#Direct đŽ Dominique de Villepin, invitĂ© du Grand Jury RTL-Le Figaro-Public SĂ©nat-M6
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de dire non aux éditions Flammarion. Nicolas Sarkozy en prison. Vous allez nous livrer votre toute premiÚre réaction sur cette décision de justice rendue cette semaine.
Vous avez bien connu l'ancien président. Toutes les limites de l'état de droit ont été violées, dit Nicolas Sarkozy. Qu'en pensez-vous ?
Dans l'actualité internationale, la France, par la voix d'Emmanuel Macron, a reconnu l'état palestinien cette semaine devant l'ONU. Qu'est-ce que cela change ? La Russie frappe l'Ukraine et survole des pays européens avec des drones.
Est-ce une vraie menace ? Et pendant ce temps-là , Donald Trump est plus imprévisible et illibéral que jamais. Bienvenue dans ce Grand Jury, Dominique de Villepin.
A mes cÎtés pour vous interroger ce dimanche, Périne Tarnot de Public Sénat et Jim Jarrassé du Figaro. Dans ce Grand Jury, Dominique de Villepin, nous aurons plusieurs séquences, notamment en 2027, c'est demain, puisque vous y pensez aussi, et vous répondrez également à nos questions express. Le Grand Jury, l'actualité de la semaine.
Nicolas Sarkozy a donc été condamné cette semaine à 5 ans de prison dans l'affaire du financement présumé de sa campagne par la Libye en 2007. Pensez-vous tout d'abord, Dominique de Villepin, que Nicolas Sarkozy est un malfaiteur ? Vous ne me ferez pas commenter ce matin une décision de justice.
Et si je veux ĂȘtre tout Ă fait franc, si j'avais imaginĂ©, il y a quelques semaines, quand j'ai acceptĂ© votre invitation, que nous serions confrontĂ©s Ă cette actualitĂ©-lĂ , j'aurais sans doute dĂ©clinĂ©. Et donc je veux commencer par ce que je crois ĂȘtre le premier principe qui doit nous animer, c'est un principe d'humanitĂ©. Je connais bien Nicolas Sarkozy, je connais sa famille, je connais ses enfants, et donc je mesure l'Ă©preuve qu'il traverse aujourd'hui.
Et je mesure, et je n'oublie pas, ce qu'il a apporté à notre pays, comme ministre, comme président de la République, et en particulier dans la crise financiÚre de 2008. Et je mesure également le choc que cette décision représente pour les Français et représente pour la France. Mais je crois qu'il est important de rappeler, au-delà de cette exigence d'humanité, le principe de justice.
Le principe de justice, c'est d'abord la reconnaissance et le respect de l'indĂ©pendance de la justice. C'est la prise en compte du cadre dans lequel s'exerce cette justice. Et ce cadre, c'est le respect de l'Ătat de droit.
C'est enfin l'égalité de chacun devant la loi. Ces principes peuvent amener les uns et les autres à dire ce qu'ils pensent de cette décision, voire à critiquer cette décision, mais pas à portée atteinte à cette exigence, ce principe d'indépendance de la justice. Et c'est pour cela que je suis profondément choqué quand je vois les menaces qui ont été dirigées vers la présidente du tribunal.
Rappelons d'abord que c'est une décision collégiale. Et cette collégialité, c'est la rÚgle judiciaire. Le questionnement, Dominique de Villepin, pour résumer.
La justice estime que Nicolas Sarkozy ne pouvait pas ne pas savoir que deux de ses collaborateurs prĂ©paraient un financement illĂ©gal de sa campagne de 2007 avec un dictateur Ă l'Ă©poque sanguinaire et financement d'ailleurs aujourd'hui introuvable de cette campagne. Est-ce qu'il y a quand mĂȘme une condamnation sur une suspicion d'intention ? Est-ce que les preuves manquent ?
Je ne me prononcerai pas, je vous l'ai dit. Je ne veux pas Ă©voquer le fond du dossier. Il y a des questions qui peuvent lĂ©gitimement ĂȘtre posĂ©es dans notre Ă©tat de droit.
La question de l'exécution provisoire, la question du mandat de dépÎt. Mais il faut rappeler le cadre dans lequel ces mesures ont été décidées par le tribunal. Le cadre, c'est un cadre qui est imposé par la loi, par le législateur.
Et en droit français, l'autorité judiciaire, elle applique la loi. C'est ce qui fait la caractéristique, l'originalité de notre systÚme judiciaire. Et dans ce contexte-là , je crois qu'il ne faut pas reprocher à la justice ce qui ne lui appartient pas.
Mais sur l'exécution immédiate de la peine de prison, effectivement, pour vous, il y a des questionnements ? Il peut y avoir un questionnement légitime. Ce questionnement, c'est un questionnement qui a été réglé par le législateur.
Et dans le cadre de la législation française, il y a un certain nombre de cas qui sont prévus, dont la gravité des faits, l'exemplarité. Et c'est dans ce cadre-là que la décision a été prise une fois de plus. Vos interrogations, c'est sur la loi ou c'est sur l'application de Nicolas Sarkozy ?
Je n'ai pas d'interrogations. Je comprends qu'il puisse y avoir des interrogations. Je comprends qu'il puisse y avoir des critiques.
Mais une fois de plus, mesurons la différence. Que l'on s'interroge sur la décision, c'est une chose. Que l'on remette en cause l'indépendance de la justice.
Que l'on critique la justice en tant qu'autorité judiciaire. Cela me paraßt, dans notre pays, inacceptable. Il faut rappeler dans quel contexte tout ceci se déroule.
Et c'est important. Nous sommes dans une crise politique. On le voit avec l'instabilité gouvernementale.
Nous sommes dans une crise sociale. Il n'est que regarder les revendications de nos compatriotes et la souffrance qui est celle de beaucoup d'entre eux. Et nous sommes aussi dans un moment de crise internationale.
OĂč la menace contre l'Ătat de droit, elle frappe tous les pays europĂ©ens. Elle frappe les Ătats-Unis. avec des mises en cause qui s'adressent non seulement au systĂšme judiciaire, mais Ă©galement au systĂšme mĂ©diatique.
Ce sont les contre-pouvoirs qui sont aujourd'hui visĂ©s avec cette menace qui est trĂšs pressante sur notre pays, qui est celle de savoir si nous allons encore longtemps rester une dĂ©mocratie libĂ©rale ou si nous allons glisser de contestation en contestation, de façon insidieuse, vers une dĂ©mocratie illibĂ©rale. PĂ©rine Tarnot. â Alors justement, concernant les menaces contre l'Ătat de droit, Nicolas Sarkozy, dans son interview au JDD ce matin, il estime que son jugement est d'une gravitĂ© extrĂȘme pour l'Ătat de droit.
Il dit que toutes les limites de l'Ătat de droit ont Ă©tĂ© violĂ©es. Est-ce que vous ĂȘtes d'accord avec son analyse ? Est-ce que nous avons basculĂ© dĂ©jĂ dans une RĂ©publique des juges ? â Mesurons, une fois de plus, je ne rentrerai pas dans le fond du dossier.
Mesurons⊠â Non, mais ces mots sont forts. â Mesurons la situation qui est celle aujourd'hui de Nicolas Sarkozy. Il se dĂ©fend sur un terrain politique.
Et il invoque, et c'est son droit, la dĂ©fense de son honneur, la vision qu'il a du dossier. Tout ceci appartient⊠â Il va plus loin lĂ quand mĂȘme Nicolas Sarkozy. â Tout ceci appartient Ă la procĂ©dure qui continuera quoi qu'il arrive, qui est la procĂ©dure d'appel, un deuxiĂšme procĂšs, qui permettra de revoir les choses.
Aujourd'hui, nous sommes dans un cadre qui est fixĂ© par le droit et par la loi. Et c'est dans ce cadre-lĂ que la dĂ©cision a Ă©tĂ© rendue. Et je ne crois pas qu'il soit sain dans notre dĂ©mocratie de contester ce cadre qui constitue l'Ătat de droit.
En tout cas, ce n'est jamais la voie dans laquelle je m'engagerais. â Pour ĂȘtre clair, ce que vous ĂȘtes en train de dire, c'est que les propos de Nicolas Sarkozy sur l'Ătat de droit violĂ© attaquent justement ces principes-lĂ . â Ce que je vous dis, c'est que sa dĂ©fense est une dĂ©fense lĂ©gitime.
Elle est politique et je ne crois pas qu'il faille⊠â Donc ça ne vous choque pas quand il dit « l'Ătat de droit est violĂ© ». â C'est une dĂ©fense politique, c'est un jugement politique qu'il porte. Je crois que le risque dans notre pays⊠â PrĂ©cisĂ©ment, ça n'affaiblit pas la justice, ça n'affaiblit pas notre dĂ©mocratie. â Ăcoutez, la situation de Nicolas Sarkozy est suffisamment difficile pour que j'Ă©vite de porter des jugements qui soient Ă l'emporte-piĂšce.
Donc ce que je vous dis, et je pĂšse mes mots, c'est que la responsabilitĂ© de tous, anciens responsables politiques, responsables politiques, lĂ©gislateurs, partis politiques, c'est de ne pas faire ce qui est aujourd'hui le plus grand risque pour nous. C'est le risque d'une critique de notre systĂšme de la dĂ©mocratie libĂ©rale qui repose sur l'Ătat de droit et ce risque de basculer. Je pense que tous les reproches qui sont adressĂ©s aujourd'hui Ă la justice, gouvernement des juges, tout ceci est dangereux pour notre dĂ©mocratie. â Pour sortir du dĂ©bat juridique, en prĂ©ambule, vous avez Ă©voquĂ© le choc des Français.
C'est vrai que c'est une décision qui est trÚs commentée et qui touche nos concitoyens. Qu'est-ce qui est abßmé dans cette condamnation ? Est-ce que c'est l'image de Nicolas Sarkozy ?
Est-ce que c'est l'institution prĂ©sidentielle ? Ou est-ce que c'est l'image de la France Ă l'Ă©tranger ? â J'ai parlĂ© d'un choc, je pense que le choc, il concerne les uns et les autres.
Nous ne sommes pas devant quelque chose qui est banal. Nous sommes devant quelque chose qui constitue une Ă©preuve pour notre dĂ©mocratie mĂȘme. Et c'est lĂ oĂč il faut que nous soyons responsables, c'est lĂ oĂč il faut que nous soyons exigeants pour Ă©viter que les critiques puissent ouvrir la voie Ă une remise en cause de notre systĂšme institutionnel, de notre systĂšme d'Ătat de droit.
Nous savons Ă quel point les attaques sont violentes depuis dĂ©jĂ plusieurs annĂ©es dans notre pays. Elles existent aussi aux Ătats-Unis, on voit bien. Et on voit Ă quoi ça nous mĂšne.
La contestation aujourd'hui aux Ătats-Unis du systĂšme judiciaire, le choix du prĂ©sident Trump de nommer un certain nombre de responsables qui dĂ©fĂšrent aujourd'hui devant la justice, on le voit avec l'ancien responsable du FBI, conduit Ă une justice personnelle. Je pense que tout ça est extraordinairement dangereux. Respectons donc l'institution judiciaire.
Il y a des voies de droit, celles-ci s'appliqueront dans les prochains mois. La Cour, le tribunal, de façon collégiale a pris une décision. Il faut la respecter pour ce qu'elle est.
Elle s'impose Ă tous, mĂȘme si d'aucuns peuvent Ă©mettre des critiques sur tel et tel Ă©lĂ©ment du dispositif. Pour Ă©largir un tout petit peu le sujet, est-ce que vous vous dites que...
Monsieur Bosque, vous pouvez élargir tout ce que vous voulez. Non, non, non, monsieur...
Je vous ai dit sur ce sujet ce que j'avais à vous dire et je n'ajouterai rien. Je ne vais pas vous reparler de Nicolas Sarkozy, mais est-ce que vous vous dites que les politiques qui votent des lois de plus en plus sévÚres, est-ce que c'est quand cette sévérité finalement s'applique à eux qu'ils découvrent et dénoncent la justice ? Ceux de poids de mesure, on le voit dans tous les domaines de la vie nationale et de la vie internationale.
Et vous avez raison, ceux-lĂ mĂȘme qui ont Ă©tĂ© pronds Ă toujours vouloir durcir les textes, toujours vouloir davantage de rĂ©sultats dans ce domaine, aujourd'hui, ils sont obligĂ©s de changer de discours, de changer de langage. Eh bien lĂ , ils sont devant l'Ă©preuve qui est celle de la responsabilitĂ©. Une fois de plus, la justice doit ĂȘtre la mĂȘme pour tous.
Et il n'y a pas d'un cÎté les puissants, de l'autre les misérables qui devraient avoir droit à une justice beaucoup plus sévÚre et beaucoup plus exigeante. Sébastien Lecornu a dévoilé un peu, on peut dire, dans le Parisien, les grandes orientations de son budget. Pas de taxes Zuckmann, pas de retour de l'ISF. 6 milliards pour les retraites, 5 milliards pour la santé.
Sébastien Lecornu a-t-il, Dominique de Villepin, renoncé aux ruptures qu'il avait promises ? Nous allons le voir. Attendons qu'il prenne son discours de politique générale, qu'il forme son gouvernement.
Nous en saurons un peu plus. Ce qui est vrai...
Mais sa feuille de route qui avait été fixée par le président de la République était d'abord de trouver des voies de passage, des compromis avec les autres groupes politiques. Donc ce qui est vrai, c'est que l'on voit aujourd'hui trÚs clairement les portes qu'il ferme. Il va bien falloir voir maintenant la porte ou les portes qu'il ouvre, sans quoi il passera à la trappe comme ses deux prédécesseurs.
Donc il y a lĂ maintenant un besoin de clarification. Nous avons attendu. Ă juste le titre, je crois, le Premier ministre a pris son temps, parce qu'il est important de crĂ©er les conditions, peut-ĂȘtre pas d'une majoritĂ©, mais au moins d'un accord de non-censure avec les diffĂ©rents partis Ă l'AssemblĂ©e nationale.
Donc nous sommes dans l'attente aujourd'hui de voir quelle sera l'Ă©quation qu'il a retenue. Mais nous sommes dans un pays, je l'ai dit tout Ă l'heure en commençant, qui est en grande souffrance. Nous sommes dans un pays oĂč il y a un sentiment et une rĂ©alitĂ© d'injustice sociale depuis des annĂ©es, depuis l'arrivĂ©e au pouvoir d'Emmanuel Macron.
Il faut prendre en compte ce sentiment et cette rĂ©alitĂ© de l'injustice sociale. Et donc la premiĂšre attente des Français, et c'est pour cela qu'ils ont votĂ© comme ils ont votĂ© aux EuropĂ©ennes, c'est pour cela qu'ils ont votĂ© aprĂšs la dissolution aux lĂ©gislatives, c'est une exigence, un souci de rupture, de changement de la politique macroniste. â Le Premier ministre reconnaĂźt cette exigence, cette volontĂ© des Français. â Il lui appartient de la mettre en musique. â VoilĂ , mais pour l'instant il reste flou.
Est-ce que vous avez Ă©tĂ© déçu par cette interview dans Le Parisien ce vendredi oĂč pour l'instant son jeu de cartes ne semble pas trĂšs lisible ? â Il consulte, il a consultĂ© les partis politiques, il consulte les partenaires sociaux, il se donne le temps et personne ne peut lui faire ce reproche. La tĂąche qui est la sienne est effroyablement difficile.
Donc il n'y a pas de recette miracle. â Mais vous diriez qu'il y a du mal Ă sortir de la ligne d'Emmanuel Macron ? â C'est la difficultĂ©, c'est celle depuis le dĂ©part que je lui ai conseillĂ© de changer.
Je suis bien conscient depuis le dĂ©but de ce risque d'enfermement. â Vous avez Ă©changĂ© avec lui en tĂȘte Ă tĂȘte ? Nous avons Ă©changĂ© par texto et je l'ai alertĂ© sur le fait qu'il avait besoin de s'Ă©manciper.
Nous avons besoin d'un Premier ministre qui puisse prendre sur lui la dĂ©fense de l'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral des Français. Le prĂ©sident de la RĂ©publique depuis 8, 9 ans⊠â Vous l'aviez qualifiĂ©, pardon. â Ayant choisi une autre politique dont nous voyons qu'elle n'a pas donnĂ© des rĂ©sultats espĂ©rĂ©s. â Vous l'aviez qualifiĂ© de gentil toutou du prĂ©sident SĂ©bastien ? â Vous dĂ©montez ses propos, vous les regrettez ? â Non, je n'ai jamais⊠J'ai dit qu'il risquerait.
Il faut ĂȘtre prĂ©cis. En France, on a la chance d'avoir une langue française assez riche. Ce n'est pas pareil de parler au conditionnel que de parler au prĂ©sent.
J'ai dit qu'il risquerait de devenir quelqu'un qui n'aurait pas la capacité. La formule que j'ai employée, vous venez de la donner. Et donc qu'il fallait qu'il s'émancipe.
Et c'est le conseil que je lui ai donnĂ©. Plus il s'Ă©mancipera, plus il se tiendra Ă distance de l'ĂlysĂ©e, plus il aura la capacitĂ© Ă s'affirmer. Il faut qu'il s'Ă©mancipe vers qui ?
Vers quelle force politique ? â Vers les forces⊠â Il ne semble pas tendre vraiment la main vers la gauche. â On voit bien que depuis des semaines, et on voit bien qu'avant, c'Ă©tait la tentation du prĂ©sident de la RĂ©publique Ă l'ĂlysĂ©e, c'est vers le Parti socialiste que se dirigeaient les nĂ©gociations.
Le prĂ©sident de la RĂ©publique a choisi finalement de prendre l'un des siens, ce qui est, Ă mon avis, accroĂźt la difficultĂ© de la tĂąche, parce que c'est toujours plus difficile quand vous avez Ă l'ĂlysĂ©e et Ă Matignon des personnes si proches, alors mĂȘme que les Français attendraient une cohabitation, c'est-Ă -dire deux responsables politiques, qui chacun prennent en compte l'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, le prĂ©sident pour ce qui concerne les affaires internationales, domaine dits rĂ©servĂ©s, et le Premier ministre prenant en compte la colĂšre et l'inquiĂ©tude des Français depuis les lĂ©gislatives. Ce jeu institutionnel n'a pas Ă©tĂ© respectĂ©, et je pense depuis le dĂ©part qu'il y a un problĂšme de mĂ©thode concernant Emmanuel Macron, il y a un problĂšme d'Ă©coute des Français. Et Ă partir du moment oĂč le prĂ©sident de la RĂ©publique n'Ă©coute pas les Français, eh bien il faut que le Premier ministre en fasse davantage, soit encore plus soucieux de crĂ©er les conditions qui vont permettre la stabilitĂ© d'un gouvernement.
Mais la lecture que vous faites du rĂ©sultat de la dissolution, c'est qu'il faut une politique plus Ă gauche. Parce que la gauche n'a pas gagnĂ© actuellement les Ă©lections. Le bloc de gauche est arrivĂ© en tĂȘte.
Et à partir de là , la logique aurait été, dans les consultations, au départ, de tendre la main à ce bloc pour voir s'il était capable de constituer une majorité. Et puis à partir de là , d'en tirer les leçons. Contrairement à ce qu'on dit, mon choix n'est pas un choix idéologique.
Mon choix, c'est un choix de mĂ©thode, c'est un choix de dĂ©mocratie. Il faut Ă©couter, procĂ©der dans l'ordre, d'abord avec le bloc qui est arrivĂ© en tĂȘte, et puis d'autres forces politiques si ce bloc n'est pas capable de le constituer. Et je pense qu'en ayant choisi une mĂ©thode qui a conduit le prĂ©sident de la RĂ©publique Ă s'adresser Ă l'un des plus petits partis de l'AssemblĂ©e nationale, avec Michel Barnier dans un premier temps, puis aprĂšs avec l'un des siens, François Bayrou, eh bien le prĂ©sident de la RĂ©publique a donnĂ© le sentiment de ne pas Ă©couter les Français.
Et nous savons que dans le moment dĂ©mocratique que nous vivons, qui est un moment de tension, qui est un moment d'inquiĂ©tude, eh bien ce dĂ©faut d'Ă©coute, il est dangereux, parce que la colĂšre alors, elle s'exprime oĂč ? Elle s'exprime dans la rue. Si SĂ©bastien Lecornu tombe, doit-il...
Est-ce qu'Emmanuel Macron doit nommer un nouveau Premier ministre, en l'occurrence un Premier ministre de gauche, puisque c'est la seule voie qui n'a pas encore été explorée, ou bien doit-il se résoudre à dissoudre l'Assemblée nationale ? Alors dans quelle situation sommes-nous ? Nous avons une crise politique.
On le voit bien avec l'instabilité successive qui se déroule depuis plusieurs mois. Nous sommes devant une crise sociale. Nous sommes devant une crise budgétaire.
Nous n'avons toujours pas de budget. Et le temps presse. Les échéances, 1er octobre s'approche, 15 octobre, nous avons besoin d'un budget.
Et nous avons besoin d'adresser aux Français et à l'Union européenne et aux marchés un signal trÚs fort de notre sérieux en matiÚre budgétaire. Donc nous devons agir et ma conviction, c'est qu'il faut le faire vite, mais en évitant la politique du pire. Une nouvelle dissolution, c'est à peu prÚs la certitude de voir cette politique du pire se produire.
Aujourd'hui, nous le voyons bien dans notre pays, c'est la colĂšre qui monte. C'est donc le Rassemblement national qui devrait sortir, gagnant des urnes. Est-ce que c'est vĂ©ritablement cette aventure que nous voulons vivre Ă un moment oĂč, en Europe, aux Ătats-Unis, nous voyons monter les droites radicales et nous voyons Ă la fois le double risque, le risque pour l'Ătat de droit, le risque de vassalisation vis-Ă -vis de pays de puissance Ă©trangĂšre, qu'il s'agisse de la Russie, qu'il s'agisse des Ătats-Unis. â Mais si c'est parce que Lecornu ne rĂ©ussit pas, est-ce qu'il y a d'autres alternatives possibles Ă part la dissolution ? â Eh bien c'est pour cela que M.
Lecornu, en liaison avec l'ensemble des forces politiques et des forces sociales de notre pays, doit, aprĂšs consultation, placer chacun devant ses responsabilitĂ©s. Permettez-moi de prendre un exemple. â C'est ce qu'il dit quand il dit que ça va ĂȘtre au Parlement de faire le budget. â Dans le domaine Ă©conomique et social, afin justement de rĂ©aliser le budget. â Lors du conclave qui avait Ă©tĂ© trĂšs justement choisi par François Bayrou pour essayer de tourner la page des retraites dans un accord social le plus large possible, il restait deux grands sujets pendant.
La question de la pĂ©nibilitĂ© et la question concernant la situation des femmes. â Nous n'Ă©tions pas trĂšs loin d'un accord. Et je pense que de ce point de vue-lĂ , le MEDEF, le patronat, n'a peut-ĂȘtre pas mesurĂ© la responsabilitĂ© qui Ă©tait la sienne, et qu'il aurait dĂ», dans les circonstances prĂ©sentes, faire les gestes nĂ©cessaires pour qu'un accord sur cette rĂ©forme des retraites⊠â Vous voyez bien que le MEDEF lui-mĂȘme durcit le ton en appelant Ă une grande manifestation des patrons Ă la mi-octobre.
C'est irresponsable selon vous ? â C'est pour cela que je vous dis qu'il faut que le MEDEF mesure et arbitre. Que vaut-il mieux ?
Une situation d'instabilité chronique. Rappelons que les agences de notation, les marchés, sanctionnent d'abord l'instabilité et l'imprévisibilité politique française, beaucoup plus que la situation de notre dette. Nous avons toujours une capacité à nous endetter et, de ce point de vue-là , une politique qui est saine.
DeuxiÚmement, au-delà de la question du geste possible en matiÚre sociale, il y a un certain nombre de réflexions et de débats autour taxes Zuckmann, reprise de l'impÎt sous la fortune, quel que soit le schéma que retienne M. Lecornu. Il est important que du cÎté du patronat, du cÎté des entreprises, du cÎté des plus riches, on arbitre également.
Vaut-il mieux l'aventure avec le Rassemblement national au pouvoir ? Vaut-il mieux l'instabilité continue pendant deux ans et le risque de disruption dans notre pays ? Ou au contraire, faire les gestes nécessaires qui permettent d'apaiser ?
Je crois que les deux mots d'ordre aujourd'hui pour la politique française, c'est Ă la fois apaiser, apaiser la colĂšre sociale, apaiser l'inquiĂ©tude des Français, et c'est en mĂȘme temps gouverner, diriger. Et c'est pour cela que nous arrivons au moment difficile pour le Premier ministre. Nous arrivons Ă un moment oĂč M.
Lecornu doit prendre sa responsabilité aprÚs consultation. Je vous entends sur la responsabilité de Sébastien Lecornu et du MEDEF. Vous ne parlez pas de la responsabilité du Parti socialiste.
Est-ce que selon vous, le PS doit aussi prendre sa responsabilité pour éviter cette politique du pire dont vous parlez et aller vers une forme de compromis avec l'actuel gouvernement pour obtenir un budget ? Votre question me rappelle la situation dans laquelle nous étions avec l'Allemagne en 2002 quand j'ai été nommé ministre des Affaires étrangÚres. Et je me rappelle la phrase qu'a sortie Jacques Chirac à Gerhard Schröder aprÚs toutes les difficultés et les malentendus que nous avons eus avec l'Allemagne sur le traité de Nice.
Sa phrase, c'est « Nous devons chacun faire la moitiĂ© du chemin. » Il serait temps qu'en France, le principe de rĂ©alitĂ© et le principe de responsabilitĂ© se conjuguent en mĂȘme temps. La classe politique voit bien la multiplication de ces fronts qui vulnĂ©rabilisent, fragilisent la dĂ©mocratie.
On le voit sur la question judiciaire. On le voit sur la question sociale. On le voit sur la question budgétaire.
On le voit sur la situation internationale. Ă un moment donnĂ©, la politique, l'honneur de la politique, de tous les responsables politiques, et je sais qu'ils ont tous en tĂȘte les municipales et les prĂ©sidentielles, vous savez, Ă un moment donnĂ©, les Français, ils regarderont les positions comprises les uns et les autres. Et ils sanctionneront dans les urnes des comportements qui ne sont pas Ă la mesure de l'intĂ©rĂȘt national.
Ce qui doit nous guider, c'est l'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral. Ce n'est pas l'intĂ©rĂȘt de tel ou tel parti, ce n'est pas tel et tel calcul politique. C'est l'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral de notre pays, car oui, nous sommes en grande difficultĂ©.
La solution pour vous, Dominique de Villepin, c'est de taxer les riches pour répondre aux Français. Est-ce qu'il y a une bonne solution, une bonne formule pour taxer les riches ? Non, ce n'est pas ça.
Je vous l'ai dit. Quand je dis que chacun...
Un sentiment d'injustice. Pour répondre à un sentiment d'injustice, il faut taxer les riches. Est-ce qu'il y a une bonne solution, une bonne formule pour taxer les riches ?
Nous sommes dans une situation oĂč chacun veut avoir ses boucs Ă©missalaires. La gauche, c'est taxer les riches. Le Rassemblement national, c'est mettre dehors les immigrĂ©s.
La droite, c'est les immigrĂ©s et les fonctionnaires. Chacun a ses boucs Ă©missalaires. Vous avez bien parlĂ© de taxer les riches quand mĂȘme.
J'ai bien compris. Oui, mais ce n'est pas un choix idéologique. Il faut, dans le budget, prendre en compte tous ces éléments.
Et il faut le faire avec équilibre, avec mesure. Mais ça répond à une idéologie de taxer les riches. Mais non, ce n'est pas une idéologie.
C'est un outil, c'est un moyen. Et il appartient à tous ceux qui sont les plus aisés, les plus favorisés dans notre pays de comprendre qu'ils ont...
DÚs lors qu'il faut faire un effort. Quelle est la situation dans notre pays ? Quel est le revenu médian dans notre pays ?
C'est 2 200 euros. La moitié de ceux qui nous écoutent aujourd'hui sont dans cette situation-là . Deux tiers des Français sont entre un SMIC et deux SMIC.
Donc la taxe Zuckman, ils ne la paieront jamais. L'impÎt sur la fortune, ils ne le paieront jamais. Ils ne sont pas concernés par les modifications du barÚme de l'impÎt sur le revenu.
Donc revenons sur Terre. Mais les deux sont légitimes. Que chacun fasse l'effort qu'il doit faire.
Et quand vous ĂȘtes dans la situation de plus grande richesse, et c'est pour cela que je le dis, vous avez un devoir. Je ne dis pas qu'il faut casser les entreprises en croissance. On a tous compris qu'il y avait un problĂšme mistral et aĂŻe.
Donc c'est pour ça que je vous repose la question. Il fallait donc prendre en compte les situations spĂ©cifiques. Mais il n'empĂȘche qu'Ă la fin.
Quand il y a un effort à faire, c'est d'abord à ceux qui sont les mieux placés de donner l'exemple. C'est un principe que je pose. Je ne dis pas taxer les riches.
Je dis que chacun fasse sa part à la mesure de sa capacité. Est-ce que vous avez une proposition précise d'assiette de taxation déposée en France ? Je ne souhaite pas aujourd'hui mettre sur la table une nouvelle proposition.
Pourquoi ? Parce que la proposition prĂ©cise, elle doit ĂȘtre dĂ©terminĂ©e par le Premier ministre avec les forces politiques et avec les partenaires sociaux. Et c'est ça qui doit changer dans notre pays.
On a vu les dĂ©gĂąts qui ont Ă©tĂ© causĂ©s par une rĂ©forme des retraites. D'abord qui a changĂ© de nature en cours de route. Et ensuite qui a Ă©tĂ© imposĂ©e sans mĂȘme vĂ©ritable dĂ©bat au Parlement.
Ăa c'est dramatique. Nous ne pouvons plus continuer comme cela. Et si notre pays est paralysĂ©, c'est parce que des gilets jaunes Ă la rĂ©forme des retraites, le dialogue social a Ă©tĂ© totalement interrompu.
Donc tirons les leçons de cette situation et faisons en sorte de tailler de façon réaliste, de façon pragmatique, les meilleures propositions concernant la contribution des plus aisés et des plus riches, la contribution des entreprises qui ont réalisé des profits exceptionnels au cours des derniÚres années, sans pour autant remettre en cause, parce que ça j'y suis trÚs attaché, remettre en cause le développement de notre économie. Et c'est en ça que je dis qu'il y a trois paramÚtres à défendre. Il y a un paramÚtre de justice sociale.
Il y a un paramÚtre d'ordre républicain. Chacun doit apporter sa contribution. Et il y a aussi un paramÚtre d'efficacité économique.
Nous ne nous tirons pas une balle dans le pied en mettant en cause le peu de croissance que nous avons, 0,6, 0,7. Il faut au contraire dĂ©velopper la croissance. Ăa veut dire qu'il faut prĂ©server les investissements d'avenir.
Notre pays a des atouts exceptionnels à travers la formation, la qualité des hommes. Nous avons des atouts exceptionnels dans des secteurs d'excellence. Eh bien faisons en sorte de mettre à profit cela.
Et ne l'oublions pas, c'est une condition aussi de la défense de notre souveraineté. Souveraineté économique, souveraineté technologique, souveraineté dans le domaine de la sécurité. Juste une derniÚre question avant la pause.
D'ordre symbolique, mais tout de mĂȘme, vous avez approuvĂ© le fait qu'on enlĂšve les avantages des anciens premiers ministres. Question trĂšs simple. Vous avez aujourd'hui une secrĂ©taire, des bureaux, une protection.
Quand est-ce que tout cela sera...
Non, monsieur Bosque, non. Non, je n'ai pas de bureau. Vous n'avez pas de bureau.
Bon, vous avez une secrétaire. J'ai une sécurité et une collaboratrice. Quand est-ce que tout cela sera supprimé ?
Ăcoutez, nous sommes en attente du dĂ©cret qui est annoncĂ© dans les prochaines semaines. Il y a dĂ©jĂ une partie des dispositifs qui seront supprimĂ©s au 1er janvier. Est-ce que vous vous sentez menacĂ© ?
Est-ce qu'il faut toujours une protection pour vous ? Alors, c'est une trÚs bonne question que vous posez. J'ai reçu de trÚs nombreuses menaces au cours des derniÚres années et des derniers mois.
Mais nous avons des organes qui sont chargĂ©s d'apprĂ©cier la situation de chacun des premiers ministres. Nous ne sommes pas exposĂ©s les uns et les autres de la mĂȘme façon. Mais moi, je m'en remets Ă l'Ătat.
Ce que je souhaite, c'est que l'Ătat puisse Ă©tablir la pleine transparence sur ce dont bĂ©nĂ©ficie chacun. Aujourd'hui, les analyses qui ont Ă©tĂ© livrĂ©es en pĂąture Ă l'opinion publique ne traduisent pas la rĂ©alitĂ© des chiffres et des avantages de chacun. Vous n'ĂȘtes pas l'ancien Premier ministre de l'Ăcouteau, vous n'ĂȘtes pas l'ancien Premier ministre qui...
Renons en compte la réalité de cette situation et à partir de là , prenons des décisions sérieuses. Et la démarche que je propose, elle est essentielle. Pourquoi ?
Quand j'étais Premier ministre, j'ai mis en place les audits budgétaires. C'est-à -dire que fonction budgétaire par fonction budgétaire, j'ai demandé à Jean-François Copé avec Thierry Breton d'analyser la réalité et la nécessité de chaque dépense. Parce qu'aujourd'hui, nous le voyons bien, le premier effort qu'il faut faire au-delà d'une augmentation des impÎts à des fins de justice sociale, le premier effort qu'il faut faire, c'est la baisse de la dépense publique.
La Cour des comptes nous l'indique, plus de deux tiers de cet effort doit relever d'une diminution de la dĂ©pense publique. Et je rappelle que dans le gouvernement qui a Ă©tĂ© le mien pendant les deux annĂ©es 2005-2007, c'est dans les 25 derniĂšres annĂ©es la seule pĂ©riode oĂč nous avons diminuĂ© la dette et diminuĂ© le dĂ©ficit. Donc de ce point de vue-lĂ , je parle d'expĂ©rience.
Dominique de Villepin, on va se retrouver pour la seconde partie de ce Grand Jury dans un instant. A tout de suite. Le Grand Jury RTL Public SĂ©nat Le Figaro M6 ĂtĂ© 1980, les ouvriers du chantier naval LĂ©nine vont dĂ©fier le pouvoir et crĂ©er le premier syndicat libre du bloc communiste.
L'électricien Lech Walesa émergera rapidement comme le meneur du mouvement. Une semaine plus tard, tout le nord de la Pologne était en grÚve ainsi que les grandes villes du pays. Une perte de contrÎle que Moscou et les dirigeants des autres pays socialistes observent avec inquiétude.
Le président Carter a indiqué à Brezhnev qu'une intervention militaire soviétique aurait des conséquences trÚs graves. Il y a eu de la répression, c'est sûr, mais on était des durs à cuire. Le pouvoir a compris qu'il ne gagnerait jamais cette bataille.
Je pense que cela a été une brÚche importante dans le rideau de fer, mais aussi dans l'ensemble du systÚme socialiste. Solidarnosc, la premiÚre brÚche. Vendredi prochain à 22h sur Public Sénat et sur publicsénat.fr.
Je pense que les parents, c'est ce message-lĂ qu'il faut transmettre aux enfants. C'est-Ă -dire que vous avez le sentiment parce que vous ĂȘtes dans ce moment-lĂ qui est trĂšs pĂ©nible Ă vivre. Vous ne vous sentez pas bien, vous ne trouvez pas de sens Ă vos journĂ©es, vous avez l'impression d'ĂȘtre seul, que les choses sont lourdes, pĂ©nibles, ça, ça passe.
Elle le dit elle-mĂȘme, devenir comĂ©dienne l'a sauvĂ©e. Les mots l'ont sauvĂ©e. SauvĂ©e d'une dĂ©tresse d'adolescente qu'elle a racontĂ©e dans un livre et qui fait aujourd'hui l'objet d'un film, Les RĂȘveurs, son tout premier long-mĂ©trage en tant que rĂ©alisatrice.
Elle est aussi sur les planches dans un pas de cÎté au Théùtre de la Renaissance avec son conflice de toujours, Bernard Campon. Isabelle Carré est notre invitée dans Un Monde, Un Regard. Un Monde, Un Regard, vendredi prochain à 17h30 sur PublixSénat et sur PublixSénat.fr.
En France, des millions de personnes souffrent d'un mal-ĂȘtre psychologique sans rien dire. Alors que la meilleure façon de commencer Ă aller mieux, c'est d'en parler. Mon soutien psy, ne restez pas seul avec votre mal-ĂȘtre.
Déployez tout votre potentiel professionnel. L'APEC vous accompagne à tous les moments clés de votre carriÚre. APEC, donnez de l'élan à votre avenir.
Bon temps, je vous présente Maßtre Badinter. La cour et le jury condamnent du fait Claude à la peine de mort. Je n'excepterai jamais cette justice qui tue.
Il faut, Robert. On vous demande de dire, je veux que cet homme meure. Je veux qu'on le prenne.
Il y a son abolition, elle est inévitable. L'abolition, un film exceptionnel inspiré du livre de Robert Badinter avec Charles Berling, samedi prochain à 21h sur PublixSénat et sur PublixSénat.fr.
La semaine prochaine, dans notre émission Au bonheur des livres, le thÚme de la souffrance des femmes, avec deux livres bouleversants. D'abord le livre de Natacha Panna qui raconte trois féminicides et qui s'interroge sur le processus psychologique qui conduit un homme qui a aimé à tuer. Et puis le livre de Léonore de Recondo qui s'appelle Marché dans tes pas, qui là est le récit de ces exilés basques qui partent d'Espagne, qui fuient l'Espagne au moment de la guerre civile pour chasser par les franquistes.
C'est l'histoire de sa grand-mÚre dont elle veut aussi retrouver le portrait et les souffrances et dont elle va d'ailleurs finir par prendre la nationalité espagnole. Au bonheur des livres, présenté par Claire Chazal, vendredi prochain à 23h sur PublixSénat et sur PublixSénat.fr.
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre, est notre invitĂ© ce dimanche du Grand Jury. Perrine Tarnot de PublixSĂ©nat et Jim JarassĂ© du Fidiaro sont Ă mes cĂŽtĂ©s. Dominique de Villepin, la France, par la voix du prĂ©sident de la RĂ©publique Emmanuel Macron, a reconnu cette semaine l'Ătat palestinien.
Tout d'abord, est-ce que vous l'avez vĂ©cu comme un moment historique ? Oui, c'est une dĂ©cision historique puisque nous affirmons pour la premiĂšre fois la reconnaissance d'un principe qui est un principe du droit international et en mĂȘme temps un principe de justice, la reconnaissance de l'Ătat palestinien. Mais c'est aussi un cadre politique que nous posons dans la rĂ©gion, de façon Ă ce que la sĂ©curitĂ© d'IsraĂ«l puisse se trouver renforcĂ©e avec deux Ătats capables de vivre cĂŽte Ă cĂŽte, alors que nous voyons Ă quel point le refus de crĂ©ation de cet Ătat palestinien a pu nourrir le ressentiment, l'action terroriste.
Je crois que nous tournons, nous devons aujourd'hui tourner une page et la communautĂ© internationale prend donc ses responsabilitĂ©s dans ce domaine et la France a rĂ©ussi Ă entraĂźner avec elle un certain nombre d'Ătats. La page n'est pas du tout tournĂ©e. On a vu Ă la rĂ©action notamment de Benjamin Netanyahou, le Premier ministre israĂ©lien, qui a dit qu'il fallait pour lui finir le travail aussi vite que possible Ă Gaza sans aucun cynisme.
Est-ce que ce n'est pas dĂ©jĂ trop tard quand on voit la destruction de Gaza, le grignotage de la Cisjordanie ? Pour un Ătat palestinien. Quand on regarde le bilan de ces presque deux annĂ©es, Ă la fois la catastrophe du 7 octobre, le drame, la barbarie qui s'est exprimĂ©e contre IsraĂ«l, et en mĂȘme temps les 65 000 morts qui aujourd'hui se situent Ă Gaza, on voit bien qu'il est temps que tout cela s'arrĂȘte.
Donc il n'est pas trop tard, c'est mĂȘme notre devoir. La position de Benjamin Netanyahou, c'est une position historique. C'est la position qu'il a toujours eue, le refus de la crĂ©ation de deux Ătats.
Et toute la politique qu'il met en Ćuvre dans les derniĂšres annĂ©es, c'est une politique qui va marquer l'impossibilitĂ© de la crĂ©ation de cet Ătat. D'oĂč le jusqu'au boutisme d'un soutien au Hamas depuis dĂ©jĂ un grand nombre d'annĂ©es, jusqu'au boutisme dans la politique de destruction qui est menĂ©e Ă Gaza, jusqu'au boutisme dans la politique d'annexion avec un certain nombre des ministres extrĂ©mistes de son gouvernement pour crĂ©er la politique du fait accompli en Cisjordanie. Mais il y a la communautĂ© internationale, et puis il y a Donald Trump que Benjamin Netanyahou va rencontrer demain. â Alors une question sur le sujet, Dominique de Villepin.
En effet, Donald Trump reçoit le Premier ministre israĂ©lien demain. Enjeu un accord potentiel de libĂ©ration des otages en Ă©change d'un retrait israĂ©lien. Est-ce que vous pensez que cet accord est crĂ©dible ? â D'abord, cet accord, il est le fruit d'un long travail.
D'abord, cet accord a Ă©tĂ© nourri par le plan du CAIR, d'il y a maintenant plusieurs mois. Puis le plan entre la France et l'Arabie saoudite qui a ralliĂ© un grand nombre aussi de pays arabes et d'autres pays de la communautĂ© internationale. Et aujourd'hui, ce que fait Donald Trump, c'est reprendre le travail fait par ces deux plans dans le cadre d'un plan en 21 points, qui prĂ©voit comme premiĂšre dĂ©cision la libĂ©ration des otages. et il est temps, compte tenu de la vĂ©ritable torture que vivent ces otages depuis maintenant presque deux ans, et en mĂȘme temps, le cessez-le-feu Ă Gaza et l'entrĂ©e massive de l'aide humanitaire.
Donc ce plan est susceptible de débloquer les choses. Tout dépend de la capacité de Donald Trump à peser dans le rapport de force avec Benjamin Netanyahou. Il est seul à pouvoir contrÎler Benjamin Netanyahou.
Il est aujourd'hui celui qui est le mieux placé pour faire comprendre à Benjamin Netanyahou la nécessité de changer de politique. Et d'amener Benjamin Netanyahou à renoncer à la politique extrémiste de son gouvernement. Nous ne sommes pas, nous, les Européens, sans moyens.
Et c'est pour cela que depuis des mois, nombre de voix plaident pour que l'Europe, prenant la mesure de la situation à Gaza, utilise tous les moyens à sa disposition, dans le cadre, y compris, d'une politique de sanctions. De sanctions économiques également, selon vous ? Bien sûr, pour qu'Israël ouvre les yeux.
C'est un devoir. Nous avons la responsabilité de protéger des vies. Il y a aujourd'hui, nous le savons, 83% de ceux qui sont tués à Gaza sont des civils, des femmes, des enfants.
Donc nous pouvons empĂȘcher ça. Et il faut souhaiter qu'avec Donald Trump, nous puissions diplomatiquement ouvrir une voie qui prĂ©parera l'avenir pour ce territoire. Est-ce qu'on peut affaiblir Ă©conomiquement aujourd'hui IsraĂ«l ?
Est-ce que c'est un message de la part de l'Europe qui peut ĂȘtre envoyĂ© au monde ? Mais affaiblir la capacitĂ© d'IsraĂ«l de poursuivre la politique qui est la sienne Ă Gaza. Ă un moment donnĂ©, quand vous ĂȘtes lancĂ© dans une telle surenchĂšre...
TrÚs concrÚtement, avec des sanctions économiques. Mais aujourd'hui, c'est aider Israël que de sanctionner la politique de Benjamin Netanyahou. Aujourd'hui, c'est en ami d'Israël que je vous parle à ce micro.
C'est ouvrir les yeux devant une rĂ©alitĂ©. Nous voyons bien, partout au fil des mois, chacun mesure ce qui se passe Ă Gaza. Et les premiers Ă en avoir parlĂ©, ce sont les organisations israĂ©liennes, Bet-SĂ©lem, l'Association des mĂ©decins israĂ©liens, les grandes voix d'IsraĂ«l, Ă©crivains, historiens, le comitĂ© d'enquĂȘte des Nations Unies, la commission d'enquĂȘte des Nations Unies, reconnaissant un fait de gĂ©nocide Ă partir du risque plausible de gĂ©nocide qu'avait reconnu en dĂ©but 2024 la Cour internationale.
Est-ce que vous avez l'impression que dans cette sĂ©quence reconnaissance de la Palestine, l'accord effectivement avec l'Arabie saoudite, la France retrouve une voix au sein des pays arabes ? â Elle a retrouvĂ© une voix dans la mesure oĂč avec les pays arabes⊠â Elle avait perdu un peu de capacitĂ© de confiance. â Avec les pays arabes et le coparrainage avec l'Arabie saoudite porte aujourd'hui ses fruits, et je souhaite que ça puisse aboutir, dans la recherche d'un juste compromis, d'une juste solution nĂ©gociĂ©e.
Et c'est vrai qu'on a pu constater la trÚs grande passivité des pays arabes depuis le début de ce drame. On a pu regretter la trÚs grande passivité de trop de pays européens, mais c'est vrai que nous assistons à un sursaut. Ce qu'il faut maintenant, c'est aboutir.
Et on voit que pour la communautĂ© internationale, il y a un degrĂ© de souffrance devant l'impuissance des Ătats. Quand on voit les flottilles qui se mobilisent actuellement en MĂ©diterranĂ©e et qui vont vers Gaza avec la dĂ©cision de l'Espagne de protĂ©ger la flottille, et c'est notre devoir et responsabilitĂ© que de le faire, on voit bien que du cĂŽtĂ© des citoyens, du cĂŽtĂ© des opinions publiques, il y a quelque chose d'inacceptable qui se dĂ©roule. Nous ne pouvons pas rester sans rĂ©agir devant de tels drames.
Il est rassĂ©. Dominique de Villepin, une question quand mĂȘme sur les conditions de sĂ©curitĂ©, puisque une des conditions de la rĂ©ussite de ce plan de paix, c'est la dĂ©militarisation du Hamas. Comment on fait aujourd'hui concrĂštement pour ĂȘtre sĂ»r d'obtenir des garanties sur ce sujet ?
Et qui peut les obtenir ? Alors, c'est une vraie question, parce qu'on comprend bien que du cÎté israélien, la grande préoccupation, c'est que va-t-il advenir du Hamas. Emmanuel Macron avait envisagé comme préalable la démilitarisation et la marginalisation du Hamas.
On voit bien que dans le plan de paix, on rĂ©ussit Ă rallier tous les pays arabes de la rĂ©gion, ce qui n'est pas quelque chose de facile, pour accepter le fait d'exfiltrer les membres du Hamas. Faut-il parler d'amnistie ? Ăa, c'est Ă voir avec les pays arabes qui accepteront de recevoir ces membres du Hamas.
Mais il faut que le Hamas soit hors-jeu. Il n'y a aucun compromis possible avec le Hamas. Et donc, l'exigence de départ des membres du Hamas et l'exigence de démilitarisation du Hamas, c'est le début d'une possible pacification de ce territoire, redonner un avenir à ce territoire.
Je crois que c'est une exigence absolue. Dominique de Villepin, vous aviez dit, je vous confronte à des propos précédents, mais vous aviez dit qu'Emmanuel Macron allait devoir rendre des comptes pour son inaction au Proche-Orient. Vous ne le dites plus aujourd'hui ?
Je me félicite qu'aujourd'hui, Emmanuel Macron ait entendu les différents messages et surtout pris la mesure de ce qui se passe. Et donc, je ne peux que me réjouir de voir la mobilisation de la diplomatie française avec les pays arabes. et souhaitons-le avec la capacité de Donald Trump de transformer tout cela en un plan de paix.
Tout n'est pas encore fait et nous sommes devant ce devoir de responsabilité. Et c'est pour cela que la France ne doit se priver d'aucun moyen pour obtenir le résultat qui s'impose par exigence humanitaire, par exigence diplomatique. L'Ukraine a été frappée cette nuit par des centaines de missiles et de drones, au moins 4 personnes dont une fillette ont été tuées.
Volodymyr Zelensky menace de rĂ©pliquer avec des missiles longue portĂ©e qui pourraient atteindre Moscou. Est-ce que nous sommes dans une escalade ? â Il y a le risque d'une escalade et nous voyons bien que Vladimir Poutine joue avec le feu.
Les attaques de drones en direction de la Pologne, en direction⊠â C'est du survol pour l'instant. Pour l'instant, ce ne sont que des survols du Danemark, de la Pologne, mais pas des attaques. â C'est tout Ă fait juste.
C'est tout Ă fait juste, mĂȘme si la simple prĂ©sence d'un drone peut augurer de sa capacitĂ© Ă frapper. â Et d'un jetant, laisse planer une menace. â Donc c'est malgrĂ© tout une attaque, mĂȘme si cette attaque, effectivement, ne se vĂ©rifie pas sur le terrain.
En tout cas, c'est une menace grave, inacceptable. â Ă laquelle il faut rĂ©pliquer ? Est-ce qu'il faut dĂ©truire ou pas ces drones ? â Il y a, de ce point de vue, des procĂ©dures.
Les armĂ©es ont une habitude de ce genre de choses. Il y a donc un certain nombre de systĂšmes qui sont mis en place dans ces cas-lĂ . â Demi, ce n'est pas une procĂ©dure, lĂ , c'est un choix politique.
Est-ce qu'on n'a pas des drones ? L'Allemagne, par exemple, dit « Nous, on va tirer ». â Le choix politique, s'il y a effectivement prĂ©sence de drones ou d'avions, et qu'aprĂšs les procĂ©dures d'identification et vĂ©rification de la menace, il apparaĂźt que le risque est rĂ©el, eh bien, il faut prendre nos responsabilitĂ©s.
Et donc frapper. Ăa, je pense que c'est le devoir que l'on a d'ĂȘtre respectĂ©. Ne pas le faire, c'est inciter la Russie Ă aller encore plus loin.
Et quel est le risque ? Nous avons deux grandes faiblesses, nous, européens, en matiÚre de défense. La premiÚre, c'est celle des missiles intermédiaires, ce qui est important parce que la Russie, aujourd'hui, a, elle, cette capacité de frapper des villes en Europe.
Nous sommes relativement, malheureusement, démunis dans ce domaine. Il faut compléter d'urgence cette faiblesse. Et puis, en matiÚre de drones, on voit des attaques avec plusieurs centaines de drones.
Il y a un différentiel dans cette capacité. Et il n'y a guÚre que l'Ukraine, qui est la capacité de riposte dans ce domaine. Donc nous avons un effort considérable à faire.
Nous ne pouvons pas nous laisser tester, avec le risque, demain, d'avoir 5000 drones russes franchissant les frontiĂšres de l'OTAN. Et venant...
C'est d'ailleurs le risque que souligne le président ukrainien Zelensky. Il a raison. Quand il dit que Vladimir Poutine...
Mais il a raison. C'est pour cela qu'il y a une ligne rouge qui doit ĂȘtre clairement dĂ©finie. L'Europe, l'OTAN, doit se faire respecter.
Et ça commence, évidemment...
Est-ce que Vladimir Poutine a en ligne de mire un pays europĂ©en ? C'est ce que Volodymyr Zelensky dit. Ăa, il a peut-ĂȘtre des informations que je n'ai pas.
Je pense que l'intĂ©rĂȘt aujourd'hui de Vladimir Poutine, c'est de crĂ©er une disruption suffisamment forte pour crĂ©er une panique dans les opinions publiques et une Ă©norme inquiĂ©tude chez les dirigeants europĂ©ens. Donc, il appartient aux dirigeants europĂ©ens d'affirmer une rĂ©solution, de tirer les leçons pour mettre en Ćuvre les programmes qui s'imposent et de dĂ©terminer les procĂ©dures qui nous permettront d'agir d'une seule voie pour marquer la dissuasion vis-Ă -vis de la Russie. Donc, oĂč ça peut aller ?
Les Français s'interrogent. Est-ce qu'on peut aller jusqu'à une frappe sur le territoire russe qui serait orchestrée par l'OTAN et les Occidentaux ? Vous le savez comme moi, la clé dans ce domaine, c'est l'ambiguïté stratégique.
On ne va pas aller rĂ©vĂ©ler Ă Vladimir Poutine ce que sont les plans des diffĂ©rents pays europĂ©ens. Ce qui compte, c'est la rĂ©solution. Nous devons avoir face Ă des intimidations, voire face Ă des agressions, nous devons avoir des rĂ©ponses qui soient proportionnĂ©es et qui permettent de faire respecter le territoire et les intĂ©rĂȘts europĂ©ens.
Est-ce que Donald Trump peut ĂȘtre une aide ? Pardon. On a vu qu'Ă la tribune de l'ONU, cette semaine, il a opĂ©rĂ© un revirement complet sur l'Ukraine.
Est-ce que vous pensez qu'il va aider l'ONU ? Malheureusement, les revirements ont été nombreux concernant la position de Donald Trump sur l'Ukraine. Donc, de ce point de vue-là , attendons les gestes, les décisions réelles.
Mais il est important que les EuropĂ©ens sachent par eux-mĂȘmes ce qu'ils veulent faire. Nous n'avons pas besoin dans ce domaine des AmĂ©ricains pour agir. â Le prix Nobel de la paix pour Donald Trump, ça serait possible un jour ?
Ou ça vous semble complĂštement⊠? â TrĂšs franchement, vous posez la question, mais l'idĂ©e ne me serait pas venue. Je ne crois pas qu'un homme politique responsable, Ă la fois Ă la tĂȘte d'un pays europĂ©en et y compris Ă la tĂȘte des Ătats-Unis, puisse se dĂ©terminer en fonction d'un prix.
On se dĂ©termine en fonction d'un devoir que l'on a d'humanitĂ©, de responsabilitĂ© politique vis-Ă -vis du monde. Et quand on est prĂ©sident des Ătats-Unis, eh bien, cette responsabilitĂ©, elle est d'autant plus grande qu'on est la premiĂšre puissance mondiale. Donc, ce n'est pas avec une rĂ©compense que l'on doit agir.
Donc, j'en appelle Ă l'esprit de responsabilitĂ© de Donald Trump. Et puis, je laisse Ă d'autres le soin de mesurer et d'apprĂ©cier les rĂ©compenses qui peuvent venir ou les colifichĂ©s qui peuvent venir Ă l'appui. â Vous inquiĂ©tiez en dĂ©but d'Ă©mission de la dĂ©rive illibĂ©rale de Donald Trump.
C'est vrai qu'il a demandĂ© la tĂȘte de plusieurs humoristes ou prĂ©sentateurs tĂ©lĂ©visĂ©s. Surtout, il demande la tĂȘte de l'ancien directeur du FBI. Est-ce que Donald Trump est une menace finalement aujourd'hui pour la dĂ©mocratie amĂ©ricaine ? â Et vous avez raison de poser la question parce que je me la pose moi-mĂȘme et elle se pose aujourd'hui.
Il y a le risque que les Ătats-Unis sortent du cadre de la dĂ©mocratie libĂ©rale. Et dans les offensives qui sont lancĂ©es, on l'a vu, y compris aux Nations unies, contre l'Ă©cologie, niant le rĂ©chauffement climatique, contre la science, contre l'Ă©ducation, contre les contre-pouvoirs, qu'il s'agisse des mĂ©dias, qu'il s'agisse de la justice. On voit bien que c'est une offensive en rĂšgle.
Il y a une vĂ©ritable stratĂ©gie. Et on ne peut pas ne pas faire le parallĂšle avec un certain nombre des mouvements de la droite radicale en Europe parce que c'est la mĂȘme offensive. Et cette offensive, elle a Ă©tĂ© trĂšs clairement explicitĂ©e par le vice-prĂ©sident amĂ©ricain quand il est venu Ă Munich l'annĂ©e derniĂšre.
C'est véritablement une conception de la démocratie qui n'est pas la nÎtre. C'est une conception qui nie les contre-pouvoirs, qui nie les exigences d'équilibre et qui, au bout du compte, installe un pouvoir à la fois identitaire et autoritaire. Ce pouvoir identitaire, on le voit tous les jours dans les débats dans notre pays.
La tentation, c'est la recherche de boucs émissaires, mettre dehors un certain nombre de gens, distinguer selon les Français, mettre en place des principes qui établissent cette distinction alors que nous sommes un pays fondé à la fois sur l'universalisme et l'humanisme. Alors il faut vraiment respecter le principe Dominique de Villepin, c'est oui ou non pour ou contre. Les flottilles pour Gaza, est-ce que ça sert à quelque chose ?
Oui, non ? Oui, ça sert à quelque chose. Dans la puissance que nous ressentons tous face à ce drame, c'est le témoignage de conscience qui se mobilise.
Est-ce qu'il faut limiter l'aide mĂ©dicale Ă l'Ătat, l'AME pour les Ă©trangers en situation irrĂ©guliĂšre ? Je suis trĂšs rĂ©ticent Ă rentrer dans un dĂ©bat de plateau sur cette question. Cette aide mĂ©dicale d'Ătat doit ĂȘtre la plus rationnelle, la plus justifiĂ©e possible.
Mais attention de ne pas distinguer. Notre humanitĂ© s'exerce aussi vis-Ă -vis de ceux qui sont notre territoire. Et c'est notre intĂ©rĂȘt compte tenu des impĂ©ratifs de santĂ© publique.
Donc la responsabilitĂ© ne doit pas conduire Ă agir avec dĂ©magogie dans ce domaine. Faut-il inclure les Ćuvres d'art dans le calcul de la taxation des plus fortunĂ©s ? Ce serait la meilleure façon de ruiner tout esprit de collection dans notre pays.
Nous avons un patrimoine qui s'est constituĂ© grĂące Ă des collectionneurs. Les collectionneurs sont des gens en gĂ©nĂ©ral qui pensent Ă l'avenir de leurs collections et qui souhaitent que ces collections soient souvent mises au service des collections d'Ătat. Le Grand Jury 2027, c'est demain.
Dominique de Villepin, vous avez plusieurs fois envisagĂ© ou tentĂ© d'ĂȘtre candidat Ă l'Ă©lection prĂ©sidentielle. Pourquoi ? Une fois.
Une fois. En 2007, c'est une invention, c'est une Ă©criture qui a Ă©tĂ© faite mais qui ne correspond pas Ă la rĂ©alitĂ©. Vous ne trouverez pas une dĂ©claration de moi, pas une rĂ©union de moi qui tĂ©moigne d'une volontĂ© d'ĂȘtre candidat en 2007.
Alors pourquoi en 2027 pourriez-vous ĂȘtre candidat ? Je l'ai dit, notre pays, et nous en avons longuement parlĂ©, est devant de grands combats. Et Ă commencer par des combats pour dĂ©fendre notre RĂ©publique et pour dĂ©fendre notre dĂ©mocratie.
C'est ce qui est en cause. Ăa concerne tous les citoyens et ça concerne tous les responsables publics, anciens, nouveaux et Ă venir. Dans ce combat-lĂ , je l'ai dit, je serai aux avant-postes parce qu'il faut des gens qui puissent partager, et c'est mon devoir, leur expĂ©rience et leurs convictions.
Le sens d'une candidature, ça serait d'empĂȘcher le Rassemblement national d'accĂ©der au pouvoir ? Ce serait d'abord de dĂ©fendre la dĂ©mocratie et tous ceux qui la menacent, et bien sĂ»r Ă commencer par la droite radicale et identitaire. Le Rassemblement national menace la dĂ©mocratie ?
Elle peut constituer une menace pour la démocratie, mais si elle est en situation de pleinement appliquer, sans contre-pouvoir, sans équilibre. Et comme sa stratégie, c'est de s'installer au pouvoir en supprimant les contre-pouvoirs, oui, on peut craindre qu'elle ne s'installe pour longtemps. Vous avez commencé à chercher les 500 signatures ?
C'est une préoccupation qui, effectivement, concerne directement la France humaniste. Dans 2012, vous n'aviez pas réussi à mobiliser ces 500 signatures. Absolument.
Il faut avoir le sens pratique aussi en politique. Vous dĂ©fendez depuis plusieurs mois une forme de tempĂ©rance dans la vie politique. Est-ce que finalement, ce n'est pas aussi le crĂ©do d'Emmanuel Macron, une forme d'en mĂȘme temps qu'on connaĂźt dĂ©jĂ , au moment oĂč les Français, peut-ĂȘtre, recherchent un retour des clivages politiques ?
Oui, l'esprit de mesure ne veut pas dire le refus de se prononcer de façon extraordinairement claire sur un certain nombre de sujets. Je crains que le macronisme n'ait pas en tout cas évolué, comme vous le dites, vers la mesure. Est-ce que vous luttez autant contre la France insoumise que contre le rafondement national ?
Je ne mets pas, je l'ai souvent dit, je ne mets pas la droite identitaire au mĂȘme niveau que la gauche ou la gauche radicale. Pourquoi ? Parce que je ne crois pas que la tradition dans laquelle s'inscrit cette gauche, qui a un certain nombre d'appĂ©tits, peut-ĂȘtre mĂȘme Ă certains Ă©gards rĂ©volutionnaires, se situe par rapport Ă la RĂ©publique et par rapport Ă la dĂ©mocratie dans le mĂȘme sillon.
Il y a une histoire de la droite radicale, et on le voit aujourd'hui en Hongrie, on le voit aux Ătats-Unis, on sait oĂč ça commence, on ne sait pas oĂč ça se termine, ou plus exactement, malheureusement, on est en train de voir oĂč cela progresse. â Merci beaucoup, Dominique DĂ©pin, pour ce grand jury, donc peut-ĂȘtre candidat en 2027. On aura l'occasion de vous rĂ©inviter.
Merci beaucoup, bon dimanche Ă tous et Ă la semaine prochaine. â En France, des millions de personnes souffrent d'un mal-ĂȘtre psychologique sans rien dire, alors que la meilleure façon de commencer Ă aller mieux, c'est d'en parler. Mon soutien psy, ne restez pas seul avec votre mal-ĂȘtre. â DĂ©ployez tout votre potentiel professionnel.
L'APEC vous accompagne à tous les moments clés de votre carriÚre. APEC, donnez de l'élan à votre avenir.
Dominique de Villepin