Juan Branco à SciencesPo: Aux origines de l'affaire Mbappé
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 13 %Attaque 74 %Défensif 13 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:07:17OuverteRéponse directe
C'était sur les deux aspects juridiques dont vous avez parlé. Si c'est l'Espagne qui a pris un décret et qu'il y ait des distorsions réglementaires au sein de l'Union européenne.
- 1:13:25OuverteRéponse directe
La question des clubs anglais qui font partie de l'Union européenne pourrait imposer les mêmes équivalences réglementaires ?
- 1:14:35OuverteRéponse partielle
C'est une question extrêmement importante mais qui dépasse très largement le cadre de cette affaire.
- 1:19:23OuverteRéponse directe
Si on est présomptueux on espère un nouvel arrêt Bosman mais inversé. On espère vraiment une remise à plat du fonctionnement du football européen.
- 1:24:39OuverteRéponse directe
Non on n'a pas envie de se compromettre. On fait un peu un pari qui consiste vraiment à préserver notre intégrité à tout prix.
- 1:28:42OuverteRéponse directe
Des exemples comme ça vous en avez plein. Pourquoi est-ce que l'AFP ne relaie pas cette affaire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:40Invité politiqueFait
« Des joueurs qui étaient grassement payés et que ce club devait en principe soumis à des règles comptables pour limiter ses dépenses. »
- 2:24Invité politiqueChiffre
« des chiffres selon la presse avoisinant les cent millions d’euros par an »
- 29:56Invité politiqueFait
« Michel Platini s’engage au nom de l’UEFA à voter pour la candidature du Qatar quelques semaines plus tard pour l’organisation de la coupe du monde 2022, en échange de quoi le Qatar s’engage notamment à acheter le PSG »
- 38:30Invité politiqueFait
« ces régulations ne vont jamais trouver à s’appliquer d’une quelconque façon »
- 40:37Invité politiqueFait
« la compatibilité des investissements mis en œuvre par le Qatar au sein du PSG avec notamment le droit de l’Union européenne est évidemment inexistante »
- 51:43Invité politiqueFait
« les aides d’État provenant d’États non membres de l’Union européenne ne sont pas sanctionnées en droit interne en droit de l’Union européenne »
- 55:52Invité politiqueChiffre
« il a gagné près d’un milliard d’euros depuis le début de sa carrière »
- 57:01Invité politiqueFait
« On s’appuie donc sur l’article 116 sur les distorsions réglementaires »
- 57:44Invité politiqueChiffre
« on réussit à les attraper donc les articles 107 et 108 notamment au regard de cette convention fiscale »
- 58:00Invité politiqueFait
« on essaye de démontrer comment la France a cherché à contourner les régulations sur les aides d’État qui s’imposent aux États de l’Union européenne en mettant en place un accord de coopération avec le Qatar »
- 58:26Invité politiqueFait
« nous attaquons sur l’entente et sur les notions d’accord d’entreprise, c’est-à-dire que nous décrivons le Qatar comme étant une entité au sens économique et au sens du droit de l’Union européenne »
- 59:09Invité politiqueFait
« situation qui met en situation de dépendance des instances régulatrices qui les met en position de conflit d’intérêt »
- 59:46Invité politiqueFait
« l’ALFP en dehors de tout cadre réglementaire va autoriser une exception pour Lionel Messi sans même chercher à s’en justifier d’un point de vue normatif »
- 1:00:24Invité politiqueChiffre
« le PSG va redoubler la mise avec le renouvellement du contrat de Kylian Mbappé avec des sommes qui là deviennent parfaitement astronomiques »
- 1:01:48Invité politiqueFait
« appel du président de la République lui-même pour s’assurer que monsieur Mbappé restera en France »
- 1:02:29Invité politiqueChiffre
« la Liga demande que la Commission européenne remplisse les formulaires afférents aux articles 101, 102, 106, 107, et dans une moindre mesure 116 »
- 1:03:54Invité politiqueFait
« on a présenté hier la situation de Tayeb Benabderrahmane, un citoyen français qui a été arrêté arbitrairement classé au secret au Qatar torturé pendant des mois »
- 1:04:36Invité politiqueFait
« le protocole transactionnel permettant d’obtenir sa libération et donc la sortie des geôles où il avait été torturé étant signé de monsieur Al-Khelaïfi en personne »
- 1:05:20Invité politiqueFait
« sa libération intervenant le lendemain de la fin du procès d’une des procédures qui avait été lancée contre monsieur Al-Khelaïfi en Suisse »
- 1:10:46Invité politiqueFait
« on sait comment fonctionne la justice administrative mais symboliquement et aussi pour pousser dans ses contradictions les instances internes »
- 1:15:12Invité politiqueFait
« ce qui a amené évidemment à des approches une fois qu'on a obtenu l'audience auprès du Tribunal de l'Union européenne et qu'ils ont commencé à se demander ce qu'il se passe »
- 1:30:44Invité politiqueFait
« J’ai gagné ce procès. Je peux vous dire que quand la présidente du tribunal correctionnel rend la décision, elle a les mains qui tremblent »
Temps de parole
- Juan Branco100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Pour introduire cette conférence on accueille aujourd’hui monsieur Juan Branco. Alors je fais une rapide présentation de votre parcours maître. Vous êtes écrivain, vous avez publié une dizaine d’ouvrages, parmi eux, Assange l’antisouverain, Luttes, Abattre l’ennemi ainsi que Crépuscule livre vendu à plus de cent cinquante mille exemplaires. Vous êtes donc, et c’est la fonction qui justifie votre venue aujourd’hui, avocat au Barreau de Paris.
Après une formation à la Sorbonne, à SciencesPo, à l’Université de Yale, ainsi qu’un doctorat obtenu en droit international à l’École normale supérieure d’Ulm vous avez exercé au ministère des affaires étrangères lors du conflit syrien, ainsi qu’auprès de Luis Moreno campo le premier procureur général de la Cour pénale internationale. Vous avez été lors de vos premières années d’exercice l’avocat de Julian Assange Wikileaks, Jean-Luc Mélenchon ainsi que de nombreux gilets jaunes avec des victoires obtenues devant la juridiction pénale contre Emmanuel Macron et son épouse ainsi que de nombreux ministres de la Macronie.
Vous avez également représenté et cela va me permettre d’introduire le sujet de la conférence des supporters du FC Barcelone qui vous ont saisi dès août 2021 parce qu’ils étaient inquiets de voir partir leur meilleur joueur Leo Messi au Paris Saint-Germain alors que ce club disposait déjà les meilleures joueurs du monde. Des joueurs qui étaient grassement payés et que ce club devait en principe soumis à des règles comptables pour limiter ses dépenses. Ces supporters voulaient donc en vous saisissant faire sanctionner … à la règle de trois qu’avait pour habitude de pratiquer Paris Saint Germain.
Un an plus tard la Ligua apprenant que Kylian Mbappé n’a finalement pas rejoint le Real Madrid mais renouvelé son contrat avec le Paris Saint Germain avec des chiffres selon la presse avoisinant les cent millions d’euros par an qu’elle vous a sollicité pour défendre ses intérêts devant la juridiction française et européenne afin de cette fois faire cesser définitivement les contournements à la haine que pratiquait le Paris Saint Germain. C’est précisément sur ce sujet que portera la conférence d’aujourd’hui.
Je peux donc dorénavant vous céder la parole maître pour que vous puissiez nous exposer plus en détail les enjeux de droit économique que soulèvent les différents recours que vous avez engagés au nom de la Ligua après le renouvellement du contrat de Kylian Mbappé devant les juridictions française et européenne. La parole est à vous maître. Bonsoir à tous. Merci d’être présents, merci de m’avoir invité.
Je pense que l’histoire dont on va parler aujourd’hui remonte aux années soixante-dix à un moment cardinal dans l’histoire mondiale qui est le premier choc pétrolier qui va permettre à la civilisation occidentale de se rendre compte que la croissance à laquelle elle s’était habituée depuis plusieurs décennies dépendaient de l’exploitation de ressources fossiles auxquelles l’accès n’était pas garanti.
On a une civilisation moderne qui s’est constituée à partir du dix-neuvième siècle sur la découverte technique de la possibilité d’exploitation d’un certain nombre de ressources énergétiques, ça a commencé avec le charbon ça s’est prolongé par des ressources beaucoup plus faciles à exploiter qui ont réduit la charge qui pesait sur les êtres humains au moment de les extraire des entrailles de la terre et de la même façon d’accroître la quantité de capital disponible qui permettrait en conséquence soit libérer du temps libre soit déployer des activités économiques de production de façon exponentielle.
Le pétrole et le gaz vont jouer un rôle cardinal dans cette explosion de l’activité économique d’un certain nombre de peuples et de civilisations et pendant une période l’humanité va croire en l’illusion d’une énergie disponible de façon illimitée et un coût qui était assimilable à celui de l’eau courante à l’époque où elles sont exploitées de façon massive après la seconde guerre mondiale. Le premier choc pétrolier va remettre assez brutalement en cause cette assertion et pour la première fois va démontrer qu’il y a un lien entre croissance économique qui déterminait une forme d’être et de développement des sociétés occidentales et la disponibilité des ressources énergétiques.
Il n’y a pas de rapport de causalité directe, la corrélation est seulement partielle mais elle détermine largement notre capacité à nous déployer dans l’espace productif. Et à partir de ce moment-là qui intervient un peu plus d’une décennie après le développement des mouvements de décolonisation, les puissances occidentales et notamment européennes sont face à un dilemme qui consiste à déterminer comment elles vont réagir face au rapport de force que commence à mettre en place un certain nombre de régimes politiques notamment sous l’égide de la Lybie et d’un certain nombre d’autres dirigeants qui vont se réunir en une organisation que l’on appelle l’OPEP.
Face à cette situation la France va jouer un rôle particulier, elle avait déjà depuis les accords de Sykes-Picot accepté une répartition des sphères d’influence au Moyen-Orient et donc des champs pétroliers qui étaient afférents et elle va à partir de cette accélération de l’histoire qui va correspondre à un moment de transition politique entre le septennat inachevé de Georges Pompidou et donc la fin d’une pensée politique qui est qualifiée de gaullisme et le début et le déploiement d’une autre forme politique qui sera appelé le giscardisme va devoir faire des choix dans la sphère stratégique et géopolitique qui vont être cardinaux et qui vont déterminer encore aujourd’hui la nature de notre régime.
Parmi ceux-là la décision qui va devoir être prise c’est l’attitude à avoir par rapport à un certain nombre de territoires qui au Moyen-Orient sont relativement dépourvus d’organisation politique parce que ils sont relativement dépourvus de population par rapport à leur territoire et par rapport aux ressources qui leur sont attribuées et potentiellement attribuables à l’avenir.
Et la France avec un certain nombre d’autres pays va décider de participer à la constitution d’États qui sont artificiels dont ils vont octroyer la gestion à un certain nombre de tribus qui étaient relativement fidèles soit aux régimes coloniaux anglais soit à des puissances alliées qui exerçaient dans ce domaine et ils vont constituer une sorte de nouvelles féodalités.
Ce mouvement va permettre la constitution notamment au Qatar d’un régime encore une fois féodal qui va se déployer sur le fondement de la charia avec les conceptions particulières qui en découlent et qui va créer une forme de ploutocratie fondée sur des allégeances tribales et familiales qui vont permettre une concentration extraordinaire de ressources entre quelques mains et donc développer des systèmes notamment fondés sur la kafala, d’esclavage et de ségrégation extrêmement violents.
La France va s’impliquer d’autant plus dans ces processus qu’en 1979 il va y avoir une tentative de coup d’état en Arabie Saoudite, la prise de Médine dont vous avez peut-être entendu parler et qui va amener notre pays à intervenir pour sauver le régime saoudien et face à l’attentisme des États-Unis, créer des liens d’allégeance vis-à-vis de la royauté qui vont en retour permettre à la France de faire face à une crise monétaire une dépendance par rapport à un certain nombre de circuits financiers qui lui permettaient de faire face à la dette qui commençait à grandir du fait d’une part de la crise énergétique et pétrolière directement, qui avait renchérit lourdement le coût d’approvisionnement en pétrole, et d’autre part à l’augmentation constante du chômage qui va évidemment peser sur les finances publiques et plus largement ces deux phénomènes pesant par ailleurs sur l’appareil productif français de façon importante qui réduisait sa productivité ce qui va permettre l’émergence d’un certain nombre de concurrents au sein de ce qu’on appelait encore le tiers-monde.
La France intervient aux côtés des Saoud pour empêcher ce coup d’état et va contribuer dans la foulée au raidissement du régime à la reprise de pouvoir des oulémas et à la transformation de l’Arabie Saoudite en l’un des régimes les plus intégristes que l’histoire ait connu avec par ailleurs une puissance de frappe extraordinaire qui va lui permettre d’exporter son idéologie d’alimenter un certain nombre d’intégrisme et de fanatisme à l’échelle du monde et in fine notamment suite à un certain nombre d’alliances géopolitiques avec les États-Unis, d’enfanter les événements que l’on le sait à partir de la fin des années quatre-vingt-dix via un certain nombre de groupes terroristes.
Évidemment l’objectif est non seulement d’obtenir pour la France des ressources en retour, qui vont nous permettre de faire face à cette crise monétaire et de la dette qui commence à émerger et lui permettre notamment de ne pas être considérée par le FMI comme un État en difficulté, ce qui en terme de statut était extrêmement important.
Rappelons que la France était quand même la deuxième puissance économique mondiale encore dans les années soixante, donc il y a une dégradation qui intervient très rapidement après ce premier choc pétrolier mais ça va l’amener aussi à obtenir en retour des flux d’argent extraordinaires qui sont directement tirés de la rente pétrolière saoudienne et qui vont alimenter notamment des commandes militaires et aussi évidemment des partis politiques sous la forme de rétrocommissions.
Et donc on va avoir peu à peu émerger des circuits de corruption qui vont pour la première fois prendre une ampleur extraordinaire dans ce pays, qui vont permettre de financer des campagnes politiques qui alors ne font l’objet d’aucune réglementation qu’elle soit d’ordre législatif, réglementaire ou autre et à partir de là créer un lien de dépendance entre notre personnel politique notre soi-disant élite et une partie d’État puisque de l’Arabie saoudite progressivement l’on va étendre cette dépendance en un certain d’autres émirats qui sont liés.
La France va maintenir des alliances traditionnelles notamment avec l’Irak mais ça sera dans la région mais ça ne sera pas l’objet de notre discussion, ça nous permet seulement de comprendre la genèse peut-être du lien qui nous unit au Qatar qui à l’époque n’est absolument une puissance exportatrice de matières premières et notamment de flux énergétiques et qui est principalement sous influence anglaise et qui ne va devenir sérieusement une puissance exportatrice et une alliée importante de la France qu’à partir des plans qui sont déployés par le père de l’émirat actuel qui vont lui permettre de maîtriser la technologie de liquéfaction du gaz naturel, donc le déploiement du GNL, à un moment où très peu de puissances étatiques investissent dans ce domaine et qui vont lui permettre en fait très rapidement de mettre en place un certain nombre de terminaux gaziers qui vont permettre l’exportation de ses ressources, une grande partie des ressources du Qatar s’inscrit dans un champ gazier qui est partagé avec l’Iran, et qui vont venir alimenter un certain nombre d’économies occidentales à travers des contrats de long terme, le Qatar se distinguant justement de partenariat de long terme qui permettent de stabiliser l’accès aux ressources et en conséquences évidement de sécuriser à l’inverse les ressources de l’État qatarien.
Cette stratégie ne vise qu’à alimenter les caisses d’un État qui à l’époque et encore largement aujourd’hui se confond parfaitement avec celle de la famille royale et en particulier de la famille Al Thani.
Quand on parle de régime féodal en ce qui concerne le Qatar il faut le prendre au sens le plus littéral du terme et considéré qu’il y a de façon structurelle une confusion entre ces deux espaces qu’un certain nombre de réglementations ont tenté en apparence de moduler ou en tout cas de masquer mais dans les faits toutes les grandes structures d’investissement du Qatar par exemple la QIA donc la Qatar Investment Authority sont sous le contrôle direct de l’émir avec au sein des conseils d’administration de chacune des institutions les plus puissantes du pays y compris les institutions d’apparence privée les membres des familles royales et des principales tribus qui leurs sont alliées.
La France va prêter son concours au développement du Qatar et notamment de ses technologies et va tirer principalement des bénéfices de ce partenariat non pas de l’importation directe de GNL qui reste relativement marginale dans notre consommation énergétique mais de sa capacité à bénéficier par ricochet des flux financiers qui sont tirés pour le coup par le Qatar de l’exploitation de sa rente gazière à travers des partenariats stratégiques notamment avec des grandes entreprises comme Total.
En parallèle elle va prêter son concours politique direct au régime du Qatar et suite au coup d’état qui va amener un changement de régime autour de 1995 au Qatar il va y avoir après un moment d’attentisme qui va être largement critiqué par la famille royale une solidification très importante impulsée par Jacques Chirac pour s’assurer d’une forme de mise en place d’un partenariat stratégique entre notre pays et le Qatar.
Donc le père de l’émir actuel qui va mettre en place le développement économique du Qatar va céder le pouvoir à son fils, en 2013, son fils qui va mettre en place une stratégie ambitieuse de développement non plus seulement économique mais aussi géopolitique, idéologique qui va s’inscrire dans la continuité notamment de la création notamment d’Al Jazeera par son père qui avait pour vocation d’accroître l’influence de ce petit territoire où à peine quelques centaines de milliers de personnes sont considérées comme des citoyens sur une population de plusieurs millions de personnes.
Alors pourquoi est-ce que le Qatar ressent cette nécessité de développer une stratégie d’influence majeure qui va permettre notamment l’émergence et le renforcement massif après leur quasi disparition de mouvements liés aux frères musulmans dans une grande partie du monde arabe et qui vont participer évidemment comme vous le savez de façon tout aussi massive aux printemps arabes tels qu’on les a appelés et le développement d’un certain nombre de mouvements qui dans un premier temps citoyens qui vont progressivement se voir substituer par des dispositifs qui sont plus intéressés, plus il y a des États et plus liés à des structures religieuses.
Le fils de l’émir commence à mettre une stratégie qui va notamment se déployer sur un axe important qui est les questions des compétitions sportives. Les questions des compétions sportives et de l’influence par le sport ne font pas à l’époque l’objet d’une grande instrumentalisation si ce n’est par les États dans lesquels elles se déroulent.
Le football a été un des vecteurs privilégiés d’influence qui a été utilisé par les États depuis de nombreuses années de par la capacité de fascination qu’elle crée au sein des populations notamment au sein de sa jeunesse réussissant à toucher notamment au sein des classes populaires, donc les plus fragiles et les plus distantes du monde politique, une forme de fascination et une puissance d’affect qui va amener un certain nombre de clubs de footballeurs de se faire le relais d’idéologies politiques diverses et notamment en Espagne, il y a une mobilisation très importante comme le Real Madrid pour défendre le centralisme franquiste pendant la deuxième partie du régime dictatorial qui a été mis en place suite à la guerre civile de 1936 avec pour idée d’utiliser ce club non seulement à l’échelle nationale avec par ailleurs une protection particulière qui va être octroyée dans un second temps au FC Barcelone pour s’assurer que l’indépendantisme catalan trouvera là une forme de jugulation et d’expression via des moyens qui ne sont pas agressifs à l’égard du pouvoir directement et qui peuvent s’exprimer à travers des stades de football et par ailleurs évidemment sur l’échelle européenne à travers la participation dans des compétitions de football organisées par l’UEFA du Real Madrid ce qui permet de rompre l’isolement qui avait été mis en place suite à la fin de la seconde guerre mondiale par cette communauté internationale qui prétendait à l’époque encore s’inscrire dans une défense des valeurs démocratiques et politiques de ce pays.
Sur la question de l’instrumentalisation du football on rentre dans une nouvelle ère à la fin des années quatre-vingt-dix et du début des années deux mille notamment à la faveur dans l’Union européenne d’un arrêt Bosman qui en 1995 autorise la rupture des règles qui jusqu’ici exigeait un certain nombre de joueurs nationaux au sein de chaque club de façon à préserver l’identité des dits clubs.
L’arrêt Bosman rompt avec cette tradition qui permettait de préserver un ancrage territorial des dits clubs et va ouvrir une phase de libéralisation et de financiarisation extrêmement puissantes du football européen avec des stratégies de pillage et d’accumulation des plus grands talents à l’échelle mondiale par les clubs européens et à l’échelle européenne qui va favoriser une concentration des résultats sportifs et des réussites économiques au sein d’un certain nombre de ces dits clubs.
Donc dans cette situation on se retrouve avec très rapidement au bout de quelques années des acteurs opportunistes qui vont comprendre l’intérêt qu’ils vont avoir à investir sur ce terrain, soit pour blanchir l’origine de leur fortune, soit pour utiliser le football à des fins d’accroissement de leur influence au sein des élites politiques et donc d’obtention de protection voire de défense de leurs idéologies.
Ça commence principalement au Royaume Uni avec un certain nombre d’oligarques russes qui profitant de la fin de l’URSS se sont accaparés via des mécanismes de corruption une grande partie des ressources naturelles de l’exploitation des ressources naturelles qui jusqu’ici allaient aux peuples des différents États et nations constituant l’URSS. Ces oligarques qui vont très rapidement accaparer des fortunes qui se chiffrent en dizaines de milliards de dollars vont comprendre leur précarité de la position en Russie et la probabilité que leur capacité à continuer à exploiter de façon indue les ressources des peuples russes et de leurs nations adjacentes ne tienne pas.
Et donc dans ces circonstances on va se retrouver dans une situation où ils vont chercher protection en Europe occidentale pour justement s’assurer non seulement d’un blanchiment de leurs ressources qui va expliquer qu’ils investissent à perte dans un certain nombre de clubs de football de façon massive mais aussi pour s’assurer à travers cela comme je vous le disais une protection de la part de leurs élites et ils vont recevoir un accueil particulièrement bienveillant à Londres au sein d’un dispositif où exclu volontairement de l’euro avait besoin de renforcer sa place financière, va drainer les flux de tous ces oligarques dans toute une série de secteurs en dérégularisant des réglementations financières qui s’appliquaient à la City.
Donc Roman Abramovitch avec Chelsea va devenir l’un de ces premiers oligarques qui va très artificiellement transformer un club qui avait assez peu d’histoires et à la réputation et d’influence dans le football va le transformer en puissance européenne et mondiale jusqu’au point où il va réussir, après de nombreuses années et beaucoup d’efforts, à gagner la ligue des champions qui est la compétition phare à l’échelle européenne mais aussi mondiale du football professionnel qui permet d’engranger une visibilité extraordinaire et qui évidemment va lui assurer une assise si importante au sein de l’intelligentsia européenne et particulièrement du Royaume Uni qu’encore aujourd’hui il a pu, malgré l’évidence de l’origine criminelle de sa fortune, proposer avec un certain succès des missions de bons offices dans le cadre du conflit russo-ukrainien.
Ces premiers investissements artificiels au sein du football européen vont évidemment créer des déséquilibres et notamment une bulle spéculative dont on commence aujourd’hui à en mesurer pleinement les effets qui vont construire à travers leurs conséquences une inflation extrêmement difficile à supporter pour les supporters qui vont expliquer que le coût du merchandising donc des tee-shirts de footballeurs, des ballons de football, des chaussures avec crampons, donc ça c’est pour la pratique, mais aussi des billets de stade, de l’abonnement aux chaînes de télévision.
Une nécessité d’investissement toujours plus grande de la part des supporters des clubs traditionnels qui se voient obligés pour maintenir leur capacité concurrentielle à l’égard de ces clubs qui sont financés par des oligarques et bientôt par des États, de trouver de nouvelles ressources qui vont leur permettre de survivre.
Ça va évidemment créer aussi des flux de corruption extrêmement graves qui vont s’étendre dans un premier temps de la sphère footballistique jusqu’aux sphères politiques avec des systèmes de commissions et de rétrocommissions particulièrement importants et une concentration de ressources extraordinaires entre les mains de quelques insiders quelques centaines voire quelques milliers de personnes qui auront le contrôle sur ces revenus. Dans ces circonstances le Qatar comprend et de façon plus générale face à la mondialisation d’un certain nombre d’événements sportifs et après le développement de la télé cablée donc qui amène au développement de Al Jazeera, l’intérêt d’investir dans ce domaine.
Al Jazeera va créer une antenne dédiée au sport qui sera l’ancêtre de beIn Sports dès 2003. Le fils de l’émir de l’époque qui est devenu l’émir depuis va très rapidement s’impliquer dans cette stratégie et va chercher dès 2008 à organiser des jeux olympiques au sein de l’émirat qui évidemment ne dispose d’aucune forme d’infrastructure afin de mettre en œuvre cette stratégie.
Et pour arriver à leurs fins ils vont mettre en place en particulier dans le football une stratégie assez multiforme qui va d’un côté s’appuyer sur la tentative d’organisation de compétitions sportives et notamment de l’obtention de l’organisation de la Coupe du monde de football de 2022 qui à l’époque apparaît parfaitement illusoire. Rappelons que le Qatar était concurrent des États-Unis, rien que ça. Le développement d’un réseau médiatique extrêmement puissant qui va permettre d’arroser de façon légale l’ensemble des fédérations et ligues professionnelles européennes, nationales mais aussi internationales.
Ce qui en retour va leur permettre d’obtenir de l’influence au sein des confédérations et donc d’obtenir des voix qui vont leur permettre d’obtenir l’organisation de ces compétitions qu’ils désirent. BeIn Sports dépensant des dizaines de milliards d’euros au cours de son existence en pure perte à cette fin.
Et enfin la dernière partie de cette stratégie qui va se concentrer sur un territoire spécifique, la France, l’achat d’un club de football dont la vocation est de devenir un club étendard qui permet de légitimer l’investissement massif et la prise de position du Qatar au sein d’un sport dans lequel il n’a évidemment eu aucune influence jusqu’alors, dans lequel il n’a aucune forme de tradition, et où le Qatar va tenter d’attraire les principales stars mondiales afin de s’assurer que son rayonnement permette non seulement de légitimer ses investissements mais à fortiori évidemment et dans un second temps de créer une forme de sympathie à l’égard de cet émirat qui normalise un régime politique qui ne peut pas être normalisé et qui justifie son existence à un moment où les revendications sociales étant de plus en plus importantes notamment de justice à l’échelle mondiale, on s’interroge sur le sens de la répartition des ressources non plus à l’échelle nationale mais qui justifie qu’un si petit territoire et un si petit nombre de personnes au sein de ce territoire concentre des ressources aussi importantes parce que le hasard les aurait fait naître dans un espace où des ressources naturelles qui sont nécessaires pour le monde entier étaient disponibles de façon extrêmement abondantes.
Évidemment la seule façon d’assurer la captation de la rente gazière consiste à mettre en place un régime extrêmement autoritaire qui vous permet de vous assurer qu’alors que vous êtes parfaitement minoritaire sur votre territoire, je rappelle quelques centaines de milliers de citoyens sur une population de plusieurs millions de personnes aucune contestation ne pourra naître de sorte qu’elle soit d’ordre social politique ou évidemment économique.
Comme en Arabie Saoudite où les Saoud ont mis en place une alliance avec les clercs faisant du royaume une sorte d’antre du wahhabisme et leur permettant d’exercer un contrôle social extrêmement important sur leur population ce qui permet de tenir l’ordre existant et de justifier les écarts extraordinaires non seulement de raison mais aussi de logique d’un régime qui tout en se prétendant le cœur de l’islam et la pureté incarnée fait alliance avec un certain nombre de démocraties libérales et crée un double standard au sein de leur population entre la capacité d’exercer un certain nombre de droits qui sont considérés comme fondamentaux en occident et une autre partie de la population qui va en être parfaitement exclue.
Le Qatar va faire de même avec une autre forme d’islam, et avec évidemment le développement de services secrets de police politique particulièrement puissante, même si visiblement insuffisante vu que la France a décidé comme vous l’avez vu de signer un accord de coopération dans le cadre de l’organisation de la coupe du monde 2022 d’ordre policier dans lequel elle va envoyer deux cents policiers au Qatar pour assurer le maintien de l’ordre au sein de ce territoire notamment sur tous les domaines qui ont trait à la législation du Qatar y compris les questions qui ont trait aux relations entre personnes consentantes qui ne sont pas du même sexe ou qui ne sont pas mariées.
Et cette une question qui m’apparaît fascinante de savoir quelle attitude auront les policiers et policières et gendarmes qui devront exercer avec leurs uniformes français sur le territoire du Qatar cet hiver, lorsqu’il leur sera demandé de participer à la répression de ces crimes et délits au sein de la législation qatarie. Donc le Qatar va se retrouver dans cette situation de rigidification politique et le fruit naturel de ce déséquilibre qui lui-même est le fruit de l’absurdité du régime politique dans lequel ils sont inscrits et va essayer de normaliser de faire oublier la nature de ce régime à travers le football.
Il y a évidemment une problématique c’est comment est-ce que vous réussissez à investir à un domaine qui est à ce point convoité et qui par ailleurs commence à être régulé comme le football, et comment est-ce que vous légitimez dans un premier temps ces investissements massifs qui vont provoquer des déséquilibres extraordinaires et qui vont transformer un club qui végétait dans le meilleur des cas du classement du championnat de France comment vous allez le transformer en un des clubs les plus puissants du monde en seulement quelques années.
La stratégie va être relativement simple brutale j’allais dire vulgaire, elle va s’appuyer sur des mécanismes encore une fois de corruption massifs, une stratégie du chéquier, qui va être mise en œuvre sous le quinquennat Sarkozy dans le cadre d’un accord stratégique entre Nicolas Sarkozy et le prince héritier qui va être scellé non pas comme cela a été raconté seulement lors d’un déjeuner dans mon souvenir le 23 novembre 2010, auquel assiste Michel Platini et par lequel Michel Platini s’engage au nom de l’UEFA à voter pour la candidature du Qatar quelques semaines plus tard pour l’organisation de la coupe du monde 2022, en échange de quoi le Qatar s’engage notamment à acheter le PSG et à faire du PSG un club d’influence mondiale ce qui permettra à la France de retrouver un rang dans un sport où, depuis Bernard Tapie et les manœuvres qu’il avait mises en œuvre, elle n’arrive pas à rayonner, ce qui la prive d’un relais d’influence particulièrement important.
Cette stratégie donc ne va pas se déployer à partir de ce jour-là mais elle va se concrétiser ce jour-là et en fait elle commence dès le 3 février de cette même année lors d’un entretien entre le prince héritier et Nicolas Sarkozy par lequel celui-ci lui offre la légion d’honneur pour des raisons qui nous échappent quelque peu mais depuis que le majordome de madame Bettencourt, héritière de L’Oréal l’a reçue on ne s’étonne pas tant que ça, et par ailleurs donc avec une mise en place d’un accord qui va aller bien au-delà du football et qui va permettre l’achat de façon massive par Qatar Airways d’un certain nombre d’Airbus qui vont permettre notamment comme les émirats l’avaient fait quelques années plus tôt en sauvant Airbus A380 de préserver une partie du tissu industriel français qui était en train de s’effondrer dans la suite de la crise économique de 2008.
Donc en fait on est dans une situation où la France a besoin de capitaux de façon massive et immédiate pour une raison très simple, la crise de 2008, qui est une crise au départ états-unienne, s’accompagne de l’adoption d’une politique monétaire particulièrement restrictive par la banque centrale européenne. Ce qui crée immédiatement une tension sur les marchés du crédit des États qui va amener au déséquilibre que l’on sait qui va amener à une deuxième crise dans la crise, la crise de 2011 qui elle est strictement européenne une crise de la dette et qui va sinon couler du moins initier le démantèlement du projet européen avec comme vous vous souvenez les épisodes autour de la Grèce.
Cette crise dont il pourrait sembler qu’elle n’a pas touché la France en fait a impacté extrêmement durement la France et sacrifié toute une génération notamment de jeunes qui à l’époque tentaient de s’insérer dans le marché du travail en maintenant un chômage à des niveaux relativement hauts, elle va surtout amener à une décapitalisation des grands groupes français et du coup va amener à les exposer à des manœuvres de prédation par des instances étrangères mais aussi tout simplement à des risques de faillite de façon massive. Donc c’est à la fois une crise de la dette souveraine mais également une crise du grand capital.
Et donc à ce moment-là il apparaît particulièrement urgent et nécessaire de trouver des flux monétaires immédiatement disponibles dès lors que la banque centrale européenne, à l’époque dirigée par Jean-Claude Trichet qui à mon sens a des responsabilités criminelles dans le développement de cette crise et dans la désintégration du projet européen, ne pouvant aller chercher donc à travers la planche à billets à travers des mécanismes d’expansion monétaire qui seront mis en place bien plus tard va se diriger vers ceux qui détiennent des masses de capital qui seront liés à l’exploitation de matières premières et de ressources énergétiques donc les émirats.
Et le Qatar va devenir à partir de ce moment-là non seulement un partenaire de la France comme il l’était depuis au moins le régime de Jacques Chirac de façon intense, mais un partenaire stratégique crucial pour la survie d’un certain nombre de grandes entreprises pour la survie du tissu industriel français tel qu’il était structuré à l’époque, et plus généralement pour la capacité de la France à continuer à exercer un rôle dans les affaires économiques et géopolitiques mondiales.
Et donc c’est dans ce cadre-là que le Qatar via sa branche QIA notamment mais aussi via une série d’autres véhicules d’investissement va entrer au capital d’un grand nombre de groupes français que ce soit Vinci, Suez, Lagardère et ainsi de suite afin de soutenir l’appareil productif français et évidemment par ricochet soutenir Nicolas Sarkozy dans sa stratégie d’influence et c’est là l’importance d’investissements à perte dans des groupes qui pourtant ne présentaient à l’époque pas d’intérêt stratégique pour le Qatar comme Lagardère, qui comme vous le savez est propriétaire ou était propriétaire pour être plus précis du JDD donc du principal hebdomadaire français, d’Europe 1, qui était à l’époque l’une des principales radio généraliste française, elle a coulé depuis, et de Paris-Match qui était le principal organe de propagande people qui sert la réputation des hommes politiques français comme nous avons tenté de démontrer dans un certain nombre d’ouvrages.
En rentrant au conseil d’administration de l’ensemble de ces groupes, Nicolas Sarkozy essaie donc de combiner ce qu’il considère être une action d’homme d’état et ses intérêts politiciens immédiats.
Les compromis à accepter vont être particulièrement lourds et c’est seulement dans ce contexte que l’on peut comprendre que l’on ait accepté le ridicule consistant à voter pour le Qatar dans le cadre de l’organisation de la coupe du monde 2022 et à attribuer au Qatar l’organisation de cet événement qui va amener à un chamboulement du calendrier sportif des principales compétitions européennes, à la construction de stades climatisés et à la mort de milliers d’ouvriers qui vont être appelés notamment du Sud-est asiatique et traités comme des esclaves pour s’assurer que les chantiers des infrastructures qui avaient été promises par le Qatar soient finies à temps, ce qui n’est pas même pas garanti à ce stade en ce qui concerne en tout cas les infrastructures hôtelières à moins d’un mois de l’organisation de la coupe du monde.
Aucune de ces infrastructures n’étaient existantes à l’époque et il va falloir la contribution massive d’un certain nombre d’acteurs économiques, notamment français, notamment le groupe Accor et on retrouvera le lien entre Accor et le PSG un peu plus tard pour s’assurer de maintien de la bonne organisation de cette compétition. Évidemment pour obtenir le soutien de Nicolas Sarkozy il ne faut pas seulement et avoir une stratégie d’influence qui repose sur des questions purement stratégiques mais s’assurer de lui être utile.
Et le Qatar à partir de cette époque va mettre en place un certain nombre de réseaux de corruption et d’influence au sein du petit Paris qui vont arroser de façon très large des politiciens des avocats des hommes d’affaires des journalistes de façon à améliorer l’image du territoire dans ce pays et évidemment de normaliser encore une fois les liens stratégiques qui commencent à se mettre en place entre des régimes qui théoriquement devraient être antithétiques.
Cela va amener des personnalités comme Rachida Dati comme vous le savez ou comme vous le pourriez le savoir si vous cherchez son nom associé à celui du Qatar, pourtant ministre de la Justice, a décidé qu’il était opportun de mettre en place un accord de coopération avec les institutions qataries et notamment une école de formation commune de magistrats.
J’imagine que la compatibilité entre la charia et les lois de la République française ne posait pas de problèmes à l’époque en tout cas le projet a fait long feu, je ne sais pas si c’est heureux ou pas, mais ça permet de voir le niveau de porosité et d’aveuglement que les millions qui vont être mobilisés dans le cadre de cette stratégie d’influence vont provoquer et qui vont nous amener à une situation qui à mon sens n’était pas compatible avec nos principes démocratiques et avec la possibilité même de préservation du système démocratique français.
Le football donc va servir dans cette stratégie d’influence aussi pour tout simplement par les relations mondaines qu’il permet de produire, par les invitations au sein du parc, dans les tribunes présidentielles, par l’organisation d’un certain nombre d’événements parallèles par la mobilisation à des fins directement ou indirectement politiques du PSG que ce soit des opérations de propagande en faveur du Qatar ou plus généralement une stratégie d’attraction de la part de personnalités au Qatar via le PSG va nécessiter un investissement complètement sidérant qui va apparaître incompatible avec les régulations qui sont en train de naître à l’échelle européenne concernant ce qu’on appelle le fairplay financier et qui sont mises en place par le même Michel Platini qui a attribué la coupe du monde au Qatar.
Vous imaginez bien qu’en conséquence de quoi ces régulations ne vont jamais trouver à s’appliquer d’une quelconque façon et ne vont servir que de paravent permettant de répondre aux critiques de la société civile aux reproches que faisaient les supporters face à une situation qui leur semblait inacceptable et qui mettait leur club dans une situation de tension et potentiellement sinon de faillite du moins de privatisation, et sinon de privatisation du moins d’incapacité à agir de façon compétitive dans les différents championnats auxquels ils participaient et notamment du coup à gagner du temps de façon à ce que au moins jusqu’à ce que la coupe du monde 2022 le système tienne.
Le PSG va donc mettre en place une stratégie de pillage systématique des clubs européens qui va bénéficier au premier abord à ces dits-clubs européens car lorsque vous versez 222 millions d’euros au FC Barcelone pour acheter Naymar celui-ci va se retrouver avec une capacité d’investissement massive un certain nombre d’intermédiaires vont toucher des sommes pharamineuses pour en tirer bénéfice et en conséquence de quoi évidemment nous allons nous retrouver dans une situation qui au-delà de l’inflation que je décrivais va créer une dépendance à l’égard des flux d’argent mobilisés par le Qatar qui s’ajoute à celle qui est mise en place à l’égard de beIn Sports et des milliards dont je vous parlais qui vont permette à Nasser Al-Khelaïfi, donc le représentant de l’émir et le président du PSG de devenir vice-président de la ligue de football professionnel qui est censé réguler le PSG, membre du conseil du comité exécutif de l’UEFA qui est censé régulé le PSG, président de l’Association européenne de clubs qui est censée être l’alter ego de l’UEFA et des ligues nationales afin de s’assurer de la défense de ces clubs, et en même temps président de beIn sports donc principal financeur de l’ALFP et de l’UEFA et des clubs concurrents et on pourrait continuer parce que la liste des fonctions n’est pas achevée, monsieur Al-Khelaïfi ayant notamment la qualité d’être ministre de l’État du Qatar.
Dans cette situation il faut évidemment violer de très nombreuses règles de droit, qu’elles soient législatives ou réglementaires, parce que la compatibilité des investissements mis en œuvre par le Qatar au sein du PSG avec notamment le droit de l’Union européenne est évidemment inexistante. Il se trouve cependant que le football étant une affaire particulièrement sensible pour des raisons que je vous ai décrites, la Commission européenne n’a aucun intérêt à y intervenir et la Commission européenne a donc décidé pour des raisons de strict intérêt politique de déléguer la régulation des différents marchés afférents au football professionnel à l’UEFA.
Le prétexte c’est évidemment que les compétions européennes de football traditionnellement se déploient au-delà de la stricte Union européenne. L’UEFA regroupe des fédérations de nombreux territoires plus de quarante territoires qui vont donc au-delà des vingt-sept membres de l’Union européenne et donc il est considéré par la commission que elle ne doit que s’assurer que l’UEFA s’assure elle-même du respect du droit de l’Union européenne par les clubs qui sont concernés sans s’impliquer directement dans la matière.
Donc elle va signer un certain nombre d’accords de coopération, la Commission européenne avec l’UEFA , pour déléguer ses pouvoirs et elle va fonctionner de façon, en fait derrière les rideaux, elle va s’assurer que il y a un respect minimal des règles qu’elle édicte ou en tout cas une apparence de respect, et c’est dans ce cadre-là donc comme je le disais que les règles de fairplay financier vont naître sous l’impulsion de Michel Platini et qu’elles vont avoir vocation à s’appliquer sauf que l’UEFA étant l’un des organismes les plus corrompus qui existe au sein de cette planète, évidemment il va y avoir en permanence des arrangements de toute sorte qui vont empêcher la mise en place des sanctions effectives qui devaient tomber sur les clubs États et clubs oligarchiques qui violaient les règles qui avaient été adoptées que ce soit le PSG, Manchester city et depuis peu Newcastle en ce qui concerne les clubs États, j’en oublie évidemment et des clubs oligarchiques multiplication parce que évidemment l’exemple de Roman Abramovitch s’est déployé jusque en France avec on parle beaucoup du PSG on parle assez peu de Monaco mais je pense que l’exercice de Rybolovlev à Monaco et l’usage qu’il fait des privilèges fiscaux qui sont octroyés à ce micro État que l’on laisse perdurer pour des raisons que la raison ne comprend pas si elle n’est pas corrompue, ne sont pas des moindres dans notre discours.
Dans ces circonstances-là personne n’ose entrer en rupture avec ce système pour une raison très simple, tout le monde en bénéficie, tout le monde bénéficie de l’inflation extraordinaire des droits télévisés, tout le monde bénéficie des sommes d’argent extraordinaires qu’injectent les oligarques et les États au sein du football professionnel et tout le monde enfin bénéficie des investissements qui par ricochet sont faits à partir de ces sommes et qui permettent d’accroître le rayonnement des clubs européens.
Tout le monde en bénéficie encore une fois sauf les supporters qui d’une part n’y comprennent plus rien voient comment des clubs traditionnels puissants commencent à prendre une place extraordinaire, voient comment par ailleurs les compétitions européennes non seulement pour favoriser les clubs États mais aussi les autres grands clubs qui sont en difficulté, disons par exemple du fait de cette concurrence déloyale vont mettre en place des modèles qui vont à leur tour favoriser la concentration des revenus et des bénéfices, et donc on va avoir en fait une oligarchisation du football européen qui va produire ce que vous avez tous vu si vous êtes intéressés par ce football c’est-à-dire des compétitions qui ne sont gagnables que par un nombre toujours plus réduit de clubs qu’ils soient oligarchiques, étatiques ou tout simplement des grands clubs traditionnels, écartant de plus en plus l’effet de surprise faisant perdre de l’intérêt aux compétitions nationales, les écarts de ressources devenant immenses entre les plus grands clubs et le reste des clubs des États concernés et donc par conséquent une perte d’intérêt pour le spectacle, une baisse d’intérêt y compris en termes d’audience télévisuelle vis-à-vis du football professionnel en France et donc l’émergence de projets alternatifs qui dans une forme de fuite en avant vont promouvoir que ce soit via la super ligue donc une compétition de clubs fermés ou via même des modifications des règles du football comme l’a proposé le président du Real Madrid qui proposait de réduire la durée des matchs de football, a renouvelé l’attirance des supporters à l’égard de ce sport de façon artificielle.
Donc nous nous rentrons là-dedans avec l’idée de dire « ça suffit ! » Pourquoi ? Parce que nous défendons des socios du FC Barcelone qui en fait est l’un des rares clubs européens qui a maintenu sa forme associative et qui jusqu’à tard dans les années deux mille était l’un des rares clubs européens qui n’avait par exemple pas de publicité sur leurs maillots. Pourquoi ? Parce que, en fait la défense de l’identité de la ville et plus largement de la Catalogne apparaissait comme une priorité à l’égard des projets justement de rentabilisation que d’autres clubs avaient.
Cela ne veut pas dire que le Football Club Barcelone était un club particulièrement sain, on pourrait revenir de façon très large sur le soutien artificiel qui leur avait été octroyé par les élites catalanes bourgeoises de Barcelone notamment la Kaîsha et les déséquilibres compétitifs qui cela avait été créés mais le fait est qu’ils s’inscrivaient dans une forme de singularité au sein de l’espace footballistique européen comme un certain nombre d’autres clubs espagnols notamment l’Athletic Bilbao ou la Real Sociedad qui encore aujourd’hui soit refusent des publicités soit refusent d’avoir des joueurs qui ne sont pas nés dans la région d’où provient le club afin de préserver une forme d’identité et de liens avec leurs supporters.
Donc pourquoi nous décidons d’intervenir ? Parce que Lionel Messi en août 2021 décide de quitter le club pour le Paris Saint-Germain et que le président du FC Barcelone argue du fait que ce départ aurait été le fruit de l’application des règles du fairplay financier qui exige notamment un ratio entre niveau de salaires et budget du club.
On ne peut pas dépasser 70% en Espagne du taux de salaire attribué aux joueurs vis-à-vis du budget général, c’est une des mesures qui avait été adoptée par l’UEFA au départ pour essayer de limiter l’inflation des salaires des principaux joueurs footballistiques qui était elle-même fruit de cette oligarchisation et de ces investissements étatiques donc que je vous décrivais. Problème.
Si on peut comprendre que l’assainissement des finances des clubs espagnols imposés non seulement par la Liga donc l’organisateur des championnats professionnels espagnols mais aussi par les autorités politiques espagnoles qui avaient imposé un décret suite justement à la crise de 2008 alors que la quasi totalité des clubs espagnols étaient en situation de faillite technique leur imposant justement d’assainir ses bilans financiers et de cesser de dépendre de l’État et de spéculation sur leurs résultats sportifs à venir.
Si l’on peut donc comprendre le sens de ces régulations l’on peut moins comprendre que dans un pays ces régulations qui sont elles-mêmes inspirées des règlements de l’UEFA s’appliquent et que dans un autre pays elles ne s’appliquent pas.
Et là on invoque un des principes fondamentaux du droit de la concurrence au sein de l’Union européenne qui consiste et ça va être le point d’appui de notre démarche qui va par la suite s’étendre à s’appuyer sur l’article 116 du TFU donc du Traité sur le fonctionnent de l’Union européenne qui prohibe toutes distorsions réglementaires et qui exigent de la commission au sein du marché unique, du marché intérieur de l’Union européenne et qui exige de la commission d’intervenir dès lors que des distorsions réglementaires entre deux États interviendraient, de sorte que deux acteurs économiques agissant sur le même marché à l’échelle européenne doivent se voir appliquer exactement les mêmes réglementations ou du moins de façon très semblables quelles que soient leurs nationalités d’origine et si il y a selon votre nationalité d’origine une distorsion réglementaire qui va s’appliquer évidemment il faut intervenir afin de maintenir la dimension unique du marché, et éviter que les règles de pouvoir normatif des États soient utilisées afin de favoriser certains acteurs économiques à l’encontre d’autres et qu’il y ait des formes de protectionnisme déguisé qui s’imposent au sein du marché de l’Union européenne.
Et donc le problème c’est que le PSG avait des ratios qui étaient en termes de fairplay financier bien pire que ceux du Barça au moment où Messi décide de partir du FC Barcelone Messi qui était le joueur phare du FC Barcelone qui depuis l’âge de treize ans jouait au club et qui était évidemment la principale source de bénéfices économiques pour le club parce qu’il était le plus grand joueur si ce n’est de l’histoire du moins de l’époque.
Donc Messi part parce que le FC Barcelone ne peut pas renouveler son contrat et satisfaire à ses exigences économiques et où est-ce qu’il va partir, au PSG, qui lui n’a aucune difficulté à le faire pourquoi d’une part parce que, évidemment le Qatar est prêt à investir ce qu’il faudra pour accroître le rayonnement de son club étendard à quelques années de la coupe du monde.
Comme il l’a fait pour Neymar quelques années avant en payant la clause résolutoire de 222 millions d’euros qu’avait fixé le FC Barcelone mais qui plus est les règles de fairplay financier qui s’appliquent au FC Barcelone ne s’appliquent pas au PSG notamment du fait d’une décision de l’ALFP qui a décidé de décaler leur application à la saison 2023 2024 c’est-à-dire comme par hasard l’année après de l’organisation de la coupe du monde de football au Qatar.
Et donc tous les liens d’interdépendance et de conflits d’intérêts que je viens de vous décrire notamment avec Nasser Al-Khelaïfi commencent à prendre sens et l’on comprend que le PSG bénéficie d’un régime d’exception qui est renforcé par exemple par la convention fiscale entre le Qatar et la France, convention fiscale exorbitante qui permet d’éviter toute forme d’imposition sur les investissements en capital qataris en France qui coûte avec les cinq autres conventions fiscales qui ont été signées avec des pays du golfe afin de favoriser le transfert de ressources de ces pays du golfe à la France la bagatelle de deux cents à trois cents millions d’euros par an aux ressources de l’État, selon une intervention qui avait été faite lors de débats parlementaires sourcés par Bercy.
Et donc on se retrouve dans une situation où il y a des aides d’État directes et indirectes qui malheureusement ne sont pas sanctionnées par le droit européen qui sanctionne les aides d’État qui pourraient justement atteindre à la concurrence pure et parfaite comme nos amis libéraux aiment la décrire mais qui ne les sanctionne que si elles interviennent au sein de l’Union européenne et par des acteurs de l’Union européenne, c’est-à-dire que les aides d’État provenant d’États non membres de l’Union européenne ne sont pas sanctionnées en droit interne en droit de l’Union européenne jusqu’ici il y a un projet de règlement qui est en cours d’adoption et qui va l’être bientôt ce qui explique que les investissements massifs et artificiels de l’État du Qatar au sein du PSG n’ait jamais fait l’objet de contrôle ou de sanction de la part de l’instance de régulation européenne et donc nous nous rentrons là-dedans d’abord en invoquant l’article 116 en disant il y a une distorsion réglementaire qui produit cette chose absurde c’est que pour des raisons réglementaires Messi est obligé de partir du FC Barcelone et parce que ces règlements ne sont pas appliqués en France il peut arriver au PSG qui pourtant est dans une situation plus grave que celle du FC Barcelone au regard de ses obligations réglementaires.
Distorsions qui nous semblent absurdes et qui encore une fois n’a pas que des conséquences que l’on sait qui sont sportives et économiques directes pour le FC Barcelone mais qui menacent le devenir et la nature associative du FC Barcelone parce que et nos craintes se sont concrétisées un an plus tard.
Pour maintenir leur capacité concurrentielle à l’égard de clubs comme le PSG le Barcelone qui jusqu’alors appartenait à chacun de ses membres donc à plus de cent cinquante mille personnes qui en fait en composaient la structure a dû commencer à privatiser des parts de son activité à les vendre à un certain nombre de fonds d’investissements à passer des accords avec notamment Goldman Sachs de façon à débloquer des sommes d’investissements qui leur permettent de payer les salaires et de recruter des joueurs à même niveau que les clubs comme ceux qui sont sponsorisés par le Qatar, l’Arabie saoudite et ainsi de suite.
Et donc dans cette situation-là il y a un risque direct pour les socios de perdre ce qui fait leur patrimoine à la fois matériel parce qu’ils détiennent une part du FC Barcelone chacun d’entre eux, leur contrôle démocratique sur le club et plus largement évidemment symboliquement parlant une perte d’identité qui s’est déjà matérialisée depuis quinze ans.
On a vu le FC Barcelone passé ne pas arborer de publicité pour des raisons éthiques, à arborer le logo de l’UNICEF, à arborer le logo de la Qatar Foundation, à arborer le logo de Qatar Airways , à arborer le logo de Spotify, et donc à transformer ce club qui avait une vocation identitaire au sens noble du terme en une pure plateforme publicitaire.
Aujourd’hui au bord de la privatisation et dépendant de résultats sportifs qui lui permettent de rentabiliser suffisamment son activité de façon à rembourser ses créanciers auprès desquels il a dû s’engager de façon massive et donc en risque de perdre le contrôle complet pour les socios, le FC Barcelone est menacé dans son existence et plus grave que cela s’il ne l’était pas ce serait simplement parce que l’on saurait ou l’on présumerait que l’État espagnol ne laisserait jamais couler cette institution pour des raisons x ou y et serait prêt à le renflouer au dernier moment en investissant des centaines de millions voire des milliards pour payer les dettes au détriment évidemment du coût des contribuables espagnols.
Et il y a peut-être aussi une dimension symbolique plus charnelle mais qui est importante parce que c’est celle-ci qui fait la puissance du football européen et sa capacité d’influence c’est évidemment la désillusion de voire quelqu’un, ce qui est devenu extrêmement rare dans le football professionnel depuis près de 20 ans, qui était resté au sein du même club malgré les offres mirobolantes qui lui avaient été faites des quatre coins de la terre qui symbolisaient une forme de fidélité d’appartenance d’adhésion et donc quelque part portait des valeurs qui pour une fois pouvaient sembler plus positives en tout cas que l’image que donnent souvent les footballeurs et servir de modèle pour les plus jeunes qui les regardaient.
Découvrir que ce joueur a fini par partir parce qu’on lui avait refusé une prime de dix millions d’euros à la signature alors que il a gagné près d’un milliard d’euros depuis le début de sa carrière a été une grande déception je peux vous l’assurer lorsque les révélations d’El Mundo l’ont établi il y a quelques semaines.
En toute circonstance on décide donc d’agir auprès de la Commission européenne en lui demandant de l’inquiéter de reprendre ses prérogatives de cesser de laisser à l’UEFA la mise en œuvre de régulations qui ne sont absolument pas appliquées et une fois que nous obtenons la décision de la commission d’en arriver au Tribunal de l’Union européenne où nous aurons une audience le 18 octobre pour présenter nos arguments, ce qui n’était évidemment pas donné parce que l’intérêt à agir pose question en tant que socio du FC Barcelone on essaye de proposer un certain nombre de novations jurisprudentielles qui ont suscité l’intérêt du tribunal puisque l’affaire a été rapportée par le juge le plus expérimenté du tribunal qui était son président Marc Jaeger et que par ailleurs une décision de tenir une audience a été prise alors que il s’agit justement d’une décision qui n’est pas du tout garantie dans ce genre de procédure et encore une fois alors que nous présentons à priori strictement personne ou en tout cas personne au regard de l’une des agentes de la commission qui au début nous traitait avec une morgue assez extraordinaire et assez symptomatique de l’État encore une fois à mon sens de corruption pour le coup des institutions européennes.
Sur quoi est-ce qu’on s’appuie ?
On s’appuie donc sur l’article 116 sur les distorsions réglementaires on réussit à rattraper les aides d’État, et on réussit à les attraper donc les articles 107 et 108 notamment au regard de cette convention fiscale et on essaye d’y rattacher les décisions normatives qui ont été prises en faveur du PSG par les instances nationales du fait des situations de conflit d’intérêt que l’on a décrites et donc on essaye de démontrer comment la France a cherché à contourner les régulations sur les aides d’État qui s’imposent aux États de l’Union européenne en mettant en place un accord de coopération avec le Qatar dans l’objectif justement à travers cet accord de coopération de pouvoir investir massivement dans un des secteurs stratégiques sur lequel la France souhaitait se renforcer sans avoir à s’en justifier et donc à artificiellement renforcer un acteur économique au détriment des autres acteurs de l’Union européenne.
Et enfin et de façon beaucoup plus solide à notre sens évidemment nous attaquons sur l’entente et sur les notions d’accord d’entreprise, c’est-à-dire que nous décrivons le Qatar comme étant une entité au sens économique et au sens du droit de l’Union européenne qui agglomère d’une part parce que la confusion entre ressources d’État et ressources privées appartenant à l’émir est complète et d’autre part du fait du système qui a été créé entre d’un côté le PSG et de l’autre beIn sports qui permette d’intervenir en amont et en aval des différents marchés afférents au football professionnel et en conséquence de quoi de prendre en étau les régulateurs et organisateurs de compétition sportive notamment la ligue de football professionnel dont nous interrogeons et ça va être le sujet d’une décision de la CJUE en novembre le conflit d’intérêt qui consiste à être à la fois organisateur de compétition sportive donc à en fixer les règles et en même temps acteur économique bénéficiant d’investissements qui proviennent notamment d’une entité, le Qatar, qui agit donc à la fois comme acheteuse de droit de télévision et comme club de football et surtout comme principal club de football des compétitions qui sont censées être régulées par ceux qui perçoivent de l’argent des droits de diffusion.
Vous voyez une situation qui met en situation de dépendance des instances régulatrices qui les met en position de conflit d’intérêt et qui expliquent les décisions favorables qu’elles vont prendre à titre réglementaire de façon systématique à l’égard du PSG y compris sur des points les plus anodins et presque drôles du terme, vous vous souvenez parfaitement que lorsque Messi est recruté par le PSG pour des questions de marketing on décide de lui attribuer le numéro 30 sur le maillot.
Or malheureusement il y a au sein du règlement de la FFF ou de l’ALFP je ne me souviens pas un article qui réserve le numéro 30 au gardien de but et pourtant en fait l’ALFP en dehors de tout cadre réglementaire va autoriser une exception pour Lionel Messi sans même chercher à s’en justifier d’un point de vue normatif on aurait pu s’amuser à faire un recours devant le Tribunal administratif sur ce point mais on a préféré l’intégrer à notre argumentaire plus général.
Donc on arrive avec cette aventure quelque part rigolote et un peu absurde et en plus on va avoir le culot non seulement de se lancer mais de continuer pendant toute une année à renforcer notre argumentaire avec une équipe de jeunes étudiants qui m’accompagnaient de Sciences Po, d’Assas dont certains sont ici, et miracle, le PSG va redoubler la mise avec le renouvellement du contrat de Kylian Mbappé avec des sommes qui là deviennent parfaitement astronomiques et qui empêchent le Real Madrid qui a beaucoup de défauts et c’est un coulé qui vous parle donc avec aucune sympathie pour ce club à priori mais qui a quand même la qualité depuis un certain nombre d’années de jouer à l’acteur économique particulièrement conservateur en accumulant des ressources et en se désendettant de façon à être en mesure au bout de quelques années de pouvoir recruter un joueur comme Kylian Mbappé pour se mettre en position de concurrence à l’égard de clubs comme Paris Saint-Germain, Manchester City etc.
Et bien même en faisant cet effort extraordinaire qui va amener à des mercatos particulièrement insignifiants pour le Real pendant ces années qui vont les amener à avoir systématiquement des exercices bénéficiaires d’un point de vue économique une fois que l’heure de vérité intervient et malgré évidemment toute une série d’accords qui a été mise en place avec Kylian Mbappé malgré le fait que Kylian Mbappé est pris en photo depuis l’âge de treize ans avec des maillots du Real Madrid et des posters du Real Madrid dans tous les sens, l’intervention du Qatar, de Al-Khelaïfi qui quelques mois auparavant dit qu’il ne partira jamais du club je ne sais pas si vous vous souvenez combiné à celle des autorités françaises avec quand même un appel du président de la République lui-même pour s’assurer que monsieur Mbappé restera en France, appel qui suit un entretien téléphonique avec Al-Thani par lequel ils discutent un certain nombre d’enjeux stratégiques dont le football mais encore une fois dont Airbus et notamment le conflit qui à l’époque opposait Airbus avec Qatar Airways je ne sais pas si vous avez entendu de ce conflit qui est en cours par rapport je ne sais plus si c’est par rapport aux A350 ou A380, et bien dans ce cadre-là Kylian Mbappé va finir par évidemment contre une lourde rémunération rester dans notre pays et continuer à jouer pour le Paris Saint-Germain, ce qui va passablement irriter le président de la Liga, Javier Tebas, qui avait déjà tenté de bloquer le transfert de Neymar du FC Barcelone au PSG en invoquant un certain nombre de dispositions réglementaires et qui cette fois va décider que la coupe est pleine et va nous demander de travailler avec eux et va décider non pas de se joindre à nos recours mais de déposer de nouveaux recours fondés sur les mêmes déploiements argumentatifs sur le même raisonnement et qui visent en fait à enfin obtenir une harmonisation des règles concurrentielles au sein du football européen à travers une intervention de la Commission européenne, ce qui serait évidemment pour ceux qui d’entre vous qui étudient le droit de la concurrence une bombe absolue, c’est-à-dire que la Liga demande que la Commission européenne remplisse les formulaires afférents aux articles 101, 102, 106, 107, et dans une moindre mesure 116 il n’y a pas de formulaire spécifique mais qu’importe et qu’elle lui demande d’intervenir sur ces domaines.
Ce serait quelque chose d’assez inédit et particulièrement extraordinaire parce que ça romprait les pactes tacites et les accords qui ont été mis en œuvre entre tous ces acteurs jusqu’ici qui avaient fait du fairplay financier une forme de marchandage normatif par lequel on l’utilisait et on le poussait les menaces de sanction vis-à-vis d’acteurs économiques jusqu’à un certain point de façon à obtenir de leur part des concessions et après on renonçait à appliquer les règles puisque il y avait une satisfaction générale des acteurs les plus puissants de ces marchés au sein de l’Union européenne.
Donc l’idée est de sortir de cette logique et de rentrer dans une réintervention de la part des autorités régulatrices qui va enfin permettre d’assainir ce système et qui par l’harmonisation des normes permettent de limiter ces influx financiers qui nous semblent délétères qui semblent instrumentaliser ces marchés et évidemment ces compétions sportives à des fins politiques et de propagande qui coûtent la vie à un certain nombre de personnes.
On a présenté hier la situation de Tayeb Benabderrahmane, un citoyen français qui a été arrêté arbitrairement classé au secret au Qatar torturé pendant des mois avant d’être libéré sous conditions de rendre des documents dont il était présumé avoir eu accès concernant justement les mécanismes de corruption qui avaient été mis en place par l’émir et monsieur Al-Khelaïfi en personne, le protocole transactionnel permettant d’obtenir sa libération et donc la sortie des geôles où il avait été torturé étant signé de monsieur Al-Khelaïfi en personne, ce qui dit quand même le sentiment d’impunité qui habite ces individus et lorsque j’ai eu une discussion avec l’AFP sur l’opportunité de couvrir cette affaire ils ont le culot et là aussi ça doit être quelque chose qui devrait vous interpeller par rapport à la façon dont l’espace médiatique est régulé et subjectivé de façon à vous faire consentir à l’ordre existant, ils nous indiquent que rien ne leur permet de déterminer à ce stade que monsieur Al-Khelaïfi était au courant de la détention de monsieur Benabderrahmane au moment où il signe ce protocole alors qu’il est évident qu’il a été arrêté sur ordre de monsieur Al-Khelaïfi par peur qu’il diffuse ces informations et qu’il était détenu jusqu’à ce que monsieur Al-Khelaïfi soit sûr que ces informations ne soient pas publiées, sa libération intervenant le lendemain de la fin du procès d’une des procédures qui avait été lancée contre monsieur Al-Khelaïfi en Suisse et son retour en France, autorisée qu’à cet instant-là.
Voilà l’exposé que je souhaitais vous faire qui vous permet un peu d’avoir les raisons qui nous ont amené à nous impliquer dans ce domaine alors évidemment ca suscite beaucoup de tensions et de jalousie de la conférence de presse qu’on a organisée hier sur monsieur Benabderrahmane a amené pas moins de trois agences de communication différentes à me solliciter pour savoir où est-ce qu’elle se déroulait parce que c’est-à-dire qu’en fait le Qatar met en concurrence les principales agences de communication de relations publiques de la place parisienne, en même temps pour travailler en leur faveur, pour s’assurer d’avoir toutes les informations qui concernent ces questions extrêmement sensibles et pouvoir après allumer des contrefeux intoxiquer les rédactions de façon à étouffer au maximum ce genre de sujet, ce sont des affaires qui touchent à des responsables politiques de très haut niveau en l’occurrence cette affaire en particulier mais de façon plus générale comme vous l’imaginez tous qui a trait au football professionnel et à l’implication du Qatar en France et donc qui nous mettent dans une situation de vulnérabilité extraordinaire vis-à-vis de ces appareils de pouvoir et donc il nous semblait important aussi au regard de l’irritation que peut susciter et j’en comprends parfaitement ce genre d’intervention pour les supporters du PSG en particulier qui croient sincèrement encore dans le fait que cette instance aurait quelque chose qui pourrait les relier à eux et c’est là où la puissance symbolique du football joue à plein.
C’est-à-dire que vous êtes face à une instance qui est l’une des plus corrompues que la terre ait fécondée mais parce que c’est du football on le tolère tous y compris en tant que citoyen et parce qu’on s’y identifie d’une façon ou d’une autre parce que depuis l’enfance on a suivi ces activités on est prêt à se soumettre complètement au joug des personnes qui ont pris le contrôle sur ces instances qui n’ont évidemment rien de démocratique mais plus largement rien de sain. Je vous remercie de vous être déplacés. Question C’était sur les deux aspects juridiques dont vous avez parlé.
Si c’est l’Espagne qui a pris un décret et qu’il y ait des distorsions réglementaires au sein de l’Union européenne.
Juan Branco Le décret espagnol, on considère qu’il y a une forme, de la même façon on considère que l’UEFA agit en délégation des compétences de la Commission européenne, on considère que le système mis en place par l’UEFA est une sorte d’imitation du système normatif de l’Union européenne et que en gros il y ait des réglementations de l’UEFA qui doivent être transposées en droit national, le règlement sur l’octroi de licences de club et le fairplay financier c’est comme ça qu’il s’appelle qui a été adopté par l’UEFA détermine bien la position de délégataire des ligues de football professionnelles nationales au regard de l’application d’un certain nombre de critères qui sont fixés par l’UEFA à l’échelle européenne, c’est-à-dire qu’en fait l’UEFA fixe des critères sur le fairplay financier, il y a eu plusieurs États, mais disons en gros depuis 2011 et à partir de là elle considère que les instances nationales doivent s’assurer de leur transposition en droit interne et de leur contrôle et de leur application.
Donc il y a deux niveaux de contrôle au fairplay financier théoriquement.
Il y a celui qui est exercé par l’UEFA donc il y a une chambre d’appel qui est à la fois une chambre d’instruction et puis après une chambre de jugement et il y a au sein des instances nationales, et donc c’est par exemple le cas en France de la DNCG qui a pour fonction de contrôler un certain nombre d’éléments relatifs au fairplay non seulement nationaux tels que ceux que je vous ai décris concernant le ratio de 70% et un deuxième dont l’application a été décalée à la saison 2023-2024 alors qu’elle a été adoptée en 2019, mais également c’est dans les statuts elle a pour fonction de s’assurer du respect des critères et indicateurs qui ont été établis par l’UEFA.
C’est dans les règlements à la fois de l’AEFP et de la DNCG et donc ils ont une fonction délégataire et c’est cette fonction qui est défaillante qui est volontairement non appliquée et qui fait que même si la violation par le PSG de ces critères de FPF a été acquises par exemple cet été une nouvelle fois, ce qui a amené à un protocole adopté par l’UEFA, je ne sais pas si vous avez vu ces informations, la DNCG n’en a pas tiré conséquence, la DNCG c’est la Direction nationale de contrôle et de gestion des clubs qui est une sorte d’instance créée par l’ALFP pour s’assurer de la santé financière des clubs français avec une grande efficacité comme on l’a vu notamment avec Bordeaux, et donc on est sur une situation où il y a une violation systématique de ces obligations de la part de l’autorité de contrôle national c’est pour ça qu’on a fait aussi appel au Tribunal administratif alors sans espoir parce que on sait comment fonctionne la justice administrative mais symboliquement et aussi pour pousser dans ses contradictions les instances internes.
Et le deuxième élément de réponse c’est que il est extrêmement important en particulier pour notre affaire que la DNCG vérifie le contrôle de ces indicateurs, la DNCG ou un autre organe de l’ALFP qu’importe pour une raison très simple parce que le respect de ces indicateurs est censé être un critère qui permet au contrat signé par les clubs français d’être automatiquement homologué par l’ALFP ou de faire l’objet d’une procédure de contrôle spécifique.
Et nous les deux décisions qu’on a attaquées auprès du Tribunal administratif ce sont des décisions d’homologation des contrats de Lionel Messi et de Kylian Mbappé en considérant que puisque le PSG ne respectait pas les indicateurs que ce soit nationaux ou imposés par l’UEFA il y aurait dû avoir une procédure de contrôle qui s’appliquait préalablement à cette homologation.
Or cette homologation a été automatiquement actée puisque la DNCG n’a jamais rien vu en ce qui concerne les comptes du PSG qui la troublaient ce qui est pour le moins en l’occurrence troublant, je ne suis pas rentré dans les détails de stratégie de contournement du fairplay financier par le PSG, la signature d’accords fantômes, notamment avec des entreprises qu’ils ont sauvées comme Accor qui leur permettent de récupérer des centaines de millions d’euros de sponsoring de façon purement artificielle, le plus bel accord dans ce cadre c’était la Qatar Tourism Authority qui a injecté près d’un milliard d’euros, près d’un milliard d’euros au sein du PSG en dix ans, sans aucune contrepartie, sans aucune contrepartie, en considérant que par définition le PSG participait au rayonnement du Qatar, la réelle valeur de ces contrats telle qu’elle a été évaluée par l’UEFA après un contrôle par deux cabinets de consultants indépendants étaient de quelques dizaines de millions d’euros.
Et en fait évidemment dans cet écart existe une tentative de combler le creux qui avait été créé par l’absence de ressources d’un club qui encore une fois lorsqu’il a été racheté par le Qatar était un club parfaitement inexistant à l’échelle européenne et à fortiori mondiale. La question des clubs anglais qui font partie de l’Union européenne pourrait imposer les mêmes équivalences réglementaires ? Juan Branco C’est une question intéressante.
Ça serait le fruit d’un rapport de force qui consisterait à conditionner l’accès aux compétitions organisées par l’UEFA ou par quelconque organe délégataire qui s’y substituerait au respect des critères établis par la Commission européenne et donc à partir de là évidemment dans une situation où les principaux marchés du football sont encore au sein de l’Union européenne une capacité à mon avis assez limitée de la part du Royaume Uni d’essayer d’en échapper. Si en tout cas ils continuaient à vouloir tirer des ressources de leur participation à la Champions League et ainsi de suite.
Question Juan Branco C’est une question extrêmement importante mais qui dépasse très largement le cadre de cette affaire parce que au contraire cette affaire de façon miraculeuse alors que encore une fois on travaillait de façon pro bono dessus pendant près d’un an ce qui est particulièrement singulier au sein des milieux du football, je pense qu’on nous regardait un peu comme des extra terrestres, on s’est un peu foutu de notre gueule au début.
Et ce qui a amené évidemment à des approches une fois qu’on a obtenu l’audience auprès du Tribunal de l’Union européenne et qu’ils ont commencé à se demander ce qu’il se passe, avec des tentatives de récupération, d’instrumentalisation et voire pour le coup de corruption.
Honnêtement je pense que le droit de la concurrence c’est quelque chose d’assez bête, très mécanique, c’est beaucoup de choses à intégrer et à absorber mais qui requiert un effort en termes d’intelligence qui n’est pas extraordinaire et qui permet par le raisonnement de contrebalancer les puissances qui vont être mobilisées en face qui vont certes avoir des ressources extraordinaires mais qui vont réfléchir dans un cadre déjà déterminé, c’est-à-dire que il y a très peu de personnes qui à mon sens aurait eu l’intuition de mobiliser l’article 116 du TFUE sur une affaire comme le recrutement de Lionel Messi par le PSG.
Il y a très peu de personnes même de façon plus générale qui aurait pensé que l’article 116 du TFUE pouvait s’appliquer au fairplay financier et à fortiori il y a très peu de personnes qui pensaient qu’il y aurait un sens d’espérer qu’il y ait un pouvoir d’injonction de quelque ordre que ce soit de la part d’un tribunal à l’égard de la Commission européenne en application du TFUE et donc les agents de la Commission européenne qui sont des gens très satisfaits d’eux-mêmes très grassement payés et très heureux d’attendre leur recrutement par des grands cabinets d’affaires pour se mettre en pré retraite.
Ils nous ont vraiment traités comme des chiens au début, et je peux vous dire qu’ils ont été humiliés par le tribunal à plusieurs reprises. Il y a eu un retour de bâton extrêmement violent pour eux.
Ça a été la même chose pour le cabinet qui avait été mobilisé par la ligue de football professionnel au sein du Tribunal administratif et ils ont vu une montée en puissance progressive qu’on a mise en place, parce que on était passionné, parce que on était relativement malin, et parce que justement le fait de ne pas être formaté, c’est-à-dire de ne pas arriver à partir d’un cadre établi qu’on nous aurait inculqué parce que on avait fait notre master en droit économique de l’Union européenne, aucune critique à ceux qui le font évidemment, mais parce qu’on a dû apprendre sur le tas à partir d’une indignation ou d’un sentiment et qu’on n’a par contre un grand sens de la rigueur et qu’on aime faire les choses bien, ça nous a amené à penser en décalé et surtout à interroger les évidences auxquelles on s’exposait.
Donc par exemple la Commission européenne nous dit, c’est évident que vous n’avez pas d’intérêt à agir en tant que socios du FC Barcelone. On leur répond pourquoi ? Le droit administratif français donne à inter réagir à n’importe quel membre d’une association par exemple. On sait que la jurisprudence interdit aux actionnaires de revendiquer à inter réagir au nom de l’entreprise dont ils détiennent des actions au sein de l’Union européenne mais pourquoi est-ce que s’appliquerait ou ça se transposerait tel quel pour les membres d’une association ? Et là ils n’ont pas de réponse. Ils n’ont pas de jurisprudence. Donc du coup potentiellement novation jurisprudentielle de la part du TUE.
Est-ce que ça va dire qu’on va gagner ? Très probablement pas. En tout cas sur la procédure mise en œuvre par les socios, on part de tellement loin, c’est tellement absurde et on partait tellement tôt, c’est-à-dire qu’on a dû en une semaine bricoler une des procédures à la fois devant le TA parce que on était en urgence et devant la commission puis le TUE. Mais je peux vous dire justement qu’un an plus tard au moment où la Liga nous contacte et que elle nous demande de présenter nos arguments et compagnie leur département juridique est suffisamment impressionné pour dire on y va, on vous prend, (nom d’un cabinet ?) et compagnie on verra une autre fois.
Question Juan Branco Si on est présomptueux on espère un nouvel arrêt Bosman mais inversé. On espère vraiment une remise à plat du fonctionnement du football européen.
On est par exemple en opposition assez claire avec la Junta du FC Barcelone donc on a eu pas mal de discussions avec des émissaires de Joan Laporta pour essayer de voir si il y avait des points d’accords potentiels ou si on pouvait avancer ensemble, et eux ils sont dans la perspective strictement inverse, ce qui se comprend depuis leur perspective, c’est-à-dire que ils ont un club en quasi faillite et ils doivent trouver des solutions de très court terme et donc ils disent nous notre solution c’est super ligue, c’est-à-dire accroissement encore de la financiarisation du football européen, accroissement de l’investissement en capital pour obtenir un accroissement des ressources à l’échelle européenne mais aussi mondiale, ce qui nous semble complètement illusoire alors qu’on est à la veille potentiellement d’un éclatement, encore une fois je pense qu’on n’en est pas loin du projet européen, mais même de façon plus générale d’une crise générale et notamment d’une désaffection massive de la part des supporters du fait de leur incapacité à suivre les exigences économiques qui leur sont imposées pour continuer à être des supporters, c’est-à-dire que le football prend racine dans le fait d’être un sport populaire et si on interdit de façon si excessive ou qu’on met des barrières d’entrée à chaque fois croissantes et qu’on crée un décalage si important entre la population et les acteurs économiques et professionnels de ce sport, on va selon nous à l’abîme.
Et donc nous nous faisons le pari d’une novation jurisprudentielle, d’une novation réglementaire qui permette de stabiliser le secteur économique qui certes ne permet pas de continuer à rêver à une sorte d’expansion illimitée et des milliards et des milliards supplémentaires qui feraient parce que, ils essayent de me vendre ça. Ils ne sont pas très malins, mais ils essayent vraiment de dire mais vous vous rendez compte c’est le principal actif des européens c’est la seule chose qui nous reste qui nous permet de faire rêver le monde entier, il faut absolument qu’on renforce sinon on va se faire dépasser.
Sauf qu’ils ne voient pas que, au sein de l’Union européenne, au sein de l’Europe elle-même il y a une sorte de désolidarisation vis-à-vis de ce système qui va devenir à notre sens irrémédiable.
Donc notre ambition c’est celle-là, on y croit sincèrement comme dans tout ce que l’on fait, je pense que c’est ce qui nous donne une force importante et ce qui aussi nous fait passer pour des fous auprès d’un certain nombre d’interlocuteurs et nous vaut beaucoup de violence quand ils se rendent compte que l’on devient potentiellement dangereux, mais on y tient vraiment et on tient vraiment et ça a été un enjeu quand la Liga a décidé de faire de nous leur client de comment préserver je ne sais pas si c’est de la pureté mais en tout cas l’entièreté de notre engagement. Et par exemple on a maintenu tous les arguments qu’on avait mis en œuvre sur le premier recours.
On n’e nous a pas demandé de renoncer à ce recours d’une quelconque façon et on essaye de ne pas devenir des instruments de lutte de pouvoir qui ferait que in fine à un moment donné on nous demanderait de tout retirer à la dernière minute parce que un énième accord aurait été trouvé donc on essaye de cranter les choses progressivement et on a l’impression que nos clients sont prêts à nous suivre, ils nous ont engagés pour une durée de plusieurs années. Ils veulent nous confier de nouveaux dossiers y compris sur des questions qui ont trait justement à des questions satellitaires donc notamment sur les droits télévisés etc. à priori ça se passe bien.
Et de notre côté on n’est pas embarrassé par ce qu’on fait. Après il y a toujours une question quand vous entrez dans une institution judiciaire, c’est évidemment la subjectivité est immense contrairement à ce que on essaye de vous faire croire à l’école, la capacité à incarner et à représenter un poids qui soit potentiellement sinon menaçant du moins suffisamment important pour forcer la prise en considération de nos arguments par la justice n’est pas chose évidente et c’est sûr que le pari que l’on fait d’une radicalité à tous les niveaux peut desservir notamment sur les juridictions qui sont les plus asservies, c’est évidemment le cas de la juridiction administrative en France.
Donc vous savez évidemment à quel point elle est liée aux intérêts politiques et étatiques de ce pays.
C’est très intéressant, je vous suggère de faire l’expérience, au Tribunal administratif de Paris, ils ont mis une petite borne où vous pouvez consulter les dernières décisions rendues et vous pouvez faire défiler comme ça, c’est génial parce que c’est « rejet, rejet, rejet, rejet, rejet, satisfaction partielle, rejet, rejet, rejet, rejet, rejet, rejet, satisfaction partielle » Et évidemment on vous fait étudier les quelques arrêts aux décisions qui vont dans l’autre sens et qui du coup créent un peu d’excitation mais la réalité quotidienne de ces institutions c’est quelque chose de complètement aberrant. Question Juan Branco Non on n’a pas envie de se compromettre.
On fait un peu un pari je ne sais pas si c’est hystérique ou sacrificiel, on peut le considérer en positif ou en négatif qui consiste vraiment à préserver notre intégrité à tout prix. Une personne dans ma situation actuelle qui a été rappelée avec une certaine élégance mais avec quelques erreurs par notre camarade tout à l’heure, théoriquement c’est quelqu’un qui s’écrase et qui accepte tous les compromis parce que il a reçu un avertissement extrêmement violent et que sa liberté est en jeu et qu’il a compris le message et qu’il accepte de disparaître.
C’est ce que je dis souvent aux gilets jaunes auprès de qui on continue d’intervenir régulièrement : ne faites jamais confiance à quelqu’un dans une situation comme la mienne, parce que le réflexe naturel ça va être de trouver un arrangement, et il est toujours possible pour une personne de ma condition sociale ou de ce que j’imagine être pour une grande partie d’entre vous de la vôtre, de trouver des arrangements y compris dans les situations les plus extrêmes.
Et l’appareil judiciaire contrairement encore une fois à ce qu’on essaye de vous raconter de la façon systématique est loin d’être un appareil qui va traiter chacun des français et des citoyens à égalité et qui va se refuser à toute forme de distorsion en jugeant au nom du peuple français de façon aveugle comme sa figuration l’indique.
Donc ça a un prix énorme, c’est extrêmement violent, mais on croit vraiment dans le sens de le faire y compris symboliquement parlant parce que si évidemment sur le court terme on se prend des attaques complètement délirantes et que typiquement sur l’affaire de monsieur Benabderrahmane enfin ce que je vous raconte sur l’AFP c’est significatif, comment est-ce que vous faites face à ça ?
comment est-ce que vous faites non seulement sur le moment mais plus largement pour jouer le rapport de force ensuite notamment face à l’institution judiciaire, une dépêche de l’AFP par exemple c’est ce qui va vous permette d’obtenir la saisine d’un juge d’instruction immédiatement, ça va forcer le parquet à réagir et du coup enquêter sur ces actes de torture allégués et ainsi de suite, si vous avez un étouffoir qui est créé en amont dans l’espace public, tout d’un coup l’institution judiciaire va se sentir beaucoup plus confortable et va prendre son temps et va attendre jusqu’à plus d’un an avant de désigner un juge d’instruction et ainsi peu à peu enterrer les affaires comme celles qui concerne monsieur Al-Khelaïfi dont vous savez qu’il est quand même l’objet d’un certain nombre de procédures qui sont d’ailleurs à l’origine de celle-ci, on pourrait y revenir une autre fois et qui va doucement réussi à les enterrer.
Donc il faut comprendre la démarche un peu absurde par rapport au fonctionnement actuel mais qui justement est la seule qui nous permet d’avoir une forme de crédibilité par rapport à notre exigence à l’égard de ces institutions. C’est seulement parce qu’on est extrêmement exigeants à notre propre égard qu’on est en capacité de leur demander de l’être tout autant institutionnellement parlant et de faire les réformes nécessaires et de leur parler avec l’aplomb et l’autorité qui en les regardant droit dans les yeux finira peut-être par provoquer à un moment ou à un autre la bascule nécessaire à cet égard. Question Juan Branco C’est intéressant. Je ne suis pas en train de…
c’est à titre d’exemple pour l’AFP. Des exemples comme ça vous en avez plein. Donc ils viennent à la conférence de presse ils ramènent l’AFP TV pour filmer pour la diffuser à l’échelle mondiale et compagnie, ils sont prêts à lancer tout le truc, ils posent des questions, ils trouvent ça très intéressants etc. et donc ils finissent par nous opposer cet argument qui consiste à dire : ah mais comment déterminer que le ministre du Qatar était au courant que la personne avec laquelle il signe un accord transactionnel était détenu au Qatar au moment où il le fait ?
Vous comprenez que soit il y a une intervention hiérarchique, l’AFP dépend quasi exclusivement de subventions de l’État, il faut quand même… Alors c’est important pourquoi est-ce que je parle de l’AFP ? Pour ceux qui ne sont pas sensibilisés au fonctionnement de l’espace médiatique, il y a trois ou quatre agences dans le monde c’est ce que l’on appelle des agences. L’Agence France Presse, Associated Press, Reuters, ce sont les trois principales.
Après il y a des agences un peu plus spécialisées comme Bloomberg et compagnie qui ont des journalistes dans le monde entier et qui sont chargés de recueillir de la manière la plus objective et neutre possible des informations et vérifiées et de les dispatcher contre abonnement dans les rédactions du monde entier.
Donc une grande partie du travail des rédactions n’est pas du tout d’aller chercher l’information à la source mais à partir de la matière première qui ont été données par ces agences de créer un traitement journalistique d’introduire leur subjectivité de compléter avec un certain nombre d’informations supplémentaires et je pense que 80 % des choses que vous lisez provient de ces agences. Donc si ce que vous essayez de rendre public ou de faire connaître n’est pas relevé et relayé par l’une de ces agences ça va être très compliqué pour vous ne serait-ce que de s’assurer que les journalistes sont au courant de ce qui est en train de vous arriver.
Et donc évidemment à fortiori de s’y intéresser d’interroger les autorités de les mettre en position d’avoir à argumenter de se justifier et donc finalement de les amener à transiger à dire bon ok, en effet on va s’occuper de cette affaire alors qu’en fait on n’avait pas du tout envie parce que ça touche à des gens hyper puissants et que ça va nuire à notre carrière.
Et donc ces gens qui travaillent au sein de ces agences ont une puissance extraordinaire, en fait ils invisibilisent, ou ils visibilisent moi par exemple comme vous avez mentionné le fait que j’avais gagné un procès contre Emmanuel Macron dont il était porté plainte personnellement avec Brigitte Macon contre un gilet qui avait eu l’indécence de se baigner avec un homard gonflable devant le Fort de Brégançon. J’ai gagné ce procès. Je peux vous dire que quand la présidente du tribunal correctionnel rend la décision, elle a les mains qui tremblent, et le regard figé sur moi en mode qu’est-ce qui va arriver dans la suite de ma carrière, la correspondante AFP est présente. Pas de dépêche.
Pourquoi ? Parce que la décision nous est favorable. Parce que c’est extrêmement humiliant pour un président de la République d’avoir porté plainte contre un gilet jaune qui par ailleurs était sans domicile fixe parce qu’il se sentait diffamé parce qu’il s’était baigné devant le fort de Brégançon avec un homard gonflable. Enfin il y a quelque chose de tellement indécent. Donc voilà pas de dépêche.
Donc du coup évidemment ça change tout non seulement directement mais aussi indirectement parce que cette information n’étant pas connue ne se répercutant pas sur des encyclopédies en ligne, il va y avoir tout un effet par ricochet qui cumulé va finir vous allez vous construire une image à la fois du pouvoir politique, de ses opposants et plus généralement de la situation générale dans laquelle vous vous inscrivez qui va être nécessairement orientée par les décisions qui vont être prises sur le fondement d’arguments tel que celui que je vous ai présenté en l’occurrence à titre d’exemple mais ce qui vous permet de comprendre à quel point les enjeux de pouvoir sont fondamentaux dans ce qu’ils décident de rendre visibles ou de ne pas rendre visibles.
Et donc dans ces circonstances en l’occurrence souvent j’explosais parce que ça me rendait tellement furieux que je décidais de... et là parce que je pense que la situation de mon client le justifie, parce que l’argumentaire ne tenait tellement pas j’ai ré insisté très cordialement, donc j’ai fait l’effort, je l’ai re rencontrée, j’ai ré expliqué les choses. La réaction de 90 % des gens qui sont concernées par ces agences de presse qui sont un excellent de presse, c’est de passer un coup de fil au supérieur hiérarchique. Et moi justement parce que j’ai refusé de rentrer dans ces dispositions de pouvoir je me refuse à ça.
j’accepte cette soumission à cet ordre qui est parfois complètement délirant mais justement pour éviter de rentrer dans des liens d’interdépendance qui après pourraient m’être exigés en retour, et donc à l’horizontal vis-à-vis de ces journaliste j’ai fait tout un travail de « pédagogie » pour reprendre un terme macronien, pour essayer de lui expliquer à quel point ça me semblait irrationnel, je ne lui ai pas dit ce que je pensais, là l’AFP ce qu’elle était en train d’essayer de faire c’était d’essayer de couvrir une affaire de torture contre un citoyen français.
Ce qui est quand même un scandale énorme, qui en soi devrait produire du scandale et devrait produire au sein des médias d’information des débats sur pourquoi et comment ça se fait et ainsi de suite. J’ai décidé de ne pas rentrer dans un truc confrontationnel et donc on verra si éventuellement elle décide de le faire. Mais c’est très clair que selon où vous soyez d’un côté ou l’autre du pouvoir vous allez avoir une capacité à visibiliser vos succès et invisibiliser vos échecs qui va être proportionnel à votre influence et à la crainte que vont avoir ces appareils d’information des décisions que vous prendrez.
Question Juan Branco Il y avait une trentaine de journalistes présents à cette conférence de presse qui était quand même un succès important.
Mais c’est là où c’est très intéressant, pourquoi est-ce qu’on arrive à mobiliser des gens et in fine à convaincre quelques réactions de publier sur ces questions avec des pincettes, on ne peut pas dire que leurs articles soient très favorables alors même qu’ils n’ont jamais rien dit sur tous les opposants politiques qui ont été détenus au Qatar torturés au Qatar qui ne font que reprendre des rapports d’ONG quand il s’agit des populations sud asiatiques sans jamais aller enquêter par eux-mêmes qui meurent par milliers et ainsi de suite c’est parce que en fait notre client a été accusé de détenir des informations sur l’organisation de la coupe du monde de football.
Et l’excitation que cela produit chez ces journalistes permet de les attirer à une affaire qui nous semble importante en soi, c’est-à-dire des actes de tortures, de kidnapping et compagnie ordonnés par une des personnes les plus puissantes de l’État du Qatar mais aussi par l’establishment français parce que Nasser Al-Khelaïfi a fini par s’installer dans ces domaines. Et donc l’idée c’est de contourner l’obstacle ce qui explique le traitement journalistique gêné, eux ils viennent pour manger le scoop pour avoir l’excitation etc.
quelque part on les oblige à un traitement journalistique de fond et on leur dit attendez mais si vous voulez ces informations il faut aller chez ceux qui sont censés les avoir produites et les ont récupérées, donc les qatariens ou les avocats du Qatar français qui l’ont représentés à l’époque qui sont les gens les plus reconnus de la profession en théorie qui ont gagné des millions en cette affaire, en forçant une famille à se soumettre de façon extrêmement humiliante pour obtenir leur rémunération et vous ne devez pas vous attendre à ce que mon client finisse de se sacrifier de façon définitive voire se faire tuer, pour satisfaire votre excitation libidinale de l’instant.
Faites votre travail. Protégez-le. Exposez les faits dont il est question, exposez les faits de torture, démontrez que vous êtes capables de visibiliser ces excès de façon à ce que lui-même puisse se sentir en confiance et se dire il ne va rien m’arriver si demain ça sort. Parce que le coût que quelque chose lui arrive sera trop important en termes d’exposition médiatique d’impact social et compagnie. Alors que là on est en train d’envoyer le signal contraire qui consiste à dire si il t’arrive quelque chose coco tu auras peut-être un quart de page dans Le Monde puis après tout le monde t’oubliera et du coup ils n’auront pas peur de vous intimider de vous piéger et ainsi de suite.
On est sur un rapport de force, malheureusement ou heureusement, l’espace médiatique est un champ de pouvoirs il est traversé de milliers de champs de pouvoirs contradictoires et il sert de relais à ces champs de pouvoirs, il ne fait que ça d’ailleurs, c’est la fonction de l’espace médiatique, il n’y a pas de bien en soi à l’espace médiatique, c’est un outil, un instrument et trop souvent se considère comme tel, très confortablement installé dans la fonction de jouer l’instrument et le relais des appareils de pouvoir et non pas des intérêts de la société et d’idéaux que l’on pourrait tous partager.
Question Juan Branco Sur la question de Lionel Messi les dernières révélations tendent à montrer que l’appétit de gain incommensurable de la part de son entourage faisait que en effet il était en train de forcer les dispositions mais qui ne pouvait être forcé que parce que des clubs comme le PSG existaient et qui lui permettait de négocier son départ, en tout cas négocier des contrats à la hausse sous la menace sinon d’un départ vers l’un de ces clubs qui eux pouvaient de façon illimitée le rémunérer.
Ça joue un rôle très important même si l’intention réelle de Lionel Messi n’aurait été que de gagner le plus d’argent possible où que ce soit en complète indifférence de tous les autres facteurs.
Sur la première question de Kylian Mbappé c’est la nature structurelle de l’absence de concurrence loyal qui fait que y compris lorsque au prix d’énormes efforts le Real Madrid réussit à s’approcher de l’offre mise en œuvre par le PSG celui-ci peut s’aligner, parce que c’est à l’inverse c’est dans ce sens-là que ça s’est fait, sur l’offre du Real Madrid sans aucune difficulté voire la surpasser quelque peu et finir par emporter le morceau sans faire le moindre effort pour le coup de son côté parce que ce sont des millions et des millions qui affluent de façon illimitée et tant que l’appétit des émirs et du club ne sera pas satisfaits.
Donc nous sommes sur une mise en tension structurelle ahurissante des clubs traditionnels qui ne peuvent suivre que jusqu’à un certain point, et le point plus un, permettant à l’autre de systématiquement l’emporter en l’occurrence au club qui lui bénéficie de financement illimité. Donc ce n’est pas parce que ponctuellement le Real Madrid a eu la capacité de s’approcher des capacités concurrentielles du PSG que structurellement il n’y a pas un problème qui écrase sur le moyen et le long terme parce que en plus toutes les conséquences indirectes sont énormes.
Evidemment la perte de rayonnement par la Liga par rapport à ses compétiteurs devient de plus en plus importante à mesure que le PSG accumule des joueurs et qui artificiellement crée de la valeur et des ressources qui lui permettent de se développer et ainsi de suite. Il y a des autres facteurs qui indirectement nourrissent cette situation. Je pense que la perte de ressources potentielle pour la Liga du fait du non recrutement de Kylian Mbappé se chiffre en dizaine de millions d’euros facilement voire plus.
Et ça va aggraver encore le déséquilibre à l’avenir et ça va créer des cercles vicieux qui finissent par mettre des clubs comme le Football Club Barcelone en situation de quasi faillite technique et de privatisation parce que ils sont incapables de tenir le rythme. Alors imaginez des clubs de moindre ampleur qui eux sont complètement écrasés au détriment de leurs supporters. Question Juan Branco Vous voulez dire par rapport à l’audience du TUE ce sera le 18 octobre sinon vous pourrez demander à l’organisateur. On vous passera la référence.
Je pense qu’il y a une telle variété de raisons qui peuvent amener à vouloir être avocat que je suis en présence à la fois d’ennemis et d’alliés potentiels je ne suis pas sûr que je puisse donner un conseil uniforme à chacun d’entre vous surtout quand je vois le comportement de certains confrères, je vous conseille de suivre votre désir et d’atteindre à sa satisfaction de la façon la plus noble et la plus respectueuse possible des droits des autres. Merci d’être venus.
Juan Branco