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InterviewRadio J — L'interview politique· 9 juillet 2024 15 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleÉconomie & entreprisesRetraites

Philippe Brun - Le Barbier du matin du 09/07/24

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Comment fait-on pour survivre à la vague RN dans l'heure ? Vous êtes le seul survivant.

  • 0:32OuverteRéponse directe

    Parce que la gauche aujourd'hui, c'est les grandes villes, à part vous et quelques-uns.

  • 1:03RelanceRéponse directe

    Est-ce qu'on est conscient au PS, au Front Populaire, que certes vous avez plus de sièges, mais que vous n'avez pas eu plus de voix que le RN et que ça peut poser un problème ?

  • 2:13OuverteRéponse directe

    Quelle méthode recommandez-vous ? Choisir un Premier ministre et un gouvernement et puis après, essayer de lui trouver une coalition à l'Assemblée ou d'abord passer un accord pour pouvoir choisir un Premier ministre qui représente cette coalition ?

  • 3:06ComplaisanteRéponse directe

    Dans ces démocraties européennes comparables, ça prend du temps. Parfois, les Allemands mettent plusieurs mois avant de trouver la base programmatique.

  • 3:50OuverteRéponse directe

    Ça veut dire qu'on va regarder l'arithmétique des groupes actuels. Donc, ce Premier ministre, il peut être la France Insoumise ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Invité politiqueFait
    « Je crois qu'il y a eu un très gros travail de terrain fait depuis deux ans, une vraie implantation. »
  • 0:21Invité politiqueFait
    « Je pense à un discours de gauche populaire, celui qui nous manque aujourd'hui, je crois, assez cruellement nationalement. »
  • 1:11Invité politiqueFait
    « Je souhaite qu'on en prenne conscience, parce que j'ai le sentiment, y compris dans les discussions médiatiques, d'une forme d'hallucination collective. »
  • 1:22Invité politiqueFait
    « On ne va pas gouverner le pays avec seulement 180 députés. »
  • 1:41Invité politiqueFait
    « Personne ne pensera qu'on trahira les électeurs parce qu'on trouve un contrat de coalition avec les autres. »
  • 1:54Invité politiquePromesse
    « Si on applique 70 ou 80% du programme du Front populaire, c'est déjà formidable. »
  • 2:04Invité politiqueFait
    « On ne peut pas faire une assemblée pendant trois ans avec des gouvernements qui tombent tous les 15 jours. »
  • 3:27Invité politiqueFait
    « On nous explique qu'il fallait faire la dissolution tout de suite avant les Jeux Olympiques pour avoir un nouveau Premier ministre. »
  • 3:34Invité politiqueChiffre
    « Le parti qui a perdu, c'est-à-dire le parti Renaissance qui perd une centaine de députés, se maintient au pouvoir. »
  • 4:27Invité politiqueFait
    « On le voit bien, il y a une centralité de nos idées. »
  • 5:34Invité politiqueFait
    « Ce que nous demandent les Français, c'est un gouvernement de salut public, un gouvernement d'union républicaine qui ait la même ambition que celui du Conseil national de la résistance. »
  • 8:50Invité politiqueFait
    « Le parti de Jean-Luc Mélenchon n'a jamais été condamné pour antisémitisme. »
  • 8:57Invité politiqueFait
    « Il y a un parti qui a été condamné pour des propos antisémites, c'est le Rassemblement National. »
  • 9:56Invité politiqueChiffre
    « Je ne crois pas qu'il faille renoncer au SMIC pour une raison très simple. Le SMIC en Allemagne est 1,5 fois supérieur au SMIC français. »
  • 11:05Invité politiquePromesse
    « Je pense que, d'abord, il faut abroger la mesure d'âge, bien sûr. »
  • 11:59Invité politiqueFait
    « Nous empruntons sur les marchés, à des taux qui augmentent un petit peu. »
  • 12:45Invité politiqueFait
    « Tip 2012. Il ne faut surtout pas refaire François Hollande 2012-2013. »
  • 13:00Invité politiqueFait
    « On n'a pas eu d'austérité budgétaire, on a eu d'austérité fiscale qui a été très mauvaise pour notre économie. »

Temps de parole

  • Philippe Brun78 %
  • Présentateur22 %

2,6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Philippe Brun, bonjour et bravo pour votre réélection. Comment fait-on pour survivre à la vague RN dans l'heure ? Vous êtes le seul survivant.

0:08
Philippe Brun

Écoutez, je crois qu'il y a eu un très gros travail de terrain fait depuis deux ans, une vraie implantation. Je suis né, j'ai grandi dans ma circonscription. Puis je pense à un discours de gauche populaire, celui qui nous manque aujourd'hui, je crois, assez cruellement nationalement. Une gauche qui parle aux problèmes des gens concrets, des certifications médicales, les problèmes de services publics, les problèmes de salaire, qui s'éloignent des polémiques nationales qui parfois semblent très très éloignées des problèmes des gens.

0:32
Présentateur

Parce que la gauche aujourd'hui, c'est les grandes villes, à part vous et quelques-uns.

0:35
Philippe Brun

Oui, aujourd'hui on voit bien qu'il y a une réduction finalement de la représentation politique de la gauche à l'Assemblée, à des députés des métropoles. Mais je n'oublie pas tous ceux qui ont gagné, notamment au groupe socialiste. On a des députés dans les Hautes-Alpes, on a des députés dans la France périphérique et périurbaine. Et on a encore le groupe socialiste, c'est le groupe toujours qui représente le plus cette France des territoires. Et périurbaine, périphérique, cette France un peu oubliée, qui aujourd'hui effectivement a fait le choix très majoritaire du Rassemblement National.

1:03
Présentateur

Est-ce qu'on est conscient au PS, au Front Populaire, que certes vous avez plus de sièges, mais que vous n'avez pas eu plus de voix que le RN et que ça peut poser un problème ?

1:11
Philippe Brun

Je souhaite qu'on en prenne conscience, parce que j'ai le sentiment, y compris dans les discussions médiatiques, d'une forme d'hallucination collective.

1:17
Présentateur

Il y a un peu d'ivresse là.

1:18
Philippe Brun

Il y a un peu d'ivresse. On ne va pas gouverner le pays avec seulement 180 députés. J'entendais les uns et les autres parler, on va faire le 49-3. Non, on ne va pas faire le 49-3. On a combattu le 49-3 pendant les deux dernières années. On ne va pas recourir à des ordonnances. Il faut un gouvernement majoritaire au pays. Et donc, ça nécessite évidemment, au moment où nous nous parlons, d'aller au-delà de nous-mêmes, dans une assemblée qui n'a pas de majorité. Personne ne pensera qu'on trahira les électeurs parce qu'on trouve un contrat de coalition avec les autres. C'est l'intérêt de la France. Il faut bien gouverner. C'est l'intérêt de la France.

Les gens nous le disent, y compris chez moi, des électeurs très, très, très à gauche, qui me disent trouver une solution pour le pays. Si on applique 70 ou 80% du programme du Front populaire, c'est déjà formidable. Allez-y, prenez vos responsabilités. Si nous échouons cette fois-ci, alors qu'est-ce qui se passera en 2027 ? Ce sera le PN. On ne peut pas faire une assemblée pendant trois ans avec des gouvernements qui tombent tous les 15 jours. Il faut trouver un gouvernement stable au pays. Il faut faire passer le pays avant les partis.

2:13
Présentateur

Alors, quelle méthode recommandez-vous ? Choisir un Premier ministre et un gouvernement et puis après, essayer de lui trouver une coalition à l'Assemblée ou d'abord passer un accord pour pouvoir choisir un Premier ministre qui représente cette coalition ?

2:23
Philippe Brun

Je crois que la bonne méthode, c'est celle des démocraties européennes, c'est-à-dire des discussions entre partis pour trouver un accord majoritaire. Et je dis bien, ce que je propose, ce qui semble finalement être la meilleure solution pour le pays, c'est l'inverse du « en même temps ». Ce n'est pas le « en même temps » qui était quoi, finalement, le gouvernement d'un seul avec des débauchages des uns et des autres. Là, c'est un contrat de coalition. On écrit noir sur blanc ce qu'on va faire ensemble durant les prochaines années. Évidemment que moi, je préférais ne pas gouverner avec les macronistes ou ne pas gouverner avec la droite.

Je me suis opposé à eux très durement durant les deux dernières années. Mais l'Assemblée nationale est composée telle qu'elle est aujourd'hui et les Français ont élu cette composition. Et donc, il faut en tenir compte pour donner de la stabilité au pays et avoir un gouvernement qui prenne en compte ces grandes difficultés qu'ont les Français aujourd'hui.

3:06
Présentateur

Dans ces démocraties européennes comparables, ça prend du temps. Parfois, les Allemands mettent plusieurs mois avant de trouver la base programmatique.

3:13
Philippe Brun

Il faut se donner du temps aujourd'hui ? Alors, je crois qu'il doit y avoir quelques temps de discussion. Je crois tout de même qu'il faut assez rapidement nommer un Premier ministre. Je crois qu'il y a un symbole qui est terrible qui serait celui du maintien de Gabriel Attal jusqu'au mois de septembre. On nous explique qu'il fallait faire la dissolution tout de suite avant les Jeux Olympiques pour avoir un nouveau Premier ministre. Et puis, la dissolution a eu lieu. Le résultat est connu. Et le parti qui a perdu, c'est-à-dire le parti Renaissance qui perd une centaine de députés, se maintient au pouvoir. Je crois que ce serait un terrible message.

Il faut donc, je crois, qu'il y ait une démission à un moment rapide du gouvernement, la nomination d'un Premier ministre chargé de mener ces négociations.

3:50
Présentateur

Ça veut dire qu'on va regarder l'arithmétique des groupes actuels. Donc, ce Premier ministre, il peut être la France Insoumise. C'est le groupe le plus important dans le Front populaire qui est le rassemblement le plus important.

3:59
Philippe Brun

Alors, nous saurons en fin de semaine qu'il est le groupe le plus important. Au moment où je vous parle, d'après nos calculs, le groupe socialiste peut être le groupe le plus important de l'Assemblée nationale. Ça se jouera... Pardon, le groupe le plus important de la gauche à l'Assemblée nationale. Ça se jouera à deux ou trois voix.

4:14
Présentateur

Et ça, c'est important ? C'est-à-dire que le centre de gravité du Front populaire peut bouger ?

4:19
Philippe Brun

En tout cas, ce que je constate, c'est que le centre de gravité, en tout cas d'une éventuelle majorité à l'Assemblée nationale, il est du côté du Parti socialiste. On le voit bien, il y a une centralité de nos idées. Et donc, je crois que c'est en tout cas le groupe socialiste qui est le groupe charnière aujourd'hui qui représente les aspirations majoritaires exprimées lors de la dernière élection.

4:37
Présentateur

Et vous avez un nom à proposer, un nom qui vous vient en tête, qui pourrait faire cette coalition, ce rassemblement ?

4:42
Philippe Brun

Nous avons beaucoup de noms en tête. On parle beaucoup de Boris Vallaud, le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale. On parle d'Olivier Faure. On parle aussi de Nicolas Maillard-Rossignol, le maire d'Auron. On parle de Laurent Berger. On a parlé de Raphaël Glucksmann, qui est assez haut dans les sondages. Bref, on a plein de personnalités. Je n'oublie pas Valérie Rabault. Moi, je croyais beaucoup en elle. Même si elle a été battue ? Elle a été battue, malheureusement. Et je crois qu'en tout cas, elle devrait faire partie d'un gouvernement parce que sa compétence est reconnue par tous et on a besoin d'elle.

5:05
Présentateur

Boris Vallaud, il connaît très bien le président de la République. Il a travaillé avec à l'Élysée. Ils sont copains de promotion de l'ENA. Ça peut aider, non ?

5:11
Philippe Brun

En tout cas, c'est quelqu'un qui connaît bien l'appareil d'État. Je crois que c'est important d'avoir quelqu'un qui soit immédiatement opérationnel, qui sait comment fonctionne l'interministériel, qui sait ce que c'est qu'un secrétaire général du gouvernement qui peut tout de suite, finalement, faire fonctionner la machine. Car on a une machine qui est très abîmée aujourd'hui. Quel est l'enjeu aujourd'hui ? On a eu un effondrement politique lors du premier tour des élections législatives. Ce que nous demandent les Français, c'est un gouvernement de salut public, un gouvernement d'union républicaine qui ait la même ambition que celui du Conseil national de la résistance.

Il faut qu'on se mette d'accord sur dix grandes mesures pour changer le quotidien des Français. Et si nous y arrivons, alors le Front national reculera, j'en suis convaincu.

5:48
Présentateur

C'est-à-dire que c'est plus l'esprit du Front républicain du deuxième tour que simplement du Front populaire ?

5:53
Philippe Brun

De toute façon, on ne peut pas se limiter au Front populaire. Moi, j'aimerais me limiter au Front populaire. Je suis député socialiste. J'adorerais qu'il y ait un gouvernement du nom de la gauche majoritaire en France.

6:01
Présentateur

Comme en 97 ou en 81 ?

6:02
Philippe Brun

J'aurais adoré qu'on gagne comme en 97 ou en 81. Ce n'est pas la réalité. Et on ne peut pas faire de la politique avec des illusions. On ne peut le faire qu'avec des réalités. La réalité, c'est que nous ne pouvons pas gouverner avec 180 députés. Donc, il faut trouver des alliances.

6:14
Présentateur

Est-ce que c'est l'occasion pour vous, socialistes, de rompre avec la France insoumise ? On pensait que cette rupture était consommée depuis le 7 octobre. La NUPES était morte. Le Front populaire l'a relancé, cette union. Mais est-ce que ce n'est pas l'occasion de dire qu'on ne travaille plus avec vous ?

6:27
Philippe Brun

Il faut travailler avec le plus de gens possible. Il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale. Donc, il n'y a aucun ostracisme à avoir vis-à-vis de la France insoumise, qui est notre partenaire. Pas plus qu'il ne doit y avoir d'ailleurs vis-à-vis des macronistes. Je le dis, je suis très opposé aux macronistes depuis deux ans. Mais là, on doit trouver une majorité. Donc, on ne va pas commencer à trouver une majorité à l'Assemblée nationale en faisant des soustractions. Il faut faire des additions. Il y a un programme aujourd'hui qui a une majorité de siège à l'Assemblée. C'est le programme de l'Union de la Gauche. C'est la base, finalement, de rassemblements qui doivent s'opérer ensuite.

6:56
Présentateur

Olivier Faure a pourtant été clair. Impossible, dit-il, de travailler avec l'ancienne majorité présidentielle, qui a été battue dans les urnes et qui a été combattue depuis deux ans.

7:03
Philippe Brun

Ce n'est pas tout à fait ce qu'il a dit. Il a dit que pour l'instant, mais quand même, de toute façon, il va falloir se résoudre à discuter avec eux. On ne va pas laisser le pays sans majorité ou avec un gouvernement technique. On est la France. On ne va pas avoir un gouvernement technocrate. Et nous, continuer à faire les pitres à l'Assemblée nationale et se dire, dans trois ans, c'est les présidentielles.

7:20
Présentateur

Et pourquoi pas un gouvernement technique ? Pas pour trois ans. Pour un an avant une prochaine dissolution. Des gens sérieux qui tiennent les comptes et qui vous permettent, pendant ce temps-là, de reparler aux Français.

7:28
Philippe Brun

Moi, je pense qu'en démocratie, il n'y a pas de gouvernement technique possible. Il n'y a que des politiques. Il y a une élection qui a eu lieu. Et puis, on va refaire une dissolution. Vous croyez que les gens ont envie de retourner aux urnes ? En cinq ans, mais dans quel pays on est ? En cinq ans, trois élections législatives. Ce n'est pas possible. Là, il faut de la continuité d'ici 2027. Un gouvernement de salut public qui règle les grands problèmes du pays. Et puis, en 2027, il y aura un candidat de droite, un candidat de gauche, d'extrême droite. Pourquoi pas d'extrême gauche à l'élection présidentielle ? Chacun repartira sous ses couleurs.

Mais là, maintenant, le moment est celui du rassemblement. Et surtout, comment dire, une forme de sursaut républicain, de sursaut patriotique. Il faut comprendre ce qui s'est passé au premier tour et cet effondrement inédit qu'on a vécu.

8:08
Présentateur

De grandes voix reviennent à l'Assemblée nationale. Darmanin ou Attal d'un côté, François Hollande de votre côté. Ils vont avoir un rôle à jouer spécifique pour cette phase inédite ?

8:17
Philippe Brun

Je crois. Plus il y a de voix importantes, plus, évidemment, la voix porte. Et donc, nous aurons, je crois, effectivement, des choses à nous dire. C'est des personnalités qui comptent. Et puis, il y en a d'autres aussi nouvelles qui sont arrivées.

8:30
Présentateur

Il y a des inquiétudes en Israël. Plusieurs voix s'élèvent, dont celle de l'ultra-nationaliste Avigdor Lieberman, qui dit « Juifs de France, venez en Israël ». Le parti de Jean-Luc Mélenchon est en train d'arriver au pouvoir. Et pour eux, Jean-Luc Mélenchon, c'est évidemment l'antisionisme et l'antisémitisme.

8:43
Philippe Brun

Le parti de Jean-Luc Mélenchon n'est pas en train d'arriver au pouvoir. Nous sommes en train de discuter les uns et les autres. Je veux dire, rappeler quand même que le parti de Jean-Luc Mélenchon n'a jamais été condamné pour antisémitisme. Nous sommes ici dans un état de droit. Il y a un parti qui a été condamné pour des propos antisémites, c'est le Rassemblement National. Ce n'est pas le parti de Jean-Luc Mélenchon. Je veux quand même ici le rappeler, qu'étaient les discussions sur la situation en Israël.

9:06
Présentateur

Certes, mais il y a eu quand même depuis le 7 octobre des propos, des tweets, des actions de députés LFI. Ce qu'a dit David Guiraud, ce qu'ont pu dire. L'entourage de Jean-Luc Mélenchon ne peut pas l'effacer.

9:16
Philippe Brun

Je veux dire ici à toutes les Juifs et toutes les Juives de France qu'ils seront protégés avec le gouvernement de l'Union de la gauche et que nous défendrons à jamais le droit d'Israël à sa sécurité et à son existence. C'est écrit très clairement dans l'accord du Nouveau Front Populaire. Je veux dire ici que les Juifs ont leur place en France. Et la France est un grand pays, pays des droits de l'homme, qui a réaffirmé son attachement à notre devise républicaine lors du second tour des élections législatives. Et cela, nous le garantissons.

9:42
Présentateur

70%, 80% du programme, dites-vous, ça serait déjà beaucoup pour une majorité finalement qui n'est pas si nombreuse. À quoi on renonce ? Est-ce qu'il faut renoncer par exemple au SMIC qui fait peur au patron et qui pourrait vous valoir une motion de censure venant de la droite ?

9:56
Philippe Brun

Je ne crois pas qu'il faille renoncer au SMIC pour une raison très simple. Le SMIC en Allemagne est 1,5 fois supérieur au SMIC français. Aux Etats-Unis, deux fois le SMIC français. On voit bien qu'il y a une marge de progression. Je dis simplement qu'il faut prévoir des compensations pour les PME avec des baisses de cotisations sociales et un élargissement du financement de la protection sociale au revenu du capital. On voit bien que de toute façon, on ne va pas pouvoir financer la Sécu ad vitam et termam seulement sur les revenus du travail avec le vieillissement démographique qu'on connaît. Moi, je dis qu'il faut qu'on puisse compenser pour un boulangerie, par exemple, en milieu rural.

On le fermerait s'il y a une hausse du SMIC sans compensation pour les petites entreprises. Donc, il faut des compensations pour les petites entreprises. Je crois que c'est très attendu par les Français. Hausse du SMIC et pas seulement du SMIC, de tous les salaires.

10:41
Présentateur

Ça veut dire une grande conférence de paritarisme social, remettre les partenaires sociaux dans le monde ?

10:45
Philippe Brun

Une grande conférence salariale, effectivement, qui nous permette, branche par branche, de discuter de ces hausses de salaires pour mieux répartir les fruits du travail collectif des uns et des autres.

10:55
Présentateur

De la même manière, la réforme des retraites, abrogation, abrogation, disent les vainqueurs de dimanche. Ça se fait comme ça, d'un claquement de doigts, d'un décret ?

11:04
Philippe Brun

Non, ça ne se fait pas d'un décret. Je pense que, d'abord, il faut abroger la mesure d'âge, bien sûr. Il y a une majorité pour le faire à l'Assemblée. Quand on regarde la composition des groupes les uns et les autres. Y compris avec le RN, qui était contre cette réforme. Y compris avec LR, je le rappelle, sur les députés LR et élus, d'après mes calculs, une majorité d'entre eux a voté contre la réforme des retraites et a même voté la motion de censure pour faire tomber le gouvernement. La motion Liotte. La motion de l'époque, qui avait échoué seulement de neuf voix. Je pense notamment à Aurélien Pradié.

Je pense à mon homonyme Fabrice Brun, qui est député de l'Ardèche, qui avait voté contre aussi la réforme des retraites. Il y en a très nombreux. Les LR, finalement, qui étaient plutôt pour la réforme des retraites, sont partis avec Éric Ciotti. Donc, on voit bien que là aussi, les lignes bougent. Et donc, il ne faut avoir aucune oeillère et pouvoir discuter avec tout le monde pour faire avancer le pays.

11:48
Présentateur

Mais là encore, il faudra mettre les comptes publics d'équerre. Bruxelles nous surveille.

11:52
Philippe Brun

Bruxelles nous surveille, et pas seulement Bruxelles. Nous empruntons sur les marchés, à des taux qui augmentent un petit peu. Nous avons une nécessité, évidemment, d'équilibrer nos comptes. Donc, la abrogation de la réforme des retraites doit surtout permettre que ceux qui ont commencé à travailler tôt ne fassent pas deux ans de plus que tous les autres. Ce qui s'est produit, c'est la raison de notre position. Et puis, il faudra aussi faire des économies, bien sûr. Nous en prévoyons, d'ailleurs, dans notre programme. Il y a des économies à faire, bien sûr. Des recettes aussi supplémentaires, sans évidemment casser l'économie. Tout ça est sur la table et devra être négocié.

Encore une fois, point par point et être écrit noir sur blanc avec nos partenaires.

12:31
Présentateur

Sans casser l'économie, dites-vous. C'est bien ça, peut-être le risque. Le macronisme a échoué dans beaucoup de domaines, mais il avait ramené les investisseurs. Il avait relancé l'emploi. Il faudra être très prudent de ce côté-là.

12:41
Philippe Brun

Oui, il ne faut pas un choc fiscal d'ampleur, si vous voulez. Tip 2012. Il ne faut surtout pas refaire François Hollande 2012-2013. On a vu que c'était une erreur économique qui est documentée par plein d'études aujourd'hui et qui a amené un ajustement structurel trop important. On n'a pas eu d'austérité budgétaire, on a eu d'austérité fiscale qui a été très mauvaise pour notre économie. Donc oui, il faut avoir une vision keynésienne. C'est-à-dire regarder, il vaut mieux dégrader un peu le déficit public et permettre la relance de l'économie. Ce qui importe, c'est la croissance, c'est l'emploi.

13:11
Présentateur

Et vous, Philippe Brun, dans cette aventure, est-ce que ça vous dirait de passer côté exécutif ?

13:15
Philippe Brun

Vous n'avez connu que l'opposition finalement, depuis que vous vous êtes lancé en politique. Moi, j'ai mené d'autres ambitions que de servir ma circonscription qui m'a fait le bonheur d'être réélu, de me faire à nouveau confiance lors de la dernière élection.

13:26
Présentateur

On peut la servir en étant ministre.

13:27
Philippe Brun

Bon, écoutez, pour l'instant, on n'est absolument pas là et ce n'est pas mon ambition.

13:33
Présentateur

Il va y avoir aussi des répartitions de postes à l'Assemblée nationale. On sait que c'est clé. La présidence de l'Assemblée, c'est pour qui ?

13:39
Philippe Brun

C'est forcément pour un socialiste ou un LFI ? Eh bien, nous discuterons de la meilleure répartition possible. Mais effectivement, aujourd'hui, aucun groupe n'étant majoritaire, aucun groupe n'a la présidence garantie. Il faudra discuter. Personnalités qui pourraient rassembler largement, qui ne pas être socialistes, qui peuvent être d'un groupe très minoritaire. J'entends des collègues me parler d'André Chassaigne. Pourquoi pas ? Vieux sage, communiste.

14:02
Présentateur

Certains citent Charles de Courson.

14:04
Philippe Brun

Voilà, ou pourquoi pas, ou un socialiste. Je sais que d'autres sont intéressés au sein du groupe socialiste, les uns et les autres.

14:09
Présentateur

La présidence de la Commission des Finances est réservée à l'opposition. Ça a été Éric Coquerel pendant deux ans. Ça sera le RN ?

14:17
Philippe Brun

Je ne sais pas, parce que pour l'instant, il n'y a pas de gouvernement. Il n'y a pas d'opposition. Tout est possible. Notre règlement devra être modifié de toute façon pour essayer de trouver une solution.

14:29
Présentateur

Philippe Brun, la gauche sans hubris, sans ivresse. Merci beaucoup et bonne journée. Merci.

14:35
Philippe Brun

Merci beaucoup Christophe. On vous retrouve demain matin à 7h45. Votre invité sera Sylvain Maillard, député Renaissance de Paris. Sous-titrage ST' 501