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interviewfranceinfo· 19 février 2026 25 min

Quentin Deranque, la Jeune Garde... L'interview de Manuel Bompard

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:06
Présentateur

Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour à tous. Une semaine après le lynchage à mort de Quentin de Ranque, 11 personnes ont été interpellées, dont désormais deux assistants parlementaires de l'un de vos députés, Raphaël Arnaud, fondateur du groupe d'ultra-gauche La Jeune Garde. L'avocat de l'un de ses collaborateurs, qui s'appelle Jacques-Élie Favreau, était au micro de notre correspondant à Lyon. On l'écoute.

0:29
Invité

Il a reconnu les faits qui lui étaient reprochés, en tout cas la commission de violence et sa présence sur les lieux. Il a indiqué qu'il n'était pas l'auteur des coups qui ont provoqué le décès de M. Duranque. Il s'est dit absolument dévasté.

0:43
Présentateur

Mardi pourtant, l'insoumise Mathilde Panot assurait à l'Assemblée qu'aucun insoumis n'était impliqué, ni de près, ni de loin, dans ces violences. Manuel Bompard, est-ce que vous avez menti ou vous vous êtes trompé ?

0:56
Manuel Bompard

Mais d'abord, cette personne n'est pas insoumise.

0:58
Présentateur

Un collaborateur de député insoumis n'est pas considéré comme insoumis ?

1:01
Manuel Bompard

Non. La participation à une formation politique, c'est une chose. Le fait d'être employé comme collaborateur d'un député, c'est une autre chose. Donc là, vous faites une... C'est vous qui mentez, en l'occurrence, en faisant ce parlement.

1:14
Présentateur

Non, moi je vous cite les propos de Mathilde Panot. Mais vous considérez que ce n'est pas un insoumis ?

1:18
Manuel Bompard

Mais ce n'est pas je considère, madame.

1:20
Présentateur

Donc il n'est pas lié aux insoumis ?

1:22
Manuel Bompard

Mais ce n'est pas une considération. Il n'a jamais sa carte chez vous ? Non.

1:25
Présentateur

Elle disait qu'aucun insoumis n'est impliqué ni de près ni de loin. Vous considérez que c'est...

1:29
Manuel Bompard

Mais madame, je vous ai répondu sur ce sujet. Pour le reste, vous avez cité les propos de son avocat. Son avocat ne dit pas qu'il a participé directement au drame. Son avocat dit qu'il a participé des violences. Donc de la scène de violence qu'on a pu voir ensuite dans la deuxième vidéo qui a été publiée. C'est-à-dire cette scène d'altercation entre deux groupes de personnes. Donc d'ailleurs, il est parfois difficile d'identifier qui fait quoi précisément. Moi, je ne suis pas enquêteur, je ne suis pas juge, je ne suis pas procureur. Donc il y a une enquête qui est en cours. Et elle devra déterminer les responsabilités. Ensuite, vous citez le nom d'un deuxième collaborateur.

Et vous ne dites pas que les faits qui lui sont reprochés ne sont pas d'avoir participé au drame. Les faits qui lui sont reprochés manifestement, ou en tout cas le cadre dans lequel il est entendu, c'est le fait qu'il aurait eu des contacts, en quelque sorte, si j'ai bien compris les raisons de son audition, qu'il aurait eu des contacts ensuite avec les personnes qui, eux, auraient été présentes sur place.

2:33
Présentateur

Et lui non plus, il n'est pas lié à la France Insoumise, ni de près, ni de loin ?

2:36
Manuel Bompard

Non, madame, mais je veux juste, une fois que j'ai répondu à vos questions, vous rappelez quelques éléments. On est normalement dans un état de droit. Il y a un article, qui est l'article 121-1 du Code pénal, que le Conseil constitutionnel a érigé d'ailleurs comme principe constitutionnel, qui dit que nul ne peut être responsable d'autre chose que de son propre fait. Donc la manière avec laquelle on essaye de rendre responsable Raphaël Arnaud, qui n'est aucunement concerné par l'enquête...

3:01
Présentateur

Ça veut dire qu'il ne va pas être exclu de la France Insoumise ?

3:03
Manuel Bompard

Certainement pas, madame. Certainement pas ?

3:05
Présentateur

Pas même suspendu, Manuel Rompas ?

3:06
Manuel Bompard

Madame, pardon, vous avez des responsabilités, vous êtes des médias, d'accord ? Il y a des principes dans un état de droit. Bien sûr, mais vous nous répondez ce que vous voulez. Il y a des principes dans un état de droit. Ces principes dans un état de droit, c'est le fait que nul ne peut être responsable d'autre chose que des actes qu'il a commis lui-même. Ces principes dans un état de droit, c'est ce qu'on appelle la séparation des pouvoirs. C'est ce qu'on appelle le secret de l'enquête. Alors moi, j'ai bien compris... Donc il ne sera ni exclu ni suspendu aujourd'hui, Manuel Rompas ?

3:30
Présentateur

Non, pardon, c'est important parce que Maud Bréjean, la porte-parole du gouvernement, vous appelle à l'exclure.

3:34
Manuel Bompard

Oui, mais en fait, ce n'est pas parce que Mme Bréjean me demande de faire quelque chose que je dois le faire, parce que vous savez, nous sommes dans une démocratie et que ce n'est pas au gouvernement de décider des modalités d'organisation des groupes d'opposition dans une démocratie. Mais quand le garde des Sceaux, je finis ma question, je finis juste ma question parce que c'est complètement ma réponse, parce que sinon je vais vous couper

3:52
Invité

pendant vos questions, si vous me coupez pendant mes réponses.

3:54
Manuel Bompard

Monsieur, laissez-moi terminer ma réponse, et ensuite je répondrai à votre deuxième question. Je vous disais que nous sommes dans un état de droit, normalement. Alors j'ai bien compris cette semaine qu'une grande partie de la classe politique et de la classe médiatique a décidé de bazarder absolument tous les principes qui sont les principes d'un état de droit. Mais moi, personnellement, pardonnez-moi, je fais partie des gens qui pensent que ces principes, ils ont une importance. Et moi, je vous appelle à vous ressaisir un petit peu. Et est-ce qu'on peut vous poser des questions manuellement ? Oui, vous en particulier, les médias de manière générale, la classe politique de manière générale.

Monsieur Darmanin, qui est ministre de la Justice et qui, en vertu d'un principe qui est un principe de séparation des pouvoirs, n'a pas pour rôle de faire le travail de la justice à la place de la justice, peut-être qu'il faudrait s'en rappeler, peut-être que c'est important.

4:37
Invité

Mais quand il dit LFI ne se désoladérise de rien, qu'est-ce que vous lui répondez sur le fond ?

4:41
Manuel Bompard

Mais que c'est absolument faux, puisque LFI, dès le premier jour, a dit que nous étions en condamnation absolue du fait qu'une personne ait été frappée à terre et qu'elle en soit morte. Mais là, vous avez deux assistants parlementaires en garde à vue et un stagiaire et vous semblez solidaire ce matin à l'antenne. Vous ne semblez pas les condamner. Monsieur, mais qu'est-ce que vous racontez ? Je vous écoute attentivement. Mais vous dites, vous venez de prononcer la phrase, vous ne semblez pas les condamner. Exactement. Est-ce que vous pouvez vérifier, ou pas, s'il vous plaît, que personnellement, et l'ensemble des responsables de la France Insoumise ont condamné absolument les faits ?

Vous en êtes d'accord ?

5:18
Présentateur

Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?

5:20
Manuel Bompard

Vous ne me posez pas une question. Je vous parle d'un fait. Est-ce que, oui ou non, l'ensemble des personnes membres de la France Insoumise ont condamné ces faits ?

5:29
Présentateur

Condamné les violences, bien sûr. Et le lynchage à mort d'un jeune identitaire, oui, ça a été condamné par la France Insoumise. Officiellement, la France Insoumise condamne les violences.

5:37
Manuel Bompard

Pourquoi vous me dites qu'on a l'impression que je ne le condamne pas ?

5:39
Présentateur

Il y a une question qu'on ne se pose pas. C'est quand même incroyable.

5:42
Manuel Bompard

Moi, je m'appuie sur des faits, vous comprenez ?

5:44
Présentateur

Mathilde Panot disait, aucun Insoumi n'est lié ni de près ni de loin à cette affaire. Raphaël Arnaud, votre député, est le fondateur du groupe Antifa La Jeune Garde. Trois de ses proches ont été interpellés. La plupart des interpellés sont des membres du mouvement La Jeune Garde. L'un d'eux reconnaît des violences. Pardon, mais pour vous, ça n'est pas suffisant comme motif d'exclusion ou de suspension ? Et ça ne signifie pas que vous êtes un minimal lié de loin ?

6:09
Manuel Bompard

Non.

6:10
Présentateur

Juste, j'aimerais bien que vous répondiez sur l'exclusion, la suspension.

6:12
Manuel Bompard

Il n'y a pas de question, mais je vous ai déjà répondu. Il n'en est pas question.

6:16
Présentateur

Pas de suspension, pas d'exclusion.

6:17
Manuel Bompard

Mais je vous ai répondu, madame, en vertu de quelles règles que vous avez inventées désormais, une personne, un employeur, devrait être responsable des actes commis par ses salariés ?

6:27
Présentateur

C'est le fondateur d'un mouvement Antifa La Jeune Garde connue d'Issou pour violences, Manuel Bontard.

6:31
Manuel Bompard

La question que vous m'avez posée, c'est une question liée à ses collaborateurs. Est-ce que vous connaissez... Ses collaborateurs sont membres aussi de ce mouvement. Est-ce que, madame, vous décidez, vous déterminez désormais que dans notre pays, quand un salarié commet un acte problématique, s'il l'a commis, c'est son patron qui doit en être responsable ?

6:45
Présentateur

Non, mais faire entrer à l'Assemblée un mouvement Antifa qui a été dissous pour violences, Manuel Bontard, pour vous, ce n'est pas avoir une responsabilité dans les violences que commettent ensuite ce groupe ?

6:56
Manuel Bompard

Non, mais c'est une question. Donc vous êtes capables... Non, ce n'est pas une question, c'est une affirmation. Vous avez dit les violences que commettent ce groupe. Vous, vous êtes capables d'affirmer...

7:04
Présentateur

Il a été dissous pour violences, Manuel Bontard.

7:06
Manuel Bompard

Non, mais attendez, ne mélangez pas tous les sujets. En l'occurrence, s'il y a des personnes qui ont été impliquées dans ce groupe et qui ont une responsabilité dans ce drame, ça ne veut pas dire que c'est cette organisation en tant que telle, puisque vous l'avez dit vous-même, elle a été dissoute, qui porte une responsabilité dans ce drame. Vous en êtes d'accord ? Donc il faut faire attention à être capable, si c'est possible, encore, dans la période que l'on vient de vivre, même si je comprends l'émotion qui a fait suite à ce drame, je la comprends. Mais je crois que notre devoir et notre responsabilité, c'est d'être capable de rester droit sur un certain nombre de principes.

Et ce que je trouve extrêmement inquiétant dans la période que l'on vient de vivre, c'est qu'il y a toute une partie de la classe politique, et même, je suis obligé de vous le dire, de la classe médiatique, qui a décidé de bazarder l'ensemble de ces principes. Et bien moi, j'assume de vous dire, et je suis fier de vous dire, que je fais partie des gens dans ce pays qui considèrent qu'il faut rester attaché à ces principes.

7:56
Invité

M. Bompard, quand la députée LFI Alma Dufour disait sur BFM, je le précise, juste avant les interpellations, c'est important, avant les interpellations, néanmoins elle dit, je mets mes deux mains à couper que le collaborateur de Raphaël Arnaud, qui a été jeté en pâture comme ça, n'a rien à voir avec cette histoire. Néanmoins, s'il y a des liens à couper, nous les couperons. Est-ce que ce matin, vous nous dites, aucun lien à couper, aucune suspension ?

8:17
Manuel Bompard

Rien ? Aucune sanction ? Mais enfin, c'est incroyable la question que vous êtes en train de me poser. Pourquoi ? Mais, monsieur, le collaborateur en question, il n'est plus collaborateur. Il a été démis, effectivement, de cette histoire. Oui, il y a eu des liens qui ont été coupés. Il y en a un stagiaire, mais il y en a un stagiaire. Mais ce n'est pas la question que vous me posez. La question, c'est que vous souhaiteriez que je considère que Raphaël Arnaud est responsable des actes qui ont été

8:35
Présentateur

potentiellement commis par l'ensemble,

8:38
Manuel Bompard

par l'un de ses collaborateurs. Ce qui est juste totalement hallucinant. Attendez, regardez, cette semaine, le canard enchaîné a publié une information, je vais vous faire juste une comparaison, qui évidemment, les faits ne sont pas d'une même gravité. Cette semaine, le canard enchaîné publie une information comme quoi un ancien collaborateur de M. Lecornu a dû démissionner parce qu'il a consommé des stupéfiants. A aucun moment, vous avez posé la question de la responsabilité de M. Lecornu lui-même. Vous avez posé la responsabilité de son collaborateur.

9:04
Invité

Vous ne vous sentez aucune responsabilité politique dans le recrutement de toutes ces personnes ?

9:08
Manuel Bompard

Mais les recrutements où ? Je les ai recrutés dans quoi ?

9:10
Présentateur

Vous avez investi Raphaël Arnaud. En fait, ce n'est pas des questions que vous me posez. Vous vous rendez compte que vous me posez des questions qui sont factuellement fausses ? Je peux dire quelque chose ? La question qui se pose et qu'interroge la classe politique, c'est le rapport de LFI à la violence, à la brutalisation, comme le pointent vos adversaires.

9:25
Manuel Bompard

Ça, c'est autre chose.

9:26
Présentateur

Vous assumez aujourd'hui d'avoir investi comme député le fondateur d'un groupe d'ultra-gauche violent, fondateur qui en plus a été condamné à 4 mois de prison avec sursis pour violence volontaire en réunion, et dont aujourd'hui les collaborateurs sont impliqués dans ces faits. Vous assumez ?

9:42
Manuel Bompard

Madame, je fais la distinction entre ce que j'appelle l'antifascisme conséquent, l'autodéfense populaire, qui est évidemment indispensable. Mais il y a des condamnés pour violence. Non, mais ça, après, on va y venir, si vous voulez. Quand vous êtes dans une ville comme Lyon, parce qu'à un moment, c'est bien de commenter sur les plateaux de télévision, dans laquelle, depuis plusieurs années, il y a eu plus de 100 attaques par des groupes d'extrême droite, qui visaient des personnes racisées, qui visaient des personnes LGBT, qui visaient des événements organisés, des marches des fiertés, et que les autorités ne font rien pour mettre hors d'état de nuire ces groupuscules d'extrême droite.

C'est pas ce qu'on reproche à Raphaël ? Attendez, attendez, madame. Oui, il y a des gens qui décident de s'organiser pour essayer de faire en sorte de pouvoir garantir la possibilité de pouvoir organiser des événements, de ne pas être agressé dans la rue quand on est une personne issue de l'immigration.

10:33
Présentateur

Les groupes antifas, aujourd'hui, ils font vraiment uniquement de l'autodéfense et ils sont là juste pour s'organiser.

10:37
Manuel Bompard

Je dis sérieusement, aujourd'hui, madame, que moi, j'ai soutenu, je soutiens, et je continuerai à soutenir les groupes antifascistes qui font de l'autodéfense populaire.

10:46
Présentateur

Même le groupe de la jeune merde.

10:47
Manuel Bompard

Mais madame, ce que j'ai vu sur les vidéos qui ont été publiées par TF1 n'est pas de l'autodéfense populaire et que ce sont des faits que je condamne absolument. C'est simple, c'est clair. Pour le reste, madame, vous avez posé dans votre question le fait de savoir si la France insoumise appelait à la violence.

Je vous mets au défi, vous, mais l'ensemble des journalistes, je vous mets au défi de trouver une seule expression de Manuel Bompard, coordinateur de la France insoumise, de Jean-Luc Mélenchon, qui en est le fondateur, de Mathilde Panot, la présidente de son groupe parlementaire, de l'ensemble de ses parlementaires, de ses élus et de ses militants, je vous mets au défi de trouver une seule prise de parole qui appelle à la violence.

11:24
Présentateur

Et je peux répondre à ma question. Écoutez ce que disait Jean-Luc Mélenchon.

11:27
Manuel Bompard

Vous trouverez exactement l'inverse. Jean-Luc Mélenchon... Écoutez ce qu'il disait mardi soir, Manuel Bompard. Jean-Luc Mélenchon, c'est parti des gens qui, à chacune de ses réunions publiques et à chacun de ses meetings, a toujours appelé à la non-vie.

11:35
Présentateur

Écoutez ce qu'il disait mardi soir, alors que le Premier ministre a appelé LFI à faire le ménage dans ses rangs. Jean-Luc Mélenchon répond ceci, à propos de Raphaël Arnaud et de la Jeune Garde.

11:46
Invité

Il est travailleur, il nous fait honneur. Nous approuvons leur résistance, nous approuvons leur organisation et celle des autres antifascistes, quand bien même des divergences souvent nous séparent.

11:59
Présentateur

Encore une fois, il parle de Raphaël Arnaud, un bon député, il parle de la Jeune Garde, il dit nous approuvons leur résistance, nous approuvons leur organisation. Est-ce que vous reprenez ces propos ? Vous aussi vous dites aujourd'hui j'approuve la Jeune Garde et ses méthodes. Vous le dites. Et son organisation ?

12:12
Manuel Bompard

Vous dites aujourd'hui ça. Les méthodes qui sont celles de la Jeune Garde, c'est-à-dire celles de l'autodéfense populaire et pacifique.

12:18
Présentateur

Mais vous voyez bien que ce n'est pas ça qu'on reproche à la Jeune Garde. Enfin, on reproche à la Jeune Garde d'avoir promis des violences.

12:22
Manuel Bompard

Vous n'en savez rien en fait. Alors il y a le décret de dissolution de la Jeune Garde.

12:26
Présentateur

Non mais pardon, si je peux quand même poser une question. Oui, mais là c'est vous qui venez de me poser une question et que vous ne me laissez pas vous répondre.

12:30
Manuel Bompard

Mais allez-y madame.

12:30
Présentateur

Le décret de dissolution de la Jeune Garde pointe notamment que les membres du groupement sont régulièrement impliqués dans des actions particulièrement violentes et que ce groupement l'assume. Il parle d'agissements violents qui sont un mode d'action généralisé et il cite à titre d'exemple parmi de nombreux autres Rix à Lyon en 2018, règlement de compte dans un café de Lyon en 2024, agression à Paris, agression à Strasbourg. Tous ces éléments sont dans le décret de dissolution de la Jeune Garde. Mais vous, vous dites que c'est une organisation qui ne fait que de la défense populaire.

13:03
Manuel Bompard

Oui madame, parce que ce décret de dissolution, on sait bien qu'on puisse en parler, c'est un décret de dissolution qui a été pris par le ministre de l'Intérieur. Dans le décret de dissolution, il pointe 11 épisodes dans lesquels il attribue une responsabilité à la Jeune Garde. Et cette dissolution, comme vous le savez, elle a été contestée. Et dans cette contestation, l'avocat de ce mouvement dit que parmi ces 11, il y en a 8 qui n'impliquent aucun des membres de la Jeune Garde et qu'il y en a 3 autres dans lesquels il n'y a aucune condamnation. Vous voyez ? Vous savez, c'est parce que c'est l'effet.

D'ailleurs, c'est la raison pour laquelle il va y avoir une décision au Conseil d'État sur l'éventuelle dissolution ou pas de ce groupe-là. Ce n'est pas parce que le ministre de l'Intérieur dit quelque chose que c'est une vérité, en fait. C'est ça qu'il faut comprendre, madame. Donc, vous pouvez essayer, si vous voulez, de m'attribuer des soutiens à des faits que je ne soutiens pas, mais vous n'arriverez pas à nier juste une chose très simple que j'ai dit, en fait. C'est que moi, je soutiens l'autodéfense pacifique. Je ne soutiens pas le fait qu'on s'en prenne à un homme à terre. Et mon point de distinction, puisque vous me demandez où il faut couper les liens, c'est là.

14:09
Invité

Et donc, Raphaël Arnaud peut rester député aujourd'hui. Vous lui continuez de ne pas dépositionner. Mais il peut continuer à porter des lois.

14:15
Manuel Bompard

Mais évidemment.

14:17
Présentateur

Et vous condamnez la violence, quelle qu'elle soit. C'est-à-dire, même si l'homme n'est pas à terre, vous condamnez la violence et les coups.

14:21
Manuel Bompard

Je condamne quand on met des coups, oui. Bien sûr.

14:24
Présentateur

Manuel Pompard, on continue d'en parler dans un instant avec vous, coordinateur national de la France Insoumise. Mais tout de suite, il est 8h48. Et c'est l'Info en une minute avec Marine Sunial.

14:31
Invité

Les crues sont déjà fortes depuis plusieurs jours, mais la situation risque bien de s'aggraver encore dans les prochaines heures. Le Maine-et-Loire, la Gironde, la Charente-Maritime et le Lot-et-Garonne sont en vigilance rouge. Encore ce matin, 21 départements sont en orange à cause de la tempête Pedro. Emmanuel Macron suit de près la situation et appelle à éviter tout engrenage de la violence. Première réaction du président après la mort de Quentin de Ranque, militant identitaire ou est coup à Lyon. Le week-end est mort le week-end dernier. 11 gardes à vue sont toujours en cours. Il y a notamment Jacques-Élie Favreau, ancien assistant parlementaire d'un député insoumis.

En garde à vue, il a reconnu des violences, mais dit ne pas avoir donné de coups mortels. Des ribes, des IBAN, des identités, des titulaires de comptes, un piratage a touché un fichier du fisc et les malfaiteurs ont pu accéder aux données de plus d'un million de comptes bancaires en France. Mieux vaut surveiller son compte dans les prochains jours. Des prélèvements frauduleux sont possibles. Et puis, ils ont l'interdiction de faire de la publicité pour les cigarettes électroniques et pourtant, ils sont nombreux à ne pas respecter la loi. Plus de la moitié des buralistes et des boutiques de cigarettes électroniques, selon une enquête du Comité national contre le tabagisme.

15:34
Présentateur

Avec Manuel Bompard, coordinateur national de la France Insoumise, on interrogeait et on continue d'interroger vos liens avec ce mouvement d'ultra-gauche, la jeune garde.

15:50
Invité

M. le député, vous assurez que Raphaël Arnaud n'a plus aucun rapport avec la jeune garde depuis qu'il a été élu député ? Plus d'une responsabilité. Vous l'avez dit sur France Inter, l'ancien chef de l'État, François Hollande, vous demande de rompre entièrement tout lien avec la jeune garde. Que lui répondez-vous ?

16:05
Manuel Bompard

Je m'en fiche de François Hollande, je vais vous dire sincèrement. François Hollande est membre d'un parti, le Parti Socialiste, qui, par exemple, a organisé, puisque la présidente du Conseil régional d'Occitanie, Mme Delga, est membre du Parti Socialiste, elle a organisé un colloque sur la lutte contre l'extrême droite dans lequel elle a invité Raphaël Arnaud. Donc peut-être vous pourriez lui poser la question à François Hollande si lui a l'intention de couper tout lien, puisque manifestement il en a eu.

Donc vous voyez, dans les moments comme ça, où il y a une offensive de l'extrême droite, d'une violence absolue, parce que quand vous avez un peu de profondeur historique, vous êtes capable de comprendre dans quel moment on est. Et quand on est dans ces moments-là, dans une instrumentalisation absolument sordide du drame qui a eu lieu à Lyon jeudi soir, le devoir est la responsabilité de la gauche. C'est de faire face à cette offensive. Et que toutes celles et ceux qui, par l'acheté, sont en train de céder à la pression qu'un certain nombre de responsables politiques et de responsables médiatiques mettent sur eux, font beaucoup de mal à la gauche.

17:06
Présentateur

Vous disiez qui en disant ça ?

17:07
Manuel Bompard

Par exemple, quand je vois qu'Olivier Fort publie une note de blog dans laquelle il met sur le même plan des groupes fascistes et des groupes anti-fascistes.

17:15
Présentateur

Effectivement, il dit qu'on ne combat pas l'extrême droite en donnant le sentiment de partager ses armes. Aucun parti ne peut accepter le compagnonnage même lointain de ce type d'organisation qu'elle s'appelle la Jeune Garde, Génération Identitaire ou l'Action Française. Mais c'est juste stupéfiant, madame. Pourquoi c'est stupéfiant ? Il met sur le même plan les groupes d'ultra-gauche et d'ultra-droite.

17:30
Manuel Bompard

Mais d'abord parce que c'est une négation absolue de ce qu'est même, y compris l'histoire du Parti Socialiste. Vous savez, le symbole que peut-être vous allez montrer, qui est le symbole de la Jeune Garde, des trois flèches qui sont vers le bas. C'est un symbole qui est né par un groupe qui était affilié à la SFIO dans les années 30 après la manifestation des ligues fascistes. Et je vais vous dire pourquoi c'est une erreur historique. Mais est-ce que ça légitime la violence, Manuel Pompas ? Ça ne légitime pas la violence. J'ai déjà répondu pendant dix minutes à cette question.

17:55
Présentateur

Mais donc c'est ça qu'est dit Olivier Faure ?

17:56
Manuel Bompard

Attendez, laissez-moi terminer. Madame, il y a un principe de base que tout le monde va pouvoir comprendre à cet instant qui explique que vous ne pouvez pas mettre les fascistes et les antifascistes sur le même plan. C'est que les fascistes, ils veulent imposer par la force un projet de société, je vais aller au bout de ma démonstration, qui est un projet raciste, xénophobe, homophobe, sexiste. Et les antifascistes, ils se battent contre les fascistes. Et le jour, madame, le jour où il n'y aura plus de fascistes, il n'y aura plus d'antifascistes. J'aimerais bien juste comprendre quelque chose, Manuel Pompas. Par contre, madame, je vais aller au bout de ma démonstration.

Le jour où il n'y aura plus de fascistes, il n'y aura plus d'antifascistes. Par contre, le jour où il n'y aura plus d'antifascistes, malheureusement, il y aura encore des fascistes. Parce que le bilan de la jeune garde, madame, c'est le fait qu'il y avait cinq locaux néo-nazis qui étaient implantés dans le centre de Lyon et qu'il n'y en a plus un seul aujourd'hui. D'accord.

18:36
Présentateur

J'ai envie de comprendre ce que vous dites, parce qu'il y a quelques jours, vous sembliez prendre votre distance avec la jeune garde. Vous disiez, texto, Raphaël Arnaud n'a plus aucun rapport avec la jeune garde depuis qu'il a été élu député. Aujourd'hui, vous assumez d'avoir un lien avec la jeune garde et de soutenir ce mouvement, dont vous demandiez l'abandon de la procédure de dissolution il y a quelques jours.

18:55
Manuel Bompard

Mais donc, vous voyez...

18:56
Présentateur

La question, est-ce que vous soutenez la jeune garde ? Est-ce que vous assumez les liens avec la jeune garde ? Est-ce que vous demandez toujours l'abandon de la procédure de dissolution de la jeune garde ?

19:03
Manuel Bompard

Je soutiens la jeune garde telle qu'elle s'est constituée, c'est-à-dire sur la base de l'autodéfense populaire et du pacifisme. Je ne soutiens pas les faits qui ont été commis et qu'on a vus sur les vidéos, qui sont des faits absolument condamnables et que j'ai condamnés absolument.

19:18
Présentateur

Vous demandez toujours l'abandon de la procédure de dissolution de la jeune garde ?

19:21
Manuel Bompard

On va peut-être attendre que l'enquête aille jusqu'à son terme, si vous voulez bien.

19:24
Présentateur

Mais pour l'instant, vous ne savez pas.

19:25
Manuel Bompard

Mais pour l'instant, il y a une dissolution. Les faits ne leur sont pas imputés. Ils ont été dissous. Donc à partir du moment où ils ont été dissous, ils ont arrêté de fonctionner comme un groupe. Donc après, s'il y a des individus qui étaient à l'intérieur et qui ont commis des actes délictueux, si l'enquête le dit, moi je les condamne absolument. Et en quoi ça implique l'organisation en tant que telle, madame ?

19:45
Présentateur

Vous disiez que Raphaël Arnaud n'avait plus aucun rapport avec la jeune garde.

19:48
Manuel Bompard

Non, madame, j'ai parlé de responsabilité. Parce qu'il en a été le fondateur et le porte-parole. Et à partir du moment où il a été élu à l'Assemblée nationale, il a renoncé à ses responsabilités.

19:56
Présentateur

Il publie régulièrement des messages sur X en parlant de la jeune garde, notamment il y a quelques jours. Il disait, l'audience devant le Conseil d'État concernant notre dissolution est reportée à une date ultérieure. Nous vous tiendrons informés et que vive la jeune garde.

20:09
Manuel Bompard

Il en est le fondateur. Mais vous dites qu'il n'a plus de responsabilité. Ben oui, il n'a plus de responsabilité. Il n'a plus de responsabilité. Il n'a plus de responsabilité. Il n'a plus de responsabilité. Mais enfin, je ne sais pas pourquoi vous voulez jouer sur les mots. C'est assez simple de dire qu'il n'a pas de responsabilité parce qu'il est parlementaire. Pour autant, je n'ai pas dit qu'il avait rompu tout le lien autour de l'Assemblée nationale.

20:25
Présentateur

D'accord, donc finalement, il n'a pas rompu et vous ne savez pas...

20:26
Manuel Bompard

Mais non, mais finalement, madame, madame, madame, n'essayez pas de jouer avec moi. Il faut qu'on avance. Il faut qu'on avance. Je vous dis qu'il n'a plus de responsabilité. Il n'a plus de responsabilité. Ça ne veut pas dire qu'il n'a plus aucun rapport. Qu'est-ce que c'est qu'on avance ?

20:35
Invité

L'eurodéputé François-Xavier Lamy était sur votre chaise hier. Il a porté plainte contre Rima Hassan. C'est madame Rima Hassan qui menace de mort des gens avec lesquels elle n'est pas d'accord. J'ai eu le tort de m'opposer à son élection à la tête de la Commission des droits de l'homme du Parlement européen. Cela m'a valu une bordée de tweets qui disaient François-Xavier Bellamy dort bien mais ça ne va pas durer. Je mange la chair de mon agresseur, disait-elle en parlant de moi. Vous avez des échanges avec les forces de l'ordre qui vous disent que vous devez faire attention à votre sécurité après des menaces comme celle-là.

Est-ce que c'est normal qu'un tweet d'une de vos députés aboutisse sur un appel de la police disant à un élu que sa sécurité physique est menacée ?

21:12
Manuel Bompard

Mais enfin là vous faites un lien entre le tweet et... Tout à fait. D'accord. Ça s'appelle un raid numérique. Ok, monsieur. Donc est-ce que c'est normal que 15 permanences et locaux parlementaires de la France Insoumise soient ciblés depuis jeudi soir ? Parce que vous, vous faites un lien entre ce qui s'est passé jeudi soir et la France Insoumise.

21:28
Invité

C'est notre faute si vous avez reçu un mail d'alerte à la bombe ? C'est les médias qui créent ça pour vous ?

21:31
Manuel Bompard

Je pense que ce n'est pas votre faute. Mais donc ce n'est pas ma faute si M. Bellamy a reçu un appel desservi.

21:35
Présentateur

Mais là on vous interroge sur Rima Assane et sur les votes de Rima Assane non plus.

21:38
Manuel Bompard

Ce n'est pas la faute de Rima Assane quand elle prend un parti, là en l'occurrence. Je ne sais pas, est-ce que c'est votre faute si des permanences parlementaires de la France Insoumise ont été ciblées ? Non, ce n'est pas de votre faute. Pourtant vous avez fait un lien absolument infondé entre la France Insoumise et ce drame. Donc ce n'est pas non plus de la faute d'un élu. On n'aura pas le temps de faire tous les exemples de Rima Assane parce qu'il est 8h55.

21:54
Invité

On aurait dit je vous donne un autre exemple. Il y a aussi un journaliste du Parisien qui s'appelle Robin. Il y a aussi un journaliste du Parisien qui s'appelle Robin Corda qui est menacé de mort, insulté car Rima Assane l'a accusé nommément sur X d'avoir signé un papier qui évoquait la piste russe dans l'affaire Epstein pour mieux nous faire oublier la piste du Mossad. Selon elle, Rima Assane a ensuite continué les messages, incité notamment ses abonnés à taper Israël, puis génocide sur le compte de Robin Corda. Robin Corda a reçu des messages de mort, il a porté plainte, sa famille a reçu des messages. Comment vous réfléchissez ça ? Absolument toute ma solidarité.

Donc vous condamnez Rima Assane ?

22:34
Manuel Bompard

Non, je suis absolument solidaire contre les menaces de mort qu'a subie votre collègue journaliste. De la même manière que je suis absolument solidaire contre l'ensemble des journalistes qui reçoivent des menaces de mort. Et que j'espère que vous êtes solidaire de l'ensemble des responsables politiques qui reçoivent des menaces de mort.

22:49
Présentateur

Non mais la question c'est quand on pose ce genre de message, est-ce qu'on n'a pas une part de responsabilité sur le lynchage qui suit en ligne ?

22:55
Manuel Bompard

Mais non, Rima Assane qui appelle ses followers à aller écrire sur le compte de Robin Corda, de le traité de génocidaire ? Madame, on a le droit de critiquer le travail d'un de vos collègues journalistes. On a le droit de critiquer le travail d'un de vos collègues journalistes.

23:08
Présentateur

Mais pourquoi ? Parce qu'il a fait le lien entre l'affaire Epstein et les intérêts russe.

23:11
Manuel Bompard

Mais on n'a pas le droit de s'en prendre à un journaliste et de le menacer de mort. C'est assez simple, vous voyez la distinction entre les deux choses. On a le droit de critiquer le travail d'un de vos collègues journalistes. On a le droit de ne pas être d'accord avec un de ses articles. Mais on n'a pas le droit de le menacer de mort. Et Rima Assane, elle a critiqué. Elle n'a pas menacé de mort. Donc s'il faut s'en prendre à des gens, je suis d'accord avec vous. C'est ceux qui l'ont menacé. Vous défendez jusqu'au bout. Mais c'est pas je défendre jusqu'au bout, c'est vous qui accusez jusqu'au bout. J'en suis désolé, il faut qu'on vous pose la dernière question.

Ça s'appelle la question qui est pas très intéressante.

23:38
Invité

Aujourd'hui, c'est la question qui interroge l'émotion. Hier, le Sénat a respecté une minute de silence. La veille, le député Lyot, Paul Moissac, a émis une réserve. Il estime que l'Assemblée n'aurait pas dû faire cette minute de silence en hommage à Quentin. Une minute de silence devrait être réservée aux fonctionnaires qui, dans l'exercice de leur mission de service public, sont effectivement tués. Il ne faut pas confondre la tyrannie de l'immédiateté des réseaux sociaux qui s'emparent de tout ça. J'attends évidemment que la justice se prononce pour savoir quels sont les tenants et les aboutissants.

24:08
Manuel Bompard

Est-ce qu'on en fait trop ? Mais on n'en fait jamais trop quand un homme meurt, quelles que soient évidemment ses opinions politiques. Et en ce qui concerne les siennes, je l'ai combatté absolument. Et quelles que soient ses méthodes, et en ce qui me concerne, je l'ai combatté absolument. Et j'ai vu une manière d'ailleurs avec laquelle son parcours a été décrit qui ne correspond pas à la réalité. C'était une personne qui était membre de groupe proche de l'extrême droite, qui a participé à une manifestation néo-nazie. Et ça ne justifie évidemment pas sa mort. Merci beaucoup. On ne fait jamais trop pour saluer et pour rendre hommage à une personne qui vient de mourir.

Parce que sa famille, ses parents ne sont pas responsables. Il faut qu'on s'arrête.

24:49
Présentateur

Malheureusement, merci Paul.

24:50
Manuel Bompard

Merci Agathe, merci à tous.

24:51
Présentateur

Restez avec nous dans un instant, les informés.

Quentin Deranque, la Jeune Garde... L'interview de Manuel Bompard — Manuel Bompard · Pourquijevote