Philippe Brun, député PS de l'Eure, était l'invité politique de la matinale de franceinfo
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Philippe Brin. Bonjour. Sébastien Lecornu reçoit à 9h30 les socialistes dans le cadre de ses consultations pour le budget.
On va parler du fond et on va décliner hein les mesures que vous préconisez. Mais déjà vous vous copilotez ces négociations. Dans quel état d'esprit êtes-vous avant d'aborder ce rendez-vous ?
Est-ce que déjà vous êtes ouvert à d'éventuels compromis ? Oui, bien sûr, nous l'avons toujours dit. Quand nous revendiquions nous-même d'ailleurs Matignon, nous disions que de toute façon, il faut des compromis.
Il y a de majorité pour personne à l'Assemblée nationale. Nous disons simplement, c'est qu'on nrera pas dans la négociation tant que le premier ministre nous aura pas dit très clairement ce qu'il souhaite reprendre de notre plan budgétaire qui est mis finalement sur le devant de la scène depuis la fin du mois d'août. Nous n'irons pas négocier tant qu'il y aura pas des concessions très claires qui nous soient annoncées.
On va pas faire une parodie de réunion dans tous les sens pour qu'à la fin la montagne à couche d'une souris au premier ministre de nous dire ce qu'il souhait reprendre de nos propositions avant que la négociation démarre. Alors justement euh si on rentre dans le détail déjà sur l'enveloppe globale des économies à réaliser, le budget Bairou c'était 44 milliards d'euros euh d'économie à faire. Yel Bron Cu parle d'un atterrissage autour possible autour de 35 milliards.
Euh quel montant vous vous semblerait acceptable ? Nous nous avons repris la trajectoire d'un institut économique très reconnu qui s'appelle l'OFCE qui dit que il faut un effort maximal de 25 milliards cette année si on veut pas casser la croissance et augmenter le chômage. Je rappelle que le budget Baou aura augmenté le chômage de deux points et casser la croissance par deux. disons c'est que il faut réduire l'effort propose un effort à 21 milliards.
Ensuite si le gouvernement sauf que je vous arrête cette moindre ambition finalement elle se pera aussi par des efforts renforcés les années suivantes pour amener le déficit sous la barre des 3 % 2029 c'est ça l'objectif ? Non non, nous proposons une une autre trajectoire qui est allongée de 2 ans donc avec un retour en 2031 et avec nous avons publé un graphique avec la proposition pluriannuelle que nous faisons. Moi, j'ai parlé avec des acheteurs de dette française sur les marchés financiers. qui nous disent qu'ils sont davantage attentifs à la stabilité et la crédibilité des prévisions que nous faisons qu'à des promesses de réduction de déficit brutal et sans lendemain et celle de François Baot était particulièrement sans lendemain.
Sébastien Lecornu a souhaité plus de justice fiscale et de meilleure répartition des efforts sans préciser exactement à quoi il faisait allusion. Est-ce que pour vous c'est la taxe Zukman ou rien ? Je précise dans la taxe Zukman, c'est taxer de 2 % les 1800 foyers les plus les plus riches de France.
Personne ne pourrait comprendre qu' on demande des efforts gigantesques aux gens. Dans le même temps, ceux qui ont bénéficié d'une politique fiscale très encourageante depuis 8 ans maintenant, 62 milliards de baisses d'impôts par an totalement exonéré des forces. Ça n'a aucun sens.
Donc il faut que les forces soient justement réparties. C'est quoi la taxe Zukman ? C'est un impôt différentiel.
C'estàd ça veut dire que si euh l'ensemble de votre patrimoine, vous prenez 2 % ce patrimoine et vous payez pas en impôt 2 % de cela, alors vous avez la différence entre ces 2 % et votre impôt qui est est payé. C'est finalement une mesure de justice pour éviter l'optimisation fiscale, faire en sorte que les milliardaires payent le même niveau d'impôts que les classes moyennes et les classes populaires. Je vous entends mais il y a quand même certains économistes qui disent que cette taxe, elle frapperait finalement en plein cœur l'écosystème entrepreneurial qui a propulsé le secteur technologique notamment à 5,5 % du PIB et créé pas moins de 1,3 million d'emplois.
Donc c'est pas rien. Une licorne par exemple valorisée à plus d'un milliard, elle peut aussi voir cette estimation revue à la baisse en quelques mois. Il y a quand même des fragilités.
Alors la taxe Zugman, en vérité, elle rapporte très peu d'argent sur les licornes puisque'en vérité il y en a très peu en France. On en a que 11. Moi, ce que je propose dans les discussions, c'est qu'on enlève les start-ups de l'assiette de la taxe.
Zukman. C'est quoi l'assiette ? C'est ce quoi on calcule l'impôt.
Euh en vérité aujourd'hui, on aurait quoi ? quelques centaines de millions d'euros max de de de de taxesman sur les start-up, ça rapporte 15 milliards. Donc moi je dis, il faut exclure les start-ups de l'assiette de cette taxe.
De toute façon, ça représente pas grand-chose aujourd'hui en France. Il faut favoriser les start-ups. Le but c'est de taxer les milliardaires, pas de taxer des entreprises qui ne rapportent pas d'argent puisque c'est la définition d'une start-up.
Elle ne rapporte pas d'argent pendant très longtemps, parfois 8 à 10 ans. Par exemple, ça vaut pour Mistral ? Oui, ça vaut pour Mistral.
À mon avis, il faut pas il faut exonérer d'effort Mistral. Je rappelle qu'à la semaine a déjà voté une taxe Zookman, hein. Elle attend, elle dort dans les tiroirs du Sénat et dans cette taxe là justement on exonérait un certain nombre d'entreprises pour 5 ans.
Il fallait que l'entreprise réaliser des bénéfices sur 5 ans. Donc Mistral ne serait pas euh comment dire concerné par le dispositif que nous avons voté. Parce que c'est vrai que le patrimoine d'un entrepreneur, il est essentiellement composé de part dans sa société non côté.
Donc ces titres sont euh pas liquides et donc c'est pas possible de les vendre aussi rapidement pour payer l'impôt. Non, mais la vérité c'est que en donc d'abord ce que je vous dis c'est que on exonère les start-ups, c'est la proposition que je fais et ensuite dans le même temps les entreprises qui ne réalisent pas de bénéfices, on faut exactement faut aussi réfléchir à ce qui pourrait être fait. Mais je rappelle que l'essentiel de des gens qui péraient la taxe Zukman, les 1800 milliardaires qui sont concernés, réalisent de très importants bénéfices et voit leur fortune augmenter en moyenne de 8 % par an.
Alors on prend 2 % sur les 8 % il leur reste quand même un bon paquet. Vous prenez 2 %, est-ce que ça pourrait être 1 % ? Écoutez, on discutera de tout cela.
Moi ce que je dis simplement c'est qu'il faut qu'il y ait de la justice et il faut surtout que chacun paye le même niveau d'impôts. Il est pas normal que quand vous êtes ouvrier ou employé, vous payez plus d'impôts qu'un milliardaire en proportion de vos revenus. C'est pas normal.
Donc il faut qu'aujourd'hui on remédie à cette inégalité. Alors justement le gouverneur de la Banque de France François Vill Villerroi de Gallot il est il a une solution, il est favorable à des mesures anti-optimisation fiscal sur les haut patrimoines dans dans le budget 2026. Est-ce que c'est pas ça aussi la meilleure piste empêcher finalement les plus riches et bien d'échapper à l'impôt ?
Oui, ben bien sûr ce qu'on propose. Alors, il y a d'autres mesures. Euh, bien sûr, je rappelle que nous, on propose pas de mesures qui augmentent la fiscalité des entreprise parce qu'on pense que il faut soutenir l'économie.
Donc, on propose pas d'augmenter euh l'impôt sur la société pour les PME. Au contraire, on propose de le baisser à 15 % avec en augmentant le plafond, on propose de voilà d'aider l'économie à repartir qui est en grande difficulté. Euh mais il faut que les plus hauts patrimoines de ce pays qui ont profité de la crise hein qui euh ont bénéficié de de de baisse d'impôts très importantes depuis de nombreuses années soit mises à contribution.
Alors dans les mesures aussi qui vont être discutées peut-être ce matin euh à 9h30 dans le bureau du premier ministre, c'est la suspension de la réforme des retraites en 2026 et l'idée c'est de faire trancher la question de ces de cette réforme en 2027 lors de la présidentielle. Ça ça va être donc sur la table dès ce matin et c'est on va dire un incontournable. Oui, c'est un incontournable.
C'est une ligne très importante pour nous. On a bien vu que le conclave n'a pas fonctionné. Il faut aujourd'hui suspendre cette réforme qui aujourd'hui amène des gens qui ont commencé à travailler très tôt à cotiser 2 ans de plus que des cadres comme vous et moi qui avons commencé plus tard.
C'est pas juste c'est pas juste qu'on cotise 44 ans quand on a commencé à à travailler à 20 ans, qu'on cotise 42 ou 43 quand on a commencé à travailler à 25. J'entends mais vous connaissez la problématique enfin vous la voyez bien pour Sébastien Lecornu, c'est de tenir les socialistes et tenir aussi les républicains. Les républicains, ils disent pas touche à la réforme des retraites.
Alors c'est pas tout à fait exact parce que je lisais ce matin un article d'une de vos confrères de l'opinion qui dit ou un c'est Pierre Henri Dumont qui dit que les LR seraient prêts à accepter la suspensur et et je tiens à dire aussi beaucoup de respect pour le parti LR, ils sont 44 la gauche on est 192. Donc si le premier ministre souhaite euh euh se maintenir au pouvoir euh ce qui est je crois son souhait, alors il faut qu'il fasse cette concession majeure dans l'intérêt des classes populaires. La proportionnelle euh c'est sur la table ou ça c'est pas un sujet ?
Euh moi je suis pas je suis pas favorable à titre personnel. Alors parti a des opinions très divisées sur le sujet. Donc ça fait pas partie des négociations.
Non non non. Une discussion là qui est uniquement budgétaire. On propose des choses pour les gens.
Augmentation des salaires, baisse de la CSG pour la moitié des salariés en France pour qu'ils aient davantage de pouvoir d'achat, suspension de la réforme des retraites et euh taxation des plus riches et puis des vraies économies. On propose 15 milliards de vraies économies aussi pour équilibrer le budget. Euh demain, euh il y a une grève générale, un appel à la grève générale.
Est-ce que vous demandez bah aux Français de se mobiliser ? Oui, allez-y, euh, mobilisez-vous, allez dans la rue pour nous soutenir. La négociation qu'on est en train de mener en votre nom avec le gouvernement, elle ne peut fonctionner que si vous êtes très nombreux à aller nous soutenir dans la rue.
Il faut qu'on ait de la force pour obtenir et la suspension de la réforme des retraites et la prise en compte des propositions faites par les syndicats pendant le conclur sur les retraites et l'augmentation des salaires et des moyens pour nos services publics. Un tout dernier mot sur Olivier Fort qui veut faire pavoiser les frontons des mairies du drapeau palestinien le 22 septembre. 22 septembre, c'est le jour de la reconnaissance par la France de l'État palestinien.
Jérôme Gedge he qui fait partie des votes, qui est député socialiste, parle d'un puissant malaise. C'est une initiative personnelle ou c'était soutenu par le Parti socialiste ? Écoutez, moi je crois que c'est une mauvaise polémique.
Olivier Fort n'a rien d'un antisémite. Il s'est fait attaquer de manière, je crois assez indigne. Je veux lui dire ici mon mon soutien.
Mais c'était pertinent de mettre ça sur la table en ce moment. Écoutez, le 22 septembre, les maires feront ce qu'ils veulent. Ils mettront ou pas un drapeau palestinien en soutien la reconnaissance de ce nouvel état que nous souhaitons tous et toutes et puis au maire de de dire ce qu'est leur conviction.
Vivier Fort a dit la sienne mais il est clair queon peut pas dire aujourd'hui qu'on peut pavoiser avec un drapeau ukrainien et qu'on ne pourrait pas pavoiser avec un drapeau palestinien. Merci beaucoup Philippe, bonne journée à vous.
Philippe Brun