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InterviewPublic Sénat· 8 octobre 2026 24 minContradictoireActualité / polémiqueÉducation & rechercheTravail & emploiÉconomie & entreprisesSécurité

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:29OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'elle a été utile selon vous cette allocution ?

  • 1:19OuverteRéponse directe

    Est-ce que finalement, ça ne renforce pas, malgré lui, la convergence des luttes ?

  • 2:57OuverteRéponse directe

    Dontacte, qu'est-ce que vous avez pensé en entendant ça ?

  • 3:47RelanceRéponse partielle

    Est-ce que ce n'est pas ça aussi qui rend compliquée la doctrine du maintien de l'ordre ?

  • 4:29OuverteRéponse directe

    Vous saluez cette décision sur les grenades assourdissantes ?

  • 4:55RelanceRéponse directe

    Il dit qu'il n'y a pas d'instrumentalisation politique des forces de l'ordre face aux lycéens ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:44Invité politiqueChiffre
    « 15 millions d'heures non remplacées avec des professeurs qui ne sont pas là et qui n'ont pas de remplaçants en face. »
  • 7:46Invité politiqueChiffre
    « Dans le prochain budget, le budget 2027, il est prévu très précisément 1 588 postes de professeurs en moins. »
  • 10:20InvitéChiffre
    « 25 milliards d'euros pour la rénovation des collèges et des lycées. »
  • 14:44InvitéChiffre
    « Notre engagement est de ramener le déficit public à 5% en 2027. »
  • 14:55InvitéChiffre
    « La cible initiale est de 4,8 et nous l'avons portée à 5 pour les besoins de notre défense nationale. »
  • 17:35Invité politiqueFait
    « C'est déjà ça de prix, c'est d'ailleurs une proposition que Fabien Roussel avait faite. »
  • 18:39Invité politiqueChiffre
    « Vous ne pouvez pas d'un côté continuer à verser 211 milliards d'euros d'aides publiques aux entreprises. »
  • 18:44Invité politiqueChiffre
    « Les entreprises du CAC 40 qui viennent de verser 60 milliards d'euros de dividendes à leurs actionnaires. »

Temps de parole

  • Ian Brossat54 %
  • Présentateur22 %
  • Invité8 %
  • Présentateur 27 %
  • Invité 25 %
  • ?3 %

≈ 13,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:06
Locuteur

Yann

0:06
Présentateur

Brossat, vous êtes sénateur de Paris, porte-parole du Parti communiste et du candidat Fabien Roussel qui est votre candidat à la présidentielle et face à la colère lycéenne à l'augmentation des prix de l'énergie aux inquiétudes du monde agricole, Sébastien Lecornu a donc tenté de rassurer et d'apporter des réponses, vous allez le voir Sébastien Lecornu qui fait la une ce matin de la plupart de vos quotidiens régionaux et on va revenir sur cette allocution. Yann Brossat, d'abord, question un peu large, est-ce qu'elle a été utile selon vous cette allocution ?

0:34
Ian Brossat

Non, je pense que ce n'est pas une réponse que Sébastien Lecornu apporte, c'est une fin de non-recevoir. Moi, je me suis demandé pourquoi est-ce qu'il a décidé de prendre la parole et en réalité à qui est-ce qu'il s'adresse ? Il ne s'adresse pas aux lycéens, il ne leur a rien proposé. Il ne s'adresse pas aux parents, il ne leur a rien promis. Et donc, en réalité, mon sentiment, c'est qu'il s'adresse au marché et il dit au marché, dans la période de crise financière que nous traversons, rassurez-vous, je ne lâcherai rien à la population qui se mobilisait.

Donc oui, je trouve ça très inquiétant et en tout cas, ça n'est pas à même, à mon avis, de calmer la colère qui s'exprime depuis maintenant plusieurs semaines.

1:09
Présentateur

On va revenir en détail sur ces propos, mais faire une allocution sur les lycéens, sur la colère du monde agricole, sur la hausse des prix du carburant, sur le maintien de l'ordre également, on va en parler. Est-ce que finalement, ça ne renforce pas, malgré lui, la convergence des luttes

1:23
Locuteur

? Si,

1:24
Ian Brossat

assurément. En tout cas, il y a une colère multiforme qui s'exprime dans notre pays, qui est directement liée aux insuffisances de la politique gouvernementale, à la fois sur les enjeux du pouvoir d'achat avec l'envolée du prix des carburants, sur la question de l'éducation avec la mobilisation lycéenne, qui pointe du doigt un certain nombre de dysfonctionnements majeurs. Quand vous avez, au cours de l'année scolaire 2024-2025, 15 millions d'heures non remplacées avec des professeurs qui ne sont pas là et qui n'ont pas de remplaçants en face, ça fait des situations dramatiques et des lycéens qui se mobilisent en masse.

Et donc oui, d'une certaine manière, le Premier ministre est contraint de constater que le pays va très mal. Ce qu'il oublie, c'est que ce qui est à l'origine de ce mécontentement, c'est la politique gouvernementale et qu'elle doit être revue de A à Z.

2:10
Présentateur

Sébastien Lecornu qui a débuté son intervention en parlant des violences et de la question du maintien de l'ordre. On va l'écouter.

2:18
Invité

Contrairement à ce que certains racontent et répètent, les forces de l'ordre n'ont pas pour instruction d'affronter les lycéens.

2:25
Locuteur

Leur

2:25
Invité

mission est de protéger les biens, mais surtout les personnes, de faire respecter la loi et de permettre l'accès aux établissements scolaires.

2:34
Locuteur

Elles

2:34
Invité

doivent agir pour cela de manière proportionnée, dans un contexte souvent très difficile, il faut le reconnaître, et je veux leur redire notre soutien.

2:41
Locuteur

Mais

2:42
Invité

lorsqu'un jeune est gravement blessé, les enquêtes doivent en établir les circonstances en toute transparence, comme pour toute atteinte aux personnes. Je l'ai rappelé hier à l'Assemblée nationale,

2:53
Locuteur

le

2:53
Invité

respect de l'État droit s'impose

2:55
Locuteur

à

2:56
Invité

chacun.

2:57
Présentateur

Dontacte, qu'est-ce que vous avez pensé en entendant ça ?

3:00
Locuteur

D

3:00
Ian Brossat

'abord, il y a des mots qui contredisent Sébastien Lecornu. Lorsque le ministre de l'Intérieur dit explicitement qu'il ne recommande aucune retenue aux forces de l'ordre, dans le maintien de l'ordre, dans le cadre de ces manifestations, c'est contradictoire avec ce que dit Sébastien Lecornu. Lorsque des enfants se retrouvent avec une main arrachée, avec un œil en moins, avec une mâchoire cassée, tout ça ne va pas dans le sens de ce que dit Sébastien Lecornu. Et donc oui, je pense que la question de la doctrine du maintien de l'ordre doit se poser.

Il n'est pas acceptable que dans notre pays, qui s'enorgueille d'être le pays des droits de l'homme, on ait des événements comme ceux-là qui se produisent. Je le redis, ce sont des enfants. On n'a pas à lancer des grenades sur des enfants. On n'a pas à faire usage de LBD devant des enfants. Or, c'est exactement ce qui s'est produit.

3:45
Locuteur

Mais est-ce qu'est-ce que des enfants ? Le

3:47
Présentateur

problème, Yann Brossat, c'est qu'à cette mobilisation lycéenne, viennent se greffer des casseurs. Est-ce que ce n

3:53
Locuteur

'est

3:53
Présentateur

pas ça aussi qui rend compliquée la doctrine du maintien

3:56
Locuteur

de l'ordre ? Bien sûr,

3:56
Ian Brossat

et pour ce qui me concerne, je condamne toutes les violences, mais je condamne aussi les violences policières. Parce que quand on est policier, quand on porte l'uniforme, on représente l'État. Et donc, on doit faire preuve d'une forme d'exemplarité. Par ailleurs, oui, la question du maintien de l'ordre, elle doit se poser. Quand on voit, par exemple, que les grenades, nous sommes l'un des seuls pays de l'Union européenne à les utiliser. Et d'ailleurs, le ministre de l'Intérieur a fini par reconnaître qu'il y avait un problème, puisqu'il a annoncé hier, chez vos confrères de RTL, que la police n'en ferait plus usage dans le cadre du maintien de l'ordre de ce mouvement social.

4:27
Locuteur

– De grenades

4:27
Présentateur

assourdissantes.

4:28
Locuteur

– De

4:28
Ian Brossat

grenades assourdissantes.

4:29
Locuteur

– Vous saluez cette question ?

4:30
Ian Brossat

– Enfin, je le salue, ça vient un peu tard, parce que c'est une grenade assourdissante qui a conduit au drame qu'on a connu à Lens. Mais s'il le fait, c'est bien qu'il y

4:39
Locuteur

a

4:39
Ian Brossat

un problème. Et que donc, on a eu une forme de déni pendant les premiers jours, qui a conduit à des drames. Et donc, un ministre de l'Intérieur contraint de rétro-pédaler. Mais enfin, quand même, posons-nous ces questions. Ne balayons pas ça d'un revers de main, comme l'a fait le Premier ministre hier.

4:54
Présentateur

– Il ne le balaye pas d'un revers de main. Il dit juste, et il a dit d'ailleurs devant l'Assemblée aussi avant-hier, qu'il y avait quelque part une forme d'instrumentalisation politique de ceux qui répètent à l'envie que les forces de l'ordre ont pour instruction d'affronter les lycéens.

5:08
Ian Brossat

– Mais c'est un fait que des forces de l'ordre ont affronté des lycéens et l'ont fait d'une manière totalement disproportionnée, ce qui est à l'origine

5:14
Locuteur

des drames dont je viens de parler. – Mais le gouvernement ne demande pas ça.

5:17
Ian Brossat

– Pourquoi son ministre de l'Intérieur a dit « ne faites preuve d'aucune retenue lorsqu'il s'adressait aux forces de l'ordre ?

5:23
Locuteur

» –

5:23
Ian Brossat

Soit le Premier ministre n'est pas obéi par son ministre de l'Intérieur et c'est très inquiétant, soit le Premier ministre ment. Mais en tout cas, il y

5:29
Locuteur

a

5:29
Ian Brossat

un problème. Il y

5:30
Locuteur

a

5:30
Ian Brossat

quelque chose qui ne convient pas dans cette affaire. D'ailleurs, je vous le dis, je ne comprends pas comment Laurent Nunes peut rester en responsabilité après ce qui s'est produit.

5:37
Locuteur

– Il doit démissionner ? –

5:38
Ian Brossat

Oui, il doit démissionner. Parce que c'est honteux d'avoir des situations comme celle-là dans un pays comme le nôtre. Une fois de plus, ce sont des enfants. Les personnes dont je parle, celui qui a été bornié, celui qui a perdu son bras, celui qui a perdu sa mâchoire, ce sont des enfants, ce sont des mineurs, des lycéens. Et donc, personne ne devrait accepter ça dans un pays comme le nôtre. Et donc, oui, le ministre de l'Intérieur devra en tirer les conséquences.

6:01
Locuteur

–

6:01
Présentateur

Et on a également des forces de l'ordre,

6:03
Locuteur

c

6:03
Présentateur

'est des personnels de l'éducation qui sont blessés, qui sont attaqués. Comment on fait ?

6:07
Ian Brossat

– C'est bien la raison pour laquelle je vous dis que je condamne toutes les violences. Mais comment on fait ? D'abord en répondant aux revendications. On a affaire à un gouvernement qui, depuis dix ans maintenant, des gouvernements successifs, sous la présidence d'Emmanuel Macron, qui ne sont pas capables de dialoguer avec les gens qui se mobilisent. C'est exactement ce qu'on a vécu pendant le mouvement des Gilets jaunes. Et puis,

6:25
Locuteur

il

6:25
Ian Brossat

y a aussi une autre question à se poser. Quand vous avez des mouvements sociaux pacifiques, le gouvernement n'en tient aucun compte. Souvenez-vous du mouvement sur les retraites. Quand des enfants voient ça, quand des enfants voient que leurs parents se sont mobilisés contre la réforme des retraites par millions, ils ont fait grève, ils ont défilé, ils n'ont rien obtenu. Inévitablement, la leçon

6:44
Locuteur

qui nous entie... Elle est suspendue,

6:44
Présentateur

la réforme des retraites. Elle est suspendue.

6:46
Locuteur

Après une négociation avec le Parlement. Elle est très

6:48
Ian Brossat

partiellement suspendue en lien avec les élections de 2024. Et le mouvement social y a évidemment contribué. Mais enfin, la réforme, elle a été passée par 49-3. Donc, inévitablement, c'est un encouragement à la violence quand vous avez un pouvoir qui ne respecte pas les mobilisations pacifiques. Et donc, on a besoin de tourner la page de cette manière, de faire de la politique et de cette manière de gouverner. J'espère que ce sera le cas après les élections de 2027.

7:11
Locuteur

Sur

7:11
Présentateur

le fond, et les réponses aux lycéens hier, il a parlé de la plateforme. 40 000 contributions, a-t-il dit, auxquelles il promet de répondre. Et puis, il a rappelé qu'il avait engagé 5 chantiers pour assurer les cours, améliorer les conditions matérielles, organiser le temps scolaire. Là aussi, il promet des décisions avant fin octobre. Est-ce qu'il a quand même entendu les lycéens sur le fond ?

7:29
Ian Brossat

Non, c'est une manœuvre dilatoire. Pourquoi il dit fin octobre ? Il attend les vacances scolaires. Il mise sur le fait que les vacances scolaires feront que le mouvement social s'essoufflera. Et donc, il va pouvoir continuer sa petite popote tranquille. Mais la réalité, c'est qu'il y aura un moment de vérité. Et ce moment de vérité, c'est le budget. Dans le prochain budget, le budget 2027, il est prévu très précisément 1 588 postes de professeurs en moins. Notamment dans le secondaire, dans les lycées, ceux qui sont mobilisés en ce moment, lycées dans lesquelles d'ailleurs la démographie dans les 5 prochaines années va augmenter.

Si vous avez moins de professeurs et que vous avez plus d'élèves, ça fait que vous aurez des classes plus chargées.

8:06
Locuteur

J

8:06
Ian Brossat

'étais professeur à Sarcelles quelques années. C'est une équation qui est assez simple à comprendre. Donc, tout va continuer comme aujourd'hui, ce qui provoque le mécontentement des lycéens. Par exemple, cette question-là, elle doit être revue

8:18
Locuteur

par le gouvernement. Et dans le même temps, il

8:19
Présentateur

rappelle, puisque vous parlez du budget, et on va y venir plus largement, mais sur l'éducation,

8:22
Locuteur

il

8:22
Présentateur

rappelle que c'est un des seuls budgets augmentés, plus 1,2 milliard d'euros. Et d'ailleurs, il dit, les parlementaires ont un mois, jusqu'au 12 novembre, le jour où ils seraient examinés à l'Assemblée, pour se mettre d'accord sur des amendements. Quels amendements vous allez proposer ?

8:33
Locuteur

Par

8:33
Ian Brossat

exemple, il est hors de question pour nous de continuer à supprimer des postes de professeurs. Vous vous rendez compte, je l'ai dit tout à l'heure, 15 millions d'heures qui partent en fumée parce que pas remplacer, ça n'est pas normal. On devrait quand même au moins avoir un consensus national. Fabien Roussel l'a souligné il y

8:50
Locuteur

a

8:50
Ian Brossat

quelques jours. Un consensus national autour de l'idée qu'il doit y avoir un professeur devant chaque classe et que donc, toutes les heures non effectuées doivent être remplacées. C'est simple, c'est basique. Typiquement, ça, ça doit pouvoir être réglé dans le budget.

9:03
Présentateur

Et on va revenir justement sur les mesures présentées par le Parti communiste, par Fabien Roussel. Quentin, puisqu'il présentait mardi un pacte pour la jeunesse et l'éducation.

9:11
Locuteur

C

9:11
Présentateur

'était au siège du PCF.

9:12
Invité

Oui, exactement. La conférence de presse était organisée juste avant les grandes mobilisations de mardi. Le temps de présenter son plan. Puis Fabien Roussel, le candidat des communistes à la présidentielle, est allé rejoindre les cortèges parisiens. Fabien Roussel, qui a appelé l'ensemble des forces politiques, des groupes parlementaires à s'engager pour la nation, pour l'avenir de notre jeunesse, ce que vous étiez en train d'évoquer, Yann Brossard, ce pacte qui doit concerner tous les groupes politiques. Écoutez donc le secrétaire national du Parti communiste français.

9:41
Locuteur

Un,

9:43
Invité

limiter le nombre d'élèves par classe et selon les niveaux,

9:48
Locuteur

et

9:49
Invité

y mettre les professeurs correspondants. Avoir des professeurs remplacés en 24 heures

9:55
Locuteur

partout.

9:57
Invité

Mettre en place un plan de rénovation des bâtiments. Avoir une meilleure reconnaissance des enseignants.

10:05
Locuteur

et

10:05
Invité

abroger Parcoursup.

10:07
Locuteur

On

10:07
Invité

va voir deux mesures du plan jeunesse 2027-2032 présentées mardi. Fabien Roussel qui veut plus, 18 000 professeurs par an.

10:15
Locuteur

Cela

10:15
Invité

ferait donc 90 000 sur la période. 25 milliards d'euros pour la rénovation des collèges et des lycées. Fabien Roussel qui a promis aussi des classes moins chargées, avec moins d'élèves. Il

10:26
Locuteur

va

10:26
Invité

passer d'environ 21 élèves à 18-19 au primaire. D'environ 26 à 22-23 au collège. Et de 30 élèves dans les classes au lycée à 26-27, a dit le secrétaire national du Parti communiste. Pourquoi l'idée de ce pacte, Yann Brossa ? C'est dire que les mesures, elles doivent faire consensus aujourd'hui sur l'échiquier politique ?

10:46
Ian Brossat

C'est dire en tout cas que cet engagement pour la jeunesse ne doit pas attendre l'élection présidentielle. Et que dès le budget 2027, il faut un certain nombre d'avancées parce que le mouvement social y a lieu tout de suite. D'ailleurs, les jeunes qui se mobilisent, ils passent le bac cette année. Donc si on leur dit après les élections présidentielles, les choses vont changer, ça ne résout pas le problème immédiat auquel ils sont confrontés. Et oui, il y a un certain nombre d'exigences qui sont des exigences basiques. Avoir un professeur devant chaque classe,

11:12
Locuteur

ça

11:12
Ian Brossat

n'est pas une demande exorbitante. Ça devrait être l'évidence même. C'était le cas d'ailleurs il y a un certain temps. Simplement, on paye aujourd'hui une situation où d'année en année, on ne recrute pas les professeurs en nombre suffisant et on en arrive à 15 millions d'heures non remplacées. Et c'est à cela qu'il faut remédier.

11:29
Invité

Ça se complique peut-être sur le financement des mesures. La rénovation des bâtiments scolaires qui se ferait en prenant sur les ados entreprises, les recrutements, eux se feront en prenant 3,5 milliards d'euros obligés de la défense. En fait, il faut choisir dans nos politiques publiques la baisse du taux de prélèvement sur les entreprises. Par exemple, ce n

11:46
Locuteur

'est

11:46
Invité

pas quelque chose qui vous intéresse. La lutte contre les menaces à l'international non plus.

11:50
Locuteur

C

11:50
Ian Brossat

'est la base, l'arbitrage politique. Quand on fait de la politique, quand on fait un budget, on arbitre entre différents choix. Est-ce qu'on décide de continuer à augmenter de manière totalement démesurée le budget de la défense qui a pour objectif d'être doublé avec Emmanuel Macron ou est-ce qu'on considère que la question de l'éducation est absolument fondamentale ? Quand on traite de la question de l'éducation, je le dis aussi là aussi comme ancien professeur, évidemment, c'est la question de nos jeunes, mais c'est plus largement à la question de l'avenir du pays.

Un pays qui sacrifie son éducation, qui ne permet pas qu'on ait un professeur devant chaque classe, c'est un pays qui se sacrifie lui-même et c'est exactement la situation dans laquelle nous sommes en ce moment. Oui, moi j'assume. Je pense que nous n'avons pas besoin d'augmenter de manière démesurée comme on le fait en ce moment le budget de la défense et qu'on ferait mieux d'utiliser cet argent pour faire en sorte qu'on ait un professeur devant chaque classe. Si on a envie d'être un pays fort, il faut aussi être un pays bien éduqué.

12:45
Invité

J'ai une dernière question. avec la conférence de presse qu'on a vue le jour de la mobilisation, est-ce qu

12:49
Locuteur

'il

12:49
Invité

n

12:50
Locuteur

'y a

12:50
Invité

pas l'aveu d'un retard à l'allumage aussi chez les communistes ? Parce qu'aussi, on sait que vous avez peut-être moins de succès chez les jeunes que Jean-Luc Mélenchon qui est très populaire auprès de cette catégorie.

12:59
Ian Brossat

nous avons été présents depuis le début pour l'avoir suivi en tant que directeur de campagne de Fabien Roussel dans cette mobilisation et d'ailleurs, Bastien Bonargent qu'on voit tout à l'heure sur vos images qui est secrétaire général des jeunes communistes a eu la bonne idée de lancer des cahiers de doléances qui visent avec les jeunes communistes partout dans le pays à recueillir les exigences des lycéens et donc nous sommes à l'initiative porteurs de propositions et vous l'avez montré tout à l'heure.

13:25
Locuteur

Et

13:25
Présentateur

on va aller voir ce que pensent les élus locaux de ces annonces de Sébastien Lecornu.

13:30
Locuteur

On

13:30
Présentateur

va en Seine-Maritime. Bonjour Virginie Lutrault, merci d'être avec nous. Maire de Port-Jérôme-sur-Seine, vice-présidente de la région Normandie, vous suivez vous aussi de près sur le terrain cette mobilisation. Vous allez d'ailleurs vous rendre dans quelques minutes dans un lycée. Les annonces du Premier ministre sont-elles à même de répondre à la colère de la jeunesse

13:46
Locuteur

? Ah,

13:50
Présentateur

on a un petit problème technique, Virginie Lutrault. On va essayer de rétablir la connexion et on va revenir avec vous. On va écouter, parce qu'au-delà, on le disait en début d'émission, Sébastien Lecornu qui n'a pas parlé que de la mobilisation lycéenne, qui a plalé plus largement notamment de la question du budget. On va l'écouter. Le Premier ministre, c

14:08
Locuteur

'est

14:08
Présentateur

ce qui pointe un risque pour le pays si le Parlement n'adopte pas de budget.

14:13
Locuteur

Le

14:14
Invité

budget que nous proposons porte donc un effort de redressement précis de 54 milliards d'euros.

14:19
Locuteur

Je

14:19
Invité

suis donc convaincu que le Parlement permettra à la France d'avoir un budget.

14:24
Locuteur

L

14:24
Invité

'opposition a le droit de contester. Le texte peut être évidemment discuté, amendé, modifié, ligne à ligne s'il le faut.

14:31
Locuteur

Mais

14:31
Invité

c'est la responsabilité du Parlement, sa première des responsabilités, que de donner un budget

14:36
Locuteur

au

14:37
Invité

pays.

14:37
Locuteur

J

14:38
Invité

'en appelle donc au patriotisme de chacun pour que les échanges engagés aboutissent aux compromis nécessaires.

14:44
Locuteur

Notre

14:44
Invité

engagement est de ramener le déficit public à 5%

14:47
Locuteur

en

14:47
Invité

2027.

14:49
Locuteur

Je

14:49
Invité

le dis avec gravité, pas davantage.

14:51
Locuteur

La

14:51
Invité

cible initiale est de 4,8 et nous l'avons portée à 5

14:55
Locuteur

pour

14:56
Invité

les besoins de notre défense nationale.

14:58
Locuteur

Yann

14:59
Invité

Brossat, vous allez être patriote ? Vous allez contribuer à ce que la France ait un budget au 31 décembre ?

15:03
Locuteur

C

15:03
Ian Brossat

'est quand même un peu paradoxal quand on a mis le pays dans un état pareil de faire appel au patriotisme des autres. En l'occurrence, le Premier ministre a mis le pays avec ses amis macronistes dans un état pathétique, une crise sociale, une crise économique, une crise financière, budgétaire. Et il nous dit il faut continuer les mêmes recettes et en plus de ça il faudrait que vous me souteniez. Ben non. Et en l'occurrence, les mêmes recettes produiront les mêmes catastrophes. Donc un nouveau tour devise budgétaire, des services publics à nouveau mis au régime, ça provoquera de nouveaux désastres et donc il n

15:33
Locuteur

'est

15:33
Ian Brossat

pas question pour nous d'accompagner ça.

15:35
Locuteur

Vous

15:35
Ian Brossat

vous rendez compte

15:35
Locuteur

? Oui, mais il

15:36
Présentateur

dit ça met la France en difficulté s'il n

15:37
Locuteur

'y a

15:37
Présentateur

pas de budget, ça va être pire si on reste 7 mois sans budget, si un nouveau président de la République arrive sans budget. Vous ne

15:45
Locuteur

l

15:45
Présentateur

'entendez pas cet argument ?

15:46
Locuteur

Sans

15:47
Présentateur

parler de la lettre qu'il vous avait écrite cet été

15:48
Locuteur

où il disait

15:49
Présentateur

la loi spéciale c'est 15

15:50
Locuteur

milliards.

15:50
Ian Brossat

Je l'ai lu, mais sa politique est mauvaise et les conséquences de sa politique sont visibles à l'œil nu au point qu'on a des mobilisations sociales tous les jours et donc à un moment donné il faut en tirer un certain nombre de leçons. J'ajoute par exemple, il n'arrête pas de nous dire qu'il n

16:03
Locuteur

'y a

16:03
Ian Brossat

pas d'argent, il va diminuer dans ce budget si sa copie était retenue la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises. Ce n

16:10
Locuteur

'est

16:10
Ian Brossat

pas indécent. Dans une période où on a autant de difficultés, où on n'a même pas un professeur devant chaque classe, vous avez un Premier ministre qui dit les grandes entreprises, les entreprises du CAC 40 qui viennent de verser 60 milliards d'euros de dividendes à leurs actionnaires, on va leur baisser leur niveau d'imposition. C'est indécent, c'est impossible d'accepter ça. Elle

16:28
Locuteur

est censée

16:28
Ian Brossat

être temporaire déjà. Oui, elle peut prolonger un peu. On peut prolonger un peu cette contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises. Ça ne mettra personne sur la paille. M. Pouyanné, avec ses 10 millions d'euros annuels, on peut considérer qu'il peut continuer à faire un petit effort. Et donc, oui, on a un problème de justice sociale, on a un problème de cohésion sociale dans ce pays et ce budget, malheureusement, ne répond absolument pas à cet enjeu.

16:52
Présentateur

Allez, on va retourner en Seine-Maritime, retrouver Virginie Lutreau, maire de Port, Jérôme Sursen. Virginie Lutreau, comment vous, en tant qu'élu local, vous avez accueilli cette allocution de Sébastien Lecornu

17:02
Locuteur

? Ça ne

17:06
Invité

marche

17:06
Locuteur

pas.

17:07
Présentateur

Alors là, cette fois, vous m'entendez, mais c'est nous qui ne vous entendons pas. On va y pour régler le problème et on va quand même essayer de vous retrouver, Virginie Lutreau. Autre sujet abordé hier par le Premier ministre, évidemment, sujet extrêmement concernant pour les Français, c'est les prix de l'énergie, les prix du carburant. Sébastien Lecornu qui a dit on va libérer 10 millions de barils de nos stocks stratégiques, ça va faire baisser le prix à la pompe de 12 à 18 centimes. C'est une bonne mesure ?

17:35
Ian Brossat

C'est déjà ça de prix, c'est d'ailleurs une proposition que Fabien Roussel avait faite, ça reste très insuffisant parce que malheureusement, le prix des carburants va demeurer, malgré la petite baisse escomptée avec cette mesure, va rester très élevé. C'est la raison pour laquelle nous plaidons nous en faveur de la baisse des taxes et notamment la baisse de la TVA sur les carburants, sur l'énergie de manière générale dont nous estimons qu'elle devrait passer de 20% à 5,5% parce que c'est un produit de première nécessité. Donc

18:02
Locuteur

ça, vous

18:02
Présentateur

allez le redemander pendant la discussion

18:04
Locuteur

budgétaire ?

18:04
Ian Brossat

nous allons le redemander pendant la discussion budgétaire et comme nous sommes des gens cohérents et que quand on baisse les recettes d'un côté, il faut bien les récupérer de l'autre si on veut défendre le service public, nous allons réclamer une taxation beaucoup plus élevée des profits notamment de Total parce qu'on a besoin de récupérer de l'argent pour financer nos services publics.

18:21
Présentateur

Vous avez également, j'imagine entendu le Premier ministre qui dit on n'a pas les moyens, on n'a plus les moyens de faire des aides massives. En 2021, ça avait coûté 70 milliards quand on a aidé les Français face à la crise énergétique. Est-ce que compte tenu de l'état de nos finances, il n'a pas raison ?

18:37
Ian Brossat

Non, il a tort. D'abord, c'est eux qui ont vidé les caisses

18:40
Locuteur

et

18:41
Ian Brossat

puis par ailleurs, vous ne pouvez pas d'un côté continuer à verser 211 milliards d'euros d'aides publiques aux entreprises et dire on n'a pas d'argent pour aider les plus modestes et en l'occurrence c'est toute notre économie qui souffre du fait qu'on a aujourd'hui des classes populaires et des classes moyennes qui sont prises à la gorge par l'envolée des carburants. Donc c'est rendre service à notre économie que de faire en sorte que le pouvoir d'achat des Français soit mieux défendu. Et donc non, c'est une mauvaise politique. Et puis une fois de plus, comment peut-il dire il n

19:08
Locuteur

'y a

19:08
Ian Brossat

pas d'argent et dans le même temps baisser la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises, ça n'est pas cohérent. S'il n'y a pas d'argent c'est parce que précisément il ne va pas le chercher.

19:16
Présentateur

Donc pour vous,

19:16
Locuteur

il

19:16
Présentateur

faut, vous allez relancer cette idée d'aide globale, pas forcément d'aide ciblée mais il faut aider plus largement

19:23
Ian Brossat

et plus globalement. Baisser les taxes, ça n'est pas une aide. En l'occurrence, nous nous sommes favorables à ce qu'on sorte de cette politique des petits chèques qui est une politique qui prétend être ciblée, qui en réalité est tellement ciblée qu'elle ne touche personne. Et donc oui, nous nous sommes favorables à la baisse des taxes. Quand on est de gauche, on est favorable à l'impôt progressif, on n'est pas favorables à ces taxes proportionnelles qui touchent de la même manière tout le monde quel que soit son niveau de revenu. Ce sont les plus fragiles qui souffrent de ces taxes les plus modestes, les travailleurs.

Et donc oui, il serait grand temps de les baisser d'autant qu'une fois de plus ce sont des produits de première nécessité qu'on ne choisit pas d'utiliser. Vous ne choisissez pas de faire votre plein. Vous en avez besoin pour aller au travail.

20:00
Locuteur

Un

20:01
Présentateur

mot sur les prix de l'énergie, sur les prix de l'électricité puisque là aussi il s'est exprimé. Il prendra les décisions nécessaires pour qu'il n'augmente pas cet hiver. C'est ce qu'il a dit en appelant également à EDF. Qu'est-ce que vous en attendez

20:11
Locuteur

?

20:11
Ian Brossat

Tant mieux. En tout cas, nous serons vigilants à ce que ces décisions soient vérifiées dans les faits. En l'occurrence, c'est une intention qui est exprimée par le Premier ministre. Il faut des faits parce qu'effectivement, aujourd'hui, le prix de l'énergie de manière globale pèse très lourd dans le budget des ménages.

20:26
Présentateur

Allez, on fait une troisième. On espère que la troisième sera la bonne tentative pour aller en Seine-Maritime. Virginie Lutroux, est

20:32
Locuteur

-ce

20:32
Présentateur

que vous nous entendez

20:33
Locuteur

? Moi,

20:34
Présentateur

je vous entends. Super ! Et

20:36
Locuteur

on vous entend aussi

20:37
Présentateur

aller vers de Fort-Jérôme sur Seine, je le rappelle. On le dit, vous êtes aux côtés des lycéens, vous allez y aller dans quelques instants. Est-ce qu'en tant qu'élu local, vous dites que Sébastien Lecornu a apporté les bonnes réponses hier ou pas

20:50
Locuteur

? Je

20:51
Présentateur

pense qu'il y a encore beaucoup d'attentes de nos lycéens. J'en discuterai avec eux lors d'une manif assez calme. Je pense que sur notre territoire,

20:59
Locuteur

il

20:59
Présentateur

n'y a pas eu de cas. Il y

21:00
Locuteur

a

21:00
Présentateur

eu beaucoup de respect mutuel entre les forces de l'ordre des lycéens et des revendications qui sont à la fois justifiées et des profs absents. Un lycée qui nécessite de gros investissements en termes de rénovation. La région a mis 1,3

21:12
Locuteur

milliard

21:13
Présentateur

depuis 10 ans sur les lycées, mais ça n'est pas encore suffisant. Ce n

21:15
Locuteur

'est

21:15
Présentateur

pas avec les ponctions que l'on subit depuis quelques années que malheureusement on va dégager des marges budgétaires pour pouvoir accélérer la rénovation des lycées. Leurs revendications sont légitimes, mais je crois que c'est difficile d'y répondre en 24 heures. Quand on parle en fois du temps, quand on parle de remplacer des profs en 24 heures, c'est toute une organisation à mettre derrière. J'espère, je ne dis pas, je ne suis pas aussi déçu que, mais j'espère qu'il y aura des vraies mesures concrètes d'ici la fin octobre.

Ça fait des années qu'on subit des profs non remplacés, même du personnel d'accompagnement avec le stress de Parcoursup, avec cette société anxiogène que vive quand même cette génération Covid. Et ça, je pense qu'il ne faut pas du tout ne pas en avoir conscience. C'est aussi du personnel accompagnant, psychologue, infirmière qui manque dans les établissements. Donc, on espère des mesures concrètes et on sera aux côtés des lycéens, mais aussi aux côtés des pouvoirs publics pour pouvoir nous faire en sorte que ces mesures soient vraiment réalisées pour la rentrée après les vacances de Toussaint. Un mot rapidement, Virginie Nutraud,

22:14
Locuteur

puisque

22:14
Présentateur

vous êtes aussi vice-présidente de la région Normandie. Sébastien Lecornu qui s'est entretenu hier avec les présidents de région. Est-ce que vous savez ce qu'il est sorti de cette réunion

22:22
Locuteur

?

22:22
Présentateur

Non. À ce matin, je ne sais pas du tout. Je pense que je connais bien mon président. Il a dû réclamer des moyens supplémentaires parce que lui aussi a conscience qu'un établissement qui est à la hauteur de l'enseignement, c'est aussi un élément important et prépondérant pour nos élèves. Merci beaucoup. Merci Virginie Nutraud d'avoir été avec nous, maire de Port-Jérôme-sur-Seine, vice-présidente de la région Normandie. Pardon pour les petits problèmes de connexion, mais on a fini par vous entendre. Un mot sur les élus locaux et les élus régionaux, notamment qui ont en charge la gestion des lycées.

Et on entend dans le même temps la colère de ces élus locaux face à la baisse du budget pour les collectivités qui est prévue dans le budget 2027. Comment vous allez répondre en tant que parlementariens ?

23:06
Ian Brossat

En tout cas, ils ont raison, les élus locaux, de dire qu'ils ont subi les baisses de dotation et que les difficultés budgétaires auxquelles ils sont confrontés sont directement liées à l'État. Et donc, nous, nous allons défendre le budget des collectivités. C'est d'ailleurs notre rôle de sénateur. Nous le faisons tous les ans et nous continuerons à le faire, notamment si on veut, par exemple, que les conseils régionaux puissent améliorer la situation du bâtimentaire dans les lycées qui est l'une des revendications exprimées dans ce mouvement.

23:32
Présentateur

Merci beaucoup.

23:33
Locuteur

Merci à vous. Merci

23:33
Présentateur

Anne Bressa.