La visite du pape en France doit être "un moment d'unité, pour dépasser nos querelles", estime François-Xavier Bellamy
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 25 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:13FerméeRéponse directe
Est-ce que vous allez assister à la messe géante cet après-midi ?
- 0:48OuverteRéponse directe
Vous y allez en tant que fidèle ou en tant qu'homme politique d'abord ?
- 1:22OuverteRéponse partielle
Est-ce que c'est l'endroit où il faut être quand on est candidat à la présidentielle ?
- 1:44RelanceRéponse partielle
Est-ce que vous y voyez une pointe d'opportunisme politique ?
- 2:49OuverteRéponse directe
Pourquoi Emmanuel Macron n'y sera pas ?
- 3:36OuverteRéponse partielle
Pensez-vous qu'un tel événement pour la religion musulmane serait accueilli de la même manière ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:35Invité politiqueFait
« tous les Français sentent que quelque chose se passe avec la visite de ce pape »
- 1:58Invité politiqueFait
« dans notre pays tellement tendu, tellement divisé, tellement conflictuel parfois, il nous permet de prendre un peu de hauteur »
- 3:12Invité politiqueFait
« il avait été à la messe que le pape François avait célébrée à Marseille il y a quelques années de cela »
- 5:43Invité politiqueFait
« Moi, je ne soutiens pas cette idée parce que je pense que de toute façon, elle n'est pas applicable »
- 6:00Invité politiqueFait
« la parole qu'on pourrait porter, et c'est précisément une parole qui tient aussi à la singularité de l'histoire de la France, qui est liée à l'histoire du christianisme »
- 8:00Invité politiqueFait
« Le grand danger de cette loi, c'est qu'elle est une loi d'abandon »
- 14:28Invité politiqueChiffre
« Si je me bats au Parlement européen contre l'immigration illégale, c'est précisément parce que cette immigration illégale et les réseaux de passeurs qui l'organisent font des morts tous les jours »
- 16:07Invité politiqueFait
« Il y a trois jours, un jeune homme de 20 ans a été retrouvé mort dans la Manche »
- 16:40Invité politiquePromesse
« le jour où il sera clair qu'on ne peut s'établir en Europe que quand on y est rentré légalement, ce jour-là, il n'y aura plus un mort en mer Méditerranée »
Temps de parole
- François-Xavier Bellamy62 %
- Invité19 %
- Présentateur11 %
- ?4 %
- Invité 23 %
- Invité 32 %
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Bonjour Camille. Bonjour Benjamin. Et bonjour François-Xavier Bellamy. Bonjour. Député européen, vice-président des Républicains en tant qu'homme politique de droite et catholique assumé. Votre regard ce matin nous intéresse avec la venue du peuple et en 14 en France en ce moment. Est-ce que vous allez assister d'abord à la messe géante qu'il donne cet après-midi, place de la Concorde à Paris ?
Oui, j'y serai. J'étais hier soir au Stade de France et je crois que tout le monde sent d'ailleurs, croyant comme non-croyant, catholique ou non, tous les Français sentent que quelque chose se passe avec la visite de ce pape. Quelque chose qui nous rappelle que d'abord nous avons des racines, que notre pays, et cela appartient à tout le monde encore une fois, quelle que soit notre confession ou notre histoire, notre pays vient de quelque part et qu'il peut puiser dans ses racines la sève pour préparer l'avenir. C'est ce que j'ai vraiment senti hier au Stade de France.
Vous y allez en tant
que fidèle cet après-midi ou en tant qu'homme politique d'abord ?
Les deux. D'abord,
on
ne se divise pas. Je suis engagé en politique. Je suis croyant, vous l'avez dit, c'est quelque chose que j'ai toujours assumé. En même temps, évidemment, la vie politique n'est pas le lieu pour dérouler un programme confessionnel. Elle est d'abord le lieu pour servir le bien commun et on peut d'ailleurs être catholique et engagé dans des formations politiques différentes. C'est la beauté de cette liberté dont le pape a parlé hier.
Alors,
vous ne serez pas le seul politique à être présent à cette messe géante cet après-midi. Ils sont attendus Marine Le Pen, Jordan Bardella, Bruno Retailleau, Gabriel Attal et Édouard Philippe également. Est-ce que c'est the place to be, l'endroit où il faut être quand on est candidat à la présidentielle
? C
'est beau d'abord, encore une fois, de voir que des gens de sensibilité différente sont d'une certaine façon rassemblés par le pape. Et vous savez, moi, ça m
'a beaucoup marqué. Est-ce que vous y voyez
une pointe d'opportunisme politique ? Olivier Faure, par exemple, a dénoncé ces candidats qui vont à la pêche aux voix.
Non, mais vous savez, ce qui est un peu décalé dans cette réflexion, c'est que moi, ce qui me marque depuis que le pape est arrivé en France, c'est justement que dans notre pays tellement tendu, tellement divisé, tellement conflictuel parfois, il nous permet de prendre un peu de hauteur et de montrer que quelque chose nous unit. Et ça n'est pas rien. Alors oui, c'est vrai, on peut sourire, vous l'avez dit, beaucoup de ceux qui viendront à la messe aujourd'hui attaquent ou peuvent attaquer ou ont pu m'attaquer, moi, parce que je suis trop catholique à leur goût. Donc je regarde avec le sourire le fait qu'aujourd'hui, ils viennent à la messe, ils viennent écouter ce pape.
Mais c'est fondamentalement une bonne nouvelle. Et encore une fois, je crois que tous les Français qui nous écoutent ce matin, et je le redis qu'on soit croyant ou non, sentent qu'à travers ce moment-là, nous pouvons trouver au moins un moment pour l'unité, pour dépasser nos querelles. Et c'est en soi déjà un très beau signe d'espérance.
Le
président
Emmanuel Macron qui lui se pose aussi en garant de l'unité de la nation, il n'y sera pas à cette messe place de la Concorde cet après-midi. C'est au nom de la laïcité qu'il n'y va pas, quand certains s'étonnent d'ailleurs que cette grande messe se déroule dans un lieu public, place de la Concorde, dans la rue.
Je ne crois pas que ce soit au nom de la laïcité, puisqu'il avait été à la messe que le pape François avait célébrée à Marseille il y a quelques années de cela. Pour le reste, qu'une messe soit célébrée dans l'espace public, c'est précisément le signe que notre pays vit la laïcité comme une liberté. La laïcité n'est pas une contrainte,
un
empêchement,
ce
n
'est
pas quelque chose qui devrait faire disparaître ce que nous sommes de l'espace public. C'est au contraire une manière de rendre à chacun la liberté de croire ou de ne pas croire, la liberté de conscience. Ce qui vaut
pour toutes les religions, on pourrait imaginer
un tel événement pour la religion musulmane, par exemple, dans la rue. Vous pensez que ce serait accueilli de la même manière dans
notre pays ? Ce n
'est
pas tout à fait une prière de rue. On accueille le pape qui est le chef de
l'église catholique, qui est aussi un
chef d'État. Et moi, je suis frappé, vous savez, de voir qu'au contraire,
j
'ai le sentiment que cette visite n'a pas donné lieu à ces polémiques d'arrière-garde auxquelles on s'était parfois habitués. Au contraire, encore une fois, c'est un vrai moment d'unité. J'étais dans les rues de Paris hier, quand le pape passait.
J
'ai croisé des gens
qui étaient très heureux de ce moment-là. Une vraie ferveur
hier. François-Xavier Bellamy, vous parlez de laïcité. Le pape s'est exprimé d'ailleurs à ce sujet. Il a beaucoup parlé. D'ailleurs, on le disait prudent. Il s'est montré plutôt offensif politiquement, vous nous direz votre point de vue. Il s'est donc exprimé depuis l'Élysée, aux côtés du Président de la République. Et le pape a évoqué la laïcité à la française et semblait viser la proposition de Marine Le Pen d'interdire le voile dans l'espace public. On l'écoute.
Je
voudrais rappeler
qu
'une société authentiquement libre n'impose pas l'uniformité,
mais
protège la diversité des consciences. en prévenant les dérives autoritaires. Une juste laïcité
ne
consiste donc pas à exclure la religion d'espace public
ou
d'éducation. François-Xavier Bellamy, est
-ce
que vous êtes d'accord avec le pape ? Il ne faut pas exclure une religion de l'espace public,
dit-il. Mais bien sûr, mais je ne crois pas du tout que le pape prenne part à nos débats nationaux. Il rappelle ce que c'est que la laïcité et c'est finalement la parole que le pape et tous les papes avant lui ont toujours tenu. La laïcité, je le disais à l'instant, n'est pas le fait de tenter de faire disparaître la religion de l'espace public. Non, c
'est que
tous les citoyens français soient égaux. Mais vous n'y voyez pas dans ce qu'on vient d'entendre de la part du pape François une référence à la proposition de Marine Le Pen qui est revenue dans le débat public d'interdire le voile dans l'espace public ?
Moi, je ne soutiens pas cette idée parce que je pense que de toute façon, elle n'est pas applicable et surtout qu'elle ne correspond pas, en effet, à ce qui fait l'identité profonde de notre pays. Vous savez, pour moi, la parole qu'on pourrait porter, et c'est précisément une parole qui tient aussi à la singularité de l'histoire de la France, qui est liée à l'histoire du christianisme, qui a été la religion de la liberté de conscience. Cette parole, elle consiste à dire, parce que vous êtes en France, vous pouvez pratiquer votre religion. Et parce que vous êtes en France, vous pouvez être chrétien, ne pas l'être. C'est
une erreur
politique de Marine Le Pen de vouloir interdire
le
voile
dans l'espace public ?
Je termine juste ça. C'est une grande chance parce qu'il y a beaucoup de pays musulmans dans lesquels on n'a pas forcément le droit d'être chrétien. Donc,
c
'est aussi la singularité de notre pays de défendre cette liberté. En revanche, parce que vous êtes en France, vous n'avez pas le droit de mettre en cause cette liberté qui nous réunit, cette liberté de conscience. Et ça, c'est le danger de la montée de l'islamisme. Et ça, c'est une réalité à laquelle on ne peut
pas ne pas se confronter. Et donc, pour répondre à ma question,
est-ce que c'est une erreur politique de la part de Marine Le Pen de vouloir interdire le voile dans l'espace public
?
Oui, je le crois. Parce que, d'ailleurs, elle ne parle pas que du voile. On n'interdirait pas que le voile. On interdirait aussi, elle l'avait dit par le passé, il faudrait demander à nos concitoyens de confession juive de ne plus porter de kippa,
à nos
concitoyens
catholiques de ne pas porter
de poids. Mais c'était ce que disait Marine Le Pen.
Et moi, je crois
que c'est une erreur, en effet. Mais je ne crois pas du tout que le pape ait voulu parler spécifiquement de cela. Et encore une fois, n'essayons pas de tout traduire dans nos querelles du moment. Il a voulu dire qu'au fond, dans la vie d'une société, on ne peut pas ignorer cette quête de sens que j'ai entendue chez les 80 000 jeunes qui étaient hier au Stade de France, ce désir de trouver quelque chose dans nos vies qui soit autre chose que de l'ordre du pur matériel et du pur horizontal.
Il s'est aussi exprimé hier le pape à l'Elysée sur des sujets bioéthiques, notamment sur la question de la fin de vie, alors que la France vient d'adopter il y a quelques mois une loi qui donne aux personnes un droit à l'aide à mourir. Une sortie comme un avertissement un peu à la France. Il a défendu le droit à la vie et a dénoncé une offre de mort programmée. Est-ce que vous vous retrouvez dans cette vision du pape ? Et est-ce que vous qui défendez Bruno, qui soutenez Bruno Retailleau pour l'élection présidentielle, vous imaginez que s'il est élu, on puisse revenir dessus, sur cette loi, sur ce droit à l'aide à mourir ?
Moi, je me retrouve bien sûr dans ce que le pape a dit avec beaucoup de force sur ce sujet. Le grand danger de cette loi, c'est qu'elle est une loi d'abandon et que ceux qui sont les plus vulnérables et les plus fragiles dans notre pays seront les premiers à subir les conséquences de cette offre de mort programmée, pour reprendre l'expression du pape, qui n'est pas un soin, qui n
'est
pas une manière de
soigner.
Politiquement, vous aimeriez revenir dessus ?
Ce que Bruno
Retailleau a dit, il l'a d'ailleurs déjà exprimé, c'est que s'il est élu, il proposera aux Français, au terme de cette période d'expérimentation de la loi que nous aurons déjà vécue, de trancher par référendum sur cette question. Nous aurons vu cette loi entrer en action, nous aurons vu ce qu'elle produit. Et vous savez, ce n
'est
pas pour rien, si ce n
'est
pas seulement le pape, si une écrasante majorité des soignants, et notamment de ceux qui travaillent en soins palliatifs, alertaient sur le danger que représente la mort administrée, dans un moment où nous le savons, par ailleurs, notre système de santé est en très grande difficulté.
Il y a
aussi beaucoup de catholiques et de prêtres qui défendent cette aide à mourir, par exemple. Ça existe aussi dans les pratiquants ?
Alors, de catholiques et de prêtres, je ne sais pas du tout. Il faudrait que vous me les citiez. Mais moi, vous savez, ce qui m'intéresse, ce n
'est
pas d'abord de savoir qui pense quoi. À la fin, encore une fois, c'est d'abord une question de liberté de conscience. Ce qui m'intéresse, c'est que notre pays tout entier puisse retrouver le sens de son engagement au service des plus fragiles. Et ça, c'est ce que le pape a redit d'une manière extrêmement forte. Et j'étais frappé, je n'étais pas à l'Elysée, j'ai préféré être avec tous ces jeunes qui étaient hier au Stade de France et tout à l'heure à la messe avec ces centaines de milliers de Français qui viendront participer à ce grand événement.
Mais ce qui m'a frappé, c'est de voir tant de ces politiques qui se sont battues pendant des mois pour faire advenir cette loi, qui se sont d'une certaine manière acharnées sur le calendrier parlementaire, au premier rang desquels le président de la République, et qui était là pour écouter le pape, pour reprendre l'expression d'Emmanuel Macron. Je crois qu'on a besoin de cohérence, on a besoin de retrouver cette cohérence. Et quand le pape vient nous dire effectivement que défendre la dignité de toute personne, et notamment des plus fragiles, c'est ne pas considérer que tuer puisse être un soin, je pense que ça vaut le coup en effet que sa parole soit écoutée.
Et je suis sûr que notre pays tout entier, lui, il entendra ce message.
François-Xavier Bellamy, pour compléter, vous nous dites donc si Bruno Retailleau devient président en mai prochain, vous proposez un référendum. Est-ce que vous proposez aussi une suspension de l'application de cette loi en attendant le référendum ? Est-ce que ça
fait
partie de vos propositions ? Et ce qui est important, c'est que le pays puisse trancher. Vous savez, cette loi, elle a été l'objet d'une forme, je le disais, d'acharnement dans le calendrier
parlementaire. C'était aussi l'objet d
'une longue discussion qui a commencé avec une convention citoyenne. C'est depuis longtemps les parlementaires et les citoyens français réfléchissent à cette loi.
Oui, mais le fait est qu'à la fin, on est resté dans une situation où nos deux chambres parlementaires n'ont pas voté la même chose, où d'une
certaine manière,
on a un débat qui est resté inabouti, parce qu'à chaque lecture à l'Assemblée, le nombre de parlementaires qui soutenaient cette loi n'a cessé de se réduire. C'est bien le signe que, si on posait la question aux Français, je suis sûr qu'ils seraient capables d'une réponse dont la maturité, sans aucun doute, étonnerait notre vie politique tout entière.
François-Xavier Bellamy, vice-président des Républicains et députés européens, vous êtes notre invité ce matin du 8.30 France Info en cette deuxième journée. De visite du pape Léon XIV. Un nouveau pape qui s'est montré assez politique. Hier, on vient de parler des différents messages qu'il avait pu passer sur des questions de société. Et cette question, ce pape, est-il de gauche ou de droite ? En tout cas, il plaît, vous allez l'entendre, à Jean-Luc Mélenchon.
Le
pape est le bienvenu en France, je tiens à le dire, et j'exprime du respect pour le leadership spirituel qu'il incarne. Le précédent, comme celui-ci, pour l'instant, on produit des textes qui nous intéressent. Laudato Si est un grand texte, dont de multiples pages, je pourrais les reprendre sans vous dire qu'il les a écrits. Fratelli Tutti devrait un peu éclairer les croyants de droite pour leur dire, dites-donc de temps en temps, il faut quand même appliquer ce à quoi vous croyez. Alors, peut-être que des choses sont en train de bouger dans les conceptions des uns et des autres.
Je
vous voyais sourire François et Xavier Bellamy. D'abord, deux précisions pour nos auditeurs. Laudato Si et Fratelli Tutti sont deux textes du pape François. Un sur l'écologie et d'autre sur le besoin de fraternité au-delà des frontières. Qu'est-ce que vous répondez à Jean-Luc Mélenchon ? Les croyants de droite n'écoutent pas assez fidèlement la parole du pape.
Non, mais d'abord, le pape, il est au-dessus de la droite et de la gauche. Et justement, n'en faisons pas un objet de querelle politique, ce serait complètement absurde. Et c'est très beau de voir que, de ce point de vue-là, ça se réalise dans le fait que Jean-Luc Mélenchon, quelqu'un comme moi, sont heureux d'accueillir le pape aujourd'hui. Son
prédécesseur, le pape François, avait créé des tensions politiques. Une partie de la classe politique pouvait le critiquer à droite et à l'extrême droite.
Mais ensuite, ce qui compte, c'est que tous ceux qui se disent heureux de l'entendre puissent vraiment écouter son message jusqu'au bout. Hier soir, au Stade de France, on a vécu ce moment magnifique de rappel de l'histoire de notre pays, de toutes ces figures qui ont fait la générosité de la France à travers les siècles. Son engagement, son témoignage aussi à travers le monde. Et le pape a rappelé d'ailleurs à quel point les saints français, à quel point la France, à travers ses grandes figures, avait contribué à éclairer le principe de la dignité humaine. Moi, je ne crois pas qu'il faille mettre un terme à cette histoire en imposant une nouvelle France. Je pense que la France a
des racines. Je pense
à Jean-Luc
Mélenchon et au programme de Jean-Luc Mélenchon. Je
pense que la France a des racines. Je pense que la France a une histoire. Mais cette histoire, ce n'est pas seulement du passé. C'est à travers ces racines que nous pourrons puiser la sève pour pouvoir éclairer notre avenir. Et c'est ce que j'ai vécu hier. Et en sentant cette ferveur des jeunes qui étaient présents au Stade de France, je ne peux que me dire quelque chose est en train de se passer. Et la France, la France, pas la nouvelle France, la France tout court, la France,
ce
n
'est
pas fini.
Vous parlez de dignité humaine, François-Xavier Bellamy. Il en est souvent en question quand on parle de la question des migrants, des exilés et cette crise de l'accueil que traverse aussi l'Europe. Ce matin, il est dans un centre consacré à l'accueil et l'intégration de personnes exilées, le pape François, dans le 18e arrondissement de Paris. Est-ce que vous avez une divergence avec lui sur le sort réservé justement aux migrants, sur la politique migratoire
en Europe
?
Aucune divergence. Le pape vient alerter sur la situation de vulnérabilité immense qui est causée par le désordre de l'immigration dans notre monde. Et je partage évidemment cette alerte. Si je me bats au Parlement européen contre l'immigration illégale, c'est précisément parce que cette immigration illégale et les réseaux de passeurs qui l'organisent font des morts tous
les jours.
François
-Xavier Bellamy sur ce
durcissement justement de la réglementation européenne. Vous êtes un des artisans en effet. Le pape Léon XIV était en déplacement en juin en Espagne et il s'est exprimé justement sur ce durcissement. Il ne semble pas tout à fait d'accord avec vous. Il dit « Nous ne pouvons pas dire simplement nous les renvoyons, ainsi nous nous débarrassons du problème ». Cela ne me semble pas être une réponse chrétienne.
D
'abord, il ne s'agit pas de traiter les personnes comme des numéros. Et bien sûr que chaque personne doit être respectée. Mais le pape a aussi rappelé, et si on veut dire son message, il faut être complet, que d'abord tous les pays ont le droit et le devoir de protéger leurs frontières. Il a fait un voyage très important dans plusieurs pays du continent africain où il a dénoncé les causes de cette immigration qui aujourd'hui, en réalité, jette sur les routes du désespoir toute une génération dans ce continent. Vous
avez raison François-Xavier Bellamy. Il a dénoncé la corruption.
Il a dénoncé
le... Vous avez raison
François-Xavier Bellamy. Le Vatican n'est pas contre les frontières. Mais la question qui inquiète le pape, c'est jusqu'où en État peut-il aller pour les faire respecter ? Et c'est là où il y a cette question de la dignité et c'est là où il peut y avoir des
désaccords. C'est pour ça que
je le redis, il ne
faut
pas traiter les personnes comme des numéros dans un plan mécanique. Évidemment que chaque personne a droit d'être reconnue dans sa dignité. Mais la première protection à apporter à tous ceux qui, dans notre monde, sont aujourd'hui les plus exposés à ce risque migratoire, c'est d'abord de retrouver la maîtrise de nos frontières. Il y a trois jours, un jeune homme de 20 ans a été retrouvé mort dans la Manche. Il s'est noyé en essayant de passer vers l'Angleterre. C'est maintenant presque indifférent. On n'en parle presque plus. Moi, ça me retourne le cœur.
Le pape
François, justement, le prédécesseur
du pape 14, avait parlé de cette
mondialisation de l'indifférence.
Mais il y
avait aussi des tensions dans les réglementations décidées par des politiques.
Mais
si la Méditerranée est devenue un cimetière, si la Manche est en train de devenir un cimetière aujourd'hui, c'est d'abord parce que nous ne maîtrisons pas nos frontières. le jour où il sera clair qu'on ne peut s'établir en Europe que quand on y est rentré légalement, ce jour-là, il n'y aura plus un mort en mer Méditerranée. Et de ce point de vue-là, je crois que le pape a raison d'alerter sur la situation des migrants. Mais notre devoir comme
responsable politique... Et vous entendez la
nécessité de la dignité aussi dans le message du
pape ? Mais je le redis, mais l'indignité...
Mais pardon, mais aujourd
'hui,
ce matin, le
pape va rencontrer une jeune femme nigériane qui a été victime d'un réseau de passeurs qui était en fait un réseau de prostitution forcée. Comme tant de jeunes femmes, ce n
'est
pas très loin d'ici, de la maison de la radio, ça se passe à quelques centaines de mètres.
À Paris, dans le 18e arrondissement.
Se battre contre ces mafias, contre ces réseaux de passeurs, c'est notre devoir pour servir la dignité de ces personnes. Et ces pays du continent africain, aujourd'hui, dont partent tant de jeunes qui sont privés de perspectives, ces pays-là ont besoin de cette jeunesse. Se comporter comme, justement, de manière indifférente des pays qui pourraient ne pas prendre soin de leurs propres frontières et se défausser de leurs responsabilités, ce serait évidemment le contraire de l'exigence éthique que nous devons porter sur ce sujet si important.
Merci François-Xavier Médali, député européen et vice-président des Républicains. invité du 8.30 France Info ce matin.
François-Xavier Bellamy