Intervention d'Olivier Faure sur la motion de censure
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 80 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Olivier FaureFait
« Ce débat qui nous réunit aujourd’hui n’a pas pour vocation de faire tomber le gouvernement. »
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« beaucoup de bruit pour rien »
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« un adjoint du chef de cabinet du président de la République qui frappe un opposant politique »
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« vous ayez cherché à ce qu’il échappe à la justice »
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« une contre offensive ait été conduite, depuis l’Elysée, avec des vidéos dérobées à la préfecture de police »
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« un pouvoir qui se pense tout puissant, et qui pense ne devoir rendre de comptes à personne »
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« vous avez, sans nuance, démis de ses fonctions le préfet du Rhône parce qu’il n’avait pas anticipé un acte terroriste »
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« vous avez limogé en 24 heures, le chef d’Etat major des armées pour quelques mots dans une réunion à huis clos à l’Assemblée »
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« un ministre de l’intérieur peut mentir sous serment sans que rien ne se produise »
- 7:00Olivier FaureFait
« une commission d’enquête parlementaire peut se voir limitée à auditionner la liste des témoins autorisés par le président »
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« un prévenu peut ne pas être interrogé par les députés alors qu’il livre sa version des faits dans tous les journaux »
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« le président s’autorise à dénoncer la presse parce qu’elle ose faire son travail »
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« le président joue les matamores en suggérant de « venir le chercher » alors qu’il se sait constitutionnellement intouchable »
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« Il se voulait rempart, il est devenu passerelle »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Monsieur le Premier ministre, Mesdames et messieurs les ministres, Mes chers collègues, Ce débat qui nous réunit aujourd’hui n’a pas pour vocation de faire tomber le gouvernement. La majorité est majoritaire. Elle le restera.
L’ambition de cette motion de censure est toute différente. Elle est une alerte. Alors, mesdames et messieurs de la majorité, vous me direz : « beaucoup de bruit pour rien ». « Rien », c’est votre mot pour décrire et disqualifier tout ce qui n’est pas vous.
Pourtant, ce n’est pas « rien » un adjoint du chef de cabinet du président de la République qui frappe un opposant politique. Ce n’est pas « rien » que vous ayez cherché à ce qu’il échappe à la justice. Ce n’est pas rien qu’après les révélations du Monde, une contre offensive ait été conduite, depuis l’Elysée, avec des vidéos dérobées à la préfecture de police.
Mais dans cette affaire, M. Benalla n’est pas l’essentiel. L’essentiel, c’est CE QUE cette histoire nous dit d’un pouvoir qui se pense tout puissant, et qui pense ne devoir rendre de comptes à personne.
Il y a quelques mois vous avez, sans nuance, démis de ses fonctions le préfet du Rhône parce qu’il n’avait pas anticipé un acte terroriste ! Il y a un an vous avez limogé en 24 heures, le chef d’Etat major des armées pour quelques mots dans une réunion à huis clos à l’Assemblée ! Et là pour des raisons qui restent inavouées, vous avez couvert.
Dans le monde entier on nous regarde. Et que se dit-il de nous ? Que dans cette grande démocratie qu’est la France, la faute d’un proche du président ne donne lieu ni à explication, ni à sanction !
Qu’un ministre de l’intérieur peut mentir sous serment sans que rien ne se produise ! Qu’un ministre - chargé des relations avec le Parlement ! – peut disqualifier par la caricature ses opposants présentés comme – je cite - « séditieux » et « n’aimant pas l’Etat » !
Qu’une commission d’enquête parlementaire peut se voir limitée à auditionner la liste des témoins autorisés par le président ! Qu’un prévenu peut ne pas être interrogé par les députés alors qu’il livre sa version des faits dans tous les journaux et passe au 20 heures ! Que le président s’autorise à dénoncer la presse parce qu’elle ose faire son travail !
Que le président joue les matamores en suggérant de « venir le chercher » alors qu’il se sait constitutionnellement intouchable ! Où est passée la République exemplaire ? Le président Macron a été élu dans des conditions particulières.
Il s’était posé en rempart face à la menace populiste. Un an plus tard, il en épouse les codes et les arguments : anti-parlementarisme, dénonciation de la presse, pouvoir personnel…Il se voulait rempart, il est devenu passerelle. Quelle crédibilité, quelle autorité conserverez-vous désormais dans le débat européen, face aux populistes et aux tenants des démocraties illibérales ? ______ Aucun pouvoir ne peut garantir l’exemplarité de ses membres.
Mais un gouvernement exemplaire doit garantir le refus de toute impunité. C’est pour ces raisons que nous avons modifié la loi lors de la mandature précédente pour que les fraudeurs et les tricheurs puissent être repérés, jugés et condamnés. Monsieur le Premier Ministre, Nous sommes aujourd’hui face à vous, dans notre diversité.
Parce que votre choix a été à l’opposé de ce que les Français étaient en droit d’attendre dans une grande démocratie. Vous avez fait le choix de dissimuler aussi longtemps que cela vous a été possible. Vous avez ensuite fait le choix de mentir par la bouche du porte-parole de l’Elysée.
Vous avez cherché à relativiser les faits, puis lorsque vous les avez condamnés, vous avez « en même temps » cherché à les justifier. Vous avez cherché à reporter votre responsabilité sur la hiérarchie administrative pour mieux protéger la hiérarchie de M. Benalla.
Vous avez cherché à disqualifier tous les contre- pouvoirs pour imposer le vôtre. Et bien, ce que nous sommes venus vous dire aujourd’hui c’est que, en dépit de nos différences, nous avons le souci de l’intérêt général et le sens de l’Etat. Nous ne voulons pas gouverner droite et gauche confondues, dans une indifférenciation qui interdit les choix.
Mais nous avons une volonté commune, celle de ne pas laisser affaiblir notre démocratie. Celle de refuser le pouvoir d’un seul. Le bon plaisir d’un seul.
La loi d’un seul. C’est pourquoi le groupe socialiste votera unanimement la censure.
Olivier Faure