Le Grand Jury de Éric Coquerel
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Et maintenant en direct sur Public Sénat. On vous retrouve sur le canal 8 de la TNT. Bonjour Eric Coquerel. Bonjour. Vous êtes président de la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale et député de la France Insoumise de Seine-Saint-Denis. 40 milliards d'euros d'économie. Des efforts pour tous les Français. Pas d'augmentation d'impôts. C'est l'équation du budget 2026 de François Bayrou dans une équation politique qui reste impossible à résoudre. Voulez-vous amender ce budget ou faire tomber le Premier ministre Eric Coquerel ? La menace de censure peut-elle faire changer les choses ? Comptez-vous sur le Parti Socialiste pour faire plier le gouvernement ?
Un PS qui réaffirme haut et fort par la voix de son premier secrétaire fraîchement réélu que la présidentielle, ce ne sera jamais avec Jean-Luc Mélenchon. Bienvenue dans Ce Grand Jury, Eric Coquerel. Et à mes côtés ce dimanche pour vous interroger, Perrine Tarnot pour Public Sénat, Jim Jarassé pour Le Figaro et nous serons rejoints en seconde partie par Pauline Buisson pour M6. Dans Ce Grand Jury, Eric Coquerel, nous aurons quelques questions express avec des problèmes simples et concrets et des réponses simples. Et puis nous parlerons également de la situation internationale.
Emmanuel Macron pousse un coup de gueule auprès de nos confrères de la presse écrite sur les retours en arrière en matière écologique. C'est une erreur historique de céder aux facilités du moment et de détricoter, dit le chef de l'État. Vous êtes visé notamment, Eric Coquerel, pour avoir voté la suppression des ZFE, des zones à faible émission. Est-ce que le président est devenu plus écolo que vous ?
Il est surtout très amusant parce que là, c'est même plus dû en même temps. Je vous rappelle qu'en juillet dernier, le NFP est arrivé en tête. Et le programme du NFP, du point de vue de la bûsure question écologique, c'est autre chose que ce que nous propose Emmanuel Macron depuis 2017. Par exemple, nous, on prend très au sérieux la planification écologique. On ne le met pas juste comme ça en tête de gondole pour en réalité ne rien faire. Bon, et donc Emmanuel Macron a choisi de laisser les mêmes gouverner. Il savait très bien quelle politique elle allait être faite. D'ailleurs, ceux qui se reconnaissent encore dans Emmanuel Macron votent des deux mains des budgets.
Enfin, on ne vote pas en réalité, mais imposent des deux mains des budgets par le 49.3, qui par exemple l'an dernier baissait de 2,1 milliards d'euros le budget environnemental.
Donc c'est du cynisme ce matin de la part d'Emmanuel Macron selon vous ?
Oui, oui, c'est du cynisme, c'est des effets de manche, mais je crois que ça ne trompe plus personne. Donc pour vous répondre sur le ZFE, puisque c'était là-dessus que vous interrogez, dans une semaine où la loi de simplification, d'autre côté par exemple, a largement ébréché les ânes, c'est-à-dire la non-artificialisation des terres cultivées ou des terres agricoles, ça c'est un problème, mais le ZFE en a toujours été contre nous, on n'a pas changé.
Et pourquoi tous les pays européens arrivent à instaurer des zones comme ça dans leur grande ville ? Et pourquoi pas la France ?
Je ne vais pas regarder exactement ce qui se passe dans les autres pays européens, peut-être qu'ils le font autrement. Mais nous, on n'est pas d'accord avec l'idée que le climat, le risque de fin du monde climatique, ne tienne pas en compte la question du fin de mois.
Et pénaliser les Français qui sont ceux qui financièrement, socialement, vivent de la manière la plus difficile possible, en plus en leur interdisant l'accès au centre-ville, alors même que dans le même temps, parce que c'est la condition que nous on met, dans le même temps, il n'y a pas d'effort sur les transports en commun, que par exemple on supprime le plan vélo, nous ne sommes pas d'accord avec ça, nous l'avons toujours dit,
c'est de l'injustice, et la justice, ça ne nourrit pas l'écologie. Dans les très grandes villes concernées par les ZFE, il y a des transports en commun ? Non, il n'y en a pas suffisamment. À Paris, il n'y a pas assez de transports en commun ?
Non, il n'y a pas suffisamment de transports en commun, mais que je sache, les ZFE ne concernent pas seulement Paris.
Les ZFE visent à lutter contre la pollution de l'air, c'est quand même 40 000 décès prématurés par an.
D'accord, donc je vais remettre les choses au point. Un, d'abord, les ZFE sont injustes, pourquoi ? Parce qu'on tient compte de certains critères d'âge, etc., et on ne tient pas compte d'autres critères. Par exemple, le poids des véhicules, c'est quand même paradoxal de dire qu'en même temps, on va favoriser, on continue à favoriser, les constructeurs le font, des véhicules très lourds, donc qui polluent, quelle que soit après la manière dont ils sont étiquetés au niveau critère, et puis qu'on pénalise des véhicules sur lesquels on ne va même pas en réalité tester si véritablement ils sont moins pelants que les autres.
Donc ça, c'est une injustice, et très clairement, c'est une injustice sociale. Et deuxièmement, pour répondre à votre question, ça ne concerne pas que Paris, et un peu partout dans beaucoup de villes de France, en réalité, si vous prenez les transports en commun, vous passez au moins 50% de plus de temps que si vous prenez votre véhicule individuel. Moi, je le regrette, nous on est pour un développement des transports en commun, on est pour un développement du rail, on est pour un développement des RER, etc., mais ce n'est pas suffisamment fait. Donc nous, la condition, on l'a toujours posée.
On a dit les ZFE, oui, pas de souci, mais à partir du moment où on a une véritable justice par rapport au type de véhicule, parce que ce n'est pas normal si vous êtes en 4x4 ou en SUV, que vous puissiez aller dans Paris sans problème, et que si vous avez une vieille R5, vous ne puissiez pas y aller, uniquement sur la questionnage.
Et deuxièmement, il faut des transports en commun. Eric Coquerel, avec cette position contre les ZFE, est-ce que vous ne participez pas, effectivement, de fait, politiquement, à ce retour en arrière sur l'écologie ?
Non, parce qu'il faut remarquer qu'à la différence des autres groupes qui ont voté contre le ZFE, nous, à chaque fois qu'il faut voter contre, par exemple, des taxations qui avantagent les industries qui polluent énormément, ou les extractions de carbone, à chaque fois qu'il y a des votes sur, par exemple, le transport en commun, les rails, etc., nous sommes toujours du bon côté de la barrière. Donc, ça n'a pas de rapport. Mais le ZFE n'est pas une bonne chose. Encore une fois, rappelons-nous du gilet jaune, quoi. Si vous provoquez de l'injustice, vous ne pouvez pas développer l'écologie. L'écologie, elle doit être forcément sociale. Sinon, elle ne passera pas.
Et le ZFE est un mauvais exemple. Mais moi, je préférerais regarder, parce que vous avez passé rapidement la question, encore une fois, interrogeons-nous sur les budgets au niveau de l'écologie. Interrogeons-nous sur le fait qu'un économiste comme Pisaniféry, qui a fait un rapport avec Mme Mahfouz, Pisaniféry étant un économiste qui est conseiller à Emmanuel Macron en 2017, il estime qu'il faut 37 milliards d'euros d'investissement de plus de l'État, seulement de l'État, d'ici 2030.
Il y a d'autres instituts, parce qu'à chaque fois qu'on ne fait pas ainsi, évidemment, on augmente, j'allais dire, le poids de ce qu'il faudrait investir pour arriver à respecter les accords de Paris, qui pensent maintenant que c'est 50 milliards. Or, comment peut-on penser qu'avec moins de 2 milliards de budget, on va améliorer quoi que ce soit ? Donc, je pense que le vrai scandale, il est là. Et ça, c'est le bloc gouvernemental dont une partie se reconnaît encore dans Emmanuel Macron.
On reviendra sur la question budgétaire, mais auparavant, la pause sur la prime rénov' qu'impose le gouvernement, parce qu'il y aurait des fraudes massives, c'est une bonne idée ? Je pense surtout que c'est un prétexte.
Ah, vous ne croyez pas à la fraude ? Un prétexte pour supprimer le dispositif ? Non, ce n'est pas que je pense qu'il n'y a pas de fraude, je vais y venir. Mais ma prime rénov' n'est pas l'outil idéal. Enfin, c'est un outil au moins qui existe. Dans un moment où on ne rénove pas suffisamment de logements, on sait qu'on est très loin du chiffre qu'il faudrait atteindre. Et l'arrêter en plein milieu d'année, quand il y a des engagements vis-à-vis de certaines entreprises qui sont faites, de BTP, qui rénovent, etc., quand des propriétaires comptaient dessus, je ne vois pas où est la chose efficace. C'est pour ça que je vous dis que ça me semble un peu bizarre, cette histoire.
D'ailleurs, je vais écrire au niveau du ministère de l'économie à Bercy pour avoir les vrais chiffres de ces fraudes, savoir exactement ce qu'il en est, parce que tout ça me paraît être une de ces mesures de plus où on va peut-être essayer de faire des économies sur le dos de l'environnement.
Si vous n'avez pas les chiffres, vous allez à Bercy ? Comme vous faites de temps en temps ?
Non, mais on va me les envoyer. On me les envoie souvent, honnêtement.
Là, vous n'avez pas prévu d'aller à Bercy ? Comment ? Pour chercher des informations ? Ah si, si, j'y vais.
Il n'y a pas très longtemps, mais on en parlera tout à l'heure. J'ai été voir tous les contrats d'ArcelorMittal. C'est très intéressant. On en parlera sur... Je suppose qu'on va parler d'industrialisation du pays.
Avant d'y revenir, le dernier rapport du CORE, le Conseil d'orientation des retraites, a été envoyé vendredi aux partenaires sociaux. Il recommande de reculer l'âge de départ à la retraite pour éviter une dérive du système. Il propose 66 ans et demi à l'horizon 2070. Est-ce que cette recommandation, tout d'abord, vous surprend ou pas ?
Oui, ça me surprend. En même temps, j'ai bien vu qu'il y avait une reprise en main du CORE. Pour bien comprendre, il y avait un président du CORE qui s'appelait Pierre Loulbat qui avait, pendant le mouvement des retraites, je l'avais invité dans ma commission. Et il avait dit quelque chose qui avait largement déplu à Mme Borne. Il avait dit, le problème, ce n'est pas les dépenses. Elles sont stables. Le problème, c'est les recettes. Voilà. Donc ça, ça avait évidemment déplu parce que ça allait à l'encontre des arguments du gouvernement. Il a été remplacé par Gilles Berset qui vient de faire quelque chose d'absolument inédit. Je vous le dis parce que l'information est peu passée.
C'est que théoriquement, le CORE, quand il produit un rapport, il produit plusieurs scénarios. Et là, il en a retenu qu'un, le sien, et il a laissé de côté les autres hypothèses. Qui est l'augmentation de l'âge de départ à la retraite. Voilà. Deuxième chose qui m'étonne dans ce rapport, c'est qu'il ne contredit pas la base de départ, on va dire, du CORE ancien de manière, pour aller vite. Celui qui travaillait en 2022 sur la réforme des retraites. Et il conclut sur la même chose. C'est-à-dire que si on regarde ce que coûtent les retraites par rapport au PIB, c'est stable. 14%. Et ça va même diminuer dans les années à venir. Ah, ce n'est pas ce que dit le rapport du CORE, là, non ?
Si, si, bien sûr que si. Vous vous accusez quoi ? Gilbert Fett, le nouveau président du CORE, le rapport du CORE, note que... Il dit que la part du PIB augmentera ? Non, non. Le rapport du CORE dit qu'à l'avenir, il va s'établir à 13,8% en 2030, et situé à 12,8% en 2070. Je vous invite à vérifier. Vous allez voir que c'est exactement ça. Par contre, ce qu'il ne dit pas, c'est qu'il en conclut sur le fait qu'il faut rallonger, du coup, encore plus l'âge de départ à la retraite dans les années à venir.
Attendez, Eric Coquerel. Ce que dit le rapport du CORE, c'est qu'en 2030, on aura un déficit qui approchera les 7 milliards d'euros chaque année. Oui, mais c'est les déficits.
Ce n'est pas la question de la part du PIB.
J'avais quand même dit que la réforme de 2023 n'est pas suffisante.
Je vais y venir. Ce que je vous dis simplement, c'est que le rapport du CORE, je dis que la quasi-stabilisation des dépenses de retraite dans le PIB prévue en 2070 par rapport au niveau observé en 2024, ne corrobore donc pas l'idée d'une croissance plus soutenue des dépenses de retraite par rapport à la richesse nationale.
Par qui est déjà largement plus élevé dans notre pays que dans tous les autres pays voisins. Attendez, ne me posez pas plusieurs questions parce que c'est un sujet qui est compliqué.
Et pour que les gens qui nous écoutent le comprennent, un, le rapport du CORE continue à dire que les dépenses ne vont pas augmenter par rapport au PIB. Mais il dit qu'il y a un problème de financement. C'est la première chose. La deuxième chose qu'il dit, c'est que, bizarrement, il ne propose non pas aucune des mesures qui pourraient sortir du conclave, il ne propose pas d'augmenter les cotisations parce qu'il estime que ça va augmenter le coût du travail. Je ne suis pas d'accord, mais c'est ce qu'il dit. Et il ne propose pas non plus de baisser les pensions parce que là, par contre, il a raison. Il dit que ça va jouer sur la consommation populaire, etc.
Et donc, la seule solution qu'il propose...
Il dit qu'il n'y a qu'un seul levier positif, c'est effectivement...
Voilà, la seule solution, c'est de reculer l'âge de départ à la retraite. Il y a un premier problème à ça, c'est qu'on vient de reculer l'âge de départ à la retraite. Et puis, bizarrement, en 2030, au lieu de 1,4 milliard de déficit sur lesquels on tablait avec le recul de l'âge de départ à la retraite, on va être à 6,6 milliards d'euros de déficit.
Donc, la réforme de 2023 ne suffit pas.
Non, elle ne marche pas. Ce n'est pas qu'elle ne suffit pas, c'est qu'elle ne marche pas parce que ce n'est pas un bon levier.
Et en même temps, on voit que tous nos voisins européens, les départs à la retraite sont également... On va parler de nos voisins européens par la suite. Donc, il y a une réalité démographique, Eric.
Mais on va parler de nos voisins européens par la suite. Pourquoi ça ne marche pas ? Je vais vous dire pourquoi. Parce que, pour la première fois depuis longtemps, depuis trois ans, la productivité du pays baisse. Qu'est-ce que ça veut dire que la productivité du pays baisse ? Ça veut dire qu'un travailleur qui travaille pendant une heure ne produit plus assez de richesse par rapport à ce qui serait nécessaire pour l'économie. Et aussi parce qu'on n'est pas assez nombreux à travailler. Non. Bah si, ça fait partie du calcul.
Ça fait partie du calcul de la productivité.
Eh bien, la raison pour laquelle, par exemple, ça ne fonctionne pas justement de dire, outre le fait qu'on attaque le capital santé de tout le monde et que je pense que les gens ont le droit de profiter de leur retraite. Mais d'un point de vue économique, pourquoi ça ne fonctionne pas de dire on va forcer les gens à travailler plus longtemps parce qu'en réalité, il n'y a pas de richesse produite pour l'instant qui correspond à ces disponibilités environ de retravailler supplémentaires. Et donc, du coup, c'est pour ça qu'en 2020... C'est pour ça qu'en 2020...
Il y a plus de gens aujourd'hui qui travaillent à l'approche de la retraite qu'il y en avait avant la réforme. Ce n'est pas vrai. À 16 ans, il y a plus de gens qui travaillent aujourd'hui. Ce n'est pas vrai.
Il y a 57... En 2020, vous aviez 57% des gens qui étaient non actifs à quelques mois de la retraite, qui ne travaillaient plus parce qu'ils étaient au chômage, on les avait licenciés. Mais aujourd'hui, on n'a pas les nouvelles statistiques. Mais alors, moi, je les attends sans problème parce qu'à partir du moment où la productivité a continué à baisser, je ne vois pas par quel miracle ce chiffre augmenterait. Donc ça, c'est le premier problème. Tant qu'on n'a pas réglé la question de la productivité, eh bien, continuer à forcer les gens à travailler plus longtemps alors même qu'en gros, il n'y a pas de production de richesse attenante, eh bien, ça ne marche pas.
Et d'ailleurs, c'est pour ça, cette productivité qui baisse, je vous l'annonce, c'est pour ça qu'en ce moment, vous avez des plans de licenciement massifs en France parce que les entreprises sont en train de corriger ce qu'elles n'ont pas fait depuis un ou deux ans.
Mais s'il y a de moins en moins besoin de travail et que le nombre de cotisants baisse, pourquoi la hausse des cotisations que vous soutenez serait la solution ?
Mais parce que nous n'avons pas seulement une hausse des cotisations. Alors, quelles sont les autres choses ? Nous, nous disons qu'il faut justement changer quelque part la logique qui fait qu'il y a de moins en moins de gens qui travaillent. Il y a de moins en moins de gens qui travaillent. Pourquoi ? Parce que nous avons des politiques d'austérité qui freinent la consommation populaire, qui, par exemple, ne suscitent pas une création d'emplois, n'augmentent pas les salaires et qui, en gros, depuis maintenant 2017, favorisent de plus en plus les revenus du capital. Il faut inverser cette donne. Alors, je vais maintenant... Vous proposez de taxer massivement les entreprises ?
Est-ce que ça, c'est de fait à même de revitaliser le travail en France ? Déjà, ce que nous disons... Si vous taxez plus les entreprises, si vous augmentez le coût du travail, forcément, les entreprises ne vont pas, un, embaucher plus. Elles ne vont pas non plus augmenter les salaires.
Si vous faites mes réponses, ça va être plus facile.
Mais ça va être compliqué comme système aussi.
Il faut d'abord, premièrement, partir du fait qu'il faudrait peut-être arrêter d'assécher quand même les rentrées d'argent du système de retraite. C'est d'ailleurs valable pour la Sécurité sociale. Par exemple, on peut penser qu'à chaque fois qu'on exonère des cotisations, alors certes, elles sont compensées en partie par la TVA, mais sachez que ça coûte 5,5 milliards d'euros par an non compensés. Voilà, c'est une première chose. La deuxième chose, peut-être, que nous pourrions faire, c'est d'arrêter de faire en sorte que l'auto-entrepreneur, c'est-à-dire le travailleur pauvre et à la tâche qui était le modèle du XIXe siècle, ne continue pas à se propager. On en est maintenant à 700 000.
Parce que la particularité de ces auto-entrepreneurs qui, pour une grande partie, sont en réalité des salariés qui n'ont pas le statut de salarié, c'est qu'ils ne cotisent pas, ils ne rentrent pas dans les comptes. Donc déjà, ça, ça serait aussi une manière de régler. Et puis, vous avez raison, nous, nous l'assumons. C'est-à-dire que, depuis 2017, sous la politique fiscale et la politique, on va dire, sociale de M. Macron, vous avez eu un gros transfert de l'argent qui est parti du travail vers le capital. Politique économique. Voilà. Donc, nous vous proposons de faire, de basculer dans l'autre sens.
Non pas, comme vous l'avez dit, d'imposer massivement, mais simplement de revenir à ce qui était en 2017. Alors, par exemple, ça pourrait, en 7 ans, faire en sorte qu'on augmente de 1 point les cotisations patronales. Ça rapporte 14 milliards d'euros. On pourrait aussi faire en sorte de soumettre, par exemple, les dividendes, les rachats d'actions à cotisations. Ça rapporte 10 milliards d'euros, etc. Autrement dit, il y a une manière d'aller rechercher de l'argent pour équilibrer le régime de retraite. Et puis, surtout, la meilleure manière de faire, c'est de créer de l'emploi, d'augmenter les salaires, de faire en sorte que, par exemple, par la loi, vous fassiez une égalité des salaires.
Vous n'allez pas créer plus d'emplois ? Vous avez une question ? Si l'emploi coûte plus cher, vous n'allez pas créer plus d'emplois ?
Mais ça, vous avez tort. C'est que le problème de l'emploi aujourd'hui, et on en revient à la question de la productivité, c'est que les carnets de commandes faiblissent. Et dans votre raisonnement... Donc, la question, c'est que, par exemple, un État qui investirait dans la bifurcation écologique, comme c'est nécessaire, qui ferait en sorte, du coup, de faire travailler le bâtiment, de faire travailler les entreprises, et bien vous créer de l'emploi.
Éric Coquerel, dans votre raisonnement, la démographie n'existe pas. C'est-à-dire, le fait qu'il y ait de plus en plus de retraités, de moins en moins d'actifs, de cotisants, ça, ce n'est pas une réalité.
Mais si, c'est une réalité. Mais que je sache, quand on a, au fur et à mesure, au XXe siècle, reculé l'âge de départ à la retraite, cette réalité dont vous parliez existait déjà. C'est-à-dire qu'entre au début du XXe siècle, et à la fin du XXe siècle... Mais ce n'est pas du tout dans les mêmes proportions qu'aujourd'hui. Je vais venir. Ce que je veux dire par là, c'est que ce que vous décrivez existait déjà, et pourtant, on a reculé, on a avancé l'âge de départ à la retraite jusqu'à 60 ans. Déjà, donc, ce n'est pas une règle mathématique. Deuxièmement, la question... Si, ça reste une règle mathématique.
La question, et c'est pour ça d'ailleurs que je vous mets le doigt sur cette question de productivité qui baisse, c'est que pendant 30-40 ans, la productivité n'a pas cessé d'augmenter. Donc, un travailleur qui produit, par exemple, trois fois plus qu'il y a une quarantaine d'années, produit trois fois plus de richesses. Et à partir de là, la question...
C'est grâce à un progrès qu'on n'a plus aujourd'hui.
En grande partie. Je vais y revenir. Pour l'instant, prenons en compte la situation qui existait jusqu'à il y a encore 2-3 ans, avant que la politique de M. Macron ne sévisse. La productivité augmentait. Entre 30-40 ans, de mémoire.
On faisait une réforme des retraites tous les 5 à 10 ans.
De mémoire, oui, vous avez vu, à chaque fois, on nous a dit que c'est la dernière et qu'il faut reculer toujours plus. Oui, mais on les faisait quand même. Donc, de mémoire, je finis là-dessus, de mémoire, quelqu'un qui travaillait dans les années 60, il produisait trois fois moins qu'un travailleur aujourd'hui. Donc, on produit plus de richesses. Donc, c'est un choix de société de savoir comment vous répartissez cette richesse. Le choix qui est fait depuis 2017, avant, mais là, depuis 2017, c'est vraiment très fort, c'est de dire que cette richesse, vous la faites migrer vers la revenue capitale pour attirer d'autres capitaux.
Vous connaissez la phrase, les investissements de demain, les emplois d'après-demain, ce qui ne se vérifie pas, on en verra tout à l'heure. Donc, c'est ça le choix qui était fait. Moi, je dis, il faut faire un autre choix. Il faut faire en sorte que ces richesses, par exemple, bénéficient à des retraités qui pourront partir plus tôt. Et si aurez-vous un retraité qui part plus tôt, eh bien, lui aussi, il est utile. Par exemple, je ne sais combien de départements ruraux, aujourd'hui, ne fonctionneraient pas s'il n'y avait pas des retraités relativement jeunes qui revenaient dans leur pays d'adoption, qui faisaient marcher le commerce.
Je vous assure que ça, on n'en fait pas le bilan, mais ça va être un bilan absolument terrible avec l'âge de départ à la retraite qui, comment dire, recule.
Pour finir sur les retraites, dans 10 jours, c'est la fin de ce qu'on a appelé le conclave. Si les partenaires sociaux parviennent à se mettre d'accord, par exemple, sur une retraite à 63 ans, est-ce que vous pourriez soutenir cet accord ?
Non, bien évidemment. Pour deux raisons. D'abord, parce que vous avez compris que je ne crois pas à cette solution-là. Je pense que la solution n'est pas
de régler le régime des retraites
par le recul de l'âge de la retraite. Mais en plus, il y a un problème démocratique, quand même, je sache. La réforme borne, elle est minoritaire dans le pays. On l'a toujours vu. Elle est minoritaire à l'Assemblée. On vient de le montrer cette semaine. Enfin, parce qu'on a pu voter une proposition de résolution. Ça servait vraiment à quelque chose, ça ? Non. Au moins, ça servait à montrer une chose que nous disons depuis longtemps. C'est que je vous rappelle que cette réforme qui n'a jamais été votée à l'Assemblée, en réalité, elle est minoritaire. Il n'y a aucune majorité pour la soutenir. Et à partir de là, le moins qu'on puisse dire, c'est qu'on devrait demander, exiger cette abrogation.
Et moi, je vous le dis, si cette abrogation n'est pas faite, on va se tourner vers tous les groupes de gauche et nous allons réclamer de censurer le gouvernement Bérou sur le fait qu'il n'abroge pas cette réforme bérouille. Et chacun sera devant ses responsabilités. La réforme, c'est d'engager
à ce que d'éventuels accords syndicaux soient transmis au Parlement pour vote. Donc, il n'y a pas de problème démocratique.
Il y a un problème démocratique quand vous avez une réforme qui est imposée à tous les syndicats, comme ça a été le cas puisque tous les syndicats étaient cons, je vous le rappelle. Quand vous ne pouvez pas la faire passer à l'Assemblée nationale, vous ne la mettez pas au vote parce que vous savez que vous êtes minoritaire. On parle du résultat du comptable. Laissez-moi finir quand, en juillet 2025, vous avez des législatives où les partisans de l'abrogation sont largement majoritaires dans le pays. Si vous appelez de passer à un problème démocratique, qu'est-ce qu'un problème démocratique ?
Autre rendez-vous. Avant le 14 juillet, François Bayrou va dévoiler le budget 2026. On connaît un chiffre. C'est un objectif, en tout cas. 40 milliards d'économies sans augmentation d'impôts. Et il y a une idée qui circule en ce moment. C'est celle d'une année blanche. C'est-à-dire que pour tenter de boucler le budget, que ce soit les allocations, les barrennes d'impôts, etc., ne seraient pas augmentées l'année prochaine. Ça permettrait de faire entre 10 et quasiment 30 milliards d'euros d'économies selon les projections. Est-ce que c'est quelque chose qui, finalement, ne serait pas le moins douloureux pour arriver à boucler le budget 2026 ?
Ça veut dire une année blanche. Alors, elle a deux versions, l'année blanche. J'ai vu Eric Lombard, cette semaine, manifestement, ils n'ont pas tranché. Version la plus dure. Vous ne tenez pas compte de l'inflation. C'est-à-dire que vous stabilisez les budgets, vous ne tenez pas compte de ce qu'il faudrait augmenter pour, en gros, que ces budgets correspondent à l'inflation. Version numéro 2, vous ne tenez compte de l'inflation, simplement, vous n'augmentez pas les budgets pour faire en sorte qu'ils puissent répondre aux mêmes besoins. C'est ce qu'on appelle une tendance qui, en général, est celle sur laquelle on base les budgets.
Et donc, vous avez moins d'argent, de facto, parce que la population augmente, parce que la population vieillit, parce qu'il y a plus de dépenses de santé, etc. Donc, vous avez moins d'argent. Est-ce que c'est la bonne solution ? Ma réponse est non. Je crois que ce n'est pas la bonne solution. Après une année, je vous le rappelle, 2025, enfin, oui, 2025, où nous avons baissé 30 milliards, le budget, toute catégorie, donc déjà, une austérité forte. Et en restant un déficit à 6%. Voilà. De réaugmenter une austérité encore plus forte à hauteur de 40 milliards pour deux raisons.
D'abord, parce que dans une situation économique telle que nous la vivons et où, de plus en plus, là, c'est les chiffres qui viennent de tomber de l'INSEE, on peut penser que c'est la consommation populaire, la consommation intérieure qui va tenir un peu l'économie, l'effet récessif que ça produit est très mauvais pour l'économie. Autrement dit, on va baisser de 40 milliards les budgets sans augmentation d'impôts, a priori, ou de manière vraiment marginale. On va baisser de 40 milliards, donc on va avoir un effet récessif, donc il y aura moins d'entrées de recettes. Déjà, c'est une première chose qui est mauvaise.
Deuxièmement, parce qu'aujourd'hui, les ministères, la fonction publique, les services publics, les collectivités territoriales, ils sont à l'os. Et c'est d'ailleurs pour cela que là,
c'est irréaliste.
Comment ?
C'est irréaliste, cette projection d'une économie de 40 milliards sans augmentation d'impôts. Ce qui est réaliste,
c'est de regarder les déficits depuis 2017 qui augmentent dans ce pays. Et les déficits augmentent. Et là, c'est les chiffres très clairs qui sont faits. Non pas parce que la dépense publique augmente, elle a légèrement même baissé depuis 2017, mais parce que les recettes diminuent de 3 points. On a appauvri l'État par des recettes. Et en plus de ça, ce sont les cadeaux fiscaux qu'on a fait aux plus riches qui ne rejaillissent pas sur l'économie. Donc, si on veut vraiment réduire les déficits, si on pense que c'est ça qui est essentiel, d'accord ? Eh bien, on ferait mieux de se tourner sur la manière dont l'État a gaspillé de l'argent. Le capital, il coûte trop cher dans ce pays.
Quand vous faites en sorte d'avoir que 60 milliards qui nous manquent par an, qui avantagent les 10% des plus riches, mais plus encore même quelques milliers de personnes qui aujourd'hui ont vu leur patrimoine doubler dans le pays, nous n'avons plus les moyens de leur train de vie. Est-ce que vous pouvez baser entièrement
vos perspectives budgétaires sur ce sujet-là ? On a regardé un peu votre contre-budget 2025. Tout a l'air assez simple. Les milliards pleuvent. 90 milliards pour mettre fin aux privilèges fiscaux des plus riches et des entreprises. 30 milliards en rétablissant la progressivité de l'impôt. Au total, ça fait plus de 180 milliards uniquement sur le levier fiscal. Franchement, vous n'avez pas d'autres idées ? Ce n'est pas vrai comme idée.
Non, c'est mieux que de se débrouiller. Ça ne serait pas récessif quand même ?
C'est mieux que d'aller chercher de l'argent qui va manquer après et qui va faire que vous aurez plus d'enfants par classe dans nos écoles. D'aller chercher de l'argent qui va faire en sorte que nous ne soyons pas capables de bifurquer, de procéder à une bifurcation écologique avec la gravité aujourd'hui de l'urgence climatique, etc. Vous le faites sans toucher les classes moyennes ? 180 milliards ? Oui, au contraire, même les classes moyennes y gagneront. Les réformes fiscales que nous proposons, contrairement à ce qui vient de se faire depuis 2017, elles ne vont pas peser sur les classes moyennes et elles ne peseront pas évidemment sur les classes populaires. Elles vont peser sur ceux...
Tout à l'heure, je vous ai donné un chiffre vite fait. Je vous le donne concrètement. Les 500 personnes les plus riches de ce pays depuis 2017, elles ont vu leur patrimoine doubler. Mais ce n'est pas l'actu d'aller faire 180 milliards d'euros. Alors attendez, laissez-moi finir. Ils sont passés de plus de 20%. Ils détenaient 20% du patrimoine aujourd'hui à plus de 40%. Si ça ne vous choque pas que, alors que le patrimoine n'a pas doublé, la part des plus riches double, donc, ils doublent sur les autres. Ils doublent sur le travail des autres, manifestement. Moi, ça me choque. Et pour vous donner une idée de ce que vous me dites, si ça ne se rapporte pas.
La taxe Zuckman, vous la connaissez, qui prévoit de faire en sorte qu'au-delà de 100 millions d'euros, vous taxiez à 2% le patrimoine, un plancher de ces plus riches, de ces personnes qui, par les cadeaux fiscaux aujourd'hui qui leur ont été proposées, en gros, sont taxées, bien professionnelles compris, à, allez, 25%. Quand, par exemple, j'allais dire, la catégorie la plus aisée de l'impôt sur le revenu est taxée à 46-47%. Et bien, cette différence-là, de celle que je viens de vous parler, elle rapporterait déjà 10 milliards à l'État.
Très précisément, à partir de quel niveau de salaire vous estimez que quelqu'un est riche et doit contribuer plus à l'effort du GTI ?
C'est un rapport pour les gens qui nous écoutent. Ma réponse, ça va être peu les salariés parce que ces gens-là, ils se sont débrouillés, aidés par les cadeaux fiscaux, notamment la flat tax, qui, en gros, est un bouclier social du capital qui fait que le capital n'est jamais taxé au-delà de 30%. La plupart de ces gens-là se payent surtout en dividendes, se payent surtout en rachat d'actions, se payent surtout via des holdings en biens professionnels. Et donc, ces personnes-là, allez, on va dire que les 1% de Français les plus riches seront touchés et surtout les 0,01% de Français. Et contrairement à ce que vous pensez, ils ont eu des tels cadeaux qu'on peut très facilement récupérer.
Par exemple, avec cette taxe Zutman, on récupère les 20 milliards d'euros. D'accord ? 20 milliards d'euros, vous remarquerez comme moi que c'est la moitié, par exemple, des 40 milliards qu'on compte utiliser sur les dépenses publiques. Et je vous donne une autre taxe. Zutman, décidément, je vais faire de l'économie, mais il en profite. C'est celle sur les très grandes entreprises que nous avons votées, je vous le rappelle, parce que là, vous parlez de notre programme, mais il se trouve que notre programme, quand nous avons eu l'occasion de voter au moment du budget de François Béroux, il est quasiment passé intégralement parce qu'on avait une majorité à l'Assemblée.
Il y a une deuxième taxe Zutman
très intéressante.
Avec un 49.3 derrière qui fait qu'il n'y a rien d'adopté. Qui fait qu'il y a un problème démocratique dans ce pays avec la Vème République. Je suis heureux de vous l'entendre dire. C'est surtout que ça n'a pas d'efficacité. Vous savez que c'est unique en Europe, quasiment. Vous savez que le 49.3 n'existe pas en Europe. En Italie, il y a quelque chose d'un peu comparable, c'est tout. Il n'y a pas d'endroit où un gouvernement minoritaire peut imposer à l'Assemblée nationale, y compris sur le budget. On en parlera dans la seconde.
Je termine sur la taxe Zutman sur les grandes entreprises parce que je voudrais que tout le monde nous écoute, y compris les chefs d'entreprise des PME, TPE, qui ont une inégalité de fait par rapport à ces grands groupes. La taxe Zutman, ça sert à faire en sorte d'aller toucher les multinationales qui, par exemple, font un quart de leur chiffre d'affaires en France et payent 0% d'impôt sur les sociétés parce qu'en réalité, ils délocalisent leurs profits dans des paradis fiscaux type l'Irlande. Donc, il y a une taxe qui rectifie les choses et entre ces deux taxes dont je vous ai parlé, on en a d'autres, on récupère quasiment 50 milliards d'euros.
Donc, oui, je préfère ça plutôt qu'à attaquer les dépenses publiques. On s'était promis quoi
cet été ? Moins de travail. Et ? Moins de stress. Et ? Moins d'administratif. Alors, pourquoi t'es sur ton ordinateur ? Parce que je m'inscris sur Collecto pour la facturation électronique. Ça prend combien de temps ? C'est fait. Inscrivez-vous à la Nuaire de l'État pour la facturation électronique en moins d'une minute avec Collecto. Centralisez devis, factures, paiements et trésorerie sur une plateforme connectée à votre expert comptable. Collecto, la seule promesse de l'été facile à tenir. Pour plus d'informations, la France Insoumise de Seine-Saint-Denis est président de la Commission des Finances à l'Assemblée nationale et notre invité.
À mes côtés, Pauline Buisson de M6 et Périne Tarnot de Public Sénat pour vous interroger. Le Grand Jury 2027, c'est demain. Nous n'avons jamais été et nous ne serons pas derrière Jean-Luc Mélenchon lors de la prochaine présidentielle. C'est ce qu'a dit Olivier Faure, le patron fraîchement réélu du PS dans la tribune dimanche. Éric Coquerel. Est-ce que c'est une erreur ou ainsi va la gauche ?
La question peut-être à lui poser, c'est du coup
sur quel programme il entend faire campagne ? Peut-être celui de Raphaël Glucksmann qu'il doit présenter dans une dizaine de jours. C'est intéressant ce que vous dites.
Moi, je crois que la question, elle est là.
C'est pas un programme de gauche que propose Raphaël Glucksmann ?
Je vais vous répondre. C'était quoi le parti socialiste faisant la NUPES puis le NFP ? C'était un parti qui a tenu compte des élections. Peut-être qu'il avait commencé aussi à changer par rapport aux années Hollande et qui a accepté de revenir à un vrai programme de gauche. Un peu ce que je vous ai décrit tout à l'heure. De rupture avec le néolibéralisme, notamment le productivisme. Là, on me dit maintenant, si bien compris, Olivier Faure exclut les alliances avec France Insoumise. Qu'est-ce que France Insoumise ? Au-delà de Jean-Luc Mélenchon. C'est la garantie d'une gauche qui repart sur un programme de rupture, qui renoue avec ses valeurs.
Parce qu'on a établi un rapport de force à gauche qui fait qu'on a pu. Donc là, maintenant...
Olivier Faure, vous dites... Déjà, commence par présenter un programme.
J'aimerais bien, oui. C'est marrant parce que je le vois à la télé parler d'une alliance qui va de Glucksmann à François Ruffin que M. Glucksmann a exclu. Et d'ailleurs, je comprends qu'il l'exclue parce qu'il dit mon programme, ce que je porte, par exemple, le fait de dire moi, je suis pour envoyer des troupes en Ukraine. Je suis pour ne jamais faire de rapport de force avec l'Union Européenne. Etc.
Il dit aussi je suis pour revoir toute la fiscalité.
Oui, mais d'accord. Mais quand vous le prenez au mot et que vous regardez, vous apercevez qu'il a un programme, on va dire, pour aller vite, celui de la gauche d'accommodement qui nous a donné M. Macron, etc. Et donc, du coup, il dit moi, je ne me vois pas ni me lier ni être représenté par... Glucksmann égale Macron. Ah ben, si vous vous souvenez de la manière dont Emmanuel Macron a fait campagne en 2017, il venait de cette gauche d'accommodement. C'était le en même temps mais c'était... Bon, quelque part, je trouve qu'on est sur la même voie. Je ne vois pas de voie différente. Donc, Raphaël Glucksmann,
ce n'est pas la vraie gauche pour vous ?
Ce n'est pas une question de vraie ou fausse gauche. C'est une question de gauche d'accommodement. Social-libéral, si vous voulez. C'est-à-dire celle qui a sévi sous François Hollande à tel point qu'il n'a pas pu se représenter, qui nous a donné M. Macron, qui a donné 1,70% de voix à Mme Hidalgo et qui, un peu partout, échoue en Europe et surtout échoue à être une opposition. Moi, c'est ça le plus important, une alternative par rapport à la montée de l'extrême droite. Donc, je reprends le problème posé par M. Faure. Il exclut les filles. Donc, il exclut, en réalité, la force qui peut permettre justement que la gauche reste sur un programme de rupture.
Et donc, c'est pour ça que je vous pose la question. Je pense qu'il faut lui demander, lui, puisque là, manifestement, il met le programme NFP de côté, sur quoi il entend que cette campagne se construise ? Au-delà, ce n'est pas juste des gondoles. M. Ruffin, ce n'est pas M. Glucksmann, ce n'est pas M. Faure, ce n'est pas Mme Tondelier. Donc, sur quoi entend-il faire programme ?
Mais que répondez-vous à tous ceux qui, à gauche, notamment, vous disent que Jean-Luc Mélenchon ne pourra jamais gagner au second tour de l'élection présidentielle ?
Écoutez, au moins, lui a peut-être la possibilité déjà d'être au deuxième tour parce que les autres, c'est ma première réponse. Mais la deuxième,
je pense que c'est... Non, non, juste sur cette analyse, je vous en prie pour une seconde. Avec un macronisme et des représentants, aujourd'hui, ou des successeurs ou héritiers d'Emmanuel Macron qui se droitisent, est-ce que vous ne voyez pas un espace social-démocrate qui pourrait se reconstruire ? Non, je ne crois pas. Pourquoi vous l'excliez ?
Parce que je crois que la période, justement, notamment pour faire face à la montée de l'extrême droite qui est quand même le plus grand des périls aujourd'hui, que ce soit depuis les États-Unis, certains pays d'Amérique latine, l'Europe, etc., c'est d'être capable de présenter une force qui est une alternative par rapport au système. Vous avez vu comment on fait Mme Le Pen. Il y a un bon exemple. Je vais le prendre sur la Grande-Bretagne. Aujourd'hui, l'extrême droite anglaise, elle est en tête dans les sondages. Pourquoi est-elle en tête dans les sondages ? Parce que le parti travailliste anglais est reparti sur ses plus belles années bléristes. Il prend des mesures antisociales.
Et donc, M. Farage, qui est le représentant de l'extrême droite là-bas, il prend le contre-pied. Il prend ce qu'à un moment donné a fait un peu Mme Le Pen. Je ne crois pas qu'il y croit, mais il a compris que c'était la manière d'accéder au pouvoir.
En un moment, Éric Coquerel, chacun va se renvoyer la responsabilité de permettre à l'extrême droite d'accéder au pouvoir. Excusez-moi, mais ce n'est pas nous. Aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon face à Marine Le Pen dans un second tour, ne gagne pas.
Sauf que je sache, on a eu un candidat à président élu en 2017 qui nous a refait le même coup en 2022. D'accord ? On a d'ailleurs joué notre rôle, y compris sur les dernières législatives en faisant un espèce de bouclier républicain face à l'extrême droite et le bilan, est-ce que tout ça a fonctionné ? Est-ce que leur politique fait en sorte que l'extrême droite, ce n'est pas nous qui sommes au pouvoir, ce n'est pas nous qui gouvernons. Est-ce que leur politique fait en sorte que l'extrême droite a diminué ? Est-ce que leur politique a fait en sorte que la droite républicaine aujourd'hui emprunte de plus en plus à l'extrême droite son programme ? Non.
Donc moi, ce que je sache, c'est ceux qui gouvernent qui sont les responsables. Et vous pensez qu'aujourd'hui, face à l'extrême droite, vous êtes la meilleure réponse ? Oui, bien sûr. La meilleure réponse, c'est une gauche qui se bat sur un programme de rupture et qui présente une alternative par rapport au néolibéralisme qui est en train d'entraîner la planète dans des catastrophes. Pourquoi le vote ouvrier, comme on dit ? Non, ce n'est pas vrai. Le vote ouvrier, non. Le vote ouvrier, le plus gros résultat du vote ouvrier, c'est l'abstention et vous le savez.
Et d'ailleurs, une des raisons pour lesquelles nous avons réussi à faire en sorte que la gauche de nouveau sous le terme de NFP soit en tête contre toutes les analyses. Parce que vous me parlez du deuxième tour en me disant que vous savez bien que Jean-Luc Mélenchon sera battu. Mais enfin, tous les analystes jusqu'à 19h55 le 7 juillet expliquaient que le RN allait gagner les élections. Vous avez vu que ça ne s'est pas tout à fait passé comme ça. Autrement dit, une élection, ce n'est pas des sondages. C'est un peu différent en général en termes de dynamique.
Donc pour vous répondre, moi je crois que la seule façon à un moment donné de contrecarrer ça, c'est d'avoir une gauche qui est assise sur ses bases et qui du coup à partir de là peut reconquérir les catégories populaires, les quartiers populaires, la jeunesse. C'est exactement ce qui s'est passé en juillet dernier. C'est exactement ce que nous continuons à vouloir faire avec tous ceux qui le souhaitent. Parce que ce que je n'ai pas dit, c'est que j'entends que M. Forne exclue les filles mais nous n'excluons pas toutes les autres forces de gauche dans un grand rassemblement.
C'est un moment ce que nous disons c'est que traditionnellement quand vous avez un grand rassemblement qui est basé sur un programme qui correspond à celui de la force la plus importante en termes de nombre de députés, en termes de militants, de sympathisants, etc. En général, c'est cette force qui présente le candidat à la présidentielle.
Justement, avant la présidentielle, qu'a fera cette force que vous évoquez, celle de la France insoumise au municipal ? Est-ce que vous allez contre le PS ou est-ce que ça sera
du sur-mesure ? On va surtout aller dans les municipales d'abord pour gagner et puis imposer des programmes de rupture au niveau municipal.
Mais avec des accords au cas par cas ? Non,
globalement, nous on a dit qu'on était prêt à des accords. On va être très clair. Le PS aujourd'hui, vous comprendrez que ça nous est un peu compliqué d'imaginer des accords avec le parti socialiste sauf cas vraiment extrêmes où nous aurions affaire à un maire socialiste qui ne serait pas dans la lignée aujourd'hui ni de M. Meyer-Rossignol ni de M. Fort qui nous exclut d'alliance. C'est un peu compliqué de dire nous on ne va pas tenir compte de ça et puis il n'y a pas de problème, on va considérer le PS comme au moment du NFP. Donc ça ne sera pas le cas. Il peut y avoir quelques exceptions mais globalement on n'aura pas d'accord avec le PS.
Surtout que beaucoup de maires du PS font une politique j'allais dire qui ne change pas beaucoup par rapport à une politique de droite. Moi je le regarde dans ma circonscription. Est-ce que M. Annotin à Saini ou M. Boimran à Saint-Ouen font des politiques notamment en termes de logements par exemple qui diffèrent vraiment d'une politique de droite ? Je ne crois pas. Ils font des politiques de droite. Mais par contre, je pense que nous pouvons facilement, si la logique l'emportait, avoir des alliances avec Europe Écologie, même avec le Parti Communiste quoi qu'en dise M. Roussel et puis avec aussi des collectifs citoyens. Voilà ce qu'on va essayer de faire.
On va essayer de regrouper ceux qui, sur les municipales, entendent proposer des programmes municipaux de rupture.
Le grand jury. Ça se passe au Parlement.
Alors il y a un an, Emmanuel Macron décidait de dissoudre. Avec le recul, est-ce que vous dites que c'était une mauvaise décision puisqu'elle a paralysé en partie le Parlement et le gouvernement ou est-ce que c'était une bonne décision puisqu'elle a permis à la gauche notamment d'être en tête ?
Moi je pense que c'était une décision qu'il ne pouvait éviter. Parce qu'en réalité le moment où il dissout, rappelez-vous, c'est parce qu'il a la défaite aux Européennes mais surtout parce qu'on l'a su un peu plus tard quand j'ai fait notamment la commission d'enquête sur l'explosion des déficits et la baisse des recettes.
Donc c'était pour masquer l'ampleur du déficit budgétaire ?
Oui bien sûr, je pense que oui. Et qu'il s'est dit il vaut mieux le faire maintenant que tomber à l'automne au moment du budget. Donc il s'est dit ça. Et évidemment il ne s'est pas dit ça en pensant qu'on allait être en tête. Ce qu'il pensait c'était soit que le Rassemblement National l'emporterait et puis il imaginait une cohabitation sur laquelle au fur et à mesure il allait pouvoir un peu rebondir comme François Lémy Théran l'avait fait avec Jacques Chirac. Je pense que c'était absolument erroné comme prévision. Soit il s'est dit bon la gauche est divisée donc on va faire le vote utile.
Et un an plus tard est-ce que vous voulez une nouvelle dissolution ou pas ? En tout cas Emmanuel Macron peut dissoudre dans un mois.
Nous allons faire en tout cas tout ce qu'on peut pour une nouvelle dissolution oui. C'est-à-dire que nous le disons très clairement nous ne supportons pas nous n'acceptons pas que M. Macron qui a été battu aux européennes aux législatives qui a vu M. Bérou Barnier pardon censurer puisse continuer pendant deux ans à faire des dégâts dans le pays. donc plus le retour au peuple sera fait plus mieux ce sera et donc c'est pour ça
le rassemblement national est largement en tête
oui exactement comme jusqu'à 19h55 le 7 juillet donc oui mais là cette fois-ci
est-ce que la gauche partira à l'unis ça semble mal parti
déjà ne faisons pas des prévisions avant même de savoir s'il y a une élection ce que je vous dis simplement c'est que nous ne serons pas ceux qui en fonction de calcul j'allais dire politicien de dire on sera davantage prêt en 2027 laisserons ces gens-là continuer à gouverner donc nous essayons aussitôt que possible de censurer le gouvernement Bérou ça peut être vous l'avez entendu tout à l'heure j'ai fait un appel dès le fait que la réforme des retraites n'est pas abrogée voilà la logique ça serait que la censure soit votée et évidemment ça va beaucoup peser sur le parti socialiste qui a permis à M.
Bérou d'imposer sa politique en le censure-à-prendre ou ça peut être au moment du budget parce que ce que je crois c'est que le budget va être tellement catastrophique même si on a compris qu'ils ne savaient pas trop comment aujourd'hui ils vont procéder qu'il y aura un 49-3 s'il y a 49-3 il y a censure et puis à ce moment-là encore une fois on verra qui fait quoi oui ce que fait le PS pour être précis oui mais nous nous en tout cas on ne jouera pas comment dire on ne procédera pas en se disant bon c'est peut-être mieux d'attendre etc le plus vite possible le peuple revote mieux c'est parce que la solution en général c'est le peuple
est-ce qu'un an après la grande perdante aussi c'est pas l'Assemblée Nationale qui a du mal à adopter des textes de loi des grands textes de loi Marc Fénaud le patron des députés Modem dit dans l'opinion tout ça nourrit le populisme anti-parlementaire
bah bon le populisme en tout cas la grande victime c'est la démocratie ça c'est sûr de ce qui se passe bon tout simplement parce que
pourquoi ? parce que les institutions continuent à fonctionner malgré tout
pourquoi ? peut-être qu'il faut justement interroger les institutions c'est pour ça qu'on met en question la sacre et en république encore une fois on s'y habitue mais enfin est-ce que vous connaissez un pays dans le monde où depuis 3 ans on ne vote plus le budget on ne peut plus voter le budget pourquoi on ne peut plus voter le budget ?
parce que si on vote le budget on le transforme entièrement c'est quand même sidérant qu'on soit dans une république j'hésite encore à dire ce mot là parce qu'il y a un problème d'un côté illibéral dans cette histoire on soit dans une république qui puisse faire en sorte qu'un gouvernement minoritaire gouverne et puis passe en force à l'assemblée on a passé en force à l'assemblée la réforme des retraites on a passé en force à l'assemblée et là maintenant il y a une nouvelle trouvaille qui est une espèce de nouveau 49.3 où comme le gouvernement est bloqué au Sénat il fait adopter des propositions de loi pour que vos auditeurs comprennent les propositions de loi c'est initiative parlementaire projet de loi c'est gouvernemental d'habitude c'est les projets de loi qui passent à l'assemblée donc ce qu'il fait c'est que comme il est majoritaire au Sénat puisqu'il y a une majorité droite au Sénat il fait monter des propositions de loi qui arrivent à l'assemblée là il sait qu'il ne sera pas majoritaire qu'est-ce qu'il fait ?
il vote contre leur propre proposition de loi avec une motion de rejet pour que ça reparte au Sénat et que là ça soit adopté je veux dire c'est quand même excusez-moi mais c'est le comble du problème démocratique et c'est d'ailleurs pour ça qu'on fera un recours au conseil constitutionnel et je pense qu'on a des chances de gagner
est-ce que la solution alors pour vous c'est toujours une procédure de destitution est-ce que vous souhaitez toujours que le quinquennat n'arrive pas à son terme ?
je souhaite faire en sorte que le macronisme et j'allais dire les politiques de droite en général ne continuent pas à saccager le pays donc on comprendra ce qu'on prendra voilà
le grand jury
question express il y a plus de chances de dissolution que de départ de monsieur Macron
bon alors question express on y est passé avec les réponses par oui ou par non faut-il d'abord supprimer les peines avec sursis pour toute agression contre un représentant de l'état ça fait suite aux violences après la victoire du PSG
non il ne faut pas aggraver de manière globale quand on s'en prend aux forces de l'ordre ça ne vaut pas non mais ce n'est pas ça il y a des juges qui décident de la manière plus dure quel que soit qu'on s'en prenne aux forces de l'ordre ou pas il y a des juges qui jugent et les juges depuis maintenant je crois une vingtaine d'années envoient deux fois plus en prison qu'il y a 20 ans donc il n'y a pas de il n'y a pas de lassisme pénal simplement il faut prendre par rapport aux faits et non pas par rapport à l'émotion et l'idée d'envoyer encore plus de gens en prison je vous assure que ce n'est pas forcément positif vis-à-vis de la criminalité
les violences après la victoire du PSG c'est le premier échec de Bruno Retailleau il a échoué à prévenir ces violences
bon alors moi je pense que le premier échec de Bruno Retailleau c'est quand il appelle au droit du sang à la place du droit du sol et qu'il fait de l'islamophobie d'état en disant à bas le voile parce que le moins qu'on puisse dire c'est que après il y a des gens qui passent aux actes y compris qui vont jusqu'à tuer des musulmans ça pour moi c'est un échec en tant que progressiste en tant qu'humaniste maintenant c'est vrai que c'est un fiasco la manière dont il a géré l'après match Paris-Saint-Germain-Milan pourquoi ? parce qu'il n'a pas empêché les casseurs d'agir et que par contre la doctrine de l'ancien ordre fait qu'on s'en croit rapidement à tout le monde Eric Coquerel
les entreprises françaises vont produire des drones sur le sol ukrainien est-ce que vous approuvez cette décision ?
excusez-moi vous pouvez reposer votre question ?
les entreprises françaises qui vont produire des drones sur le sol ukrainien une annonce qui a été faite par le ministre des armées
écoutez je vais expertiser un peu plus la question voilà parce que répondre à quelque chose qui est comme ça j'étais pas au courant ça ne me choque pas fortement que des entreprises françaises produisent de l'armement pour l'Ukraine aujourd'hui puisque je suis pour faire en sorte que l'Ukraine puisse se défendre par rapport à la Russie même si vous l'avez compris je refuse qu'on envoie des troupes en Ukraine
Eric Coquerel vous avez rencontré le président brésilien Lula qui est en France en visite d'Etat en ce moment vous lui avez fait part de votre position au Mercosur est-ce que le président Lula va revenir dessus sachant qu'il a défendu devant Emmanuel Macron cet accord de libre-échange entre l'Europe et les pays d'Amérique du Sud
déjà on était contents parce qu'on a passé une heure et demie avec lui je crois qu'on doit être à mon avis la formation politique qui a passé le plus de temps c'est assez normal parce qu'on a des liens et trois vous êtes proches idénusiquement moi personnellement j'ai été faire des meetings avec lui en 2018 avant qu'il soit emprisonné j'ai participé à son comité de soutien à ce moment-là et Jean-Luc Mélenchon avait été de voir en prison donc ça crée des liens fraternels et puis on sait qu'on a des liens évidemment entre le président gauche et la principale formation de gauche dans le pays donc je vous réponds sur le Mercosur
c'est un parfait partenaire commercial alors
ah oui justement ce qui est intéressant c'est qu'on a discuté avec lui donc en gros il a voulu beaucoup parler du Mercosur sur le reste on est d'accord sur tout sur le fait de caractériser le génocide à Gaza sur une vision non alignée des relations internationales etc le Mercosur on a un problème
le Mercosur
on a un souci le Mercosur on a un souci parce qu'on pense que la question du libre-échange déjà est derrière nous on est passé à une autre période celle du l'affrontement commercial entre blocs et deuxièmement est-ce que le libre-échange c'est l'ouverture en réalité au moins disant social écologique agricole dans la manière dont on produit mais en parlant avec lui on s'est aperçu qu'en réalité dans ce qu'il met sur le Mercosur c'est ce que nous nous mettons sur des accords bilatéraux de coopération par exemple il nous a dit nous nous avons surtout des petits paysans au Brésil beaucoup appartiennent
c'est pas vrai il y a des
en tout cas lui il défend les agriculteurs je vais revenir là-dessus lui il défend ce modèle en tant que président de gauche c'est pas la réalité de son pays je sais mais ce que je vous dis par là c'est que lui il défend un accord de coopération qui favorise des petites exploitations agricoles familiales dont certaines d'ailleurs sont des coopératives avec le mouvement des sans-terres etc c'est ce qu'il défend et il dit moi ce que je voudrais c'est un accord bilatéral qui favorise ce même type d'exploitation alors on lui a dit oui mais le problème c'est que le Mercosur c'est pas ça le Mercosur ça favorise l'agro-business parce que vous discutez avec la commission européenne et alors d'ailleurs il nous a confirmé que madame que la commission européenne entendait signer cet accord quel que soit ce qu'on pense qui est un problème démocratique
alors qu'est-ce que dit vous là il change de position ou pas ? comment ?
il change de position ou pas ?
il vous en parle donc écoutez on a discuté il a bien vu qu'on ne changeait pas de position sur la commission par contre ce que j'ai trouvé intéressant c'est qu'il propose à Aurélie Trouvé et moi-même en tant que président de commission des affaires économiques pour Aurélie moins des finances d'aller au Brésil pour discuter de tout ça de voir ce qui pourrait être fait nous ce que nous lui avons dit c'est un accord de coopération bilatérale avec la France gagnant-gagnant oui le Mercosur donc on va voir comment ça a évolué le Mercosur vous savez qu'il peut être signé début juillet oui mais c'est pour ça qu'on va y aller assez vite et moi je trouve ça intéressant qu'il ait envie de parler avec la principale formation de gauche ça montre que peut-être contrairement à ce que j'ai entendu aussi dire de monsieur Fort il ne considère pas que LFI est une force qui n'aspère pas à gouverner le pays je dis ça parce que ça j'ai aussi entendu comme le répartissant au contraire il pense peut-être qu'un jour il peut se retrouver avec nous en face cette fois-ci pour représenter le pays et il a raison
autre dossier international dans quelques jours à New York Emmanuel Macron va tenter de lancer la reconnaissance de l'état palestinien par la France et plusieurs autres pays est-ce que c'est un geste fort du président de la république française oui
oui on le soutient voilà
est-ce qu'il faut des préalables à cette reconnaissance notamment le désarmement du Hamas
non je vais vous répondre sur ce qui est en train de se passer nous on est satisfait parce qu'on ne se sent plus seul voilà ça fait maintenant des mois que nous disons qu'en réalité ce n'est pas une guerre de religion là-bas ce n'est pas une guerre de civilisation qui malheureusement du coup développe à la fois l'antisémitisme et l'islamophobie parce que c'est de ça que monsieur Netanyahou c'est la manière dont il veut travestir ce conflit qui est un conflit colonial et même un conflit maintenant génocidaire et nous avons été traités de tous les noms quand nous avons dit ça et nous sommes satisfaits que de plus en plus de monde sauf l'extrême droite en haut ce qui est normal à l'appui un gouvernement d'extrême droite c'est normal qu'il soit de ce côté-là vienne son opposition et que le chef de l'État envisage des sanctions
aucun encadrement du Hamas notamment son désarmement
mais la question aujourd'hui excusez-moi mais j'ai l'impression que si on regarde proportionnellement la question du désarmement se pose un peu plus du côté de l'armée qui globalement fait 30 à 50 à 60 vitres par jour que du côté du Hamas
donc il faut reconnaître l'État palestinien sans poser aucune condition
oui absolument il faut reconnaître l'État palestinien sans poser aucune condition pourquoi ? parce qu'il faut arrêter ce qui est en train de se passer est-ce que vous vous rendez compte que nous sommes en train de vivre ? qu'est-ce que ça va résoudre de reconnaître l'État palestinien ?
ça ne peut pas suffire ça je vous l'accorde ça ne peut pas suffire c'est pour ça que nous demandons d'autres choses au chef de l'État nous demandons qu'il oeuvre pour la rupture de l'accord d'Union Européenne avec Israël nous demandons aussi d'arrêter de cesser de vendre des armes parce qu'on a découvert avec stupeur qu'à Fos il y a des cargos qui partent encore avec de l'armement pour Israël et gloire au de cœur qui ont arrêté cette manipulation nous souhaitons que le gouvernement dit que ces armes ne sont pas utilisées à Gaza peut-être mais enfin moi il faut arrêter toute livraison d'armes aux Israéliens quand vous allez vérifier que ce n'est pas le cas je pense qu'il faut qu'on organise même un boycott économique rendez-vous compte que nous sommes en train de vivre un génocide en actualité dans l'actualité en direct donc tout doit être fait et tout ce que fera le chef de l'État dans ce sens-là nous serons d'accord avec nous pousserons je conclue juste une chose là il y a un bateau avec Greta Thunberg avec Rima Hassan qui arrive vers les eaux littorales israéliennes ils menacent
d'intervenir militairement
je demande que la France s'adresse à Israël pour laisser passer ce bateau pour faire en sorte qu'ils puissent débarquer leur matériel
Merci beaucoup Eric Pocrel pour ce grand jury bon dimanche à tous à la semaine prochaine
Éric Coquerel