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interviewVictorDstg · 26 avril 2025 10 min

L’Europe en crise : Interview de Benjamin Haddad, Ministre de l’Europe

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Les intervenants ne sont pas encore identifiés sur ce transcript — l'identification des locuteurs est en cours de traitement et apparaîtra prochainement.

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Bonjour à tous, c'est la première vidéo sur cette chaîne YouTube. Dans cette vidéo, vous allez voir l'interview que j'ai pu réaliser de Benjamin Hadad, ministre délégué chargé de l'Europe. On a parlé de beaucoup de sujets de l'Ukraine, de Donald Trump, de l'OTAN, de la politique française. Tous les Time codes sont à l'écran ou dans la description. Donc n'hésitez pas à aller regarder les moments qui vous intéressent. Sur cette chaîne, vous allez découvrir des interviews, des coulisses ou même des vidéos plus longues d'analyse géopolitique. Donc n'hésitez pas à vous abonner pour ne pas manquer les prochaines vidéos. Sur ce, je vous laisse avec l'interview. Un grand merci au ministre et à ses équipes pour avoir rendu ce moment possible. Bonjour monsieur le ministre. Bonjour.

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Merci beaucoup d'accepter cette interview. Je vais rentrer vite dans le vif des sujets. Si demain la Russie envahit la Pologne, la France serait automatiquement en guerre du fait de l'article 5 de l'OTAN. Mais si jamais la Russie déploy des troupes sur une dizaine de kilomètres dans le territoire d'un pays de l'Europe de l'Est, membre de l'OTAN aussi sous prétexte de défendre la population russe sur place. Ma question est simple. Est-ce que la France et ses alliés entreraient en guerre pour 10 km ? Alors déjà, je veux expliquer les les garanties de sécurité parce qu'effectivement, on a euh des traités d'alliance, aussi bien au sein de l'OTAN, l'article 5 que même l'article 427 euh au sein de l'Union européenne qui disent que si un des membres est attaqué, tous les euh pays

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viennent à euh son secours et donc euh effectivement, on viendrait euh secourir euh nos nos partenaires, nos alliés s'ils étaient attaqués. C'est le sens de cette alliance. C'est pas automatique parce que c'est des décisions que prennent chacun des pays après à l'unanimité par exemple au sein de l'OTAN. Donc la France a toujours sa souveraineté sur chacune de ces décisions, je tiens à dire parce que parfois il y a un peu de caricature dans le débat public là-dessus mais effectivement c'est le sens de nos alliances. Ce que vous décrivez c'est souvent ce que la Russie fait. C'est ce qu'on appelle de la guerre hybride. C'est d'utiliser par exemple le prétexte d'aller secourir des populations russophones. c'est d'avoir des attaques de type cyber, des sabotages, des

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manipulations. Ça montre bien la menace que représente la Russie pour ses voisins. C'est ce qu'elle a fait en Ukraine. Rappelez-vous au début, en 2014, on a déjà commencé à avoir des une invasion dans le Donbas, l'annexion de la Crimée. Mettre des troupes russes dans un voisin, dans un pays d'Europe, c'est une invasion, c'est une agression. Et donc la France bien sûr soutiendra, sera solidaire de ses voisins, de ses partenaires européens. Alors, merci beaucoup de votre réponse. Donc justement, qu'est-ce qu'une garantie de sécurité crédible pour l'Ukraine aujourd'hui ? Le débat qu'on est en train de voir sur l'Ukraine consiste en quoi ? Dire nous, on veut la paix. Euh mais euh déjà un il y a un pays aujourd'hui qui refuse la diplomatie, qui refuse de négocier sérieusement, qui

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tourne le dos à la paix, c'est la Russie. C'est la Russie continue son agression. Il y a quelques jours, l'Ukraine a accepté avec les négociateurs américains le principe d'une crève de 30 jours totale pour pouvoir avoir une négociation. La Russie a toujours pas répondu et après il y a eu des négociations pour parler d'une trêve en mer noire et dans les frappes contre les infrastructures énergétique. Et la Russie a d'abord semblé accepté avant de donner plus de conditions comme la levée des sanctions. Donc un, il faut continuer à soutenir les Ukrainiens et mettre une pression maximale sur la Russie, sur le plan militaire et économique pour qu'elle arrête sa guerre et pour qu'on puisse avoir une une négociation, un cesser le feu. Et après l'objectif c'est que le cesser le feu ce

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soit pas juste une parenthèse et une trêve que la Russie utilise pour réarmer et pour réattaquer dans un an, dans 2 ans, dans 3 ans. D'où la nécessité d'avoir des garanties de sécurité des garanties de sécurité, c'est d'abord soutenir l'armée ukrainienne et faire en sorte que l'Ukraine puisse dissuader une prochaine agression. et c'est réfléchir aussi au rôle que les Européens pourront jouer. Vous avez vu que le président de la République avec le premier ministre britannique ont évoqué la présence peut-être de force de réassurance dans quelques points stratégiques. C'est pas des troupes combattantes, c'est pas des troupes sur la ligne de contact, mais des troubles qui pourraient être en Ukraine aussi pour envoyer un message de dissuasion envers la Russie. C'est

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toujours des négociations, des discussions qui ont lieu, mais l'objectif c'est de garantir une paix durable et donc de dissuader une agression future parce qu'on a déjà eu ces sujets dans le passé. On a eu par exemple les accords de Minsk en 2014-2015 que la Russie n cessé de violer de Bafoué avant d'envahir l'Ukraine en 2022. C'est ça qu'on veut éviter à la vinère. Donc peut-être une question sur les États-Unis, vous avez mentionné. Est-ce qu'aujourd'hui les États-Unis sont un allié encore crédible de la France ? Avec les différentes déclarations de monsieur Donald Trump, on peut se poser la question. Écoutez, c'est un allié et c'est un pays avec lequel on a intérêt à continuer à travailler. On a des intérêts de sécurité commun. Mais au fond, la réponse à votre question, c'est

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l'Europe. La réponse, c'està dire que on doit être capable de prendre notre destin en main. On doit être capable d'augmenter nos moyens de défense, de se défendre seul si nécessaire. On doit être capable d'investir massivement aussi dans l'innovation technologique et ne pas dépendre des autres des Américains ou des Chinois pour l'intelligence artificielle, pour le quantique. Alors qu'aujourd'hui, on dépend d'eux sur les réseaux sociaux par exemple, beaucoup de solutions technologiques. Parce que au fond, on voit déjà depuis une dizaine d'années que les Américains nous disent l'Europe c'est moins prioritaire, on va se tourner vers l'Asie, vers la Chine. Barack Obama déjà le disait, les présidents américains démocrates comme républicains qui nous disent qu'on en

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fait pas assez pour notre propre défense, que on est des passagers clandestins. Obama déjà le disait, Biden aussi. On voit aussi les tendances protectionnistes qu'on a eu sous Trump mais qu'on a aussi sous l'administration de Biden. La conclusion de tout ça, c'est dire il faut qu'on continue à travailler avec nos alliés mais il faut aussi qu'on soit capable de se défendre seul, de prendre en charge notre sécurité. Ça c'est ce que dit la France depuis le discours sur la Sbonne d'Emmanuel Macron, c'est toute l'idée de la souveraineté européenne. Et peut-être du coup deux questions concrètes. Un, est-ce qu'il faut un réseau social européen pour aller contre X par exemple ? Et de est-ce que vous pensez qu'une armée européenne peut voir le jour et qu'il ne soit pas un membre de l'OTAN ?

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Le réseau social européen. Alors, j'ai envie de vous dire oui, le problème c'est que ça se décrète pas. Il faut des innovateurs, il faut des startup, il faut des acteurs et donc il faut les soutenir. Il faut soutenir nos écosystèmes parce que pour le coup les pépites, les start-up, on les a mais trop souvent, moi je les rencontre souvent, ils nous disent "On a du mal à se financer, on a du mal à se développer, il y a encore trop de barrières dans le marché unique européen alors que ça devrait être une force." Donc moi, je veux qu'on mette le paquet sur le financement de l'innovation aussi bien avec des fonds publics qu'avec des fonds privés. C'est ce qu'on a fait par exemple Sommeia à Paris il y a quelques semaines. Vous avez vu le succès que ça a été avec l'annonce de de nouveaux

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investissements pour que nos innovateurs, ils ont envie de rester en Europe en France et qu'il fassent grandir nos pépites pour qu'elles puissent justement conquérir le monde et être compétitive à l'échelle internationale. Deuxième volet de ça, c'est aussi d'avoir des règles pour se protéger. On a développé en Europe ces dernières années des règles comme par exemple le Digital Service Act, le DSA qui dit un principe très simple. Ce qui est illégal dans le monde réel doit être illégal dans le monde virtuel. Donc la lutte contre la en ligne, contre la désinformation, contre la manipulation des algorithmes, contre les ingérences étrangères. Si vous venez investir en Europe X, TikTok ou les autres, vous devez respecter nos règles. Donc on a des règles, on doit soutenir nos

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innovateur. C'est comme ça qu'on pourra être souverain sur le plan technologique. Sur l'armée européenne, moi c'est pas vraiment une expression que j'utilise parce que l'armée, je pense que fondamentalement, ça restera toujours quelque chose qui relèvera des États à un moment. La décision par exemple d'envoyer des troupes à l'étranger en France, ce sera toujours le président de la République. Ça, il y a des choses qui changeront pas. En revanche, bien sûr qu'on a intérêt à coopérer ensemble et à construire une Europe de la défense en y mettant des moyens au niveau européen. C'est ce qu'on commence à faire. Vous avez vu les décisions ces dernières semaines de la Commission européenne qu'on a beaucoup poussé pour avoir des nouveaux financements pour développer des projets

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en commun et on a besoin d'avoir de la coopération industrielle, d'avoir de la coopération entre les États pour dire "OK, il y a des domaines dans lesquels on est en retard, on a des dépendances vis-à-vis des États-Unis notamment les drones, le cyber, les satellites quand on voit le rôle que joue Starlink en Ukraine, les munitions, et bien mettons nos moyens en commun, avançons et soyons capables d'agir seul en européen." l'Europe de la défense, c'est ça. C'est pas contre les États, au contraire, c'est les États qui coopèrent ensemble pour voir de quoi on a besoin et comment est-ce qu'on est capable de mettre des ressources ensemble et d'avoir une vraie autonomie stratégique, une vraie souveraineté européenne. Bah merci beaucoup. Je sais pas si on a un peu de temps ou on

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doit aller une dernière petite une dernière petite question. Monsieur le ministre, vous êtes aussi député question sur la politique française. Est-ce que vous craignez l'arrivée de Marine Le Pen ou de Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle ? C'est pas une question de crainte. les combat et je me suis engagé en politique contre les extrêmes. Je suis libéral, je suis proe européen, je suis très optimiste pour ce que tout mon pays peut peut faire, peut accomplir en Europe. Et donc, je ne souhaite pas qu'il soit ramené en arrière par des extrêmes. Je les vois tenir un discours de chaos, un discours de de division, un discours antie-uropéen aussi au moment où on a besoin au contraire d'unité européenne pour peser ce ass international entre les États-Unis, la Chine, pour faire

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face à la menace de la Russie. Et donc c'est pour ça que je m'engage en politique et je les combats. Donc c'est pas une question de crainte mais c'est se mobiliser et puis je vous dire de façon aussi assez humble entendre écouter les raisons pour lesquelles des gens votent pour pour les extrêmes. Et puis notre responsabilité c'est de trouver des solutions, c'est d'y répondre, d'y répondre au niveau français, d'y répondre au niveau européen et et c'est à ça qu'on s'attelle. Ben merci beaucoup monsieur ministre, merci de votre temps et si tu restais jusqu'à la fin, petite anecdote de tournage. En fait, on est arrivé très tôt à l'ambassade, c'était à l'ambassade de France au Royaume-Uni. On avait un tout petit spot avec le ministre et on a attendu, on a attendu, puis on nous a

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dit "Hop, faut monter dans la chambre, le ministre va arriver." Nous, on a couru, on s'est dit "Oà, il faut qu'on pose l'équipement et cetera et cetera." Le ministre est arrivé, on lui dit, on est désolé, ce n'est pas prêt. On a attendu de 2 3 minutes, on a tout posé, on s'est installé et on a pu faire l'interview. Comme vous avez vu dans la vidéo à un moment, on s'est posé la question de "Ah, est-ce qu'on a encore du temps ?" On avait encore du temps. Donc vraiment, merci au ministre de m'avoir accepté de me répondre et de répondre en fait avec autant de profondeur. Certains pourront dire que c'est peut-être un langage un peu trop politicien. Ça sera l'occasion d'en débattre dans une prochaine vidéo. Donc n'hésitez pas à rester à l'affu.