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interviewLa France insoumise (sur YouTube)· 22 août 2025 80 minAutoproduit

Nouveau peuple, nouvelle gauche : le nouveau livre de l’Institut La Boétie

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Applaudissements] Et bien bonjour à toutes et à tous. Merci beaucoup d'être venu aussi nombreux et nombreuses pour cette conférence de présentation du nouvel ouvrage de l'Institut Labo ici. Donc nouveau peuple, nouvelle gauche.

C'est le deuxième ouvrage collectif qu'on sort à l'Institut Labo ici. Donc on est très content de revenir avec ce ce bel objet après le succès de notre premier ouvrage il y a 1 an extrême droite la résistible ascension. D'autant plus que cet objet il répond pour nous à une tâche essentielle pour notre camp. c'est celle de toujours actualiser la la compréhension de qui sont les mondes populaires, leur transformation, ce qu'ils ont de différent avec par exemple la classe ouvrière du passé.

Bref, de comprendre l'émergence d'un nouveau peuple et puis aussi toujours de comprendre justement comment on pourrait s'afférer à à construire une nouvelle gauche qui soit en capacité de répondre aux aspirations de ce peuple. Et donc on va en parler avec nos trois invités pendant 1h30 aujourd'hui. Donc à ma droite José Lopez qui est politologue, spécialiste des gauches de rupture en Europe et qui a signé un chapitre sur ce sujet avec Raoul Gomez.

Ensuite Julien Talpin. Julien tu es sociologue spécialiste des quartiers populaires et tu as surtout coordonné ce bel ouvrage. Antoine Papè, Sal Papou, Émilien Cabiran, Zoé Palabré qui ont vraiment fait un un travail remarquable en fait d'accompagnement des auteurs et sans leur intervention je suis pas sûr qu'on aurait réussi à à tenir ces délais et que le livre puisse sortir pour cette pour cette pour cette rentrée politique.

Donc vraiment bravo et merci merci à eux et elle. Alors, pourquoi ce livre ? Alors si si je prends un peu ma casquette d'universitaire, de fait depuis une vingtaine d'années, on a vu se multiplier en fait des travaux de sciences sociales sur les transformations des classes populaires et sur les transformations de leur rapport de leur rapport à la gauche.

Mais on avait le sentiment aussi bien d'ailleurs du côté des universitaires que de l'Institut la Boessie que ces travaux étaient pas toujours bien diffusés dans le débat public ou dans le monde dans le monde dans le monde politique qui avait pas vraiment de livre de synthèse qui revenait justement et qui permettait de diffuser dans l'espace public toutes ces connaissances qui avaient été accumulées ces ces dernières années. Je crois que c'est choses faites avec ce livre qui à travers ces 15 chapitres et je vais essayer en fait de balayer certains des thématiques et des résultats en fait qu'on essaie de mettre de mettre en avant dans le livre. Voilà brosse un tableau, je crois très complet en fait de de l'état de ses relations entre la gauche et les et les classes populaires.

Et l'intention qu'on avait c'était vraiment de faire un livre relativement court, accessible et à destination des militants, du grand public. C'est pas un livre d'universitaire trop chiant, je crois. et euh et j'espère que vous prendrez plaisir plaisir à le lire.

Alors, un des enjeux pour nous en particulier avec ce livre, c'était de déconstruire un certain nombre de mythes ou de prénotions répandues dans le débat public euh mais qui sont pourtant battus en brèche par les travaux de sens social sur le rapport de la gauche et des milieux populaires. Car il faut le dire, les les classes populaires sont loin d'avoir entièrement déserté la gauche euh comme on l'entend bien souvent dans le débat public. les choses bougent ces dernières années et constituent probablement les ferments de victoire possible.

Je je finirai là-dessus tout à l'heure. Et donc entre lucidité et volontarisme, un des enjeux du livre, c'était de penser à partir des connaissances disponibles les conditions d'une représentation des classes populaires dans le champ politique. Car c'est ça véritablement l'objet et le travail de la gauche, c'est de permettre que les intérêts des groupes dominés soient à l'agenda politique et permettent une véritable transformation sociale et une justice sociale.

Et c'est pour ça que c'est une question fondamentale pour notre temps qui méritait d'être remise à à l'agenda. On a donc essayé de de battre en brèche un certain nombre de mythes que je vais rapidement aigrainer. Je l'ai déjà évoqué ce mythe de la disparition d'une certaine façon que les classes populaires auraient entièrement délaissé la gauche et son envers qui serait l'abordon de la gauche à l'égard des des milieux des milieux populaires.

Alors ça pose évidemment d'emblé la question de qui sont ces classes populaires et de quelle gauche de quelle gauche on parle. Moi, un des trucs qui m'énerve en fait quasi systématiquement après chaque élection, le soir des des élections et au moment où on commente les les les résultats, c'est cette idée qui est répétée quasiment sans arrêt que les classes populaires se seraient entièrement détournées de la gauche au profit de l'extrême droite. Alors que quand on regarde précisément les résultats électoraux, c'est ce qu' essaie de faire un certain nombre de chapitres dans ce livre, c'est beaucoup plus nuancé que cela.

Alors certes, le vote des ouvriers, des employés en faveur du Rassemblement national a progressé ces dernières années et inversement ça a baissé du côté d'une partie de la gauche notamment du du Parti socialiste et des verts. Mais dans le même temps, le vote des plus précaires des chômeurs aussi continue à s'orienter majoritairement à gauche et à l'extrême gauche ou en tout cas en direction d'une gauche de de rupture. Clémence le pointe dans son chapitre et elle y reviendra peut-être tout à l'heure.

Jean-Luc Mélenchon a fait de meilleurs scores que Marine Le Pen chez les électeurs vivants avec moins de 900 € par mois. Les plus précaires continuent donc à voter à gauche. C'est tout particulièrement le cas pour les groupes racisés, les habitants des des quartiers populaires en particulier.

Or, c'est comme si dans le débat public, si ces groupes-là ne faisaient pas véritablement partie des classes populaires, que les classes populaires, ce seraient nécessairement des salariés blancs. C'est faux. Et les classes populaires rassemblent en réalité plus de la moitié de la population française aujourd'hui et sont de fait très hétérogène.

Et c'est ce que montre bien en fait tout un ensemble de travaux de de sciences sociales. D'où cette notion qui s'est imposée en sociologie de classe classe populaire au pluriel qui comprend les ouvriers, les employés mais aussi les chômeurs, les précaires, toutes les personnes qui sont dans une situation de domination économique, sociale et culturelle. Est-ce que montrent les les sciences sociales ? c'est qu'on doit avoir un regard intersectionnel pour employer ce mot à la mode pour comprendre les classes populaires d'aujourd'hui dont l'expérience n'est pas exactement la même selon leur genre, leur âge, leur race, leur territoire de résidence.

Et la fragmentation des classes populaires qui est une réalité est un élément fondamental à prendre en compte pour définir au fond toute stratégie pour la gauche aujourd'hui et j'y reviendrai un petit peu plus loin tout à l'heure. Bref, une partie de la gauche continue à s'identifier, une partie de la Casse populaire continue à s'identifier et à voter à gauche malgré malgré malgré ce qu'on dit. C'est le cas néanmoins quand elle vote puisque le comportement électoral majoritaire demeure l'abstention.

Euh ce n'est pas en tout cas majoritairement l'extrême droite. Euh un autre mythe qu'on voulait déconstruire dans le cadre de ce livre d'où l'importance d'avoir un chapitre de de de de Vincent Tibéri relativiser euh l'idée selon laquelle euh la droitisation de la société française serait totale et généralisée et en particulier pour les milieux euh populaires. Ce que montre bien les travaux de Vincent Tibérie, c'est que la droitisation, c'est d'abord celle des milieux économiques politiques et médiatiques, des élites politiques et médiatiques qui nous qui nous gouvernent. bien davantage que celle de la société dans son ensemble. la population est bien plus progressiste que les discours qu'on nous rabâche à longueur de journée et notamment notamment les jeunes et là aussi c'est un élément stratégique décisif à prendre en compte pour construire une offre programmatique avec les habitants des quartiers populaires.

Je je je le travaille dans mon dans mon chapitre. Ça leur reste aussi avec les habitants des milieurs euros, M. dans son chapitre, il y reviendra, mais aussi Bruno Amable, de relativiser le succès populaire de la social-démocratie nationaliste, conservatrice ou autoritaire qui s'est développé ces dernières années dans un certain nombre de pays qui en abandonnant tout un ensemble de référents gauche n'est pas pour autant parvenu à reconquérir les milieux populaires.

Ça c'est un C'est compliqué parce que la fragmentation des classes populaires est un véritable challenge pour la gauche. Il faut pas se le cacher. Malgré tout, comme le montre Clara de Ville et Pierre Gilbert dans leur chapitre, il y a pourtant des attentes partagées dans différentes fractions des milieux populaires concernant les services publics, par exemple, ce qu'on pourrait appeler une attente d'État. attentes sur lesquelles on peut construire du du commun, ce qui malgré tout ne conduit pas nécessairement à opposer les tours et les bourgs, bien au contraire, mais à montrer qu'il y il y a moyen de construire du commun à partir de ces attentes partagées.

Mais malgré tout, il y a peu d'espace de lutte et de rassemblement et d'organisation en commun entre ces différentes fractions des classes populaires. Et c'est probablement ça qui manque le plus aujourd'hui. Car ce que montre l'histoire et c'est ce que fait Samuel Ay dans son dans son dans son chapitre, c'est que la question de l'unification des classes populaires, de lutte contre cette fragmentation a d'une certaine façon toujours existé.

Ça a toujours été un enjeu pour la gauche, y compris au 19e siècle du temps du capitalisme industriel. La classe ouvrière n'est pas née spontanément et naturellement du capitalisme industriel. Elle a aussi été le fruit d'un travail politique et organisationnel considérable mené par le par le mouvement ouvrier.

Et c'est probablement à la condition de reprendre le fil et le bâton de ce travail militant organisationnel et politique que cette signification pourra voir le jour à partir des ferments qu'on essaie de pointer de pointer dans le livre. Alors, que faire pour conclure ? Parce que c'est aussi ça qu'on essaie de faire dans le livre, c'est pas uniquement de de dresser des constats, c'est aussi de de pointer des orientations stratégiques qui peuvent nourrir les victoire de de demain.

Alors, tout d'abord et si les les milieux populaires n'ont pas entièrement déserté la gauche, il faut malgré tout élargir le cercle. Élargir le cercle pour gagner. Un des enjeux et c'est ce que montre très bien Trist dans son chapitre et qu'on voit ici, c'est notamment d'aller chercher ce qu'il appelle le 4e bloc. ces abstentionnistes qui s'abstient s'abstiennent aujourd'hui quasi systématiquement aux élections et qui pourtant ont des valeurs de gauche sur tout un ensemble de sujets et se retrouve dans l'offre politique qui est aujourd'hui proposée par l'offre pas par la gauche de rupture.

Et là potentiellement ce que monte Tristant c'est que il y a un potentiel électoral de plusieurs millions de voix à aller chercher et aller chercher avec les dents si on veut là aussi gagner demain. Alors, est-ce que ce sera suffisant pour gagner et construire une majorité électorale et notamment gagner au deuxème tour ? D'où l'enjeu, il me semble, d'avoir un travail à plus long terme militant d'organisation populaire de masse qui passe par un ancrage local renouvelé.

Ce n'est que par ce travail militant à la base et Julien Michi le rappelle très bien en fait en revenant sur l'histoire du mouvement ouvrier du Parti communiste d'une certaine façon. un travail militant qui aussi se traduise en dehors des périodes strictement électorales de campagne que des liens avec les classes populaires désillusionné pourra être reconstruit, qu'un travail d'éducation populaire pourra être conduit et enfin porter ses ses fruits. Et donc il y a un enjeu, je crois à ce que les énergies militantes ne soient pas toutes absorbées par le strict jeu électoral mais que ce travail de long terme qui est peut-être moins payant à court terme continue à être mené.

Et là aussi je crois que l'Institut la Boesséie est très bien placé pour contribuer à ce à ce travail. Bref, pour finir, il y a du travail mais tout n'est pas perdu. Pessimisme de la raison, optimisme de la volonté.

Merci. [Applaudissements] Merci beaucoup Julien. On va passer à José Lopez que je vais tenter de traduire et de retranscrire sa pensée la plus fidèlement possible, j'espère.

À toi José. Merci. Bonjour à tous.

Euh je tiens d'abord de remercier l'institut là voici euh d'avoir réisé ce livre et de m'avoir donné l'opportunité de participer. Euh je vous remercier aussi à toutes d'être présente aujourd'hui et je vais maintenant proc prononcer suite de mon discours en portugais. [Applaudissements] Eh, eu vou falar um pouco sobre o meu capítulo e sobre como ele se enquadra no âmbito geral desta desta obra.

E o que nós tentamos acima de tudo fazer neste trabalho foi endereçar esta narrativa de que eh houve uma de que a esquerda perdeu a sua ligação com as classes populares. Esta é uma narrativa assente em três premissas centrais que nós desafiamos. Primeiro, esta ideia de que houve uma debandada em massa dos eleitores da classe trabalhadora dos partidos de esquerda.

A segunda de que houve um aburguesamento da base eleitoral dos partidos de esquerda e a terceira que a adoção de uma agenda progressista em termos culturais tornou as preocupações económicas e materiais irrelevantes no volto à esquerda. Bon, dans le chapitre que j'ai coécrit avec Raoul Gomez dans dans l'ouvrage de la boessie et dans la présentation que je vais donner aujourd'hui, l'idée générale c'est un peu de déconstruire un narratif dominant sur ce que serait la gauche aujourd'hui et ce qu'elle serait devenue. Et c'est un narratif qui repose sur trois points principaux. l'idée qu'il y aurait une fuite massive des électeurs ouvriers, des électeurs de la classe ouvrière des partis de gauche vers d'autres parties.

Ensuite, l'idée qu'il y aurait eu un un processus d'embourgeoisement de la base sociale des partis de gauche et puis troisièmement l'idée qu'on entend aussi assez souvent que la gauche serait devenue une sorte de de pôle identitaire qui serait désormais beaucoup plus préoccupé par les questions culturelles ou dites sociétales et qui se serait détourné de son agenda sur les questions socio-économiques traditionnelles. Et donc c'est ce narratif que que je vais essayer de déconstruire un petit peu aujourd'hui et dans le chapitre. forma como nós olhamos para a política e que chegou a ser chega a ser internalizada por vários atores dentro da própria esquerda que acreditam que a forma que a esquerda tem de se reconectar com as classes populares é abandonar parte desta agenda progressista ou deixar de falar sobre ela.

E o que nós tentamos fazer neste capítulo é exatamente abordar um pouco de forma comparativa a quem são os eleitores da esquerda, quem são as classes populares, o que elas pensam e desafiar um pouco esta narrativa. Et c'est très important de se pencher justement sur ce narratif parce qu'en fait il est devenu extrêmement important ces dernières années au point d'être internalisé par certains acteurs au sein même de la gauche qui pensent que en réalité abandonner les parties les plus progressistes ou culturelles ou sociales les propositions dites sociétales de l'agenda serait la meilleure manière de récupérer des classes populaires qui seraient du coup perdu et donc l'objectif de de du chapitre et de ma présentation, ça va être justement de déconstruire ça à l'aide de données d'études notamment du comportement électoral des classes populaires en France mais aussi justement à travers l'Europe. Eh e o que o que nós nós temos está amplamente documentado que ao longo dos últimos 50 anos houve uma mudança significativa das estruturas ocupacionais das sociedades europeias.

Houve um declínio da classe trabalhadora industrial, passou de representar mais de metade do eleitorado para representar apenas cerca de 20% do eleitorado. Ao mesmo tempo, tivemos uma expansão de parte da classe média em novos setores como os serviços, como as tecnologias de informação, como os negócios. E temos também amplamente documentado de que a partir dos anos 80, 90 a socialdemocracia virou ao centro nas questões económicas para tentar apelar este eleitorado de classe média.

E esta é no fundo a história de como a terceira via para o socialismo acentuou a desconexão da socialdemocracia face aos trabalhadores. En réalité quand on se penche de manière sérieuse sur la relation entre la gauche et les classes populaires, il y a plusieurs choses qu'on peut dire. D'abord, il y a effectivement eu un déclin en nombre absolu, on va dire, de la classe ouvrière qui représentait avant plus de 2 tiers de la population active et qui n'en représente aujourd'hui plus que 20 %.

Donc ça c'est une réalité. En même temps, il y a une forte croissance croissance de ce qu'on peut appeler une classe moyenne constituée de personnes diplômées qui travaillent par exemple dans le secteur des services, du commerce, des communications. Et puis le troisième point qui est peut-être le plus central, c'est qu'il y a eu en effet une déconnexion énorme et croissante entre la classe ouvrière et la sociale démocratie.

Et ça c'est largement documenté. euh il y avait plus de de la moitié de de la classe ouvrière qui votait euh pour des partis socio-démocrates dans les années 70 et euh aujourd'hui ça a chuté depuis les années 2010 à environ 20 ou 30 %. Et puis surtout deuxième chose avec les les mutations dont on a parlé donc la baisse de la classe ouvrière et l'augmentation de la classe moyenne, les partis traditionnelles socio-démocrates ont fait une sorte de virage au centre au centre centre gauche ou centre droit qui a évidemment pour attirer cette nouvelle classe moyenne et ça ça a évidemment participé à accentuer en fait le divorce entre la classe les classes populaires, la classe ouvrière et la social-démocratie.

No nosso capítulo, nós focamos-nos acima de tudo na esquerda à esquerda da social-democracia, os diferentes herdeiros das tradições do radicalismo de esquerda do século XX. Nós sabemos que historicamente estes partidos nunca dependeram apenas da classe trabalhadora. Sempre foram fortes junto da classe trabalhadora, mas sempre tiveram apoio de partes das classes médias.

E o que nós fazemos no livro é mostrar ao longo dos últimos 15 anos quem é a base eleitoral destes partidos nos diferentes partidos nas nos diferentes países europeus. Eh, nós mostramos que existem essencialmente três grupos que votam na esquerda radical, na esquerda de rotura a nível europeu. Ah, os profissionais culturais, aliás, começo primeiro por referir a a classe trabalhadora industrial continua a ser efetivamente uma parte significativa do eleitorado destes partidos. a classe trabalhadora de serviços, os novos trabalhadores associados ao setor de serviços.

Eh, geralmente temos diferenças a nível nacional entre vários países. Diferentes composições de classe, diferentes estratégias de partidos levam-nos a atrair diferentes tipos de eleitorado. Por exemplo, vemos que a força e submissa é forte junto de trabalhadores industriais, enquanto, por exemplo, podemos mais forte junto de trabalhadores de serviços.

Euh, ça va. Donc nous dans le chapitre et dans tout le livre, mais du coup dans notre chapitre, on se concentre en fait sur les mouvements de gauche à la gauche de la social-démocratie, donc sur la gauche de rupture. Et en fait même quand on se penche sur justement ces mouvements de gauche de rupture, pareil, il y a plusieurs idées un peu à déconstruire parce que par exemple le Parti communiste français ou beaucoup d'autres exemples, quand on regarde l'histoire, on voit que ces parties à la gauche de la sociale-démocratie, ils ont jamais non plus euh ils n'ont jamais été soutenus uniquement par la classe ouvrière industrielle, même au 20e siècle et même avant.

Et ça, c'est quelque chose que on oublie. euh souvent et puis surtout nous on se concentre dans le chapitre sur les les données également actuelles, les données contemporaines justement sur les gauches des rupture en Europe et on voit qu'aujourd'hui leur base sociale, elle se découpe en trois groupes. On a encore évidemment les travailleurs de la classe ouvrière, même si on entend souvent le contraire, de la classe ouvrière au sens industriel, les travailleurs de la classe ouvrière dite des services et puis ce qu'on a appelé dans le chapitre les professionnels socioculturels qui sont un peu ce que ce qu'on disait au début, c'est cette classe moyenne constituée d'universitaires, enfin de personnes fortement diplômées qui travaillent dans les communications et cetera.

Donc il y a vraiment la base sociale des partis de gauche des rupture aujourd'hui, elle repose vraiment sur un mix de de classe sociale qui n'est pas du tout qui ne peut pas être réduit à seulement une personne. Et ajouter aussi que il y a bien sûr des différences entre les pays. Par exemple, la France insoumise, elle est vraiment très forte à la fois chez la classe ouvrière et chez les travailleurs de service.

Podemos, c'est plus chez les professionnels socioculturels. Bref, il y a des différences en Europe, mais ce qu'il faut retenir, c'est que c'est toujours un mix en tout cas de de classe sociale. Eh, em primeiro lugar, nós podemos eh desconfiar e desacreditar a tese de que houve um aburguesamento da classe do eleitorado da esquerda, porque efetivamente a classe trabalhadora continua a representar geralmente mais de metade do eleitorado destes partidos.

E como hoje já referiu, há um apoio muito forte de parte das classes médias, essencialmente desde profissionais culturais, que é geralmente olhada com algum desdém por parte da esquerda, partindo da ideia de que, como existe uma parte das classes médias que apoia estes partidos de esquerda, o estão a fazer por por questões identitárias ou por questões culturais e não pelas suas questões económicas. Esta é uma tese errada porque parte de duas assunções erradas. A primeira é de que a classe média está interessada apenas nas questões culturais e a segunda de que a classe trabalhadora é inerentemente conservador.

Donc on voit bien que la la classe laborieuse au sens large constitue encore une majorité en réalité du soutien que reçoivent les parties de gauche de rupture mais avec bien sûr aussi désormais des un soutien de la de la part de la classe moyenne. Et ce soutien, il est souvent vu avec perçu avec inquiétude par une partie de la gauche. Mais cette inquiétude, elle est fondée sur deux analyses qui sont erronées et que justement on déconstruit dans l'ouvrage.

Ce serait d'une part l'idée qu'en fait les classes dites moyennes seraient totalement déconnecté des questions matérielles et voteraient uniquement pour des questions culturelles et d'autre part que la classe laborieuse, la classe ouvrière serait elle conservatrice de manière naturelle et inhérente. Ces deux choses sont fausses. Então, em relação a esta ideia da classe trabalhadora ser conservadora, nós argumentamos que isto é em larga medida um mito.

É um mito em primeiro lugar, porque vários inquéritos a nível europeu demonstram que a grande maioria da classe trabalhadora não tem qualquer reticência face, por exemplo, à questões de homossexualidade ou à liberdade para a comunidade LGBT a viver livremente. 2/3 da classe trabalhadora não exprime qualquer reticência face à imigração, por exemplo. E para além disso, nós temos um erro sobre como a classe trabalhadora pensa, mas também pensamos mal sobre quem é efetivamente a classe trabalhadora.

Nós temos assistido ao longo dos últimos 50 anos uma diversificação massiva da classe trabalhadora. Creio que o Juliano já falou sobre isso também, esta ideia de que agora mulheres, minorias étnicas e migrantes constituem uma larga parte da classe trabalhadora. Eh, as mulheres já são a maioria em setores como, por exemplo, a educação, a saúde, os cuidados.

Eh, e estas pessoas têm efetivamente um emprego diferente da classe trabalhadora industrial, é menos sindicalizado, eh, mais fragmentado, mas partilham com eles experiências de subalternidade, experiências de exploração, experiências de não terem as suas expectativas cumpridas. Ah, termin termino brevemente apenas a dizer que estas pessoas compõem aquilo que nós viemos a chamar o precariado. Eh, aquele conjunto de ocupações, novas ocupações, como os motoristas de entregas, os trabalhadores da hospitalidade, do turismo, dos call centers, pessoas com baixos salários, com poucas perspectivas de mobilidade social.

Eh, e quando falamos deles importa reforçar a sua diversidade, porque não estamos mais a falar apenas do trabalhador branco que trabalha em fábricas. Estamos a falar de uma classe trabalhadora diversa em diversos setores com experiências diferentes, mas unidas por esta experiência da exploração. Alors, h donc les deux idées fausses qu'on que j'ai cité tout à l'heure, elles sont fausses pour plusieurs plusieurs raisons.

En fait, c'est une incompréhension à la fois de ce que pensent les classes populaires et à la fois de ce que sont les classes populaires. D'abord la l'immense majorité a de très nombreuses études que justement on a faites et qu'on montre dans le livre à travers l'Europe qui montre que les ouvriers la classe ouvrière n'est pas du tout plus enfin ne sont pas du tout plus conservateurs ou plus réactionnaires que le reste par exemple s'ils ont pas du tout de plus mauvaise opinions de l'homosexualité ou de l'immigration euh que d'autres classes sociales. Donc ça, on a montré avec plusieurs données la réalité de de ça et puis surtout c'est une incompréhension comme a dit Julien aussi un petit peu dans son intervention de ce que sont les classes populaires au 21e siècle.

En réalité, on n'est plus du tout sur un ouvrier blanc, masculin, industriel qui représenterait l'entièreté de la classe ouvrière. Aujourd'hui, les femmes, les minorités ethniques, les minorités, les immigrés forment en réalité la majeure partie de la classe laborieuse. Les femmes, elles sont souvent en immense majorité dans certains secteurs comme les secteurs du du soin, de la santé, de l'éducation.

Et donc certes, ces travailleurs, ils ont ce sont pas nécessairement les mêmes travailleurs, les mêmes conditions de travail que la classe ouvrière industrielle traditionnelle. Ils sont plus fragmentés, ils sont moins syndiqués, ils ont un quotidien très différent, mais ils partagent en fait quand même avec le reste de la classe laborieuse une condition commune qui est celle tout simplement de l'exploitation, de la vulnérabilité, de la subalternité et tout ça. C'est ce qu'on appelle souvent en sciences sociale le précaria.

En fait, c'est c'est cette nouvelle classe laborieuse qui inclut non seulement les ouvriers mais aussi les précaires, les chômeurs, pareil, Julien en parlait tout à l'heure et qui en fait partage profondément une condition commune. E para além destes erros com a classe trabalhadora, temos também um conjunto de erros sobre o que pensamos ser a classe média que apoia à esquerda. Eh, ainda partimos muito também desta ideia mitificada de que dos anos 50, 60, 70, de que um diploma universitário era uma garantia de estabilidade, eh, de mobilidade social, de uma melhoria progressiva das condições de vida.

E sabemos que esse já não é mais o caso. Neste momento, 10 a 25% da força de trabalho a nível europeu é composta por universitários com baixos salários, sendo uma parte significativa destes profissionais e semiprofissionais com altos níveis de qualificação que votam à esquerda porque querem efetivamente eh um papel forte do Estado na redução das desigualdades económicas e sociais e reforço do Estado social. En plus de ces idées reçues et de ces idées fausses sur la classe ouvrière et les classes populaires, il y a aussi justement des idées fausses sur ce que sont les classes moyennes et pourquoi elles votent à gauche.

En réalité avant par exemple avoir un haut diplôme, avoir un diplôme universitaire garantissait une forme de stabilité, une bonne condition économique et c'est plus du tout le cas ou en tout cas beaucoup moins qu'auparavant. Il y a une extension de la précarité assez massive chez les la classe moyenne et notamment la classe moyenne diplômée. Par exemple, dans les pays européens, il y a 10 à 25 % de la population active qui sont des diplômés à faible salaire.

Donc c'est une proportion assez énorme et justement la plupart d'entre eux euh votent à gauche mais ne votent pas à gauche pour des questions culturel. Euh elle vote majoritairement à gauche pour des questions justement de d'égalité euh de d'égalité sociale pour contre la précarité et puis voilà pour des en tout cas pour des questions profondément socio-économiques et matériel.commicas Eu reforço que as bases económicas do Boto à esquerda continuam relevantes como sempre foram.

Eh, mudaram apenas no sentido em que assistimos a uma nova forma de capitalismo, a emergência do capitalismo das plataformas, eh, a gestão algorítmica. Vemos a esquerda a adaptar-se a este novo contexto e a apresentar novas propostas focadas na dignidade do trabalho, na questão da estabilidade social, no reforço dos salários e que todas e todo este programa tem a capacidade de atrair esta parte das classes populares afetadas pelas novas formas predatórias do capitalismo. Eh, nós apresentamos alguns dados sobre este caso.

Mostramos, por exemplo, que pessoas que experienciam o desemprego têm mais o dobro da probabilidade de votar à esquerda em países como França, Espanha, Grécia, Alemanha. Mostramos também que ao contrário da sabedoria popular, as pessoas que têm contratos laborais instáveis e baixos salários viram à esquerda e não à direita. En réalité, la gauche, elle a la gauche de rupture, elle a pas changé fondamentalement de cap.

Elle a juste su adapter son discours et son programme face aux mutations du capitalisme, notamment l'émergence du capitalisme de plateforme avec Uber, l'émergence d'une du capitalisme, enfin d'un capitalisme qui qui rend les travailleurs beaucoup plus précaires qu'avant. Et justement la capacité de la gauche de rupture à adapter son discours et ses propositions face à ses mutations, elle est assez efficace et ça on le montre dans le livre avec plusieurs données en Europe. Donc par exemple les personnes au chômage, elles ont entre 1,5 à trois fois plus de probabilité de voter pour un parti de gauche radicale que une personne en emploi.

Ça c'est notamment dans le cas de la France, de l'Allemagne, de Podemos et aussi en Finlande. Et on a montré aussi euh on a montré l'impact enfin que les personnes qui ressentaient euh de l'anxiété euh par rapport à une perte d'emploi avait là aussi beaucoup plus de chance de se tourner vers la gauche de rupture que vers la droite. Queria também reforçar esta ideia de que a precariedade não é apenas um fenómeno que afeta os trabalhadores pouco qualificados, mas que também se tem estendido cada vez mais à classe média.

Eh, nós sabemos, por exemplo, que mais de 10% dos profissionais estão a trabalhar em part, pessoas altamente qualificadas com trabalhos altamente qualificados. Sabemos que isto afeta pessoas diferentes de forma diferente. Por exemplo, eh entre as mulheres universitárias, há 21% delas a trabalhar em parttime, mas apenas 6% de homens.

Entre estes exemplos podemos ter vários, mas queria apenas reforçar que a precariedade afeta diferentes grupos de forma diferente, mas queria salientar nesse sentido que estas são efetivamente pessoas que estudaram, que têm valores progressistas marcados, mas que estão ao mesmo tempo com baixos salários, com poucas perspectivas de mobilidade social e estão frustradas com o sistema político. C'est vraiment important pour la gauche de rupture de comprendre aujourd'hui que la précarité elle affecte pas du tout uniquement la classe ouvrière et la classe populaire au sens strict, mais que vraiment cette peur de la précarité, cette précarité, elle elle s'est désormais élargie à tout un spectre de travailleurs et notamment ces travailleurs très diplômés avec des bas salaires. Donc quelques exemples, quelques chiffres pour le montrer.

Il y a 22 % des emplois temporaires en Europe qui sont occupés par des parut niveau de diplôme et il y a également des différences évidemment au sein même de ces classes populaires parce que par exemple il y a 21 % des femmes qui sont justement en emploi temporaire contre seulement 6 % des hommes. Donc ça c'est aussi à prendre en compte mais voilà, il faut vraiment comprendre que il y a vraiment chez cette classe moyenne chez ces cette classe moyenne précarisée un sentiment très fort de précarité, de ressentiment, de colère qui se qui s'appuie en fait sur un manque de reconnaissance, des bas salaires, de la précarité, de très faible perspective de mobilité professionnelle et et sociale qui est très forte aussi chez ces classes là. E posto isto, nós pomos a questão final, que é a questão de como construir uma base de apoio à esquerda.

Eh, como é que a esquerda consegue reforçar o seu apoio junto das classes populares. Ah, e nesse sentido o que nós salientamos, em primeiro lugar é a ideia de que os eleitores da esquerda de rotura estão à esquerda do resto do eleitorado, tanto nas questões de economia como nas questões da cultura. Para eles ser de esquerda é uma posição de princípio que transcende a economia para incluir uma visão mais ampla de justiça social.

Isto é verdade tanto para os eleitores de partidos novos criados há 10 ou 20 anos atrás que focam mais em agendas pós-materialistas, como é verdade para os partidos mais tradicionalistas, marxistas leninistas criados no início do século XX. Donc une fois qu'on a dit tout ça, il faut se poser la question finale de qu'est-ce qu'on fait ? comment on fait pour renforcer la base sociale et le soutien aux parties de de gauche de rupture ?

Et pour nous, la première chose importante à à se dire, c'est un petit peu ce qu'on s'est dit pendant tout le long de cette intervention, c'est que les préoccupations sociales disons sociétal et économique, elles sont pas du tout contradictoires, mais au contraire, elles se renforcent vraiment mutuellement dans les raisons du vote et du soutien aux parties de la de la gauche des ruptures et que ces électeurs en fait, ils s'identifient à gauche à la fois pour des questions économiques, matérielles très concrètes que pour des idées de justice. social d'égalité, de lutte antiraciste et que le rôle de la gauche, c'est vraiment de en fait dépasser la question économique entendue au sens très strict pour construire un discours et une proposition sur la justice sociale qui soit bien plus ample et d'articuler différes différents axes ensemble. E a conclusão óbvia que nós retiramos deste facto é que virar à direita para tentar apelar um suposto eleitorado conservador não funciona. não funciona porque corre-se o risco um de alienar este eleitorado que é consistentemente à esquerda nas duas questões e não funciona dois porque nós sabemos que as pessoas que se identificam como conservadoras vão se identificar à direita, mesmo que apoiem a redistribuição de recursos.

Vão fazê-lo apelando, por exemplo, a um reforço do estado social apenas para os nativos ou com bases nacionalistas, mas nunca vão apoiar a esquerda. E isto e esta é a razão principal pela qual as tentativas tanto da socialdemocracia de virar à direita para apelar a um eleitorado com base em apelos nacionalistas, como parte desta nova esquerda radical, por exemplo, a Sara Barrennest do tentar de tentar apelar um eleitorado conservador não funciona. Donc le 2e point de ce qu'on en conclu euh de tout ce travail, c'est que euh virer à droite et abandonner euh une partie de ces propositions de gauche pour essayer récupérer euh euh l'électeur ouvrier conservateur, ça ne fonctionne pas.

D'une part parce qu'on court euh le risque évidemment de perdre le soutien en fait de beaucoup d'électeurs qui votent de manière constante à la gauche des rupture pour des marqueurs très clairs à gauche. Euh ensuite, c'est très très euh euh doutant. Je ne sais pas si ça se dit comme ça en français, mais on peut largement douter du fait que si on on abandonne une partie de son de ses proposition de gauche pour attirer les électeurs conservateurs, il votent pour nous.

En réalité, ce qu'on montre dans le livre, c'est que ils voteront toujours à droite. Même par exemple les électeurs de droite qui sont attachés par exemple à une forme de protection sociale, de d'égalité économique, ils vont toujours voter pour une droite qui est très astucieuse dans sa manière aussi de traiter cette question. par exemple euh en étant pour le renforcement d'un état social, d'un état protecteur, mais en même temps un état social qui serait profond profondément excluant sur des bases profondément raciales.

Et un exemple de ça, c'est justement par exemple Sarah Wagen, le parti de Sarah Wagennecht en Allemagne qui est voilà qui représente cette partie de la nouvelle gauche de rupture qui a tenté de faire ce virage conservateur à droite sur les questions d'immigration. et qui n'a pas du tout réussi en fait à augmenter son soutien chez les classes populaires. historicamente é que esta tradição da esquerda está assente na resistência à dominação e lembrar que a dominação que lutamos contra é a dominação de classe, é a dominação de género, a dominação racial, entre muitas outras e que estas são formas de dominação que estão interconectadas e que, por isso a resposta que lhes é dada tem de ser interconectada também.

Eh, temos de nos lembrar que atacar, por exemplo, a precariedade é também atacar a desigualdade de género, é também atacar a desigualdade racial, porque são as minorias étnicas, porque são as mulheres que sofrem mais desproporcionalmente com a precariedade. Eh, atacar, por exemplo, a destruição ambiental não é ceder a uma agenda pós-materialista, é também atacar as desigualdades económicas, porque sabemos que são os mais pobres, que mais sofrem com a catástrofe ambiental. Eh, e então termino aqui a minha apresentação salientando esta questão que o desafio para o futuro é integrar todas estas lutas num projeto de transformação social.

Merci. Et le dernier point euh pour conclure, c'est que en réalité cette convergence euh de lutte entre des questions considérées comme purement économique et des questions de domination raciale, genrée et beaucoup d'autres, en réalité, elle est fortement ancrée dans la tradition euh idéologique et historique de la gauche qui a toujours su quand on parle de la de la vraie gauche, justement interconnecter ces différentes formes de domination et les prendre en compte de manière Voilà, interconnecté. Et il faut aussi rappeler du coup que aujourd'hui combattre par exemple la précarité, c'est aussi combattre les discriminations genrées, les discriminations raciales puisque la précarité touche euh bien davantage euh ces euh catégories de personnes. ou autre exemple, quand on veut adresser la question de la crise climatique, c'est pas un délire post-matérialiste, mais en fait c'est très concret, très social, très économique puisque là aussi les plus précaires seront les plus touchés par la crise économique.

Donc pour conclure, le défi de la gauche aujourd'hui, c'est pas d'abandonner telle partie ou telle partie de son programme, c'est de trouver une manière intelligente et construite de d'interconnecter et d'intégrer ces différentes luttes ensemble dans un projet de transformation sociale. [Applaudissements] Merci beaucoup à toutes et tous. Euh et merci aux intervenants qui m'ont précédé juste avant parce que je pense que ça donne une bonne idée de ce qu'on a essayé de se faire de faire avec ce livre.

Euh c'est vraiment une très grande fierté pour nous de vous présenter donc c'est le deuxème ouvrage collectif de l'Institut Laboessie. Le premier portait sur l'extrême droite. On vous l'a présenté l'année dernière.

Entre-temps, il y a eu le le livre qui recensait les travaux de Cédric Duran sur le technéodalisme et donc là c'est notre troisème ouvrage qui pose une question absolument essentielle pour notre camp. Et je veux tout particulièrement remercier évidemment tous les contributeurs contributrices du livre. Et il faut comprendre ce que c'est que pour des universitaires de participer à un livre dans lequel il y a même Jean-Luc Mélenchon qui intervient avec Nancy Fraser.

Donc voilà, ils ont ils ont aussi la volonté en faisant ça de participer à la réflexion théorique. Il faut mesurer ce que ça implique parfois pour certains d'entre d'entre eux. Et puis un immense merci à Julien Talpin qui a accepté de coordonner scientifiquement ce livre avec les équipes de l'Institut Laboie que je remercie à mon tour qui sont très très forts et fortes et sans qui on ne ferait pas tout ce travail depuis 2 ans.

Et puis un immense merci à Zoé qui vient de faire à la fois la présentation qui a largement aidé dans cet ouvrage et la traduction en portugais. Alors pourquoi on a choisi ce sujet très vaste évidemment pour le second ouvrage ? parce que les classes populaires c'est un objet, quand je dis objet, c'est objet d'analyse évidemment absolument central essentiel pour nous de plusieurs façons.

D'abord parce que leurs conditions matérielles d'existence font que ce sont les premières victimes du néolibéralisme et que donc ce sont celles et ceux qu'on s'échine à défendre le mieux possible tout au long de l'année et dans notre combat militant. Euh notamment parce qu'elles ont beaucoup évolué. Les intervenants précédents ont parlé de de l'évolution des rapports de production et de reproduction qui sont très largement décrits dans le livre et je crois de façon assez brillante et j'espère donc que que ce livre vous intéressera.

C'est aussi stratégiquement pour nous un objet d'analyse indispensable puisque quand on quand on s'attache à décrire qui sont les classes populaires, comment elles se sont renouvelées, c'est bien aussi pour en déduire des analyses stratégiques, donc comment on essaie d'aller chercher la victoire. Et puis aussi un objet d'organisation militante parce que je pense qu'on considère toutes et tous ici que les classes populaires sont le ferment de notre militant, sont les personnes avec qui on a envie de militer, d'aller chercher. Donc ça nous pose aussi des questions sur la forme de l'organisation évidemment, mais aussi sur les formes de militantisme.

Et je pense que la la part qui est laissée à l'éducation populaire par exemple pendant cet ami, ces amphies, pardon, le prouve bien queon a cette réflexion. Donc évidemment un objet fondamental. Ensuite euh euh les classes populaires nous intéressent parce que il y a une certaine gauche.

Je vais mettre dégumer très souvent quand je vais dire gauche pendant cette conférence, mais il y a une certaine gauche en tout cas qui se complet et qui se repetit dans le fait de dire que euh la gauche aurait perdu les classes populaires et qu'il faudrait aller les reconquérir sans jamais s'interroger vraiment profondément sur ce que ça implique théoriquement en terme d'analyse et en terme stratégique aussi. Et puis enfin parce que on est dans une société qui s'extrême droitise, c'était justement l'objet du premier ouvrage qu'on a qu'on a fait avec l'Institut Laboi, du premier ouvrage collectif et que donc il y a divers diverses formes d'éloignement des classes populaires, d'exclusion, de division au sein des classes populaires et je vais y revenir et des échéances électorales absolument indispensables. on l'a vu encore l'année dernière, mais où l'extrême droite peut faire des scores extrêmement importants évidemment dans notre pays et que nous n'arriverons à rien, en tout cas pas à la victoire sans les classes populaires.

Voilà toutes les raisons qui nous ont poussé à nous y intéresser de près et à comprendre quelle était notre tâche historique nous en tant que la gauche du rupture, la gauche radicale. Je commence cette intervention par dire que il me semble que quand on parle de désaffection des classes populaires, on avait on a hésité à intituler cet ouvrage sur le divorce des classes populaires avec la gauche. C'était ça notre interrogation principale.

Il me semble qu'il faut commencer par les responsabilités des uns et des autres. Elles ont déjà été un peu citées avant moi, mais responsabilité d'une certaine partie de la gauche et écueil stratégique dans lesquels ils sont toujours quand même fermement enfoncés et dans lesquels ils tournent relativement en boucle. Il est vrai de dire qu'il y a une défiance réelle des classes populaires, des milieux populaires auprès de ce qui enfin vis-à-vis de ce qui est appelé la gauche au sens très large.

Mais de toute évidence, en tout cas en France, pas n'importe quelle gauche et pas la gauche de rupture en l'occurrence, nos scores peuvent en témoigner, mais surtout parce que la social-démocratie dans un passé relativement proche, c'est-à-dire le mandat Hollande, a trahi, a déçu des gens qui avaient voté à gauche. trahisons qui se sont incarnées dans le fait d'avoir fait campagne en disant mon adversaire c'est la finance puis d'avoir cassé à la fois les services publics à la fois le code du travail à la fois d'avoir stigmatisé toute une partie de la population en faisant la déchéance de nationalité la loicomerie le bilan est extrêmement long pour le parti le parti socialiste mais c'est lucide que de dire que que les classes populaires en tout cas se sont éloignées de cette gauche là et c'est un C'est un bilan qu'au moment de la NUPES et de la constitution du Nouveau Front populaire, le Parti socialiste avait fait avec beaucoup d'humilité mais que finalement il semble avoir déjà oublié en tout cas quand le Parti socialiste à l'Assemblée nationale refuse de censurer six fois le gouvernement Baerou avec l'extrême droite quand aussi euh place publique vient de sortir un programme je rappelle que place publique avait signé l'accord du Nouveau Front populaire l'année dernière pour avoir des députés quand eux sortent un programme en reniant l'intégralité des engagements qu'ils ont pris il y a un an, on voit que cette comment dire cette cette habitude de la trahison, des renoncements ou des renimements n'est pas tout à fait une page tournée pour le Parti socialiste et la démoc la social-démocratie en France. Et donc et donc la la première chose, il me semble que c'est pointer cette responsabilité.

Il y a un chapitre absolument brillant dans le livre que je vous invite à lire de Bruno Amable qui dit et qui montre extrêmement bien. Donc il dit "Le changement d'orientation de la social-démocratie a été un choix politique renoncé à renouveler un compromis entre classe populaire et classe moyenne pour privilégier la recherche d'une autre alliance sociale excluant les classes populaires. Et en l'occurrence, ce qui m'intéresse dans cette citation, c'est l'intentionnalité.

C'est-à-dire que ça a été une stratégie. une stratégie qui est de dire plutôt que d'aller chercher les classes populaires dans leur diversité, de s'interroger là-dessus comme on peut le faire nous aujourd'hui qui a été de dire et c'est toujours en cours tournons-nous vers le centre gauche, le centre droit, en tout cas le centre des gens qui ont des des positions raisonnables et qu'on pourra aller chercher plus facilement. et donc des politiques de trahison avec une intentionnalité et euh ce choix-là ça a amené à l'avèement de cette de cette gauche qui n'a plus grand-chose de gauche en réalité, plutôt euh progressif sur les questions euh dites sociétales, même si je j'y reviendrai, ça n'existe pas les questions sociétales, des questions culturelles en tout cas pour mieux camoufler en réalité le fait d'avaler complètement le logiciel néolibéral ou en tout cas de renoncer à avoir un projet de rupture en matière socio-économique et en matière de d'alternative au roulon compresseur qui est en jeu.

Et donc c'est ce que montre très bien Bruno Amable qui en France je dirais est édifiant sur le plan électoral et notamment aux différentes présidentielles. Je vous je vous rappelle les scores de premier tour 2012 28 % un peu plus 2017 6,36 % 2022 1,75 %. Je ne rappelle pas ça, on est en train soumis ici mais je ne rappelle pas ça dans une volonté d'humiliation.

Je dis juste que quand on a on a une réflexion stratégique de qui on va chercher, c'est pas juste pour se faire plaisir et pour pour jouer les intellectuels. C'est qu'on découle des des choix stratégiques qui ensuite ont des conséquences électorales sur lesquelles à mon avis la discussion devrait porter au sein de la gauche plutôt que de porter sur l'un ou l'autre a envie d'être candidat. Absolument.

Il y tient, il sait quoi proposer au pays. De toute évidence, ça n'est pas le cas et ça n'est pas le cas depuis un très long moment. Deuxème chose que je voulais vous dire, deuxème chose que je voulais vous dire, c'est euh le fait que la la vieille gauche donc a fait des des choix stratégiques à mon avis qui sont qui sont pas les bons qui vient du fait que elle a fait de mauvaises analyses que je vais essayer de découper un tout petit peu artificiellement pour les besoins du raisonnement intellectuel.

Vous allez voir qu'elle se recoupe aussi partiellement. Mais juste je les balaye assez rapidement. L'analyse que j'appelle l'analyse des fétistes qui a été abordée par par Julien qui toi tu l'avais appelé autrement de de façon beaucoup plus universitaire mais moi je l'appelle l'analyse défétis c'est-à-dire donc les classes populaires ne votent plus à gauche elles votent à l'extrême droite.

Julien l'a dit brillamment le comportement électoral majoritaire aujourd'hui des classes populaires encore c'est l'abstention. ce n'est pas le vote à l'extrême droite et par ailleurs le vote en 2022 en faveur de Jean-Luc Mélenchon plutôt qu'en faveur de Marine Le Pen était beaucoup plus populaire notamment chez les 10 % les plus pauvres du pays, les gens qui gagnent moins de 900 € c'est-à-dire les plus écrasés écrasés par la précarité et par le système capitaliste de son ensemble. Alors qu'à l'inverse, et c'est ce qu'on montrait aussi dans l'autre ouvrage, le vote vers l'extrême droite euh est absolument dicté par notamment les classes intermédiaires qui euh sont plutôt des fractions, on va dire, stables économiquement, qui ont plutôt un accès parfois même à la propriété ou en tout cas à un emploi ayant plutôt une peur du déclassement social qui vont choisir de de de se positionner par rapport à des classes sociales qu'elles estiment être en dessous d'eux, on va dire, dans la hiérarchie sociale.

Et donc c'est ce sont des électorats qui sont encore très différents et qui ne sont pas composés de manière décisive de la même façon. Le Rassemblement national, l'extrême droite ne peut pas gagner sans la mobilisation de ses classes intermédiaires, y compris parce qu'elle joue un rôle symbolique extrêmement important de conviction, de banalisation des idées de l'extrême droite dans leur réseau de sociabilité. ce qui compte pour convaincre de plus en plus de gens de voter à l'extrême droite.

Et puis tu l'as rappelé aussi, Tibérie, Vincent Tibéri a très bien montré que la droitisation ou l'extrême droitisation de notre société s'opère largement par le haut, c'est-à-dire par le système médiatique, c'est-à-dire par toute une partie des élites, y compris jusqu'à la Macronie où on voit bien la confusion électorale qui règne depuis un petit moment. Donc ça c'est la première la première analyse, c'est on a perdu, tout est foutu et cetera et cetera. La deuxième, c'est celle que j'ai appelé l'analyse ouvriériste qui est se concentre sur la figure de l'ouvrier masculin blanc.

En gros, pour le dire vite, les classes populaires sont les gens qui travaillent euh à l'usine qui est qui est une vision euh passée. Et d'ailleurs dans le livre, on montre très bien qu'elle n'a pas correspondu non plus à l'ensemble de la réalité sociale des classes populaires ni avant ni maintenant, mais qui est aussi une analyse qui est d'une violence sociale absolument inouie pour toute une partie des classes populaires qui ne répondent pas à ce portrait. C'est-à-dire, on l'a dit, avec un rapport au travail qui est profondément renouvelé, je pense au travailleurs indépendants, aux travailleurs ubérisés, aux gens qui sont au chômage, qui sont sans emploi, aux jeunes précaires, aux intérimaires et cetera et cetera. toutes ces classes populaires qui ont pourtant euh un rapport à la privation matérielle et un taux de pauvreté absolument phénoménal, parfois bien plus d'ailleurs que ch certaines catégories d'ouvriers, notamment les ouvriers spécialisés.

Troisème type d'analyse, l'analyse géographique qui se mêle à une analyse sur les formes de travail et qui se mêle aussi à une analyse parfois raciste. Je veux dire par là la fameuse concentration sur la récupération du vote dans les ruralités qu'on aurait perdu qui est un mauvais diagnostic. Il y a un chapitre qui le montre très bien de Clara Deville et de Pierre Gilbert dans le dans le bouquin qui montre qu'en réalité si division géographique il peut y avoir entre les classes populaires, elle est fortement très fortement subjective qu'elle est par ailleurs très souvent basée sur des préjugés racistes et islamophobes et que les variables les plus comment dire les plus intelligentes pour saisir les classes populaires sont l'âge, le niveau de diplôme et non pas la géographie parce parce que à de très nombreux égards, les milieux populaires dans les quartiers populaires ou dans la ruralité sont liés par des conditions matérielles d'existence, par un certain rapport justement à l'emploi, à la distance vis-à-vis de l'État. tu en parlais quand je dis l'état en fait c'est aussi toute la matérialisation par les services publics, l'école, la santé et cetera, mais aussi par une économie quotidienne de la subsistence qui est décrite dans le livre, c'est-à-dire comment on se débrouille quand on a des tout petits revenus, qu'on habite dans un quartier populaire ou qu'on habite en milieu rural.

C'est une grille de lecture donc sur la fracture territoriale où il y a eu beaucoup d'analyses sur cette prétendue fracture qui s'appuie aussi sur un logiciel producériste de qui vient donc de production, c'est-à-dire ce que je voulais dire par le rapport au travail justement qui hiérarchise en fait très souvent en creux. Cette analyse amène ensuite une hiérarchisation entre ceux qui travaillent très souvent plutôt blanc, plutôt voilà classe laborieuse et cetera vis-à-vis des assistés ou de celles et ceux qui sont entretenus qui seraient entretenus par l'État. Et très souvent dans l'imaginaire aussi euh s'ajoute un un présupposé raciste puisque très souvent euh ceux auquels euh qui qui sont visés là sont les personnes racisées.

Donc grille de lecture infinement problématique parce que Julien le disait, l'extrême droite a le vent dans le dos et de fait une grille d'analyse qui rapidement peut donner raison à l'extrême droite. notamment et sur une partie au moins en tout cas de cette analyse géographique, c'est la déclaration de Fabien Roussel en 2022 quand il dit "La gauche doit défendre le travail et le salaire, ne pas être la gauche des allocations minimas sociaux et revenus de substitution." C'est cette analyse qui est mobilisée.

Et ces trois analyses dont je viens de vous parler, elles amènent à des erreurs stratégiques qui à mon sens importantes. La premier la première pardon, c'est d'absoudre totalement la social-démocratie de son rapport aux classes populaires et de la déception qu'elle a pu engendrer et donc de la démobilisation électorale infine. La deuxième, c'est l'instauration d'un clivage horizontal au sein des classes populaires. donc de division soit sur la base de préjugés racistes notamment pour l'extrême droite de préjugés islamophobes très fortement en tout cas dans le dans le cas français et puis pour parfois une partie de la gauche y compris des divisions horizontales sur la base du rapport au travail par exemple.

Or euh et je veux dire c'est des analyses euh marxistes de toujours. Marx le disait lui-même d'ailleurs. Or le capitalisme, le système capitaliste produit lui-même de la de la division au sein des classes populaires.

Il ne vise qu'à ça euh puisqu'il il a il craint par-dessus tout ce système que s'unissent les classes populaires contre une forme d'élite. C'est ce que nous on appelle le rapport de force entre le peuple et l'oligarchie. Donc le capitalisme lui-même cherchait cherche encore évidemment à diviser les classes populaires.

Et donc en un sens la social-démocratie tout comme l'extrême droite facilite la vie du système capitaliste et de sa perpétuation en appuyant de la même façon dans la même dynamique là où nous gauche de rupture devons toujours avoir à cœur de faire l'inverse de réinstaurer en permanence le clivage vertical et l'affrontement qui nous intéresse contre celles et ceux qui possèdent tout. Euh ça c'est pour vous donner euh le les erreurs à mon avis qui sont bien décrites, démontrées dans cet ouvrage. J'en viens à euh comprendre qui sont les classes populaires aujourd'hui.

Euh les deux intervenants précédents l'ont fait très largement, donc moi je je vais le faire uniquement rapidement. Je pense que c'est vraiment bien montré, bien détaillé dans le livre. Je veux juste le faire en disant que à l'inverse de cette gauche que je je viens de décrire, dont je dont je déplore vraiment le le fait qu'il rechigne à ce point à un minimum de de théorisation, euh à l'inverse d'eux, je pense que nous prenons au sérieux le fait que notre doctrine doit être renouvelée en permanence.

C'est aussi une posture que de dire que le matérialisme auquel certains d'entre nous une tradition dont on peut se revendiquer pour d'autres c'est d'autres au sein des insoumis qu'existent plusieurs traditions intellectuelles. Mais que notre tradition intellectuelle, elle est pas figée, elle doit être en constante évolution. Et c'est ça aussi qui nous intéresse dans ce livre.

Les classes populaires d'aujourd'hui ne sont plus celles du 19e ou du 20e siècle à à force parce que le capitalisme évolue dans le même temps et que de fait il modifie ses rapports de production et de reproduction dont je parlais d'une manière aujourd'hui qui est extrêmement englobante et c'est Nancy Fraser d'ailleurs qui est une une chercheuse extrêmement réputée qui a accepté de coécrire un chapitre avec Jean-Luc Mélenchon qui montre la cannibalisation du système capitaliste aujourd'hui envers vers d'autres formes de domination qui qui les accumulent au-delà de la production industrielle, que ce soit du point de vue écologique, les rapports de force évidemment patriarcaux, urbains, les rapports de force aussi coloniaux, post-coloniaux, racistes et ce rapport au capitalisme lui-même avec ses nouvelles formes de domination a évolué dans le rapport au travail qui a été largement développé notamment par juste avant moi sur la précarisation générale, le sous sous-emploie le chômage. Tout ça aboutit, je ne veux pas être plus longue sur les classes populaires en elles-mêmes à une fragmentation, à une division des classes populaires en tout cas dans leur dans leur vécu quotidien et dans les dans les dominations qu'elles vivent et qui nous on est matérialiste et l'approche intersectionnelle nous intéresse. Domination qui interfèrent les unes avec les autres pour se renforcer en réalité et accabler toujours davantage.

Et donc, j'en viens aux leçons stratégiques. Alors, leçon, c'est un peu pompeux. Je je vous livre en tout cas ce que ça nous a amené à à à tirer stratégiquement donc de de cet ouvrage, c'est-à-dire telles sont les classes populaires aujourd'hui.

Voilà ce que la gauche, en tout cas la gauche de rupture peut porter. La première, c'est une leçon théorique ou analytique qui consiste d'abord à prendre acte du fait que fédérer les classes populaires ne veut pas dire les les uniformiser pardon, ne veut pas dire niveler les différentes formes de domination, les masquer, les passer sous silence et cetera et que justement elles se juentosent, elles interfèrent les unes avec les autres. par exemple sur le patriarcat, 60 % des smicars sont des SMARS de et donc évidemment euh la lutte sociale euh est au croisement ici de la lutte féministe et il faut tenir compte de l'un et de l'autre.

Le racisme pour prendre un chapitre qui est dans l'ouvrage de un chapitre de Sophie Bernard qui a travaillé sur les travailleurs ubérisés justement montre extrêmement bien que les personnes immigrées euh racisées perçues comme musulmanes perçues comme étrangères sont plus souvent en CDD que les autres dans notre dans notre pays donc plus précaire de fait et que la domination de classe notamment pour les pour les chauffeurs Uber ce euh ce couple a une domination raciale extrêmement forte dans la façon dont ils peuvent vivre leur rapport au travail. Les LGBTI phobie de la même façon, les les personnes LGBT ont 40 fois plus de chance d'être parmi les plus pauvres. C'est une statistique mondiale, mais c'est aussi le cas en France.

Bref, double lecture à la fois intersectionnelle et à la fois matérialiste qui qui je crois euh est démontré dans cet ouvrage, y compris dans une forme d'historicité qui est intéressante. Tu as parlé du chapitre de Samuel Ayat qui montre la construction de de la classe ouvrière qui a toujours été un défi qui n'existe pas de manière magique mais qu'il faut justement faire advenir notamment avec un processus de conscientisation et donc de démonstration du commun de ce qu'on peut partager les uns avec les autres et donc d'objets de lutte que l'on peut avoir les uns avec les autres. Et tout ça euh m'amène à dire que aujourd'hui donc notre notre doctrine se renouvelle dans le sens où il ne s'agit plus pour nous de faire émerger la classe ouvrière qui s'organisera et arrivera à la victoire, mais bien justement à accompagner ces classes populaires dans ce qu'elles peuvent avoir de différent mais surtout de commun pour la construction d'un peuple révolutionnaire qui se qui se retrouvera dans une offre électorale globale.

Et ça m'amène à la 2è leçon qui est évidemment une leçon programmatique sur euh ce ce qu'on peut porter comme proposition pour faire écho aux classes populaires, à leur quotidien, à leurs besoins. Euh je vous ai parlé du du clivage vertical qu'il faut absolument euh réinstaurer et donc insister toujours dans notre programme sur les causes communes, sur les communs, sur ce qu'on peut porter ensemble. Et je vous donne un exemple en matière de santé par exemple si on taxe Big Pharma, on peut faire à la fois l'aide médicale d'État pour les plus pour les personnes étrangères dans notre pays pour qu'elles puissent accéder à la santé et à la fois le 100 % sécurité sociale pour toutes et tous.

Ça n'est qu'un exemple mais montrer de manière générale que l'argent, puisque c'est le nerf de la guerre dans le système dans lequel on évolue, l'argent existe pour un progrès partagé euh pour toutes et tous que en taxant les ultra riches, on peut faire à la fois la garantie d'emploi pour celles et ceux qui aujourd'hui n'ont pas d'emploi et à la fois l'augmentation du SMIC. Je pourrais multiplier les exemples comme ça, mais trouver du commun et rendre cette rupture que que qu'on invoque dans le programme la plus concrète et la plus crédible possible. C'est pour ça qu'on travaille autant à la mise à jour de notre programme qu'il l'a été encore en janvier de cette année alors qu'on n'est pas en pleine campagne présidentielle mais parce que ça fait l'objet d'un travail ample pour recueillir toutes les propositions, vous le savez très bien, pour répondre le mieux possible aux aspirations des classes populaires.

C'est pour ça aussi qu'on chiffre notre programme et qu'on démontre à quel point il pourrait être appliqué facilement pour pouvoir changer la vie des gens. Et puis euh j'insiste sur la question de la radicalité et de la rupture parce que je j'ai encore un peu en travers de la gorge celles et ceux qui nous ont raillé quand on avait dit si on y arrive avec le nouveau Front populaire, on fera rien que le programme et tout le programme. Et à mon avis, le fait qu'ils aient ricané à ce moment-là ou qu'ils aient qu'ils aient moqué notre sectarisme ou que sais-je, montre surtout leur propension potentielle à des renoncements immédiats si jamais ils y arrivent.

Et donc [Applaudissements] et donc savoir que nous sommes attendus par les classes populaires et que ces promesses électorales ne doivent pas être uniquement des promesses, mais on doit bien pouvoir être capable de les mettre en œuvre quand on y arrivera. Et c'est surtout ça qui m'anime et qui en a en anime d'autres dans le travail continu qu'on peut faire sur notre programme. La troisième leçon, c'est une leçon électorale qui a été développée par beaucoup de chercheurs qui qui travaillent à nos côtés, qui est qui on va chercher finalement, comment on s'y prend, l'extrême droite est forte, comment on s'y prend, dans quelle temporalité, avec quelles élections ?

Et donc évidemment cet ouvrage nous montre à quel point il faut avoir un récit global, je l'ai dit, mais aller chercher en fait toutes celles et ceux qui sont victimes du néolibéralisme, queles que soient les formes de domination dont ils font l'objet, c'est-à-dire à la fois les locataires qui sont victimes des des propriétaires qui font de la spéculation immobilière, à la fois les travailleurs immigrés, à la fois les jeunes qui n'ont pas d'emploi ou qui ne peuvent pas faire d'études aujourd'hui et puis aussi celles et ceux qui ont perdre peur de perdre pardon le peu qu'ils ont réussi. aussi à acquérir pour répondre aussi à cette peur du déclassement, c'est-à-dire un CDI, un pavillon, donc un accès à la propriété, un accès à l'emploi qui ont cette peur du déclassement pour leur montrer que à travers la stratégie qu'on développe qui est celle de l'Union populaire et de la Fédération du peuple justement, on peut réussir à agrandir le bloc et à arriver à un bloc victorieux pour l'emporter à la fin. Et puis enfin, dernière leçon qui est une leçon organisationnelle qui sont des questions que l'on prend évidemment au sérieux puisque vous le savez depuis très longtemps déjà, il y a une discussion sur la forme partie, la forme mouvement, forme partie qui est la forme tradition traditionnelle, on va dire à gauche qui l'a été en tout cas très longtemps.

On est bien obligé de voir en France en tout cas que les formes partie traditionnelles, en tout cas à gauche, ont toutes recueilli moins de 5 % à la dernière élection présidentielle. Quand on a créé la France insoumise, on s'est énormément interrogé sur ces formes de militantisme possible pour en arriver à la conclusion, inspiré par d'autres, hein, évidemment euh inspiré notamment par les Espagnols mais par plein d'autres. Euh pour arriver à la conclusion qu'il nous fallait euh pouvoir avoir une forme plus souple, en tout cas avec plusieurs impératif.

Le premier impératif, c'était d'être tourné vers l'extérieur et vers l'action. C'est-à-dire, on ne se regarde pas le nombril dans des congrès interminables euh avec d'émotion alors qu'on en fait, on est quasiment tous d'accord sur à peu près tout et que de toute façon, il faut bien faire des compromis pour réussir à gagner. Quand je dis ça, ça ne veut absolument pas en rabattre. pas dire en rabattre sur le travail idéologique.

Je viens de dire l'importance que qu'on mettait dans le programme, mais ça veut dire pouvoir être tourné vers l'extérieur. Ça veut dire qu'il y a 450000 qui ont qui ont qui ont adhéré en cliquant sur action populaire, mais qui nous permettent d'avoir des capteurs absolument euh partout. C'est-à-dire que les insoumis sont dans les manifestations féministes, dans les collectifs contre les violences policières, dans les manifestations contre la réforme des retraites quand qui sont avec les gilets jaunes. ce qui crée un continuum dans notre organisation entre les mobilisations populaires quand elles peuvent émerger et ce que nous pouvons porter par exemple à l'Assemblée nationale.

Et ce qui est extrêmement précieux parce que dans d'autres organisations, il y a une déconnexion qui arrive très rapidement et d'ailleurs nous-mêmes devons être vigilants en permanence à ce que ça nous arrive pas et que c'est le fait d'être tourné vers l'extérieur continue à être un mantra ou quelque chose de très important. Et puis ensuite 2è critère, je dirais que c'est la souplesse justement de l'organisation, le fait que on soit capable euh de coller ou en tout cas de se mettre au service de toutes les formes de mobilisation possibles. C'est-à-dire que pendant la réforme des retraites, les insoumis étaient évidemment dans les dans les manifestations organisées par l'intersyndical.

Les insoumis étaient aussi dans les manifes dites manifes sauvages en tout cas manifestations spontanées qui ont pu avoir lieu dans plein de villes-de parce que nous avons cette culture d'une organisation tournée vers l'intervention populaire permanence permanente pardon et de la même façon nous sommes capables d'aller dans des manifestations là aussi institutionnelles de forme relativement classique mais dans dans le même temps, par exemple au moment des gilets jaunes d'aller bloquer des payages d'autoroute s'il le faut et cetera et ça c'est une culture dont on dont on ne se rend pas toujours compte à quel point elle est elle est une chance dans la spontanéité qu'elle permet. Elle permet aussi de ne pas avoir d'engagement exclusif à la France insoumise. On ne demande pas d'être que insoumis.

Elle permet aussi de ne pas avoir d'adhésion payantes. Tout ça euh est une réflexion organisationnelle qui découle aussi de qui on a envie de convaincre de venir militer avec nous et de faire le gros de la troupe pour réussir à y aller. C'est aussi ça qui nous permettra, je le crois, d'être présent au service sur les ronds-points dans les assemblées citoyennes le 10 septembre prochain avec une facilité de de de passage à l'action qui n'est pas le cas dans toutes les organisations.

Voilà, je ne sais pas combien de temps que j'ai fait, trop. Donc je vais m'arrêter là. J'avais d'autres choses à vous dire, notamment sur l'internationalisme, je le dis très rapidement sous forme euphémisée.

Ce ce l'intervention de procès et et dans le dans le livre, nous avons une attention évidente à ce qui se fait en Europe mais aussi dans le monde. Je crois que là aussi c'est ça évite le nombrilisme. Il y a des forces politiques en Europe qui ont fait des erreurs stratégiques à notre sens, y compris des forces de rupture qui parfois en sont revenues.

Il y a aussi des forces qui arrivent de façon extrêmement efficace à convaincre les classes populaires. Je pense par exemple à nos camarades en Pologne que j'ai rencontré il y a très peu de temps qui sont très efficaces notamment chez les jeunes et dans la conviction des jeunes pour les faire sortir de l'abstention. Tout ça pour dire qu'on a aussi à apprendre euh des autres.

Voilà. Et donc euh bon, je termine quand même par une citation. C'est traditionnel.

Jean Jorè, il ne peut y avoir de révolution que là où il y a conscience. Je crois que c'est justement ce qu'on essaie de faire dans ce livre, c'est-à-dire créer de la conscience, notre conscience sur les classes populaires, faire en sorte que d'une classe euh pour soi, il y ait une classe en soi et donc qu'ensuite on puisse arriver jusqu'à la victoire toutes et tous ensemble. Voilà.

Merci beaucoup. Merci beaucoup Clémence. Merci à Julien aussi et merci à José.

On est très en retard mais on va quand même avoir le temps de prendre deux questions rapidement et après on vous laissera. Donc n'hésitez pas, on va faire paritaire. Je crois que le micro circule donc n'hésitez pas à lever la main.

Mais ouais, merci beaucoup euh à vous trois Obligado euh Rosset. Euh donc on a conclu sur l'importance de l'international. On peut penser à la campagne de Zoran Mamdani, on peut penser au nouveau mouvement Corbin Sultana.

Et je voulais demander du coup euh est-ce queil y a cette ambition de traduire euh ce nouveau livre et de manière générale les travaux en fait de l'Institut la Boesséie euh en anglais dans d'autres langues ? Est-ce qu'il y a un et si oui comment d'ailleurs ? Est-ce qu'il y a un groupe polyglotte qui travaille ? puisque dans mes dans mes cercles d'amis internationaux, j'entends souvent trois choses.

Soit une dépoltis dépolitisation totale des gens qui juste ravalent les arguments néolibéraux, soit un défétisme vu la puissance de tout ce qu'on affronte, soit une admiration de la quelle chance vous avez Jean-Luc Mélenchon, l'institut la Boessie. Et donc voilà, d'où l'importance est-ce que des traductions sont prévues ? Voilà, merci beaucoup.

Merci. Merci beaucoup. Je réponds très rapidement parce que les gens sortent parce qu'en fait on est hyper en retard sur le timing et je suis désolée.

Je sais pas si c'est moi particulièrement. Euh et oui, il y a il y a des groupes de traducteurs militants. Si l'un les autres vous avez des langues que vous maîtrisez, n'hésitez pas à vous signaler à nous, à l'Institut Labie parce que on prend en fait on fait des traductions militantes hein, évidemment de camarades, notamment parce qu'on tient à de la rigueur euh conceptuelle et donc c'est des traductions très politiques.

Donc n'hésitez pas à vous signaler à nous. Le premier, on n pas réussi à le faire traduire. celui-ci, on aimerait le faire traduire.

Et dans le même temps, de toute façon, il y a les le l'ouvrage de Jean-Luc Mélenchon sur l'air du peuple, la théorie euh renouvelée qu'il a sorti l'année dernière, qui a été traduit en anglais, en espagnol, en italien et euh bientôt dans d'autres langues, me semble-t-il. Voilà, donc on prend toutes les bonnes volontés, notamment parce que ça permet le dialogue en japonais me me dit-on. Euh on prend toutes les bonnes volontés parce que ça permet le dialogue avec des camarades euh à l'étranger dans d'autres parties amies qui est absolument indispensable.

Moi, j'ai fait une tournée européenne ces derniers mois. Je suis allée en Italie, en Belgique, en Espagne, à Berlin, au Portugal, dans d'autres pays euh pour apprendre justement des expériences des différents camarades, y compris euh parfois des expériences de gouvernement. Et donc vous savez très bien que ça nous intéresse pour la suite.

Donc euh voilà, c'est une ambition euh qu'on a. On prend peut-être une deuxième question, une dernière. Je m'enf pardon.

Merci. Oui, bonjour. Merci.

Merci vraiment. C'était super intéressant. Euh moi, je voulais savoir si vous avez prévu de faire une tournée de présentation du livre comme on avait fait pour le premier.

On avait eu la chance de de pouvoir bénéficier d'une intervention à Montlon dans l'alliée où nous militons et ça avait été vraiment formidable. Donc je voulais savoir si vous pensiez faire la même chose avec celui-ci. Merci beaucoup.

Oui, on va faire une tournée de présentation pour ce livre. Il y a eu 70 réunions publiques sur le premier livre et je veux dire que c'est évidemment pas le fruit du hasard ces objets qui sont des objets intellectuels avec vraiment des chercheurs de sens social parmi ce qui se fait de mieux voilà aujourd'hui donc dont on est très fier évidemment et 70 réunions publiques sur l'extrême droite. Moi, j'avais fait tout, particulièrement les endroits où certains de mes camarades avaient perdu au profit de l'extrême droite parce que c'est aussi des outils de mobilisation, d'éducation populaire, de permettre aux militants de se rassembler, de partager leurs expériences militantes et d'enrichir la théorie à l'ône de nos différentes pratiques.

On va continuer à le faire pour le second ouvrage. Tu veux dire un mot ? Non, mais tuas tu as tout dit.

Effectivement, l'idée c'est c'est d'en faire de faire de ce livre autant que faire ce peut une arme de lutte en fait. Si ça peut être si ça peut être ça et on est une près d'une vingtaine d'auteurs en fait et donc c'est de se répartir un petit peu le le travail. Il y a les municipales qui se préparent un peu partout aussi et donc si ça peut permettre de prendre un peu de champ et voilà.

Alors moi, j'ai insisté dans mon intervention sur la nécessité de faire un travail extract électoral et de construire un peu dans la durée. C'est aussi le le sens de ce type de livre d'intervention et de diffusion des des connaissances de de de sciences sociales que d'armer ce travail de de dialogue et d'organisation à la base. Et donc molon ou partout.

Super. [Applaudissements] Et bien merci à toutes et tous. on peut clôturer cette conférence et rendez-vous à la dédicace dans 20 minutes si ça vous dit. [Applaudissements]