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interviewSud Radio (sur YouTube)· 31 mars 2026 27 min

Le Sénat vide-t-il la loi d'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Le grand matin [musique] Sud Radio, la vérité en face Jean-François Akili 0826 300300 la vérité en face avec notre invité en studio. Bonjour à vous Lor Miller. Bonjour.

Vous voilà, vous êtes la députée ensemble pour la République de la Marne et vous êtes à l'origine de cette proposition de loi sur l'interdiction des réseaux sociaux au moins de 15 ans. Alors, elle a été votée en première instance à l'Assemblée nationale, c'était fin janvier. L'idée c'est de d'interdire les RS comme on dit, les réseaux sociaux au moins de 15 ans de façon ferme aujourd'hui dans ce pays en France.

Ce qui marquerait quand même, ce sera un exemple mondial après l'Australie. Euh et euh l'idée c'est que cette proposition de loi arrive est au Sénat, elle est déjà arrivée. Il y a eu euh en commission des aménagements qui ont été faits euh pour cette proposition de loi.

Elle est votée euh ce soir euh l'or Miller et euh il y a quelque chose qui qui est en train de changer en réalité sur votre texte. C'est-à-dire que il y a une sénatrice de elle est centriste de scène maritime, je fais le pitch hein, Catherine Morin de Saï qui euh adop adopter un amendement là leur Miler, vous intervenez qui change la nature de votre texte. En quoi est-ce que cela change votre texte ?

Et ben, de deux manières, euh cet amendement euh que cette sénatrice a introduit et fait adopter en commission euh à la fois il dresse une liste de réseaux sociaux bien déterminés euh en fonction du contenu euh mauvais euh que certains peuvent que certains des réseaux sociaux peuvent générer. Euh et cette liste, elle en effet, elle pose un sujet déjà parce qu'on a vu que cette liste euh en Australie, elle ne fonctionne pas bien puisque les jeunes vont sur les autres réseaux sociaux parce que eux ont une liste, hein, en Indonésie, ça a été voté samedi, il y a aussi une liste, hein. Voilà, c'est pas tous les réseaux sociaux, c'est différence. a des limites en effet puisque les jeunes vont se reporter sur d'autres réseaux sociaux qui ne sont pas sur la liste et c'est un peu un espèce de jeu du chat et de la souris et ça ne fonctionne pas très bien mais surtout et fondamentalement l'idée de cette liste si elle est adoptée aujourd'hui mais en péril finalement le texte tout entier puisqueen fait la liste conduirait à introduire une règle nationale s'agissant des réseaux sociaux avec les réseaux sociaux nocifs dans cette liste et les autres et en fait c'est contraire aux droits de l'Union européenne puisque le DSA a une définition générale le Digital Services Act le règlement européen et bien il met en place une définition des réseaux sociaux et si nous nous dressons une définition propre à la France et bien nous sommes en infraction au règlement européen.

Oui, cela contreviendra la règle européenne mais il n'y a pas que cet aspect on va dire juridique hein et communautaire des choses. Il y a aussi ce que vous défendez le principe leur mil pour bien comprendre ce que vous avez mis sur la table. Vous êtes soutenu je crois dans l'esprit par le président Emmanuel Macron mais soutenu par le gouvernement.

C'est une proposition de loi. Cela émane de vous député. Euh vous avez fait l'unanimité ou pas l'assemblée là-dessus ?

Alors pas l'unanimité. La France insoumise en particulier s'est opposé à la proposition de loi. Mais en effet, c'est un texte qui est largement soutenu par les Français puisqu'il y a 80 % des Français qui sont favorables à à cette interdiction.

Ça signifie euh Laur Miller que euh si d'aventure la loi était enfin la proposition votée telle que vous l'avez euh émise euh les parents quelque part ça les débarrasserait de toute forme de responsabilité à la maison parce qu'il dirait "Mon coco ou ma chérie, tu fermes ton téléphone, c'est la loi". Hein ? Euh exactement et il y a beaucoup j'ai reçu beaucoup de messages de parents et puis même à Reins quand je me promène, il y a des parents qui viennent me voir assez naturellement.

Ça me fait ça me touche beaucoup d'ailleurs pour me dire merci parce qu'en fait on avait un vrai conflit à la maison avec ce sujet des réseaux sociaux qui soit était déjà arrivé dans nos vies, soit allait arriver avec des jeunes qui ont aujourd'hui 11 12 ans et au moins le fait que la loi le prévoit et l'interdise et bien ça règle finalement ce conflit, ça règle le débat. Et par ailleurs, ce que je voulais rajouter, c'est que dans la proposition de cette sénatrice, il y a aussi l'idée de réintroduire l'accord parental et il me semble et il nous semble avec aussi euh les familles de parents euh qui ont déposé un recours, vous savez, le collectif Algos Victima dont nous allons entendre en témoignage d'un peu dans un instant, hein. Oui, il leur semble aussi et moi je partage le leur opinion que finalement réintroduire les parents finalement on revient à la case départ quasiment parce qu'en fait il y a les parents qui seront bien informés qui auront cette capacité soit en terme d'autorité soit en terme de temps passé avec leurs enfants de fixer des limites.

Et puis il y a les autres parents finalement qui n'ont pas cette capacité là et qui donc auront des enfants qui seront sur les réseaux sociaux avec les effets qu'on connaît. Ça veut dire que si nous établissons une liste des réseaux sociaux fréquentables, du coup, ce sont les parents qui rend pour cette partie là de ce queon peut que les enfants, enfin les adolescents et d'ailleurs les adultes vont consulter, c'est aux parents de d'avoir la responsabilité de faire les choses. Là, c'est ce qui change aussi leur millèire fondamentalement, l'esprit de la loi.

Du coup, la responsabilité revient sur leurs épaules. Là, exactement. Or, si on prend un tout petit peu de recul, regardez les les produits dont on sait aujourd'hui qu'ils sont nocifs, je pense évidemment à la cigarette ou à l'alcool.

On n pas dit aux parents à vous de donner l'accord ou de ne pas donner l'accord lorsqu'il y a un sujet de santé publique. En réalité, l'État et les pouvoirs publics ont la responsabilité d'intervenir et d'interdire ce produit. Qu'est-ce que vous répondez euh à ceux qui vont vous dire que on verra bien ce que vote le Sénat ce soir hein ?

Euh franchement entre nous euh la messe est dite. Non, nous savons très bien ce que les choses ont bougé ces dernières ces derniers jours. Donc moi, j'ai bon espoir.

Je reste petit. Nous verrons ce que le Sénat il y a il y a une part de suspense, hein, j'imagine. Euh qu'est-ce que vous dites ?

Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent que les jeunes vont facilement contourner la mesure si elle est voté ? Alors alors oui, évidemment. Alors toute règle est contournée.

Personne il y a pas un policier là en ce moment devant le stop à côté de vos studios. Et donc forcément le stop est sans doute régulièrement euh euh voilà grillé. Donc de toute manière une règle lorsqu'elle est dictée, on sait qu'elle peut-être contournée.

Est-ce que pour autant il ne faut pas les dicter ? Est-ce qu'il faut retirer le stop ? Je ne crois pas. il faut le maintenir.

Donc il me semble que la règle, elle est nécessaire à poser déjà et je pense que en plus pour un jeune, ça n'est pas la même chose de d'aller sur les réseaux sociaux demain en sachant qu'ils sont autorisés que d'y aller en sachant qu'ils sont en train d'enfingre d'enfreindre une règle qui est posée dans la loi française. Je pense que le intellectuellement et moralement, ça n'est pas la même chose. Par ailleurs, cette règle, elle a aussi vocation à sensibiliser les parents, leur dire attention, regardez bien ce que font vos enfants de moins de 15 ans avec leur téléphone s'ils ont un smartphone. regarder puisqueaujourd'hui les réseaux sociaux sont interdits.

Donc évidemment, il faut aussi qu'il y ait une sensibilisation massive et puis il y a aussi des jeunes, je suis désolé de le dire, qui respectent les règles, d'autant plus qu'ils les ont comprises et là c'est aussi notre rôle de pouvoir expliquer rencontré. C'est rare hein, c'est ça existe. Je plaisante votre loi donc qui serait un peu un affichage politique disent vos détracteurs hein.

Je ne fais la le porte-voie de vos détracteurs. C'est toujours intéressant de voir ce que ce qui est quelles sont les critiques. Il y en a j'en entends une autre hein.

Est-ce que vous n'êtes pas en train de faire porter aux plateformes ce qui serait liberticide la responsabilité qui relève justement des parents ? parce que il y a le l'accusation qui est audible inversée. Oui, bien sûr.

Moi je crois pas je crois pas je crois que c'est ces ces plateformes, elles sont surpuissantes. Elles ont dépensé des millions de dollars pour faire un avoir et créer un mécanisme qui nous rend addicte, qui nous rend dépendant. C'est un design qui a été conçu pour cette raison-là.

Elles savent très bien la nocivité euh de leurs plateformes, de leurs algorithmes, de leur design sur les jeunes en particulier, sur la population de manière générale. On a depuis la semaine dernière maintenant des jugements aux États-Unis qui ont été rendus et qui en effet point du doigt la responsabilité de ces plateformes qui savaient la nocivité de leurs produits, qui savaient qui avaient conçu leur design pour rendre les gens addictes et qui n'ont pas pris les mesures pour protéger notamment les plus vulnérables, les jeunes. qu'aujourd'hui on le sait et quelque chose qui est surpuissant comme ça les parents ne peuvent pas survivre à ça au quotidien.

C'est-à-dire il faut quand même une intervention je pense de la puissance publque. Vous pensez l'or Miller ? C'est un sujet aussi hein de de santé publique parce que surtout sur les chez les jeunes gens, les jeunes gens parce que aussi les enfants les très petits enfants sont on va dire addictes addictes au aux écrans, c'est un c'est un sujet de santé publique.

Vous vous pensez que c'est un combat qui est difficile à mener quand même malgré tout parce que vous avez ceux qui sont complètement rivés sur les RS, les réseaux sociaux, il va falloir leur dire du jour au lendemain stop, c'est fini, hein. comme dire un fumeur, tu arrêtes dans la seconde là. Et un jeune hier, j'étais dans un lycée, m'a répondu en effet ça.

Il m'a dit "Mais vous pensez pas que c'est un peu radical ? Est-ce qu'il faudra pas Est-ce qu'il faudrait pas faire comme les addictions et nous permettre de l'avoir peut-être une heure par jour pour y aller finalement par palier ?" Alors bon, je sais pas si on peut comparer ça et on comparait les les effets lorsqu'on manque de réseaux sociaux aux effets sur le corps lorsqu'on manque de drogue ou d'alcool, que sais-je, ou de de cigarettes, de tabac.

Mais mais en effet, c'est un combat qui est dur à mener et ça suppose aussi de réinventer aussi la vie des jeunes. Moi, je suis frappé par le fait que lorsque je vais voir des jeunes qui sont en CM1, CM2 et je leur demande systématiquement ce qu'ils font après l'école, après avoir fait leur devoirs, il me citent 10 activités entre la lecture, les dessins animés, les jeux vidéos, les sorties, le foot et cetera. Et quand j'arrive chez des jeunes qui ont 2 ans de plus, ils ne savent plus rien faire d'autre que le téléphone.

Nous sommes en ligne avec Gael B. Bonjour Gaë, bonjour. Vous êtes membre du collectif qui évoquait l'or Miller il y a un instant.

Algos Victima euh peut-être pour euh expliquer à nos auditeurs de quoi il en retourne. Nous vous avions reçu déjàos Victima dans cette émission récemment. Euh c'est un collectif de de on va dire de de parents de de victimes he des des réseaux sociaux.

Euh vous êtes attaqué essentiellement à TikTok qui fait des ravages. Euh votre fille avait deux tentatives de suicide. elle racontez-nous.

J'imagine que cette loi pour vous, elle peut être une réponse, on va dire efficace. Et dites-nous alors ben oui, parce que en tant que parent, enfin dans notre histoire, mais je pense que c'est aussi intéressant de de penser à tous ces enfants. Euh nous, les parents, nous ne nousons absolument pas rendu compte parce qu'on il y avait du contrôle parental et cetera.

à quel point euh le contact, même un quart d'heure, 20 minutes par jour, euh peut entraîner les enfants dans des spirales mortifires. H à force d'être au contact de contenu, bah terrible. Ouais.

Qu'est-ce qui s'est passé pour votre fille Gaë ? Et ben euh ce qui s'est passé pour ma fille, c'est que euh comme tous les adolescents, elle était dans une période bah où on n'est pas très bien. Elle nous l'a dit après.

D'ailleurs dans sa classe aussi, donc 5e, il y avait beaucoup d'adolescents qui n'allaient pas bien. Euh le contact avec des contenus sur TikTok lui ont donné l'idée, si on on veut et aussi à tous les élèves de sa classe de se scarifier. Euh il y a il y a eu une forme de spirale.

Elle a été au contact de contenu où ça parlait de scarification euh de de d'ingurgiter des des médicaments mortif et puis beaucoup de contenu sur l'apparence qui lui ont donné enfin qui ont impulsé le fait d'arrêter de manger. Oui. euh avec une anorexie qui qui l'a conduite à bah être hospitalisé très longuement.

Et vous avez mis du temps, j'imagine, à comprendre ce qui se passait euh dans le secret au fond de euh de de de la vie de vot de votre fille, hein. Euh c'est parce que ça se passait hors hors les radars, hors votre contrôle, si je puis dire. Ah ben complètement.

Et c'est et c'est bien en ça où moi je suis je suis très en colère en fait quand j'entends quelque chose qui est on va priver les enfants de bonnes choses. Alors oui, peut-être il y a des choses qui sont bonnes dans les réseaux sociaux mais il y a il y a comme des choses terribles qui sont comme des mines antipersonnelles et que personne ne peut soupçonner. On ne peut pas savoir euh avec ces algorithmes euh qui poussent des contenus vers nos enfants, on peut pas savoir ce qui va leur arriver sous les yeux.

L'algorithme, hein, qui est qui fait des ravages, qui va chercher c'est la c'est le c'est l'économie de l'attention. On va chercher au fond, on se transforme les les utilisateurs en pur [raclement de gorge] consommateur en en parfois flattant ce qu'il y a de pire en soi. Ben, nous le vivons chacun devant nos propres réseaux sociaux.

Gaë, la loi qui qui va être votée, vous vous en attendez beaucoup ? J'en attends énormément parce que je mon intime conviction, c'est que aujourd'hui on on voit les choses se faire et c'est la seule cette loi est la seule chose que nous avons immédiatement disponible pour agir. Il suffis pas d'en parler. h chaque seconde où on en parle et là on en parle beaucoup ce qui est énorme parce que je peux vous assurer qu'il y a un an on se sentait bien seul hein j'imagine.

Et ben il faut arrêter de parler là il faut agir et agir c'est interdire c'est ne pas laisser comment dire des conditions alors de de je vous assure que de demander aux enfants de aux parents de une case à cocher. Est-ce que vous êtes d'accord ? J'étais extrêmement choquée.

C'est un pas en arrière déjà à vos yeux he j'imagine. Oui. Oui.

Énorme. C'est remettre la responsabilité encore plus forte sur les parents et surtout dédoiner totalement ben les ces ces géants de leur responsabilité mortifère. [grognement] Merci Gael.

Euh je tiens à rappeler membre du collectif Algos Victima dans un instant dans un court instant après la pause l'or Miller va réagir à ce que vous avez dit. Ce récit qui est qui est poignant quand nos enfants sont ainsi menacés. Parfois ça se passe sous notre nez, on ne le voit pas, on ne comprend pas ce qui se passe et mais la réalité est aussi simple que ça.

Ces réseaux sociaux peuvent être absolument ravageurs avec effectivement, vous allez le rappeler leur milè les les algorithmes qui qui vont chercher ce qu'il y a de plus complexe en nous en flattant ce que parfois ce qu'il y a de pire. Merci à vous Gael B donc membre du collectif Algos Victima. Je rappelle que votre fille a fait deux tentatives de suicide et et les membres du collectif se sont unis pour euh attaquer TikTok.

L'orbiller, on vous retrouve dans un instant 0826 300300, la vérité en face pour évoquer cette loi. Voter au Sénat peut-être voter avec des aménagements qui ne sont pas forcément les meilleurs. À tout de suite pour la suite de la vérité en face.

Le grand matin Sud Radio, la vérité en face. Jean-François Aili avec notre invité Lor Miller député ensemble pour la République de la Marne à l'origine de la proposition de loi sur l'interdiction c'est vous hein des réseaux sociaux au moins de de 15 ans lourde responsabilité qui est la vôtre l'ormis là vous êtes vous allez porter une attention très particulière sur ce qui va se passer ce soir au Sénat qui doit donc voter en deuxème lecture cette loi qui fait l'objet je rappelle pour ceux qui prennent l'émission en cours l'objet d'aménagement à travers un amend fondement d'une sénatrice centriste de scène maritime Catherine Morin de Sali. J'imagine que vous vous connaissez qui elle a introduit un distingo désormais il y aurait les réseaux interdits, pas les autres.

Ça serait au ministère du numérique hein de décider quelle est la liste de des infréquentables réseaux sociaux et de ceux que les gosses pourraient aller visiter et ce serait aux parents euh d'aller interdire ou pas cette fréquentation là. Donc responsabilité pour les parents, ce qui n'est pas le cas avec votre loi parce qu'elle interdit tous les réseaux point à la ligne. Et j'ajoute que votre loi, vous l'avez rappelé et conforme au au allez allez allez-y au règlement européen, ce qui ne serait pas le cas [grognement] avec la loi transformée peut-être, on verra au vote au Sénat.

Vous avez entendu Gaë, membre du collectif Algos victim avant la pause, sa fille a fait deux tentatives de suicide. Alors Mir, ce sont des récits toujours poignants hein. Ouai.

Oui. Ben moi, je les ai rencontré ces familles à l'occasion de la commission d'enquête sur TikTok l'année dernière, il y a il y a quasiment pile 1 an. Et en effet, c'est des témoignages poignants.

Déjà, je veux rendre hommage à leur courage de venir témoigner, de parler de ce qu'ils ont vécu, de parler de leurs enfants. Il y a aussi des jeunes qui étaient venus témoigner à H clos et en effet, c'est des témoignages qui sont bouleversants et c'est finalement le haut de l'iceberg. Il faut aussi s'imaginer qu'il y a beaucoup de parents dont on ignore l'existence et qui sont en proie à ces difficultés avec leurs jeunes et dont les jeunes sont rentrés dans ces spiral mortif que Gaë les évoquait à l'instant à la radio.

Ouais. L'Ore, vous êtes toujours perçu quand je dis vous, c'estàd ceux qui défendent l'idée selon laquelle il faut évidemment interdire de façon sanitaire cet accès aux réseaux sociaux comme au fond liberticide, un brun rabageois ou irréaliste. C'est-à-dire qu'en fait ce sont des choses qui font partie de l'évolution de la société et que on peut plus revenir en arrière et au fond vous ce serait un combat un peu étrange, un peu passéiste.

Qu'est-ce que vous répondez à ça ? Mais moi, je suis toujours frappée par ça. C'est-à-dire, on a on a l'impression que tout le monde est assez fataliste.

Aujourd'hui, on a de plus en plus d'études scientifiques et on en a chaque jour davantage qui nous démontrent maintenant par A + B que ces réseaux sociaux sont nocifs, sont nocifs pour la santé mentale des jeunes, mais aussi pour la santé mentale de manière générale de toute la population. Donc, je ne comprends pas pourquoi on s'entête. Le le progrès, ça n'a aucun sens si le progrès nous conduit à avoir des difficultés dans notre bien-être.

Et donc je pense qu'il faut pouvoir arrêter cette machine infernale qui est que sont ces plateformes de réseaux sociaux et ça ne fait pas de moi, je crois quelqu'un de passéiste, je ne suis pas amiche. Je pense qu'il faut se servir de la science, se servir des nouvelles technologies lorsqu'elles sont utiles à notre quotidien. Mais je pense que quand elle menace notre quotidien, qu'elle menace le lien social, qu'elle menace le bien-être de chacun, il faut pouvoir dire stop, c'est des grandes machines, c'est des grandes plateformes américaines ou chinoises qui sont qui sont surpuissantes, bah moi je crois que la règle de droit, le le droit doit pouvoir être au-dessus.

Alors, il y a cette tribune publiée par Libération signé Servan Mouton, neurologue neurophysiologiste et Amine Benjamina, psychiatre spécialiste en addictologie qui dit en substance et que les publications scientifiques, les rapports s'accumulent. C'est pas du tout un combat de quelques illuminés isolés qui attestent des impacts délétaires de l'usage des réseaux sur la santé des plus jeunes. Perturbation du sommeil, trouble de la vision, sédentarité, perturbation du développement neurologique, socio relationnelle, altération de la santé mentale, cyberharcèlement, cyberpédocriminalité et comme le en témoignait Gael, des enfants qui tentent de se suicider voir certains qui arrivent à passer à l'acte.

Malheureusement, nous sommes face leur Miller à un sujet sanitaire mondial. C'est une pandémie en tout cas. C'est mondial clairement et tout le monde se réveille.

On a cette impression en tout cas puisque je vous parlais tout à l'heure des des actions en justice qui ont commencé à porter leurs fruits aux États-Unis. Mais il y en a des centaines d'autres qui arrivent derrière y compris aux États-Unis. Il y en a une en France évidemment, il y en a en Angleterre, il y en a un petit peu partout.

Donc il y a à la fois la justice qui commence à regarder, à mettre le nez dans ses affaires et à analyser la structure la structuration de ses réseaux sociaux. Et puis par ailleurs, il y a aussi les les États, les gouvernements qui prennent enfin leur responsabilité. L'Australie, on l'a dit, a été le premier au monde à le faire et il faut en effet les remercier d'avoir ouvert la voie avec une liste.

Mais c'est les premiers. Donc moi, je les juge pas. Je dis qu'au contraire, ils ont beaucoup de mérite d'avoir enclenché cette cette ce mouvement.

Et puis en France, évidemment, nous sommes euh les premiers dans le sens où notre proposition de loi, elle a déjà été examinée et adoptée en première lecture à l'Assemblée et qu'elle serait, si tout se passe bien et je croise les doigts, elle serait appliquée dès le 1er septembre. Mais il y a aussi une quinzaine de pays derrière qui demandent nos écritures, qui demandent comment nous avons fait, si c'est bien conforme à à la Commission, à ce que attendent de nous la Commission européenne et donc on voit bien qu'il y a un mouvement aussi derrière nous et derrière les premiers pays à le faire qui est très très grand et qui n'est pas prêt de s'arrêter. Alors, c'est une procédure accélérée.

Ça veut dire qu'il y a un allé un retour. L'allée c'est l'assemblée, le retour, c'est le Sénat. Puis ensuite, si ça ne va pas, c'est une commission mixte par terre et puis s'en va.

Euh l'oriler si d'aventure le texte est transformé tel que les sénateurs l'envisagent, c'est une défaite pour vous ? Non, c'est pas une défaite, c'est voilà, ça nous met un petit bâton dans les roues. Oui, mais on pourra, je suis persuadé qu'on pourra rectifier et qu'on pourra faire entendre raison.

Encore une fois, c'est des heures et des heures de travail en particulier de la part du gouvernement de Anne Leenanf qui est ministre en charge du numérique et c'est des heures de travail en en sous-main en sous-marin avec la Commission européenne pour vraiment être sûr que chaque mot vraiment chaque mot est conforme parce que c'est vraiment un trou de souris he qu'on nous propose pour cette interdiction par la Commission européenne donc que chaque mot est conforme aux liges directrices de la Commission européenne de juillet dernier. Donc non, c'est pas une défaite, c'est juste une étape supplémentaire qui nous est entre guillemets imposée mais c'est aussi le respect des deux chambres du Parlement. Il faut bien évidemment respecter ce que veulent les sénateurs.

Simplement à la fin, je suis persuadé qu'on arrivera à trouver le le bon chemin. Vous vous pensez que les sénateurs sont sous influence des lobbyes, des plateformes ? Est-ce qu'ils ont agi à la haute assemblée, dans les couloirs ?

Alors, je j'ignore précisément ce qui s'est passé. Ce qui est sûr, c'est que les ce qui est sûr, c'est que les lobby de ces grandes plateformes agissent. Il y a régulièrement des petits-déjeuners, des déjeuners qui sont proposés par les grandes plateformes.

Les plateformes, les grandes plateformes, on peut les citer, TikTok évidemment, YouTube, toutes ces Google tout ça en effet. Vous avez des représentants de ces géantsl qui euh invitent à déjeuner ou qui suggèrent des rendez-vous, qui organisent en effet des petits déjeuners sous couverts d'amélioration de la santé mentale. En plus, c'est bien fait.

Et par ailleurs, en effet, moi je les je les ai toujours refusé, mais il y a des députés ou des sénateurs qui de bonne fois y vont pour s'informer. En réalité, il faut pas être dupe, ils sont là pour nous vendre. C'est une forme de green washing de de ces grandes de ces grandes entreprises qui essayent de nous vendre des accords parentaux, euh des comptes pour les jeunes, pour les adolescents et cetera. tout ça et de la poudre aux yeux puisque le fond de leur commerce, de leur business, c'est évidemment l'économie de l'attention comme vous l'avez dit tout à l'heure.

Donc oui, ça existe. Je ne sais pas, je n'accuse pas du tout les sénateurs, mais le lobby est très fort et puis il est plus insidieux. Je pense qu'en effet, il y a un parallèle quand même à établir.

Il faut apprendre sans doute de nos erreurs et de ce qui s'est fait dans le passé quand on a vu la force de l'industrie du tabac il y a quelques décennies qui finalement structuraient le débat public. Oui oui il structur le débat public c'estàd sans qu'on en ait vraiment conscience ils ont investi les des laboratoires scientifiques. Ils ont investi et et demandé un certain nombre de d'études scientifiques pour finalement orienter le débat de façon en effet très insidieuse si bien que en fait leur stratégie c'est la stratégie du doute.

C'est en effet qu'on ne soit pas sûr vraiment de l'impact de en l'occurrence du tabac mais aujourd'hui des réseaux sociaux sur la santé mentale. Et on le voit aujourd'hui, il y a des des scientifiques, des psychologues qui ont pignon sur rue, qui viennent régulièrement dans les médias nous dire que en fait c'est pas sûr et que il ne faut pas trop réglementer parce qu'on n'est pas certain qu'il y a encore des bénéfices qui peuvent être finalement avérés de la part des réseaux sociaux et donc ils instillent le doute et c'est ce qui nous empêche d'avancer. Quel est l'argumentaire au fond des des responsables ou du moins de leur de leur relais hein des grandes plateformes des méta ?

Vous les évoquez les TikTok il faut pas en oublier évidemment mais on les met tous dans le dans le même sac si je puis dire. Quel est l'argumentaire pour battre en brèche le le le discours que vous portez autour de de l'impact sanitaire de des plateformes des réseaux sociaux ? Quel est argumentaire ?

Ben ils ont des études qui montrent qu'en effet ça n'est pas complètement démontré. Exactement. Exactement comme le tabac.

Ils ont des études sous la main qui démontrent que c'est pas tout à fait démontré, qu'il y a encore un doute et que le doute doit leur profiter doit profiter à leur business d'une part. Et puis par ailleurs, ils ont euh comme je vous le disais, ils étalent finalement toutes les mesures qui soi-disant euh leur permettent de justifier une sécurité, en tout cas ce qu'ils estiment comme étant une sécurité pour les jeunes sur les plateformes avec des comptes des comptes spécialisés pour les ados qui ne montrent pas tout ce qu'on peut voir sur les réseaux sociaux mais la vérité ou des temps de des temps limités pour l'accès mais en vérité on sait tous qu'il suffit d'appuyer sur un bouton pour continuer à regarder les réseaux sociaux et qu'on le fait tous que les jeunes le font évidemment. l'industrie du tabac euh vous évoquez ce parallèle qui est intéressant hein euh a changé hein aujourd'hui.

Euh elle va vers des produits de substitution euh et et puis euh en expliquant qu'après tout il y avait une prise de conscience également que la cigarette bah c'était fini, ça va s'arrêter un jour. Euh on en est pas encore là avec les réseaux sociaux. Non, on en est pas encore là.

J'espère qu'en il y a pas encore de produit de substitution mais il en faudrait. Et enfin, en tout cas, ça pose la question de savoir qu'est-ce qu'on offre aux jeunes aujourd'hui. Si vous allez si vous leur proposez soit les réseaux sociaux, soit un bon livre, évidemment qu'ils vont pas choisir le bon livre parce que ça demande un une espèce d'effort pour rentrer dedans.

Donc il y a un vrai il y a Oui, mais il y a un vrai sujet. C'est le combat en parallèle retour de la lecture. Lor Miller, vous diriez aujourd'hui et ça sera une façon de conclure cet échange avant le vote au Sénat ce soir.

Vous diriez aujourd'hui qu'il y a une génération perdue ? C'est j'ai entendu cette expression qui est un peu sévère mais qui interpelle quand même hein. Oui, c'est un peu sévère mais en effet, il y a une génération qui est largement impliquée là-dedans et qui a des alors des séqueles c'est aussi extrêmement sévère mais qu'il faut sauver et je pense qu'il est encore temps de la sauver.

Oui, mais c'est maintenant que ça se passe. C'est maintenant que ça se passe. Le calendrier donc c'est ce vote au Sénat ce soir.

Il est apparié que les amendements se retrouve dans les urnes des sénateurs. Je suis optimiste. Je suis optimiste.

Tout peut encore changer. Et et la la on va dire la la résolution de cette proposition de la fin de son parcours, c'est quoi ? C'est avant l'été.

Oui, c'est avant l'été. L'idée en effet, c'est avant la trêve estivale et transformer la France comme un un nouveau pays, le premier pays à prendre ses responsabilités et à sauver ses enfant en en Europe. En Europe.

Merci à vous, Leurilci. Nous nous serons très attentifs ce soir à ce vote. Il faudra vous réinviter pour que vous en fassiez le, on va dire l'analyse, le commentaire.

Nous verrons bien si vous avez entendu. Merci à vous et bienvenue Maxime Liedo. Mais bonjour monsieur Jean-François.

Bonjour Maxime. Ça va ? Mais toujours.

Alors sur [raclement de gorge] quoi vous allez nous mettre d'accord aujourd'hui ? Et ben on va essayer en tout cas de vous mettre d'accord entre 10h et mid. Le le numéro c'est le même 0826 300 300.

On va parler de la candidate à la veste verte Marine Tondelier qui a fait une petite apparition médiatique et qui les multiplie depuis quelques heures pour une très bonne nouvelle. Elle est enceinte mais nous la question qu'on va leur de cette histoire. Je suis dubitative.

Non mais à quel serbe de son parcours personnel pour mettre en évidence des difficultés de femmes sur les fausses couches et sur le parcours des PMA ? sans doute une bonne chose. Après, j'aime pas trop l'idée de personnifier.

Ça ça sera notamment un peu le thème du débat. Est-ce que la communication politique arrive à ses limite quand on met à ce point la vie privée en avant ? Et puis est-ce que vous en avez Ralacen, mon cher Jean-François ?

Ralacen, c'est et ben c'est une expression française monsieur employée par Édouard Philippe, ancien premier ministre qui dans un entretien à la radio hier a dit "Je crois que les Français en ral la couwen de la politique. Comprenez ralbol. Est-ce que c'est le cas amis auditeur ?

Est-ce que vous aussi vous en avez marre de la politique ou peut-être que vous n'en avez pas marre du tout de la politique. Ce sont les politiques, les représentants politiques que vous ne pouvez plus voir. Ce n'est pas la même chose. 0826 300.

Bonne émission. Yeah.