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interviewFrance Culture (sur YouTube)· 3 septembre 2020 33 min

Qui sont ceux qui rêvent d'un retour à la nature ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

dans un groupe ce qui est bien c'est que vous pouvez avoir un colonel qui a fait la guerre et puis un perdreau de l'année un petit jeune de 18 ans qui a ses vérités toutes faites mais qui connaît rien de la vie une maman qui a accouché trois fois et croyez-moi il a de l'expérience quand on a fait trois gamins on sait ce que c'est que la douleur une mamie très creuse deux couples urbains et puis un paysan ben voilà vous avez tout ça il faut faire avec et chacun à son expérience chacun sont passés chacun met son curseur du moment où tout va basculer où ils ont pu maîtriser ou ont pu connaître où ils vont avoir peur de mourir et chacun met dans un pot commun tout ça et on parle beaucoup et le but c'est que tout le monde trouve sa place dans le collectif dans l'actualité des idées aujourd'hui qui sont ces nouveaux robinson qui aspirent aujourd'hui un retour à la nature et pourquoi en pleine pandémie et après des semaines de confinement de ville western déserté de vie resserré en appartement nombreux sont ceux qui se sont mis à rêver de verre de chant de prendre le large de retour à l'état de nature c'est ce désir de se voir ce besoin d'ailleurs un de ceux liés à la nature qui touche écrivent-ils même les plus modernes qu'ils ont cherché à analyser et à documenter les sociologues sébastien dalgalarrondo et tristan fournier sont nos invités aujourd'hui à l'occasion de la parution publication aux arènes de leur livre enquête l'utopie sauvage bonjour avoue sébastien bach à la rando et bonjour à vous tristan fournier vous êtes loin à toulouse pas avec nous aujourd'hui en studio mais on vous entend est ce que vous nous entendez bien aussi bonjour enchanté à nos côtés le romancier pierre ducrozet aux invités la première partie de la grande table auteurs du grand vertige chez actes sud est resté avec nous et on a plaisir à vous retrouver vous vous interrogez d'air dans ce roman l'évoquait sur comment habiter ce monde on va voir si vous avez expérimenté autant de choses que deux sociologues pour tenter de cerner le profil de ces nouveaux robinson est le point de départ de cette enquête tristan fournier c'est une grange en ariège la vôtre celle que vous habitez et c'est là que vous avez invité votre ami collègue sébastien dalgalarrondo à venir passer quelques étés ensemble vous avez observé la nature votre propre expérience c'est elle que vous mettez en scène dans cette enquête pourquoi il y avait pour vous et un désir aussi sincère de comprendre de repenser votre propre rapport au temps à la nature au départ oui je pense en fait des raisons personnelles et scientifique s'entremêlent comme dans souvent les projets de recherche donc effectivement jeu ça démarre par un projet personnel il ya quelques années lorsque jacques hier une grange isolé en ariège bon moi j'ai grandi en montagne je souhaite me reconnecter à ce moment-là plus régulièrement à la nature avec tous les guillemets que ce terme requiert également initié monfils qui a grandi en centre ville et puis j'invite sébastien justement pour les vacances donc on est collègues et amis je sais que ce projet-là nîmes aussi et puis on va passer une partie de l'été ensemble à randonner ramasser les champignons à construire des cabanes à pêcher bref tout un tas de d'activité de pratique dans sauvagement très banales mais somme toute très agréable et puis il ya ce moment où on découvre une offre de découverte de plantes sauvages comestibles et médicinales une petite initiation d'une demi journée proposée dans la vallée à laquelle on va s'inscrire et que l'on va que l'on va faire ensemble et je crois que c'est ce lieu où se rencontrent nos préoccupations personnelles et nos centres d'intérêts on va dire scientifique intellectuel c'est comme ça que le projet mais voilà il ya un terreau fertile il faut le dire en chacun de vous vous tristan fournier vous êtes plutôt spécialisés ou intéressés jusqu'ici aux questions autour des changements alimentaires et vous à sébastien dallaire mon dos à tout ce qui touche au corps à son optimisation aux questions de santé aussi parallèlement donc ces deux sujets domaines de recherche vont se retrouver dans cette pré expérience commune la maison est ce que cette maison en ariège tristan fournie elle a été pour vous un lieu refuge pendant le confinement mais malheureusement non j'aurais beaucoup aimé mais comme dans beaucoup de campagnes en france en fait ce genre d'expérience fin d'événement qui a été le confinement a révélé quelques tensions notamment entre entre les habitants des villes et des campagnes et donc qu'il ya eu quelques petites tensions justement à ce que les résidents secondaires rejoignent leur leur maison de vacances et donc j'ai pas voulu alimenter ce genre de ce genre de petits désagréments donc j'ai choisi de rester dans mon petit appartement toulousain évidemment j'aurais préféré le faire là bas et pour vous comment ça s'est passé j'étais comme beaucoup de paris dans mon appartement au 6e étage en ville en ville ainsi paris voilà et du coup est né de cette expérience de confinement une furieuse envie d'aller vous mettre au vert par la suite moi j'irais pas pas beaucoup plus mais c'est vrai que ça va aller ça devenait un petit peu existentielle mais n'en ont pas beaucoup plus c'est quelque chose qui nous anime tous les deux depuis très longtemps moi je viens du gers s'est élevé à la campagne aussi je suis monté à paris pour faire mes études comme on dit et donc j'ai toujours eu ce besoin de nature qu'on peut oublier pendant quelques uns m qui ressurgit quelque part et c'est vrai que travailler sur ça c'est aussi pour nous un moyen de que de joindre l'utile à l'agréable de faire une recherche et de en même temps engagé un processus de transformation au contact de la nature donc voilà notre vie devient quelque part une expérience à partir de laquelle on peut après nous et d'autres d'autres études et envisager des choses plus largement c'est vrai que si on se base beaucoup cet écrit sur nos expériences personnelles c'est la mission de faire une sociologie un peu différente aussi quelque part une sociologie modeste mais sociologie qui qui surplombe passants sont le lecteur qui il apporte pas de réponse non plus mais qui se met en scène les sociologues qui se met en scène un peu pour juste pour faire voir qu'eux aussi sont à tâtons dans ce bas dans cette période que nous vivons d'effondrement de la biodiversité parce que se pose la question des fondements parce que les fonds d'avoir à coincer donc voilà c'est une sociologie modeste qui invite le lecteur à faire des pas de côté penser que l'effondrement a déjà commencé bah je suis de la biodiversité on peut passer c'est juste une manière de dire on ne peut pas parler d'effondrement faut par des forêts parler d'eux les effondrements comme le dit l'historien fressoz cela je cesse je pense qu'il faut on est déjà dans ce mouvement là et si on écrit sur la nature alors que j'écrivais en avance sur les médicaments sujet tout à fait différent c'est bien parce que je suis extrêmement préoccupé par ce qui se passe on entendait en ouverture 1 extraits d'émissions secret d'infos ou denis tribaudeau organisateur de stages de survie montre que ces stages sont suivis par des personnes aux profils très différents vous avez vous aussi expérimenter ces différentes méthodes on va y revenir pour tenter de comprendre qu'ils sont ceux qui souhaitent se mettre au vert aujourd'hui qu'est ce qui les anime est ce que vous direz d'abord que vous êtes des des rêveurs comme les autres est-ce que c'est peut-être le point commun entre toutes ces personnes dans le livre c'est vrai qu'il ya eu la grange que vous parlez de la maison en fait c'est une grange il faut lui rendre son identité et j'ai dit la grange en ariège non la maison après j'ai dit la maison juge mais ces deux là n'ont rien que le lit des séquelles elle dans ce livre la halle et ironique elle nous regarde en train de faire et bien sûr nous si nous sommes exactement comme tout le monde en train de créer notre propre et opi de tâtonner de deux sont parfois on doit être sans doute assez ridicule par quand on nous regarde de faire mais voilà les l'idée c'est qu'on est comme tout le monde après on ad on a des outils d'e on fait des enquêtes donc ça nous permet de proposer un discours qui soit peut-être un peu plus ficelé que celui de du commun des mortels mais vraiment les lits des cdc cessé de se mettre en scène comme comme tous ceux qui sont très préoccupés qu'ils cherchent par tous les moyens au quotidien de se reconnecter avec la nature et donc moi je suis un urbain je vis pas la montagne et pourtant tous les jours je cherche je jardine je regarde j'écoute j'essaye de me reconnecter parce que j'en ai besoin parce que et parce que je me dis que c'est peut-être comme ça que j'avais que au quotidien je pourrais faire de la politique et peut-être changer les choses et ça passe parfois aussi par des stages un peu sonnant et trébuchant pour comprendre en tout cas vous avez tous les deux donné de votre personne dans ce livre enquête vous raconter le temps que vous avez passé devant l'ordinateur à regarder des émissions un peu stupide où il était question de pseudo survie mais aussi cette journée d'initiation pour tenter de reconnaître les plantes comestibles et médicinales faire le tri des séances de cueillette en ariège au bois de vincennes ou ailleurs et puis vous vous êtes aussi inscrit un stage d'une semaine à un stage de jeunes où on ne mange pas où on fait de la randonnée on va essayer de suivre les explications d'une formatrice d'un de ces stages extrait d'un grand reportage diffusé dans l'émission interception on laisse le corps le temps de utiliser les déchets circulant dans le premier jour deuxième jour il commence à s'intéresser aux réserves de graisse et on rentre donc effectivement dans un auto restauration on aime bien utiliser ce terme parce que c'est très parlant on utilise les graisses stockées ces c'est prévu pour ça pour gagner de l'énergie l'autre jour encore une personne ne faisait observer qu'elle avait un kyste à la jambe qui a disparu pendant la semaine de je ne sais vraiment pas l'intérêt si effectivement il ya une petite formation au cellulaire qui n'est pas à sa place elle va être utilisée et ça c'est vraiment la garantie d'optimiser sa santé à long terme en faisant des jeunes régulièrement on se met doucement route allez c'est parti en direction de l'abeille baudon alors là je sais pas s'il faut que je me tourne vers le spécialiste de la santé ou celui de l'alimentation avec ce témoignage autour du jeune l'autophagie là on en a un bel exemple un tristan fournier l'organisme qui se nourrit de lui même vous le racontez dans le livre il ya des motifs religieux des raisons sanitaires mais il ya aussi aujourd'hui ce motif sauvage cette idée du retour à la nature ce nouvel argumentaire qui est d'ailleurs mobilisé aussi par les promoteurs 1 du jeune oui puis il ya ces deux rhétorique qui est qui sont celles de du primitivisme et celle de l'animal isme dans la rhétorique du jeune beaucoup les promoteurs s'appuient beaucoup justement sur l'idée que auparavant que ce soit des chasseurs cueilleurs ou des peuples dits premiers primitif s'appuyait sur cette technique qu'il considérait comme très naturel faisant partie de leur quotidien et puis la référence à l'animal isme qui est encore une fois plutôt connectés au monde scientifique ou les expériences de laboratoire sont faites à partir d'animaux principalement où on observe que tous les animaux peuvent jeûner et l'on rappelle que l'être humain en est un qui le lait sans cesse rappeler que l'on peut jeûner 40 jours sans problème pour une personne normalement constituée donc ça permet de décontracter un petit peu le discours sur sur ces semaines de jeunes qui peut faire un petit peu peur aux participants on va manger pendant une semaine ça va pas de soi est ce qu'il ya un retour à l'état de nature aux origines avec tout ça on a quand même l'impression à vous lire qu'on ne naît pas jeûneurs cueilleurs on devient et on a parfois aussi l'impression qu'on tombe un peu dans les chausse trappes de ce marché du bien-être qui est très 30 ans aujourd'hui un web c'est une vrai que c'est important aussi de voir dans cette promesse d'un retour à la nature qu'elle passe par les stages de jeunes de cueillette ou des émissions de survie qu'on est face à un marché important on observe une marche ils ont une marchandisation de cette promesse pour autant il nous semble alors bien sûr on développe une sociologie critique à cet égard il serait compliqué de de passer à côté de ça également sur les discours quelque peu réactionnaire qu'il véhicule ont peut-être on y reviendra mais il nous semblait que cette vision était aussi un peu paresseuse c'est à dire de s'arrêter sur l'aspect critique puisque dans ces petites expériences et petite parenthèse temporel qui dure d'une demi-journée à quelques jours pour les stages de jeunes par exemple on croit que on observe que il se passe des choses que les participants font dès qu'ils ne font des pas de côté deviennent plus réflexif et on veut croire que le quotidien est aussi un lieu où on peut faire de la politique on peut changer des choses de manière effective et durable renouer avec la nature ou avec sa nature pierre ducrozet pour vous ça passe par quoi je sais pas du tout et je me pose la question en fait je suis un pur citadins et et jeu c'est pour ça que j'ai aussi essayé d'écrire ce livre c'est pour poser la question à travers les mêmes personnages mais mais moi je suis un peu démuni aussi je suis je je je connais quatre noms d'arbres jeu voilà donc moi même je suis je suis loin j'ai envie aussi de renouer un lien mais que je sens a été dénouée et et d'air c'est assez marrant de d'entendre cette grossesse est celui en ariège c'est la première fois effectivement là là depuis le confinement donc je suis peut-être un peu comme pas mal d'autres personnes que s'est posée au toute la question est là prête très finement éventuellement un jour d'aller peut-être dans les pyrénées par exemple que j'habite à barcelone et ce serait un lieu qui serait voilà mais c'est pour moi tout tout récent essai mais je le dis est vraiment sincèrement voilà c'est jeu j'aime la ville par ailleurs énormément pierre ducrozet hauteur de le grand vertige roman qui vient de paraître chez actes sud romans de cette rentrée littéraire ce mouvement sébastien dalgalarrondo pierre tristan fournier pardon ce mouvement il est pas nouveau mais on sent quand même qui s'est amplifié les dernières années et ce bien avant quand même la question du confinement l'arrivée dans nos vies de la pandémie pourquoi pourquoi d'après vous tristan sébastien c'est bien triste aussi ouais ouais en même temps c'est parce que je pense que évidemment c'est absolument pas à nouveau un c'est cyclique l'un son divan il ya plein de plein de vagues comme ça de retour nature mais ce qui me paraît très différents actuellement c'est quand même l'intensité et c'est à dire la dramatique qui a autour de ce sujet avec le discours sur la colonie avec cette peur perpétuelle ce discours scientifique sur la fin d'un monde possible des fonds droit nous sommes tous sensibles je pense enfin une beaucoup en soit on est une somme beaucoup être sensibles à ce discours est parfois catastrophe et on sait pas trop quoi faire au quotidien ce qu'on doit trier patrier jeter les bouteilles ou pas on est on est renvoyé à nos propre incompétence quelque part et je pense que c'est ça qui fait la dynamique nouvelle de ce retour naturia on n'est pas dans un mouvement 70 de l'émancipation il ne sait pas se balader nu dans la nature mais c'est bien de la sauver en même temps de que de nous sauver et ça c'est ça c'est quelque chose qui nous sommes très différents si tout ceci repose sur la peur c'est pour ça qu'on a mis un peu d'ironie de d'humour dans le lit parce que ce climat de peur et est un peu stressant quand même on a l'impression que on peut pas on peut pas réfléchir dans la peur et justement avec la pandémie la ville celle que vous habitez pierre du creuset celle qu'une bonne partie d'entre nous habitons encore malgré nos veines au rêve d'échapper verte cette ville elle apparaît où il n'apparaît plus ouverte comme avant c'est moi une ville carrefour une ville monde mais plutôt une ville un peu prison anxiogène et pathogènes d'où cette réflexion vous ouvrez effectivement être pas mal d'humour cette envie qu'on a tous où que ceux qui habitent en ville les urbains ont eu de s'échapper et de construire notre relation avec la nature de construire autrement nos vies néanmoins pour vous tristan fournier cette peur de l'effondrement ce qui a alimenté un par l'école absolue est-ce que ça relève quand même d'une réaction un peu irrationnel où est-ce que c'est censé pragmatique de se poser ces questions là aujourd'hui oui je pense que j'avais rajouté justement sur le l'aspect cyclique qu'il est important à considérer que je crois que le confinement à rajouter un petit peu de choses aussi dans la mesure où il a intensifié cette cette promesse d'un retour à la nature c'est envie de vacances comme vous l'avez rappelé aux verts de résidences secondaires on se souvient des agences immobilières qui en parlaient qui en témoignait de potagers urbains etc donc c'est aussi des questions par exemple d'autonomie alimentaire qui surgissent un jeu je crois que le confinement a vraiment rajouter quelque chose dans la mesure où on découvre nos villes comme de potentiels prison on prend conscience d'une une forte fragilité de nos modes de vie urbains et puisqu'il me semble intéressant à relever depuis depuis le confinement c'est que bien sûr cette quête de nature non là on lance ans de plus en plus et nos liens à cette nature deviennent ambivalent dans la mesure où elle devient de plus en plus inspirantes pour silovs et pour s'y réfugier pour résister pour réinventer quelque chose mais elle devient aussi dangereuse donc qu' on pense au potentiel point de départ de cette pandémie qui est nos liens de plus en plus étroits avec le pont gaulle à ce petit animal sauvage on voit que ces liens à la nature finalement il aussi entre une inspiration à une crainte donc je crois que ça rajoute quelque chose de très nouveau dans cette dans ce rapport à la nature voilà vous évoquez 7 ce désir d'autonomie alimentaire en tout cas de tendre un peu vers cela c'est une tendance mondiale est aussi une démocratisation un peu de cette idée de retour à la nature de ce désir et ça vous le montrez vous le soulignez bien dans dans votre ouvrage cette peur de manquer c'est c'est aussi ce qui alimente peut-être cette envie d'apprendre mille choses pour tenter de se débrouiller par exemple où trouver de la nourriture quand il pleut et autres techniques de survie en milieu hostile c'est le concept en tout cas d'une émission animée par bear grylls man versus wild seul face à la nature en france est diffusée sur rmc découverte on en écoute un extrait pendant la saison des pluies la nourriture ne manquent pas si on sait où la trouver un acacia morts voilà ce que font les gens du coin il colle l'oreille contre le tronc pour savoir s'il y a des larmes à l'intérieur et en voilà une [Musique] c'est là l'art d'un scarabée rhinocéros peut la manger cru ouvrez bien les yeux elle doit être là dedans depuis très longtemps très très longtemps une fois que je l'aurai avaler plus besoin de manger pendant une semaine [Musique] à poids égal ce genre d'insectes contiennent plus de protéines que du boeuf ou du poisson c'est la nourriture de survie par excellence un commentaire sur cette situation sébastien dalgalarrondo cette envie d'apprendre des techniques de survie ça vous avez remarqué que c'était quand même quelque chose de plus en plus courant de plus en plus pratiquée bon nous sommes baladés le temps d'aller dans les allées du salon du survivalisme pour observer un peu l'hétérogénéité des profils et donc on a pu voir cette marchandisation du survivalisme quelque part c'est assez nouveau en france mais c'est quand même un phénomène qu'est qui révèle une autre dimension de cette peur c'est c'est le chacun pour soi c'est l'équipement la guerre contre tous donc pour nous c'est quand même c'est quand même moins sociaux kg qui nous ce qui nous intéresse voire qui nous inquiète c'est criant sait comment gérer la peur en fait c'est comment transformer la peur en hélant comment transformer l'inquiétude an en énergie c'est ça le grand défi j'ai l'impression que la dichotomie modernité anti modernité à dichotomie nature culture tout ça c'est plus vraiment le problème un ca dépasse et c'est un truc médian qu'il faut trouver la modernité est l'ami l'avantagé mille choses oui on peut pas renoncer à internet c'est quand même un truc incroyable et terrasses et pas il faut pas parce que la modernité a entre guillemets par certains aspects échoué qu'il faut lui tourner le dos complètement c'est vraiment quelque chose de ce que disait tout à l'heure d'un équilibre en fait sûr sûr sûr sûr sûr nos deux pieds quoi et et c'est un aspect de la modernité l'extractive l'extractivisme en particulier qui nous a amenés là est un groupe de personnes qui nous emmène à mais ce n'est pas tout à tout à jeter et voilà c'est c'est un équilibre à trouver d'ailleurs vous le montrer aussi dans cette enquête sur notre irrépressible besoin de nature tristan fournier sébastien dalgalarrondo 7 ce clivage entre modernes anti moderne cette tendance qu'on aurait à séparer les réacs avec les progressistes et pas une ligne de fracture pertinente pour comprendre qui sont ces nouveaux robinson tristan fournier exact exactement mais je pense que cette ce qu'on aille est entendu là sur man versus while c'est vraiment le profil qui alimente justement cette vision un peu réactionnaire viriliste machiste du retour à la nature et ce qui est très intéressant pour nous donc là vraiment dans la cuisine sociologique c'est cette cohabitation avec justement un profil plus alternatifs plus progressistes comme vous l'avez rappelé et donc on est vraiment comme comme l'écologie plus généralement est capable de rassembler d'agréger des profils extrêmement divers pas tellement en termes sociaux puisqu'on est sur une catégorie de classes moyennes urbaines réflexive on va dire mais surtout en termes de catégories politique où on va vraiment de l'extrême gauche à l'extrême droite avec cette même envie c'est ce même besoin de se reconnecter à la nature et on va faire un dernier détour par un dernier stage en permaculture cette fois à la mode aussi ces stages là comme la cueillette on a vu aussi ce retour de la permaculture dans nos vies dans nos quotidiens et dans des zones comme notamment la zad de notre dame des landes sur youtube c'est rémy et collines qui nous explique que ce qu'est la permaculture et rémy aujourd'hui on vous prépare une petite vidéo pour vous parler du stage de permaculture qui va se dérouler au jardin du 10 au 15 juillet moi je vous parlais de tout ce que je connais à propos des plantes comment cultive comment on connaît son sol comment on connaît la biodiversité qui est autour comment on connaît la plainte comme on arrive à produire un bretons ça on vous parlera un petit peu du jardin aussi ce sera un peu plus sur le domaine de colline oui voilà on pourra voir un petit peu ensemble comment on fait nos semis nos plantations comme on s'occupe du jardin les rotations les associations verra plein de choses ensemble après un parallèle de sa y aura plein d'autres choses on fera un petit peu ce qu'on nous on travaille de plus en plus cela ici tout ce qui est permaculture humaine non c'est quoi la permaculture humaine justement l'abordera ensemble on vivra de toute manière en collectivité pendant cinq jours et on fera pas mal de jeux aussi de petites expériences pour pour travailler ce côté là de la vie ensemble et la communication et mieux se connaître soi même et les autres voilà la permaculture créer des écosystèmes s'intéresser aussi à la biosphère ça c'est des questions qu'aborde est notamment l'anthropologue dessinateur alessandro pinho qui dans son roman graphique consacré à la zad notre dame des landes comprendre ce qui s'y joue dans les pas de philippe d'escaut la france culture on est avec nos deux invités ils sont tous les deux sociologues il s'appelle sébastien dalgalarrondo et tristan fournier il signe aux arènes l'utopie sauvage une enquête sur notre irrépressible besoin de nature et à nos côtés et romance est resté le romancier pierre du creuset hauteur en cette rentrée de le grand vertige chez actes sud de france culture déjà 13h20 france culture la grande table olivia gesbert l'utopie sauvage n'a pas de lieu c'est un horizon voilà ce que vous écrivez tous les deux sébastien dalgalarrondo est triste on fournier dans votre enquête l'utopie sauvage quelle est cette quête comment l'expliquez vous revenez notamment longuement sur ce retour du modèle du chasseur cueilleur face à l'anthropocène est ce que vous le percevez le retour de ce modèle dans les pas de james cott comme une forme d'utopie un peu nostalgique ou est-ce qu'il faut y voir une forme aussi d'idéal d'organisation tristan fournier alors james cott donkey c'est le livre au mot domestiques us dont vous parlez qui est un excellent livre dans lequel il ne va jamais tomber dans l'idée selon laquelle les chasseurs cueilleurs était plus heureux que nous ils bien attention à passer ce cap mais par ailleurs il nous rappelle que justement les chasseurs cueilleurs peut-être vivait avait plus de l'autre le plus de temps libre était moins carences et que leurs homologues déjà installés dans des villes donc là on est à moins de 10000 moins dix mille ans avant notre ère et l'objectif de scott ces deux donc c'est un anthropologue anarchiste son objectif c'est de de montrer d'ouvrir une brèche en fait dans le grand récit civilisationnel selon lequel la modernité le progrès sont arrivés au temps de l'installation de l'élevage et de l'agriculture et donc ils montrent justement que les chasseurs cueilleurs qui cohabitait avec les personnes installées dans ces villes avaient justement ne souffrait pas autant de carences nutritionnelles avait probablement beaucoup plus de temps libre et donc là c'est intéressant parce qu'il s'appuie sur des découvertes paléoanthropologie car qui est logique et avec les avancées technologiques on est capable maintenant de repérer ces signes sur les squelettes voilà donc c'est ça qui est très intéressant puisque cela vient nourrir justement cette promesse du chasseur cueilleur comme quoi ceux déjà marshall salines c'est un anthropologue donné 70 disait cette phrase très célèbre que les chasseurs cueilleurs constituait la première société de loisirs d'abondance donc c'est assez intéressant à faire comme parallèle il ya un sorte d'une sorte de ré enchantement de la forêt de ses habitants assez peu plus premier tu avais toute cette attention qu'on peut avoir sur ces on a été en alaska par exemple avec tristan pour faire une conférence on a eu l'occasion de voir de près ce que tu es devenu c'est pas peu preuve le premier donc voilà on se rend compte qu'il faut à la fois sauver la forêt et c'est 1er et donc quelque part cette projection cette rétro retrocopy du jeu qui nous invite à apprendre le chasseur cueilleur comme horizon régulateur c'est une manière de réenchanter notre vie du paléolithique et d'en faire un horizon régulateur mais pas plus mais l' avantage c'est comme c'est une page blanche à politique de l'homme avant l'état de l'homme avant la religion de l'homme avant peut-être même les inégalités entre les hommes et les femmes pour certains discours voilà chacun peut s'y projeter donc ça devient une page bien sûr lequel bas autant les anarchistes que les plus grands réactionnaire peuvent se projeter donc je pense que c'est là quelque part l'utilité aux boules à la plasticité politique de ce modèle et c'est ce qui nous intéresse d'un point de vue critique parce que ça ça ça mérite il est intéressant de de séparer ce qui nous paraît raisonnable ce qui nous paraît parfois la pente réactionnaire dessous ce discours sur le sol la nature les racines voilà sera distinction nature culture humains non humains il ya aussi tout un courant philosophique anthropologique très écouté très suivi en ce moment qu'ils pensent notre relation au repenser notre relation aux vivants on a déjà parlé de bruno latour tout à l'heure avec pierre ducrozet évoqué philippe escola parler de ce livre phare qu'est celui de james cott avec vous à l'instant tristan fournier où vous citer aussi l'anthropologue nastasia martin élève d'ailleurs de philippe escola spécialistes et des peuples arctique hauteur de croire aux fauves elle a été mordu par un ours et elle raconte comment l'accident devient pour elle renaissance a testé par son changement de nom pour la communauté allait désormais une miette qu'a raconté vous celle qui vit entre les mondes moitié femme moitié ours pour terminer vous parlez aussi dans ce livre et j'aimerais qu'on revienne sur ce mode ans sauvagement le ministre de l'intérieur gérald darmanin aussi après les sauvageons de jean pierre chevènement il évoque l'ensauvagement qu'il faudrait stopper d'une certaine partie de la société pour un temps la montée de lait violence et la délinquance alors on a beaucoup polémiqué sur ce terme débattu sur son utilisation il a tenté de clarifier son propos mais ce qui est intéressant c'est qu'aujourd'hui ce boute d'ensauvagement on le voit à la fois apparaître de manière très positive connais tes nerfs très positif sur ce qui ramène aux sauvages ou à l'état de nature ou de manière très péjorative qu'est ce que c'est pour à vos yeux de sociologues sébastien dalgalarrondo thrill sont fournis est ce que c'est un concept un peu fourre-tout est-ce qu'il faut bien souligner son double sens pour comprendre sa portée aujourd'hui je dirais que c'est une très mauvaise manière de nommer les choses surtout et le problème donc et on peut voir que quelqu'un quelque part on est habitué aux discours d'extrême droite qui est ce à l'utilisation de l'un sauvagement par ce discours le fait que la ce soit la droite qui l'utilisent c'est un petit peu inquiétant parce qu'on voit bien que derrière dans cette stigmatisation des sauvages il ya l'idée du brutal du non civilisés mis à l'idée aussi peut-être postcoloniale 2 d'une population qui est tout le temps quelque part indirectement stigmatisé à travers c'est un soulagement on pensait tous la concertation permanent s'est défendu en tout cas oui bien sûr utilisé ce concept déjà faire une erreur je passe pour un homme politique c'est ça ne veut rien dire et c'est pas utilisé en se parlant de réenchantement de la forêt dans sauvagement de réappropriation des savoirs et des connaissances de la nature réseau ravon sauvagement ce genre de discours mais vous l'utiliser comme ce beau donc pour vous on peut dire que sans sauvage et serré enchanté c'est prendre le risque comme vous l'écrivez d'expérimenter et d'hésiter hésité entre deux modes de vie de mode d'appréhension du monde c'est aussi cela la constance du grenier bat déjà le terme en fait il est il nous est utile parce que la racine latine silva signifie forêt donc nous on voulait travailler justement sur ce rapprochement vers la forêt c'est un mouvement la forêt c'est aussi donc c'est l'altérité et mais ce qui est intéressant aujourd'hui c'est qu'on en sait qu'on s'en rapproche un mine de rien puisque à travers des livres comme la vie secrète des arbres de volée bm à travers la date de notre dame des landes où on constate que la forêt devient un lieu de résistance c'est aussi un lieu où le soir où on se retrouve en s'optimise bref on a cette altérité de laquelle on tente de se rapprocher et c'est ce mouvement qu'on essaie de décrire voilà la forêt devient aussi lieu de culture ecrivez-vous merci beaucoup sébastien dalgalarrondo merci tristan fourni de nous parler de votre enquête sur notre irrépressible besoin de nature peut être allez vous cesser de résister pierre ducrozet filet vivre au vert désormais après cette émission l'utopie sauvage votre enquête vient de paraître aux arènes merci messieurs merci beaucoup merci [Musique] la grande peur c'est le magazine de la culture et des idées de france culture vous pouvez nous rejoindre si vous le souhaitez sur le fil des podcasts et trouver toutes les informations en lien avec l'émission sur france culture point fr à la programmation de la grande table culture oriane delacroix et henri leblanc à la programmation de la grande table libe jean bulot avec l'aide précieuse de l'aura du teich perez et deux ânes ou delfino et madeleine martinas la réalisation aujourd'hui c'était thomas beau avec du dovigo j'ai très bel après-midi à tous sur france culture