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interviewRTL — Le Grand Jury· 11 janvier 2026 51 min

Le Grand Jury de Michel Barnier

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Intervenant

Présenté par Olivier Bost. Présenté par Olivier Bost.

0:16
Michel Barnier

Bonjour à tous et bonne année. Soyez les bienvenus dans ce grand jury. Nous sommes en direct sur RTL et en direct également sur Public Sénat. Bonjour Michel Barnier.

0:26
Présentateur

Bonjour M. Bost et bonjour à tous vos téléspectateurs et auditeurs à qui je souhaite aussi une bonne année.

0:31
Michel Barnier

Vous êtes député de Paris, ancien Premier ministre, ancien ministre également de l'agriculture et ancien ministre des affaires étrangères, mais aussi ancien commissaire européen. Autant de fonctions qui sont aujourd'hui au cœur de l'actualité avec la toute prochaine signature du Mercosur et la colère des agriculteurs, le grand chamboulement mondial avec le nouveau colonialisme américain et l'agressivité commerciale de la Chine. La France semble toute petite et même isolée, embourbée dans sa situation politique, toujours à la recherche d'un budget pour cette année. Bienvenue dans ce grand jury, Michel Barnier. A mes côtés pour vous interroger.

A mes côtés pour vous interroger, Périne Tarnot de Public Sénat et Jim Jarassé du Figaro. Et dans ce grand jury, en plus de l'actualité du gouvernement, de l'actualité internationale dense, vous répondrez aussi, Michel Barnier, à nos questions express. Menacé donc par des motions de censure et sans budget, Sébastien Lecornu, le Premier ministre, a demandé au ministère de l'Intérieur de préparer la possibilité d'élections législatives au moment des élections municipales les 15 et 22 mars. Michel Barnier, est-ce que vous prenez cette menace de dissolution au sérieux ?

1:55
Présentateur

Je veux bien parler de cette certitude de motions de censure cette semaine ou de la menace d'une dissolution qui est agitée par le gouvernement. Mais je trouve que la situation, si vous me permettez de dire cela d'emblée, au début de ce grand jury, c'est beaucoup plus grave que ça. Ce qui se passe dans notre pays et l'affaiblissement de la France, de sa parole, de sa crédibilité, de sa capacité à agir au regard de ce que je pourrais appeler un double décalage que je ressens comme nouveau député de Paris mais aussi comme quelqu'un qui milite depuis longtemps pour une certaine idée de la politique et de la France. Décalage avec les citoyens et décalage avec ce qui se passe dans le monde.

Les Français en ont ras-le-bol. Ils nous demandent de nous entendre. Dans les communes, il y a plus que de la colère actuellement. Il y a même de l'indifférence. C'est ça qui me paraît le plus grave. Et puis l'autre décalage, il est entre le débat national, très hexagonal, très hexagonal, et ce qui se passe tout autour de nous en Europe dans un monde où tout s'accélère, un monde qui devient transactionnel. Vous avez parlé du colonialisme ou de l'impérialisme américain, de l'agressivité chinoise, de l'agression russe. Dans ce monde-là, vous voyez bien que tout s'accélère sur le plan géopolitique et pas seulement à cause de M. Trump sur le plan militaire et pas seulement à cause de M.

Poutine et de son agression de l'Ukraine. Ce qui se passe en Iran, ce qui se passe sur le plan commercial, ce qui se passe sur le plan technologique avec l'intelligence artificielle, sur le plan commercial. est-ce qu'on peut se permettre dans ce moment de continuer à ne pas décider, à ne pas bouger ? Alors, justement. Donc, c'est ça la question. Et donc, moi, je me prononcerai sur tous ces votes qui ont lieu et sur les menaces de dissolution ou autres au regard de cette seule question. Qu'est-ce qui fait que notre pays peut arrêter son recul, reprendre la marche en avant, être capable de décider et de s'entendre comme nous le demandent les Français avec beaucoup de véhémence ?

4:00
Michel Barnier

Vous dites qu'il faut des décisions. Est-ce qu'il faut que le débat sur le budget soit le plus court possible ? Faut-il que le Premier ministre déclenche rapidement à 49.3 pour sortir de cette situation de blocage ?

4:11
Présentateur

Moi, je pense qu'il ne peut pas faire autrement que de déclencher le 49.3. D'ailleurs, je n'ai pas tellement compris pourquoi, dès le début de son mandat, il avait annoncé à l'avance qu'il n'utiliserait pas le 49.3.

4:20
Michel Barnier

Peut-être pour négocier avec les socialistes ?

4:22
Présentateur

Oui, mais ça, ça n'empêchait pas. Moi-même, j'avais laissé, lorsque j'étais Premier ministre, le temps du débat et on a vu le résultat. Là, on le voit d'une autre manière. Ce n'est pas une négociation qui est liée avec le Parti socialiste. C'est un chantage. Ce que le Parti socialiste a fait, c'est un vrai chantage sur le budget auquel le gouvernement a beaucoup cédé déjà. Donc, moi, je souhaite qu'on s'arrête, que le Premier ministre prenne... Mais si le Premier ministre

4:43
Intervenant

ressort le 49.3, il s'expose au vote d'une motion de censure, est-ce qu'il ne faut pas, du coup, privilégier une autre hypothèse qui serait celle des ordonnances qui permettraient peut-être de faire passer un budget avant une éventuelle censure du gouvernement ?

4:56
Présentateur

Mais ce que je comprends, madame, des ordonnances, de cette utilisation des ordonnances, c'est qu'elles posent des risques constitutionnels ou institutionnels.

5:04
Intervenant

Elles n'ont jamais été utilisées dans ce cadre-là, effectivement.

5:06
Présentateur

Et donc, il y a peut-être des raisons au fait qu'elles n'aient jamais été utilisées. J'avais moi-même exagliminé cette possibilité. On m'avait découragé de le faire pour des raisons juridiques et constitutionnelles.

5:15
Intervenant

Il semblerait que le président Macron pousse vers cette voie-là, aujourd'hui.

5:18
Présentateur

Moi, je pense que la bonne solution, c'est sur la base d'un budget où chacun doit prendre ses responsabilités. Le Premier ministre, comme tout le monde, comme le Parti Socialiste, c'est le moment de vérité. C'est le moment de prendre ses responsabilités et pour le Parti Socialiste, d'arrêter cette surenchère et ce chantage. On a déjà beaucoup payé, enfin, les Français ont beaucoup payé, beaucoup payé, avec le projet de loi sur la sécurité sociale, le report de la réforme des retraites, sur qui ? Sur les futures générations. Tout le monde sait, dans ce pays, qu'on ne pourra plus payer les retraites aux jeunes d'aujourd'hui, aux jeunes actifs d'aujourd'hui, dans 15 ou 20 ans.

Et il faudra bien qu'on traite cette question avec un peu de courage. Tout le monde sait qu'à force d'accumuler les déficits, les dettes, d'augmenter les dépenses, on reporte tout sur les futures générations.

6:04
Intervenant

Ça a été une erreur de Sébastien Lecornu de négocier exclusivement avec le PS. Vous parliez de chantage il y a quelques minutes.

6:12
Présentateur

Moi, je pense que le PS a dominé la discussion. C'est ce que je pense et qu'on a procédé. Lorsque le Premier ministre est venu devant le groupe dont je fais partie, le groupe des Républicains à l'Assemblée nationale, je lui ai dit en souriant on est content de vous voir, M. le Premier ministre, parce qu'on avait besoin d'être rassuré sur le fait d'être au moins aussi bien traité que le PS. Moi, je trouve que le PS a dominé cette discussion et a obtenu ce qu'il voulait, c'est-à-dire le report de certaines réformes indispensables, et le report sur les futures générations des efforts.

Vous savez, il y a une phrase, parce que nous parlons du Parti Socialiste, c'est une phrase d'un homme politique de gauche que j'ai toujours beaucoup respecté, qui est Pierre Mendes France et qui, dans un discours à la Genèse, je crois en 1954, il y a très longtemps, a dit ne jamais sacrifier l'avenir au présent. Ne jamais sacrifier l'avenir au présent. C'est ce que je trouve qu'on fait trop dans ce pays aujourd'hui.

7:05
Michel Barnier

Le résultat de ce que vous appelez le chantage, comment vous qualifiez le budget tel qu'il est aujourd'hui et tel qu'il pourrait être adopté ?

7:13
Présentateur

C'est un budget de compromis, d'un mauvais compromis, mais je pense qu'au point où nous en sommes, je ne sais pas quel sera le budget, d'ailleurs, pour tout vous dire. si le Premier ministre décide d'utiliser le 49.3, sur quoi il va le faire ? Sur quel budget ? Je recommande qu'on en cesse avec cette surenchère, cette augmentation des dépenses et qu'on fasse le budget le plus raisonnable possible et je pense qu'on a déjà payé le Parti socialiste. C'est le moment que le Parti socialiste soit responsable et ne contribue pas à ce qu'on sacrifie toujours l'avenir au présent, qu'on ne reporte pas toujours sur les jeunes d'aujourd'hui les efforts qu'on ne s'est pas capable de faire nous-mêmes.

7:49
Michel Barnier

Je reviens sur ma première question Michel Barnier parce qu'il n'y a pas répondu. Est-ce que vous croyez ou pas à cette menace de dissolution ? Est-ce qu'Emmanuel Macron pourrait dissoudre à un an d'une élection présidentielle ?

8:01
Présentateur

Et organiser, si j'ai bien compris, des élections législatives en même temps que les élections municipales. Ce n'est pas juste. Ce n'est pas juste. Les municipales, c'est un des rares moments de vraie démocratie. D'ailleurs, à un échelon où on est capable de s'entendre entre élus qui ne pensent pas toujours la même chose. D'ailleurs, beaucoup d'élus nous disent pourquoi ce qui est possible dans la commune, vous n'êtes pas capable de le faire là-haut.

8:22
Michel Barnier

Pour être clair, vous pensez que des législatives vont parasiter les municipales ou gâcher les municipales ? Oui, je ne pense pas que ce soit bien

8:26
Présentateur

de prendre en otage les élections municipales alors que les Français sont capables de s'entendre au niveau local, de leur faire payer, de prendre en otage ce débat municipal qui est démocratiquement très important, celui de la proximité par les divisions nationales.

8:41
Michel Barnier

Ça veut dire que cette menace de dissolution, vous ne la prenez pas au sérieux ?

8:45
Présentateur

Je ne sais pas quelle est sa réalité. Je ne vois pas pourquoi on a agité cette menace publiquement en indiquant que le ministère de l'Intérieur... Faire peur aux partis

8:52
Intervenant

comme le Parti Socialiste ou les LR qui auraient peut-être beaucoup à perdre de nouvelles législatives ?

8:58
Présentateur

On n'a pas peur des électeurs. Il ne faut jamais avoir peur des citoyens. S'agissant des LR, je ne vois pas de raison que nous votions une quelconque censure ni sur le budget où nous serons responsables que nous l'avons été depuis le début ni à fortiori sur le Mercosur puisque le gouvernement a pris une décision sage qui était de refuser d'adopter et d'approuver ce traité commercial.

9:18
Michel Barnier

Vous avez dit si il y a un 49-3, il faut voir ce que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, garde. Qu'est-ce qui, pour vous, doit être absolument exclu de ce qu'il y a aujourd'hui dans le budget ou en tout cas dans l'état dans lequel il était à la fin des discussions à l'Assemblée nationale ?

9:32
Présentateur

Il faut continuer à augmenter des dépenses alors qu'on n'a pas d'argent pour les payer et qu'on en dette et qu'on emprunte l'argent qu'on n'a pas qu'on tire des chèques en blanc ou en bois sur les futures générations. Donc, le courage...

9:46
Intervenant

Ce sont les demandes du Parti Socialiste. Oui, je pense que ça suffit. Ce sont des vraies lignes rouges. Donc, pour vous, le Parti Socialiste qui ne veut pas que 4000 postes soient supprimés dans l'enseignement scolaire, qui souhaite que la prime d'activité soit augmentée pour les plus modestes ou encore que le fonds vert à destination des territoires soit rétabli dans son intégralité.

10:02
Présentateur

Oui, mais qu'on ne change rien. Qu'on ne change rien. En réalité, et qu'on ne diminue pas non plus de dépenses, qu'on n'essaye pas de réformer l'État, les services de l'État pour qu'ils soient plus efficaces, qu'on fasse mieux avec moins, je pense que c'est possible dans ce pays. C'est possible dans beaucoup de collectivités locales qui ont démontré depuis plusieurs années, notamment dirigées par des élus républicains, qu'on pouvait faire mieux en dépensant moins d'argent public et avoir plus d'efficacité au service des citoyens. Il n'y a pas de bonnes décisions.

J'ai essayé de construire un budget il y a un tout petit peu plus d'un an, vous vous en souvenez, et de réduire le déficit budgétaire. Ce que j'observe aujourd'hui, c'est qu'il n'y a pas d'effort de réduction du budgétaire. C'est comme si on ne parle plus du déficit, comme s'il n'existait plus. Je trouve que ce n'est pas bien.

10:45
Michel Barnier

Il y a l'idée quand même de le garder en dessous des 5%.

10:47
Présentateur

Oui, on verra bien. Pour l'instant, il est plutôt autour de 5,5%, ce qui veut dire qu'il n'y aurait aucune diminution du déficit ni en 2025 ni en 2026. Je pense que ce n'est pas responsable vis-à-vis des générations futures. Périne Tarnot.

10:59
Intervenant

On reprend le constat très sévère sur l'état de la France que vous dressiez au tout début de cette émission. En fait, vous dressez le portrait de l'échec d'Emmanuel Macron et de ces deux quinquennats, finalement.

11:08
Présentateur

Non, je trouve qu'il y a des points positifs, ce que j'avais appelé des points où il fallait persévérer. La formation professionnelle, l'apprentissage, le soutien aux entreprises, notamment sur les nouvelles technologies, il y a plusieurs points positifs dans ce quinquennat. Mais il y a effectivement un déficit qu'on a laissé aller. Il y avait besoin de dépenser de l'argent au moment du Covid pour sauver l'économie et tous les emplois qui sont attachés aux entreprises. Mais je trouve qu'on n'a pas su sortir de ces dispositifs et qu'on n'a pas su sonner l'alarme assez tôt sur les déficits budgétaires qui est aujourd'hui au-delà de 3 000 milliards d'euros.

11:44
Michel Barnier

Pour vous, après l'adoption du budget, est-ce que vous diriez que le quinquennat est terminé ?

11:49
Présentateur

Non, le quinquennat sera terminé le jour où il y aura des élections présidentielles. Mais nous devons préparer la suite, préparer cette nouvelle donne dont les Français ont besoin qu'ils attendent avec un nouveau président de la République accompagné d'une nouvelle majorité absolue. Et on a vu que ce n'était pas automatique.

12:06
Michel Barnier

On reviendra sur 2027 dans un instant. Le Grand Jury, tout est politique. Michel Barnier, êtes-vous opposé à la signature du Mercosur dans les prochains jours par Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne ? Je rappelle que le Mercosur, c'est cet accord de libre-échange très contesté par les agriculteurs français.

12:27
Présentateur

Je suis opposé à ce projet de traité. Ça ne veut rien dire d'être opposé à la signature puisque Mme von der Leyen va partir signer cet accord mandaté, si je puis dire, non pas par sa propre administration, mais par les États membres de l'Union européenne qui sont des États souverains et qui, dans leur majorité qualifiée, il y a 48 heures, ont donné leur accord. Ce n'est pas seulement la Commission qui a préparé ce traité, ce sont les États membres qui ont décidé dans leur majorité qualifiée et contre l'avis de la France qui n'est qu'un avis parmi d'autres de s'opposer

12:58
Michel Barnier

à ce traité. Vous avez connu le Mercosur à plusieurs étapes de votre carrière. Qu'est-ce qui fait qu'aujourd'hui, on termine sur cette situation-là ?

13:07
Présentateur

On termine sur cette situation-là parce que le logiciel de la négociation commerciale depuis 30 ans n'a pas été changé au niveau de Bruxelles. On est toujours dans l'idée qu'il faut ouvrir les portes, les fenêtres, alors que personne ne le fait, de discuter d'accords globaux alors que plus aucune région du monde, plus aucun État du monde ne négocie d'accords globaux qui font que, dans ce cas précis, l'agriculture, une grande partie de l'agriculture, l'élevage est la variable d'ajustement. Et vous savez, on peut toujours trouver des statistiques. Par exemple, une statistique dit que cet accord n'apporterait que plus 0,05% de PIB de croissance en Europe, ce qui n'est pas beaucoup.

On peut toujours dire les agriculteurs, les éleveurs, les producteurs sont une toute petite... Il y en a ras-le-bol de traiter les gens avec des statistiques. Moi, j'ai été élu très longtemps d'une région de montagne, la Savoie, avec beaucoup d'éleveurs. Je peux dire que derrière ces chiffres-là, ces statistiques, il y a des hommes et des femmes qui méritent d'être respectés. Et donc, un accord commercial qui sacrifie une partie de l'économie et pas seulement de la France. Il y a plusieurs autres pays qui ont voté contre cet accord. L'Autriche, l'Irlande, la Pologne qui étaient opposées aussi. Derrière ces chiffres, ces statistiques, il y a des hommes et des femmes qu'il faut respecter.

Je veux juste terminer mon analyse. Si on cherche des raisons au populisme, à ce sentiment anti-européen qui fait par exemple qu'un très grand pays, et je le regrette beaucoup, à nouveau comme le Royaume-Uni a quitté l'Union Européenne, vous trouvez ces raisons-là dans de telles négociations.

14:43
Intervenant

Il y a tout de même un contexte de tensions commerciales très fortes avec les Etats-Unis, avec la Chine. Est-ce que ce n'est pas le rôle de l'Union Européenne de trouver des solutions pour ouvrir ces marchés, pour augmenter le périmètre de ces marchés et être plus forts ?

14:57
Présentateur

Et dans le monde entier, trouver à diversifier nos échanges commerciaux. Vous avez raison, mais on peut le faire autrement avec l'Amérique latine qui est un grand continent. Prends un autre exemple, si vous voulez bien, de négociations qui avancent actuellement avec un très très grand pays, même plus important en population que la Chine. Je parle de l'Inde. Il y a trois ans, on avait suspendu les accords avec l'Inde qui étaient en cours et l'Inde avait dit on reprendra ces accords si vous excluez de la négociation le secteur laitier. Pourquoi on ne fait pas ça ? Pourquoi on n'a pas été capable d'exclure tel ou tel secteur pour éviter ces problèmes d'aujourd'hui et ces incompréhensibles ?

15:34
Intervenant

C'est l'issue de 26 ans finalement de négociations avec l'Amérique latine, de relations avec l'Amérique latine et c'est vrai qu'au moment où on voit que Donald Trump prend des décisions qui sont brutales, intempestives, est-ce qu'il ne faut pas se féliciter d'avoir 26 ans de négociations qui finalement

15:48
Présentateur

aboutissent à un accord ? Mais ce n'est pas la conclusion de l'accord que je conteste, c'est la nature de cet accord qui condamne, qui ne respecte pas, qui crée du désespoir dans un secteur important de l'économie agricole européenne et voilà pourquoi autant je suis favorable à ce qu'on ouvre le jeu de la négociation avec l'Amérique latine.

16:05
Intervenant

Mais le Mercosur, il divise les filières agricoles françaises parce qu'il y a certaines, notamment je pense aux filières viticoles, etc. Ils sont plutôt dans l'attente de nouveaux débûchés en Amérique latine.

16:16
Présentateur

Bien sûr, mais vous êtes dans une négociation où le résultat est devenu un objet irrationnel où on oublie effectivement les côtés positifs qui en a beaucoup dans cet accord. Mais vous ne pouvez pas expliquer cela aux électeurs ce qui explique d'ailleurs que lorsque j'ai saisi comme Premier ministre le Parlement de son avis sur ce projet de l'économie agricole il y a plus d'un an, c'était en novembre 2024, la totalité des députés des sénateurs excepté LFI mais une fois de plus qui a voté contre l'intérêt national, la totalité des parlementaires quelle que soit leur sensibilité dans la majorité relative ou dans l'opposition ont voté contre ce projet d'accord.

16:53
Intervenant

Bien sûr, mais il y a l'avis des électeurs, il y a l'avis des agriculteurs et puis il y a aussi la réalité. On a vu l'année dernière la France qui a moins importé de produits agricoles qu'elle en a exportés. C'est une première depuis 1978 que cette balance commerciale-agricole soit négative. ça démontre bien qu'il y a quelque chose à faire.

17:13
Présentateur

Non, ça c'est pas... Excusez-moi, la réponse n'est pas dans l'Amérique latine. La réponse n'est pas...

17:18
Intervenant

Non, mais on a l'impression que le Mercosur c'est un peu finalement le cache-sexe des problèmes de l'agriculture française aujourd'hui, de ces problèmes de compétitivité et de l'absence finalement de mesures qui ont été prises pour peut-être un peu régler les problèmes de papas

17:31
Présentateur

Je suis passionnément européen comme je suis définitivement patriote depuis très longtemps donc vous ne me prendrez pas en défaut sur la nécessité pour l'Europe de se réformer d'améliorer sa compétitivité mais qui tient aussi si je vais me permettre à l'unité sociale il n'y a pas de compétitivité dans un pays comme dans une entreprise si vous n'avez pas de cohésion sociale et là vous êtes dans un accord qui met en cause la cohésion sociale dans un secteur très important Si les agriculteurs sont dans la rue aujourd'hui c'est à la fois par désespoir et par colère et donc il faut faire très attention à tout ce qui peut encourager ce désespoir ou ne pas lui répondre Je pense qu'il y a d'autres raisons au manque de compétitivité agricole Vous mettez le doigt sur des sujets très importants et pourtant ce secteur que je connais assez bien pour avoir eu l'honneur d'être le ministre des agricultrices et des agriculteurs pendant deux ans ce secteur est un de ceux qui s'est le plus réformé qui s'est le plus adapté Vous avez des gens et des femmes et des hommes qui travaillent beaucoup qui gagnent très mal leur vie qui n'ont pas de retraite correcte qui gagnent souvent pas assez d'argent pour vivre normalement et qui pourtant remplissent une mission essentielle qui est celle de nourrir les autres de faire face aux défis de l'alimentation et de l'équilibre de nos territoires Donc ces gens méritent du respect et c'est pour ça que cet accord est devenu peut-être de manière en partie irrationnelle un objet de critique et de rejet

18:57
Michel Barnier

Je reviens quand même sur le nom français de vendredi à cet accord du Mercosur de la part d'Emmanuel Macron Ce vote négatif avec quelques pays comme vous l'avez dit est-ce que ça donc minoritaire est-ce que ça ne nous isole pas quand même est-ce que ça ne montre pas une certaine faiblesse de la France de son poids en Europe ?

19:17
Présentateur

Il est arrivé à d'autres pays y compris l'Allemagne d'être parfois minorisé il faut faire attention en effet c'est sans doute un signe du fait qu'on n'a pas pu rassembler cette minorité de blocage malgré les efforts je veux le dire de Dany Gennevard et du gouvernement de Mme Gennevard qui est la ministre de l'Agriculture qui est une femme très tenace et très compétente et qui a obtenu d'ailleurs à la faveur de cette bataille du Mercosur des avancées importantes sur le contrôle des importations notamment pour éviter qu'on importe chez nous des produits qui sont fabriqués qui sont produits dans leur pays d'origine avec des méthodes avec des pesticides avec des standards qui ne sont plus les nôtres qu'on impose qu'on n'impose plus à nos agriculteurs donc il y a des injustices qui ont été corrigées il faudra veiller à ces clauses de sauvegarde etc mais je pense que le signal qui est fait c'est celui que la commission européenne doit d'une manière ou d'une autre sur ses accords commerciaux reprendre sa copie et changer de méthode voilà ce que je pense

20:17
Intervenant

En un mot sur ce dossier du Mercosur toujours est-ce qu'il y a encore un rebondissement possible est-ce qu'il peut y avoir un vote au Parlement européen qui irait à l'encontre de la signature de ce traité ou bien est-ce que la cour de justice de l'Union européenne peut être saisie sur ce sujet

20:33
Présentateur

C'est l'objet du vote qui aura lieu au Parlement aujourd'hui l'état des forces est assez équilibré au Parlement il y a des pour et des contre donc je ne peux pas préjuger du vote du Parlement européen mais la dernière étape c'est en effet la ratification et peut-être la saisine de la cour européenne de justice par le Parlement européen ce à quoi nous travaillons et ce à quoi les députés membres de ma famille politique du parti populaire européen

20:55
Intervenant

Vous parliez de la ministre de l'agriculture à l'instant Annie Gennevar est-ce qu'elle n'est pas un peu dépassée par les syndicats agricoles et notamment par la coordination rurale qu'on dit proche du rassemblement national

21:04
Présentateur

Je ne crois pas qu'elle soit dépassée Est-ce que la FNSEA

21:08
Intervenant

également le principal syndicat agricole n'est pas dépassé ?

21:10
Présentateur

Vous avez toujours des batailles syndicales vous avez parfois des organisations qui vont très loin qui font de la surenchère Moi j'ai beaucoup écouté les syndicats je trouve que l'attitude de la FNSEA des jeunes agriculteurs a été toujours responsable solidaire des agriculteurs mais responsable

21:27
Intervenant

Les actions les plus fortes sur le terrain ce sont celles de la coordination rurale

21:31
Présentateur

Mais si je dois répondre à votre question je vous dirais non Madame Gennevar a fait preuve de beaucoup de ténacité et de courage et de détermination en obtenant un certain nombre d'avancées dans cette négociation

21:39
Michel Barnier

Lors d'une manifestation devant l'Assemblée nationale cette semaine des agriculteurs membres de la coordination rurale ont jeté un liquide au visage de Yael Brunpivet Est-ce qu'on peut négocier et continuer de négocier quand la violence s'invite dans les débats ?

21:54
Présentateur

Je ne crois pas qu'on puisse accepter une telle mise en cause personnelle de la présidente de l'Assemblée nationale qui institutionnellement et personnellement représente une institution importante dont je n'ai pas trouvé bien j'étais d'ailleurs pas loin de l'endroit où ça s'est produit puisque j'étais dans mon bureau à l'Assemblée nationale et je veux dire ma solidarité avec la présence de l'Assemblée nationale mais en même temps recommander que cette violence-là soit maîtrisée parce que ça n'aide pas la sérénité du débat dont nous avons besoin

22:22
Michel Barnier

Et à l'inverse quand deux leaders syndicaux deux responsables de la coordination rurale sont interpellés à Paris plusieurs partis politiques ont condamné ces interpellations c'est aussi votre cas ?

22:34
Présentateur

Je ne sais plus dans quelles circonstances ils ont été interpellés mais s'ils ont été interpellés c'est qu'ils étaient mis en infraction avec soit une interdiction de manifestation soit la loi donc après il faut que il faut que le dernier mot revienne au droit et à la justice

22:47
Michel Barnier

Et un dernier mot sur le Parlement européen est-ce que c'est normal que l'accord s'applique avant que le Parlement européen vote sur le Mercosur ?

22:57
Présentateur

Moi je ne le crois pas je ne le crois pas il faudra d'ailleurs regarder de quelle manière cette disposition qui obligeait le Parlement européen à se prononcer définitivement avant la mise en oeuvre effective de l'accord a été supprimée on m'a dit à la demande de l'Allemagne il faudrait vérifier les conditions mais je ne crois pas que ce soit normal démocratiquement le Parlement européen devrait pouvoir être celui qui n'autorise pas l'entrée en vigueur de cet accord

23:21
Michel Barnier

Et alors au sujet de la colère agricole elle est aussi alimentée par la crise de la dermatose nodulaire cette maladie qui touche les bovins et qui impose de tuer des troupeaux sur le sujet est-ce que le gouvernement a pris des bonnes décisions ?

23:33
Présentateur

Ma réponse est oui Ma réponse est oui je pense que j'ai vécu ce genre de situation lorsque j'ai été ministre de l'agriculture et de la pêche et j'ai vécu ce genre de drame que constitue pour un agriculteur il y en a eu plusieurs dans la région dont j'ai été élu très longtemps en Savoie et en Haute-Savoie c'est un drame qu'on ne mesure pas bien que celui de devoir abattre un troupeau qui est le fruit d'un travail de plusieurs générations en matière génétique en matière d'élevage et donc je pense qu'il faut marquer cette solidarité mais en même temps

24:04
Intervenant

vous dites qu'il n'y a pas d'alternative

24:06
Présentateur

il n'y a pas d'alternative à un abattage sélectif et parfois total de certains troupeaux qui ont été touchés d'autant plus que la dermatose est une maladie qui peut toucher effectivement et visuellement un animal mais qui peut aussi se révéler un peu plus tard dans un troupeau et donc il faut faire très attention parce que le drame c'est que cette maladie cette maladie animale se propage j'ajoute d'ailleurs à ce sujet et nous en avons parlé avec Mme Genevard qu'il faut aussi que l'Europe intervienne en matière de prévention et tirer les leçons de ces crises sanitaires j'en ai connu d'autres comme la FF Qatar à la Ovine il y a quelques années c'est comme pour les maladies humaines il faut augmenter l'effort de recherche augmenter l'effort de stockage augmenter l'effort de production chez nous en Europe pour pouvoir avoir les vaccins en temps voulu

24:50
Michel Barnier

Juste avant la pause quelques questions avec des réponses par oui ou par non Michel Barnier faut-il organiser un référendum sur la fin de vie pour laisser ce sujet tranché par les français

25:05
Présentateur

Est-ce que c'est vraiment le sujet dans la situation d'instabilité de doute de colère où nous sommes qui méritent d'être l'objet d'un débat national le débat est engagé au parlement dans une voie d'ailleurs qui ne me convenait pas moi j'étais plutôt sur l'idée que François Bayrou d'ailleurs a mis en oeuvre de séparer le texte sur les soins palliatifs est-ce qu'on a besoin d'une loi sur les soins palliatifs par rapport à la loi Leonetti moi je pense qu'il faut appliquer cette loi et lui donner les moyens d'être appliqué et la question de la fin de vie mais si cette question doit avancer parce que c'est la volonté du chef de l'Etat alors pourquoi pas un référendum oui parce que les français peuvent se prononcer et c'est une question d'ailleurs dont la réponse traversera tous les partis politiques de manière différente

25:53
Intervenant

Michel Barnier d'actualité soutenez-vous la grève des médecins libéraux contre le budget de la sécu on vous a entendu sur les agriculteurs est-ce que vous apportez aussi votre soutien aux médecins

26:02
Présentateur

je comprends d'ailleurs mon collègue Yannick Noderre s'est exprimé à l'Assemblée cette semaine de manière très claire je comprends la colère des médecins et la mise en cause notamment sur la question des congés de maladie la mise en cause un peu systématique de cette profession médicale notamment dans les secteurs ruraux et parfois urbains où les déserts médicaux existent aussi est une question qui était sérieuse donc je comprends cette protestation Est-ce qu'il y aura

26:30
Intervenant

de la neige aux Jeux Olympiques d'hiver en France en 2030 ?

26:33
Présentateur

Ah voilà une bonne question si vous trouvez un homme politique qui vous promet la pluie et le beau temps ou la neige méfiez-vous surtout en ce moment

26:39
Intervenant

Mais vous êtes inquiet sur l'organisation de ces Jeux d'hiver en France ?

26:42
Présentateur

Non, il faut être vigilant c'est toujours difficile

26:43
Intervenant

Il y a eu plusieurs démissions

26:44
Présentateur

récentes dans le comité d'organisation Oui mais qu'il y ait des changements c'est assez normal vous savez que j'ai personnellement une expérience dans ce domaine puisque j'ai eu l'honneur avec Jean-Claude Killy d'organiser les derniers Jeux Olympiques que la France a organisé en 1992 et je sais d'expérience que ce n'est pas facile que nous allons rentrer après les Jeux italiens de Cortina et de Milan en première ligne et donc on sera très observé la France sera très observée mais c'est une chance de pouvoir organiser un grand événement sportif mais c'est une chance à la condition et je sais que c'est l'état d'esprit du président du comité d'organisation Edgar Gropiron que de saisir ces Jeux pour démontrer une nouvelle idée de la montagne notamment au regard du grand défi du changement climatique il y aura de la neige

27:23
Michel Barnier

Michel Barnier on va se retrouver dans quelques...

27:26
Intervenant

Du Grand Jury présenté par Olivier Bost

27:41
Michel Barnier

Michel Barnier député de Paris et ancien Premier Ministre et notre invité ancien Premier Ministre c'est une expérience que vous racontez Michel Barnier dans votre livre Ce que j'ai appris de vous chez Calman Levy à mes côtés pour vous interroger Perrine Tarnot de Public Sénat et Jim Jarassé du Figaro

27:58
Intervenant

Le Grand Jury l'actualité de la semaine

28:02
Michel Barnier

Michel Barnier vous avez été ministre des Affaires étrangères une question très simple est-ce que vous voyez le régime iranien chuter ?

28:15
Présentateur

Il faut d'abord saluer le courage du peuple iranien qui est en train de se battre contre sa propre peur la peur qu'impose ce régime des Mollah avec eux qui est un régime dictatorial islamiste dans sa conception la plus dure et donc il faut saluer le courage de ce peuple qui se révolte et qui se lève ce n'est pas la première fois pour que le régime tombe il faudrait qu'au-delà de la mouvement populaire dans la rue il y ait peut-être du côté du régime lui-même des gens qui changent de camp et qui s'aperçoivent assez tôt ou à temps que la raison doit l'emporter et que le peuple a raison donc je pense que le moment est assez décisif pour une raison d'ailleurs qui est assez nouvelle c'est que le régime iranien a toujours su depuis des dizaines d'années utiliser son influence extérieure qui était réelle c'est un grand pays un grand peuple pour consolider ou accroître son soutien à l'intérieur du pays or depuis quelque temps l'influence extérieure de l'Iran est en train de s'affaiblir de diminuer on l'a vu en Syrie on l'a vu au Liban on l'a vu sur la question du nucléaire et donc je pense qu'il n'y a plus cet argument ou cet élément de soutien de consolidation du sentiment national patriotique utilisable par le régime des Mollah donc je pense que c'est ça qui rend la situation plus décisive actuellement

29:42
Michel Barnier

est-ce que l'Union Européenne Michel Barnier doit classer les gardiens de la révolution comme organisation terroriste c'est une demande qu'a fait ce matin Israël

29:49
Présentateur

je pense que la discussion peut être ouverte sur cette question la France doit d'ailleurs concerter sa position sur cette question avec les autres pays européens mais je pense que cette question est ouverte

30:04
Intervenant

vous craignez aujourd'hui une répression sanglante du régime de ce régime aux abois parce que finalement très isolé comme vous venez de je ne la crains pas

30:12
Présentateur

toutes les communications

30:13
Intervenant

internet sont coupées les ONG 192 morts aujourd'hui

30:16
Présentateur

je ne la crains pas je la vois comme vous même vous voyez cette répression au delà des communications qui sont coupées d'internet qui est interdit le courage de ces femmes qui sont emprisonnées martyrisées assassinées les femmes iraniennes sont absolument et oui on constate cette répression qui va avoir lieu et je pense que la force de ce peuple on l'a vu dans d'autres circonstances et dans d'autres endroits d'Europe et du monde va être très très grande

30:42
Michel Barnier

est-ce que si le régime des mollats tombe il y a quand même une menace sur l'équilibre de la région

30:46
Présentateur

ça dépend qui remplace ce régime si on ouvre le jeu à un vote démocratique je ne peux pas préjuger je ne sais pas qui remplace

30:57
Intervenant

on parle beaucoup du fils du chat Reza Palavis est-ce que vous pensez que c'est une figure familialement connue

31:05
Présentateur

si j'ai pu dire est-ce que ça suffit pour je sais qu'il a des soutiens mais qui sont minoritaires en Iran je pense qu'il faudra voir quels sont les gens qui peuvent revenir ceux de l'intérieur qui existent et qui sont courageux pour créer cette alternance mais nous n'en sommes pas là pour l'instant ce pays est en train de vivre une révolution interne il faut encore une fois saluer le courage du peuple iranien

31:26
Michel Barnier

alors dans l'actualité internationale également le président américain est-ce que vous croyez aux menaces de Donald Trump d'annexer le Groenland

31:34
Présentateur

il faut toujours faire attention à ce que dit monsieur Trump même s'il le dit de manière parfois contradictoire en changeant d'opinion il fait toujours ce qu'il dit et c'est pas la première fois qu'il menace d'annexion mais très franchement quelles seraient les raisons de cette annexion est-ce que c'est une question de sécurité comme il l'a dit à un moment comme monsieur Vance son vice-président le dit il y a 48 heures il n'y a aucune raison

32:01
Intervenant

ou est-ce que c'est un projet prédateur sur les ressources naturelles du Groenland géographiquement quand même la situation du Groenland

32:06
Présentateur

peut être un élément de sécurité juste un élément de sécurité bien sûr il y a des questions de sécurité qui se posent pour le Groenland pour cette zone et notamment en raison des incursions chinoises ou russes mais le Groenland est un territoire qui n'est pas membre de l'Union Européenne en tant que tel il appartient à la souveraineté du Danemark qui lui est membre de l'Union et membre de l'OTAN il y a d'ailleurs un accord je me perds de le rappeler assez ancien entre les Américains le Groenland et le Danemark qui date de 51 et qui permet aux Américains de faire à peu près ce qu'ils veulent notamment à partir d'une base militaire qu'ils gardent au Groenland et d'accroître leur présence militaire donc ça peut pas être une question de sécurité puisque si la question de sécurité est posée c'est à l'intérieur de l'OTAN qu'elle doit être posée et nous pouvons nous français avec les autres européens le cas échéant même déployer des troupes ou des missions de sécurité donc la raison elle est différente est-ce que c'est une question

33:03
Intervenant

je reprends ma question est-ce que c'est un projet prédateur donc pour capter les ressources naturelles

33:07
Présentateur

vous voyez bien que dans tous les accords que monsieur Trump signe en Afrique ou ailleurs dans le monde quand il prétend avoir rétabli la paix il en est à 7 ou 8 accords de paix on verra d'ailleurs si ce sont des accords durables toujours en dernière page ou en dernière ligne de ces accords vous avez toujours une ligne qui prévoit l'exploitation des ressources minières des métaux rares des métaux précieux du pétrole ou du gaz par les sociétés américaines qui d'ailleurs ne sont pas d'ailleurs s'agissant on pourrait parler du Venezuela tellement enthousiastes que cela donc oui c'est une raison mais là encore il peut y avoir un accord entre les Etats-Unis le Groenland et le Danemark pour l'exploitation de certaines réserves les américains ont les moyens de faire ça donc je pense que la raison est différente si je puis me permettre presque 250 ans après l'indépendance de 13 états américains je pense que c'est une question du bris c'est une question d'impérialisme d'une nouvelle forme d'impérialisme où vous avez un président des Etats-Unis qui veut planter son drapeau et montrer que le territoire des Etats-Unis

34:07
Michel Barnier

vous vous dites impérialisme ou c'est même carrément du colonialisme dans ce cas-là

34:12
Présentateur

parfois ça revient au même donc les deux mots peuvent être utilisés comment on réagit à ça d'abord si nous parlons des ressources naturelles madame au Groenland ou dans la mer qui entoure le Groenland les Européens seraient bien inspirés madame Van der Leyen plutôt que d'aller signer cet accord en Amérique latine devrait mobiliser ses services pour bâtir une proposition européenne offerte aux Groenland aux autorités du Groenland et au Danemark pour une exploitation par les Européens un partenariat économique nous avons de grandes entreprises dans tous les domaines capables elles aussi autant que les sociétés américaines d'exploiter

34:48
Intervenant

si dans 15 jours Trump et les Américains débarquent au Groenland comment on réplique ce qu'on réplique par les armes par des tarifs je n'imagine pas par des visas contre les citoyens américains

34:57
Présentateur

si les Américains faisaient cette faute historique d'intervenir militairement au Groenland je vais vous dire comme je le pense et je le dis avec beaucoup de gravité ce serait la fin de la coopération transatlantique et la fin de l'OTAN madame Frédéric Sionn la première ministre du Danemark l'a dit publiquement je le dis à mon tour les Américains doivent faire très attention je pense d'ailleurs que sur ce sujet là il y aurait des raisons pour monsieur Trump ou d'être obligé ou de vouloir consulter le congrès américain il y a aux Etats-Unis des gens raisonnables y compris au parti républicain qui doit bien mesurer ce que je viens de vous dire toute agression notamment militaire à l'égard du Groenland serait la signification de la fin de la coopération transatlantique en matière de sécurité

35:39
Intervenant

Emmanuel Macron avait parlé d'une OTAN en état de mort cérébrale il y a quelques années est-ce que finalement on n'y est pas aujourd'hui ?

35:46
Présentateur

Non je ne le crois pas à l'époque il n'y avait pas cette menace américaine de quitter ou d'affaiblir l'OTAN mais moi je pense que les Européens ne doivent pas attendre toujours que les solutions viennent d'ailleurs je pense que les Européens seraient bien inspirés

36:00
Intervenant

il semble un peu tétanisé les Européens

36:01
Présentateur

ils seraient bien inspirés de garder leur calme et d'agir et de ne pas seulement brandir le drapeau de la déclaration des droits de l'homme des principes ou des valeurs bien sûr nous devons défendre les principes du droit international de la démocratie des droits de l'homme au Venezuela comme ailleurs mais ça ne suffit pas le moment est de définir quels sont nos intérêts stratégiques au Groenland comme ailleurs et de les défendre sans complexe je vais même aller un peu plus loin en imaginant que par rapport à toutes ces agressions cette accélération du temps mondial et du temps géopolitique dont les Français voient bien qu'il se produit mais ne mesurent pas bien les conséquences puisque nous avons ce débat toujours très hexagonal je pense que le moment est venu de changer la gouvernance européenne sur ces questions de sécurité et de défense

36:45
Intervenant

en l'accélérant ?

36:46
Présentateur

non en créant quelque chose qui pourrait être un conseil européen de sécurité regroupant à tout le moins quelques grands pays qui sont très engagés sur le plan militaire la France l'Allemagne la Pologne l'Italie d'associer à ce conseil de sécurité les britanniques qui sont un peu seuls actuellement et peut-être des norvégiens sans doute un jour l'Ukraine en dehors des institutions européennes en dehors de la commission européenne

37:08
Michel Barnier

est-ce que ça veut dire abandonner des prérogatives nationales ? non

37:11
Présentateur

en toute hypothèse en matière de défense vous devez garder la maîtrise de ce que vous faites s'agissant de la France l'arme de dissuasion nucléaire et même pour tous les autres pays la capacité souveraine d'envoyer de ne pas envoyer des soldats mais on pourrait à quelques-uns volontaires un peu dans l'esprit de la réunion qui a eu lieu il y a quelques jours à Paris 34 pays participant à cette coalition des volontaires que quelques-uns des pays européens et d'autres pays qui ne sont pas encore dans l'Europe ou qui n'y sont plus comme le Royaume-Uni de travailler ensemble à une architecture nouvelle de défense dans les Etats-Unis non une organisation un conseil européen de sécurité qui pourrait être l'outil pour être autonome mais en même temps rester solidaire si les américains le veulent dans le cadre de l'alliance atlanta

37:58
Michel Barnier

oui donc cette solidarité ça ressemble à une solidarité façon OTAN c'est le principe de l'OTAN

38:03
Présentateur

oui mais vous voyez bien que l'OTAN est déstabilisée actuellement par l'attitude américaine y compris avec cette menace d'annexion ou d'agression à l'égard d'un territoire qui est membre d'un pays membre de l'OTAN et donc il faut s'organiser autrement il faut en tirer les leçons le moment est venu pour les européens d'affirmer leurs intérêts de ne pas avoir de complexe ni les chinois ni les russes ni les américains n'ont de complexe à défendre leurs intérêts et si nous ne le faisons pas alors personne ne devra s'étonner que nous devenions définitivement sous-traitants et sous-influence des chinois et des américains moi je ne suis pas engagé permettez-moi de le dire en politique derrière le général de Gaulle il y a assez longtemps pour que mon pays ou l'Europe soit sous-traitante ou sous-influence

38:42
Michel Barnier

quelle a été votre réaction Michel Barnier votre première réaction à l'enlèvement de Nicolas Maduro par les Etats-Unis est-ce que vous êtes dit voilà un pays débarrassé d'un dictateur ou vous vous êtes dit c'est quand même une violation assez dangereuse de ce qu'on appelle le droit international

38:56
Présentateur

non j'ai assez stupéfait par cette opération assez efficace des forces spéciales américaines en même temps personne ne va pleurer après le départ de M. Maduro qui était un dictateur qui a exploité martyrisé son peuple qui l'a appauvri de manière considérable donc personne ne va pleurer sur lui il est parti

39:20
Intervenant

mais le régime est loin d'être décapité

39:21
Présentateur

c'est ce que j'allais vous dire nous sommes toujours dans un régime chaviste qui n'est pas encore parti on va voir ce qui va arriver lorsque le président américain va recevoir dans quelques jours je crois la prix Nobel de la paix qui est vénézuélienne on verra ce qui sortira de cet entretien je ne crois pas qu'on soit à la fin du régime chaviste au Venezuela et en même temps encore une fois je vous ai dit on peut toujours faire des commentaires regretter tel ou tel manquement à la protection des droits de l'homme vous savez ce n'est pas la première fois permettez-moi de vous le dire et des américains dans le monde qu'on voit ou à la violation

39:57
Intervenant

du droit international quand on a vu la première réaction d'Emmanuel Macron qui n'a pas eu un mot sur la violation du droit international est-ce que ça c'était une erreur ?

40:04
Présentateur

moi je viens je suis en train de répondre à vos questions en ce qui me concerne je ne vais pas passer mon temps à commenter je pourrais dire si je veux être honnête que la France est exprimée par la double voix du ministre des Affaires étrangères qui a condamné cette intervention du point de vue du respect du droit international et celle du chef de l'état j'aurais préféré qu'il y ait une seule prise de position qui aurait évité des questions comme celles que vous venez de poser ou des intertitudes mais vous savez ce n'est pas la première fois c'est faux de dire que nous basculons dans un autre monde ce qui est clair c'est que le rapport de force l'emporte de manière maintenant presque systématique sur le rapport du droit et donc c'est ça dont nous devons prendre compte et nous-mêmes être capables de faire entendre nos intérêts

40:43
Intervenant

mais justement à dire le coup de force américain qu'est-ce qui empêche désormais la Chine par exemple de faire la même chose à Taïwan comment les occidentaux pourraient s'y opposer après avoir laissé passer ce qui s'est passé aux Etats-Unis et aux Vénézuélas ? La question que je posais

40:57
Présentateur

rien n'a empêché la Russie d'agresser l'Ukraine si je me permets de vous le dire avant même que l'intervention américaine

41:05
Intervenant

c'est un constat d'impuissance

41:06
Présentateur

oui mais c'est un constat d'impuissance c'est pas nous qui allons empêcher la Chine d'intervenir à Taïwan c'est plutôt les américains qui doivent se préparer à cette hypothèse et les pays de la zone indo-asiatique naturellement mais en toute hypothèse le monde où nous sommes est un monde où tout s'accélère et où le rapport de force l'emporte sur le rapport de droit donc prenons acte de cela n'agitons pas seulement les valeurs ou les principes comme nous avons le devoir de le faire c'est notre responsabilité d'Européens bâti pour l'Union Européenne et pour la France sur une communauté de droit mais affirmons nos intérêts et défendons-les y compris à l'égard de la Chine sur le plan commercial à l'égard de la Russie en aidant l'Ukraine et à l'égard des Etats-Unis en n'étant pas naïfs

41:48
Intervenant

Dans ce contexte la Russie a tiré un deuxième missile hypersonique dans la nuit de jeudi à vendredi sur l'Ukraine comment vous analysez ce tir c'est un moyen de pression contre les Européens ou est-ce que c'est un signe de fébrilité de la Russie qui perd certains de ses alliés ?

42:04
Présentateur

Je ne sais pas s'il faut appréter ça comme un signe de fébrilité de la Russie c'est pas non plus la première fois que ce genre de missile balistique est utilisé je pense qu'il faut continuer de soutenir fortement et d'approvisionner l'Ukraine en armes et pour cela accélérer les cadences et la fabrication des munitions et des armes dont l'Ukraine a besoin et les livrer à l'Ukraine notre premier devoir aujourd'hui bien sûr de penser à l'après traiter de paix ou traiter de cessez-le-feu nous n'y sommes pas on peut toujours virtuellement travailler c'était bien la réunion de Paris est utile de préparer ce moment-là mais nous n'y sommes pas on voit bien avec les destructions massives contre les populations civiles en Ukraine que la Russie veut continuer de détruire un pays souverain qui est proche d'elle qui est l'Ukraine d'ailleurs si vous me permettez de le dire sur le plan géopolitique ce qui est assez grave et intéressant à observer c'est que pour la première fois depuis 60 ans nous avons sur notre flanc est et sur notre flanc ouest deux dirigeants je ne parle pas de peuple parce que je ne veux pas confondre M.

Poutine avec le peuple russe ni M. Trump avec le peuple américain nous avons deux dirigeants de très grande puissance qui veulent détruire l'Union Européenne c'est ça l'objectif pour des raisons différentes mais qui se conjuguent M. Poutine parce qu'il veut absolument empêcher l'attractivité démocratique de l'Europe à l'égard des peuples de l'Est qui ne sont pas encore revenus à la démocratie et M.

Trump parce qu'il est entouré de milliardaires et de spéculateurs que l'Europe gêne en tant que nous sommes un espace de gouvernance de régulation et de supervision qui empêche ses amis de faire des affaires donc raison de plus pour se ressaisir et pour affirmer à travers ce conseil européen de sécurité sur le plan commercial ce nouveau logiciel que j'appelle de mes voeux à Bruxelles Michel Barnier

43:57
Michel Barnier

vous êtes député de Paris est-ce que la candidature de Sarah Knafou à la mairie est en mesure de gêner celle de Rachida Detti

44:04
Présentateur

je comprends bien nous sommes en train de changer de sujet complètement c'est pour ça je dis ça parce qu'il faut relativiser tout de même encore une fois qu'on ne se regarde pas toujours trop le nombril en oubliant

44:17
Michel Barnier

c'est la prochaine élection en France

44:19
Présentateur

oui c'est la prochaine élection moi ce que je constate à Paris c'est qu'il y a une dynamique autour de Rachida Detti que je soutiens et qui me paraît avoir le tempérament la résilience le punch nécessaire pour apporter aux parisiens l'alternance dont nous avons besoin cette ville je dis nous parce que je suis élu de Paris depuis quelques mois dont on a besoin à Paris s'agissant de la mobilité s'agissant de la sécurité regardez ce qui se passe sur ce lieu formidable du Champ de Mars dont je suis le député sur ce qui se passe sur le plan du logement des commerces

44:49
Michel Barnier

il y a de la propreté mais vous ne répondez pas sur Sarah Knafou donc Reconquête qui parle d'une alliance possible au second tour avec Rachida Detti est-ce que ça c'est le baiser qui tue quelque part

44:59
Présentateur

nous verrons bien je ne connais pas je n'ai jamais eu l'occasion de discuter avec Mme Knafou je n'ai rien à voir avec son parti je rappelle d'ailleurs que Mme Knafou est membre au Parlement européen d'un groupe dans lequel siège l'AFD qui est un parti néo-nazi et donc pour cette raison-là seulement même c'est une candidate d'extrême droite selon vous ? en tout cas elle est dans un groupe à l'Assemblée nationale au Parlement européen où les gens d'extrême droite et même plus que d'extrême droite puisque Mme Le Pen elle-même a dit un jour que le parti AFD était trop radical ou trop extrémiste donc vous excluez

45:27
Intervenant

toute alliance avec elle

45:28
Présentateur

ce n'est pas à moi d'exclure et ce n'est pas à moi de chacun doit prendre ses responsabilités ce que je recommande c'est que personne ne vienne fragiliser la dynamique qui est en cours autour de Rachida Detti

45:39
Intervenant

Donc on tourne encore une page

45:46
Michel Barnier

dans ce grand jury pour parler de l'élection suivante Bruno Retailleau Laurent Wauquiez Xavier Bertrand David Lysnard vous-même 5 candidats potentiels pour 2027 dans votre seul parti politique vous êtes favorable à une primaire pour vous départager ?

46:02
Présentateur

C'est plutôt un bon signe que dans une famille politique qui revient de loin qui est en convalescence encore et sous l'autorité de Bruno Retailleau que j'ai soutenu comme président de ce parti comme d'ailleurs j'ai été très heureux de le nommer ministre de l'Intérieur où il a fait du bon travail ce parti se redresse et soit capable d'avoir des personnalités il y en a peut-être d'autres que vous n'avez pas cité d'autres que vous avez cité en trop on verra bien qu'il soit capable d'être chef de l'Etat ou qu'il ait cette ambition parce que le prochain président de la République quel qu'il soit il devra être compétent courageux et résident et accepter le risque de la popularité plutôt que celui de l'irresponsabilité donc oui il y aura un moment donné dans cette famille politique nous y travaillons un vote notamment des militants pour choisir celui qui nous représentera mais la question n'est pas là aujourd'hui c'est une question beaucoup trop précoce si je puis dire la question c'est d'abord de laisser

46:55
Michel Barnier

de respecter

46:57
Présentateur

les élections le temps politique et celui des élections municipales et tout de suite après s'ouvrira celui des élections présidentielles et je recommande deux choses un c'est qu'on travaille d'abord sur le fond parce que les français ont envie qu'on les respecte et les respecter c'est pas d'agiter des drapeaux ou des ambitions c'est de travailler sur le fond qu'est-ce qu'on fait pour réformer ce pays pour préserver l'avenir des générations futures pour préserver la capacité de réformer et deuxièmement comment on fait pour désigner un candidat commun pourquoi je vous dis ça

47:29
Intervenant

parce que c'est la première c'est-à-dire qu'on ouvre la réflexion donc ce que vous dites au socle central Gabriel Nathal

47:33
Présentateur

ou Edouard Philippe oui oui mais pourquoi je vous dis ça c'est la première fois depuis je crois le début de la 5ème république on va se trouver dans une circonstance assez inédite et une hypothèse qui n'est pas artificielle qui est celle d'avoir un deuxième tour aux élections présidentielles entre les extrêmes l'extrême gauche et l'extrême droite c'est ça la réalité cette possibilité existe sérieusement et c'est vrai pourquoi il y a une sorte d'obligation pour les autres forces de la droite républicaine dont je fais partie et des formations centristes de se mettre d'accord un sur un programme sur un projet politique crédible dans le domaine de la sécurité de l'ordre public de travail qu'on doit encourager davantage que l'assistanat il y a plein de sujets sur lesquels il va falloir de courage et d'imagination et ensuite un candidat unique pour porter au commun pour porter ce projet

48:23
Intervenant

est-ce que vous avez l'impression que ce travail est en train d'être fait à la fois au niveau des partis et des candidats honnêtement c'est pas du tout le sentiment que ça donne

48:29
Présentateur

non pas assez il y a une demande moi je réunis au Sénat ou à l'Assemblée toutes les semaines parce que je me sens comptable un peu de ce socle commun qui a travaillé avec moi pendant que j'étais Premier ministre et qui a bien travaillé ces quatre formations politiques j'essaie de réunir toutes les semaines des sénateurs et des députés et j'observe que leur demande à la base c'est qu'on s'entende comme ça se passe sur le plan local donc on va accélérer ce travail de travail en commun sur le fond le projet politique dont la France a besoin puis ensuite on verra

48:55
Intervenant

comment se décompagner Bruno Rentaillot a présenté cette semaine lui son modèle social et économique en disant la fête est finie donc c'est un programme assez dur il reprend en partie celui de François Fillon en 2017 c'est un programme que vous partagez est-ce que c'est le programme DLR ?

49:10
Présentateur

Ce n'est pas encore le programme DLR c'est un programme que le président du parti dans sa responsabilité a mis au point avec l'équipe qui l'entoure dont je fais partie et sur beaucoup de points je me reconnais dans ce projet de rupture d'alternance et de courage politique il faut qu'on dise la vérité aux français il faudrait bien que cette élection présidentielle soit un moment où on dit la vérité de cette manière j'ai toujours pensé que le mot de respect était important respecter les français

49:34
Michel Barnier

fait respecter la France Valérie Pécresse a dit lors de la dernière élection présidentielle qu'Emmanuel Macron avait cramé la caisse ce qui était donc un discours de responsabilité comme vous le dites ça n'a pas fonctionné

49:44
Présentateur

mais il y a d'autres raisons à cela probablement et la situation géopolitique ne revenez pas toujours au passé parce qu'il y a des leçons à tirer mais il ne faut pas ne regarder que le passé et travailler avec un rétroviseur devant soi en réalité si on regarde l'avenir je pense que la vérité consiste à dire que le déficit ça ne peut pas continuer c'est ce que dit Bruno Retailleau parce que quelle est la meilleure politique qu'on puisse faire pour la jeunesse si je puis me permettre c'est très simplement de ne plus augmenter la dette parce que la dette c'est une dette qu'on fait peser sur nos enfants nos petits-enfants et ça c'est pas responsable la réforme des retraites la réforme de la protection sociale l'encouragement du travail et du mérite la sécurité aux frontières l'ordre dans la rue aux frontières et dans tous les domaines voilà un certain nombre de mesures qui n'interdit pas d'ailleurs la droite républicaine et aux formations que j'évoque de s'intéresser à d'autres sujets de politique étrangère et notamment au plus grand défi qui est aujourd'hui pour moi parce que c'est le plus profond celui qui va changer toutes nos habitudes celui du changement climatique

50:46
Michel Barnier

et une dernière question Michel Barnier le procès en appel de Marine Le Pen s'ouvre mardi son résultat dira si elle peut se présenter ou non en 2027 est-ce que vous pensez comme certains qu'il s'agirait d'un déni de démocratie si elle ne pouvait pas se présenter ?

51:01
Présentateur

si elle est condamnée ce qui était déjà le cas en première instance c'est qu'elle a eu un problème avec le respect de la loi européenne ou nationale voilà ce que je peux dire et donc je ne vais pas faire d'autres commentaires il ne fallait pas qu'elle se mette dans cette situation si je puis dire

51:16
Michel Barnier

merci beaucoup Michel Barnier pour ce grand jeu