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Podcast / conversationFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 22 août 2026 21 minComplaisantDivertissementInstitutions & électionsCulture, médias & sport

La force de la monarchie est d'être "'au-dessus de la mêlée politique"

Source d'origine 3 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:33OuverteRéponse directe

    Qu'avez-vous compris de ce retour ?

  • 3:01OuverteRéponse directe

    Que viennent-ils chercher selon vous ? Et pourquoi maintenant ?

  • 4:34OuverteRéponse directe

    Comment est-ce que vous comprenez ce retour avec cette temporalité médiatique ?

  • 5:57OuverteRéponse directe

    Mais est-ce qu'il ne va pas y avoir deux cours concurrentes ?

  • 8:01OuverteRéponse directe

    Un cirque médiatique, nous dit John Henley. Est-ce qu'ils sont vraiment de simples particuliers ?

  • 10:41OuverteRéponse directe

    Est-ce que la royauté continue d'incarner une stabilité pour le peuple britannique ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:29InvitéChiffre
    « il n'y a que 21% des Britanniques qui sont ravis du retour de Harry et Meghan. »
  • 4:14InvitéFait
    « Chaque fois qu'Harry a demandé au gouvernement britannique de payer pour sa sécurité, il a perdu tous ses procès. »
  • 11:02InvitéFait
    « La monarchie, représentée, incarnée par un monarque ou une monarque, représente la permanence, la stabilité, la tradition, mais aussi l'unité du pays. »
  • 13:46InvitéChiffre
    « Le dernier sondage cette semaine, c'est approuvez-vous l'attitude du roi Charles à 65% des Britanniques. »
  • 14:25InvitéChiffre
    « 64% de soutien en matière de la monarchie selon YouGov, 55% selon Ipsos. »

Temps de parole

  • Invité34 %
  • Invité 230 %
  • Invité 318 %
  • Présentateur17 %

≈ 1,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:02
Présentateur

On avait pensé que c'était définitif le Megxit, le départ du Royaume-Uni de Meghan, Markle et du prince Harry il y a six ans. Mais finalement, qu'apprend-on cette semaine ?

0:17
Locuteur non identifié

La nouvelle fait déjà la une de la presse britannique.

0:32
Invité

C'est le retour du fils prodigue et toutes ses familles à la maison. Brouillé avec la famille royale, le couple avait quitté le Royaume-Uni en 2020 pour s'installer en Californie.

0:49
Présentateur

Alors, un impact profond sur la royauté, vraiment, on va essayer de comprendre pourquoi ce retour, dans quelles conditions, et s'interroger un petit peu sur nous-mêmes, pourquoi tout ce qui concerne la couronne fait forcément la une, y compris ici en France, alors que de notre République, on regarde un peu Gognard, cette monarchie à la famille royale sans vrai pouvoir. John Henley, bonjour. Bonjour. Vous êtes le correspondant du Guardian pour l'Europe, basé à Paris. Bonjour à vous Stéphane Berne. Bonjour, bonjour à tous. Journaliste, écrivain, spécialiste des familles royales, vous publierez début octobre Un Roi dans l'Histoire, chez Albain Michel. Et bonjour à vous Laetitia Langlois.

1:24
Invité

Bonjour.

1:24
Présentateur

Vous êtes maîtresse de conférence en civilisation britannique à l'Université d'Angers, docteur en études anglophones de l'Université de Toulouse 2, Jean Jaurès. D'abord, je vais faire un tour de table avec vous trois. Qu'avez-vous compris de ce retour ? John Henley, d'abord.

1:39
Invité

D'abord, il faut souligner qu'on ne comprend pas, on ne sait pas pourquoi ils reviennent. Ils n'ont pas dit, ils n'ont pas donné de raison spécifique.

1:47
Présentateur

Ils n'ont pas dit qu'ils revenaient, c'est sorti dans la presse.

1:51
Invité

Exactement, ils n'ont même pas confirmé. Mais oui, je pense qu'en grande partie, ce qu'on peut comprendre, c'est que l'aventure américaine touche à sa fin et que ça n'a pas été un très très grand succès. Ils ont eu des contrats énormes avec des géants américains, Netflix, Spotify, etc., qui n'ont soit pas été renouvelés ou étaient renouvelés pour des montants beaucoup moins importants. La vie aux Etats-Unis leur coûte une fortune. Leur marque, la réputation de leur marque, si vous voulez, repose un peu sur leur relation avec la couronne, leur proximité de la couronne. Ça, c'est très difficile à maintenir aux Etats-Unis.

Il y a aussi, je pense évidemment, un élément que je pense qu'Harry, le roi Charles, est âgé, il est malade. Je pense qu'Harry a une certaine envie de se rapprocher un peu, d'essayer de réparer un peu les ruptures de ces dernières années. Que viennent-ils chercher selon vous Stéphane Bern ? Et pourquoi maintenant ? Alors oui, je partage l'avis de John Henley évidemment. Le côté positif, c'est qu'il a envie de se rapprocher de son père, de se réconcilier avec sa famille. C'est ce qu'il dit. Le chemin à Canossa sera difficile parce que le prince de Galles ne va pas pardonner tout de suite toutes les horreurs qu'il a pu lire ou entendre de la part de son frère cadet.

Ils viennent chercher un peu de reconnaissance. Maintenant, d'après les sondages, il n'y a que 21% des Britanniques qui sont ravis du retour de Harry et Meghan. Je pense qu'il se sent homesick. Il a le mal du pays. Il a envie que ses enfants soient élevés comme des petits Britanniques et pas comme des petits Américains. Et alors on dit que Meghan aurait trouvé un rôle, aurait décroché un rôle d'actrice parce qu'on ne peut pas dire qu'elle soit une grande actrice non plus. Elle n'avait pas le premier rôle en... Non, mais elle n'a jamais eu le premier rôle en Grande-Bretagne, ce qui l'a énervé quand elle était membre de la famille royale. Elle n'a jamais eu le premier rôle en Amérique.

Et là, on lui a proposé un rôle dans The Gentleman de Guy Ritchie, visiblement, et c'est ce qu'il a fait rentrer. Maintenant, va se poser le problème de la sécurité. Chaque fois qu'Harry a demandé au gouvernement britannique de payer pour sa sécurité, il a perdu tous ses procès. Donc ça va coûter un bras, si je puis dire, au roi Charles, puisque le Premier ministre l'a rappelé. C'est une affaire privée et donc ça va coûter au bien personnel de la couronne, en tout cas.

4:34
Présentateur

Comment est-ce que vous comprenez, vous, Laetitia Langlois, ce retour avec cette temporalité médiatique un peu étonnant ? Ils ont été pris de cours ou au contraire, c'est de la communication soigneusement organisée ?

4:44
Invité

Je pense qu'on peut faire tout à fait confiance à Harry et Meghan pour être des pros de la communication. Et plus largement, d'ailleurs, la famille royale est une machine de communication inégalable en termes de puissance. Par rapport à cette temporalité, alors c'est vrai qu'on a tous été très, très, très étonnés. Et pour peut-être rajouter quelque chose, je suis tout à fait d'accord avec ce que Stephen Byrd et John Henley ont dit. Et je dirais que peut-être Harry a aussi le souhait de se réconcilier avec l'opinion publique britannique. Il ne faut pas oublier que Harry a quand même été longtemps le petit chouchou des Britanniques, le préféré.

Ça reste ce petit garçon qui marchait derrière le cercueil de sa maman. Et c'est vrai qu'après tous les scandales, la publication du livre, l'émission avec Oprah Winfrey, aujourd'hui, comme l'a rappelé Stephen Byrd, sa popularité est vraiment très, très faible. Et je me dis que cet homme a aussi envie peut-être de revenir dans son pays. Alors certes parce qu'il a le mal du pays, mais peut-être aussi qu'il a envie de renouer avec les Britanniques.

5:57
Présentateur

– Mais est-ce qu'il ne va pas y avoir deux cours concurrentes ? La cour officielle de William et Catherine, Kate, et la cour médiatique de Harry et Meghan, John Henley ?

6:06
Invité

– C'est certainement la grande crainte de William, qui est le successeur, l'héritier. – Exactement, qui est l'héritier, qui sera le prochain roi, et qui, selon les sources, les correspondants à la cour en Angleterre, a réagi de façon absolument furieuse à la nouvelle. – On est d'accord ? Tout le monde est d'accord ? Les deux frères sont toujours brouillés ? – Il ne se parle quasiment plus. Harry est retourné en Angleterre très brièvement le mois dernier, au mois de juillet, et il y a eu un début, il a commencé à briser la glace un peu avec Charles, mais William ne l'a toujours pas pardonné de ce qu'il a écrit.

6:53
Présentateur

– C'est ça, d'avoir mis le bazar, finalement, dans l'opinion publique sur la famille royale.

6:57
Invité

– Il ne se parle plus, Harry, dans son livre, a accusé William de dire de Meghan qu'elle était agressive, qu'elle était difficile, qu'elle était compliquée, que ce mariage allait être impossible, etc. Et, en gros, de jamais accepter son choix de partenaire. et ils sont venus même à la violence physique, Harry a raconté dans son livre. Donc là, il va falloir vraiment, je pense, beaucoup de temps à réparer tout ça.

Et, pour l'instant, effectivement, la grande crainte, c'est que, de William et Kate, apparemment, c'est qu'il y aura un tel cirque médiatique autour d'Harry et Meghan, qui, comme a été dit, maîtrisent très, très bien leurs communications, que ça risque de rivaliser, effectivement, et de former une sorte de cours rival au sein de la famille royale.

8:01
Présentateur

– Un cirque médiatique, nous dit John Henley. Stéphane Bern, ils ne seront pas logés dans une résidence royale, Harry et Meghan. Leurs enfants ne seront pas scolarisés dans les prestigieux établissements où tout le monde de la famille a étudié avant eux. Mais, ils conservent leur titre, Harry reste cinquième dans l'ordre de succession. Est-ce qu'ils sont vraiment de simples particuliers ?

8:21
Invité

– Non, c'est tout le problème, justement. C'est que la reine Elisabeth avait dit, on ne peut pas avoir un pied dedans et un pied dehors. On est d'un côté ou de l'autre. Et leur exil américain montrait que, évidemment, ils étaient totalement dehors. Maintenant, ils reviennent dans le royaume. Ils vont toujours être considérés comme leurs altesses royales, le duc et la duchesse de ce sexe. On ne leur avait pas enlevé en Amérique leur prédicat d'altesse royale, mais ils gardaient leur titre de duc et duchesse de ce sexe. Ils en ont fait commerce, d'ailleurs. Puisque c'est grâce à cela qu'elle faisait son émission de télévision, qu'elle a sa boîte de production, etc.

Maintenant, ils ne vont pas vivre dans une résidence royale. En tout cas, on laisse entendre qu'ils ne redeviendront pas des actives royales, c'est-à-dire qu'ils ne vont pas représenter la couronne ni le roi. Donc, ils n'auront rien de la liste civile.

9:20
Présentateur

Mais ils feront sans doute des cérémonies, des galas de charité.

9:22
Invité

Voilà. Et puis, n'oubliez pas qu'il y a les Invictus Games, qui est la grande action caritative du Prince Harry, les Games vont se dérouler cette année à Birmingham. Et donc, plutôt que de faire des allers-retours pour les préparer entre la Californie et l'Angleterre, il va vivre en Angleterre. On laisse entendre que ce sera juste pour cette année. Maintenant, c'est à voir. Et ça sera pour les préparer. Donc, il a toute l'action. Et je suis assez d'accord avec ce qui a été dit parce qu'il veut redorer son blason, redorer son hymenage avec Wild Child, avec toutes ces activités caritatives qu'il va mettre en avant.

Maintenant, encore une fois, ils vont trouver une maison qui n'appartient pas à la couronne, sans doute dans les Coast Walls, c'est-à-dire juste à côté d'Oxford, là où il y a beaucoup de célébrités qui le connaissent. On va rester un peu dans la jet set et des gens un peu connus et pas tellement dans le royal system. Et puis, voilà. Par contre, la question qui va se poser, c'est qui va payer pour leur sécurité ? Ça, évidemment, c'est la grande interrogation des Britanniques parce qu'ils n'ont pas envie que ça coûte aux contribuables. Et visiblement, le Premier ministre est sur la même longueur d'onde. Et vous rappeliez les chiffres de popularité

10:36
Présentateur

ou plutôt d'impopularité, effectivement, de Harry et Meghan et de l'incompréhension sur ce retour. Laetitia Langlois, malgré tout, cette scène politique, si je reviens plus à la société britannique, elle est très mouvante. On en est au quatrième Premier ministre depuis le début du règne de Charles III. Est-ce que la royauté, la couronne, continue d'incarner une stabilité, une solidité rassurante pour le peuple britannique ?

10:59
Invité

Alors, absolument. Et c'est d'ailleurs sa grande force. C'est d'être au-dessus de la mêlée politique, c'est d'être au-dessus des divisions partisanes et des passions qui agitent la politique. La monarchie, représentée, incarnée par un monarque ou une monarque, représente la permanence, la stabilité, la tradition, mais aussi l'unité du pays. Et ça, c'est très, très important. Et surtout, à une époque, dix ans après le Brexit, où le pays est toujours très déchiré, très divisé, en interne, bien sûr, mais aussi par rapport à ces différentes nations constitutives. Il y a l'Angleterre, il y a l'Écosse, il y a le Pays de Galles, il y a l'Irlande du Nord.

Et c'est vrai que la figure du monarque incarne cette unité nationale et c'est cette grande force de la monarchie. Et quand on se demande, nous, vus de France, comment ce pays peut avoir toujours sa monarchie un petit peu, peut-être, surannée et anachronique, eh bien, c'est justement parce qu'elle incarne des valeurs très importantes d'unité à une époque où il est si difficile de faire nation et où la cohésion nationale est fragmentée de toutes parts.

12:09
Présentateur

Stéphane Berne, vous diriez que Charles Troyes a trouvé la bonne formule, un peu moins, enfin, en tout cas, assez discret et toujours neutre politiquement ?

12:18
Invité

Oui, neutre politiquement, alors qu'il a mis dans sa poche, si vous voulez, toutes ses idées progressistes. En même temps, on lui donne aujourd'hui crédit de tout ce qu'il a dit sur l'environnement depuis des années 1970. C'est le premier qui a raconté tout ce qui allait se passer sur le changement climatique. Assez avant-gardiste à ce niveau-là, en tout cas. Il a été très avant-gardiste. Aujourd'hui, l'actualité lui donne raison. Maintenant, je mettrai un bémol. Après la mort d'Élisabeth II, il y a le mouvement des Républicains, c'est un peu fait entendre partout. Il y a des manifestants, Not My King, qui apparaissent.

Mais, à la différence de ce qu'on appelle, nous, l'unité républicaine, c'est-à-dire les valeurs républicaines qui font que la nation est une et indivisible et que tous les Français sont unis. On voit les limites aujourd'hui en France. En Angleterre, chacun est dans son couloir de nage. Je m'explique. Le lundi, le roi est avec les Sikhs, le lendemain avec les musulmans, le troisième jour avec les juifs, le quatrième jour avec les chrétiens, etc. C'est-à-dire que chacun est dans son couloir de nage et il fait l'unité ainsi. Mais avec les différences, évidemment, les antagonismes qui existent toujours. Mais c'est vrai, Laetitia Langlois a totalement raison.

La monarchie britannique fait encore l'unité. Le dernier sondage cette semaine, c'est approuvez-vous l'attitude du roi Charles à 65% des Britanniques. Il y a peu de présidents chez nous qui ont cette cote de popularité. Je rappelle d'ailleurs que le pouvoir royal existe. C'est un magistère moral. C'est un pouvoir qui est symbolique, mais du grec symbolé qui rassemble. Ce n'est pas le pouvoir de décider, quoi que ce soit sur le plan politique, mais c'est un pouvoir moral très important.

14:10
Présentateur

Et vous répondez ainsi à la question de Thomas qui nous a écrit sur WhatsApp est-ce que Charles III est populaire au Royaume-Uni malgré ses anciennes gaffes et prises de position. Je me tourne vers vous, John Henley. Effectivement, les sondages sont là. 64% de soutien en matière de la monarchie selon YouGov, 55% selon Ipsos. Ça paraît assez solide. Malgré tout, on est au plus bas depuis 33 ans. Alors, on peut voir le verre à matière plein ou vide. Est-ce qu'il y a une lente érosion de l'adhésion des Britanniques ?

14:35
Invité

Oui, et je pense que l'opinion publique est un peu en attente. Il faut dire que quand on cite ces côtes de popularité, il faut toujours, je pense, faire référence à Elisabeth, qui est la référence absolue, qui, pendant les dernières décennies de sa règne, elle a eu une côte de popularité de plus de 80%. Oui, donc stratosphérique par rapport à... Estratosphérique. Mais Charles, il a remonté. Il était beaucoup plus bas il y a quelques années. Et avec son arrivée sur le trône, effectivement, il a commencé à remonter. Et je pense que si, surtout si on pose la question, est-ce que la monarchie, est-ce que vous soutenez la continuation de la monarchie ?

Voilà, vraiment, la côte de popularité de l'institution, elle-même, elle est quand même très, très, très solide. Elle continue de fasciner. Je pense que la monarchie en Grande-Bretagne, et non seulement en Grande-Bretagne, évidemment, mais je pense que Laetitia Longlois a très bien décrit l'importance pour l'image du pays, pour l'identité du pays, la solidité, la continuité, la permanence, etc. Mais il y a plusieurs autres aspects qui fascinent le public britannique, et qui assurent que cet intérêt et ce soutien va continuer. Fascination au Royaume-Uni,

16:11
Présentateur

mais John Henley, vous qui êtes britannique installé en France, est-ce que vous trouvez que les Français, parfois, sont plus fascinés par la monarchie que vos compatriotes ? Parfois plus, parfois plus.

16:21
Invité

Je dirais oui. Oui, je suis tenté de dire, évidemment, c'est peut-être même en grande partie, parce que vous n'avez pas de famille royale vous-même, mais je pense que ça fascine universellement les grandes monarchies comme la monarchie britannique. Il y a d'abord ce côté spectacle, ce côté de grande face... Le côté immuable, aussi. Voilà, mais il y a très peu d'institutions au monde qui sont capables d'organiser le genre de spectacle, les mariages, les enterrements, les couronnements, etc. Qu'on voit à Londres, ça reste quasi unique au monde.

Mais je pense que l'aspect qui fascine non seulement en Grande-Bretagne, mais partout dans le monde, y compris en France, c'est un aspect quand même très humain. Il y a une combinaison, quelque part, de cette conte de fées des princes, des princesses, des rois, des reines, d'une famille richissime. On combine ça avec des tragédies humaines, quand même très humaines, les décès, les divorces, les deuils, les querelles fratricides.

17:43
Présentateur

Les histoires de famille, finalement. Et effectivement, vous parliez des audiences, en quelque sorte, 8 à 9 millions de téléspectateurs en France, que ce soit pour le mariage de Harry et Meghan, les funérailles d'Elisabeth II, le couronnement de Charles III. Stéphane Berne, vous les avez souvent commentés, ces grandes cérémonies. Comment vous expliquez ces succès-là ?

17:59
Invité

Parce que, justement, il y a ce côté fascination que John Henley décrit absolument. C'est un pouvoir à visage humain, où il y a quelque chose qui vient de la nuit des temps, et qui est une cérémonie qui permet à tout le monde de communier. On n'a plus ce genre de cérémonie. Je me souviens, pour raconter une anecdote personnelle, en 2014, la reine Elisabeth est venue en visite, et il y avait un monde fou devant l'ambassade de Grande-Bretagne. J'ai eu la chance de pouvoir lui parler à ce moment-là, et elle me disait, c'est assez étonnant, non ? Combien les Français continuent de m'aimer, me disait-elle.

Et quand le roi Charles est allé à Saint-Denis, il était dans la voiture avec le président de la République, et les gens criaient, vive le roi, vive le roi ! Et le roi Charles s'est tourné vers le président, et il lui a dit, mais de qui parle-t-il ? Est-ce que c'est le roi de France ou le roi d'Angleterre ? Et je sais que le président prépare une visite, ils vont là de nouveau en Angleterre, pour aller pour la cérémonie, pour la tapisserie de Bayeux au British Museum, mais il s'y prépare comme si c'était un événement mondial, si vous voulez, autant que le sommet de l'ONU, parce que le roi d'Angleterre a toujours cet impact.

Et je le vois pour les audiences de nos émissions, quand on fait la mort d'Elisabeth II, mais on a fait des heures de direct. Le mariage de Meghan et Harry, j'ai fait sept heures de direct. Ça paraît fou.

19:32
Présentateur

En quelques mots, Laetitia Langlois, est-ce que la monarchie représente une Angleterre un peu imaginaire, alors que la société britannique ou française serait plus conflictuelle ?

19:42
Invité

Oui, en fait, c'est ça que la monarchie doit incarner. Elle doit être au-dessus des passions humaines, même si, on l'a bien vu au fil des années, elle est aussi traversée par des passions tout à fait humaines et qui traversent toutes les autres familles. Mais c'est vrai qu'elle se doit d'être exemplaire et elle se doit de fasciner, de donner envie. Il y a ce côté glamour. On n'a pas cité le mot, mais moi, je trouve que c'est quelque chose d'assez important dans son pouvoir d'attraction.

Et c'est vrai que sa capacité à impacter l'imaginaire collectif au-delà des frontières britanniques, ça crée un soft power qui est quand même inégalable et qui est l'un des ressorts quand même de la puissance britannique en termes d'image. C'est une puissance qui repose, bien sûr, sur l'économie ou sur le militaire. Mais l'image, c'est extrêmement important. C'est éminemment important dans des sociétés où le symbolique a encore beaucoup de pouvoir. Et c'est vrai que cette capacité à impacter l'imaginaire collectif au travers aussi de séries comme la culture populaire qui s'est emparée de la famille royale avec The Crown dont le succès est vraiment colossal.

Eh bien, c'est très, très important et c'est très important pour la popularité de la monarchie.

21:04
Présentateur

Merci beaucoup, Laetitia Langlois. Merci, John Henley. Et merci, Stéphane Bernd. Je rappelle votre prochain livre Un roi dans l'histoire chez Albain Michel. La revue de presse à suivre.