Je décrypte le sondage bidon de l’IFOP
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 85 %Défensif 15 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:43Invité politiqueFait
« effacement pur et simple de la candidature écologiste à l'élection présidentielle »
- 4:54Invité politiqueFait
« les instituts de sondage vont se dire "Ah bah à chaque fois qu'un agriculteur répond, plutôt que de compter un point pour sa réponse, on va compter deux points pour sa réponse." »
- 8:42Invité politiqueFait
« la catégorie inactif qui est cette fois-ci divisée en deux sous-catégories. Inactif ancien CSP+, ça veut dire inactif plutôt des milieux aisés. Et inactif ancien CSP- veut dire inactif des milieux populaires. »
- 10:03Invité politiqueFait
« ceux des classes populaires qui répondent davantage au sondage ont aussi des caractéristiques particulières. notamment, ils sont mieux insérés dans l'emploi, ils sont plutôt en CDI que en CDD ou en emploi plus précaire type auto-entrepreneur. »
- 19:14Invité politiqueFait
« Frédéric Dabi, le chef de l'IFOP en personne des relations publiques de l'IFOP, aller sur les plateaux télés, il y a une dynamique de l'électorat Mélenchon vers Raphaël Gluxman. »
Temps de parole
- Antoine Léaument100 %
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Bonjour tout le monde. Je vous fais cette petite vidéo rapide pour vous parler d'un sondage de l'OP qui est à peu près n'importe quoi sur le plan méthodologique et c'est sur ça que je veux revenir. Mais justement, cette vidéo vous sera utile parce que globalement les points que je vais développer ici sont des points qu'on retrouve dans l'ensemble des sondages et vous permettront donc d'avoir des éléments pour analyser les sondages qui vont venir. Alors là, il y a déjà une exception sur ce sondage qui est quand même assez particulière, c'est l'effacement pur et simple de la candidature écologiste à l'élection présidentielle.
Alors, on peut faire des tests dans une dans un sondage, on peut envisager différentes hypothèses, mais effacer une candidature qui existe depuis 1977 où il y a eu une seule exception de non présentation de cette candidature, c'était en 2017. Mais dans ce cas-là, les écolos soutenaient la candidature du Parti socialiste avec la candidature de Benoît Amont. Mais dans ce cas précis, si jamais on efface la candidature écolo, cela veut donc dire qu'il y aurait un soutien à une autre candidature.
Or, dans ce sondage de l'hop qui teste plusieurs hypothèses, et bien dans aucun des cas, ni la candidature écologiste n'est testée, ni on ne dit que cette candidature écologiste soutiendrait un autre candidat. en particulier dans ce sondage sont testés pour la gauche Raphaël Gluxman et Jean-Luc Mélenchon. aussi tenter que on considère que les deux sont bien de gauche. Il y a peut-être quelques doutes à propos de monsieur Gluxman mais dans aucun des cas on ne nous dit que les écologistes soutiendraient la candidature de Jean-Luc Mélenchon ou bien celle de Raphaël Gluxman, ce qui est, on imagine, pourrait avoir des effets sur les résultats de ce sondage.
Deuxème problème associé, c'est un peu le la même chose mais le Parti socialiste est lui aussi effacé sans qu'on ne nous dise s'il soutiendrait Raphaël Gluxman ou Jean-Luc Mélenchon. Bien sûr, on a quelques idées. On commence à sentir un petit peu une odeur de volonté de soutien de Raphaël Guxman du côté du Parti socialiste. Mais en tout cas, tant que le Parti socialiste n'a pas pris cette décision, et bien il semble impossible d'effacer purement et simplement la candidature socialiste dans l'élection présidentielle sans dire quel candidat serait soutenu par le PS puisque alors là pour le coup, ils n'ont jamais pas eu de candidat à l'élection présidentielle.
Donc là, ce serait vraiment une situation totalement nouvelle. Donc ces deux éléments entre la candidature PS et la candidature Europeécologie, ça a des impacts concrets sur le vote parce que quand on présente les candidats de gauche sans dire qui le PS et Europe écologie soutient, et bien ça peut avoir des impacts sur le résultat du vote. C'est le premier problème qui est posé. Le deuxième problème qui est posé dans ce sondage, c'est que l'électorat de Jean-Luc Mélenchon est très largement sous-évalué. Je vous explique comment ça fonctionne.
En réalité, quand vous allez dans les notices techniques des instituts de sondage, vous pouvez voir, alors quand ils font correctement leur travail, ce qui n'est pas toujours le cas, mais vous pouvez voir normalement quel est l'échantillon d'électeur qui est trouvé pour un sondage donné. Et en l'occurrence, là on va parler des électeurs de Jean-Luc Mélenchon pour l'élection présidentielle de 2022. Et dans ce sondage-ci, et bien l'hop trouvait 13,9 % d'électeurs de Jean-Luc Mélenchon dans l'échantillon qu'il avait constitué pour faire ce sondage. Or, en réalité, Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle, il avait fait près de 22 %.
Alors, on est 8 points en dessous de du score obtenu par Jean-Luc Mélenchon. Ça ça a des effets très concrets. D'abord parce que du coup ça veut dire que vous avez une sous-évaluation de l'électorat Mélenchon dans l'ensemble de l'échantillon et que pour le rattraper les instituts de sondage vont faire ce qu'on appelle des redressements, c'est-à-dire une pondération des réponses des personnes qui disent avoir voté pour Jean-Luc Mélenchon. Ça, je m'arrête un instant dessus parce que c'est une des choses peut-être les plus compliquées à comprendre sur le fonctionnement des instituts de sondage.
Ils font des échantillons qui sont un échantillon de 1000 personnes dites représentatif de la société française. Et pour que ça soit représentatif de la société française et bien ils vont aller regarder les critères sociologiques comme par exemple le travail, le niveau de revenu, l'âge, le genre et l'orientation politique. Ça c'est pour la partie représentation politique de l'ensemble de la société. Ça c'est le premier élément. Le deuxième élément c'est c'est quoi un redressement ? Et bien un redressement c'est donc quand vous avez une sous-représentation à l'intérieur d'un échantillon d'une catégorie donnée, vous allez donner plus de poids aux réponses apportées par ces personnes-là.
Je vous donne un exemple. Si la population vous avez euh on va dire 1 % d'agriculteurs, en l'occurrence c'est le cas dans cette dans cet échantillon là. Si vous avez 1 % d'agriculteurs dans la population, et bien ça veut dire que sur 1000 personnes, vous devez normalement avoir 10 agriculteurs qui répondent à votre sondage. Mais si vous n'en avez que cinq qui répondent, et bien les instituts de sondage vont se dire "Ah bah à chaque fois qu'un agriculteur répond, plutôt que de compter un point pour sa réponse, on va compter deux points pour sa réponse. On va multiplier par deux le poids de la réponse de ces agriculteurs pour atteindre le niveau qu'il représente dans la population française.
Vous suivez l'idée ? et bien ils font un petit peu la même chose sur l'électorat politique, sur la représentation politique et donc ils essayent de pondérer à la hausse quand ils obtiennent des sous-échantillons qui sont déséquilibrés par rapport au reste. Or dans ce sondage précisément la difficulté qu'il y a c'est que et c'est une difficulté structurelle des instituts de sondage, je vais détailler, mais le problème qu'il y a c'est que il y a que l'électorat Mélenchon qui est sous-représenté à ce point.
Donc je rappelle 8 points de sous-représentation et encore eux ils disent qu'ils sont qu'à 7,6 points parce que ils ne prennent pas en compte les outresem et dans les outresemers comme vous le savez peut-être Jean-Luc Mélenchon fait des scores très importants. On pourrait d'ailleurs questionner sur pourquoi les instituts de sondage ne prennent pas en compte les outresemères dans les sondages qu'ils font. C'est un vaste sujet, c'est un vaste problème.
Eux répondent que c'est pour des raisons économiques, mais en réalité comme ils font leur sondage par internet et bien s'il se donnait un peu la peine de représenter dignement les outresemes, y compris dans leurs instituts de sondage, peut-être que ils auraient des résultats différents. Mais je reviens au fond du problème, c'est que non seulement l'électorat de Jean-Luc Mélenchon est sous-représenté de manière structurelle dans tous les instituts de sondage, mais en plus de ça, et bien ça n'est pas n'importe quel électorat Mélenchon qui est repris dans ces instituts. Je vous explique très rapidement. Il y a plusieurs types d'électeurs de Jean-Luc Mélenchon.
Le cœur de notre électorat, ce sont des gens qui sont jeunes, qui sont plutôt diplômés, qui sont des d'un électorat populaire qui habite notamment dans les quartiers populaires et aussi il y a beaucoup de gens qui votent pour nous parce qu'ils subissent du racisme. Et dernier élément de définition sociologique du cœur de notre électorat, c'est un électorat qui est aussi davantage abstentionniste. Alors quand vous avez tous ces éléments là en tête, vous vous dites ben est-ce que c'est un électorat qui potentiellement quand on va leur demander des enquêtes d'opinion vont vouloir répondre aux enquêtes d'opinion ? Mais la réponse est non.
Et c'est assez logique puisque notre électorat étant plus abstentionniste que les autres aux élections intermédiaires, et ben il est aussi moins participant aux enquêtes d'opinion. On voit pas bien pourquoi des gens qui ne participent pas à toutes les élections se mettraient à participer entre les élections à des enquêtes d'opinion qui prennent du temps et qui servent à rien sur le plan concret.
Donc l'électorat Mélenchon qui est trouvé par les instituts de sondage, c'est un électorat qui a des caractéristiques sociologiques très spécifiques, qui est un petit peu moins populaire, qui est un petit peu moins jeune, qui est un petit peu moins mélanchonniste en réalité, c'est-à-dire qui est davantage un électorat social déémocrate qui vote Mélenchon à l'élection présidentielle mais plutôt comme deuxième choix.
Et comme c'est le deuxième choix de voter Jean-Luc Mélenchon parce que c'est un choix pour gagner quand tout le monde se rend compte que c'est le seul candidat de gauche qui peut arriver au second tour, ce qui arrive à chaque élection présidentielle presque depuis 2017 en tout cas. Et bien comme c'est un électorat qui est moins mélanchonniste, quand on pose la question à cet électorat 2 ans avant une élection présidentielle, il va avoir tendance à répondre pour le candidat qui est le choix plutôt numéro 1 et donc plutôt pour des candidats socialistes écologistes. Et dans le cas de ce sondage et bien plutôt en direction de Raphaël Luxman. Du coup, souvenez-vous de ce que je vous ai dit.
On pondère à la hausse les réponses d'un électorat qui est sous-représenté. Et ben, si vous faites ça, vous aggraver les effets de votre sous-représentation dans l'échantillon. Bah oui, vous augmentez le poids de gens qui ne représentent pas le cœur de l'électorat de Jean-Luc Mélenchon. Donc, vous allez augmenter le poids des concurrents à gauche de Jean-Luc Mélenchon quand vous augmentez le poids de ces électeurs, je mets des guillemets parce que du coup ça n'est pas le cas. et on pourrait se dire ben peut-être qu'il y a d'autres problèmes qui sont posés euh sur la représentation de des échantillons.
Ben oui, justement c'est le cas et notamment dans ce sondage bien particulier, il y a quelque chose qui moi m'a sidéré, c'est la catégorie inactif qui est cette fois-ci divisée en deux sous-catégories. Inactif ancien CSP+, ça veut dire inactif plutôt des milieux aisés. Et inactif ancien CSP- veut dire inactif des milieux populaires. Alors écoutez bien, les inactifs anciens CSP+, ils en ont trouvé quand ils sont quand ils ont fait le sondage, ils en ont trouvé 20,9 %. C'est-à-dire près de 21 %. Or, dans la population, il représente 14,8 %. On a donc une surévaluation très importante de l'électorat aisé.
Et puis à l'inverse, les inactifs CSP- ils en ont trouvé 11,3 % quand ils ont fait le sondage. Et dans la population, il représente 19,1 %. Donc vous voyez d'un côté surreésentation de l'électorat aisé, de l'autre sousreprésentation de l'électorat populaire. Vous avez littéralement ce que je vous expliquais tout à l'heure, mais c'est là qu'il faut aller encore plus loin, c'est que ils vont redresser ces personnes qui sont déséquilibrées par rapport à ce qui représente dans la population. Mais là encore, ça a des effets parce que ceux des classes populaires qui répondent davantage au sondage ont aussi des caractéristiques particulières.
notamment, ils sont mieux insérés dans l'emploi, ils sont plutôt en CDI que en CDD ou en emploi plus précaire type auto-entrepreneur. Bref, ils ont des caractéristiques sociologiques particulières qui font qu'ils sont davantage tournés vers le rassemblement national quand ils euh répondent aux enquêtes d'opinion et quand ils vont effectivement voter.
Et ça a des effets concrets aussi parce que là où un redressement socioémographique pur, c'est-à-dire sur la base seule des résultats de l'INC et pas sur la base politique, et bien quand on fait ce redressement socio démographique pur, au lieu de rééquilibrer en faveur de l'électorat Mélenchon, ce qui serait logique puisqu'il manque de l'électorat populaire dans les instituts de sondage, et bien ça va avoir tendance à faire augmenter le score du Rassemblement national et donc à surévaluer le score du Rassemblement national. Et en réalité, si vous regardez les enquêtes d'opinion dans les dernières années, vous avez toujours à peu près le même mouvement qui se produit dans une élection.
Plus on se rapproche de l'élection, plus le score du Rassemblement national diminue et plus le score de Jean-Luc Mélenchon augmente parce que c'est simplement un rattrapage des erreurs qui font dans le passé. Sauf que ces erreurs, elles ont un impact puisque dans toute la période qui va précéder l'élection présidentielle, la période dans laquelle on est entré doréen avant, et bien dans toute cette période là, les instituts de sondage vont avoir la capacité via la sphère médiatique à créer des candidats. Et c'est de cette manière-là que l'autre fois sur France à l'issue de ce sondage, ça y allait à fond les ballons. Raphaël Gluxman l'espoir renaît à gauche.
C'était carrément un bandeau sur France info. Raphaëlman, l'espoir renaît à gauche avec un candidat à 15 %. Que n'ont-ils pas fait des bandeaux comme ça sur France info quand Jean-Luc Mélenchon était donné à 17 dans les sondages ? Bref, je passe sur ça, mais vous voyez comment les instituts de sondage et les médias dans une boucle qui s'auto-entretient finissent finalement par pouvoir créer, susciter, faire émerger des candidatures qui n'ont en réalité très peu de réalités socio-démographique. Ça c'est le deuxième grand problème, c'est donc la qualité des échantillons qui sont ceux du des instituts de sondage et puis la le effets des redressements qui sont faits par les instituts de sondage.
Troisème problème, problème majeur posé par ces instituts de sondage, c'est qu'ils ne prennent en compte qu'une partie des réponses. Et oui, je vais vous expliquer ça. Les instituts de sondage et l'iOP en particulier ne va prendre que les électeurs qui sont dit certains d'aller voter à l'élection présidentielle. Et ça ça a des effets qui sont des effets considérables. Là en l'occurrence dans le sondage qu'on a ici ont répondu qu'ils étaient certains d'aller voter à l'élection présidentielle seulement 75,8 % des personnes qui ont répondu par ailleurs que elles envisageaient d'aller voter à l'élection présidentielle et ça c'était 93,4 %.
Retenez pas tout de suite ces chiffres, je vais rentrer dans le détail dans une deuxième partie de la vidéo. Mais retenez ceci, c'est que on ne retient les réponses que des personnes qui se disent certaines d'aller voter pour une élection présidentielle qui est dans un an et demi. Si je vous posais la question à vous, sans doute que vous avez très envie d'aller voter à l'élection présidentielle, mais comme vous êtes honnête, vous êtes pas sûr à 100 %, vous dites "Est-ce que je suis certain d'aller voter ?" Ben s'il m'arrive une bricole, peut-être que je vais pas y aller.
Donc il y a des gens qui répondent honnêtement qui pourraient qui ont tout à fait envie d'aller les voter à l'élection présidentielle mais qui répondent honnêtement. Bon c'est presque sûr mais c'est pas tout à fait sûr. Et ben de cette manière-là vous excluez déjà 25 % des réponses qui sont données ensuite aux enquêtes d'opinion. Et ça et bien ça a des effets qui sont des effets considérables. Je vous explique pourquoi. C'est que ceux qui répondent qui ne sont pas certains d'aller voter, c'est aussi ceux qui s'abstiennent le plus et ceux qui potentiellement se décident le plus dans les derniers moments d'une élection.
Or, précisément et bien c'est un électorat qui vote davantage pour Jean-Luc Mélenchon. quand j'étais rapporteur de la commission d'enquête sur l'organisation des élections en France, euh commission d'enquête pour laquelle j'ai rendu ce rapport en juin dernier, c'est pour ça que j'ai quelques éléments sur les sondages, il y a quand même 120 pages dans ce rapport qui concernent directement la manière dont sont fait les sondages, les problèmes scientifiques qui sont posés, les problèmes de redressement, les problèmes d'échantillon. Donc je peux vous dire que c'est un sujet sur lequel j'ai bossé, mais j'ai une spécificité par rapport à beaucoup de gens euh dans ce pays.
Euh les seules exception étant les instituts de sondage et la commission des sondages, c'est que j'ai eu accès aux notices techniques détaillées des instituts de sondage. Donc moi, ce que j'ai pu voir, c'est ce qu'on appelle les colonnes de redressement, ce que personne n'avait jamais pu voir avant. J'en ai rendu public un certain nombre dans mon rapport parlementaire pour que tout le monde puisse se rendre compte de ce dont il s'agit. Mais en gros, les instituts de sondage quand ils font un sondage, ils vont faire des colonnes différentes avec redressement socio-démographique pur, redressement élection présidentielle 2022.
Là, dans les sondages que j'avais, c'était redressement élection régionale. Il y en a d'autres. Ça va être maintenant redressement élection législative 2024. Et ils font comme ça une petite série. Et puis après, il y a une deuxième partie de colonne dans laquelle ils mettent euh redressement. Ils choisissent un redressement particulier dans les colonnes qu'ils ont fait. Donc là, en général, ce qu'ils prennent, c'est le redressement élection présidentielle, ce que je vous disais tout à l'heure, mais ils vont faire un choix qui est de ne sélectionner à l'intérieur de ça que ceux qui se disent certains d'aller voter à l'élection présidentielle qui est donc dans un an et demi.
Et ça et bien pour l'avoir constaté empiriquement sur un grand nombre de sondages, ce que ça produit c'est que l'électorat Mélenchon est sous-représenté quand on vient prendre que les certains d'aller voter et que l'électorat plutôt à droite va être surreprésenté. Donc l'effet direct de ne choisir que les personnes certaines d'aller voter et bien c'est justement que vous diminuez le poids de la gauche et en particulier de la gauche radicale et que vous augmentez le poids de la droite et en particulier de la droite libérale.
Et c'est comme ça que moi j'ai pu constater qu'il y avait des sondages qui dans lesquels les réponses données mettaient Jean-Luc Mélenchon devant Valérie PC à l'élection présidentielle de 2022. Mais que le redressement des instituts de sondage et la sélection qui était faite d'une partie seulement des électeurs certains d'aller voter et bien ça vous donnait Valérie PCR devant Jean-Luc Mélenchon. Et voilà comment finalement d'une certaine manière ces instituts de sondage peuvent réécrire des résultats qu'ils obtiennent en sélectionnant une partie des données seulement et en ne rendant pas publique l'intégralité des données.
Parce que moi, c'est le sujet que je pose, c'est eux ont accès à ces données. La commission des sondages a accès à ces données. Moi, j'ai eu accès à ces données parce que j'ai utilisé des pouvoirs de rapporteur de commission d'enquête qui sont des pouvoirs considérables de pouvoir aller consulter ces documents. Mais pourquoi est-ce que les citoyens, pourquoi est-ce que les journalistes n'ont pas accès à ces données ? De quoi les sondeurs ont-ils peur ? en rendant disponibles ces données pour le grand public afin qu'on puisse analyser la qualité, la pertinence des sondages et des redressements.
Ça c'est le grand problème qui est posé par les instituts de sondage parce que une science si on veut avoir des un aspect scientifique de la chose et bien ce qu'il faut être capable de faire c'est de pouvoir vérifier les données brutes. C'est comme ça que ça fonctionne pour pouvoir faire des choses qui sont sérieuses. Mais je viens sur un dernier problème, c'est que l'OP dans ce sondage spécifique nous dit "Nous avons interrogé 1127 personnes et voilà les marges d'erreur associées à ces 1127 personnes." Oui, sauf que quand on vient regarder dans le détail, c'est pas tout à fait ça.
Parce qu'en réalité sur ces 1127 personnes inscrites sur les listes électorales qui ont plus de 18 ans, donc les personnes en capacité de voter, voici que on a retiré on a gardé pardon 93,4 % des personnes qui disent envisager d'aller voter à l'élection présidentielle. On en garde donc 93,4 % et on tombe à 1053 personnes. Attendez, c'est pas fini. Une fois qu'on a ces 1053 personnes, je vous l'ai dit, on ne vient garder que les personnes qui se disent certaines d'aller voter. Et là, je vous l'ai dit tout à l'heure, c'était 75,8 %. On tombe donc à 798 personnes. Mais attendez, c'est pas fini. Et oui, parce que ça serait trop beau 798 personnes, ça serait beaucoup.
Et bien non, ça tombe encore plus bas parce que à l'intérieur des personnes certaines d'aller voter à l'élection présidentielle qui sont interrogées, et ben il y en a qui ont pas d'avis sur l'élection présidentielle. Il y en a qui ne se prononcent pas et ça ça représente environ 30 % sur les différentes hypothèses qui sont testées. Ça représente environ 30 % des sondés. Très exactement, ça représente entre 29,1 et 32,4 % des sondés en fonction des hypothèses. Et finalement, c'est donc seulement entre 539 et 566 personnes qui ont répondu effectivement sur ce sondage. Ça veut dire que vous quand vous avez un candidat qui fait 10 % qui est donné à 10 % bah il y a 50 personnes qui ont répondu.
Ça fait pas grand monde quand même pour tirer des analyses politiques et pour se dire "Ah tiens, les jeunes vont voter plus Mélenchon". Ça veut dire à l'intérieur des 50, vous allez en chercher je sais pas combien cinq par exemple et vous dites : "Il y a une dynamique en faveur de Jean-Luc Mélenchon chez telle catégorie de la population. Tout ça n'a absolument aucun sens." Et pourtant, ça n'empêche pas que sur les plateaux télé, on voit un certain nombre de commentaires qui racontent n'importe quoi, dont Frédéric Dabi, le chef de l'IFOP en personne des relations publiques de l'IFOP, aller sur les plateaux télés, il y a une dynamique de l'électorat Mélenchon vers Raphaël Gluxman.
Ah bah tiens, celle-là on l'avait pas vu venir. Et justement je vous ai expliqué pourquoi matériellement et scientifiquement ça peut s'expliquer par les données brutes qui sont à l'intérieur des instituts de sondage puisque de fait il surreprésent un électorat qui est un électorat plus social-démocrate que populaire. Voilà les éléments que je pouvais vous donner sur ce sondage. Gardez-les bien en tête parce qu'on va les avoir dans toute l'élection présidentielle et à la suite de l'élection présidentielle. Les principaux éléments à retenir, c'est vraiment que il y a ils sont incapables les instituts de sondage.
Ils l'ont d'ailleurs dit littéralement en audition, donc c'est public et vous pouvez retrouver ces propos. Ils sont incapables de reconstituer le cœur de l'électorat de Jean-Luc Mélenchon. Ils sont incapables de trouver les personnes qui votent pour nous. Et comme ils sont incapables de les trouver et bien ils les invisibilisent. C'est comme s'ils existaient pas. C'est comme s'ils étaient pas là. Et c'est un peu la même chose dans la vie politique et médiatique d'une manière générale. Quand est-ce que quand on parle de violence policière, on invite sur les plateaux télés des gens qui ont subi des violences policières ? Jamais.
C'est que des gens qui viennent commenter en disant "Oui, oui, il soutient à la police sur les violences policières." Quand est-ce que quand on parle du racisme, on invite des personnes qui sont directement concernées par le racisme ? D'ailleurs, quand est-ce qu'on parle du racisme à la télévision ? C'est pas très souvent. Quand est-ce que quand il y a sur une chaîne de télé, on dit du mal de la France insoumise, on invite effectivement des insoumis pour pouvoir dire quelque chose sur le sujet et ne serait-ce que se défendre. Je pense à des chaînes comme ces news.
Vous voyez, il y a une forme d'invisibilisation de ce que nous représentons socialement et politiquement dans la sphère médiatique d'une manière générale. Et bien, c'est la même chose dans les instituts de sondage. Ils sont pas capables de les trouver donc c'est comme s'ils existaient pas. Il y a pas d'électorat Mélenchon. Il a disparu, il est invisibilisé. Et pourtant à chaque élection présidentielle, le voilà qui surgit et tout le monde qui dit "Ah mais ça c'est la dynamique de Jean-Luc Mélenchon." Bien sûr qu'il y a un aspect dynamique dans les campagnes présidentielles.
Bien sûr que quand on voit des rassemblements de masse qui rassemblent 100000 personnes sur des places publiques, tout le monde se dit "Mais enfin, d'où sortent ces gens ?" Enfin, en tout cas, les sondeurs se disent "Mais enfin, d'où sortent tous ces gens qui soutiennent Jean-Luc Mélenchon alors qu'on a dit du mal de lui à la télévision pendant des mois et des mois Eh bah oui, ça s'appelle le principe de réalité et en l'occurrence ceux qui fondent la réalité en démocratie, ce ne sont pas les instituts de sondage, ce sont les élections. Et les élections et bien les unes après les autres, elles donnent une France insoumise en progression, en valeur absolue comme en pourcentage.
Et ça et bien malheureusement, j'allais dire les instituts de sondage sont incapables de l'évaluer ou peut-être peut-être ne cherchent-ils pas à l'évaluer parce que ils ont quelques problèmes. Moi, je vous dirai pas l'ensemble des messages que j'ai échangé avec Frédéric Dabby suite à mes prises de position publique sur ce sondage. Mais monsieur DBI envoie des messages qui signalent à quel point il déteste la France insoumise, à quel point il l'assimile à l'URSS en gros hein, dans sa tête à lui, c'est on est vaguement je sais pas quoi, des dictateurs communistes ou quelque chose dans ce genre-là.
Mais tout ça est très inquiétant quand une personne comme monsieur Dab peut aller sur les plateaux télé être à la fois juge et parti puisque euh il vient euh juger son sondage qu'il a lui-même produit et sur lequel il effectue lui-même ses redressements comme il l'a indiqué là encore publiquement dans une audition. Voilà, je voulais vous dire tout ça pour que vous ayez ces éléments en tête. Je pense que c'est important. Je pense que je referai régulièrement des vidéos sur des sondages particuliers pour vous expliquer un peu euh ce qui se passe ou en tout cas si jamais il y a des gros problèmes qui sont euh issu de certains sondages, je vous les signalerai.
Mais gardez bien tous ces éléments en tête parce que vous allez les retrouver dans tous les sondages que ça soit pour les élections municipales ou les élections présidentielles ou les élections législatives d'ailleurs, s'il doit y avoir une dissolution. Je voulais vous dire tout ça parce que il faut pas les laisser rentrer dans votre tête. Tout ça n'a qu'un seul et unique objectif. d'abord faire émerger des candidatures qui sont des candidatures champignons un peu comme on a eu celle d'Emmanuel Macron la dernière fois. Alors ça avait marché coup de bol pour eux mais là vous voyez bien que la nouvelle candidature qu'ils essayent de faire émerger c'est celle de Raphaël Gluxman.
Très bien qu'il continue comme ça. Ça a l'air de les occuper et de les amuser. En attendant nous on continue notre travail de fond. Mais surtout je veux vous dire tout ça parce que le deuxième objectif c'est la démoralisation. Le deuxième objectif, c'est de nous dire qu'on est nul, qu'on arrivera à rien, qu'on peut pas réussir à gagner l'élection présidentielle ou n'importe quelle élection d'ailleurs. Et si vous regardez bien, c'est pas la première fois qu'il nous font le coup parce qu'en 2022, c'était exactement pareil. Vous prenez les sondages à l'exacte même période, on est à peu près au même niveau et à la fin, on a fini à 22 % et je pense que cette fois on finira encore plus haut.
Et puis euh le deuxème élément, c'est que si vous vous dites "Ah bah on va pas y arriver", du coup vous potentiellement vous pouvez essayer de vous démobiliser. Souvenez-vous toujours du résultat de l'élection législative de 2024. Aucun sondage ne donnait le nouveau Front populaire gagnant de l'élection législative. Littéralement, aucun sondage n'a donné gagnant le nouveau Front populaire. Tous ont donné gagnant le Rassemblement national. Et la vérité, c'est qu'à la fin, le Nouveau Front populaire est arrivé en tête au 2e tour et que le Rassemblement national est arrivé 3e. Souvenez-vous toujours de ça parce que hm ça vous fera réfléchir quand vous verrez un sondage la prochaine fois.
Allez, merci d'avoir regardé cette vidéo jusqu'ici. Si elle vous a plu, je vous invite à vous abonner en n'oubliant pas de cliquer sur la petite cloche pour recevoir des notifications. Puis n'hésitez pas à me poser en commentaire vos questions sur le sujet parce que j'y répondrai soit dans une autre vidéo, soit directement en commentaire. Allez, à bientôt.
Antoine Léaument