Affaire Ciotti : ses concurrents font bloc - Aurélien Pradié - C à Vous - 23/11/2022
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:16RelanceRéponse partielle
Quelle est votre solution alors ?
- 0:19OuverteRéponse directe
À la neutralité carbonée.
- 0:45RelanceRéponse directe
Toutes les installations sont transitoires, y compris les centrales nucléaires.
- 1:08RelanceRéponse directe
Vous voulez créer de nouveaux barrages, c'est ça que je ne comprends pas.
- 2:13RelanceRéponse partielle
Ça, c'est de la posture politique.
- 2:25RelanceRéponse directe
Et vous voulez voter contre ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:13Invité politiqueFait
« j'ai toujours été opposé aux éoliennes et je peux vous expliquer pourquoi. »
- 0:19Invité politiqueFait
« Les éoliennes ne sont pas la solution, aujourd'hui c'est un modèle économique qui ne fonctionne pas. »
- 0:31Invité politiqueFait
« Et j'ajoute un point, c'est qu'en effet c'est une énergie transitoire. »
- 0:56InvitéChiffre
« C'est la deuxième énergie renouvelable en France, 10% à peu près. »
- 1:03Invité politiqueChiffre
« Nous pourrions, si nous réinvestissions aujourd'hui, dans nos barrages hydroélectriques, aller jusqu'à 20% de production supplémentaire. »
- 1:29Invité politiqueFait
« c'est que l'Union Européenne nous a demandé de mettre en concurrence nos barrages. »
- 1:38Invité politiquePromesse
« Il nous faut reprendre le monopole stratégique d'État sur les barrages, réinvestir, faire de la recherche. »
- 2:32Invité politiquePromesse
« je m'opposerai à tout ce qui poussera au développement de l'éolien. »
- 3:58PrésentateurFait
« la justice en France est indépendante, mais elle doit être aussi impartiale. »
- 4:18PrésentateurFait
« Une sorte de guet-apens judiciaire à l'époque. »
- 4:24Invité politiqueFait
« Non, je n'ai jamais prononcé ces mots. »
- 6:32Invité politiqueFait
« la loi qui a été votée déjà il y a quelques années sur la généralisation du bracelet anti-rapprochement, votée à l'unanimité. »
- 6:42Invité politiqueFait
« J'ai peu apprécié ou été très mal à l'aise avec ses premières déclarations lorsqu'il disait qu'il n'y avait eu qu'une claque, qu'une gifle. »
- 7:01Invité politiqueFait
« Ce que j'ai lu des déclarations de son ex-compagne ce matin me pousse à dire qu'il lui était impossible de revenir à l'Assemblée nationale. »
Temps de parole
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- Présentateur19 %
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- Présentateur 26 %
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C'est une posture Aurélien Pradié, une stratégie politique pour vous démarquer et du gouvernement et de Bruno Retailleau, l'un de vos deux adversaires pour la présidence à l'air.
Non, c'est une conviction ancienne et d'ailleurs constamment depuis plusieurs années avant même d'être candidat à la présidence des Républicains, j'ai toujours été opposé aux éoliennes et je peux vous expliquer pourquoi.
Non mais quelle est votre solution alors ?
Je vais vous la donner. D'abord expliquer pourquoi.
A la neutralité carbonée.
Les éoliennes ne sont pas la solution, aujourd'hui c'est un modèle économique qui ne fonctionne pas. C'est dégradant pour nos paysages, je le vis dans ma propre région. Et quand on est protecteur de l'environnement, on est aussi sensible à la question des paysages. Et j'ajoute un point, c'est qu'en effet c'est une énergie transitoire. Nous savons très bien que lorsqu'on aura passé le cap, il nous faudra démonter les éoliennes. Lorsque je dis qu'il nous faut déjà réfléchir au démontage, y compris les spécialistes le disent. Parmi les énergies renouvelables, il y en a une...
Toutes les installations sont transitoires, y compris les centrales nucléaires.
Elles le sont beaucoup moins que le sont les éoliennes. Mais parmi les énergies renouvelables, il y en a une dont vous ne parlez pas. C'est la question de l'eau. Ce sont les barrages hydroélectriques. Et j'ai fait des propositions en ce sens.
C'est la deuxième énergie renouvelable en France, 10% à peu près.
C'est la plus importante. Nous pourrions, si nous réinvestissions aujourd'hui, dans nos barrages hydroélectriques, aller jusqu'à 20% de production supplémentaire. Et soyons très concrets sur ce sujet. Vous avez entendu là-dessus, vous voulez créer de nouveaux barrages, c'est ça que je ne comprends pas. Non, vous ne m'avez pas écouté.
Bah si, je vous ai écouté attentivement et je n'ai pas compris comment.
On peut augmenter la production hydroélectrique avec un nombre fini de barrages. Je vais vous réexpliquer. Aujourd'hui, nous sommes capables, si nous réinvestissons dans la qualité de nos barrages, de surproduire 20% d'énergie de plus. Il se trouve que depuis près de 10 ans, on n'investit plus dans nos barrages pour une raison simple, c'est que l'Union Européenne nous a demandé de mettre en concurrence nos barrages. Et que EDF, qui a aujourd'hui principalement le monopole, n'investit plus en attendant cette mise en concurrence. Il nous faut reprendre le monopole stratégique d'État sur les barrages, réinvestir, faire de la recherche.
Aujourd'hui, nous sommes en train de développer ce qu'on appelle les micro-turbines, qui permettent au pied des barrages, dans des petits cours d'eau, de faire de la production électrique. Les barrages, il y a un autre avantage, à la différence de l'éolien, c'est qu'on peut stocker l'énergie. Lorsque vous avez un pic de besoin énergétique en électricité, l'éolien, vous ne pouvez pas le faire tourner s'il n'y a pas de vent. Pour être simple. Les barrages, vous pouvez les libérer. Je ne veux pas en créer davantage, je veux qu'on les restructure et qu'on réinvestisse. Ne me faites pas dire que je suis hostile aux énergies renouvelables.
Ce que je veux simplement, c'est qu'on ne se dise pas que la seule option des énergies renouvelables, c'est l'éolien.
Ça, c'est de la posture politique. Je vous signale au passage que l'hydraulique, ça figure dans la loi qui va être discutée à l'Assemblée nationale, qui a été modifiée par le Sénat, avec la possibilité de réactiver les petites unités, les moulins, les vieux moulins, etc. Et vous voulez voter contre ?
Non, ce n'est pas vrai.
Non, mais écoutez, je vais vous dire ce que je pense. Le groupe LR a l'intention de voter contre.
Non, non, j'ai dit très clairement que je m'opposerai à tout ce qui poussera au développement de l'éolien. Et je défends constamment depuis des années l'hydroélectrique, qui est un héritage extrêmement puissant pour notre pays, que nous devons remettre au goût du jour et qui est une vraie énergie renouvelable. Il ne faut pas s'obséder sur l'éolien comme si c'était l'alpha et l'oméga, ça ne l'est pas.
Ce qui est étrange, c'est qu'on voit des députés LR qui détricotent une loi approuvée par des sénateurs LR. C'est une drôle d'image qu'on donne à quelques jours d'élections aux adhérents LR.
Ce n'est pas la première fois que nous avons des désaccords. Et ce n'est pas une posture, je vous l'assure, c'est une vraie conviction. Historiquement, j'ai toujours été opposé à l'éolienne, j'ai beaucoup travaillé sur ces sujets. Oui, je suis favorable au nucléaire, mais pas seulement. Je pense qu'une fois de plus, l'hydroélectricité est absolument essentielle. Et sur l'éolien, constamment, j'ai dit que j'y étais défavorable. Et j'ai dit à mon collègue Bruno Retailleau qu'ils avaient commis une erreur en s'aidant face au gouvernement. Je dis aussi des vérités. De temps en temps, ça fait du bien en politique. Ce ne sont pas des postures, ce sont des convictions.
J'attends les rapports d'expertise là-dessus qui permettraient de compenser la force éolienne.
Vous êtes donc trois avec Bruno Retailleau et Éric Ciotti en lice pour l'élection du président des Républicains. Premier tour, je l'ai dit, les 3 et 4 décembre. 10 et 11 décembre pour le deuxième tour, s'il y en a un. Le parquet national financier a ouvert une enquête préliminaire après la publication d'articles selon lesquelles l'ex-épouse d'Éric Ciotti a accumulé plusieurs emplois pendant près de 10 ans. Une information que Bruno Retailleau a commentée ainsi ce matin. Le seul commentaire que je m'autoriserai à faire, c'est que la justice en France est indépendante, mais elle doit être aussi impartiale.
Et quand on choisit ce type de calendrier à quelques jours d'une élection, qui est une élection importante, évidemment, on prête le flanc aux critiques et notamment aux doutes. Ça vous rappelle l'affaire Fillon que vous avez vécu au premier plan ? Bien sûr, bien sûr, parce que là encore, il y a eu un calendrier électoral qui a été bousculé. Une sorte de guet-apens judiciaire à l'époque. Vous aussi, vous pourriez parler de guet-apens judiciaire ?
Non, je n'ai jamais prononcé ces mots. Éric Ciotti est un ami, comme Bruno Retailleau. J'ai un principe simple dans la vie politique comme dans la vie tout court, qui est de défendre mes amis. Maintenant, il faut que la justice fasse son travail.
Mais dire ça, dire la justice est indépendante, mais est-ce que c'est quand même une accusation grave à l'égard de la justice ?
C'est d'ailleurs pour cela que vous ne m'avez pas entendu le dire. Je sais ce que je pense de ce calendrier-là. Je ne le trouve pas très positif, y compris pour l'impartialité de la justice. Mais je suis député de la Nation. Lorsqu'on est député de la Nation, avant même d'être engagé dans un parti politique auprès d'amis, on est député de son pays. Et je ne souhaite pas remettre en cause les institutions judiciaires, parce que je sais que c'est un doigt qu'on met dans un engrenage qui nous échappe ensuite. Je suis protecteur des institutions.
Je souhaite de toutes mes forces que le parquet national financier fasse son travail, qu'il le fasse bien en toute neutralité, parce que s'il était soumis à un calendrier politique, c'est la justice elle-même qui le paierait cher, d'abord, avant même les responsables politiques. Et puis ce que je souhaite, c'est qu'on en finisse, qu'on passe à autre chose. L'épisode Fillon, pour moi, ce n'est pas un bon souvenir. Je l'ai vécu douloureusement, moralement, politiquement, humainement. J'étais un militant, j'ai souffert sur le terrain de voir qu'il y avait un écart entre ce que nous prenions et puis les actes, ce qui pouvait être dévoilé. Et je veux que nous passions à autre chose.
Si la droite veut se reconstruire, elle doit se reconstruire sur des idées nouvelles, mais elle doit aussi se reconstruire en tournant les pages de ce qui nous poursuit depuis des années et qui sûrement ne contribuent pas à ce que les citoyens nous fassent confiance, mais qui globalement dégradent la politique. Et j'aime trop la politique pour avoir envie de la dégrader.
L'un de vos collègues députés, l'élu insoumis Adrien Quatenas, n'a plus siégé à l'Assemblée nationale depuis la mi-septembre, après avoir reconnu dans un communiqué des violences à l'encontre de sa femme. Le 13 décembre prochain, il sera entendu par un procureur dans une procédure dite de plaie des coupables. Son épouse a elle aussi publié un communiqué aujourd'hui. Elle dénonce des violences physiques et morales depuis plusieurs années. Adrien Quatenas a démenti cet après-midi ces nouvelles accusations. Mais est-ce qu'il peut, en l'état, revenir à l'Assemblée nationale ?
Je ne le crois pas. Je ne suis pas procureur et je n'ai pas envie de l'être. Ce n'est pas à moi de faire l'enquête. Je suis très engagé sur ces questions de lutte contre les violences faites aux femmes.
Vous avez déposé en octobre une proposition de loi.
Oui, la loi qui a été votée déjà il y a quelques années sur la généralisation du bracelet anti-rapprochement, votée à l'unanimité. A l'époque, je pense qu'Adrien Quatenas l'avait votée d'ailleurs. C'est celle que j'ai portée. J'ai peu apprécié ou été très mal à l'aise avec ses premières déclarations lorsqu'il disait qu'il n'y avait eu qu'une claque, qu'une gifle. Moi, je n'ai jamais fait de distinction entre une gifle, deux gifles, trois gifles, une petite gifle et une grosse gifle. Depuis le début, je suis très mal à l'aise avec cette situation. Ce que j'ai lu des déclarations de son ex-compagne ce matin me pousse à dire qu'il lui était impossible de revenir à l'Assemblée nationale.
Définitivement.
À ce stade, je ne vois pas comment il peut revenir. Mais la seule manière de ne pas y revenir définitivement, c'est de prendre une décision beaucoup plus forte politiquement. C'est de démissionner. On ne peut pas être entre deux eaux. On ne peut pas être un fantôme à l'Assemblée nationale. Et oui, le courage politique, le drame de la politique aussi, c'est que lorsqu'on s'engage pour ses concitoyens, on a un devoir d'être à la hauteur de cette mission.
Et que lorsqu'on fait un pas de côté, lorsqu'on commet une faute, on doit en tirer toutes les conséquences, y compris la démission, qu'on soit clair, s'il ne revient pas à l'Assemblée nationale pendant plusieurs mois, c'est qu'il doit démissionner. On ne peut pas rester entre deux eaux, comme c'est le cas aujourd'hui. Puis disons les choses encore plus clairement, rien qu'à TNES, il appartient à une famille politique qui a fait de ce sujet un totem, qui a fait de ce sujet un étendard politique. Et donc, je ne vois pas comment, y compris ses propres amis politiques, pourraient l'excuser.
Aurélien Pradié