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InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 11 novembre 2015 6 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileEurope & internationalSécuritéÉconomie & entreprises

Annick Girardin, secrétaire d'Etat au Développement et à la Francophonie

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 69 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:20OuverteRéponse directe

    Alors qu'ont à dire les Européens aux Africains sur ce dossier d'immigration ?

  • 0:58RelanceRéponse directe

    Mais des projets qui seront mis en place par qui ?

  • 1:25RelanceRéponse partielle

    Sur l'Erythrée par exemple, de nombreux migrants fuient ce pays à cause de l'oppression, est-ce que ça a du sens de faire, de convoquer comme ça une énorme assemblée sans le Maroc ?

  • 1:40FerméeRéponse partielle

    Alors on ne manque pas d'argent ?

  • 2:21RelanceRéponse partielle

    Mais vous-même évoquez Boko Haram, vous avez évoqué le Tchad, on a évoqué l'Erythrée. Là on n'est pas devant des questions économiques, on est devant des questions d'oppression.

  • 3:32OuverteRéponse directe

    Il faut rappeler que les migrations sont essentiellement interrégionales.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:42Invité politiqueChiffre
    « Demain, un fonds féduciaire sera créé, un fonds qui apportera une somme d'1,8 milliard d'euros »
  • 1:15Invité politiqueFait
    « toute la partie du lac Tchad qui est à la fois touchée par de nombreux migrants et déplacés à cause de Boko Haram mais également à cause des dérèglements climatiques »
  • 2:48Invité politiqueChiffre
    « On a par exemple en Afrique, aujourd'hui, dans les 15 ans à venir, 400 millions de jeunes qui vont arriver sur le marché du travail »
  • 3:21PrésentateurFait
    « Il faut rappeler que les migrations sont essentiellement interrégionales. »
  • 3:39Invité politiqueChiffre
    « 300 000 réfugiés au Cameroun, c'est deux fois plus que l'ensemble des Africains en 2015 accueillis en Europe »

Temps de parole

  • Annick Girardin74 %
  • Présentateur18 %
  • Présentateur 29 %

3,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, Catherine Boulet, Yves Decamp, le 5-7. Votre invité Yves Decamp, c'est Annick Girardin, secrétaire d'Etat au développement et à la francophonie. Vous vous rendez aujourd'hui au sommet de la Vallette à Malte. L'Union Européenne rencontre 30 Etats africains pour parler immigration. Bonjour Annick Girardin. Bonjour. Alors qu'ont à dire les Européens aux Africains sur ce dossier d'immigration ?

0:25
Annick Girardin

Alors cette rencontre, elle a été voulue et initiée par le président de la République François Hollande. Sur la question des migrations venant effectivement d'Afrique. L'idée est d'avoir une réponse collective, co-construite et financée par l'Europe. Demain, un fonds féduciaire sera créé, un fonds qui apportera une somme d'1,8 milliard d'euros à ces projets qui seront mis en place parce qu'on veut une réponse concrète et co-construite, je le redis, c'est-à-dire des solutions communes.

0:58
Présentateur

Mais des projets qui seront mis en place par qui ? Par les Africains eux-mêmes.

1:01
Annick Girardin

Alors ce sont des projets qui seront mis en place dans le cadre d'un plan d'action que nous allons avoir à définir ensemble, mis en place par les différents pays et notamment avec un accent fort sur la partie du Sahel et notamment, si vous voulez un exemple, toute la partie du lac Tchad qui est à la fois touchée par de nombreux migrants et déplacés à cause de Boko Haram mais également à cause des dérèglements climatiques.

1:25
Présentateur

Sur l'Erythrée par exemple, de nombreux migrants fuient ce pays à cause de l'oppression, est-ce que ça a du sens de faire, de convoquer comme ça une énorme assemblée sans le Maroc alors que là on est devant une question géopolitique, on n'est pas devant une question d'argent, on ne manque pas d'argent ? Alors on ne manque pas d'argent.

1:43
Annick Girardin

La question du fonds féduciaire est intéressante parce que ça veut dire aujourd'hui qu'il nous faut créer des outils qui répondent davantage à l'urgence. Ces outils, l'Europe ne les a pas aujourd'hui, d'où la création de ce fonds féduciaire qui permet de répondre de manière rapide sur des politiques de développement et d'accompagnement. J'insiste parce que dans un premier temps et depuis déjà quelques mois, nous parlons surtout du volet sécuritaire. Et il était important effectivement que nous puissions aussi, et les ONG l'ont également réclamé, qu'on parle des causes profondes des migrations et non simplement des conséquences.

Et les causes profondes, elles sont davantage économiques ou climatiques. Et nous devons pouvoir apporter des réponses.

2:21
Présentateur

Mais vous-même évoquez Boko Haram, vous avez évoqué le Tchad, on a évoqué l'Erythrée. Là on n'est pas devant des questions économiques, on est devant des questions d'oppression. On est devant une double question.

2:33
Annick Girardin

Les déplacés ou les réfugiés que l'on peut rencontrer, ils ne viennent pas que de Boko Haram sur la réponse sécuritaire. La France le fait, nous sommes aux côtés de nos partenaires africains sur le volet sécuritaire. Il nous faut maintenant travailler sur du plus long terme et donc de travailler sur le développement. On a par exemple en Afrique, aujourd'hui, dans les 15 ans à venir, 400 millions de jeunes qui vont arriver sur le marché du travail. Soyons très clairs, ces 400 millions de jeunes, ils iront vers quoi ? Puisque l'emploi aujourd'hui n'est pas au rendez-vous.

Ils iront vers soit une implication, malheureusement, dans des groupes terroristes, soit ils prendront leur peu de biens et ils tenteront d'aller vers des terrains plus verts. Redire aussi quand même, redire aussi que 80% des déplacés ou des réfugiés se trouvent au sud. Ce sont des pays du sud qui sont solidaires aujourd'hui. Moi, je reviens du Cameroun, dans le nord du Cameroun. La partie la plus pauvre en accueille un grand nombre de réfugiés. C'est 300 000 réfugiés aujourd'hui au Cameroun.

3:32
Présentateur

Il faut rappeler que les migrations sont essentiellement interrégionales. Ce sont des pays africains vers les pays voisins.

3:39
Annick Girardin

Tout à fait. D'où la volonté de venir, nous, Européens, aux côtés de ces pays africains, pour les aider à accueillir un certain nombre de réfugiés et de déplacés. Je parlais donc du Cameroun. 300 000 réfugiés au Cameroun, c'est deux fois plus que l'ensemble des Africains en 2015 accueillis en Europe.

3:56
Présentateur

Mais comment l'Europe peut-elle agir ? Que peut-elle proposer ? Sachant qu'elle n'a pas de politique commune en matière d'immigration.

4:02
Annick Girardin

Alors, dans le partenariat avec les pays, nous avons une politique commune de développement. Nous avons un outil qui s'appelle le FED, dont d'ailleurs est issu ce 1,8 milliard d'euros, qui nous permet d'avoir une politique à destination de nos pays partenaires.

4:21
Présentateur

Encore une fois, un exemple. La Somalie, pas d'État. Qu'est-ce que vous faites pour la Somalie, pour que justement les Somaliens restent en Somalie ? Les Somaliens ont aussi des projets qui viendront apporter. Mais tant qu'il n'y a pas d'État, comment vous voulez faire ?

4:33
Annick Girardin

Nous travaillons aussi avec des ONG. Il n'y a pas que d'État à État. Mais ce n'est pas avec les ONG qu'on construit l'État ? Non, il y a le renforcement des capacités. Nous le faisons. On ne peut pas reprocher à la France ni à l'Europe de ne pas s'impliquer sur les questions en Afrique aujourd'hui. Nous sommes en RCA, nous sommes au Mali, nous sommes au Niger, nous sommes au Tchad, nous aidant à la sécurité, nous épaulant sur le développement. Honnêtement, l'Europe est la première à être... Enfin, c'est le la plus solidaire au monde aujourd'hui. Mais en même temps, il faut apporter des réponses avec les États, avec les ONG, avec les organisations internationales.

Et quand il n'y a pas d'État, on ne peut parler que de ça si vous voulez. Sauf que moi, je suis sur une politique de développement, d'assistance, d'accompagnement. Si vous ne prenez qu'un seul exemple, on ne va pas avancer. Donc autant se dire aussi que si on veut donner une réponse en Afrique demain, il faut une politique avec davantage de partenaires. Et l'Europe se mobilise. Et on ne peut que se féliciter de cette mobilisation.

5:27
Présentateur

Et en rappelant que la France reste l'un des tout premiers contributeurs au développement. Merci Yannick Girardin, secrétaire d'État au développement et à la francophonie. Merci.

Annick Girardin, secrétaire d'Etat au Développement et à la Francophonie — Annick Girardin · Pourquijevote