La fin de la mondialisation heureuse – 01/06
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
BFM Business et la Tribune présente 8-19 d'Edwis Chevrillon.
Bonsoir à tous, bienvenue dans le 18-19. Au menu ce soir, évidemment, Choose France. C'est l'événement du jour avec ses plus de 93 milliards d'investissements étrangers déployés dans l'économie française. On rejondra nos envoyés spéciaux, Mathieu Jolivet et Mathieu Coquampo avec de nombreux invités. Mais dans un instant, c'est Philippe Chalmin, le professeur émérite à Dauphine. Surtout, il est le patron de Cyclope. Vous avez cette Bible, ce rapport énorme, je l'ai à côté de moi. Il fait plus de presque 1000 pages sur l'évolution des matières premières, sur l'évolution du pétrole.
C'est l'occasion de faire un premier bilan, évidemment, de cette guerre au Moyen-Orient et ses conséquences sur les marchés mondiaux. Mais pour l'instant, place au journal avec Stéphanie Collot.
Le journal.
Il est 18h, bonsoir Stéphanie. Bonsoir Edwin. Et donc, on commence par cette neuvième édition de Choose France. C'est l'édition de tous les records.
Effectivement, 93 milliards d'euros d'investissements étrangers annoncés. C'est près de 20 milliards de plus que l'an dernier. Cette seule édition dépasse les promesses d'investissement cumulés des huit précédentes éditions, qui représentaient au total 87 milliards. À la clé, ce sont 15 000 emplois qui pourraient être créés. Parmi les annonces Softbank, le géant japonais des technologies annonce un projet colossal de 75 milliards d'euros pour développer d'immenses centres de données dédiés à l'IA. L'objectif est de faire de la France l'un des principaux fournisseurs européens de puissance de calcul pour l'intelligence artificielle.
Toujours dans le secteur, le Taïwan et Foxconn investira à Angers pour produire des cartes mères. Tandis que l'américain Salesforce annonce jusqu'à 2 milliards d'euros supplémentaires. De son côté, Revolut poursuit son développement dans l'Hexagone avec 100 millions d'euros additionnels. L'industrie est également à l'honneur. Le sidérurgiste italien Marse Gaglia va injecter 600 millions d'euros sur son site de fosses sur mer. Autre annonce, celle du groupe suédois Scania avec un projet d'investissement de 70 millions d'euros pour la production de camions électriques sur son site d'Angers. Dans le reste de l'actualité, Nvidia part à l'assaut d'Intel et AMD.
Le géant américain lance ses propres processeurs pour ordinateurs portables. Il s'allie pour cela à Microsoft. Objectif, moderniser les appareils à l'heure des agents IA. Une acquisition d'ampleur pour servir aux Etats-Unis le laboratoire. Rachète une division d'Advise Therapeutics. Il s'agit de la branche dédiée à la dystrophie musculaire. Une opération à plus d'un milliard et demi de dollars. En France, Duralex s'est placé en redressement judiciaire en raison de tensions de trésorerie. Décision du tribunal de commerce d'Orléans qui donne une période d'observation de six mois.
La verrie reprise en coopérative par ses salariés il y a deux ans avait pourtant levé 7 millions d'euros l'année dernière. Et puis le succès de l'assurance-vie ne se dément pas. Selon France Assureur, les cotisations ont atteint 17,6 milliards d'euros. Un record pour un mois d'avril. La collecte nette avoisine les 25 milliards d'euros depuis le début de l'année. C'est du jamais vu en 20 ans. 18h02 sur BFM Business, les marchés. Les marchés avec Antoine Larigauderie. Bonsoir Antoine. Bonsoir Stéphanie, bonsoir Edwige. Bonsoir Antoine. Et le CAC termine en baisse ce soir.
Oui, on était dans le ton général quand même avec des négociations qui ont l'air de complètement patiner entre Iran et Etats-Unis. Donc le sentiment de marché s'est dégradé. Moins 0,45% pour le CAC en clôture. 8 146 points. Notez que les taux sont bien bien tendus. 3,63 à nouveau pour le 10 ans français. 3% pour le 10 ans allemand. Et les prix du pétrole aussi. On se rapproche à nouveau des 97 dollars. pour le baril de Brent de Mer du Nord. Bon, cela dit, il y a un secteur qui s'est très bien comporté en bourse. Parce qu'il y a eu les annonces de Jensen Wang autour des semi-conducteurs.
Il y a eu aussi cette déclaration du patron d'Nvidia qui est « Ceux qui jouent la disruption et la destruction de valeur pour les fabricants de logiciels se trompent complètement. » On a besoin des fabricants de logiciels pour mieux faire fonctionner l'IA à l'intérieur des entreprises et pour faire du business. Et ça, ça a redonné beaucoup de souffle à Dassault Systèmes qui a gagné 7,7% à 20,26 euros. C'est la plus forte hausse du jour sur le CAC 40. Capgemini a gagné 7% à 109,10 euros. Puis on a nos valeurs IA à nous. Publicis qui a gagné 2,5% à 85,88 euros. Schneider Electric, évidemment, qui est concerné au premier chef par tout ce qui a été annoncé à Tchuss France.
Le titre gagne 2,3%, 276,20 euros. Du côté des titres à la baisse, pas mal de titres qui avaient bien fonctionné la semaine dernière. Thales, moins 3,97, 230. Renault, moins 3,89, 28,44. Airbus, moins 3,63 à 173,18 euros. Le CAC, moins 0,45%. 8,146 points. Et une bonne tenue des volumes pour cette première séance du mois à 4,4 milliards.
Merci bien Antoine. Dans un instant, Philippe Chalman, Stéphanie Collot, on vous retrouve. Ça sera 19h30. Mais tout de suite, le 18-19.
BFM Business et la Tribune présente Le 18-19 d'Edwis Chevrillon.
Bienvenue dans le 18-19. On va parler de cette troisième guerre du Golfe. On va parler, bien sûr, du choc économique avec le blocage du détroit d'Hormuz. Et on va parler de la fin de la mondialisation heureuse. On va en parler avec Philippe Chalman. Bonsoir Philippe Chalman.
Bonsoir.
Merci d'être là. Vous êtes un des meilleurs experts, on le sait, sur tout ce qui concerne l'énergie. Vous êtes là parce qu'un peu en avant-première pour nos auditeurs et téléspectateurs, vous nous présentez les 40 ans du rapport Cyclope. Je ne sais pas si j'ai assez de force pour soutenir cet incroyable rapport où il y a tout sur les matières premières, sur l'or, sur les engrais, sur le pétrole. On va parler de tout ça. 40 ans juste en un mot. Est-ce que, pour vous, c'est le pire moment que vous avez connu ou pas du tout ?
Écoutez, il y a eu des moments qui ont quand même été difficiles. Là, le petit problème que nous avons eu, et il était très simple, Cyclope est normalement publié au mois de mai, donc les textes nous arrivent en janvier et février. Et il se trouve que cette année, le 28 février, il y a eu un tout petit problème. Et ce petit problème, il nous a fallu le traiter. Il nous a fallu donc modifier certains textes. Et en fait, si Cyclope, cette année, a pris un certain poids, il fait 860 pages.
C'est qu'en fait, on a rajouté en pagination à la romaine au début, parce qu'on avait déjà commencé à paginer, eh bien, une cinquantaine de pages, où on essaie de faire un premier bilan de ces deux mois de guerre du Golfe. Je tiens même mon journal de guerre, mais c'était effectivement un événement important.
On avait eu déjà, toujours, en ces débuts de printemps ou fin d'hiver, on avait eu le Covid, on avait eu l'invasion de l'Ukraine, donc on commence à être habitués, mais c'est aussi pour nous, à la 40e édition, c'est quand même un anniversaire important, et dans un moment de rupture, et de rupture importante, que j'aurais presque tendance à comparer à ce qu'on avait connu avant Cyclope même, dans les années 70.
Oui, un rapport, je précise, c'est toujours bien, donc sous la direction, votre direction, et sous la direction aussi de Yves Gégourel, et c'est publié chez Economica. Est-ce qu'on peut dire, après on reviendra évidemment sur ce qui se passe là, surtout qu'on vient d'apprendre, que ça y est, l'Iran décide d'arrêter les négociations avec les Etats-Unis, donc on verra le choc pétrolier, ses conséquences économiques, mais pour vous, est-ce que vous diriez, Philippe, que c'est la fin de la mondialisation heureuse ?
Tout à fait. Finalement, Cyclope est né en 86, on vivait à l'époque les conséquences du grand choc des années 70, et 86, c'est une année assez intéressante, puisque c'est le premier contre-choc pétrolier, le moment où l'OPEP perd le contrôle du marché du pétrole, où le pétrole devient une commodité, une matière première cotée sur des marchés internationaux, où pour le pétrole même, on passe du stable à l'instable.
C'est aussi, 86, le début des négociations de l'Uruguay Round, c'est le moment où les Européens et les Américains se battent pour les débouchés céréaliers vers un pays qui est totalement disparu aujourd'hui, qui est l'URSS, et c'est le moment aussi où l'on commence à imaginer la troisième révolution industrielle, qu'on va parler de nouvelle économie. Et puis on a eu 30 ans, 90, 2020, de ce que j'appellerais la mondialisation heureuse. On a cru Fukuyama, nous avons cru à la fin de l'histoire, on a cru qu'on avait trouvé la martingale idéale, que les hommes allaient être heureux, qu'avec la troisième révolution industrielle, tout allait bien se passer.
Depuis 2020, 2020 le Covid, 2022 la guerre en Ukraine, 2024-2025 Trump, Liberation Day, et toutes les trumperies auxquelles nous avons assisté, 2026 la troisième guerre du Golfe, Oui, quatre événements qui font que la croyance un peu béate qui était la nôtre dans une mondialisation heureuse, eh bien cette croyance, nous devons la remettre dans un placard. Le monde n'a jamais été aussi complexe, n'a jamais été aussi dur. Il y a 130 guerres aujourd'hui dans le monde, 270 millions de personnes qui habitent dans des pays touchés directement par la guerre, les guerres civiles, etc.
et effectivement, les prix, les marchés des matières premières, ils n'arrêtent pas de réagir puisqu'ils sont la partie émergée de l'iceberg, de toutes ces tensions.
Quand on disait la fin de la mondialisation heureuse, c'est presque la fin de la mondialisation insouciante. Heureuse, insouciante,
et même un peu tout court. Car la mondialisation, c'était la libre circulation des produits, etc. qui eût imaginé... C'est ce qui a été sauvé le monde. Comment ? Qui eût imaginé qu'Orbouz soit bloqué ? Qui eût imaginé qu'il y aurait autant de fractures ? Qui eût imaginé que l'on réinvente, dans une certaine mesure, une nouvelle forme de guerre froide ? Oui.
Alors là, en tous les cas, on est clairement dans un troisième choc pétrolier. Vous dites que ce qui s'est passé, en fait, que Donald Trump a déclenché, probablement dans l'histoire, ce qui restera comme la troisième guerre du Golfe, la plus totale, la plus marquante, avec la fermeture du détroit d'Ormose. Donc, les conséquences, aujourd'hui ?
Alors, j'emploie le terme de choc. Peut-être moins par l'incidence sur les marchés. Car au fond, à ce jour, les marchés des énergies fossiles, que ce soit le pétrole ou le gaz, sont relativement modérés. Les réactions sont modérées. Aujourd'hui, alors ça va peut-être réagir dans les heures qui viennent avec l'échec des négociations, mais on se balade entre 100 et 110 dollars le baril. On n'a même pas battu, ou on a à peine battu à certains moments, les records de 2008.
Oui, attends, je n'ai pas complètement d'accord avec vous, parce que je regarde l'impact. C'est vous, ça vient de votre rapport. L'impact de la guerre sur les marchés mondiaux, l'indice cyclope, c'est plus 22,2%. Donc c'est l'indice global. Pétrole, 45,2% sur le Bren, 41% sur le WT, le gaz, 43,2%. Il y a un choc, Philippe Chalmin.
Le vrai choc, c'est la fermeture d'Hormuz. Car la fermeture d'Hormuz, personne n'y croyait. En juillet 2025, au moment de la guerre des 12 jours, l'Iran n'avait pas fermé Hormuz. Et ça m'avait fait écrire à l'époque qu'on était dans une phase de banalisation d'un marché du pétrole qui était excédentaire. Pourquoi est-ce que le prix du pétrole nous paraît avoir autant augmenté ? C'est qu'au début de l'année, nous étions à 60 dollars. Et je peux même vous rappeler, cruellement pour moi, que la prévision de Cyclope, faite dans le courant du mois de janvier, de prix moyen du Brent en 2026, c'était 58 dollars le baril.
Donc, à la limite, avec Hormuz bloqué, avec 10 à 13 millions de barils qui manquent chaque jour, pour l'instant, nous sommes dans une situation relativement tempérée. Ça ne veut pas dire qu'avec les nouvelles qui viennent de tomber, avec le fait que Hormuz va rester bloqué, probablement encore quelques semaines, voire un peu plus, là, nous allons rentrer dans le dur, dans ce que l'Agence internationale de l'énergie a qualifié, il y a quelques jours encore, de zone rouge.
Oui, et puis, problème de pénurie ou pas, c'est vous qui me faites penser, parce que Fatih Birol, directeur général de l'Agence internationale de l'énergie, dit qu'il y a un risque de pénurie. Est-ce que pour vous, il y a un risque de pénurie ou pas ? Est-ce que les stocks stratégiques sont à un niveau inquiétant ?
Je ne pense pas qu'il y aura de pénurie, parce qu'avant la pénurie, il y a la hausse des prix. La hausse des prix, elle induit mécaniquement une baisse de la demande. Nous n'avons pas encore, nous ne sommes que le 1er juin, nous n'avons pas encore les chiffres moyens du mois de mai, mais au mois d'avril, où l'impact des hausses a été considérable. Nous avons eu une baisse de la demande mondiale de pétrole de 5 millions de barils jour, et, par contre, un tirage sur les stocks de 6 à 7 millions de barils jour. Vous retrouvez, mais 12-13 millions de barils jour que nous perdons.
Donc, il est clair qu'on aura peut-être, dans certains pays, les plus pauvres malheureusement, des problèmes de pénurie, mais la hausse des prix permettra de lisser la dite pénurie, qui pourra quand même intervenir sur certains produits raffinés. C'est là où vous retrouvez, par exemple, le kérosène, et tous ceux qui veulent partir en avion cet été devront quand même regarder, car, en particulier, les compagnies low-cost, qui ne peuvent pas totalement répercuter le coût du kérosène, risquent de se trouver dans des situations d'annulation de vol.
Non pas parce qu'on manquera de kérosène, mais parce qu'il sera devenu tellement cher qu'ils ne pourront pas reporter les hausses de prix sur les passagers.
Oui. Vous dites, ça c'est sur le pétrole, c'est un volet très important. Après, vous dites, mais attention, il faut aussi regarder tout ce qui est à tous les dérivés du pétrole, tout ce qui est à la pétrochimie. Absolument. Donc là, si on commence à faire la liste, la note devient salée.
La note devient très salée, elle va des engrais aux préservatifs en passant par les sacs poubelles, donc tout ce qui est pétrochimie, qui effectivement avait été très largement délocalisée en Asie, il faut bien s'en rendre compte, une Asie beaucoup plus sensible que l'Europe aux importations de pétrole en provenance du Golfe. Et là, il faut bien s'en rendre compte, et au fond, nous avons encore une fois redécouvert que notre dépendance au pétrole, au gaz, aux énergies fossiles, elle n'était pas seulement, elle ne concernait pas seulement les carburants, elle pouvait concerner pratiquement notre vie quotidienne.
Oui, moi, ce que je trouve intéressant, ce que vous dites, c'est la souveraineté, vous vous rappelez, pendant la guerre en Ukraine, on disait la souveraineté, il faut la retrouver, il faut relocaliser, même sur le Covid, il faut relocaliser le Doliprane, tout ça qu'on a vendu depuis, et là, on découvre que notamment la plus grande raffinerie de sucre au monde se trouve là-bas, à Dubaï, on a aussi l'aluminium dans le Golfe à Béhame et aux Émirats qui détient 12% des capacités de production mondiales, l'aluminium, c'est vrai, c'est incroyable en fait.
C'est logique, l'aluminium, c'est de l'alumine, la bauxite et de l'alumine plus de l'énergie et il était assez logique de mettre, alors là, honnêtement, ce n'était pas vraiment de la délocalisation, c'était jouer de l'avantage comparatif de la région du Golfe où il y a de l'énergie pas chère et notamment de l'énergie qui pour un certain nombre de cas n'était même pas utilisée, c'était en caricaturant un peu les gaz d'échappement des champs pétroliers.
Donc là, il y avait une certaine logique, ça a touché l'aluminium, le cas du sucre est un peu particulier mais c'est vrai que là aussi, le raffinage du sucre donc passé du sucre brut ou sucre blanc, ça demande de l'énergie, les marchés sucriers de consommation sucrière, ce sont souvent tous les marchés du Moyen-Orient, de l'Afrique, etc. et Dubaï en avait profité pour développer ce qui était la plus importante raffinerie. Jusque-là, les raffineries de sucre étaient en Europe ou aux Etats-Unis, elles avaient fermé mais à la limite, il en a été de même pour les raffineries de pétrole.
Si nous avons aujourd'hui des problèmes en Europe sur diesel et kérosène, c'est qu'en fait, on les a fermés, on les a délocalisés parce que d'abord, ce n'était pas très rentable, les marges de raffinage étaient très faibles et on trouvait beaucoup mieux d'aller externaliser nos problèmes environnementaux. Personne ne pleurait à la fermeture d'une raffinerie.
Il y a aussi, juste pour rester un instant sur les conséquences du détroit d'Hormuz parce qu'après, il y a la question d'évolution des matières premières parce qu'on voit bien que les industriels se plaignent beaucoup de l'augmentation des matières premières. On fera un petit tour d'horizon avec vous, Philippe Chalmin. Mais il y a l'histoire des engrais aussi qui sont... Alors, des engrais qui sont une partie qui proviennent des détroits d'Hormuz, enfin, qui sont transportés par les détroits d'Hormuz.
Mais quand je posais la question au numéro 1 européen, in vivo, il me disait mais non, en fait, nous, on a nos propres engrais, il y a des grandes usines, ça vient d'Allemagne, ça vient du nord de la France, du nord de l'Europe. Donc, on ne dépend pas beaucoup en fait, nous.
Si, on dépend par le biais des prix. Il faut bien se rendre compte
que même si, à la limite,
je... les Etats-Unis sont des exportateurs de pétrole. Oui. Et pourtant, les Américains, aujourd'hui, ils souffrent de la hausse des prix de l'essence. Eh bien, il en est de même pour nous. C'est vrai que nous importions... Alors, sur le coût des engrais, il faut savoir que les engrais, vous avez azote, phosphase, potasse, vous mélangez tout ça, vous avez besoin des trois principes. Sur l'azote, l'azote, elle est produite à partir d'ammoniaque dont on fait de l'urée et cet ammoniaque qui provient du gaz. Les grands producteurs d'urée, c'était quoi ? C'était l'Ukraine et la Russie. Manque de chance, ils sont en guerre. Et puis, c'est vrai, c'était les pays du Golfe.
40% de l'urée mondiale exportée passait par le Golfe. Les prix de l'urée ont été multipliés par deux. Et donc, les agriculteurs européens qui, pour l'instant, n'ont pas été trop concernés leurs engrais, ils les achètent six mois à l'avance, donc à la limite peut-être un peu les producteurs de maïs, mais c'est surtout sur l'année prochaine que les conséquences peuvent en être graves, tout comme d'ailleurs toutes les récoltes qui vont intervenir dans l'hémisphère sud au début de l'année prochaine.
C'est maintenant que la hausse des prix des engrais, elle touche, mais elle touche l'Inde, bien entendu, elle touche toute l'Amérique latine et quand je parlais de l'urée, on pourrait rajouter le soufre, etc. C'est une des conséquences importantes, mais qui se répercutera là, sur les productions agricoles, donc éventuellement sur les prises alimentaires, un peu plus tard.
Moi, j'ai une question à vous poser un peu cash, Philippe Chalmin. ça fait longtemps qu'on dit que vous êtes les meilleurs spécialistes de l'énergie, vous avez écrit, il y a 40 ans du rapport Cyclope. Moi, on ne m'a jamais alerté sur l'importance, mais clé, du détroit d'Hormuz. Parce qu'on se rend compte que finalement, tout passe par le détroit d'Hormuz. On a l'impression que c'était juste le pétrole iranien, mais pas du tout. Et donc, même Donald Trump ne s'est pas rendu compte que c'était une arme atomique. Comment vous expliquez ça ?
Si, alors, le détroit d'Hormuz, on le savait. On n'est pas à ce point-là. On est en train, par contre, de découvrir l'importance de quelques autres détroits tout aussi étroits, tout aussi sensibles, Malacca. On ne nous a jamais dit
que c'était la clé que ça allait provoquer un choc économique mondial.
Non, mais tout simplement parce que personne n'imaginait qu'un jour, Hormuz pourrait être bloqué. C'est fou, ça. Donald Trump, lorsqu'il prend sa décision le 26 ou le 27 février, il y a certains de ces militaires qui lui disent « Attention, on ne peut rien garantir sur Hormuz. » Et il a balayé, dit-on, l'argument du revers de la main en disant « Jamais les Iraniens ne bloqueront Hormuz. » Parce que, alors il faut quand même se souvenir qu'en juin, juillet 2025, vous avez la guerre des 12 jours, vous avez les Etats-Unis qui envoient leurs énormes bombes et qui écrasent les facilités nucléaires iraniennes. À ce moment-là, les Iraniens n'ont pas réagi.
Et on a pensé à cette époque que c'était sous l'influence de la Chine. La Chine n'a aucun intérêt au blocage d'Hormuz.
Et la Chine
n'a pas réussi ou n'a peut-être pas voulu, on le saura beaucoup plus tard, mais la Chine n'a pas réussi à convaincre les Iraniens qui ont découvert à la limite grâce à Trump que plutôt que de chercher une hypothétique arme atomique, ils avaient une véritable arme atomique, low cost, pour eux, en tout cas, c'était le blocage d'Hormuz. Par Hormuz, 20 millions de barils le jour de pétrole, un tiers des exportations mondiales de gaz naturel liquéfié, pas mal d'autres produits qu'on a découvert au passage, et puis, tous les flux, toutes les routes maritimes. Peu à peu, le Golfe était redevenu une place de réexportation.
Une partie, par exemple, de l'aide alimentaire mondiale gérée par l'Agence des Nations Unies, le programme alimentaire mondial, transité par Dubaï. Plus rien, aujourd'hui, ne peut sortir ni rentrer.
C'est ça qui est incroyable. Merci beaucoup, Philippe Chalmin. Cyclope, les marchés mondiaux, ce pavé, vous avez expliqué pourquoi, mais en tout cas, il y a toutes les références, il y a même des prévisions économiques. Merci beaucoup d'être venu sur ce plateau et c'est donc publié chez Economica et on peut trouver le lien. Merci infiniment. Dans un instant, on part à Versailles pour tous France, ces grands événements des investisseurs étrangers. visiblement, ils ont répondu, présent. On va voir ça avec Mathieu Jolivet et Nathan Coquampo. Pardon. A tout de suite.
BFM Business et la Tribune présentent le 18-19 d'Edwish Chevrillon.
Vous êtes bien dans le 18-19. On va filer à Versailles où se déroule, vous savez, Tchouz France, cette grande messe des investissements étrangers instaurée par Emmanuel Macron où est annoncé une moisson record avec 93 milliards d'euros de projets annoncés. On va retrouver nos deux envoyés spéciaux, Nathan Coquampo et Mathieu Jolivet qui a fait pour nous des interviews de dirigeants présents. Nathan Coquampo, bonsoir. Merci d'être là. Beaucoup de questions à vous poser. Tout d'abord, quelle est un peu l'ambiance ce soir ?
Edwish, on est un peu scotché ce soir, notamment par cette annonce de 45 milliards d'euros d'ici à 2031 du japonais Softbank pour développer de puissants data centers dans les Hauts-de-France. C'est la moitié de ce Tchouz France record. Un investissement qui pourrait même aller jusqu'à 75 milliards au total. Alors ici, tout le monde cherche son PDG, Masayoshi Son. A défaut, Edwish, je suis tombé sur le patron de Mistral AIA et Arthur Mench ou encore Guillaume Foury d'Airbus ou même le patron de Candela et Thomas Pesquet. Bref, pas d'annonce pour toutes ces personnes.
On vient ici faire des rencontres, discuter particulièrement d'un sujet, la souveraineté dans l'IA, dans la tech, à l'image du fond Ardian et sa filiale britannique Verne qui annonce 5 milliards d'euros pour créer un campus d'infrastructures numériques d'IA, un grand campus qui sera près de Paris. La France a son nucléaire, son énergie décarbonée en quantité et ça change tout à vrai dire mais c'est surtout la stabilité, cette vision long terme qui rassure les entrepreneurs.
On attend dans quelques minutes le discours d'Emmanuel Macron qui a pris un peu de retard pour son dernier Choose France, peut-être même le dernier Choose France tout court avec les élections présidentielles qui approchent en mai prochain. Avec cette question, Edwish, est-ce que ce Choose France, ce rendez-vous annuel n'était qu'une vitrine, une vitrine d'investissement ou un véritable moteur d'attractivité pour la France ?
Merci beaucoup Nathan Cocampo. Ambiance juste, ambiance studieuse ou ambiance chaleureuse ?
Plutôt ambiance chaleureuse. On vient, on discute. Les patrons n'ont pas peur de venir nous voir, nous dire un peu ce qu'ils pensent de tous ces investissements, de voir un peu leur vision d'avenir aussi. Évidemment, autour de l'IA, des data centers, c'est un peu le mot que tout le monde dit. C'est IA, data centers, ce sont les deux mots qui restent et que l'on continue de marteler ici à ce 9e sommet de Choose France qui est donc un sommet de Choose France record.
Merci beaucoup. Donc IA et data center, les deux maîtres mots de ce Choose France. Tout de suite, vous allez pouvoir entendre Alice Ruffo, c'est la ministre déléguée auprès de la ministre des armées et des anciens combattants. Mathieu Jolivet vient de l'interviewer. Elle est à Choose France. On l'écoute.
C'est désormais la ministre déléguée aux armées, aux anciens combattants. Alice Ruffo qui vient de nous retrouver dans le studio délocalisé de BFM Business dans ce cadre assez spectaculaire et extraordinaire du château de Versailles pour cette 9e édition de Choose France. Bonjour Alice Ruffo. Bonjour. Ce qui est assez symbolique et très intéressant, c'est que c'est assez rare que la défense soit mise comme ça en avant à ce sommet Choose France qui attire des investisseurs et des industriels du monde entier. Et ça, ça dit peut-être quelque chose aussi de notre époque. Oui, je suis d'accord avec vous, ça dit quelque chose.
C'est vrai que ça fait 9 ans et que la partie défense est très affirmée mais en fait, ça correspond à l'évolution de l'époque comme vous le dites très justement. D'abord, la France est assez attractive en matière de défense parce qu'elle a, comme on dit dans cet univers-là, un écosystème assez puissant. Des industries de défense fortes, des écoles d'ingénieurs très importantes qui ont des liens avec la défense historiquement. Deuxièmement, une DGA qui montre une DGA qui existe et qui est reconnue. Les ingénieurs sont très actifs. Exactement.
Et puis, on est aussi dans une phase où ce qu'on appelle le dual, c'est-à-dire dans les nouveaux domaines de conflictualité comme l'espace, les fonds marins, le spatial et puis tout ce qui relève de la haute technologie, l'intelligence artificielle, le cyber, le numérique, prend une place de plus en plus importante dans les systèmes de défense. Et donc nous, on est évidemment très intéressés pour aller à la rencontre d'entreprises, c'est ce que je fais aujourd'hui, qui travaillent dans le champ de la dualité et qui sont évidemment intéressés par la défense et nous aussi, on est intéressés par ce qu'elles font.
La dualité, elle est au cœur de ce concept qu'on découvre un peu tous en ce moment d'ailleurs en toile de fond de cette guerre en Ukraine où ça fait un peu plus de 4 ans après l'invasion russe qu'on nomme la guerre hybride. Voilà. Et où on voit que la technologie est au cœur de nouvelles menaces ou de nouveaux systèmes de déstabilisation, notamment la guerre électromagnétique sur le champ de bataille ukrainien, sur l'IA embarquée auprès des drones qui volent en essaim, ça c'est des choses qui changent complètement la donne sur le champ de bataille. Oui, ça change la nature de la conflictualité et du champ de bataille.
Ça ne change pas le fait que c'est nécessaire d'avoir des équipements qui se font sur le très long terme comme le porte-avions, les rafales qui sont des éléments qui durent dans l'investissement qui demandent des décennies d'investissement mais il y a toute cette partie qui s'est considérablement accélérée et qui évolue très vite au plan technologique et qu'il faut parfois savoir produire en masse quand c'est nécessaire par exemple pour les drones d'où aussi la coopération qu'on lance nous au ministère des armées avec l'industrie civile pour la production de masse.
Et la production de masse vous soulevez là aussi un autre point très intéressant de notre époque qui est peut-être un enjeu industriel clé c'est celui du modèle économique à tenir en temps de guerre est-ce qu'il peut être applicable aussi en temps de paix ?
Je vous dis ça parce qu'il y a un haut gradé qui m'expliquait la semaine dernière il me disait regardez faites le parallèle avec 14-18 14-18 il y a eu un essor de l'aéronautique et après l'armistice en 1918 d'un coup des centaines de milliers d'emplois qui se retrouvaient un peu sur le carreau et une bulle productive qui a explosé parce qu'en temps de paix il n'y avait plus besoin de telles commandes militaires je refais la parenthèse mais est-ce que quelque part il n'y a pas cette problématique qui se joue aujourd'hui dans cette ruée des drones en Ukraine ?
Alors c'est très intéressant comme question on n'est pas l'Ukraine voilà si vous voulez que je réponde très directement on n'est pas dans la même situation parce que c'est une guerre d'attrition extrêmement attrition ça veut dire c'est une guerre de masse contre max qui est très dure et qui est de très haute intensité mais pour autant on n'est pas dans une situation de paix comme on l'a connue avant c'est-à-dire qu'on peut avoir des déstabilisations des tests on peut avoir une situation où à l'est de l'Europe ça se dégrade très brutalement où il faut se tenir prêt à un choc donc on n'est pas du tout dans une situation de guerre comme on peut l'imaginer en Ukraine mais on n'est pas non plus dans une situation de paix telle qu'on l'a connue jusqu'à maintenant donc en tout état de cause nous ce qu'il faut c'est se préparer à la possibilité d'un choc et y compris dans le domaine que vous décrivez très bien qui sont des domaines technologiques et d'hybridité où il faut qu'on apprenne à être résilients et prêts et surtout supérieurs sur le plan technologique et agiles et très agiles et ça change énormément de choses avoir aujourd'hui l'enjeu d'avoir des usines dans la BITD enfin le secteur des industriels liés à la défense des usines qui soient capables d'être assez agiles pour adapter la production en fonction du besoin du moment Oui et puis vous avez l'innovation en la matière notamment sur les drones par exemple si on prend cet exemple là ou sur l'intelligence artificielle elle est très rapide ça change un peu tout le temps donc en fait à la fin c'est un process c'est une manière de faire et c'est ça qui est très intéressant parce que là je voyais pas mal d'entreprises qui investissent en France beaucoup autour de Toulouse mais aussi dans d'autres parce qu'il y a beaucoup de spatial évidemment mais dans d'autres régions aussi à Cahors par exemple il y a une entreprise qui vient de s'implanter et d'investir ce qui est très intéressant c'est qu'en fait il y a besoin d'un lien et nous ça nous intéresse et il y a besoin de centres d'essais de tests comme il y en a notamment à la direction générale de l'armement il y a besoin de tout cet écosystème où la France quand même est très performante et où effectivement nous il faut qu'on aille plus vers le civil et il faut que le civil vienne plus vers nous Je ne sais pas si c'est un hasard du calendrier ou pas mais Toulouse France cette édition se tient deux semaines avant le grand salon mondial de la défense Eurosatory qui se tient à Villepinte est-ce que ça il peut y avoir un effet comment dire pré-annonce est-ce que Toulouse peut faire l'objet d'un accélérateur de décisions d'investissement juste avant Eurosatory là en fait alors Satori c'est plutôt des rencontres entre entreprises et gouvernements et des stands mais là en fait vous avez moi par exemple je viens de rencontrer plusieurs entreprises européennes qui je tiens à le préciser quand même militent pour davantage de souveraineté européenne sur laquelle la France a quand même été un peu pionnière en la matière ça les intéresse y compris sur la question de la souveraineté des chaînes de valeur parce qu'on est quand même dans un monde où il y a ça aussi qui est un enjeu majeur et donc en fait qui viennent et qui annoncent d'ores et déjà plusieurs centaines de millions d'investissements y compris dans des domaines qui ont trait à la défense qui touchent à la défense parce que encore une fois nous sommes attractifs il s'agit d'entreprises européennes donc c'est bienvenue et puis qui évidemment vont participer à Satori et vont travailler avec nous à la suite dernière question je me permets de sortir un peu quand même du secteur de la défense mais c'est d'ordre éthique ou philosophique mais ça concerne aussi sûrement le secteur de la défense la semaine dernière pour la première fois le pape Léon XIV a publié une encyclique un peu la circulaire du Vatican où il dit notamment sa pensée autour de l'intelligence artificielle je vous en parle parce que l'IA elle est vraiment au coeur de ce sommet de Chouz France aujourd'hui et son grand message au monde entier à l'humanité d'ailleurs vous savez le Magnifica Humanitas sa circulaire c'est il faut désarmer l'IA comment est-ce que ce message est perçu et lu par la ministre déléguée aux armées écoutez dans le domaine de l'intelligence artificielle dès la loi de programmation militaire de 2023 donc celle qu'on accélère aujourd'hui on a décidé d'investir très fort dans l'IA militaire pourquoi ?
parce que tout le monde le fait tous nos grands compétiteurs le font et qu'il faut être dans la course et on l'est c'est-à-dire on n'a pas pris de retard on a pris les décisions au bon moment maintenant effectivement il y a des questions éthiques qui sont posées évidemment en particulier dans le domaine militaire mais si vous voulez si vous ne faites pas partie de la course vous n'êtes pas capable de réguler donc il ne faut pas opposer je crois à l'investissement et le fait qu'on y aille dans une compétition mondiale où il s'agit de notre propre défense et de nos propres intérêts d'une part et la régulation d'autre part parce que sinon on va subir donc nous au ministère des armées on a une position qui est très alente sur l'IA militaire mais en même temps qui nous permettra d'être responsables parce que l'objectif des forces armées c'est plutôt la paix Merci beaucoup en tout cas Alice Ruffo ministre déléguée aux armées aux anciens combattants voilà de nous avoir accueillis devant un tableau de bataille devant un magnifique tableau de la bataille d'Arcole qui date de 1796 lors de ce sommet de Chouze France à Versailles pour la neuvième édition merci beaucoup
Merci beaucoup Merci beaucoup Mathieu la bataille de l'IA face à la bataille d'Arcole c'était donc Alice Ruffo qui nous dit il faut être très agile l'innovation est très rapide et on le voit notamment évidemment dans les drômes et dans les investissements du côté de Toulouse du côté d'Airbus et du côté de Cahors tout de suite je vous propose d'écouter l'homme qui va être un peu l'artisan de cet accord incroyable qui a été fait avec Softbank je vous rappelle un investissement de 75 milliards d'euros dans les centres de données Mathieu Jolivet a interviewé Olivier Blum il est le directeur général de Schneider pour la France on l'écoute
Et ici au château de Versailles pour cette neuvième édition de Chouze France l'annonce star forcément du jour c'était le géant japonais Softbank qui met 75 milliards de dollars sur la table pour développer des data centers dans les Hauts-de-France et puis pour ça il va s'appuyer sur un partenaire clé ce partenaire clé c'est l'autre star du jour c'est le français Schneider Electric et son directeur général monde est avec nous Olivier Blum bonjour bonjour cette annonce assez spectaculaire de Softbank qui est en partenariat avec vous elle a été officialisée et scellée il y a seulement quelques heures à l'Elysée c'était ce matin vous y étiez je crois oui absolument c'est un projet phare pour Schneider Electric c'est un projet phare pour la France alors que vous sachiez on travaille avec Softbank de manière historique depuis de nombreuses années notamment sur le terrain américain et en Asie également on a une relation historique avec Softbank soit en direct soit avec un certain nombre de sociétés qui opèrent dans les data centers et effectivement il y a eu une convergence je dirais d'intérêt entre à la fois le gouvernement français Softbank qui voulait investir en France et ce qui était important c'était de mettre un écosystème qui puisse travailler ensemble pour aller vite et être capable de concrétiser ce projet qui a été lancé aujourd'hui alors on sait que ce sommet de choses France il tourne autour des annonces liées à l'intelligence artificielle c'est au coeur de toutes les annonces d'investissement c'est toujours un peu compliqué de savoir qui est qui qui fait quoi dans cet écosystème qui est devenu crucial qui est devenu même géopolitique mais vous Schneider Electric là-dedans un où est-ce que vous vous situez au niveau de la chaîne de valeur de l'intelligence artificielle et deux c'est quoi votre pièce du puzzle dans ce deal avec Softbank oui bien sûr c'est important Schneider en fait c'est une boîte des technologies de l'énergie nous on n'est pas dans la génération on n'est pas dans la consommation donc qu'est-ce qu'on fait avec une société comme Softbank on les aide tout d'abord à définir à concevoir à optimiser des data centers qui sont de plus en plus consommateurs d'énergie consommateurs de refroissement liquide donc nous on a un premier rôle c'est de travailler avec eux sur la conception sur le design une fois que cette conception est faite notre job c'est de leur fournir tous les matériaux tous les équipements qui vont aller soit dans les salles blanches soit dans les salles grises et en l'occurrence dans le cadre de ce projet qui a été annoncé aujourd'hui nous Schneider Electric on va créer aussi une usine à Dunker au même endroit qui sera collée au data center dans lequel on aura des modules préfabriqués des modules préfabriqués ce sont des modules dans lesquels vous intégrez tous les produits ils sont préfabriqués pour qu'ils soient installés très très vite dans les data centers donc on est en amont sur la conception on est en fabrication industrielle de ces équipements qui permettront d'atteindre les 3 à 5 gigawatts qui ont été annoncés et une usine dédiée à un tel projet ça illustre d'une part la force de frappe de ces méga data centers qui vont émerger dans les Hauts-de-France et aussi l'urgence à ne surtout pas perdre de temps absolument il y a une notion vous l'avez très bien dit qui est vraiment en anglais le time to market mais la vitesse à laquelle vous exécutez et quand on regardait comment les data centers étaient faits dans le passé les designs les conceptions n'étaient pas standardisés il y avait une chaîne d'apprentissonnement qui était longue et aujourd'hui quand je vous parlais de standardisation du design en amont et de modules préfabriqués c'est exactement pour ce point là pour aller beaucoup plus vite pour être capable d'atteindre le plus rapidement possible ces 3 à 5 gigawatts pour vous donner un ordre d'idée ça fait combien de PR je crois ça 3 à 5 gigawatts ça fait beaucoup en investissement mais pour vous donner un ordre d'idée en France la capacité installée de 1,5 gigawatts à fin 2025 en France sur la totalité sur tout le territoire donc on parle de 3 à 5 qui est double triple de ce qu'il y a et vous prenez que Softbank il y a d'autres projets qui ont été discutés aujourd'hui qui font que la France est en train de se positionner comme un des acteurs clés du support des infrastructures dans le monde de l'intelligence artificielle et qu'est-ce qui a fait la différence pour que Softbank décide d'aller d'investir en France et de s'allier avec vous est-ce que notamment l'environnement énergétique français le raccordement de tension notre puissance nucléaire est quelque chose qui a été un élément déterminant les facteurs clés suçés pour avoir ce genre de projet il faut un investisseur Softbank il faut un territoire qui soit capable de fournir des terrains où les permis de construire soit qu'on soit capable de les donner relativement rapidement dans ce cas-là le port de Dunkerque qui est en train de transformer une partie de son territoire offrait cette capacité un d'avoir des centres de données mais aussi d'avoir des usines et à vrai dire il voulait même avoir les deux il faut un gouvernement excusez-moi mais là vous cassez un mythe je croyais que la France c'était justement le pays des lourdeurs administratives mais c'est pour ça que j'en parle on passe tellement de temps un investisseur un territoire qui est prêt à accueillir son investissement un gouvernement au niveau de Bercy au niveau du président qui soit supportif de l'accès à l'énergie vous l'avez dit de l'énergie décarbonée qui est disponible immédiatement donc dans ce cas-là on a EDF RTE qui est un fournisseur d'accès à l'énergie et comme Softbank est une société d'investissement japonaise Schneider nous on est leur technologie partenaire mais en tant qu'entreprise française on est un facilitateur pour que cet écosystème travaille ensemble et pour qu'on ait pu aller très vite et effectivement je dirais c'est assez rare pour le mentionner c'est un succès quand on voit la vitesse à laquelle tout cet écosystème s'est assis pour travailler et pour se mettre d'accord donc vous êtes Schneider Electric je rappelle vous êtes le directeur général monde de Schneider Electric vous êtes venu le partenaire industriel et énergétique clé de Softbank qui annonce cet investissement spectaculaire de 75 milliards on est autour du développement de l'essor de l'intelligence artificielle là on est sur un terrain qui a dépassé l'économie qui est devenu aussi géopolitique on a vu que notamment Xi Jinping et Donald Trump ont compris depuis pas mal de temps que celui qui contrôlerait l'IA contrôlerait le monde et ce qui fait qu'aujourd'hui il y a eu une avance technologique et d'investissement sino-américaine qui est impressionnante est-ce qu'aujourd'hui l'Europe et la France en particulier n'arrivent pas trop tard est-ce que ce que vous annoncez aujourd'hui avec Softbank nous montre qu'il y a peut-être encore espoir de monter dans le train bien sûr non non il n'est pas trop tard et vous avez mentionné un enjeu géopolitique qui est l'intelligence artificielle il y en a un deuxième c'est l'énergie il n'y a pas d'intelligence artificielle il n'y a pas de centre donné s'il n'y a pas d'énergie ce dont on se rencontre au-delà du boom de l'intelligence artificielle le conflit du Moyen-Orient montre aussi que les gouvernements ont besoin d'électrifier beaucoup plus ont besoin de devenir moins dépendants des énergies fossiles et d'ailleurs vous l'avez entendu dans les dernières semaines que ce soit au niveau du Premier ministre au niveau du Président en France le sujet de l'électrification est très haut dans l'agenda la France est cet atout d'être un des pays qui a le plus grand pourcentage d'électricité de l'électricité qui est décarbonée et si vous rajoutez en plus cette volonté d'aller plus vite dans l'intelligence artificielle vous créez un écosystème qui est unique en Europe on parle de ces 3 à 5 gigawatts je vous disais qu'il y a d'autres investisseurs qui sont là aujourd'hui à Choose France pour regarder on peut potentiellement imaginer que c'est 2, 3, 4 fois plus qui puisse se faire en France dans les 5 prochaines années donc c'est un vrai changement de paradigme ce qui se passe en ce moment autour de l'IA est absolument spectaculaire ne serait-ce que les 4 géants tech US vont investir cette année autant que le quart du PIB de la France par exemple c'est peut-être une des plus grandes allocations du capital de l'histoire de l'humanité autour de l'intelligence artificielle est-ce qu'il n'y a pas quand même un risque de bulle vous savez nous on parle avec nos clients on écoute ce qu'ils se disent sur le marché mais on parle avec les 200 plus grands acteurs au niveau mondial qui nous disent voilà notre projet qu'on a pour les 12 24, 36 mois et quand on regarde aujourd'hui on ne voit pas de bulle pourquoi ?
parce que vous prenez je ne sais pas chez BFM mais chez Schneider Electric je peux vous dire qu'on est au tout début de la consommation d'intelligence artificielle qui est imprégnée dans nos produits dans les solutions qu'on vend à nos clients mais de la manière qu'on l'utilise en interne donc nous-mêmes Schneider Electric en tant que société on est au tout début de la consommation d'intelligence artificielle qui est facile mais qui soulève aussi parfois des difficultés d'adoption bien sûr il ne faut pas le négliger comme toute révolution c'est peut-être au début difficile à adopter il y a un point qui est très très important dans notre discussion c'est qu'on parle beaucoup des infrastructures on parle de la consommation énergétique je ne sais pas si vous le savez mais 1,5% de la consommation d'énergie mondiale est pour les data centers on va monter à 3% dans les prochaines années l'intelligence artificielle nous nous permet Schneider Electric d'amener de l'efficacité énergétique dans tous les segments donc on est toujours sur un système qui a deux vitesses l'intelligence artificielle l'énergie mais c'est une vraie révolution une vraie rupture technologique dernière question finalement cet écrin du château de Versailles vous voyez on discute devant ce magnifique tableau de la bataille d'Arcole de 1796 vous avez des enfilades de salons dans lesquels vous avez les investisseurs et les dirigeants les plus puissants de la planète qui s'assoient qui se rencontrent à l'improviste etc est-ce que ce qui a été créé il y a 9 ans qui au début était peut-être décrit comme un objet de communication politique est-ce que ça peut quand même être un accélérateur de deal vous savez moi j'étais là l'année dernière je vois le chemin qui a été fait en 12 mois on a l'occasion nous les dirigeants de se rencontrer dans plusieurs forums dans le monde et Choose France est devenu un endroit où les investisseurs viennent les boîtes de tech viennent les sociétés comme Schneider bien entendu sont là et où les gens se rencontrent et prennent décision si ce projet qui a été annoncé aujourd'hui avec South Bank est là aujourd'hui c'est parce qu'il y a des discussions qui ont démarré il y a 12 mois en amont donc c'est un sommet qui est très utile où les gens se rencontrent prennent des décisions et la France et l'Europe revient au coeur de tous ces investissements dernière question Olivier Blum quand même je ne vous emmène pas sur le terrain politique mais juste savoir quand même votre partenaire japonais Soft Bank est-ce qu'il est rassuré sur la stabilité politique en France je vous dis ça parce que après la dissolution et les 18 mois qui ont suivi cette instabilité politique qui a agité notre pays a tétanisé les milieux d'affaires et beaucoup de voilà les milieux d'affaires ont mis pause sur les décisions d'investissement c'est vrai qu'aujourd'hui on ne parle que de Choose France de notre attractivité des choses positives qui sont réelles mais est-ce que ça veut dire que cette instabilité politique qui avait tout figé c'est d'histoire ancienne je pense que l'intelligence artificielle est là ne fait que démarrer et tous ces investisseurs ont compris qu'il fallait que cet écosystème européen avance beaucoup plus vite donc de toute façon c'est une question de souveraineté pour les états que ce soit français ou au niveau européen d'avoir des quantités de calculs plus fortes localement et ça ça ira à travers les gouvernements ça restera à travers les gouvernements et je pense que les investisseurs ne se préoccupent pas de savoir qui sera là dans 12 mois dans 24 mois mais bien entendu ce qu'a fait le président Macron est un objet d'attractivité pour eux qui viennent qui se rencontrent et qui décident aujourd'hui on a compris les gouvernements passent l'IA monte merci beaucoup en tout cas Olivier Blum je rappelle vous êtes le directeur général monde de Schneider Electric la star du jour le partenaire clé industriel et énergétique clé de Softbank qui annonce 75 milliards d'investissements avec une première tranche de 45 milliards à l'horizon 2031 je crois pour développer des data centers dans les Hauts-de-France merci beaucoup merci à vous
Olivier Blum qui était vraiment l'homme du jour aujourd'hui à Versailles Mathieu Jolivet il y a maintenant autre interview celui d'Antoine Guyot qui est fondateur et président de Jimmy Jimmy vous savez qui conçoit ces petits générateurs thermiques qui permet de faire de la chaleur décarbonée puis qui vient de recevoir la validation du Haut-Commissaire à l'énergie atomique lui aussi il est à Tchouz-France il explique à Mathieu Jolivet pourquoi
bonjour Antoine Guillaume bonjour Mathieu merci alors racontez-nous comment ça se passe ici Tchouz-France pour vous vous êtes venu qu'est-ce que vous êtes venu de faire Jimmy je rappelle Jimmy c'est des mini réacteurs nucléaires qu'on appelle des SMR c'est ça ?
exactement donc on fait des petits réacteurs nous pour remplacer les brûleurs à gaz donc les industriels ont besoin d'énergie pour leur procéder généralement c'est l'énergie elle est sous forme de chaleur pour faire de cette chaleur ce qu'il y a de moins cher c'est d'utiliser des énergies fossiles et nous pour se passer des énergies fossiles à la fois pour le coût la souveraineté et la décarbonation on propose avec des petits réacteurs de remplacer ces brûleurs à gaz et de fournir une énergie moins chère à décarboner donc c'est un petit réacteur nucléaire sur mesure adapté aux besoins d'un industriel où on est sur des tailles plus petites mais avec une énergie potentiellement plus intéressante que l'énergie fossile exactement avec une sûreté intrinsèque c'est très important pour nos clients et donc en fait quand on vient chez Tchouz-France on voit à la fois nos fournisseurs pour certains on voit beaucoup de nos clients puisque tous les industriels enfin les gros industriels français très énergivores sont ici et donc ça nous permet de garder la relation avec eux puisque certes on en a un premier mais aujourd'hui il y en a plein d'autres qui sont en train d'être préparés et puis enfin il y a tous ces fonds d'investissement qui sont là et qui nous permettent d'anticiper les prochaines opérations de financement mais aussi les opérations de financement qui vont nous permettre de nous exporter puisque nous notre marché c'est avant tout l'Europe et du coup il y a plein de pays dans lesquels on pourrait s'implanter pour fournir encore une fois une énergie décarbonée pas chère et souveraine et alors ça je reviens sur l'organisation de Choose France mais d'un point de vue extrêmement pratique là vous voyez on est dans une des salles du château de Versailles qui jouxte un long couloir dans lequel se tiennent toutes les réunions et les meetings notamment avec le gouvernement il y a un enfilement une enfilade de petits salons contre celui dans lequel on est en train de discuter avec des délégations de toutes les nationalités d'industriels et d'investisseurs qui sont en train de discuter de vendre leurs solutions de faire des deals vous à la tête de votre start-up de votre start-up du nucléaire comment ça se passe quand vous venez ici vous caler avant des rendez-vous avec le gouvernement est-ce que vous vous baladez vous tombez sur des personnalités où ça vous fait gagner un temps fou de pouvoir tomber sur eux par hasard c'est surtout l'option 2 à notre niveau c'est Choose France ça reste quand même un rendez-vous de puissants industriels avec de puissants fonds d'investissement donc nous on est sur le côté en tout cas on a un jeu qui est plus opportuniste l'avantage qu'on a c'est qu'en effet on voit énormément de gens que l'on connaît et avec qui on garde une bonne relation et puis ça nous permet d'anticiper la suite puisqu'il nous arrive aussi d'avoir quelques meetings dans lesquels on prévoit la suite avec des partenaires
voilà c'était donc l'interview d'Antoine Guyot avec ses petits et ses mères donc c'est le rendez-vous des puissants pour reprendre son expression de Choose France mais c'est aussi le rendez-vous des futurs puissants merci Mathieu Jolivet merci Nathan Cocampo voilà c'est la fin de ce 18-19 tout de suite le Grand Journal avec Stéphanie Collot nous bien sûr on se retrouve demain bonne soirée
le 18-19 d'Edwish Chevrillon sur BFM Business