L'ARNAQUE DE LA THÉORIE DU RUISSELLEMENT
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« Moi je crois pas à la théorie du ruissellement. Non, je crois pas au ruissellement pour ma part. »
- 0:25Locuteur 1Promesse
« La réforme par exemple de l'ISF, je l'assume totalement. »
- 1:00Locuteur 1Fait
« Selon cette théorie, il faut augmenter les rémunérations des plus riches et leur richesse ruissellera automatiquement sur tous, en particulier sur les plus pauvres. »
- 2:30Locuteur 1Chiffre
« Faut-il perdre 5 milliards par an, sans la moindre garantie sur les emplois crées. »
- 3:30Locuteur 1Fait
« Les riches savent mieux où il faut investir que l’État. »
- 5:00Locuteur 1Fait
« Les dirigeants d’entreprises se fixent des rémunérations 200 fois plus fortes que celles de leurs salariés pour détruire des emplois. »
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« La théorie du ruissellement préconise le creusement des inégalités de revenu. »
- 8:30Locuteur 1Fait
« Les capitaux accumulés par les plus riches ne sont pas investis dans la production, ils nourrissent l’instabilité financière. »
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Moi je crois pas à la théorie du ruissellement. Non, je crois pas au ruissellement pour ma part. C'est pas le ruissellement des richesses auquel je crois, c'est la création de richesses au service de tous les français.
Pour que notre société aille mieux, il faut des gens qui réussissent. Je crois à la cordée. La réforme par exemple de l'ISF, je l'assume totalement.
La théorie du ruissellement, les idéologues des classes dirigeantes, journalistes, économistes, hommes politiques, prétendent qu’ils n’y croient pas. Pourtant, ils l’évoquent à chaque fois qu’il s’agit de justifier des mesures en faveur des plus riches. Selon cette théorie, il faut augmenter les rémunérations des plus riches et leur richesse ruissellera automatiquement sur tous, en particulier sur les plus pauvres.
Alors qu’améliorer directement la situation des classes populaires, par la hausse des salaires par exemple, serait finalement nuisible aux plus pauvres eux-mêmes. C’est donc pour aider les plus pauvres qu’il faut d'augmenter les revenus des plus riches. - Tiens mon fidèle ! - Grand merci seigneur !
Mais comment la richesse ruissellerait-elle ? Il y a plusieurs histoires. La première, c’est que les riches créent des emplois.
Un banquier qui gagne 1 ou 2 millions par an, va acheter des produits coûteux, va employer des domestiques. Tout cela, ça fait de l’activité, de l’emploi. Mais réfléchissons : Mais sa rémunération, c’est du vol, c’est du détournement du profit des entreprises qui lui-même a été extorqué aux travailleurs.
Si cet argent était resté aux mains des salariés, ceux-ci l'auraient utilisé pour eux, pour leurs enfants. Cela aurait créé plus d’emplois, et des emplois plus utiles. Il faut mieux construire des logements plutôt que des hôtels de luxe, développer le transport collectif, plutôt que permettre à certains d’acheter une Porsche, avoir plus de soignantes dans les maisons de retraite plutôt que plus de domestiques à Neuilly.
Le second argument, nous l’avons vu évoqué par Emmanuel Macron lui-même. Celui-ci a supprimé l’ISF, a créé un prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital. Ainsi, ceux-ci, obtenus en dormant, seront moins imposés que les revenus du travail.
C’est injuste direz-vous. Mais non, nous disent Macron et la théorie du ruissellement, puisque les riches vont investir l’argent des impôts qu’ils n’auront pas à payer, ce qui créera des emplois. En réalité, cet argent servira en grande partie à augmenter la consommation des plus riches, en partie il sera placé en Bourse, ce qui fera monter le cours des actions mais ne créera pas d’emploi.
Seule une infime part des baisses d’impôt sera effectivement utilisé pour créer des emplois en France. Faut-il perdre 5 milliards par an, sans la moindre garantie sur les emplois crées. Oui, nous disent les libéraux.
Car les riches savent mieux où il faut investir que l’État. Mais, au mieux, les riches investissent en fonction de la seule rentabilité financière, alors que l’État aurait pu choisir d’investir pour les besoins sociaux, pour la transition écologique. L’effet sur l’emploi aurait été bien plus assuré.
Pour certains il faut fortement rémunérer les meilleurs, les dirigeants, pour les inciter à travailler car c’est leur effort et leur talent qui permettent de développer la production. Si on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée, c'est toute la cordée qui dégringole. Notons d’abord que cet argument militerait pour taxer lourdement les héritages importants.
Certes, il faut récompenser les efforts, mais dans des proportions raisonnables. Les scientifiques, les ingénieurs, la plupart des cadres même, ne travaillent pas pour obtenir des rémunérations extravagantes. Celles-ci récompensent généralement des opérations de rapines : pensez aux traders, aux responsables de la crise financières de 2008, aux conseillers fiscaux, aux milliardaires russes, chinois, ou africains.
Comment expliquer que jadis les entreprises créaient de l’emploi avec des écarts de salaires raisonnables, disons de 1 à 7, et que maintenant les dirigeants d’entreprises se fixent des rémunérations 200 fois plus fortes que celles de leurs salariés pour détruire des emplois. Drôle de ruissellement. C’est la mondialisation, nous dit-on.
Il faut surpayer les dirigeants d’entreprises et les financiers sinon ils partiront à l’étranger. Quand on empêche les gens de réussir, dans le monde où on vit, ben, ils vont réussir ailleurs, parce que nous sommes dans une économie mondialisée Il faut assurer une forte rentabilité au capital, sinon ils vont s’investir ailleurs. Par contre, les travailleurs doivent eux se faire concurrence en acceptant des baisses de salaires.
Le résultat, c’est que dans tous les pays, la hausse de la part des profits du capital et de la rémunération des dirigeants se fait au détriment des travailleurs. Ainsi, la théorie du ruissellement préconise le creusement des inégalités de revenu. Ce creusement a des conséquences catastrophiques, on le voit depuis le tournant libéral des années 80 : les plus riches se lancent dans des consommations ostentatoires, coûteuses en dégât écologique ; la cohésion sociale est mise en cause ; les inégalités sociales sont de plus en plus héréditaires.
Les capitaux accumulés par les plus riches ne sont pas investis dans la production, ils nourrissent l’instabilité financière, ils obligent à développer l’endettement des États ou des ménages. A la théorie du ruissellement qui justifie des inégalités exorbitantes de rémunération et de consommation, il faut opposer une société de coopérations, sobre et égalitaire.