Nouveau gouvernement: l'interview de Jean-Philippe Tanguy, porte-parole du Rassemblement national
Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.
BFM TV face à face. Apolline de Malherbe. Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV.
Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour Madame de Malherbe. Merci d'être mon invité ce matin.
La politique ne prend pas de vacances, c'est le moins qu'on puisse dire. Il n'y a toujours pas de gouvernement. Jean-Philippe Tanguy, vous êtes le président délégué du groupe RN à l'Assemblée nationale.
Vous êtes député de la Somme. Toujours pas de gouvernement en particulier parce que vous continuez à bloquer dans l'ombre, semble-t-il. On parle d'un blocage au nom de Xavier Bertrand.
On évoque aussi d'autres personnages qui pourraient refaire leur entrée, revenir par une autre porte, comme l'ancienne première ministre Elisabeth Borne, qui est évoquée pour reprendre le dossier de l'éducation. On va y aller direct. Xavier Bertrand, Elisabeth Borne, ça passe ou vous censurez ?
Oui. Moi je ne sais même plus quoi vous dire en fait parce que déjà cette durée de ce casting par rapport aux urgences du pays, aux crises que l'on traverse est insupportable. C'est toujours le même sketch.
C'était déjà le même sketch même quand il avait une majorité relative. Donc ce n'est pas spécialement lié en fait à la configuration de l'Assemblée. Emmanuel Macron aime perdre du temps pour une raison simple.
C'est que pendant qu'il fait perdre du temps à la France, que tout le monde commente ses agitations, les mauvaises nouvelles avancent. J'espère qu'on pourra en parler. La hausse du prix du gaz de 4% au début d'année.
Une taxe sur l'électricité qui a été remise, ce qu'on appelle le TURP, du 1er juillet au 1er mars, pas vu pas pris. Bref, ça avance. Mais on n'en parle pas, c'est ça que vous voulez dire ?
Non, les fonderies de Bretagne, Renault, 300 emplois menacés dans l'ouest de la France. C'est une très nombreuse usine qui se retrouve aujourd'hui. Ce n'est pas une mise en cause pour le coup, j'ai quelque chose à dire, je le dis.
Non, là c'est que...
Vous voulez dire, nous, les journalistes, on le compte, on fait le job. Oui, mais nous aussi. Mais à un moment, il faudrait que le président prenne sa part.
Tous les hommes politiques, les femmes politiques, on parle de machin, de bidule. Et les 300 familles qui vont malheureusement être licenciées, si on ne trouve pas de solution, dans les fonderies de Bretagne, dépendant de Renault, on n'en parle pas. On en parle très très peu dans les médias locaux.
Quelques brèves ici ou là, mais on pourrait parler d'autres entreprises qui sont en difficulté. Donc il perd sciemment du temps pour Emmanuel Macron ? Bien sûr, c'est une technique propre à M.
Macron, une technique assez perverse de manipuler. D'ailleurs, lui-même s'était qualifié le maître des horloges. Ce que ça veut dire, au-delà de la mégalomanie assez inquiétante du personnel depuis le début, qui d'ailleurs maintenant transparaît, même dans des médias qui l'ont beaucoup soutenu, comme Le Monde.
Vous évoquez le journal Le Monde qui publie une série d'articles dans lesquels il reprenne notamment des propos qu'aurait tenu auprès de sa garde rapprochée ou auprès des ministres, qui aujourd'hui pour certains d'entre eux, on pense notamment à Aurélien Rousseau, l'ancien ministre de la Santé, désormais sous pavillon du nouveau Front populaire, qui relate, on va y revenir, le fait qu'Emmanuel Macron aurait dit que les urgences étaient pleines de mamadous. Je cite dans le texte, le journal Le Monde. Entre autres, mais vous voyez, on a été élu en juillet.
Qu'est-ce qu'on a fait, nous, députés à l'Assemblée ? Rien. Rien.
On a été mis de fait en vacances, deux mois cet été, de vacances forcées. Nous, on était sur le terrain, on était dans ma circonscription, comme beaucoup de députés de tous partis politiques, mais pour les Françaises et les Français, à l'Assemblée nationale, on n'a rien fait. Là, on a encore mis en vacances forcées jusqu'au 14 janvier.
Pourtant, la plupart des groupes politiques ont demandé qu'on puisse se réunir pour faire passer en urgence les dispositions sur l'agriculture, pour voter l'utilisation des tickets restaurants avant le 1er janvier dans les super-marchés. Et justement, vous le disiez, cette attente interminable, j'y reviens dans un instant avec vous, Jean-Philippe Tanguy, mais je voudrais juste signaler que la voiture qu'on vient de voir sur l'image de BFM TV rentrée dans le bâtiment sur le côté, c'était donc la voiture de François Bayrou qui arrivait à Matignon, qui devait voir Emmanuel Macron. On ne sait plus finalement s'il se voit, s'il se parle par téléphone.
Surtout en France, en fait. Non mais exactement, on finit d'ailleurs par se dire que, qu'est-ce qu'on attend en fait ? Mais c'est ça, moi, une fois plus, vous n'êtes pas la pierre, nous sommes des responsables politiques, vous êtes des journalistes, on subit en fait tout cette espèce de mascara du faux pouvoir, des semblants du pouvoir, mais c'est tout ce qu'il lui reste à M.
Macron ou à M. Bérou ou à la Macronie en général, c'est l'apparence du pouvoir, c'est le cirque des voitures, c'est partager des débris de fin de règne, et derrière ça, il ne se passe rien pour les Français. Même Mme Borne, vous parlez Mme Borne, je la vois souvent parler du fait qu'on a voté plus de 100 textes législatifs pendant les deux ans précédents, la dissolution.
Mais c'était des tout petits textes. Alors, il peut y avoir des mesures utiles pour les gens. Mais on n'avait pas de grandes mesures sur la crise agricole, sur le pouvoir d'achat.
Et bien sûr, en fait, ça fait deux ans et demi que notre pays est paralysé, qu'on fait des surplaces, le monde avance, les États-Unis avancent, la Chine avance, nous perdons en puissance économique, nous sommes toujours victimes d'une submersion migratoire. Et finalement, le bilan de M. Macron, depuis deux ans et demi, par sa faute, c'est la réforme des retraites, dont plus personne ne veut, et qui finance rien.
On entend tout mettre sur le dos du chef de l'État. Alors, je veux bien qu'il en ait une grande part. Mais tout de même, Jean-Philippe Tanguy, qu'avez-vous fait pour que ça ne bloque pas cette censure que vous avez votée ?
C'est quand même vous qui avez précipité ce gouvernement. Et ça chute. Aujourd'hui, on aurait un budget.
La France serait un peu moins à l'arrêt. Mais c'était quoi ce budget ? C'était 40 milliards.
Je lisais la note encore de l'OFCE, qui fait un bilan, qui compare la loi spéciale qu'on a votée. Qui fait un bilan sur la loi spéciale. Je précise les choses pour que ceux qui nous écoutent ou qui nous regardent le comprennent bien.
En effet, on a bien compris, il n'y a pas eu de budget voté. Tant qu'il n'y a pas de budget 2025, on reconduit via ce qu'on appelle une loi spéciale le budget de l'année précédente. Et l'OFCE, qui est donc l'analyste des économies des pays occidentaux, constate que les plus malchanceux de cette loi spéciale, ça va être les classes moyennes françaises.
Oui, ça c'est pas vrai. Mais on pourrait y revenir. Il y a certains morceaux que vous prenez de leur analyse, mais le reste, quand ça vous met en cause, vous, vous ne vous connaissez pas.
Ça ne vous met pas en cause, c'est juste les chiffres qu'ils donnent. C'est intéressant, les chiffres en valeur absolue, pas l'analyse qui en est faite après. On parlait de 45 milliards d'efforts budgétaires, dont 30 milliards d'impôts.
Donc on n'était déjà pas dans ce que disait Michel Barnier, ce que nous on avait dit depuis le début, vous m'aviez reçu à l'époque, vous avez dit, c'est pas vrai qu'il n'y a que 20 milliards d'impôts, comme le disait Michel Barnier, et 40 milliards d'économies, c'est inversé. Donc c'était bien inversé. Donc je suis très fier qu'on ait bloqué un budget qui ne faisait aucune réforme structurelle d'économie, qui faisait porter tous les efforts par des hausses d'impôts sur les entreprises, sur les ménages, sur tous les ménages avec la hausse de taxes sur l'électricité, par exemple, mais aussi des coûts de rabot, une taxe sur le sucre, encore une taxe sur le tabac, encore la baisse de remboursement des médicaments, des baisses de droits ici ou là, la désindexation de retraite, qui grâce à notre censure, les retraites vont bien être indexées.
Et contrairement à ce que j'ai entendu par la propagande d'État, ce n'est pas les grosses retraites, c'est les retraites de base de la Sécurité sociale, donc c'est jusqu'à 2500 euros bruts, donc c'est 1900 euros nets, il n'y a quand même pas de quoi parler de grosses pensions. Donc tout ça, on l'a évité. Et qu'est-ce qu'on a aussi évité ?
On a évité encore cette inertie. Nous, on a proposé des économies, par exemple 3 milliards sur les opérateurs de l'État, sur la trésorerie des opérateurs, Bercy ne voulait pas en entendre parler. Et derrière cela, il y a quoi ?
Il y a l'inertie de cette haute administration française, de ces gouvernements qui ne font rien, qui reproduisent sans cesse les mêmes horreurs et qui n'ont rien à proposer au pays. D'ailleurs, aujourd'hui, qu'est-ce que M. Macron veut proposer au pays ?
M. Bérou, j'ai entendu, qu'est-ce qu'il propose comme ligne ? Tout le monde est perdu, il n'a rien à dire, rien à proposer, et on en revient à ce casting qui était votre première question.
On se perd en conjecture sur des noms qui ne prennent pas un contenu politique très fort. Parce qu'en fait, il n'y a pas de ligne directrice. Il y a notamment deux noms qui ressortent.
Celui de Xavier Bertrand, qui revient non plus pour le poste de Premier ministre, comme ça avait été évoqué à la fin de l'été, mais pour un ministère qui pourrait être le ministère de la Justice. Et le nom d'Elisabeth Borne, l'ancienne Première ministre, qui pourrait prendre le ministère de l'Éducation. Xavier Bertrand, au gouvernement, est-ce que vous censurez, ou est-ce que vous vous dites, dans un ensemble plus large, c'est OK ?
C'est un mauvais signe qui est fait, parce que ça veut dire qu'ils ne tiennent pas compte de la volonté des Français de changement. Alors, M. Bertrand à la justice, mais qu'est-ce que connaît M.
Bertrand à la justice ? Rien dans son parcours ne l'indique d'avoir des compétences particulières pour être à la justice. Donc, on est dans le casting.
Mme Borne a une éducation nationale. Il y a vraiment quelqu'un dans le pays qui imagine que Mme Borne a une capacité particulière pour diriger la plus grande administration de l'État, après ce qu'elle a fait à Matignon, où elle a accumulé les dettes, les difficultés, où elle n'a rien fait. Ou par ailleurs, Mme Borne est rejetée par une très grande majorité des Français.
D'ailleurs, ce qui est très inquiétant dans ce qu'on voit, on voit les retours du terrain. Moi-même, je l'avais d'ailleurs sous-estimé, je suis honnête avec vous. Je pensais que M.
Béroud n'avait pas une image aussi mauvaise dans le pays, dans ma circonscription. Il y a vraiment un rejet de M. Béroud que sans doute on avait sous-estimé, parce que nous, dans le milieu parisien, il faut bien le dire, dans le milieu politique, M.
Béroud n'est pas le pire. C'est quelqu'un avec qui on peut dialoguer, c'est quelqu'un qui a plutôt été tolérant envers les oppositions. Mais vous voyez, on peut avoir, finalement, je faisais la remarque ce week-end en discutant avec mes compatriotes, parfois, même nous, on peut avoir un regard biaisé par rapport à la volonté des gens.
Quand vous dites même nous, c'est-à-dire quoi ? Même nous, RN ? Vous êtes finalement devenu membre du système ?
Vous aussi, quoi ? Vous aussi du parisienniste ? Non, mais j'essaie d'être honnête avec vous, parce que, oui, dans tout accès aux sphères du pouvoir, tout accès à des responsabilités, vous pouvez vite, évidemment, vous déconnecter.
Personne n'est protégé de ça. Si vous arrivez, effectivement, à l'Assemblée nationale ou dans des grands médias parisiens, en disant, moi, je suis différent, moi, je ne vais pas subir les influences que tout le monde a subies, vous êtes dans l'erreur, vous êtes dans l'hubris, dans la mégalomanie macroniste. Moi, j'essaie de me prévenir de ça, donc j'essaie d'être honnête avec vous.
Quand je vous dis que, voilà, M. Bérou, j'ai connu...
Vous vous étiez dit, ce n'est pas le pire, et vous vous retrouvez, effectivement, sur les marchés ce week-end. Il y a un rejet, non pas de sa personne, son caractère, mais du fait qu'il est toujours dans la continuité du macronisme. Quand vous parlez de M.
Bertrand, Mme Borne, il n'y a pas de rupture. Déjà, une très mauvaise opinion de François Bayrou, et effectivement, Jérôme Fourquet, l'analyste de l'IFOP, qui était mon invité tout à l'heure sur RMC, disait que ce n'était pas tant François Bayrou lui-même qui était rejeté qu'une forme de lassitude et de fatigue de ces premiers ministres qui se succèdent. Vous ne m'avez pas dit, quand même, censure.
Xavier Bertrand et Elisabeth Borne, on sent, ça ne vous plaît pas follement, mais ça n'est pas un motif de censure. Non, mais il faudra évidemment que la ligne politique de M. Béroud conduise la France dans la passe.
Là, j'essaie de me dire que si je choisis Mme Borne, si je choisis M. Bertrand, c'est très mauvais signe pour la ligne politique qui veut suivre. Comment voulez-vous que Mme Borne...
Très mauvais signe ? Non, mais pardon, je voudrais quand même qu'on comprenne. Mais ce n'est pas moi qui décide, Mme de Malherbe, c'est un groupe.
Si le RN décide tout d'un coup que c'est persona non grata absolue et que ça signifie censure, dans ces cas-là, le gouvernement ne passera même pas le mois de février. Donc, c'est important ce que vous allez dire ce matin, Jean-Philippe Tanguy, ce matin. Moi, je suis très clair.
Je vous dis que ce n'est pas une question de personne, c'est une question de ligne politique. Pourquoi ces personnes sont nommées ? On avait mis des menaces de censure sur M.
Bertrand, sur Mme Borne, on n'y avait même pas pensé, s'ils étaient à la tête du gouvernement. Parce qu'on ne peut pas travailler avec Xavier Bertrand. Moi, je suis conseiller régional des Hauts-de-France, on ne peut pas travailler avec lui.
Il est dans l'agressivité, il est dans le sectarisme, il veut tout diriger tout seul, et il est dans les invectives permanentes. Comme Premier ministre, c'était non, comme membre du gouvernement, ce n'est pas terrible, mais ce n'est pas non. Non, on ne peut pas censurer uniquement sur ce casting.
Par contre, je vous le dis, je le redis, au-delà des femmes, au-delà des hommes, qu'est-ce que ça veut dire sur la ligne politique ? Moi, je ne vois pas Mme Borne participer à un gouvernement qui renie, qui modifie en tout cas en profondeur ce qu'elle a fait comme Premier ministre. Ce n'est pas logique.
Je ne vois pas M. Bertrand, et d'ailleurs, il en est intellectuellement incapable, dépasser toutes les erreurs qu'il a faites pendant 20 ans, à toutes les échelles possibles, imaginables. Par intellectuellement capable, ça veut dire quoi ça ?
Parce qu'il est très orgueilleux. Mais comme la plupart des hommes politiques, peut-être qu'on finira pareil. Vous savez, moi, je n'ai pas un goître d'orgueil qui pense que nous, on est fondamentalement différents.
Je pense que les institutions sont là pour protéger les femmes et les hommes politiques de leurs défauts et de leur capacité à s'illusionner. Mais M. Bertrand, qu'on nous fréquente bien, qui est souvent invité, n'est jamais capable de reconnaître ses erreurs.
Il fait croire qu'il est toujours d'accord avec le temps présent. Par exemple, prenons les agences réunales de santé. C'est lui qui les a créées.
C'est lui qui les a créées. Alors, il était ministre de la Santé. Oui, maintenant, il veut les supprimer.
Mais est-ce que vous l'avez déjà entendu dire ? Je m'excuse auprès des personnels soignants, des malades français, pour qui j'ai créé ces agences qui n'en servaient à rien, qui en coûtaient très cher. Est-ce qu'il s'est déjà excusé pour une seule chose qu'il a faite ?
Non. Moi, je me suis déjà excusé pour des choses alors que je n'ai jamais eu ce niveau de responsabilité. Moi, c'est une différence de nature.
Moi, on m'a appris, dans ma famille, la Cénoël, on va tous se retrouver. Moi, j'ai eu une certaine éducation. Moi, on m'a appris que quand je commettais une erreur, on s'excusait.
On a bien compris que ça ne vaudrait pas censure immédiate, mais que c'était un mauvais signal à vos yeux de ce que François Bayrou a tant fait de son gouvernement. Jean-Luc Mélenchon dit que le gouvernement de François Bayrou tombera sans doute dès le 16 janvier. Mais bon, M.
Mélenchon fait des prédictions autoréalisatrices. Ou plus tard en février. Mais ça dépend de M.
Vous pensez qu'il peut passer l'hiver ? Il peut passer l'hiver s'il annonce des mesures fortes à la représentation nationale. Il va faire son discours de politique générale le 14 janvier.
C'est pour ça que M. Mélenchon donne le 16. C'est que le temps qu'il fasse une censure.
Si M. Bayrou annonce des mesures de rétablissement des comptes publics, de rétablissement de l'autorité, des mesures qui peuvent être consensuelles. Il garde Bruno Retaille ou ça, ça devrait vous satisfaire ?
On verra. Hier, M. Retailleau, dans une interview à vos confrères de la presse écrite, m'a beaucoup inquiété.
Ah, pourquoi ? Parce qu'en fait, il a dit que pour rester ministre, il ne voulait plus de loi et qu'il voulait bien quelques dispositions juridiques, individuelles. Mais il y a un sens caché à ça parce que c'est vrai qu'on lit l'interview, on peut se dire bon oui, M.
Retailleau, il est très ferme, il est dans l'autorité. Mais s'il n'y a pas de loi, vous ne pouvez pas prendre un certain nombre de mesures fortes. Vous vous souvenez de la censure des dispositions dont certaines venaient d'ailleurs à l'époque de M.
Retailleau au Sénat. Dans la loi immigration d'il y a un an. Par le conseil constitutionnel.
C'est parce que le conseil constitutionnel estimait qu'il fallait une loi à part entière, que c'était des mesures qu'il appelle cavalier législatif et qu'on ne pouvait pas les rajouter comme ça de manière isolée. Il fallait une loi à part entière. Donc ce n'est pas suffisant pour vous rassurer en tout cas.
Non, c'est même très inquiétant ce qu'a dit hier M. Retailleau parce que c'est un technicien. Donc je sais pourquoi il le dit ça.
C'est comme ça, il n'a pas l'air d'y toucher. Mais en fait, ce petit changement qui a là d'être une nuance pour le grand public qui dit bon, il ne veut pas une loi, il va prendre quelques mesures. Il ne peut pas les prendre si ce n'est pas une loi.
Donc en fait, en disant comme ça au coin d'une interview, il dit, il assume qu'il recule. Pareil sur la régularisation des clandestins. Il ne dit plus je suis contre la régularisation des clandestins, je vais modifier le décret de régularisation pour qu'il soit un peu plus ferme.
Mais il y aura toujours des régularisations de clandestins avec Bruno Retailleau. C'est encore un reniement sous couvert de fermeté. Bruno Retailleau, qui comme vous le demandez d'ailleurs au RN, estime qu'il faudra revoir également la question de l'AME, l'aide médicale d'État.
Comment vous avez réagi quand vous avez entendu que le président Emmanuel Macron disait des urgences qu'elles étaient pleines ? Je cite, de Mamadou. Écoutez, ça m'a rappelé une blague, je ne sais pas ça très drôle, qu'il avait faite quand il avait visité déjà l'océan indien Mayotte et la Réunion.
Il avait parlé des kwasakwasins qui sont des bateaux, des pirogues maorèses, enfin des comoriennes en l'occurrence, mais qui vont des comores à Mayotte en disant le kwasakwasak pêche peu, il livre des comoriens. À l'époque, tout le monde avait fait ça très drôle puisque M. Macron était à la mode et que donc tout lui était pardonné, tout lui était passé.
Ça avait été largement dénoncé quand même. Pas beaucoup, non, je me souviens très bien, ça m'avait beaucoup choqué. Et en fait, c'est à l'occan.
C'est ça M. Macron. C'est-à-dire ?
Et c'est pour ça. Mais vous savez, l'Élysée a démenti les propos. Oui, la blague, il n'avait pas démenti, elle avait été prise en flagrant délit.
Donc moi, je veux bien que M. Rousseau mente et que ce passif n'existe pas. M.
Rousseau, Aurélien Rousseau, l'ancien ministre de la Santé, qui est celui à qui, effectivement, Emmanuel Macron aurait tenu ses propos. M. Macron, il appartient à une certaine forme que je connais bien, d'aristocratie d'État qui est coutumière de ce genre de déclaration.
C'est-à-dire, ce sont des gens qui utilisent, je l'ai dit pendant les campagnes, qui utilisent les valeurs républicaines, les valeurs de la démocratie pour faire barrage aux uns ou aux autres, se prévaloir de grandes valeurs et qui, en fait, dans leur comportement quotidien, dès qu'il n'y a plus de caméras, dès qu'il n'y a plus de personnes pour les commenter, disent des horreurs de ce type. J'en ai entendu dans ma vie des dizaines, des dizaines. Ça ne vous surprend pas.
Pas du tout, mais ce n'est pas que ça me surprend. Je sais, pour les avoir déjà entendus des uns et des autres, que c'est ça. Il n'y a plus les caméras, ce ne sont plus les mêmes personnes.
Ce sont, c'est vraiment, excusez-moi, j'ai un trouble de mémoire, mais la double personnalité, Janus. Vous savez, ce dieu à double face. Ce sont des gens qui utilisent les valeurs de la République, les valeurs françaises pour se donner des vertus qu'ils n'ont pas.
Et dans le domaine privé, ils ont beaucoup de vices et souvent des comportements pour lesquels les Français seraient très choqués. Les propos homophobes aussi que j'ai dénoncés sur les réseaux sociaux de M. Macron.
Qui sont également évoqués par le journal Le Monde. Voilà, c'est exactement des choses que j'avais entendues plusieurs fois. Je m'étais moqué d'eux quand j'avais commencé mon mandat.
Tout le monde m'était tombé dessus parce que c'est compliqué pour des gens qui les connaissent bien. Moi, je viens, je suis un espèce de rebelle au système. Moi, j'ai fait les grandes écoles comme eux, je les ai fréquentées comme eux.
On est aspiré vers ce système quand on vient des classes moyennes, des classes populaires. Ce système, c'est comme le soleil, vous êtes attiré vers lui et on vous demande de tout trahir pour avoir de l'argent, pour avoir des responsabilités, bref, pour réussir, comme il disait, ceux qui ne sont rien. M.
Macron disait ceux qui ne sont rien. Ce système, c'est le mépris des gens qui ne sont rien pour aspirer les gens qui pourraient défendre nos compatriotes. Moi, je suis un rebelle à ce système donc je les connais par cœur.
C'est vrai que vous êtes un rebelle à ce système. J'ai du mal à comprendre ça, Jean-Philippe Tanguy. J'ai fait des grandes écoles, j'ai commencé à travailler dans les multinationales.
À l'époque, j'ai rencontré M. Macron dans les couloirs de la Banque d'Affaires. Qu'est-ce qui vous a fait rompre ?
C'est ce genre de comportement, c'est-à-dire des gens qui parlent des valeurs toute la journée. Vous parlez de quoi ? Une hypocrisie permanente, mais de gens qui sont vraiment des duplices, qui sont dans la duplicité permanente, qui vont vous parler de justice sociale et qui vont aller faire un deal dans la banque Rothschild qui met sur la paille des dizaines et des centaines de personnes et qui vont vous parler de la souveraineté de la France et qui vont vendre Alstom à General Electric avec les brevets des centrales nucléaires.
Des gens qui vont vous dire on fait barrage à l'homophobie, on fait barrage au racisme, on fait barrage à l'antisémitisme et qui vont dire des horreurs dans les couloirs. Voilà, entre eux, entre eux, quand ils sont entre eux. C'est l'entre-soi, ces gens.
C'est une oligarchie qui considère que le peuple n'est pas leur égal. C'est la différence avec le Rassemblement National. J'espère, Jean-Philippe Tanguy.
Nous, on pense que le peuple est notre égal et on défend le peuple et surtout, on pense que nous, on doit obéir au peuple. J'espère, Jean-Philippe Tanguy, qu'après des accusations pareilles, mais qui sont en effet celles qui sont aussi étayées par les articles du journal Le Monde, lorsque vous êtes entre vous au RN, j'espère que vous avez un comportement irréprochable. Exactement.
Voilà, Marine Le Pen, elle est en privé exactement comme elle est en public. C'est d'ailleurs quelque chose qu'on lui reconnaît, même ses adversaires qui la connaissent depuis très longtemps. Mais je vais vous dire ce que je vous ai raconté là, ce n'est pas juste pour...
Même si je trouve ça intéressant, important que les gens connaissent un certain nombre de coulisses. C'est aussi, ils n'obéissent pas au peuple. C'est ça que je voulais dire, le fond de ma pensée.
C'est que cette duplicité permanente, cet entre-soi, c'est qu'au fond, ils n'estiment pas, comme démocrates, comme républicains, qu'ils doivent obéir Jean-Philippe Tanguy, qu'avec cette attente effectivement dont vous dites qu'elle est interminable, c'est une manière de ne pas répondre aux attentes des Français ? Absolument. Ils estiment qu'ils n'ont pas de compte à rendre.
Ils ne sont jamais responsables. L'ensemble, il y a la commission d'enquête à l'Assemblée nationale sur les 1 000 milliards de dettes créées. Personne n'est responsable de rien.
M. le maire, ce n'est pas sa faute. C'est la faute des oppositions qui n'ont pas voté ce qu'ils voulaient.
M. Cazenave, M. le ministre du budget, ce n'est pas sa faute.
Il n'est pas responsable, il n'est responsable de rien et la dissolution, on ne sait même plus si c'est lui qui l'a vraiment décidé. Ce sont des gens qui veulent être des responsables politiques mais qui se prévalent toujours d'une irresponsabilité démocratique. Ils ne veulent pas obéir au peuple français quand ils votent.
Référendum de 2005 envoyé à la poubelle et aux dernières élections, ils continuent, ils continuent, ils continuent. Et on a bien entendu, Jean-Philippe Tanguy, c'est la pédagogie. Il n'y a pas de censure.
Il faut expliquer aux Français qu'ils seraient des enfants. Les Français ne sont pas des enfants et nous on considère comme responsable politique qu'on doit obéir au peuple français. Mais on a bien entendu ce matin, Jean-Philippe Tanguy, vos critiques, elles sont très sévères mais pour autant, il n'y a pas de censure automatique, immédiate dans les tuyaux.
Non. Non, non, non, nous, on jugera sur pièce. Qu'est-ce que M.
Béroud, pour le moment, ce n'est pas brillant dans ses interventions, veut présenter au peuple français ? On lui laisse cette chance parce que la situation est grave et on ne peut pas faire la politique du pire. Par contre, on prendra nos responsabilités, Marine Le Pen l'a encore dit dans un certain nombre d'entretiens, si la perspective qu'on donne aux Français, c'est juste de leur taper sur la tête, de les punir et de ne pas faire de réformes structurelles.
On lui laisse cette chance, on lui laisse cette chance, comme vous dites, Jean-Philippe Tanguy, ce matin, donc président délégué du groupe RN à l'Assemblée nationale, député de la Somme. Et c'est à suivre, évidemment, aujourd'hui puisque, une fois de plus, on nous promet un gouvernement imminent. Merci, Jean-Philippe Tanguy.
Il est 8h53 sur RMC et BFM TV. Merci. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Jean-Philippe Tanguy