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interviewFrance Inter — L'invité de 8h20· 28 juin 2021 9 min

Bruno Retailleau : "Nous seuls sommes en mesure de perturber le duel entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron"

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Il est 8h32 et le deuxième invité du grand entretien vient de s'installer en studio. Léa et moi accueillons maintenant le vice-président du groupe Les Républicains au Sénat, sénateur LR de la Vendée. Bonjour Bruno Retailleau.

0:20
Bruno Retailleau

Vous me rétrogradez là, vous me donnez du vice-président. Ah j'ai dit vice ? C'est moi qui dois être vicieux, excusez-moi.

0:28
Présentateur

Ça fait longtemps que vous n'avez pas vu Bruno Retailleau. Ça faisait tellement longtemps qu'on a oublié l'essentiel. Donc merci d'être là en tout cas, carton plein pour la droite qui conserve l'ensemble des régions qu'elle détenait depuis les précédentes régionales de 2015. Avant d'entrer dans les détails, dites-nous ce matin Bruno Retailleau, quelle est votre analyse de ce résultat ? Est-ce le grand retour de la droite ou restez-vous modeste, modérato en vous disant qu'avec 66% d'abstention et donc une participation extrêmement faible ? Il n'y a pas de quoi pavoiser ce matin.

1:02
Bruno Retailleau

Personne ne peut pavoiser, c'est clair. Deux enseignements en dehors de l'abstention qui étaient largement commentés à juste titre. Le premier c'est que rien n'est joué pour les présidentielles. Et donc on peut perturber ce face-à-face annoncé entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Et ceux qui sont capables de le faire, c'est la droite. La droite est aujourd'hui en France majoritaire, un certain nombre de suffrages, mais en même temps de sondages et d'études le disent très bien. Et donc on a une responsabilité particulière. Simplement un mot, moi j'aimerais entendre Emmanuel Macron. Parce qu'il va faire à nouveau comme il l'a fait cette semaine, comme si de rien ne s'était passé.

Et c'est ce qui encourage, je crois, l'abstention. Quant aux politiques au plus haut niveau de l'État, alors même qu'il a fait campagne, souvenez-vous, son itinérance, les cinq ministres envoyés contre Xavier Bertrand, moi j'aimerais l'entendre. Et j'aimerais surtout qu'il en tire les conséquences. C'est-à-dire ? Qu'il en tire les conséquences, qu'il en tire le en même temps qu'il ne mène à rien, qu'il arrête les galipettes avec les youtubeurs à l'Elysée, et qu'enfin il pratique une politique qui soit à même de rétablir l'ordre, par exemple en France.

2:07
Invité

Comment expliquez-vous Bruno Retailleau, le score de La République En Marche à ses élections et ce paradoxe qui veut que le président de la République a une cote de popularité qui reste très haute, il est autour de 50%. Il est haut dans les sondages de popularité, mais son parti n'arrive pas du tout à marquer des points aux élections, et notamment aux élections régionales. C'est un président seul ? C'est un président sans parti ?

2:29
Bruno Retailleau

Mais le projet d'Emmanuel Macron et du macronisme, c'est Emmanuel Macron tout seul. C'est E.M. Il avait donné à En Marche ses propres initiales. Et je pense qu'Emmanuel Macron a voulu déconstruire. Mais il n'a rien construit. Quelle nouvelle pensée politique nous propose-t-il ? Le progressisme, tu parles. Je pense qu'il n'a pas réussi à créer, à susciter un élan. Il est déconnecté et, deuxième raison, et ça c'est notre responsabilité. Je pense qu'on lui laisse devant lui le champ libre. Et j'appelle ma famille politique, à partir d'aujourd'hui, à se rassembler, parce que nous seuls, nous sommes en mesure de perturber le duo, le duel Marine Le Pen et M. Macron.

3:11
Présentateur

Et puis les problèmes peuvent commencer aussi pour vous. Ce matin, Bruno Retailleau, ce sont des problèmes de riches, mais ça peut être des problèmes quand même. Xavier Bertrand, Laurent Wauquiez, Valérie Pécresse ont été réélus au la main et se tournent vers la présidentielle. Clairement, ils ont fait chacun un discours de candidat. Hier soir, c'était presque un discours programmatique pour chacun. Donc c'est aujourd'hui que la guerre commence. Bruno Retailleau, la droite la plus bête du monde, comme on dit, va pouvoir commencer à s'entretuer, là, dès 8h35 ce matin ?

3:38
Bruno Retailleau

Ça ne passera pas par moi, Nicolas Demorand. Et vous avez raison, nous sommes une droite querelleuse, un peu gauloise. Je sais, l'histoire ne parle pas forcément pour nous. Mais je pense que, moi j'en appelle à cette responsabilité, parce que sur nos épaules, il pèse quelque chose de lourd. On doit proposer une alternance, une alternative aux Français. Nous sommes seuls à pouvoir le faire. Et non, on ne va pas commencer à se chamailler. Je vois juste après ce studio, Michel Barnier. Je verrai demain Valérie Pécresse, je verrai Laurent Wauquiez. Et dans les jours suivants, je verrai aussi Xavier Bertrand. Je pense que cette responsabilité doit nous permettre d'être à la hauteur des enjeux.

et le résultat de dimanche nous oblige.

4:18
Invité

Mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire quoi ? Parce que c'est des jolis mots. Oui, vous avez raison. À chaque fois, on les prononce, on les entend, vous les prononcez, et ça se termine par une bagarre très frontale. Et je ne vais pas vous rappeler les précédents de guerre fratricide à droite. Vous n'avez pas besoin de lire. Vous les avez vécues personnellement, notamment. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire, soyons clairs, en fait. Soyons sans langue de bois, puisque là, vous avez un Xavier Bertrand qui est parti, vous avez Laurent Wauquiez qui est parti. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire des primaires, Bruno Retailleau ?

4:47
Bruno Retailleau

J'ai toujours été favorable au vote, parce qu'on est dans une démocratie.

4:51
Invité

Oui. Xavier Bertrand vous dit, je n'irai pas aux primaires.

4:53
Bruno Retailleau

Si ce sont des primaires ouvertes, il y viendra, parce qu'il pourrait les gagner. Donc je ne vois pas pourquoi il refuserait cette règle, si tant est que LR, mon parti politique, propose cette règle. Simplement, ce que j'observe, c'est que chacun aujourd'hui est convaincu, à la fois qu'on peut gagner cette élection présidentielle, mais qu'on ne la gagnera que rassembler. Donc, encore une fois, ça crée, je crois, quelque chose, une forme d'urgence. Et j'espère ne pas me tromper. En tout cas, moi, je ne serai pas un diviseur et j'essaierai de faire en sorte qu'on se rassemble.

5:22
Présentateur

Xavier Bertrand a fait reculer le Rassemblement National. Il a terrassé cinq ministres, dont Éric Dupond-Moretti, Gérald Darmanin. N'est-il pas primaire ouverte ou fermée ? N'est-il pas, ce matin, le candidat naturel de votre famille politique ?

5:37
Bruno Retailleau

Je pense qu'il n'y a pas encore de candidat naturel. Il est bien parti, il est parti le premier, mais d'autres ont fait de bons scores. Je pense à Laurent Wauquiez. Je pense que dans une région difficile comme la région parisienne, l'Ile-de-France, Valérie Pécresse a fait aussi de très bons scores. Voilà, nous sommes une famille politique. Il y en a qui sont restés dans LR, d'autres non. On doit réussir à se parler, mais je pense qu'il y a deux conditions pour gagner l'an prochain. Un, une ligne claire. Pas de fusion, parce que c'est la confusion. Et les Français, et je crois que c'est ce qui encourage aussi l'abstention, c'est quand tout est brouillé.

Je pense que cette ligne claire, ce cap clair, c'est Laurent Wauquiez qui l'a utilisé cette expression hier, elle est valable. La deuxième chose, c'est l'unité. Je pense qu'on peut en trouver les moyens. En tout cas, je veux le croire, parce que sinon, c'est clair, on laissera une fois de plus le champ libre au fameux duo dont les Français ne veulent pas, puisqu'à tous les scrutins territoriaux, ils l'ont rejeté.

6:29
Invité

Territoriaux, mais pas nationaux. Aux européennes, c'est eux qui sont imposés.

6:32
Bruno Retailleau

Vous avez raison, mais Léa Salamé, vous avez parfaitement raison. C'est la raison pour laquelle je pense, moi, que certes, il y a une victoire territoriale, régionale, mais que ce n'est pas automatique de la transformer en victoire nationale. Il faut les conditions dont je vous ai parlé, l'unité, la clarté, et le rassemblement, c'est absolument nécessaire.

6:50
Invité

On entend votre position ce matin. On vous entend aussi louer les performances de Laurent Wauquiez, de Valérie Pécresse et de Xavier Bertrand dans leurs trois régions. Bruno Retailleau, vous ne parlez pas de vous. Est-ce à dire que vous avez renoncé, vous, ce matin, à être candidat ? Vous sortez du « game », comme on dit ?

7:05
Bruno Retailleau

Non, mais je suis tout simplement, je suis en train de vous dire que les régionales ne peuvent pas être un système de primaire. Voilà. Donc, tout le monde peut, Michel Barnier, comme moi, peut prétendre à participer, bien sûr, à une primaire.

7:18
Invité

Vous êtes toujours candidat à la primaire ? Eh bien oui, mais il faut une primaire.

7:21
Bruno Retailleau

Il faut une primaire ouverte. Il y aura un sondage, là. Et cette primaire ouverte, je la souhaite, parce que c'est un choix, c'est de dire aux gens, allez, participez. Voilà, on se plaint d'une trop faible participation. Donc, le vote en démocratie, c'est le meilleur moyen de départager les uns et les autres, mais il faudra un projet, un projet clair, un projet de conviction, et un projet de courage pour la droite.

7:41
Présentateur

En tout cas présent, le mode de départage des prétendants de LR semble être un sondage sur un échantillon de 15 000 personnes. Franchement, c'est une bonne idée, ça.

7:51
Bruno Retailleau

Non, mais la réponse est dans la question, Nicolas. Non, mais c'est bizarre, baroque.

7:57
Invité

Vous pouvez défendre cette proposition de Christian Jacob, vous pouvez...

8:01
Bruno Retailleau

Dans ma région, où Christelle, et j'en suis morancé, a gagné très largement 12 points de plus que M. Orphelin hier soir. C'est là où les sondages se sont le plus plantés. Alors, on est les héritiers du gaullisme. Par pitié, pas de sondage. Ce ne sont pas les sondages qui vont nous départager. Je pense que c'est la pire des solutions. Ça n'aura pas lieu, d'après vous ? Ça peut peut-être avoir lieu. Mais je pense qu'il faut qu'on se mette en ordre de bataille. Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui, Emmanuel Macron caracole ? Pourquoi est-ce qu'il y a ce paradoxe ? Jamais la France a été autant à droite. Jamais il y a eu un bilan du président de la République aussi maigre, aussi modeste.

Tout simplement parce qu'on lui laisse le champ libre. Donc, il faut donner à notre électorat un signe très clair qu'on se met en ordre de bataille. C'est ce que je souhaite.

8:46
Invité

On va surtout donner la parole à un sondeur. Si vous voulez bien, pour qu'il s'explique sur vos accusations.

8:52
Présentateur

Merci, monsieur le président du groupe Les Républicains au Sénat. Je vous pardonne, je vous pardonne. C'est très tôt, vous êtes couché tard. Très, oui. Et réveillé très tôt. Sénateur LR de Vendée. Merci Bruno Retailleau. Merci. 8h40.

9:04
Invité

France Inter Sénateur LR. Sénateur LR.

9:06
Locuteur

Sénateur LR. Sénateur LR. Sénateur LR. Sénateur LR. Sénateur LR. Sénateur LR. Sénateur LR. Sénateur LR. Sénateur LR. Sénateur LR. Sénateur LR.