MACRON, PANTIN DE LA FINANCE ; LES GROS MEDIAS FONT DIVERSION | MATHIEU SLAMA, JULIEN THÉRY
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 5:31OuverteRéponse directe
Est-ce que vous avez suivi la polémique autour du foulard de la joueuse marocaine ?
- 6:14OuverteRéponse directe
Comment expliquez-vous cette obsession du voile en France ?
- 19:03OuverteRéponse directe
Il n'y a pas que le foulard qui obsède la France, il y a aussi Médine. Comment expliquez-vous l'acharnement contre cet artiste ?
- 20:58OuverteRéponse directe
Comment expliquez-vous l'acharnement que subit Médine et qui veut sa peau ?
- 32:48OuverteÉludée
Dans son texte R.E.R.D., il explique que l'antisémitisme comme l'islamophobie sont des cancers.
- 33:26OuverteRéponse directe
Le Conseil d'État a suspendu la dissolution des Soulèvements de la Terre. Qu'en pensez-vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:06InvitéFait
« Il faut bien mesurer que cette jeune femme qui porte le hijab est en train de dire à ses partenaires « Vous êtes impudique ». »
- 2:02InvitéFait
« Il y a un article de la charte olympique, l'article 50.2, qui dit « Aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n'est autorisée dans un lieu de l'olympisme. » »
- 3:07InvitéFait
« Recevoir aujourd'hui quelqu'un qui chante et qui prône le djihad quand même, c'est dans ses chansons, la fatwa, sur lui donner une tribune, moi je trouve ça dangereux. »
- 4:45PrésentateurFait
« Le Conseil d'État suspend référé la dissolution des soulèvements de la terre. »
- 22:44InvitéFait
« Il avait utilisé un mot homophobe dans une interview que je ne répéterai pas parce que c'est un mot vraiment violent. »
- 23:16InvitéFait
« On se rappelle de la quenelle qu'il a fait à plusieurs reprises, etc., qui est quand même un geste associé à Dieudonné, qui est un antisémite et négationniste notoire. »
- 32:51PrésentateurFait
« l'antisémitisme comme l'islamophobie sont des cancers. »
- 33:29PrésentateurFait
« Le Conseil d'État a suspendu en référé la dissolution des soulèvements de la terre. »
- 33:34PrésentateurFait
« le 21 juin 2023, le gouvernement prononçait la dissolution du collectif au motif qu'il cautionnerait notamment des agissements violents contre des personnes et qui constituerait un trouble à l'ordre public. »
- 39:31PrésentateurFait
« les conséquences dramatiques de la chasse que livre le président tunisien Kay Saïd aux migrants d'Afrique subsaharienne qu'il justifie par la crainte d'un grand remplacement. »
- 40:12PrésentateurChiffre
« ils seraient 150 voire 200 selon l'ONG Human Rights, certains n'ont pas survécu. »
- 40:27PrésentateurFait
« l'UE a le son des migrants sur les mains. »
- 41:40InvitéFait
« il vient de faire passer une nouvelle constitution qui donne tous les pouvoirs à l'exécutif avec en plus une fondation en religion dans l'islam de l'architecture politique. »
- 41:50InvitéFait
« il développe cette idée de grand remplacement. »
- 46:07InvitéFait
« le Royaume-Uni a décidé de mettre en place une sorte de prison flottante dans lequel ils installent des exilés. »
- 58:03InvitéFait
« c'est l'idée de Bernard Arnault »
- 58:10InvitéFait
« il a été subventionné pour acheter des entreprises qui étaient en plein désastre »
- 58:16InvitéFait
« il a licencié des gens et construit son empire de cette manière »
- 58:25InvitéChiffre
« le fait qu'aujourd'hui LVMH par exemple a un budget je crois qui est de 5 à 600 milliards d'euros qui est supérieur à celui de la France »
- 59:25InvitéFait
« avec Emmanuel Macron c'est vraiment le monde de l'entreprise qui arrive au pouvoir »
- 1:00:05InvitéFait
« Emmanuel Macron va beaucoup plus loin que ses prédécesseurs dans la casse des services publics »
- 1:01:48InvitéFait
« oui moi je crois que c'est fait maintenant »
- 1:02:19InvitéFait
« ils ont totalement infiltré l'état à tous les étages »
- 1:04:40InvitéFait
« quand même de départ en 2013 en Belgique pour défiscaliser l'intégralité de son patrimoine »
- 1:05:00InvitéFait
« Thierry Breton le commissaire l'ancien ministre de l'économie commissaire européen à l'économie très proche de Bernard Arnault »
- 1:10:51PrésentateurFait
« je ne peux pas laisser dire que les riches ne contribuent pas pleinement à la nation Bernard Arnault est le plus grand contribuable le français »
Temps de parole
- Invité40 %
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Pour ne rater aucune de nos vidéos, n'oubliez pas de vous abonner et d'activer la cloche. Comment Bernard Arnault, l'homme le plus riche du monde, étend son empire au-delà du luxe, c'est le titre d'une enquête du monde qui donne le vertige mais qui est pourtant passée sous les radars. On y apprend comment le milliardaire PDG du groupe LVMH est devenu au fil du temps l'homme des présidents à tel point que les membres du gouvernement lui baissent la main. Le monde parle de Bernard Arnault comme étant devenu le symbole d'une inversion du rapport de force entre le pouvoir politique et les groupes internationaux.
Des révélations qui auraient dû amener nos éditorialistes, si promptes à commenter l'actualité au panneux fin, à se poser les questions suivantes. Qui dirige vraiment la France ? La France est-elle devenue une oligarchie ? Vous nous connaissez aux médias, on est curieux et c'est vrai, un peu taquin. Alors on a regardé les chaînes d'information en continu pour constater la couverture médiatique consacrée à l'enquête édifiante du monde et on est tombé sur ça. Non, plus sérieusement, on est tombé sur ça.
Il faut bien mesurer que cette jeune femme qui porte le hijab est en train de dire à ses partenaires « Vous êtes impudique ». C'est ça que signifie le hijab ? Ça veut dire qu'une femme ne doit pas montrer ses cheveux, ne doit pas montrer ses épaules, ses formes de manière générale, qu'elle doit dissimuler son corps le plus possible. Et parce qu'une femme doit être pudique, c'est ça la signification du hijab. Et donc je suis d'accord sur le fait que c'est une régression incroyable. Mais le droit de concourir librement sans être voilé, il y a des enjeux politiques. En Iran, il y a des femmes qui ont été emprisonnées, il y a des présidents de fédération qui ont été emprisonnés.
Qu'a fait le CEO ? Donc moi je dis à nos concitoyens, à nos téléspectateurs, l'année prochaine, pendant les épreuves d'athlétisme, de boxe et autres, vous aurez des femmes voilées qui concourront. Certes, c'est une extraterritorialité avec les légions, mais c'est en France, c'est une réalité. Et puis il y a un dernier point que je voudrais dire quand même, c'est qu'il y a un article de la charte olympique, il y a un article de la charte olympique, l'article 50.2, qui dit « Aucune sorte de démonstration ou de propagande politique, religieuse ou raciale n'est autorisée dans un lieu de l'olympisme. » Moi je suis désolé quand je vois cette femme voilée.
Je considère que c'est un acte de propagande et de démonstration religieuse. Ça me gêne. Je pense que le sport exige une discrétion, une retenue qui fait qu'on porte tous des vêtements de sport et on met nos convictions personnelles dans les vestiaires. Et sur ça aussi. Écoutez, moi quand j'entendais parler à la gauche de convergence des luttes, je ne savais pas que c'était par exemple une lutte contre les Français d'obédience juive. Parce que Médine a fait des quenelles. Oui, effectivement, il a été lié avec certains penseurs, si vous voulez, ou leaders, appelez-les comme vous voulez, aux propos antisémites. Il a fréquenté des associations des frères musulmans, donc islamistes.
Et donc, recevoir aujourd'hui quelqu'un qui chante et qui prône le djihad quand même, c'est dans ses chansons, la fatwa, sur lui donner une tribune, moi je trouve ça dangereux, de même que je m'étais opposé dans la région Grand Est où je suis élu, au financement d'un concert de Médine par une majorité macroniste et de droite. Donc vous voyez que l'islamo-gauchisme et l'islamo-droitisme rivalisent. Mais je crois que la gauche, c'est un naufrage aujourd'hui, c'est-à-dire qu'ils n'ont plus de repères, ils n'ont plus d'électeurs non plus attitrés, et donc ils sont prêts à racoler des électorats résidents qui restent aujourd'hui.
Et l'islamisme pour eux est pourquoi pas une porte de sortie, je crois que c'est très grave. Madame Rousseau devrait se rappeler d'un des textes écrits par Médine qui montrait toute sa haine des féministes qu'il appelait des bourgeoises hystériques. J'espère qu'elle s'en souviendra lorsqu'elle le rencontrera.
Mal m'en appris, ce n'est pas le tout puissant Bernard Arnault qui règne à l'égal d'un chef d'État et qui détient le groupe Les Echos, Le Parisien et Radio Classique, qui menacent notre démocratie, mais c'est le foulard d'une joueuse de football marocaine et la participation de l'artiste Médine aux universités d'été d'Europe Écologie Les Verts, de la France Insoumise et à la fête de l'UMA qui défie notre République. Au programme de ce nouveau numéro du Fonds de l'Info, nous évoquerons ces polémiques racistes qui ne visent qu'à poser un voile sur les véritables problématiques qui devraient être au cœur des débats et dont nous discuterons également aujourd'hui.
L'enfer des migrants arrêtés en Tunisie et abandonnés dans le désert avec la complicité de l'Union européenne, la soumission du système politique aux volontés des milliardaires et la menace d'un nouveau 49.3 pour la rentrée. Elisabeth Borne et Emmanuel Macron sont décidés à l'utiliser pour faire passer en force leur loi des finances publiques selon une information du Canard enchaîné. Et l'info vient de tomber. Une bonne nouvelle ces fois, le Conseil d'État suspend référé la dissolution des soulèvements de la terre.
Et comme toujours, on en parle avec votre binôme préféré, Mathieu Slama, essayiste, auteur de « Adieu la liberté » et Julien Théry, historien et présentateur d'émissions sur le Média, notamment de la Grande Lâche. Bonjour messieurs. Est-ce que vous êtes fan de football ?
Oui, moi complètement.
Est-ce que vous avez un peu suivi la coupe du monde féminine de football ?
Moi, je suis de très près, oui.
Très près, donc tu...
Beaucoup de matchs, même si c'est parfois au milieu de la nuit. Cette nuit, par exemple, c'était à 3h du matin, l'Espagne qui a sorti les Pays-Bas. Mais le matin, en fin de matinée, oui.
D'accord, ok. Donc tu as forcément entendu, et vous avez forcément entendu parler de la polémique autour du foulard que porte la joueuse maracaine de 25 ans, Nouaïla Benzin, devenue le 30 juillet dernier, la première joueuse arborant couvre-chef à disputer un match de coupe du monde féminine. C'était contre la Corée du Sud. Et depuis, le Maroc a affronté en 8e de finale la France, qui s'est largement imposée. 4-0 pour les Bleus. D'ailleurs, le choix de la photo n'est pas le fruit du hasard. On y reviendra sans surprise. Les éditorialistes français se sont peu intéressés à la performance des joueuses.
Ils ont surtout porté leur regard indiscret, et j'ose le dire, pervers, sur la tenue des femmes. Et en particulier, le foulard de Nouaïla Benzin. Messieurs, comment expliquez-vous cette obsession du voile en France ?
C'est une longue histoire. Une très longue histoire aussi. Si on ne veut pas remonter trop trop, je pense remonter encore plus haut avec les origines religieuses de l'État centralisé, de sa toute puissance en France. Et là, ça nous remonterait sous l'ancien régime. Enfin, la conquête de l'Algérie, le développement de cette mission civilisatrice de la France, que la gauche en particulier a prise en charge, et au nom de laquelle elle a pillé toute une série de territoires, les économies, les ressources d'une série de territoires, tout en renforçant l'identité nationale, la conviction d'une supériorité nationale, au fond, qui pouvait être partagée par tout le monde.
La manière dont ces éditorialistes, ceux qui font l'opinion en France, sont absolument obsédés par les signes extérieurs de l'islam, et en particulier par celui-là, est absolument frappante. Vu de l'étranger, il faut avoir conscience que c'est très bizarre. Et que ce racisme qui ne nous saute pas aux yeux à nous, peut-être, quand on voit ça, saute aux yeux des gens ailleurs qu'en France.
Ce chroniqueur de CNews qui nous explique quelle est la signification, parce qu'il le sait mieux qu'elle, du port par cette jeune femme, par cette joueuse, qui insulterait les autres en le portant, qui les traiterait d'impudiques, et que sais-je encore, il aurait pu aller plus loin, il n'a pas osé, sans doute, cette fois-ci, parce qu'après tout, pourquoi ce ne serait pas un appel à égorger les infidèles, si on suit toujours son raisonnement ? Il sait mieux qu'elle, et il sait mieux que les femmes, ce qui est bien pour elles, comment elles vont s'émanciper, etc. Alors évidemment, moi, ça me renvoie en particulier, en tant qu'historien, à la stratégie de l'armée française politisée.
Pendant la guerre d'Algérie, le cinquième bureau, la branche psychologique de l'armée française, qui faisait de la politique en Algérie, qui voulait convaincre la population que le FLN avait tort, que la France était bienfaitrice, et qui, notamment, avait organisé, juste après le putsch de mai 1958, cette grande cérémonie à Alger, devant le gouvernement général, de dévoilement d'un certain nombre de femmes, qu'on avait recrutées pour l'occasion. C'était la femme du général Massu qui était à la manœuvre, d'ailleurs, et publiquement, les images de la petite vidéo qu'on va vous montrer sont assez étonnantes.
Donc la femme du général Massu et toute une série de bourgeoises françaises, évidemment, dévoilent, comme ça, les épouses des généraux, des épouses de colons, dévoilent des femmes algériennes pour montrer à quel point, en réalité, l'emprise française et civilisatrice se trouve être un bienfait. Et puis il y avait ces affiches aussi, très célèbres, « N'êtes-vous donc pas jolis ? » où on voit, voilà, dévoilez-vous, adressez à la population algérienne pour essayer d'inculquer, parce que les Français en sont absolument convaincus, la supériorité de la civilisation occidentale. On sait mieux que les autres. On est un peuple élu, on est universaliste, et l'universel, c'est nous.
« Laissez passer vos soeurs musulmanes qui arrivent ! »
Sourire gêné, regard baissé, cette femme musulmane applaudit tandis que deux Européennes y votent son haïk. Ce grand voile traditionnel blanc qui recouvre beaucoup de femmes au Maghreb.
« Les autres femmes musulmanes lancent leur you-you traditionnel. »
Un spectacle qui semble ravir la foule.
« Et tout le monde, évidemment, s'occupe de les photographier. »
La mise en scène est signée des militaires français du 5e bureau, des spécialistes de la guerre psychologique.
« Alors voilà, après cette passion nationale, finalement, pour le sentiment de supériorité implicite que l'on éprouve en expliquant aux gens des autres cultures comment il faut être, comment il faut s'émanciper, en l'occurrence, là, elle intervient, je crois que tu l'as dit dans ton introduction, à un moment, il faut faire des diversions, et c'est à ça qu'elle sert, ça sert à construire un ennemi intérieur, maintenant c'est le musulman, ça sert aussi, à plus court terme encore, à faire passer des choses énormes, comme la manière dont, en ce moment, le gouvernement Macron déstructure l'ensemble des services publics, pille l'État, il n'est pas le premier, le gouvernement Macron, mais on est passé à la vitesse supérieure de ce point de vue-là, au profit des plus riches, des hyper-riches, et notamment de ceux qui ont très largement fait l'élection de Macron, à savoir Bernard Arnault, Bolloré et autres.
Voilà, donc ça sert de diversion, on attire l'attention là-dessus, c'est une vieille méthode qui est très souvent employée.
On a eu la polémique sur la Abaya, le Burkini, et donc maintenant c'est le foulard de cette footballeuse marocaine, elle est ressortissante quand même du Maroc, on le rappelle.
Oui, c'est un marronnier politique, qui est souvent d'ailleurs agité par la droite et l'extrême droite, et qui est une sorte de perversion, enfin pas une perversion, d'ailleurs ça s'inscrit totalement dans la logique assimilationniste, c'est-à-dire on va faire de gens des bons français, voilà, entre guillemets évidemment, voilà, on va les faire accéder à la civilisation, voilà, et en quelque sorte c'est pas faux que finalement on a, c'est un peu, il y a une dimension assez néocoloniale dans cette notion-là, qui est de dire qu'il y a des gens qui vivent sur le territoire français, qui ont des mauvaises mœurs, ou qui ont des mœurs qui ne sont pas adaptées aux mœurs qui devraient être quand on est français, et qui sont un peu arriérées, et finalement il faudrait les civiliser, et je pense qu'il y a cet inconscient-là, alors je pense que chez certains, c'est clairement du racisme, notamment à l'extrême droite, et puis chez d'autres c'est un peu inconscient, il y a une dimension inconsciente, je suis persuadé qu'il y a même certaines féministes qui sont sincères dans leur combat contre le voile, mais sans se rendre compte en fait qu'il y a tout cet imaginaire derrière.
– Y compris à gauche, beaucoup. – Y compris à gauche, et sans se rendre compte aussi que c'est totalement contraire à des principes qui sont fondamentaux dans notre République, la liberté de croyance, la liberté de se vêtir, etc., enfin des choses qui sont au cœur de… – L'expression aussi. – Et liberté d'expression, c'est vrai qu'on pourrait même aller jusque-là. – D'être ce qu'on est, quoi. – Donc c'est même une vision, une incompréhension, je pense, à la fois de la laïcité et puis de la République de manière générale.
Alors moi, ce qui m'amuse beaucoup, juste sur un point, alors déjà, là, dans cette polémique, on parle d'une Coupe du Monde qui n'a pas lié en France, qui a lieu, je crois, en Australie, enfin, donc on entend des chroniqueurs sur CNews ou que sais-je, qui nous expliquent la France, etc., on ne voit pas le rapport, déjà.
– Ce qui pense déjà au JO 2024, c'est voilé ou arrivé sur le territoire.
– Il y a autre chose, moi, qui me frappe, c'est que notamment chez beaucoup de réactionnaires et de gens à l'extrême droite aussi, finalement, on en revient toujours, ils utilisent le féminisme pour exprimer leur opposition philosophique au voile, alors que les mêmes personnes sont anti-féministes au quotidien, je veux dire, à peu près dans leur position politique, dans leur prise de parole.
– Ils ont pas sur les féministes, par exemple.
– D'une part, et puis ils passent leur temps à taper sur ce qu'ils appellent les néo-féministes, donc en fait, ce ne sont pas du tout des féministes, mais ils s'inventent une cause féministe quand il s'agit de taper sur le voile, donc évidemment, là aussi, on peut imaginer, enfin, je suis un peu naïf, mais il y a un arbre-plan derrière qui, évidemment, tout à fait…
– Il y a aussi des vrais féministes, je pense, qui sont sincèrement engagés pour l'émancipation des femmes, contre les féminicides, etc., contre la domination masculine, qui sont absolument convaincus du bien fondé, du discours anti-voile, et c'est en ça qu'il est extrêmement pervers, avec ces références que ne manquent pas de faire l'animateur, d'ailleurs un haut régime de République islamiste d'Iran, par exemple, aux situations politiques dans lesquelles les femmes sont contraintes… – C'est ça, c'est confondre la liberté de se vêtir comme on le souhaite, sans contrainte étatique, avec des régimes autoritaires…
– On part de régimes politiques qui sont antagonistes. – Tout est dans le contexte. – Une théocratie et une démocratie en France.
– Il est évident que ça n'a pas le même sens, de toute façon, le port… – Moi, j'irais plus loin, parce qu'Éric Zemmour, par exemple, défend l'interdiction du voile, et Marine Le Pen, jusqu'à récemment, proposait aussi l'interdiction du voile. Pour moi, c'est à l'envers. C'est l'État qui va imposer une norme vestimentaire, selon certains critères, et ça, c'est quelque chose qui appartient au régime autoritaire, c'est une arène démocratique, c'est une violence, en plus, factuellement, ça veut dire qu'il y aura une police de vêtements, c'est-à-dire qu'il y aura des gens qui seraient là. – C'est ce qui se passe là où les femmes sont contraintes de porter le voile.
– Voilà, exactement, donc ce serait anti-républicain, anti-démocratique, anti-libéral, au sens du dualisme politique.
– Et anti-féministe, comme vous le rappeliez exactement, réguler le port du foulard viendra à l'encontre de la liberté des femmes de disposer de leur corps comme elles l'entendent.
– Et ça, on l'a vu sur la plage, avec les fameuses arrêtées anti-burkini, etc., il y a des images qui ont vraiment choqué le monde quand on voit des gendarmes ou des policiers qui vont sur la plage et qui demandent à des femmes de retirer ce qu'elles portent. Là encore, on ne se rend pas compte, depuis l'étranger, l'effet que ça fait, c'est consternant.
– Même dans la France, d'ailleurs, même quand on est une femme qui porte le foulard, on l'a vu, forcément, cette violence. Il y a même d'ailleurs ces images qui, personnellement, m'ont énormément bousculée, qui pour moi sont une nouvelle forme d'émancipation forcée de jeunes lycéennes, portant pour certaines des abélias, et donc qui sont tous les matins contraintes, certes par une loi, à retirer leur foulard avant de rentrer dans l'établissement.
– Oui, c'est des images d'une très grande violence qui ont une dimension traumatisante, je pense, pour les jeunes femmes concernées, et qui est, encore une fois, une incompréhension totale de ce qu'est notre pays, de ce qu'est la laïcité, du principe de liberté de conscience, et qui est une vision assez autoritaire, finalement, encore une fois, de la laïcité, et qui consiste, finalement, à, voilà, de force, imposer des normes vestimentaires, considérer que tel vêtement, comme les abélias, c'est forcément un outil de prosélytisme, c'est quelque chose qui revient beaucoup, alors que c'est un choix individuel, qui, d'ailleurs, est certainement très complexe, surtout les abélias, abélias, voilà, qui a une dimension culturelle, qui a une dimension...
Enfin, c'est quelque chose de tout à fait complexe, et on fait passer des choix individuels qui sont de l'ordre de la conscience intime, et puis aussi de la construction de soi, etc. Et il ne s'agit pas de dire c'est bien, c'est mal, ça appartient au choix de chacun dans leur construction personnelle, eh bien, on va en faire un outil extrêmement dangereux qui mettrait en cause les principes de la République, etc.
Alors qu'encore une fois, on oublie que le principe fondamental de la République, enfin, un des droits de l'homme, c'est quand même la liberté de conscience, ça n'est pas rien, et qu'il y a une tentation autoritaire dans un certain laïcisme qui, encore une fois, le principe de la laïcité est un principe essentiel, la séparation des cultes et de l'État, c'est un principe essentiel, le prosélytisme, évidemment, à proscrire ou quoi que ce soit, mais là, on parle vraiment de choix individuels qui n'entachent en rien, le vivre ensemble, la vie en commun, etc.
Et il y a une mérempension totale, et aussi une instrumentalisation, encore une fois, par un certain nombre de partis politiques, notamment à droite et à l'extrême droite, pour, évidemment, s'en prendre à l'islam, ou à tout ce qui relève de près ou de loin à l'islam, et pour montrer, et avec l'idée sous-jacente, que l'islam ne serait pas compatible avec la culture française. Finalement, il y a cette idée-là derrière, chez certains, qui s'acharnent sur ce sujet-là, et c'est, encore une fois, c'est totalement antirépublicain de dire une chose pareille.
C'est un détournement, une perversion identitaire du principe de laïcité, c'est-à-dire que ça construit un être français, donc une identité, à laquelle il faut se conformer, et si on ne s'y conforme pas, on est un ennemi intérieur. Pour moi, ce n'est pas un sujet, ça ne devrait pas être un sujet, toutes ces histoires.
Ce qui est un sujet à propos de tout ça, c'est d'une part le racisme systémique profondément implanté, parfois inconsciemment, et sur lequel jouent consciemment, et c'est le deuxième sujet, jouent consciemment les classes dirigeantes, médiatiques ou politiques, comme on veut, pour créer un ennemi intérieur, pour agiter comme ça un chiffon rouge, détourner l'attention, et pouvoir développer une politique dont la population ne veut pas.
Avec une crainte, c'est qu'il y ait une union entre les minorités issues de l'immigration qui subissent le racisme d'un côté, et d'autre part, les perdants du changement de système, du changement de système économique, qui sont très nombreux, qui sont même majoritaires, y compris parmi ceux qui ne sont pas issus de l'immigration.
Oui, Mathieu, vous avez bien fait de rappeler que la laïcité, c'est la séparation des églises et de l'État, des cultes et de l'État, et cette laïcité prescrit donc une obligation de neutralité à l'endroit des agents du service public et pas des usagers. On rappelle quand même que cette loi de 2004 qui interdit les signes ostentatoires est une loi en fait qui est même anti-laïque, puisque c'est quand même une des rares lois qui vient imposer cette obligation de neutralité à des usagers. C'est d'ailleurs pour ça qu'on a dû voter cette loi et que la loi de 1905 ne pouvait pas permettre l'interdiction de ces signes. Voilà. Messieurs, il n'y a pas que le foulard qui obsède la France.
Alors il y a aussi Médine. Comme on se le dit, l'islam reste le trait d'union entre les deux polémiques, effectivement. Alors la présence de l'artiste et militant politique aux universités d'été, d'Europe Écologie-Les Verts, de la France Insoumise et sa participation à la fête de l'UMA fait grincer les dents de nombreuses personnalités d'extrême droite, mais également du centre et de la gauche sauce printemps républicain. Il l'accuse d'antisémitisme et d'homophobie, des allégations mensongères, comme en témoigne le passage de Médine aux médias.
C'est ça qui, selon moi, effraie le plus mes détracteurs, c'est que j'ai cet esprit de convergence aujourd'hui, que j'arrive en fait à fraterniser et à comprendre la douleur des luttes de travailleurs, comprendre la douleur des luttes des homosexuels, de comprendre que quand on agresse un homosexuel pour ce qu'il est, pour ce qu'il représente et pour son orientation, c'est le même mécanisme qui s'oriente vers les musulmans. C'est le même mécanisme qui s'oriente vers quelqu'un qui est issu de l'immigration algérienne.
Et en fait, de comprendre qu'il y a un point commun entre toutes ces douleurs et de les transformer en actions militantes et en essayant de peser dans le débat politique pour changer les choses, c'est ce qui effraie le plus mes détracteurs. Et je les comprends. Bon courage à eux parce que là, je suis vraiment ancré dans cet état d'esprit de vouloir de vouloir être intersectionnel dans ces différentes luttes et de les incarner et de ne pas avoir peur des intimidations et de les mener jusqu'au bout.
Alors messieurs, ce n'est pas la première fois que Médine est éclaboussée par des polémiques qui nous font presque oublier qu'il est une victime, une cible privilégiée de l'extrême droite. Le groupuscule d'extrême droite Waffenkraft a même projeté de l'assassiner. Le CRIF et Jean-Luc Mélenchon étaient également visés. Comment vous expliquez l'acharnement que subit cet artiste et d'ailleurs qui veut la peau de Médine et pourquoi ?
Alors déjà, si je peux commencer, déjà, il ne faut absolument pas être dupe sur, encore une fois, l'instrumentalisation notamment par le camp réactionnaire et l'extrême droite. dès qu'il s'agit de Médine, il crée une polémique et évidemment qu'il y a un arrière-plan derrière tout ça qui sent assez mauvais et qui, comme par hasard, touche une personne qui est musulmane et en plus musulmane de manière assez revendiquée. Donc ça, évidemment, il ne faut pas être dupe là-dessus. Le harcèlement qu'il subit sur les réseaux sociaux, notamment les attaques racistes, etc. Sur les réseaux sociaux, c'est aussi inacceptable et il faut le dire.
Et d'autre part, enfin, c'est quelqu'un qui, visiblement, a beaucoup évolué dans ses prises de position. L'interview qu'il a faite notamment avec vous et puis je crois aussi récemment dans un débat organisé par Mediapart. Je ne veux pas dire de bêtises, mais j'avais vu passer ça où on voit clairement qu'il a beaucoup évolué sur un certain nombre de sujets, qu'il a maintenant plutôt... Il s'est rapproché beaucoup de la pensée intersectionnelle.
Il le dit d'ailleurs, voilà, avec l'idée de non hiérarchique, comment dire, non hiérarchisation des luttes et d'essayer de concilier les différentes luttes entre elles, que ce soit les luttes, voilà, antiracistes, les luttes féministes, les luttes pro-LGBT, etc. Donc, visiblement, c'est quelqu'un qui a quand même beaucoup évolué et il faut lui reconnaître ça. En revanche, moi, je dois admettre que je suis un peu circonspect sur le choix quand même d'avoir choisi, d'avoir invité Mediapart, donc je crois que c'est la France insoumise et ELV, parce que c'est quand même quelqu'un qui a, par le passé, eu des propos qui, pour moi, me paraissent assez inacceptables.
Bon, il avait, dans une interview il y a plusieurs années, alors évidemment, il en est revenu après, ça c'est important de le dire, mais il a vu un mot, enfin, il avait utilisé un mot homophobe dans une interview que je ne répéterai pas parce que c'est un mot vraiment violent, qui me paraît, moi, assez contradictoire avec toute logique de progressiste telle que la gauche, la défense, c'est quelqu'un aussi qui a fait la...
Il va de quand, cette interview ?
Je crois que c'était vers 2015, quelque chose comme ça. Voilà, donc il faut aussi remettre dans le... dire que, encore une fois, je ne dis pas qu'il n'a pas évolué ou quoi que ce soit. Attention, c'est important de le dire. Ensuite, on se rappelle de la quenelle qu'il a fait à plusieurs reprises, etc., qui est quand même un geste associé à Dieudonné, qui est un antisémite et négationniste notoire. Donc ça aussi, c'est quand même très compliqué. C'est lié avec Kémy Séba aussi, c'est quand même... Ensuite, il est revenu dessus d'ailleurs. Donc pareil, voilà, c'est encore une fois l'évolution d'un homme.
Et je pense qu'il faut reconnaître ça, reconnaître la manière dont il a remis en cause ces différentes prises de position. Et puis enfin, juste pour finir, c'est vrai que son dernier tweet qui a fait la polémique en réponse à Rachel Kahn en faisant un jeu de mots sur le terme de rescapé. Et moi, je ne suis pas du tout convaincu qu'il avait conscience pleinement de la manière dont ça pouvait être reçu. Mais c'est vrai que ça me paraît assez difficile de concilier ça avec, encore une fois, une invitation en grande pompe par des partis progressistes. Voilà, c'est ça, c'est ma position.
Je rappelle le petit tweet peut-être pour toi, Julien. Rachel Kahn a insulté Médine de déchet. Et Rachel Kahn aussi avait réagi au propos de Mathilde Panot quand elle avait, alors je ne sais plus dans quel contexte parler de rescapé. Médine a repris le mot rescapé, a mis Elisabeth Borne.
Et dont la famille a vécu les camps de concentration. C'est un jeu de mots
de Médine qui a profondément choqué.
Notons qu'il a fait un tweet le lendemain où il s'est excusé par rapport au fait que ça a pu être mal reçu et qu'il n'avait pas cette intention-là. Il faut lui reconnaître qu'il s'est quand même excusé le lendemain par rapport à l'emploi de ces termes. Mais est-ce que tout ça justifie la censure ? Sur cette affaire, cette obscure histoire de tweet et plus généralement sur la décision qui a été prise à un moment donné par ceux qui utilisent les accusations d'antisémitisme et donc la mort des victimes pour leurs intérêts particuliers à tort et à travers, ce qui est là encore aussi une grande tradition française, de faire du mot « rescapé » une référence au génocide des Juifs.
Là-dessus, je ne sais pas trop quoi dire. Sur le fond et concernant Médine, je constate juste que lui, il n'a pas le droit à l'erreur, il n'a pas le droit d'évoluer parce que c'est un arabe et parce qu'il est de gauche. En gros, c'est quand même le sentiment qu'on a.
Un arabe musulman. Parce qu'en arabe chrétien, c'est moins problématique en France.
Oui, c'est ça. Et on fait totalement abstraction des contextes, là encore une fois, d'où vient Médine, de quelle culture il vient. Effectivement, dans le piège qui peut consister à tomber, quand on vient de ces endroits-là, dans une forme d'antisémitisme, mais qui, en fait, est bien différent du vieil antisémitisme français, morassien, et de l'antisémitisme qui a donné lieu, d'ailleurs, qui en définitive a débouché sur l'entreprise de destruction du peuple juif. Mais ça reste l'antisémitisme quand même. Oui, oui, oui. Mais ça reste de l'intolérance, ça reste du racisme. On est bien d'accord. Non, mais là-dessus, on est bien d'accord.
Mais ce que je veux dire, c'est que ce gars change, voilà, il apprend des trucs et il est marqué de manière indélébile, lui, par des conneries qu'il a pu faire quand il était plus jeune. Et on va lui ressortir tout le temps et il n'aura plus le droit, finalement, ou plus le même statut que les autres. Une figure politique
du Rassemblement National qui lui reproche l'antisémitisme.
Oui, tenir un propos homophobe, utiliser un mot homophobe, le fait qu'il les fait justifierait qu'ils ne doivent pas être invités nulle part. Qui n'a pas, sur un mode ou sur un autre, à un moment donné, tenu un propos qui peut être assimilé à de l'homophobie ? Enfin, je veux dire, c'est cette manière d'être... C'est grave. Enfin, je veux dire, surtout quand... Surtout, en fait, ce qui, je pense, a choqué beaucoup de monde, c'est que c'est quelqu'un aussi qui a une voix politique qui porte, c'est quelqu'un qui a vraiment... Je pense que c'est un rappeur qui se dit engagé et qui a une voix militante, consciente, etc. Il s'est fait l'écho, à l'époque, d'une forme...
Et le fait qu'il puisse avoir par le passé utilisé un terme profondément homophobe, c'est quand même très grave. Mais encore une fois... Il s'est fait l'écho d'une culture, d'une sous-culture, dans laquelle il y a un espèce de virilisme. Et elle n'est pas limitée aux banlieues, bien loin de là, mais pas seulement un quartier populaire. On est quand même, encore que je sache, placé sous l'autorité d'un ministre de l'Intérieur qui a écrit récemment un livre avec des passages antisémites, en se référant, pour l'assumer lui-même, à une lettre de Napoléon en 1806 qui disait le mal, qui évoquait le mal que faisaient les Juifs, etc.
Dans un livre qui concernait sa lutte à lui d'Armanin contre le séparatisme islamique. Parfaite illustration du fait que l'islamophobie a pris le relais de l'antisémitisme. Bon, je veux dire, d'Armanin, il est invité partout. Donc, à un moment donné, il faut que Médine soit invité. Les gens qui l'ont invité auront des demandes de clarification à lui faire éventuellement. Mais je ne suis pas sûr que la NUPES ait besoin des éditorialistes de droite et d'extrême droite pour, disons, tenir sa ligne anti-discrimination, antiraciste sur ces questions, je pense qu'on n'a pas vraiment besoin d'eux pour savoir qui inviter ou qui pas inviter.
Et quand je vois que dans le même temps, par exemple, un journal comme Marianne fait un appel pour demander des témoignages pour des femmes qui se seraient vues refusées qu'on leur serre la main au travail, comme ça a été fait il y a quelques semaines par Marianne parce qu'ils avaient besoin de témoignages, c'est-à-dire qu'ils cherchent à faire des dossiers sur l'emprise terrible de l'islam dans notre société, ils cherchent des éléments pour agiter ça en permanence parce que c'est leur fond de commerce, made in comme le reste, voilà, moi je pense qu'on ne doit pas non plus tomber dans ce panneau-là.
Non, ce qui est certain, juste pour ajouter une chose, c'est que voir, notamment, encore une fois, des personnalités d'extrême droite se faire les parangons de l'antiracisme et de la lutte contre l'antisémitisme, ça fait doucement rire quand on sait notamment qu'une des personnalités qui s'est exprimée, le président d'honneur, en tout cas jusqu'à récemment de son parti, était Jean-Marie Le Pen qui a tenu des propos relativisant l'importance des chambres à gaz pendant la séance de guerre mondiale. Donc, on n'attend pas de ces gens-là vraiment de donner des leçons sur des questions antiracistes.
Maintenant, je reste convaincu que la personnalité de Médine par rapport aux fautes qu'il a pu commettre par le passé n'est pas forcément la meilleure quand, dans un parti, on défend, encore une fois, des convictions progressistes, etc. Et il ne s'agit pas, encore une fois, et je pense que c'est important parce qu'il ne s'agit pas de dire qu'une personne ne peut pas changer et que c'est clairement quelqu'un qui a évolué. Et dans votre interview, notamment, il le dit très explicitement qu'il a compris la manière dont les différentes luttes s'agençaient entre elles et qu'il ne fallait pas les opposer entre elles, etc. Et ça, il faut tout à fait le reconnaître.
Mais maintenant, encore une fois, quand on met bout à bout les quenelles, le terme homophobe, certains tweets, etc.
et pour lesquels
il n'a pas été condamnés. C'est vrai, il faut aussi nuancer. C'est pour ça que j'essaie d'avoir... Ce n'est pas facile d'être nuancé sur la question, mais c'est vrai, quand on met bout à bout les différentes choses... En tout cas, Médine, pendant longtemps, n'a pas forcément été particulièrement progressiste. Mais en revanche, il faut aussi lui reconnaître qu'aujourd'hui, il est une des figures, en effet, qui défend un certain nombre de combats qui sont importants. Donc c'est... Mais comme vous dites, est-ce que sa présence est indiquée pour des partis comme ça ?
Moi, je vous dirais, au contraire, justement, il représente des milieux, il est sans doute représentatif, il a un itinéraire représentatif de milieux qu'il ait du devoir de la gauche d'atteindre. De convaincre de retourner voter, de défendre leurs intérêts, de comprendre que leurs intérêts sont les mêmes que ceux d'autres parties de la population d'où peut venir du racisme.
Pour moi, Médine, c'est tout à fait sa place, y compris avec son itinéraire à lui, auprès d'un parti comme la France Saint-Louise, qui a justement vocation à faire l'alliance entre les petits blancs perdants du système, si on veut, d'un côté, et les gens issus de l'immigration qui sont victimes du racisme systémique et qui sont aussi des perdants du système.
Et c'est pour ça que Médine fait peur, en fait, finalement. Il a cette capacité à mobiliser les jeunes issus des quartiers populaires qui seraient tentés de s'identifier beaucoup plus vite. Et donc, ça serait un vote des quartiers acquis à gauche et notamment au sein de la NUPES. Donc, toutes ces accusations d'antisémitisme sont des prétextes, en fait, finalement, pour censurer un homme qui a cette capacité à...
C'est un tir de barrage et effectivement, je pense qu'il fait très peur. Ce qu'il représente et la potentialité d'une alliance entre les forces qui représentent d'un côté et les forces de gauche authentiques de l'autre qui sont contre le démantèlement de l'État social, contre le pillage des richesses communes et, en gros, le développement d'une forme de socialisme. L'alliance entre ces deux forces-là, oui, c'est quelque chose contre quoi l'ensemble de la classe médiatique qui est vent debout. Après, moi, j'aurais aimé, juste pour finir, vraiment, moi, j'aurais aimé qu'il ait des vrais mots d'excuse par rapport au Quesnel, par rapport à Kémy Seba, par rapport à... par rapport à...
à ce terme homophobe qu'il employait. C'est vrai qu'il y a eu cette évolution, il l'affirme clairement, mais il n'y a pas eu vraiment un moment de... Ben voilà, j'ai... j'ai merdé, c'était un moment où, en effet, j'étais en train de me construire politiquement, etc. Et c'est vrai que ça, je trouve que ça manque un peu.
Il a peut-être pas dit de nouveau, là, dans ce temps de la polémique, mais dans d'autres interviews pour d'autres médias, sur le geste de la Quesnel, par exemple, il expliquait qu'à l'époque, c'était un geste qui est associé à une forme de révolte contre le système qui, aujourd'hui... C'est comme ça que Dieudonné d'ailleurs a réussi, dans ces quartiers-là. Bien sûr. Aujourd'hui,
on savait déjà que c'était associé à Dieudonné, dont on savait déjà les positions antisémites et médiationnistes, etc.
Mais lui, c'est de la dimension et de la symbolique antisémite de ce geste. Oui, oui, bien sûr,
mais lui, c'est associé à toute une galaxie Dieudonné, Soral, etc., qui est une galaxie profondément antisémite.
Parce qu'en 2015, par exemple, Médine, dans son texte R.E.R.D., il explique que l'antisémitisme comme l'islamophobie sont des cancers. Je pense que là, il n'y a pas de doute possible. Pour répondre à... C'était qui ? C'est le porte-parole du Rassemblement national ? C'est ça ? Oui, voilà. Il faut quand même rappeler, et je l'ai dit et je vais le redire quand même ici, c'est que ce groupuscule d'extrême droite, Waffenkraft, a ciblé Médine, projet d'attentat contre Médine et contre le CRIF. Donc, pour ces gens-là, un juif et un musulman sont des cibles et des ennemis sans distinction. Donc, ne nous laissons pas tromper par cette instrumentalisation faite par l'extrême droite.
On continue de parler de militantisme et de politique. Le Conseil d'État a suspendu en référé la dissolution des soulèvements de la terre. On rappelle que le 21 juin 2023, le gouvernement prononçait la dissolution du collectif au motif qu'il cautionnerait notamment des agissements violents contre des personnes et qui constituerait un trouble à l'ordre public. Alors, le décret avait été attaqué par les soulèvements de la terre, également par de nombreuses associations, partis politiques et particuliers. Les juges des référés du Conseil d'État retiennent que la dissolution porte atteinte à la liberté d'association.
Il ne faut pas oublier que Darmanin a parlé d'éco-terrorisme. C'est un mot très très fort comme justification. Et donc, d'après ce qu'on sait cet après-midi, puisque la décision vient de tomber, la représentante du gouvernement qui défendait ce dossier s'est fait écrabouiller en quelque sorte parce que le dossier tenait absolument pas la route devant le Conseil d'État, en tout cas en référé. Moi, juste deux choses là-dessus sur cette affaire qui est un des éléments parmi tant d'autres du durcissement du pouvoir en France, de sa lutte au fond contre le pluralisme. C'est ça qui est vraiment inquiétant à mon sens.
On sait par ailleurs comment les préfectures en ce moment coupent les subsides à toutes les associations qui sont jugées politiquement pas dans la ligne du gouvernement, ce qui est tout à fait antidémocratique. Et ça fait partie de cette situation d'ensemble. La première chose, c'est que je ne pense pas qu'il y ait lieu d'être spécialement optimiste. Il est tout à fait possible que le Conseil d'État joue un peu une petite pièce pour montrer qu'il existe, pour montrer qu'il n'est pas à la botte du gouvernement en prenant cette décision de suspension. Parce que, et c'est le deuxième point, ce n'est pas une mesure qui est prise sur le fond.
C'était une demande d'urgence, donc en référé, puisque les conséquences, s'il n'y avait pas de suspension justement, avant même qu'on puisse statuer sur le fond et débattre, ça va être à l'automne, les conséquences étaient immédiates, c'est-à-dire que l'activité de l'association n'était plus possible. Elle peut reprendre donc ses activités jusqu'à ce qu'il soit statué sur le fond, en attendant, rien n'est fait.
C'est un petit revers pour le gouvernement qui pourrait, si sur le fond, il est statué dans l'autre sens, si les choses sont validées, au fond, comment dire, affermir la position du gouvernement, la légitimer encore plus, puisqu'on pourrait dire, ah, mais regardez, le Conseil d'État, quand même, ne s'est pas laissé faire. Il a considéré qu'au départ, il n'y avait pas de quoi valider la décision. C'est bien la preuve qu'il y a des contre-pouvoirs. Oui, c'est vrai. C'est vrai que, en plus, c'est une rhétorique qu'utilise beaucoup le gouvernement. Vous voyez, il y a des contre-pouvoirs, etc. Bon, quand même, moi, juste, j'ajoute un point.
D'abord, c'est rassurant de voir qu'on est encore dans un État de droit, qu'il y a des contre-pouvoirs qui rappellent au gouvernement que ces décisions sont soumises au droit, premièrement, et que deuxièmement, les libertés fondamentales, et en l'occurrence, enfin, en l'espèce, la liberté d'association, quand même, c'est pas une petite liberté, c'est pas un principe à géométrie variable en fonction des opposants, en fonction de qui on considère éco-terrorisme, comme vous avez dit, ce mot épouvantable, liberticide. C'est le mot qui est utilisé dans ce dossier. Oui, bien sûr. Deux choses autres, soit il est terroriste, soit il n'y a pas.
Mais qui est un terme qui criminalise des luttes qui sont, en plus, en l'occurrence, profondément progressistes. Donc, c'est d'autant plus grave un terme pareil. On en avait déjà parlé dans des émissions précédentes. Mais, en tout cas, voilà, l'État de droit, c'est ça. Et je trouve que c'est important de rappeler que le pouvoir n'est pas tout puissant et qu'il est soumis à des règles de droit et au respect des libertés fondamentales. Mais alors, surtout, moi, je trouve que dans cette décision, il y a une petite révolution juridique. Et c'est là où je ne serais pas tout à fait d'accord avec vous. C'est que je pense que... Alors, on verra. C'est vrai, la décision sur le fond.
Mais là, il y a quand même quelque chose de très fort qui a été marqué par le Conseil d'État. Et je voudrais juste vous lire le communiqué de presse si j'ai le temps. Bien sûr. Alors, le communiqué de presse du Conseil d'État nous dit « Les actions promues par les soulèvements de la terre ayant conduit à des attentes à des biens qui se sont inscrites dans les prises d'opposition de ce collectif en faveur d'initiatives de désobéissance civile dont ils revendiquent le caractère symbolique et que ces atteintes aux biens ont été en nombre limité.
Et eu regard au caractère circonscrit à nature et à l'importance des dommages résultant de ces attentes, les juges des référets considèrent que la qualification des actions comme des achetements troublant gravement l'ordre public soulève un doute sérieux. Ce qu'il y a dans cette décision, c'est la reconnaissance presque je pense que beaucoup de juristes qui nous regardent enfin les juristes qui nous regarderaient seront peut-être un peu plus circonstruits que moi mais j'ai l'impression qu'il y a presque une reconnaissance de la légitimité de la désobéissance civile sous certaines conditions. Et ça je pense que c'est... En tout cas c'est la disproportion ici qui est pointée.
La disproportion entre la mesure et les actions effectives. Mais le Conseil d'État dans ce que je vous ai lu là reconnaît la dimension de désobéissance civile. Il parle aussi d'action de désarmement parce que c'est comme ça que les soulèvements de la Terre nomment leurs actions. C'est des actions de désarmement par rapport à des dispositifs qui détruisent le vivant etc.
J'ai l'impression que le Conseil d'État cette décision en tout cas est assez historique en tout cas inédite au sens où pour la première fois ou en tout cas une des premières fois l'idée de désobéissance civile c'est-à-dire de mener des actions contre certaines lois des actions contre certains biens mais qui sont non violentes vis-à-vis des personnes et à condition qu'elles soient à la fois à visée principalement symbolique le Conseil d'État aussi le dit et que ce soit mesuré les atteintes en biens soient mesurés et bien c'est acceptable dans une démocratie et ça je trouve que du point de vue des luttes progressistes c'est fondamental parce qu'on voit à quel point notamment pour l'écologie mais pas seulement la désobéissance civile prend de plus en plus d'ampleur notamment chez la jeunesse une jeunesse militante qui a l'impression qu'en fait les vieilles méthodes finalement de militantisme ne fonctionnent plus et que quand il s'agit d'écologie en particulier quand il s'agit de sauver les conditions de vie sur Terre il faut des actions un peu plus radicales et bien là j'ai l'impression qu'il y a quelque chose d'assez inédit qui s'est passé avec cette décision et qui peut vraiment protéger en quelque sorte les mouvements de désobéissance civile qui il faut le rappeler ne sont pas des mouvements violents ne sont pas des mouvements extrémistes mais sont des mouvements progressistes qui cherchent à alerter l'opinion publique sur des choses qui sont gravissimes et en l'occurrence la question écologique
oui oui dans le communiqué des juges des référés du conseil d'état ils disent clairement qu'il n'y a pas de trouble à l'ordre public et que les éléments apportés par le ministre de l'Intérieur sont pauvres pour justifier la légalité du décret on poursuit avec l'actualité messieurs une actualité qui a été cet été qui a été marquée par les conséquences dramatiques de la chasse que livre le président tunisien Kay Saïd aux migrants d'Afrique subsaharienne qu'il justifie par la crainte d'un grand remplacement nous avons tous en tête ces images de migrants arrêtés arbitrairement en Tunisie et conduits dans le désert dans les zones frontalières de la Libye et l'Algérie abandonnés à leur sort errants sous le soleil brûlant à la recherche d'oasis où ils pourraient trouver de l'eau et de la nourriture ils seraient 150 voire 200 selon l'ONG Human Rights certains n'ont pas survécu l'inhumanité de la Tunisie de l'Algérie et de la Libye sont à raison pointées du doigt mais on oublie que ces drames ont lieu sous le regard silencieux de Bruxelles selon Tania Ratcheau chercheuse en droit européen et membre du réseau des infox migrations l'UE a le son des migrants sur les mains
bah oui parce que tu dis c'est effectivement le président actuel de la Tunisie qui mène cette politique et c'est lui qui est le perpétrateur de ces atrocités puisqu'il s'agit donc de laisser des gens mourir comme ça dans le désert on sait pas en réalité combien de dizaines ou peut-être combien de centaines sont vouées à cette mort atroce mais en réalité c'est une politique qui est mise en oeuvre à la demande de l'Union Européenne il faut le savoir c'est une politique générale de l'Union Européenne qui s'appelle l'externalisation des frontières puisque c'est trop compliqué trop voyant aussi il y a trop de caméras quand on repousse les migrants quand on ne les secoue pas en Méditerranée il faut les empêcher de partir et pour ça la meilleure solution c'est encore de faire faire le sale boulot par les élites qui sont au pouvoir en Libye en Tunisie notamment donc il y a un accord stratégique qui a été passé il y a quelques semaines entre l'Union Européenne et la Tunisie pour que cette politique soit menée alors le président tunisien dans le cadre de son projet politique intérieur à lui qui est un projet politique ultra réactionnaire autoritaire il vient de faire passer d'extrême droite il vient de faire passer une nouvelle constitution qui donne tous les pouvoirs à l'exécutif avec en plus une fondation en religion dans l'islam de l'architecture politique évidemment il développe cette idée de grand remplacement il ne se contente pas de reprendre l'idée de constitution autoritaire de peut-être de chez nous de la 5ème République qui reprend aussi notre cher grand remplacement de nos grands intellectuels médiatiques à des fins intérieures mais en réalité il faut bien voir que derrière cette Union Européenne dont on nous a toujours dit qu'elle était bienfaisante et bienveillante pour tout le monde qu'elle était bienveillante à l'intérieur pour les Européens alors qu'en réalité elle permet de marchéiser de manière généralisée les biens collectifs et les services publics à l'extérieur on nous expliquait que finalement elle allait représenter ce que l'Occident a apporté au monde à savoir au fond les droits de l'homme le développement et les droits de l'homme le droit tout court et bien en réalité elle sous-traite des atrocités elle commet par proxy comme on dit par l'intermédiaire de ses élites qu'elle achète littéralement ces atrocités c'était déjà le cas je le rappelle en Turquie c'est aussi le comportement de la Turquie à la suite d'un accord avec l'Union Européenne concernant les réfugiés syriens ce qui est reproduit en ce moment en Tunisie c'est absolument terrible et ça nous concerne
les Syriens sont quand même mieux accueillis et intégrés en tout cas en Turquie à la différence de ces migrants subsahariens
alors effectivement il n'y a sans doute pas le degré de racisme sur lequel vient en plus s'appuyer cette politique traditionnelle racisme traditionnel négrophobique traditionnelle dans les pays d'Afrique du Nord mais il n'empêche qu'il faut comprendre que nous ne sommes pas étrangers à tout cela bien loin de là sans parler même des responsabilités de l'Occident dans le fait que les sociétés dont viennent ces hommes et ces femmes noires ne peuvent pas se développer ne sont pas vivables pour eux ce qui est certain c'est que derrière ces images épouvantables qu'on a tous vues notamment on a vu cette mère et son enfant mort de soif dans le désert et plus globalement le drame humanitaire auquel on assiste et qui en fait oui totalement volontaire de la part du gouvernement tunisien il y a vraiment une idéologie derrière et vous avez parlé de la question du grand emplacement en fait on assiste tous à la dérive autoritaire de la Tunisie c'est un pays qui est en train de sombrer dans une quasi-dictature le racisme est en train de prendre une ampleur jamais vu le racisme anti-noir et je vous cite juste ce qu'a dit c'était en février dernier donc Kay Saïed le président tunisien et qui fait exactement référence à ce que vous avez dit Julien il existe un plan criminel pour changer la composition du paysage démographique en Tunisie et certains individus ont reçu de grosses sommes d'argent pour donner la résidence à des migrants sur le serien donc déjà un discours complotiste qui fait écho au discours du grand emplacement avec l'idée qu'il y a une sorte de complot pour transformer la démographie de la Tunisie donc on voit déjà à quoi ça fait référence et ensuite il dit autre chose il dit il y a une volonté de faire de la Tunisie seulement un pays d'Afrique et non pas un membre du monde arabe et islamique donc pareil on revient dans cette obsession de la transformation démographique du grand emplacement de cette idée qu'il y a une volonté manifeste de remplacer le peuple par l'immigration etc et ça c'est important parce qu'au fond c'est des mêmes thèses que celles d'une partie d'extrême droite en France sur le grand emplacement etc et en fait là on voit vraiment la manière dont ces thèses se transforment assez rapidement je veux dire en l'espace de quelques mois
de la politique française dans le monde
en l'espace de quelques mois on voit comment ce discours là dans les actes aboutit à des horreurs humanitaires des gens qu'on abandonne à leur sort qu'on laisse parce qu'encore une fois on les emmène dans le désert on les tue en fait on les emmène dans le désert sans nourriture sans eau quoi que ce soit donc on les amène à la mort et ça c'est évidemment à la fois terrifiant et en même temps on voit bien il y a une idéologie derrière et ça doit vraiment nous faire réfléchir nous-mêmes et vous l'avez très bien dit par rapport à nous ce qu'on fait en Europe la manière dont on gère la question migratoire qui est une honte absolue la manière dont les exilés meurent dans la Méditerranée qui est devenue une sorte de cimetière avec des milliers des milliers de morts depuis des années et récemment encore je donne cet exemple parce que je trouve que c'est assez révélateur de l'humanité dans laquelle on est tous collectivement en train de tomber le Royaume-Uni a décidé de mettre en place une sorte de prison flottante dans lequel ils installent des exilés ce qui est contraire au droit international c'est le contraire au droit international absolument c'est totalement inhumain et qui est une manière donc le home office le gouvernement anglais l'a dit du même c'est une manière à la fois de dissuader donc c'est une manière à la fois d'envoyer un message en mode ne venez pas parce qu'on va vous mettre dans des vous allez subir des conditions qui s'apparentent à la torture ou en tout cas des privations de liberté en plus avec la perte de dignité à peu près totale et puis aussi parce que ça coûte moins cher et ça c'est quelque chose qui m'a tout à fait frappé dans le discours du gouvernement anglais c'est le rapport qualité-prix ça a été dit dans un communiqué le rapport qualité-prix de cette barque volante qui est en fait une prison enfin barque pardon flottante qui est en fait une prison flottante voilà c'est pour des raisons comptables c'est à dire que ça c'est une notion tout à fait inhérente au néolibéralisme on parlait de Gary Baker la dernière fois comptabiliser en argent des éléments de la vie jusqu'au prix de la vie humaine c'est au coeur de la pensée néolibérale c'est à dire que là on a une coalition entre des gouvernements qui mènent des politiques néolibérales et des politiques migratoires inhumaines selon à la fois des principes xénophobes mais aussi des principes comptables comptables et qui sont adressés comme tels à la population et en fait ça c'est un peu le là il y a une loi immigration qui arrive au parlement à la rentrée qui va durcir aussi considérablement les conditions d'entrée qui va aussi mener à des expulsions beaucoup plus grandes etc bon on voit bien là qu'il y a une sorte de et qui va bien occuper l'espace médiatique pendant qu'on fera passer aussi des lois bien sûr et qui va occuper l'espace médiatique et puis qui va encore une fois mettre l'extrême droite au centre du jeu parce que c'est eux qui quand on est sur les thèmes de l'extrême droite c'est toujours l'extrême droite qui gagne et donc là il y a une vraie montée des politiques anti-migratoires en Europe et qui vont conduire en fait à des drames humanitaires et c'est ça qui est le plus grave parce que les exilés les gens qui cherchent à qui fuient la misère la persécution ils continuent à revenir enfin je veux dire ces exilés s'ils prennent tous ces risques ils prennent le risque de mourir c'est des mois et des mois de voyage jusqu'à atteindre très coûteux etc ils perdent quasiment ils perdent tout ce qu'ils ont pour essayer de faire ce voyage ils ne vont pas ils ne vont pas s'arrêter de faire ça donc ça va ça va être un désastre humanitaire un désastre en vie humaine et c'est aussi pour ça que fondamentalement une position de gauche consiste à dire qu'il faut défendre aussi bien les droits des migrants que plus fondamentalement et plus structurellement le droit de ne pas être contraint de partir le droit de pouvoir vivre chez soi dans un pays qui n'est pas corrompu par la complicité de ses classes dirigeantes avec les classes dirigeantes de l'occident pour l'exploitation des ressources pour le maintien de régimes autoritaires pour empêcher l'émergence de classes moyennes etc je pense qu'il faut avoir une pensée globale de tout ça ça c'est du long terme c'est-à-dire un syrien ou un libyen tout à fait c'est du long terme il faut penser les deux il faut toujours penser les deux je crois vraiment que le devoir d'accueil est la priorité politique et là-dessus je sais qu'on est d'accord
oui Mathieu vous l'avez rappelé à la rentrée se prépare effectivement les débats et le vote de la loi immigration notre loi également la loi de programmation des finances publiques doit être en principe examinée par le Parlement sauf que alors vous l'avez peut-être entendu Emmanuel Macron et Elisabeth Borne sont décidés à utiliser encore une fois l'article 49.3 pour passer en force leur loi c'est une information du canard enchaîné on se souvient que le gouvernement avait promis de ne pas sacrifier cette cartouche pour son projet de loi après tout les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent en disait Chirac
il prépare l'opinion oui et effectivement ça va être quelque chose qui va venir ensemble il va y avoir deux facettes d'une part on va relancer encore la question migratoire faire appel au racisme systémique en promouvant cette loi d'Armanin sur l'immigration et dans le même temps faire passer un nouveau train de mesures qui va permettre la poursuite du pillage par les élites économiques par la classe dirigeante par des gens dont le meilleur représentant est Bernard Arnault de la richesse commune c'est un processus qui dure depuis 40 ans la classe moyenne française se fait dépouiller ces services publics sont démantelés les uns après les autres pour faire des économies pour défiscaliser pour la courbe de la taxation des profits est tout à fait éloquente elle est en chute libre alors que le degré la qualité de vie maintenant l'âge à la retraite sont repoussés il y a un appauvrissement en quelque sorte de la population moyenne on en est même arrivé et c'est absolument historique à une remontée du taux de mortalité infantile en France ce qui est le meilleur indicateur du degré de développement général d'une société et c'est le témoignage de ce que le néolibéralisme littéralement le pillage la mise à sac des biens communs par cette oligarchie il faut bien l'appeler comme ça via ces politiques via ces trains de mesures qui passent les unes derrière les autres qui ont été préparées par la gauche mais qui se sont développées vraiment avec François Hollande puis Emmanuel Macron les effets de tout cela c'est un appauvrissement généralisé alors que la richesse globale ne baisse pas et un enrichissement absolument exponentiel d'une infime minorité c'est ça le programme c'est ça l'objet à nouveau des lois de la loi train de loi qui vont passer à l'automne qui ne pourront pas être votées par une majorité vraisemblablement à l'Assemblée nationale parce que là-dessus le RN moneille son soutien naturellement sur le fond il n'est pas contre c'est pas vraiment la droite sociale qu'une partie du RN essaie de faire croire qu'il est même si Zemmour et maintenant une partie des républicains disent que Marine Le Pen est une femme de gauche en se référant à cette tradition sociale du fascisme au fond ils vont se faire prier quand même en l'occurrence pour exister politiquement ils ne vont pas voter ces lois probablement et donc il faudra passer en force sans majorité de l'exécutif là encore alors que ce sont des questions absolument centrales pour le quotidien des français sur l'extrême droite par exemple Mélanie en Italie qui un peu préfigure ce que pourrait être un gouvernement j'ai l'impression fasciste voilà et puis ce que sera une politique d'extrême droite via Marine Le Pen en France on voit qu'elle mène une politique anti-pauvre elle a supprimé en tout cas elle a réformé le RSA revenu minimum qui s'appelle revenu citoyenneté voilà en Italie pour le restreindre beaucoup plus donc impactant alors que c'est déjà une misère c'est déjà une misère voilà exactement mais il faut
la suppression de manière étape par étape il faut punir les pauvres
il faut punir les pauvres je suis tout à fait d'accord Alexandrate veut faire croire qu'elle agit en faveur des classes populaires mais en fait ce sera le contraire et même dans toute sa politique de manière générale il y avait un pour revenir à votre question Nadia il y avait il y a eu une collision de deux chiffres que je trouvais intéressants ces derniers temps on a vu là il y a quelques jours que les entreprises de CAC 40 avaient fait des profits énormes cette année alors je ne sais pas si c'était des profits records mais en tout cas un rebond de leurs profits après le Covid voilà très bien formidable et puis alors dans le même temps il y a quelques semaines on apprenait que près de 15% je crois 14% des français étaient en situation de privation dans leur quotidien donc ce privé était obligé de se priver sur des choses du quotidien dans leurs achats etc donc 14% c'est quoi ?
c'est plusieurs millions enfin c'est des millions et des millions de français et peut-être même d'ailleurs que la réalité est encore bien que ça donc on voit bien on est d'accord que ce gouvernement mène une politique qui est favorable à des grands groupes et à une minorité de gens finalement et puis qui appauvrit les gens qui sont déjà les plus pauvres et ça c'est et les classes moyennes maintenant aussi et alors le problème c'est que de plus en plus les classes moyennes va tendre à disparaître les classes moyennes et ce qui est intéressant c'est que le gouvernement s'enorgueillit de bons chiffres les bons chiffres sur l'emploi sur la croissance sur ceci cela mais sans jamais en fait montrer le détail de tout ça c'est à dire que c'est des bons chiffres en apparence mais déjà sur l'emploi bon il y a des radiations et puis il y a tous les durcissements qu'on connaît sur les minimas enfin on va pas revenir là-dessus donc en fait c'est un peu des trompe-lails ils invisibilisent il faut invisibiliser voilà et puis surtout c'est des bons chiffres mais pour qui et au détriment de qui voilà et ça ça me paraît assez fondamental et c'est tout à fait l'esprit néolibéral d'ailleurs qui s'exprime là-dessus et sur le 49.3 bah oui il n'y a pas de majorité il n'y a pas de majorité donc en fait à partir du moment où ils ne trouvent pas de majorité bah ils continueront à gouverner par 49.3 la question c'est bah d'une part sur un texte budgétaire c'est quand même pas un texte budgétaire c'est pas rien mais
il peut l'utiliser cette cartouche qu'une fois en plus sur ce texte là il peut l'utiliser
sur un texte budgétaire une fois mais sur d'autres textes ils peuvent l'utiliser plusieurs fois et à mon avis on va avoir un quinquennat de 49.3 en permanence etc la question c'est a créé une sorte d'explosion dans le pays ça s'est calmé mais ça s'est pas calmé
les policières ont calmé voilà
et puis de manière générale de manière générale il y a eu beaucoup je pense de comment dire de ressentir enfin de voilà de frustration de ressentiment rien n'est réglé rien n'est réglé donc on imagine un peu ce que ça va être les 49.3 dans voilà peut-être le texte d'immigration va passer en 49.3 etc donc là la situation politique est assez explosive et je pense que la rentrée va être explosive aussi et Macron assume de gouverner contre sa population puisque si on résume les choses il n'a pas une représentation politique malgré les effets déjà de distorsion de la représentation qui fait qu'en général les représentants sont nettement moins progressistes nettement moins favorables au petit milieu au milieu moyen que ne le voudrait une vraie représentativité même avec la représentation il n'arrive pas à avoir une majorité pour gouverner et donc au lieu de faire ce que démocratiquement il devrait faire c'est à dire voilà la représentation nationale veut ça elle est comme ça je vais faire passer des choses en accord avec elle mais la 5ème république lui permet de gouverner néanmoins contre la population alors il faut bien voir que ce qui est en train d'être fait là depuis encore une fois en particulier Hollande ça s'est accéléré avec Sarkozy et Hollande c'est un alignement sur un modèle international je veux dire la France faisait figure d'anomalie elle était attaquée en permanence avec une très grande violence dans la presse anglo-américaine depuis très longtemps notamment par The Economist elle faisait figure d'un pays socialiste en quelque sorte qui ne devrait pas exister où il y a trop de services publics où les gens voilà les gens sont soignés gratuitement les gens partent à la retraite beaucoup trop tôt les gens ont trop de vacances les gens ont trop de droits et le pire c'est que la productivité de ce pays est supérieure très nettement supérieure par exemple à la productivité des Etats-Unis il y a des infrastructures qui fonctionnent etc il fallait en finir avec cette anomalie et c'est ce que finalement Macron et compagnie sont en train de réussir à faire et il faut bien voir derrière que quelqu'un comme Bernard Arnault précisément revenons à lui est très explicite là-dessus c'est quelque chose que je crois l'article du Monde disait mais qui dit très souvent de toute façon lui-même Bernard Arnault il considère que la France est un pays socialiste marxiste il le dit très clairement il tient le discours que tient la grande bourgeoisie il a ce point de vue qu'avait le monde anglo-américain sur la France jusqu'ici ça n'est pas normal les gens ne souffrent pas assez les gens partent en vacances trop souvent les gens vivent trop bien dans ce pays c'est l'idée de Bernard Arnault qui je termine là-dessus a construit son empire grâce à la complaisance des pouvoirs publics dans les années 80 rappelons-le il a été subventionné pour acheter des entreprises qui étaient en plein désastre il a licencié des gens et construit son empire de cette manière c'est-à-dire qu'en fait il doit au soutien de l'Etat en réalité le fait c'est ce que vous avez entendu dire oui tout à fait complètement à 100% le fait qu'aujourd'hui LVMH par exemple a un budget je crois qui est de 5 à 600 milliards d'euros qui est supérieur à celui de la France à celui d'un Etat
et après on conclut justement sur cette fameuse enquête du monde
vraiment une seconde là-dessus en fait je pense que c'est pas nouveau que des grands patrons des grands chefs d'entreprise des grands capitaines d'industrie ou que sais-je cherchent à influencer le politique pour mener des politiques plus libérales des politiques qui soient plus favorables aux entreprises plus favorables à leurs intérêts etc je pense qu'il faut être un peu naïf je dis pas que vous êtes naïf mais il faut être un peu naïf pour être choqué par ça à la limite c'est normal ils sont dans leur rôle il y a le MEDEF il y a les chefs qui défendent leurs intérêts et ça moi à la limite ça me choque pas qu'un Bernard Arnault cherche à défendre ses intérêts etc bon c'est la marche des choses et je pense que c'était vrai tout le temps sous De Gaulle sous Pompidou sous Giscard etc donc ce qui est nouveau je pense c'est que avec Emmanuel Macron et je dis pas que déjà il n'y avait pas eu déjà ça sous Hollande et sous Sarkozy évidemment mais en fait avec Emmanuel Macron c'est vraiment le monde de l'entreprise qui arrive au pouvoir parce que encore une fois Emmanuel Macron c'est avec lui c'est vraiment une équipe de managers c'est des anciens cadres d'entreprise et c'est pas une critique de dire consulter lesquelles d'entreprise certains étaient certainement très doués ou quoi que ce soit mais ils sont venus en fait au pouvoir avec l'imaginaire du monde de l'entreprise avec les méthodes du monde de l'entreprise avec l'idéologie managériale etc et je pense que c'est ça qui fait qu'Emmanuel Macron va beaucoup plus loin que ses prédécesseurs dans la casse des services publics dans les réformes ce qu'on appelle les réformes structurelles les réformes austéritaires ou quoi que ce soit qui sont en effet poussées par Bruxelles aussi mais c'est vraiment lui il est convaincu que le pays se gère comme une entreprise et qu'il faut faire des économies par-ci des économies par-là il faut être plus efficace il faut être plus rentable il faut avoir plus de croissance par-ci par-là etc et ça c'est vraiment une idéologie qui est au cœur du macronisme et c'est là je pense qui est la grande différence avec avant c'est pas tellement finalement l'influence des grands patrons qui ont toujours eu cette influence et jouent leur rôle et voilà mais c'est vraiment que maintenant au pouvoir avec Emmanuel Macron il y a des gens qui sont des représentants du monde de l'entreprise et qui n'ont pas le réflexe politique qui est de se dire il y a aussi l'intérêt général et des compromis à faire entre ce que veulent les entreprises et puis ce qui est bon pour le pays etc etc et je pense que c'est ça vraiment la grande différence entre Emmanuel Macron et ses prédécesseurs
on a un chef d'état avec Emmanuel Macron qui gère la France comme une entreprise et avec Bernard Arnault on a un chef d'entreprise qui gère la France comme un chef d'état en fait c'est un petit peu ça la conclusion de l'enquête vertigineuse du monde qui soulève de nombreuses questions je rappelle le titre de cette enquête comment Bernard Arnault l'homme le plus riche du monde étant son empire au delà du luxe c'est une enquête qui vraiment soulève énormément de questions on va y venir qui de Macron ou Bernard Arnault dirige vraiment la France on a le président des riches et de l'autre côté le plus riche en fait l'homme le plus riche du monde est-ce que finalement le premier n'est pas la marionnette du second et si finalement c'était pas Bernard Arnault qui tirait les ficelles en coulisses alors messieurs une question très simple est-ce que la France est-elle en train de devenir une oligarchie
oui moi je crois que c'est fait maintenant c'est fait depuis un certain temps cet article du monde il est très intéressant mais il y a des choses les choses les plus douloureuses au fond peut-être sur le cas Arnault qui n'évoque pas et qui n'évoque pas tout simplement parce que le monde est la copropriété de Xavier Niel qui est l'époux de Delphine Arnault la fille de Bernard Arnault il y a un certain nombre de choses qui ne peuvent pas et dites et ça rejoint une réserve que j'aurais sur ce que vous disiez tout à l'heure aussi vous dites ils sont dans leur rôle ces hommes ces grands capitaines d'industrie de défendre leurs intérêts là on est passé complètement à autre chose parce qu'ils ont totalement infiltré l'état à tous les étages et il y a une fusion complète entre le milieu qui contrôle l'état et ce milieu des grands groupes ce sont les mêmes ce sont les mêmes personnes c'est ça il y a un grand on le voit très bien avec la préfectorale encore bientôt mais il y a bien longtemps que LVMH des hommes et des femmes de LVMH qui sont des employés de LVMH sont à tous les étages du pouvoir je renvoie d'ailleurs à ce que disait Christophe Girard lui-même qui pendant plus de dix ans a été à l'administration adjoint très influent d'Anne Hidalgo à Paris tout en étant à différents postes de très haute responsabilité à LVMH et un jour Christophe Girard a innocemment laissé parce qu'il était lui-même étonné cette anecdote donc c'est un proche de Bernard Arnault il disait au début des années 2010 j'ai entendu Bernard Arnault dire nous dire qu'il fallait protéger Emmanuel Macron qu'un jour il serait président de la République et que c'était notre intérêt de le soutenir à une époque et Christophe Girard se rappelait de ça alors que Macron était sur le point d'être élu ou venait d'être élu donc à une époque où Emmanuel Macron était un total inconnu il faut rappeler ça se sait mais là encore l'article n'en parle pas qu'en réalité les liens entre Bernard Arnault et Emmanuel Macron remontent assez loin à l'époque où Brigitte Macron dont tout le monde sait en fait la très grande influence qu'elle a sur l'itinéraire de son mari était enseignante professeur de lettres à ce qu'on appelle Franklin qui est en fait Saint-Louis de Gonzague rue Franklin dans le 16ème arrondissement un établissement d'enseignement privé où les enfants de Bernard Arnault de son deuxième mariage Frédéric et Jean étaient scolarisés et c'est lors des réunions parents-enfants parce que Bernard Arnault était très attentif à l'éducation de ses enfants à sa succession que des contacts ont été pris et qu'une amitié s'est nouée très tôt donc certainement avant les années 2010 entre le couple Macron et Bernard Arnault c'est une très longue histoire par ailleurs ce que l'article omet aussi de dire c'est qu'il y a de très nombreux cas litiges disons de fraude fiscale qui ont marqué l'essor de l'empire de l'empire Bernard Arnault ça c'est des questions qui fâchent alors l'article évoque un peu sa tentative quand même de départ en 2013 en Belgique pour défiscaliser l'intégralité de son patrimoine de fait encore aujourd'hui tout le patrimoine immense les actions de LVMH c'est ça de Bernard Arnault désormais est en Belgique sous un régime voilà qui est à la tête de cette fondation breton Thierry Breton le commissaire l'ancien ministre de l'économie commissaire européen à l'économie très proche de Bernard Arnault il y a une espèce d'osmose de symbiose complète entre ces milieux là qu'on pourrait appeler tout simplement les milieux du grand capital et les milieux qui contrôlent l'état qui est tout à fait effrayante tout à fait impressionnante on peut s'en remettre maintenant pour le pluralisme car une chose au fond c'est la rivalité entre ces oligarques mais là encore il ne faut pas se faire d'illusions contrairement à nous autres gens de gauche ces gens là comme la droite en général à conscience des intérêts essaient de mettre de côté ces divergences quand il faut défendre l'essentiel Bolloré joue une partition là dessus il serait censé être à l'extrême droite alors que Bernard finalement serait seulement la droite dure en réalité il y a une mise en scène aussi d'Emmanuel Macron qui serait parfois un peu irrité par les médias de Bolloré on sait très bien que Yannick Bolloré qui était à la tête de l'agent Savas l'un des fils de Vincent Bolloré est un macroniste qu'il a fait la campagne d'Emmanuel Macron il y a souvenez-vous aussi que la première chose que fait Nicolas Sarkozy déjà après son élection en 2007 c'est d'aller se reprocher trois jours où sur le yacht où l'a invité Bolloré c'est sous les yeux de tout le monde c'est énorme et il ne faut pas trop se faire division non plus sur le fait que les divisions entre ces oligarques vont nous permettre à nous de faire valoir nos intérêts de population qui est gouvernée sans plus grande prise sans presque aucune prise maintenant sur la politique menée
d'ailleurs un membre de l'équipe un dirigeant de LVMH interrogé par le monde se confie en ces termes nous sommes si gros si puissants que nous n'avons même plus besoin de faire du lobbying ça se fait tout seul
oui je pense qu'il y a déjà un problème qui date pas d'hier et qui mine la république c'est ce qu'on appelle dans le jargon le pantouflage c'est à dire des hauts fonctionnaires qui font quelques années au service de l'état etc et puis ensuite vont rejoindre un groupe privé un grand groupe ou quoi que ce soit mais en faisant ça emmènent avec eux leur carnet d'adresse voilà et ça c'est quelque chose qui existe depuis longtemps qui mine la république parce que ça en plus ça jette un soupçon sur ces hauts fonctionnaires sur leur réel sens de l'intérêt général etc et moi je suis très partisan de lois très très de régulation beaucoup plus fortes qu'aujourd'hui c'est une interdiction ça serait vraiment l'évolutionnaire ça poserait des gros problèmes du pantouflage moi je pense que quand on s'engage pour le en tant que aux fonctionnaires quand on s'engage pour le bien commun pour l'intérêt général et que ça devrait interdire d'ensuite d'aller d'en priver alors on me rétorquerait que c'est un peu liberticide que je ne sais pas si vous dirais surtout que l'intérêt général dans la logique libérale l'intérêt général c'est que les profits augmentent ça vous n'avez pas compris et c'est là où moi je pense c'est là où moi je pense que je ne pense pas qu'on est dans une oligarchie ou quoi que ce soit c'est Emmanuel Macron le décideur c'est lui qui décide c'est lui qui qui mène ses politiques quoi que ce soit le sujet c'est pas tellement ça et moi je suis pas j'aime pas trop l'individualisation des choses telle personne quoi que ce soit moi je crois surtout encore une fois qu'il y a un rapprochement encore une fois des intérêts entre le monde privé et le monde public c'est à dire qu'on a même sociologiquement je le redis des gens qui viennent du monde de l'entreprise des anciens cadres des anciens dirigeants etc qui sont auprès d'Emmanuel Macron qui sont ministres qui sont députés qui sont etc lui même vient de là lui même Emmanuel Macron c'est un ancien du privé etc et qui en fait investissent la chose publique et qui à l'intérieur de la chose publique du coup mènent des politiques qui vont être de facto favorables aux grands groupes aux grandes entreprises voilà et plus globalement au capital et c'est encore une fois c'est ça moi je pense qui est le plus fondamental c'est pas tellement encore une fois l'influence que tel ou tel comment dire grand chef d'entreprise peut avoir ou quoi que ce soit c'est vraiment encore une fois le fait que maintenant au niveau politique on a des gens qui sont de moins en moins sensibles à l'intérêt général à la conciliation entre d'un côté l'intérêt des entreprises et puis l'intérêt des gens la manière de concilier tout ça et je pense encore une fois que vraiment comment dire Emmanuel Macron est quelqu'un qui a une vision purement managériale de la politique qui pense qu'on gère un pays comme une entreprise et qui a cette idéologie là et qui veut l'installer et ce qui fait qu'en effet finalement on n'a jamais aussi peu parlé du MEDEF que depuis qu'Emmanuel Macron est au pouvoir parce que le MEDEF n'a plus beaucoup de choses à faire les gens heureux n'ont pas d'histoire voilà moi je me rappelle l'époque quand j'étais plus jeune le MEDEF il était là pour gueuler envoyer tout le temps il râlait parce que les politiques n'étaient pas assez libérales etc aujourd'hui c'est plus le cas aujourd'hui c'est plus le cas parce qu'en réalité voilà les intérêts du MEDEF sont parfaitement comment dire valorisés par Emmanuel Macron donc pour moi c'est ça vraiment le cœur du problème
Je me permets Mathieu vous disiez selon vous Emmanuel Macron est toujours l'homme qui décide une petite illustration quand même de la collusion plus que la collusion entre le milliardaire et le gouvernement on peut même peut-être parler de la soumission du pouvoir aux volontés du milliardaire une petite séquence quand même qui est assez éloquente Gabriel Attal ministre délégué alors qu'il était ministre délégué au compte public surprenait tout le monde en présentant son plan de lutte contre la fraude fiscale il a tapé du poing sur la table il a même parlé d'ultra-riches et après cette fameuse séquence bien évidemment ça n'a pas plu Bernard Arnault je crois que c'est le fils Arnault voilà c'est ça c'est le fils Arnault qui s'en est plein et quelques temps quelques jours plus tard une semaine plus tard même on retrouve un Gabriel Attal qui en bon élève apprend sa leçon adapte son discours et déclare je ne peux pas laisser dire que les riches ne contribuent pas pleinement à la nation Bernard Arnault est le plus grand contribuable le français
le plus drôle c'est qu'ensuite Bernard Arnault lui-même a raconté cette histoire en disant j'ai protesté et il a rectifié de lui-même c'est-à-dire Bernard Arnault considère que le ministre de lui-même fait un changement quand c'est lui qui l'a exigé en fait c'est vraiment sa main ça montre ça montre à quel point le gouvernement est en réalité totalement totalement comment dire aligné avec encore une fois l'intérêt de ses grands patrons et voilà il a une oreille particulièrement attentive voilà alors des fois il y a des des petites prises de risque sur parler une fois des ultra riches etc mais de toute manière soyons honnêtes qu'il y ait comment dire que Bernard Arnault ou un autre grand patron soit pas content quoi que ce soit ça changerait quoi de toute manière on sait très bien que ce gouvernement ne va jamais on sait très bien que de toute manière ce gouvernement ne va jamais prendre des mesures à l'encontre des ultra riches ne va jamais prendre des taxes qui par exemple sur la taxe
sur les jets privés de la même façon le ministre a été convoqué il a dit ah non non je parlais pas des chefs d'entreprise je parlais des footballeurs enfin
oui mais juste mais encore une fois personne ne peut croire que ce gouvernement allait prendre réellement une taxe sur les jets privés c'est ça que je veux dire aussi c'est que il ne faut pas minimiser encore une fois l'idéologie de ce gouvernement qui de toute manière ne prendra jamais aucune mesure qui ira à l'encontre des grands groupes et des intérêts des grands groupes le gouvernement est sous pression c'est tellement grossier le fait qu'il mène une politique qui est contraire à la volonté de la population le met en permanence sous pression et ces gens là ceux qui parce que ce sont eux aussi qui ont financé bien entendu les campagnes notamment la campagne d'Emmanuel Macron sont obligés de rappeler en permanence que c'est leurs intérêts à eux qui doivent primer et là où je trouve que vous raisonnez en termes qui sont un petit peu anciens c'est quand vous dites je considère qu'il faut faire prévaloir l'intérêt général et que ces gens là finalement font prévaloir les intérêts de leurs entreprises et vous ajoutez c'est de tradition que normalement les grands patrons réclament ça fait partie du jeu normal finalement de la rencontre entre les intérêts aujourd'hui l'idéologie d'Emmanuel Macron et des gens qui sont au pouvoir c'est très exactement que l'intérêt général c'est l'intérêt des détenteurs du capital et qu'une société il y a toute une série de théories là-dessus de la justice des théories de la justice néolibérale pour que les pauvres en tout cas les plus méritants aient une chance d'être un petit peu moins pauvres il faut que les riches soient beaucoup beaucoup plus riches et par ailleurs qu'il y ait des pans entiers de la société qui vivent très mal qui vivent même dans la misère et bien c'est une forme de pessimisme anthropologique qui est propre à la droite c'est une fatalité c'est encore comme ça malgré tout qu'une société fonctionne le mieux je vous rappelle ce que disait le général de Gaulle qui est censé être la grande figure de la droite française quand on l'embêtait avec l'économie quand les patrons se plaignaient etc il disait l'intendance suivra nous avons un dessin un objectif nous sommes une communauté nationale qui veut vivre d'une certaine manière qui veut faire ceci qui veut faire cela il disait aussi la politique française ne se fait pas la corbeille voilà et voilà il avait des sortes de mépris des épiciers de gens qui recherchent le profit oui vous confirmez exactement ça mais on est dans un autre monde il était entouré de grands patrons de grands industriels qui cherchaient à voilà et lui disait non parce que la politique ce n'est pas aller toujours les cabinets les cabinets de ces ministres n'étaient pas peuplés de conseillers McKinsey ces ministres même ne faisaient pas des allers-retours entre des firmes qui en fait se font sous-traiter les services publics c'était un autre monde
je vous propose messieurs de conclure sur cette entente puisque visiblement vous êtes d'accord on est tous d'accord merci beaucoup pour vos précieux éclairages et merci à vous d'avoir suivi ce nouveau numéro de le fond de l'info qui entre dans notre programmation de l'été comme à chaque fin de saison nous réduisons quelque peu la voilure avec notamment la mise en pause de nos directs mais l'actualité ne s'arrête pas alors nous non plus nous continuons à vous fournir dans ces moments importants nos reportages enquêtes entretiens plateaux d'analyse débat et décryptage au quotidien vous le savez l'intégrité de notre projet éditorial unique dans le PAF dépend toujours de votre soutien et surtout de vos abonnements qui sont notre source de financement la plus pérenne rendez-vous donc sur lemédiatv.fr slash soutien d'ici là restez connectés aux médias grâce notamment à la diffusion de nos programmes en 24-7 encore merci et à bientôt et à bientôt