proposait de confier, de privatiser au G femme la censure et cette loi avait été votée à l'Assemblée nationale. Je l'avais fait turbuler au Sénat et c'est mon groupe, je m'en téléchargé personnellement qui avait saisi le Conseil constitutionnel pour la faire exploser et on l'a fait exploser parce qu'elle était contraire à la liberté d'expression. Donc cette loi n'a n'a jamais existé. Moi je considère que la labellisation évidemment ça sera pas par l'État mais très franchement c'est un danger.
C'est un danger parce que qui labellisant ? On me dit "Mais regardez reporter sans frontières." Oui, reporter sans frontière. La semaine dernière, ils se sont fait rappeler à l'ordre par l'Arcom sur un reportage complément d'enquête qu'il a fallu censurer au dernier moment. Donc qui qui labellisera les labelliseurs. Et moi, je pense que la meilleure la liberté d'expression c'est fondamental. La liberté d'expression c'est la liberté d'opinion. C'est la liberté d'informer. Et il y a pas de meilleur euh condition pour l'expression de cette liberté que la que le pluralisme. Il y a des journaux et il y a des chaînes.
Il y a l'IB, je lis pas l'IB tous les matins, il y a l'UA, il y a le Figaro, il y a Ces News, il y a le service public et il y en a d'autres. Et plus il on aura plus il y aura cette diversité, plus il y aura cette pluralité, ben plus les uns et les autres en tâonnant, on ira rechercher euh bah ce qui ce qui nous conviendra et on se forgera une opinion. Mais je franchement avoir un comité qui labelliserait pour moi c'est une aberration. Je pense qu'on est quand même dans le pays de Voltaire avec un esprit critique euh et par ailleurs, je j'ai bien vu moi les trolls, j'ai bien vu hein, notamment euh vis-à-vis de de l'influence des influences russes, ce que ça pouvait produire.
Mais de grâce, non. Je pense que la labellisation et je vais vous dire ça encouragerait même le complotisme parce que il suffirait que il y ait des labels d'instituer et d'instaurer. Je connais le peuple français. ça sera ça se terminera mal. Ça aura à mon avis l'effet inverse. Donc je pense que c'est pas la bonne voie. On a un problème avec les algorithmes. On a un problème avec l'anonymat des comptes. Je trouve moi je suis pour la liberté. Je le disais tout à l'heure l'exercice quotidien de la liberté c'est la responsabilité. Je trouve que l'anonymat moi je suis pas pour l'anonymat.
Euh j'ai travaillé avec Hugo Michon qui a fait beaucoup travailler sur l'islamisme pendant le la période des attentats et il a créé avec une équipe, une start-up, une intelligence artificielle qui s'appelle Harlequin pour essayer de de discerner justement un certain nombre de de choses d'occurrence. Bon et dans TikTok par exemple quand il m' il m'avait indiqué, il avait prouvé que quand vous mettiez dans la barre de recherche islam et ensuite avec l'anglais vous cherchiez les vidéos, au bout de cinq vidéos, vous tombiez sur des VO violentes, intégristes, islamistes. Ça veut dire qu'il y a un biais. Évidemment, TikTok au Chine n'est pas utilisé comme tel.
Ça ça pose, je trouve que ça pose de plus en plus de problèmes, de plus en plus. Mais mais la question de l'anomisation des comptes est pour moi un vrai souci. Mais je la labellisation, je très franchement en France, je je ne vois pas les conditions dans lesquelles ça pourrait se faire et s'établir sur des bases qui soient des bases totalement indépendantes et et très saines. Je très franchement je encore une fois on est plutôt des enfin des libéraux au sens du libéralisme politique. Je parle pas du libéralisme économique. Je pense que c'est la pluralité qui crée les meilleures conditions justement pour une émergence de la vérité. C'est la pluralité. Bonsoir. Merci beaucoup.
C'était très intéressant. Je voulais juste venir sur un sujet qui n'avait pas été encore abordé qui est l'IVG. Et je voulais savoir pourquoi si c'était un droit qui n'était pas menacé pour l'instant en France, pourquoi refuser de le protéger davantage en le mettant dans la Constitution ? C'est parce que simplement c'était un effet d'annonce parce que en quelque sorte c'était déjà constitutionnalisé par au moins deux décisions du Conseil constitutionnel. Et je pensais que la constitution n'était pas le lieu puisqu'il y avait déjà une protection supérieure à la loi et que c'était un dépat qui était né aux États-Unis.
Très franchement, j'aime pas du tout qu'on importe les débats des États-Unis, pays fédéral avec une cour qui est très différente de notre conseil constitutionnel en France. Non pas que je sois contre la loi veille, évidemment, je ne l'ai jamais remise en cause, mais je considérais que ça n'était pas ça n'était pas le lieu. Et j'ai assumé Monaque, c'était difficile hein parce que tout le monde voilà dans ces cas-là tout le monde va vers dans un seul sens.
Ah, la démocratie, c'est aussi quand même des gens comme moi, y compris par exemple pour la fin de vie, qui sont capables de dire attention, on est peut-être en train de franchir euh sur la fin de vie notamment, il y a peut-être mieux à faire que voilà d'organiser les choses trop trop vite. Monsieur Ruto, je pense que c'était la dernière question. Malheureusement, on aura pas le temps mais vous pourrez poser la question plus tard dans le cocktail si vous voulez. Merci beaucoup pour cet échange et on peut maintenant passer au cocktail. [applaudissements] Merci de votre attention et j'espère que parmi vous certains certaines s'engageront dans la politique soit dans les municipals.
Voilà vraiment il en a besoin. Il y en a besoin.
[musique] [musique]