Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewLe monde de la cyber· 12 février 2026 25 min

#1 L'IA, le nouvel enjeu régalien - Anne Le Hénanff, Ministre du numérique et de l’IA

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

La technologie notamment en matière d'IA, [musique] elle va très vite et donc nous avons un enjeu nous les politiques finalement [musique] que soient les parlementaires, le gouvernement, la Commission européenne à répondre à ces évolutions [musique] rapides qui nous amènent parfois dans des situations que nous n'avions pas imaginé. Donc il faut qu'on soit beaucoup plus rapide dans notre [musique] réponse et puis qu'on continue à muscler notre arsenal législatif, tous nos outils pour contrer ces plateformes [musique] qui ne respectent pas les citoyens européens. [musique] Bienvenue dans le monde de l'IA.

Je m'appelle Les Forner et avec ce nouveau podcast, je vous emmène à la découverte de ce monde à la fois fascinant [musique] et déroutant. Bonjour à tous et bienvenue dans le monde de Lia, le nouveau podcast qui vous emmène à la découverte des coulisses de l'intelligence artificielle. Avec ce podcast, je pars à la rencontre des acteurs de Lia en France et pour ce premier épisode, j'ai l'immense plaisir et l'immense honneur de recevoir l'actuel ministre déléguée chargé de l'intelligence artificielle et du numérique, Anne Leonf.

Bonjour madame la ministre. Bonjour. Merci d'avoir accepté cette interview et de m'accueillir dans vos bureaux ici à Ber.

Alors aujourd'hui, le numérique et li sont rattachés au ministère de l'économie et des finances. Ça n'a pas toujours été le cas. Qu'est-ce que ça signifie sur la manière dont l'État perçoit ces technologies aujourd'hui ?

Alors, je pense que depuis 2017, le ministère de l'IA et du numérique est rattaché à Ber parce qu'on a une une approche finalement de développement économique, c'est-à-dire de développement de l'offre. On a des start-up, nous avons des PME, des futurs champions européens et l'idée c'est de les accompagner la filière et les technologies de rupture de manière globale, le cloud, l'IA, le quantique, la cybersécurité. Donc, il y a une logique, je dirais de d'accompagnement de l'offre.

Ça n'a pas toujours été le cas et en fait c'est assez logique que ce soit rattaché au ministère de l'économie. Bien que à titre personnel, je pense que étant donné les enjeux que représent aujourd'hui l' numérique, c'est un un objet régalien qui est contribue fortement à notre autonomie stratégique, à notre souveraineté au même titre que l'agriculture, que l'énergie. Ouais, c'est ce que j'avais vous demandé.

Est-ce qu'on peut imaginer un jour un ministère du numérique à part entière ? Donc vous venez de répondre. Alors, dans ce podcast dédié à l'intelligence artificielle, j'essaie de faire de la pédagogie comme ce que je fais d'habitude dans le monde de la cyber et j'aime bien reprendre les bases pour comprendre de quoi on parle.

Et pour commencer, j'aimerais savoir quelle est votre vision de l'intelligence artificielle ? L'intelligence artificielle, on peut dire que tout d'abord, c'est une révolution technologique. Finalement, elle est arrivée très vite dans nos sociétés, même si euh dès 2018 le président de la République a mis en place une stratégie A pour la France, il n'empêche que forcer de constater que c'est un chamboulement dans notre société qu'il faut accompagner.

Ce sont donc pour moi des opportunités, des opportunités au niveau économique avec des gains de productivité, de compétitivité. C'est également lié à un facteur d'autonomie, de souveraineté pour notre pays et puis c'est une valeur ajoutée pour les entreprises qui petit à petit l'intègrent dans leur processus. Donc je dirais que pour moi c'est une opportunité, c'est une chance, c'est aussi un facteur d'émancipation.

Au même titre, on peut dire que l'arrivée d'Internet ou sur un moteur de recherche euh ça nous a ouvert des possibles inimaginables. Alors euh l'IA, c'est exactement la même chose. Donc une chance, une opportunité pour les entreprises, une opportunité pour notre pays et pour l'Europe de manière plus globale, mais qui est aussi génératrice d'angoisse parce qu'on ne connaît pas, on ne sait pas jusqu'où ça va aller ce développement de l'IA et que on ne maîtrise pas tout.

En tout cas, le citoyen ne maîtrise pas tout, n'a pas tous les codes et que il y a également des travers de l'IA qu'il nous faut accompagner notamment pour protéger les populations de menaces qui viennent directement de l'IA comme euh de l'enfermement, de l'addiction pour les jeunes, de la désinformation, de l'ingérence étrangère, de la manipulation. Voilà, donc c'est une opportunité énorme mais en même temps euh il faut accompagner parce qu'il peut y avoir des des je dirais des travers de l'IA. On va en reparler euh on va reparler de de des dernières actualités de l'IA.

Mais avant ça, j'aimerais euh comprendre la stratégie euh politique de la France sur euh l'IA. Donc il c'est un sujet assez récent pour le grand public he nous on a commencé à entendre parler des génératives avec l'introduction de chat GPT, c'était vers 2022 mais c'est un sujet qui est inscrit sur les agendas politiques depuis plusieurs années déjà. La France s'est dotée d'une stratégie nationale pour l'IA dès 2018.

Est-ce que vous pouvez nous parler de cette stratégie qui se déroule donc en trois phases et nous expliquer pourquoi elle a été mise en place ? Alors, je pense que le président de la République a une position vis-à-vis de l'IA euh que je partage totalement qui est de dire qu'il faut accompagner l'IA. Il y a une option, c'est d'être spectateur et de se dire euh l'IA euh notamment avec CHGT arrive des États-Unis, euh les Chinois euh travaillent également sur l'intelligence artificielle.

On peut nous finalement nous dire euh on attend et on va s'adapter à la technologie. C'est pas le choix qui a été fait. C'està-dire que dès le début, dès le président de la République Emmanuel Macron, on s'est dit nous on a les capacités, on a des acteurs, des start-up, on a des entreprises, on a une volonté européenne.

Dès 2018, on construit une stratégie. La position de la France, elle a été effectivement, vous l'avez dit, construite autour de trois étapes. Pour pouvoir avoir une ambition au niveau de l'IA en France, il faut déjà avoir un socle.

Et le socle, il est technologique et donc il faut investir dans la recherche, dans le développement. C'est ce que nous avons fait. C'était la première étape.

La 2e étape concernait euh finalement la diffusion de CTIA au niveau des entreprises puisque c'est eux qui non seulement créent l'IA, donc les les les modèles, euh la technologie, mais aussi peuvent l'implémenter dans leur euh propre mode de fonctionnement et ça génère de l'activité, des gains de productivité et tout ça c'est du point de PIB. Donc économiquement c'est essentiel. Ça permet aussi de tester les différentes I euh l'IA générative, une IA frugale, une IA transparente.

Voilà, c'est toute cette phase un petit peu d'implémentation et de test. Et puis la troisème étape, on y est, c'est finalement LIA pour tous et partout sur notre territoire. Alors, on parle de 109 milliards d'euros qui vont être investis en France pour l'IA pendant cette troisème phase là de la stratégie qui vient de commencer.

D'où viennent ces financements et à quoi servent-ils concrètement ? Alors la l'IA pour fonctionner euh et l'IA que nous voulons, une IA comme j'aime dire qui nous ressemble euh une IA européenne respectueuse des droits fondamentaux, frugal euh transparente a besoin de données et la donnée, il faut bien la stocker euh quelque part, soit pour la sauvegarder en France ou en Europe, soit pour investir dans des data centers qui sont des calculateurs en fait qui vont accueillir cette IA qui qui va générer des modèles. C'est 109 milliards principalement, c'est ça, c'est cette ambition notamment lors du sommet pour l'IA en en février 2025 d'une vraie ambition de filière pour les data centers en France.

C'est un outil de souveraineté euh et qu'il faut accompagner. Les financements et bien ils peuvent être européens avec des grands programmes. Euh ils peuvent être évidemment français.

Et puis nous accueillons également des investisseurs étrangers qui euh du fait d'une énergie décarbonée, une vraie politique très forte euh tourné vers les data centers, une énergie disponible, des terrains euh aussi euh disponibles, fléchés pour ces data centers. Des investisseurs étrangers, les Émirats arabes unis, les États-Unis et d'autres encore viennent investir dans des data centers français. Après, il faut bien sûr veiller à ce que ces data centers protègent les données des Français et soient donc souverain et cybersécurisé.

Évidemment, vous parlez de souveraineté numérique face aux États-Unis et à la Chine, la France peut-elle réellement peser ? Sur quel levier avons-nous aujourd'hui encore un avantage compétitif ? Alors, les en terme d'échelle euh euh imaginez que la France seule euh voire même l'Europe malheureusement euh puisse concurrencer les investissements qui sont faits par les États-Unis ou les Chinois dans l'IA euh pour leur propre pays et leur propre modèle dans les data center est un peu illusoire.

On n'est pas dans le même niveau d'investissement, mais malgré tout avons des avantages. Nous avons une vision pour l'IA que nous voulons, l'IA européenne, une A qui nous ressemble, ça veut dire qu'elle est respectueuse de nos valeurs, des droits fondamentaux, qu'elle est transparente et que finalement les 27 pays ensemble ont une vraie ambition d'avoir une IA européenne qui vient finalement concurrencer l'IA américaine ou chinoise. Donc je dirais que on est dans la course.

Est-ce que à initié le président en 2018, on y est et aujourd'hui on n' pas à rougir de ce qu'on est en train de faire avec l'IA qui nous ressemble, l'IA européenne. Alors ces derniers mois, l'actualité IA a été particulièrement dense et j'aimerais qu'on revienne sur plusieurs événements à commencer par Grock l'IA générative d'Elon Musk qui permet notamment à des internautes de générer des images dénudées de personnes sur les réseaux social X. Quels sont nos moyens d'action face à l'arrivée d'IA qui ne respecte pas les lois de notre pays ?

Alors, je souhaite déjà dire en préambule que nous n'acceptons aucune action d'acteur qui ne respecte pas le droit national ou le droit européen. Ces ces abus, ces actes illicites méritent des sanctions. C'est ce que nous faisons.

Donc déjà, nous saisissons systématiquement à travers l'article 40 la justice pour faire retirer ses cont contenus illégaux. Ensuite, nous avons des plateformes comme Pha où chaque personne qui constate euh ses dysfonctionnements ou qui est victime de ces dysfonctionnements puisse euh faire un signalement. On peut également euh faire un signalement à l'ARCOM qui peut rappeler à l'opérateur ou à à la plateforme ses obligations vis-à-vis du droit national ou du droit européen.

Et puis euh ensuite, je rappelle quand même que on a un code pénal et que toute personne qui produit ce type de contenu illicite ou qui le rela et est est passible de 3 ans d'emprisonnement et 75000 € d'amende, ce qui n'est pas rien. Après, nous avons un deuxième échelon d'intervention qui est l'échelon européen grâce au DSA. Et le DSA a prouvé qu'il était opérant puisque la Commission européenne a sanctionné X à hauteur de 120 millions d'euros pour non respect du droit européen et à ses obligations notamment de transparence et de fournir les éléments de réponse à une enquête qui était en cours.

Donc je dirais qu'on a les moyens. Il faut par contre assez lucide. La technologie notamment en matière d'IA comme les réseaux sociaux, elle elle va très vite et donc nous avons un enjeu, nous les politiques finalement, que ce soient les parlementaires, le gouvernement, la Commission européenne à répondre à ces évolutions rapides qui nous amènent parfois dans des situations que nous n'avions pas imaginé.

Donc il faut qu'on soit beaucoup plus euh je dirais un rapide euh dans notre réponse et puis qu'on continue à muscler notre arsenal législatif, tous nos outils pour contrer ces plateformes qui ne respectent pas euh les citoyens européens. Alors, une autre actualité qui a retenu mon attention, c'est celle sur la polémique autour du jeu vidéo clair obscur Expédition 33 qui s'est vu retirer un de ses titres de meilleurs jeux de l'année à cause de son usage de li générative. Une annonce qui s'est suivie hein d'un réel lynchage médiatique du studio Sfall Interactive notamment sur les réseaux sociaux.

Donc l'usage de Lia est ici perçu de manière très négative alors qu'on nous encourage à l'utiliser dans tous les domaines. Pourquoi avons-nous le sentiment d'être trompé si Lia est utilisé dans certains secteurs ? Moi la réflexion que je me fais quand quand je vois cette situation c'est que finalement de quoi ont besoin les les citoyens c'est de vérité et de transparence.

C'est pas l'usage de l'IA qui déplaît, c'est le fait de ne pas dire que c'est fait avec de l'IA. C'est une grande différence. Et le règlement sur l'IA au niveau européen justement précise dans un de ces articles que les opérateurs ont obligation de signaler à leurs utilisateurs quand c'est produit par LIA.

Je pense par exemple à la musique. J'ai rencontré il y a pas très longtemps le patron de 10h qui est une magnifique entreprise française de diffusion de musique en ligne. Et bien ils signalent sur leur plateforme quand un morceau qui est diffusé ou qui est choisi par l'auditeur est produit par l'IA.

Voilà une démarche vertueuse. Voilà qui rassure le consommateur, voilà qui rassure le citoyen. Et c'est ce vers quoi on doit tendre et c'est la vision que nous avons nous Européens et nous Français de l'IA, il faut l'indiquer parce que et bien évidemment il y a aussi des enjeux d'ayendroit culturels de musiciens de producteurs de contenu qu'il faut respecter également.

Est-ce que l'idée ce serait pas plutôt d'avoir un marqueur réalisé sans l'aide de Lia ? là où tout le monde utilise l'IA aujourd'hui ou va l'utiliser à grande échelle. L'IA c'est une évolution technologique, un usage qui dorénavant fait partie de notre quotidien.

Mon ambition ici au ministère, c'est de faire en sorte que l'IA soit diffusé largement. C'est l'ambition également du ministre du travail, du ministre de Serge Papin au niveau du du commerce des PMBE, des TPE parce que c'est un vrai gain de productivité, de compétitivité. Donc l'IA est un outil qu'il faut voir au service de l'homme et donc oui à Lia, mais pas n'importe comment.

Et surtout, il faut jamais oublier que c'est un outil et que euh au niveau du travail euh le gain que va nous permettre de générer euh l'IA, le gain de productivité, le gain de temps, le le le l'allègement des tâches administratives, bien il faut le voir de manière globale dans une entreprise et ça permettra à l'humain, aux salariés de réaffecter ces personnes vers d'autres travaux plus valorisants pour eux intellectuellement. Alors de mon côté, j'ai été tellement surprise par cette polémique autour de l'usage de l'IA génératif dans les jeux vidéos que je me suis demandé si le lynchage médiatique de Clair Obscur sur les réseaux sociaux avait été peut-être orchestré par une puissance étrangère qui jalouserait le succès français notamment bah notre rayonnement à l'international. Comment est-ce qu'on peut savoir aujourd'hui ce qui relève de la manipulation de l'information de la désinformation ou non et est-ce que c'est un sujet qui vous préoccupe ?

Oui. Alors, tout d'abord, ce que je souhaite dire, c'est que l'entreprise de jeux vidéo, on en est très fier. Euh qu'ils aient utilisé de l'IA euh dans leurs jeux vidéos, c'est un choix.

Mais nous, on est très très fier de la filière jeux vidéo en France. Euh et donc on le on les soutient évidemment euh totalement et je les soutiens totalement. Euh maintenant, il est clair que la France est une cible.

Ça prouve quelque part que la politique ambitieuse que nous avons autour de l'IA, de créer des futurs champions européens comme Mistral euh il y en a d'autres encore et bien ça peut déranger. Donc en fait la désinformation ça peut être un outil aussi pour dévaloriser pour déstabiliser finalement la Ferria française. Donc il faut pas se laisser déstabiliser.

Je pense que nous sommes sur le bon chemin. les ingérences étrangères, la désinformation, la déstabilisation, ça fait aussi partie des outils utilisés par certains compétiteurs qui n'ont pas forcément envie de voir l'émergence d'une vraie belle filière européenne en IA. Alors, un dernier sujet d'actualité que je voulais évoquer avec vous, c'est l'alerte lancée par la DGSI sur l'usage professionnel de l'IA.

Euh qu''est-il prévu aujourd'hui pour sensibiliser et former les publics euh et les entreprises aux bonnes pratiques pour utiliser euh l'intelligence artificielle ? Par exemple, ne pas soumettre de données personnelles sur un un outil d'IA, faire preuve de vigilance face à la manipulation de l'information, les réponses biaisées ou vérifier l'exactitude et la pertinence des résultats obtenus. Nous, on a on a reçu un les I sans formation.

On les utilise sans savoir finalement si c'est fiable ou pas et on découvre avec l'usage. Voilà. Est-ce que l'État doit aller plus loin pour accompagner les citoyens et les professionnels ?

C'est c'est indispensable de de se poser de de se poser les bonnes question quand on utilise des outils d'IA. Je dirais qu'on a le même sujet avec la cybersécurité, avec les réseaux sociaux sur lesquels chacun a envie de mettre des photos de ses vacances ou de ses enfants à Noël. C'est c'est exactement le même sujet.

Ce sont des espaces ouverts où les informations circulent. On ne sait pas toujours où elles sont, où elles partent, où elles sont stockées, quel usage peut en être fait. On a vu des choses dramatiques effectivement euh euh à propos d'enfants euh avec de la pédocriminalité en ligne à partir de photos émises par des parents sans sans imaginer le pire, ces jeunes femmes ou ces femmes qui sont dénudées par Grock.

Donc en fait euh dès qu'on dépose, dès qu'on on utilise des outils euh de de ce type, il peut y avoir euh une perte de contrôle. Donc, il est très important et notamment quand on utilise l'IA dans une entreprise de vérifier si l'IA elle est sécurisée et si elle est souveraine. Et donc moi, j'invite évidemment les entreprises qui ont envie d'introduire LIA dans leur process et et on le pousse et et je souhaite que que que les entreprises le fassent, qu'il le fassent avec des professionnels, des acteurs de la filière française et que ils se posent les questions sur les usages qu'ils vont en faire.

Et puis euh plus largement, moi je pense que euh c'est un finalement une réflexion collective dans une entreprise puisque si on n'introduit pas l'IA, si un chef d'entreprise ne pilote pas l'IA dans son entreprise, il est vraisemblable que ces employés, que les agents publics euh et bien utiliseront UNIA de leur choix et peut-être pas celle qu'on souhaite qu'ils utilisent. Donc je pense qu'il faut euh finalement l'anticiper, le programmer, le maîtriser, le faire de manière collective. C'est un vrai projet d'entreprise l'introduction de l'IA.

Alors de tous les sujets qu'on vient d'évoquer, qu'est-ce qui vous préoccupe le plus aujourd'hui en tant que ministre ? sur le sujet de l'IA, ce qui préoccupe le plus finalement, c'est la c'est la désinformation, c'est-à-dire l'usage malveillant de l'IA qui pourrait bloquer les développements que nous avons et l'ambition que nous avons parce que c'est une source d'angoisse et finalement ma préoccupation c'est de innover, oui, mais de aussi de protéger et mon rôle en tant que ministre délégué en recherche de l'IA et du numérique, c'est de protéger les citoyens. Donc à la fois, il faut trouver ce juste équilibre entre innovation et protection.

Euh donc ma préoccupation première, ce serait euh oui euh oui au développement, oui à la productivité, à la compétitivité, mais pas au détriment ni de la jeunesse française euh ni finalement euh des droits des citoyens. Alors pour finir, j'aimerais évoquer la place des femmes dans les métiers de LIA. Nous sommes aujourd'hui deux femmes qui s'entretiennent sur un sujet perçu comme masculin, le sujet de la tech en général.

Redonner une place aux femmes dans les métiers de la tech. Est-ce une priorité pour vous ? C'est c'est c'est essentiel, hein.

C'est une de mes priorités depuis des années et des années. Je suis moi-même marine de de deux cadettes de la cyber. Euh et c'est essentiel pour plusieurs raisons.

C'est que d'abord euh les femmes s'autocensurent et ce n'est pas justifié. Donc il faut qu'on arrive à casser cette période un peu pivot euh de l'entrée dans l'adolescence qui fait que je elles n'ont pas confiance et elles se disent "C'est pas pour moi, c'est dur, j'arriverai pas." Donc l'autocensure déjà ça et ça monsieur enfin le mon collègue ministre à l'éducation nationale il il est vraiment sur cette ambitionlà euh et ça je je si je peux le soutenir évidemment je le ferai euh avec force.

Ensuite la deuxième raison, c'est que il y a tous les métiers dans les filières de la tech, dans l'IA, dans la cybersécurité que vous connaissez bien, dans le quantique à venir, c'est ce sont des filières industrielles. Donc au même titre que n'importe quelle filière industrielle, prenons l'automobile par exemple, il y a tous les métiers. C'est on demande pas aux femmes d'être toutes des ingénieurs en IA euh ou en cybersécurité.

Euh donc elles peuvent trouver des métiers de chefs de projet euh dans juristes, d'État et d'état de métiers. Donc déjà, il faut pas s'enfermer et se faire une idée finalement très restrictive de ces filières. Et puis enfin et c'est peut-être l'essentiel, c'est que on manque de 40000 ingénieurs, on a besoin d'elles.

Nous avons besoin des femmes et que il est prouvé qu'une équipe mixte, elle est beaucoup plus performante qu'une équipe ou 100 % féminine ou 100 % masculine. Il faut absolument qu'elles viennent parce qu'elles vont un trouver des emplois qui vont leur plaire et puis que surtout elles vont contribuer finalement aussi à l'autonomie et au et et à la politique des transitions que la France doit opérer dans des tas et des tas de secteurs technologiques et industriels. Je ne peux qu'approuver votre message.

Alors l'épisode touche à sa fin. Avant de conclure, j'ai encore deux petites questions pour vous. Quels sont les rendez-vous incontournables de Lia en 2026 ?

à ne pas manquer. 2026, c'est l'année de l'IA. C'est l'année de l'IA.

D'abord, nous fêtons l'anniversaire du sommet en février, du sommet sur l'IA qui a eu lieu à Paris en février 2025. Nous nous avons également un un le pendant ou en la continuité de ce sommet fantastique qui a eu lieu à Paris en février en Inde. Euh l'Inde accueille le sommet pour l'IA.

Nous avons évidemment un rôle majeur, nous Français à jouer à leur côté. Nous avons aussi Vivateek en juin où on parlera IA évidemment. Auséia, c'est l'anniversaire deia avec des cas d'usage euh justement d'IA dans les entreprises.

J'espère que là on aura l'occasion de partager ça avec tous les chefs d'entreprise. Et puis la France est présidente du G7 en 2026. Il existe un G7 numérique.

Donc tout le long de 2026 avec mes homologues du G7 et bien nous allons parler IA, une IA euh qui se diffuse dans l'économie, une IA frugale, une IA transparente et puis euh une IA sécurisée surtout. Et qui devrais-je recevoir sur le podcast pour parler IA ? Alors, peut-être que vous attendez à ce que je vous donne des grands noms de l'IA, mais c'est pas le choix que je vais faire.

Si j'avais peut-être un conseil à vous donner, c'est que finalement comme on a envie que l'IA se diffuse sur le territoire partout pour tous, bien moi, j'irais voir euh un artisan qui a introduit l'IA, un chef de PME ou de TI qui a introduit l'IA et le patron d'un grand groupe qui a introduit l'IA dans sa société. Donc, j'irais vraiment sur des sur des cas d'usage très concrets pour donner envie aux chefs d'entreprise de d'utiliser l'IA. Et un dernier mot peut-être sur les ambassadeurs de LIA.

Est-ce que vous pouvez nous en parler ? Alors, les ambassadeurs, je les ai donc euh nommés, ils sont aujourd'hui en action 500 ambassadeurs de l'IA. C'est c'est c'était une des promesses de Oselia en en juillet 2025. 500 ambassadeurs répartis sur tout le territoire qui ont une appétence pour ce sujet-là.

Ils sont tous bénévoles, ils sont répartis dans tous les départements de France et ils sont le lien finalement entre nous euh avec cette ambition nationale de faire de la France un pays vraiment moteur en Europe sur l'IA et même au niveau mondial. Et puis les territoires avec et bien les collectivités locales, avec les associations, avec les chambres des métiers, les chambres de commerce et les entreprises elles-mêmes. Et ben ça va me faire du monde à interviewer sur ce podcast.

Clair. Merci beaucoup madame la ministre d'avoir accepté cette interview. Je suis vraiment ravie de lancer ce nouveau podcast avec vous.

Jeis pas rêver mieux comme première intervie. Merci. Merci de votre confiance.

Merci beaucoup. Euh chers auditeurs, n'oubliez pas de vous abonner à la chaîne de ce nouveau podcast pour ne pas manquer les prochains épisodes et n'hésitez pas à laisser un avis pour m'aider à le faire connaître. Merci à tous et à très vite dans le monde de LIA.

À bientôt. Merci à tous d'avoir suivi cet épisode du monde de la cyber. Si vous êtes arrivé jusqu'ici, c'est que vous commencez à bien accrocher à ce podcast.

Alors si vous voulez découvrir les coulisses et être au courant de toutes les actu, je vous donne rendez-vous sur notre compte Instagram, le monde de la cyber. Et n'hésitez pas aussi à vous abonner [musique] au podcast et à me laisser un petit commentaire sur Spotify ou Apple Podcast. Ça m'aide beaucoup à faire grandir le projet et ça me fait super plaisir de lire tous vos petits messages.

Merci à vous et à très vite dans le monde de la cyber. Ah.