Face à Face : Bruno Retailleau - 02/03
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, RMC jusqu'à 9h, Apolline Matin, Face à Face, Benjamin Duhamel. Tout juste 8h33 sur BFM TV et RMC, mon invité ce matin dans le Face à Face, c'est Bruno Retailleau, le patron des sénateurs Les Républicains. Bonjour Bruno Retailleau. Bonjour Benjamin Duhamel. Alors d'abord évidemment la discussion sur la réforme des retraites, elle commence cet après-midi en séance au Sénat. Vous soutenez le texte, vous avez d'ailleurs encore vu Elisabeth Brand, la première ministre hier à Matignon pour vous accorder. En fait avec Gérard Larcher, vous êtes les 44e et 45e membres du gouvernement, non ?
Non, tout simplement parce que jamais nous sommes la béquille du macronisme. Pourtant vous soutenez le texte. Non, on va soutenir le texte mais on va le modifier. Ce que je veux dire à vos téléspectateurs, c'est que les choses doivent être claires. Non, c'est pas nous qui allons voter la réforme d'Emmanuel Macron, c'est la majorité d'Emmanuel Macron qui va voter la réforme que le Sénat, depuis 4 ans, vote à l'automne tous les ans.
Enfin vous rendez quand même service au gouvernement en faisant en sorte d'être plus allant, plus coulant que vos collègues de l'Assemblée Nationale.
Non, c'est pas notre optique. Notre seule optique, c'est pas de savoir s'il faut, oui ou non, soutenir Emmanuel Macron ou son gouvernement. Notre optique c'est, est-ce qu'on va sauver le régime des retraites par répartition ? Il y a deux faits qui sont incontournables. Dans les 10 ans, plus de 150 milliards d'euros de déficit. Et dans les 10 ans, et même dans les plusieurs décennies à venir, on aura toujours plus de pensionnés et toujours moins de cotisants. Donc il y a un problème d'équilibre. Certains disent, on ne fait rien. Bien sûr, on ne fait rien. C'est la banqueroute assurée pour le régime des retraites. Ce sera le chacun pour soi.
Et si c'est le chacun pour soi, ce sont les plus modestes des Français qui vont trinquer.
Le député Les Républicains, Aurélien Pradier, dit que vous êtes les complices, que vous risquez d'être les complices du gouvernement.
Non, non. La seule ligne, c'est la ligne de l'intérêt général. Non, mais les mots sont forts. Les mots sont forts, complices du gouvernement. Mais Aurélien Pradier, ce sont des sorties chaque jour. Je ne peux pas passer mon temps à commenter les commentaires d'Aurélien Pradier. Ce qui m'importe, moi, et ce qui importe la majorité sénatoriale, c'est l'intérêt national. Et où est-il venir ? Et peu importe des petits positionnements politiciens des uns et des autres.
4 718 amendements ont été déposés contre près de 20 000 à l'Assemblée. Vous êtes beaucoup plus docile qu'à l'Assemblée nationale, beaucoup plus sage, en fait.
Écoutez, c'est le Sénat d'abord, et quand on voit l'image... C'est quoi, c'est un train de sénateurs ? Non, au contraire, ça va aller plus vite. Non, attendez, quand on voit... Regardez, posez la question aux Français. Faites des micro-trottoirs. Et ils vous iront, l'écœurement qu'ils ont eu, avoir les débats réduits à des pugilats. Ça n'est pas ça, le Sénat. Bien sûr que le débat va être rugueux, mais il sera respectueux. Il ira au bout. Bien sûr qu'il sera passionné, mais il sera aussi raisonné. Et j'espère bien qu'il ira au bout. Et je préviens d'ailleurs nos oppositions. Ils veulent voter, par exemple, l'article 7. Très bien.
Ils veulent voter l'article 7 le 7 mars, au moment de la mobilisation de la grève.
Après le 7 mars. Patrick Cannaire, le patron des sénateurs socialistes, dit qu'il y a une sorte d'accord. C'est-à-dire qu'on se dit qu'on ne votera pas l'article 7 avant le 7 mars.
Pas avant, mais le 7 mars. Et nous ne tolérons pas qu'on ne voit pas les articles suivants. Article 8, 9 et 10. L'article 10, les petites retraites. Ça n'intéresse pas la gauche de discuter, pour les Français, des petites retraites. L'article 9, l'usure professionnelle. Ce n'est pas intéressant d'en parler, d'en discuter, de voter. L'article 8, l'invalidité, l'incapacité, les travailleurs handicapés.
Donc vous dites aux oppositions l'article 7 le 7 mars ou après ? Non, le 7 mars. Le 7 mars. Donc article 7 le 7 mars. Mais attention, il faudra faire tous les autres articles. Et on utilisera tous les moyens qui sont en notre possession au Sénat.
Bien sûr, parce que le Sénat doit faire écouter sa différence par rapport à ce qui s'est passé à l'Assemblée nationale. On en a assisté à du n'importe quoi, à la guignolisation du débat public. Mais ça ne suffit pas d'avoir des débats respectueux. Notre job à nous, et on est payé pour ça, c'est de voter. Le rôle du Parlement, ce n'est pas seulement de discuter, de parler. C'est aussi de discuter pour éclairer une délibération. Et c'est donc de voter.
Alors Bruno Retaille, on va rentrer dans le détail du texte. Alors vous avez un point de désaccord là pour le coup avec l'exécutif sur la question des régimes spéciaux. Vous souhaitez aller plus vite que ce qu'on appelle la clause du grand-père, c'est-à-dire la fin des régimes spéciaux seulement pour les nouveaux entrants. Et hier à ce micro, Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement, a dit « Niette, on reste tel quel ». C'est quoi, le gouvernement a peur de la rue, selon vous ?
Non, parce que ça c'est une mesure populaire. Une mesure que soutiennent une grande majorité de Français.
Peur de la rue en l'occurrence, peur de la mobilisation de ces régimes spéciaux, par exemple le 7 mars.
Moi j'ai écouté le président de la République qui a été interpellé, je ne sais pas si vous l'avez noté, à un moment donné, lorsqu'il inaugure le salon d'agriculture, il est interpellé par un visiteur qui lui parle des régimes spéciaux. Et il lui répond « Mais la réforme des régimes spéciaux, c'est un progrès social ». Eh bien moi, sans être devenu macroniste, je suis d'accord là-dessus, vous voyez. Ce sera ma contribution au progressisme, si j'en veux dire. Non, très sérieusement, je pense que si cette réforme doit être comprise par les Français, les Français ne pourront l'accepter que s'ils sont le sentiment d'une justice.
Oui, mais le gouvernement dit non. Le gouvernement dit « Là-dessus, on ne bougera pas ». Comment est-ce que vous réalisez ? Est-ce que vous dites « Peut-être qu'on va revoir notre soutien à la réforme » ?
Une fois de plus, je le dis tout à l'heure, mon souci, ce n'est pas le gouvernement. Mon souci, ce n'est pas Emmanuel Macron. Ce sont les Français. Et je pense qu'on va demander des efforts aux Français. Pourquoi est-ce qu'on n'exigerait pas les mêmes efforts pour des régimes spéciaux ? Parce qu'ils veulent faire du chantage, parce qu'ils sont en capacité de bloquer la France ? Ça n'est pas tolérable. La clause grand-père, en l'occurrence, la RDP et les autres régimes spéciaux. Bien sûr, le chantage au blocage. Et je vais même plus loin. Qu'est-ce que c'est que la clause grand-père ?
La clause grand-père, c'est de dire que ceux qui sont dans ces régimes spéciaux, ils ne verront pas, en réalité, la réforme. C'est les seuls sur lesquels la réforme ne s'appliquera pas. Est-ce que c'est normal ? C'est 43 ans, la clause grand-père, plus on reste en retraite 20-25 ans. Ça veut dire 43 plus 20-25 ans. Vous vous rendez compte ? On arrive à la fin du siècle. Est-ce que c'est tolérable ? Vous savez que dans le privé et dans le public, pour les fonctionnaires, le décalage des deux ans va progressivement s'appliquer.
Juste pour être très clair, même si le gouvernement dit non, vous espérez encore que cette mesure soit votée ? Vous n'abandonnez pas le combat des régimes spéciaux ?
Je suis sûr que non, je le porterai avec mes collègues sénateurs. Et là encore, que personne ne s'en étonne, puisque depuis 4 ans, on vote cet amendement, 62 à 64 ans, le recul de l'âge de départ, et les 43 annuités. Mais dans l'amendement, on a toujours aussi un alinéa qui dit qu'on veut une convergence des régimes spéciaux. On proposera une convergence jusqu'en 2040. C'est très progressif. Ça n'est pas brutal, ni violent.
On vous a entendu. Bruno Retailleau, il y a un régime autonome, dont vous ne parlez pas beaucoup, c'est le vôtre, celui des sénateurs. La gauche sénatoriale propose de le réformer, mais vous n'êtes franchement pas enthousiaste, c'est même un euphémisme. Donc si je comprends bien, vous voulez la fin des privilèges, sauf pour vous. C'est faux. C'est faux.
Quand vous dites ici, à l'antenne, que nous ne voulons pas le réformer, je vous annonce à l'antenne que nous devrons réformer, nous aussi, pour nous appliquer un certain nombre de paramètres de la réforme générale dans le régime du Sénat.
M. Retailleau, quand on pose la question notamment à Gérard Larcher, et qu'on dit qu'il faudrait que le régime des sénateurs soit aligné, par exemple, sur celui de la fonction publique, il dit non, non, c'est une casse autonome. Pour ceux qui nous écoutent et qui nous regardent, pour un mandat de 6 ans, un sénateur touche une pension de retraite de 2190 euros net par mois. Est-ce que ça, il faut changer ? Parce que vous comprenez que ceux qui nous regardent, qui nous écoutent, se disent, c'est beaucoup quand même,
quand on nous demande des efforts. Gérard Larcher va demander et proposera, dans les prochaines semaines, une réforme où on appliquera, par exemple, l'âge de départ de 62 à 64 ans, où on réformera le régime du Sénat. Et moi, je suis favorable, encore une fois, à la modification de ce régime pour tenir compte des paramètres de la réforme.
Est-ce que vous faites comme à l'Assemblée en les alignant sur le régime de la fonction publique comme ça a été fait en 2018 ? C'est-à-dire, on met tout à plat, même règle que la fonction publique. Il ne faut surtout pas faire comme l'Assemblée.
Pourquoi ? Parce que l'Assemblée demande à l'État de contribuer à hauteur de 70 millions d'euros par an. Nous, on ne demande pas de contribution à l'État. Tout simplement parce que depuis 2005, on a cotisé beaucoup plus. On cotise à hauteur de 20%. Les députés à hauteur de 14%.
Vous cotisez plus et vous avez une pension de retraite
infinie qui est plus avantageuse. Non, sauf que dans les indemnités, au moins par mois, ça fait 350 euros de différence. C'est-à-dire que nous, ces 350 euros, on va les mettre dans la caisse autonome. Mais en tout cas, vous entendez cette demande d'exemplarité des Français qui disent des sénateurs ? Bien sûr que je l'entends.
Il ne faut pas qu'ils aient de privilèges. Ça, vous l'entendez. Non, mais être sénateur,
ce n'est pas un métier. C'est un mandat. Et on doit en tenir compte, évidemment.
Sur la question des femmes, Bruno Retailleau, le gouvernement soutient votre proposition de surcode de pension pour celles qui ont des enfants. Vous dites d'ailleurs que c'est une politique nataliste. Il faut l'assumer telle qu'elle. Sandrine Rousseau, l'écologiste, par exemple, vous répond « Lâchez nos utérus ». Qu'est-ce que vous lui dites ?
Je n'ai rien à dire à Sandrine Rousseau, mais ce qui est rassurant, c'est que ce que je dis aux Français, c'est qu'il y a une façon très simple de savoir où est la bonne direction. Vous écoutez Sandrine Rousseau, elle dit « Blanc, il faut penser noir », tout simplement. Donc là, c'est votre règle. Encore une fois, le régime par répartition, c'est un régime intergénérationnel où on doit trouver un équilibre entre ceux qui cotisent, les actifs, et ceux qui ne cotisent plus, ceux qui sont pensionnés. C'est donc un régime démographique. Or, les mères de famille vont supporter une injustice qui est pour moi la plus grave, alors qu'elles ont contribué à l'équilibre du régime par répartition.
Parce qu'elles ont eu des enfants. Madame Rousseau devrait l'écouter. Parce qu'elles ont eu des enfants. Et surtout, je parle des femmes qui n'ont pas les salaires qui leur permettent, si j'ose dire, de prendre des congés de maternité assez longs. Je parle d'abord de ces femmes-là. Elles élèvent des enfants, et du coup, il y a un retentissement sur leur carrière professionnelle qui sont moins valorisées que celles des hommes. Et donc là-dessus, surcote
de 5% quand on a eu des enfants là-dessus ?
C'est trop important. Et comme la carrière professionnelle est moins valorisée, les retraites des femmes sont moins valorisées. La preuve, les trois quarts des petites retraites en France, ce sont des femmes. Donc moi, je veux que pour les mères de famille qui ont eu des enfants, il y ait une surcote pour qu'on rétablisse la justice. Vous faites le lien avec l'immigration, je vous ai entendu dire. C'est ça ou l'immigration. Mais bien sûr. Du mal à comprendre. Je vais vous dire, M. Delvoye, à l'époque, au commissaire, aux retraites, lui avait très bien compris. En 2019, qu'est-ce qu'il explique ?
Il dit, voilà, on a un problème de démographie, donc s'il n'y a pas plus d'enfants, il faudra qu'en Europe, on ait 50 millions de plus d'immigrés en 2050 pour faire fonctionner la machine démographique.
Je peux vous lire une phrase de vous en rétablissement ? C'est très simple. À ce sujet ? Allez-y. Le choix est clair, soit on a recours à l'immigration et c'est ce qui est fait aujourd'hui, soit on met en place une politique nataliste. Exactement. Vous êtes d'accord ?
Je suis d'accord avec le choix de l'enfant. Vous êtes d'accord avec cette phrase ? Je suis d'accord avec le choix de l'enfant plutôt qu'avec le choix
de l'immigration. Vous êtes d'accord avec cette phrase ? Vous savez qui l'a prononcée ? Dites-moi. C'est Jordan Bardella, le patron du Rassemblement National. Vous êtes à l'aise avec le fait de tenir exactement le même discours que le RN sur ce sujet ?
Mais j'en ai marre. J'en ai marre de ces commentateurs que vous êtes. Non, je pose une question, M. Retailleau. M. Bardella a dit hier qu'à minuit, il faisait noir. Ben oui. Moi, je dis qu'à minuit, il faisait noir. Et alors ? Et alors ? M. Bardella, vous auriez très bien pu dire... Moi, je vous réponds du même temps que vous m'interrogez. Vous auriez très bien pu me dire que M. Bardella est contre la réforme des retraites. Oui, M. Bardella, Mme Le Pen, le Rassemblement National sont beaucoup plus proches de M. Mélenchon que de nous sur la réforme des retraites. Et alors ? Et alors ? On a des différences par rapport à M. Mélenchon, par M.
Bardella, Mme Le Pen, et on a de temps en temps des constats qui sont communs. Et moi, je dis, et je conclue, et je le dis aux Français, le régime de retraite par répartition intergénérationnelle, c'est un régime démographique. Il n'y a pas 36 moyens sur la démographie. C'est les enfants ou l'immigration. Et moi, je fais le choix de l'enfant. Je le fais. Et vous aurez beau me dire que M. Bardella ou d'autres font le même, je m'en fiche. Je pose les questions. C'est ma conviction
et je vous affirme haut et fort. On vous a entendu. Une toute dernière question précise sur le texte. Le gouvernement a beaucoup lâché aux députés les Républicains, notamment sur ce qu'on appelle les carrières longues. Est-ce que vous, au Sénat, pour des raisons d'équilibre financier, vous pourriez faire en sorte que ces concessions-là soient annulées pour partie ?
Ils ont eu raison. Éric Ciotti et notamment Olivier Merlex ont eu raison de pointer un certain nombre de problèmes sur les carrières langues. Parce que comme on va repousser deux années, ceux qui ont commencé à travailler de bonne heure, on doit en tenir compte. Moi, je serai notamment solidaire avec mes collègues. Donc de tous qu'ils ont obtenu ? Non, sur la borne de 21 ans. Le point important, celui, le point fondamental qu'ils ont obtenu, c'est une quatrième borne pour les carrières langues de 20 ans à 21 ans. Donc celle de 17 ans, c'est d'abord du domaine du gouvernement puisque c'est du domaine du décret réglementaire.
Donc nous ne déposons pas, évidemment, puisque ce n'est pas le domaine de la loi, un amendement là-dessus. Oui, jusqu'à 21 ans. Le reste, notre priorité... Donc celle de 17 ans, ça pourrait... Notre priorité, notre priorité pour nous, ce sont les maires de famille. Notre autre ligne rouge, on n'a que deux lignes rouges. Les maires de famille et l'équilibre financier. Parce que ça sert à quoi de faire une réforme si c'est une réforme qui doit nous conduire à nouveau à des déséquilibres en 2030. L'origine de la réforme, c'est des déficits. Le point d'arrivée de la réforme, ça ne peut pas être encore et toujours des déficits.
Un mot sur le 7 mars. Vous discuterez donc le texte, le jour où il y aura cette France à l'arrêt qui est promise par les syndicats. Si la France est paralysée pendant plusieurs jours, est-ce que vous craignez que le gouvernement recule ? Non, je pense qu'il ne reculera pas. Vous en êtes sûr ? Écoutez, vous qui voyez beaucoup Elisabeth Borne en ce moment.
Oh non, je l'ai vu hier, mais croyez-moi, je ne la vois pas tant que cela. Et ce n'est pas elle qui me dicte ma conduite et pas plus qu'Emmanuel Macron. Mais je ne veux pas donner un conseil au président de la République, mais je pense que pour Emmanuel Macron, reculer, ce serait abdiquer. Abdiquer, ça voudrait que ce serait terminé de son second quinquennat.
C'est-à-dire, si cette réforme de l'État ne passe pas, il n'y a plus de mandat. C'est fini. Plus de capacité à réformer. Bien sûr. La CGT chimie, c'est-à-dire notamment les raffineries, appelle à une grève reconductible dès lundi soir prochain avec un risque de pénurie d'essence. Rapidement, avant de passer à un autre sujet, si cela durait, si c'était la galère pour les Français dans les stations d'essence, est-ce qu'il faudrait activer des réquisitions ? Ce qui est le pouvoir du gouvernement dans des situations particulières de risque de troubles à l'ordre public.
Mais bien sûr, j'ai fait voter, il n'y a pas longtemps, c'était en 2019, une loi sur le service minimum au Sénat. Cette loi et ce service minimum que j'appelais de mes voeux, c'est tout simplement concentrer le service public, notamment pour les transports, mais l'ensemble des services publics qui permettent aux Français d'aller travailler deux heures le matin et deux heures le soir aux heures de pointe pour un tiers du trafic journalier. On les concentrera sur le matin et le soir et avec cette possibilité de réquisition. Donc moi, je pense que il faut préserver le droit de grève.
Il faudrait qu'il y ait réquisition de la part du gouvernement. Un droit de grève n'est pas... Vous dites au gouvernement au fond, n'ayez pas la main qui tremble,
si je peux résumer. Mais évidemment, on ne peut pas laisser des minorités bloquer la France et prendre en otage tous les Français. Cette gréviculture, on en a marre. Et je pense qu'il faut être attaché au droit constitutionnel du droit de grève, mais il doit être équilibré par un autre droit constitutionnel, la possibilité d'aller venir, la possibilité d'aller à son travail et aussi la continuité des services publics.
Un petit mot sur l'inflation, Bruno Retailleau, qui flambe notamment dans l'alimentaire. Le gouvernement promet de casser les prix. C'était encore une fois à ce micro hier, Olivier Véran, mais sans préciser comment. Vous qui ne cessez de dire qu'il faut arrêter la politique d'échec, de déverser de l'argent public, si vous étiez au pouvoir, vous diriez aux Français « Allez, il faut faire le dos rond et attendre que ça passe ? »
Non, mais si j'avais été voyé au pouvoir, au gouvernement, jamais je n'aurais fait fermer Fessenheim. Pourquoi est-ce que l'électricité...
Là, je parle de l'inflation dans l'alimentaire.
Non, mais l'inflation, croyez-moi, pour les Français, l'inflation, c'est aussi l'énergie. On va venir à l'alimentaire. C'est la souveraineté, d'ailleurs. Souveraineté alimentaire ou souveraineté énergétique. Je prends deux exemples. Jamais je n'aurais fermé Fessenheim. Pourquoi l'électricité en France a été la plus chère d'Europe ? Parce qu'on a s'abordé François Lente et Emmanuel Macron, notre filière nucléaire. Mais sur l'alimentation... Monsieur Retailleau, là, il y a des gens
qui vont dans les rayons et qui voient les couches explosées de plusieurs dizaines de pourcents, qui voient l'alimentaire et qui disent au gouvernement « Aidez-nous ! » Qu'est-ce qu'on peut faire là tout de suite ? Ou alors, est-ce que vous dites « L'État ne peut pas tout ? » Ce n'est pas à lui d'aller faire une nouvelle fois un chèque.
Ça n'est pas à l'État de prendre tout en charge. C'est à l'État de traiter les causes. Les causes de la souveraineté énergétique. Mais ça met du temps pour l'éducation. Bien sûr. Donc, en l'État, sur l'alimentation alimentaire, on ne peut pas faire en chose. Mais non. Par exemple, sur les droits alimentaires, on est en train, aujourd'hui, alors que nous étions la deuxième puissance mondiale agricole, il y a dix ans, on est rétrogradé désormais à la cinquième place. On n'a pas eu de moutarde à Dijon. Les pots de moutarde étaient introuvables il y a quelques mois et on est en train d'importer la moitié de nos poulets. 60% de nos fruits.
Tout simplement parce qu'on interdit en France, on surtranspose les règles européennes pour nos agriculteurs. 153 molécules interdites en France, autorisées en Espagne et ailleurs. Et ça, ça ne marche plus. Ça ne peut plus marcher. Je demande à la politique, moi, de ne pas me faire des chèques en bois avec un endettement pharaonique. Je demande aux hommes politiques de traiter les causes et pas seulement les conséquences avec du sparadrap.
Bruno Retailleau, la une de L'Incorrect, un magazine fondé par des proches de Marion Maréchal fait polémique pour les auditeurs de RMC qui nous écoutent. On y voit trois jeunes dirigeants des mouvements de jeunesse de leur parti, des Républicains, de Reconquête, le parti Zémouriste et du Rassemblement National avec ce titre, je cite, « Les jeunes coupent le cordon ». Référence donc au cordon sanitaire. Est-ce qu'elle vous a choqué cette une de voir le jeune Les Républicains, Guilhem Carayon, pour ne pas le nommer, avec le jeune Zémouriste et le jeune du Rassemblement National ?
Franchement, on a tous débattu, tous nous avons débattu avec des opposants. Je me souviens que l'été dernier, Rachida Dati est allé, je crois, à l'université d'été des Insoumis. Les Insoumis, ce n'est pas des enfants de cœur.
Non mais, on est d'accord avec des enfants de cœur. Ce n'est pas une d'un magazine fondé par des proches de Marion Maréchal avec écrit « Les jeunes coupent le cordon ». Peu importe.
D'abord, un, la démocratie, c'est le débat. La démocratie, c'est le débat. Deux, la démocratie et un parti politique, c'est une discipline et c'est une ligne. Je me suis empressé lorsque j'ai vu, effectivement, cette une. Je suis allé vite lire ce que Guillaume Carillon avait déclaré et il a été respectueux de la ligne du parti. Pas d'union des droites. Mais ça ne vous choque pas ? Pas d'union des droites. Pas d'union des droites. L'autre indépendant.
C'est ce qu'il dit. Guillaume Carillon qui dit, je cite, beaucoup de questions sur lesquelles il y a des points de convergence. Avec Éric Zemmour et Marine Le Pen.
Qu'il y ait des points de convergence, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, par exemple, sur un constat sur l'immigration qui est massive. Ça ne me choque pas. Mais je pense que le débat démocratique, c'est normal qu'il puisse y avoir des opposants qui se réunissent. Mais l'union des droites, je la récuse.
Mais y a-t-il un cordon sanitaire entre les Républicains et Éric Zemmour et Marine Le Pen ? Y a-t-il un cordon sanitaire ?
Je pense que ce cordon sanitaire, les Français l'ont fait sauter depuis longtemps. Je pense qu'on doit lutter vis-à-vis du Front National pour ce qu'il est et pas pour ce qu'il n'est pas. C'est pas avec de la moraline. Parce que les leçons de morale, ça ne marche plus. Les Français en ont marre. D'ailleurs, vous l'avez vu. Deuxième tour, 41-42% Marine Le Pen. En revanche, il faut le dénoncer comme un parti démagogique. On a eu d'ailleurs à l'Assemblée d'un côté un parti hystérique, LFI, et de l'autre côté, sur les retraites par exemple, un parti démagogique qui change perpétuellement de pied en fonction de l'air du temps et en fonction du vent.
Donc je pense qu'il faut combattre le Front National, le Rassemblement National pour ce qu'il est, un parti démagogique et pas pour autre chose. Simplement, je rappelle à ceux de mes amis qui seraient tentés par ce rapprochement que l'objectif du Rassemblement National c'est de le faire disparaître. Donc, c'est un adversaire.
Un tout dernier mot, Brice Ortefeu, la semaine dernière dans le Figaro, disait de Laurent Wauquiez qu'il était le candidat naturel de votre famille politique. Est-ce que Laurent Wauquiez est le candidat naturel de la droite pour 2027 ?
Aujourd'hui, je l'ai dit et redit, pas question avant les européennes d'entrer dans le combat présidentiel. C'est ce qui tue la droite. Je veux que la droite se refonde. Je me réjouis de l'Éric Ciotti. Et donc, candidat naturel ?
Est-ce que c'est le candidat naturel ?
Je vous dirai après les élections européennes. Aujourd'hui, je le dis et je suis heureux que hier, Éric Ciotti ait annoncé les états généraux pour qu'on puisse refonder le logiciel du parti. D'ailleurs, je vais y prendre activement ma part mais je pense qu'il faut passer les européennes et ensuite, ce sera la présidentielle parce que sinon, c'est toujours des guerres d'égo et on ne débat pas, on ne refonde pas et croyez-moi, le logiciel de la droite, les retraites l'ont montré, il est à reprendre totalement.
Il est 8h53 sur RMC et BFM TV. Merci Bruno Retailleau. Merci.
Bruno Retailleau