Iran-Israël : « Un basculement mondial » estime Thierry Breton|LCI
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
édition spéciale ce soir. Nouvelle escalade entre l'Iran et Israël. De nouvelles frappes d'Israël sur l'Iran sur des cibles ce soir et cet après-midi, mais également une riposte attendue de l'Iran ce soir.
Vous êtes sur LCI pour tout comprendre et tout voir, pour en parler ce soir. Thierry Breton, bonsoir. Bonsoir.
Général Kemp, bonsoir. Merci d'être en plateau à mes côtés. On va prendre tout de suite la direction du terrain du terrain côté Israël avec vous Nicolas Rouger.
Bonsoir. À quoi s'attendre sur le territoire israélien ce soir ? Alors l'armée a prévenu hein qu'il y aurait sans doute une attaque comme hier soir sur le territoire israélien ce soir.
Donc c'est pour l'instant tout le monde s'y attend. Il y a eu déjà eu des euh des des des nouvelles règles mises en place pour demain. Donc touses les écoles seront fermées.
Il y aura des limites encore une fois sur les les rassemblements. Euh aujourd'hui c'était Shabbat évidemment la fin de la semaine, demain c'est une nouvelle semaine qui commence. Donc les Israéliens commencent cette semaine dans cette dans cette appréhension d'un certain côté queil y ait cette escalade et que ça continue à grimper.
Les Israéliens s'inquiètent surtout du blackout. On s'attend peut-être à une attaque massive he des iraniennes sur le nord du pays en particulier sur des sur des sur des intérêts stratégiques plutôt énergétique. Euh on on peut on peut voir il est possible, il y a des rapports aujourd'hui en Iran que que Israël aurait frappé à un champ de gaz.
C'est peut-être une première salve d'un certain côté dans cette nouvelle escalade dans la guerre. Évidemment quand on commence à toucher des infrastructures civiles, cela affectera la population encore plus. Donc en Israël, on s'attend un blackout.
On a vu les gens dès hier et puis aujourd'hui aussi aller chercher des packs d'eau, faire des provisions. Euh et puis il y a beaucoup de familles évidemment qui passeront les nuits dans les abris. On s'attend à ce que évidemment ces ces alertes arrivent assez rapidement.
Euh hier c'était vers 3h du matin au début de l'attaque. Maintenant on verra si on verra à quel moment cela se fera. Euh mais très clairement, on est encore dans une zone de tension très très élevée.
On sait que les les Iran iraniens n'ont pas euh évidemment donné la réposte qui était attendue euh sans doute en particulier parce que les Israéliens ont handicapé leur rampe de lancement. Donc n'a pas inué énormément 150 mystiqu missiles balistiques alors que les Israéliens s'attendaient à plusieurs centaines euh et cela pourrait arriver ce soir évidemment dans les jours qui viennent. Merci Nicolas Rouget.
On reviendra vous voir s'il y a des alertes sur le territoire israien ce soir. Thierry Breton, on a appris que le président Emmanuel Macron s'est entretenu avec le président américain Donald Trump, mais également le président iranien et le président libanais ce soir. Quel peut-être le rôle du président français avec ce qu'il se passe en ce moment entre l'Iran et Israël ?
D'abord, il y a le rôle qu'il avait euh qu'il avait voulu jouer notamment avec l'Arabie Saoudite. On le sait puisque il devait se rencontrer dans de jours euh à l'ONU euh pour parler précisément de la reconnaissance donc de l'état de Palestine. Bah ça maintenant euh c'est derrière nous.
C'est derrière nous. C'est reporté sinédier. On sentait bien déjà que cette réunion allait allait être difficile.
Certains disent, je les entends en particulier le nu dire ben il valait peut-être mieux qu'elle ait pas lieu parce que finalement ça n'aurait sans doute pas été un succès en tout état de cause. Maintenant c'est fini. Alors il faut jamais dire jamais bien entendu et il faut voir si on pourra la remonter.
Mais vous savez ce qui vient de se passer est tellement est tellement important. Vous le dites du reste hein sur votre antenne et vous avez raison. Et et j'allais dire aussi tellement grave parce que c'est tout un un basculement euh dans lequel Israël a plongé maintenant le Moyen-Orient.
Alors évidemment, nous sommes nous tous contre la nuclisation de l'Iran et de façon très claire et très ferme. Je me souviens de Jacques Shirac qui disait "Si jamais l'Iran accède à la possibilité d'avoir une arme nucléaire, alors c'est un embrasement. C'est un embrasement nucléaire.
C'est la prolif, c'est la prolifération. L'Arabie Saoudite devra sans doute y aller aussi. La Turquie devra sans doute y aller aussi.
L'Égypte devra sans doute y aller ici aussi. Il me disait ça, il le disait explicitement et je crains qu'il n'est pas tort. Donc ce qui se passe est extrêmement important.
Bien sûr, il faut se parler les uns les autres. Il faut appeler à la desescalade. Mais voyez-vous, il faut regarder peut-être deux choses, me semble-t-il aujourd'hui.
D'abord, la légitimité qui a été celle de Benjamin Etiaou pour attaquer dans un timing dont il faut reconnaître qu'il est particulièrement opportun. Il a attendu mon général le rapport le 12 juin de la IEA qui dénonce à juste la sonnette d'alarme et qui dénonce à juste titre le fait que l'Iran poursuit avec ses centrifugeuses et bien la capacité de produire des germé de la matière ficile qui pourra être utilisée donc de façon nucléaire et il continue donc il tire la sonnette d'alarme 15 bombes en quelques jours. En gros, c'est peut-être non pas pas en quelques jours.
D'abord si je crois qu'il faut là aussi attentif et et bien sûr on doit parler avec beaucoup de prudence. Les chiffres qui circulent, c'est plutôt entre 400 et 500 kg d'uranium qui serait déjà enrichifié à 60 % et dont il faut en gros 10 % c'estàdire 40 à 50 kg pour pouvoir faire de l'uranium enrichi à 90 à 90 % et c'est ça ce dont on a besoin pour avoir une arme fonctionnelle. Donc ça veut dire que avec les stocks qui sont aujourd'hui identifiés, on va dire par la IEA, c'est plutôt une dizaine de bombes mais c'est déjà 10 bombes.
Et pour ça madame Manade, il faudrait sans doute il faut miniaturiser pour que la rendre fonctionnelle, il faut il faut voir avec le général peut-être même un an. Donc en tout cas mais enfin on y est presque et donc c'est ça qui est important. Donc la première chose, c'est de voir si les frappes elles ont pu évidemment taper les deux sites de production qui sont d'attense, c'est à 150 km au sud-ouest de Treran ou l'autre site qui est beaucoup plus important qui est Fordau.
Euh bon, Fordau curieusement n'a pas été attaqué alors que c'est vraiment le site stratégique. Il est vrai que là les centrifuseux elles sont elles sont enfouies à 90 m sous terre. Donc c'est extrêmement difficile de les attaquer.
Mais il semblerait, on va voir, on va voir, mais il semblerait que même sur le premier site, c'est plutôt les infrastructures électriques qui ont été attaquées et que donc on n' pas encore du tout touché cette capacité. On voit donc bien, on va voir encore tout ça. On est maintenant évidemment dans l'analyse et puis et puis vous le disiez tout à l'heure et on le voit tout, on le voit voilà, on les voit effectivement et on est effectivement on voit également la centrale la centrale au sud, vous voyez c'est la centrale euh donc nucléaire, une centrale nucléaire qui est faite parenthèse par les Russes.
Donc on voit que derrière tout ça bah il va falloir évidemment maintenant vérifier si la justification parce que c'est bien de ça dont il s'agit. Je rappelle quand même pour nos téléspectateurs que le régime des Molas, il porte dans son projet politique euh la disparition euh du territoire d'Israël. Donc évidemment euh euh c'est quand même quelque chose d'extraordinairement important.
Est-ce que euh finalement euh les euh 100 frappes qui ont eu lieu il y a il y a il y a 24 heures ont réussi à mettre à mal la capacité de l'Iran à se doter de l'arme nucléaire ? On verra pour l'instant, on a quelques interrogations mais on va voir évidemment ce qui va ce qui va se passer. Deuxième élément, ça c'est le premier.
Deuxème élément, comme par hasard euh bon, il y avait une réunion qui était prévue, la 6e réunion qui était prévue demain, donc entre les États-Unis et l'Iran avec Stevov, c'est terminé. Euh comme par hasard euh désormais on ne parle plus du sujet de Gaza qui est quand même un sujet majeur comme par hasard euh Benjamin Netaniaou qui avait quelques difficultés, il a toujours quelques difficultés avec sa coalition et on se souvient que il l'a gardé à une voix et et notamment avec les les ultra orthodoxes qui ont failli faire tomber le gouvernement. On sait que en Israël ils sont dispensés d'être envoyés sur le front.
ça commence à créer des tensions. Bon, tout ça est derrière et donc euh et donc aujourd'hui parce qu'encore une fois c'est existentiel, bien on a effectivement la population euh israélienne qui légitimement est ressouée euh je dirais derrière cette action et puis euh et puis aussi euh euh contre les réactions d'Israël. Alors maintenant pour nous euh pour nous, ben il faut évidemment d'abord je le dis vraiment et ça vous étendra pas de là de là d'où d' d' d' d' d'où je viens, il est vraiment indispensable de plus en plus d'essayer d'avoir une expression européenne.
Alors c'est compliqué, ils ont essayé de l'avir. Le format E3 s'est rendu auprès des Américains pour les négociations. Vous avez raison, c'est essentiel mais l'Europe c'est pas trois pays, c'est 27.
Et donc il faut vraiment essayer d'avoir une réaction européenne et non pas des réactions des réactions disparates. C'est me semble-t-il ce à quoi euh euh nos chefs d'état de gouvernement, je suis pas là évidemment pour donner le moindre conseil à quiconque mais dans cette basculement du monde parce que c'est de ça dont il s'agit. J'espère que je me trompe Marade.
J'espère que je me trompe. Mais c'est ce qui se passe ce qui se passe, c'est un risque de basculement du monde. Et bien l'Europe doit plus que jamais intervenir et s'exprimer comme une unité et non pas comme 27 pays différents.
Général Kempf, on va regarder cette carte notamment de ces sites et vous allez nous décrire ce qui a été réellement touché puisque même les Israéliens le disent. Saregb, le conseiller à la sécurité nationale israélienne, a dit dans une interview à la chaîne 12, ça ne peut pas se terminer seulement sur le plan militaire. On n'y arrivera pas puisque il y a notamment tout ce qu'il se passe en souterrain, ces activités souterraines.
C'est c'est tout le problème. C'est-à-dire que les Israéliens ne peuvent pas faire ce qu'ils avaient fait il y a en 1980 contre la centrale nucléaire iraakienne à aux Irak, c'est-à-dire aller et taper. Pourquoi ? parce que comme vous le rappelez très justement, c'est dans une zone montagneuse donc déjà difficile d'accès et en plus à 90 m de profondeur avec des couches successives de béton et cetera.
Donc c'est extrêmement protégé. Donc des moyens classiques sauf à employer, disons le chose, une arme tactique nucléaire qui pourrait elle éventuellement aller au fond des choses, mais par des moyens classiques, c'est extrêmement difficile à envisager. Et donc les les les Israéliens ont choisi une autre voie et quand vous regardez leur cible, ils ont finalement peu tapé le dispositif nucléaire.
Qu'est-ce qu'ils ont tapé ? D'abord, tout le monde pense que c'est des avions et cetera. Non, il y a énormément de forces spéciales du Mods des forces spéciales israéliennes qui étaient à l'intérieur qui ont utilisé des roquettes, des drones et d'ailleurs et et ça a surpris tout le monde.
C'estàd que ce qu'avait fait les les Ukrainiens il y a de semaines contre les Russes, les Israéliens l'ont fait en en plus grand modèle à plus grande échelle en Iran. Donc, ils ont visé d'abord l'appareil je dirais humain du régime, sauf les schelp politiques, mais en tout état de cause les dirigeants militaires et les grands scientifiques. C'est-à-dire queils veulent handicaper la conduite du programme nucléaire d'abord par les hommes.
Ensuite, ce qu'ils ont fait, la deuxième chose qu'ils ont visé, ça a été tout ce qui était défense aériennes, les radars, les sites domicile et cetera et cetera. Ils ont commencé à viser ce qu'ils pouvaient viser sur les sites de lancement balistique et ils ont fait quelques frappes sur Nathan. vous avez raison de le rafler mais juste en surface, juste pour handicaper et cetera.
Mais donc leur objectif aujourd'hui n'est pas forcément d'aller casser à proproprement parler le le le installations nucléaires, mais de retarder gêner et si possible aller sinon vers un changement de régime, du moins vers un retardement général de ce qui s'est passé. Et ça, ils ont aujourd'hui un ciel libre. Je je vous rends la parole, monsieur le ministre.
Ils ont aujourd'hui le ciel libre. C'est-à-dire qu'il y a aujourd'hui quasiment plus de défense aériennes et donc ils vont pouvoir y aller allègrement pour viser maintenant la capacité de ripost iranienne qui est aujourd'hui celle des missiles balistiques. C'est aujourd'hui leur prochain objectif.
Vous croyez à la décapitation du régime Thier Breton ? C'est très difficile. C'est très difficile.
D'abord, je voudrais souligner le paradoxe, si je puis dire, la légitimité de cette action qui a du reste valu un soutien légitime, je dirais, d'une grande partie de l'opinion internationale et en particulier de nous en Europe. parce que évidemment il est absolument, on l'a dit et on l'a répété, il est pour nous tous inacceptable effectivement que l'Iran se dote de l'arme nucléaire. Donc à partir du moment où c'est évidemment et le timing dont on parlait tout à l'heure en est l'illustration que c'est ce qui légitime cette intervention, on voit le général vient de le rappeler, qu'au fond c'est effectivement l'argument politique mais que la réalité elle est pas là.
On tape quoi pour reprendre votre expression mon général, je suis désolé mais c'est des termes employés évidemment ce qui fait vraiment mal à Israël à juste de titre c'est-à-dire l'ensemble des bases de lancement et les missiles balistiques, ça ça fait mal. Et donc on y va. Effectivement, on démontre que l'on sait intervenir et il faut reconnaître que c'est tout à fait impressionnant. on sait intervenir jusque au domicile de certains donc vous l'avez rappelé des militaires des chefs d'étatmajor euh des chefs des gardiens de la révolution euh de quelques scientifiques.
Alors maintenant le régime iranien il est quand même très, j'allais dire interchangeable et tout de suite on nomme des successeurs qui eux-mêmes répondent comme un seul homme au régime. Je crains que ça ne suffis pas à le décapiter. Et j'ajoute une autre chose, c'est qu'évidemment on sait que le régime des mola est un régime qui est loin d'avoir le soutien de la population.
Si c'est s'ils ont 20 % de soutien, c'est sans doute le maximum. Mais dans ce qui se passe euh on retrouve et on on revoit désormais en Iran, bah un peu on voilà, on ressoude un petit peu, on ressoude un petit peu parce que finalement il y a aussi cette notion qu'il faut jamais oublier en Iran de patriotisme. Et ce patriotisme et bien il ressort et avec ce que vient de faire Betaniaou, il y a un patriotisme qui ressort en Iran.
Donc alors que le régime était très affaibli, très critiqué, très faible, il va peut-être être un tout petit peu renforcé par rapport à la situation que vivent aujourd'hui les Iraniens. Je rappelle que parenthèse, il y a un iranien sur deux qui vit sous le seuil de de pauvreté. 90 millions d'habitants, un sur deux.
Et évidemment, il a ressoudé de son côté, je dirais, ben la population et ses compatriotes. Justement, certains en veulent au régime de ne pas avoir fait de deal avec les Américains un deal au rabé tout de même par rapport au JCPOA de 2015. En le disant clairement au régime, vous nous avez mis dans une situation économique redoutable puisque les sanctions continuent même parce que vous n'avez pas fait de deal.
Madameade, qui est sorti du JCP ? Donald Trump Donald Trump en 2018 et il en est sorti et paradoxalement il en est sorti parce que là il il estimait que il fallait mettre plus de sanctions, il fallait être encore plus dur et 6 ans après maintenant il revient en disant non il faut être beaucoup plus conciliant il faut être beaucoup plus en négociation il faudra donc voyez qu'est- croyez au coup de bluffos parle de coup bluff je ne crois pas au coup de bluff je crois certainement pas enfin à mon avis je ne crois pas au au coup bluff. Je pense simplement que quand vous vous mettez maintenant, y compris dans la situation aussi une seconde euh des Iraniens et et d'une façon générale de beaucoup d'acteurs du Moyen-Orient, ces changements de posture parce que je viens d'en rappeler un à l'instant, ces changements de posture ne renforcent pas la position, je dirais, de l'Occident sur ces questions.
Et donc effectivement, c'est la raison pour laquelle on en a pas encore parlé, mais il va y avoir des répercussions. Des répercussions. Malheureusement, votre correspondant à Tel Aviv nous a rappelé à l'instant que on les attend.
Il y a des répercussions, l'Iran ne peut pas ne pas réagir, mais j'allais dire y compris économiquement, on sait que l'Iran peut contrôler le des trit d'ormouse. Donc je rappelle que il est absolument clé pour euh le fait de pouvoir sortir le pétrole sortir le pétrole. Donc 20 % de la production de la de la consommation de pétrole et de la distribution de pétrole passe par le D3 Normouse.
Donc là aussi, on on souhaitait tous dans comme sanction mettre des sanctions à la Russie en disant "On va lui faire baisser le prix du pétrole." Vous vous souvenez euh euh lors du voyage à à à Kief euh de des quatre euh euh présidents et premier ministre européens, on va mettre des sanctions massives, le pétrole va baisser à 40 à 40 dollars et la la Russie va en pâtir. Aujourd'hui, on est un pétrole qui qui avoisine les 80 dollars.
On a pris 10 % sur le prix du Brent, 10 % aujourd'hui depuis évidemment cette situation. Donc, on voit que tout est en train d'être rebasculé. J'ajoute enfin pour rendre encore plus complexe les la situation que évidemment il y a le jeu de la Russie et il y a le jeu de la Chine.
La Russie qu'on le veille ou non est proche de l'Iran, on le sait. La Russie a besoin de l'Iran, on le sait. Et euh et donc la Russie, bien que évidemment euh elle ne soutienne pas officiellement la nucléisation évidemment de l'Iran, la Russie euh aujourd'hui donc le dit au effort, ils l'ont dit, du reste nous sommes contre.
Mais derrière un jeu un rôle un jeu qui est trouble. Quant à la Chine, la Chine ne veut surtout pas de nucléisation. Alors ça pour elle, ça c'est vraiment le chiffon rouge.
Mais la Chine dépend en grande partie à peu près entre 40 et 50 % de son pétrole, il passe par le D3 d'ormous. Donc vous voyez, la situation va être extraordinairement complexe et pardon de le dire, ce n'est pas un ce n'est pas un pays européen qui va pouvoir agir ou intervenir. Il est indispensable même les États-Unis parce que dans cette affaire, il faut peut-être dire les choses aussi clairement, on a on donne on a le sentiment que Donald Trump s'est fait un peu doubler quand même par Benjamin Netaniaahou.
Il s'est fait doubler. Alors bien sûr, il a toujours une capacité de retomber euh euh sur ses pieds. Il le dit, il dit que finalement, est-ce qu'on était prévenu ?
Est-ce qu'on éétait pas prévenu ? Enfin, on sait que pour des opération de cette nature, mais en général, il faut évidemment avoir euh un soutien logistique que seuls les États-Unis d'Amérique sont capables de donner. Mais on sait que c'était pas sans doute son calendrier.
On apprend à l'instant que la défense aérienne a été activée sur Terran. Qu'est-ce que cela veut dire, généralem ? Ça veut dire que les Israéliens l'ont annoncé.
La campagne va durer au moins de semaines. Ce qu'ils ont dit aujourd'hui, à mon avis, elle va durer beaucoup plus que de semaines parce queils vont continuer à taper taper, taper. Excusez-moi de cette expression, mais ils ont un marteau et ils considèrent que tout problème est un clou.
Donc mais c'est possible sans les Américains sur le long terme parce que c'est la question qu'on se pose. Beaucoup avaient parié sur le fait que il n'arriveraiit pas à mener ses frappes sans les Américains, sans ravitailleur américains. Ça a été fait par les Israéliens.
Est-ce qu'ils peuvent tenir sur la durée ? Alors, il y a très probablement un soutien euh intangible euh américain d'abord sur les situations renseignement, situation spatiale, de renseignement spatial, euh probablement aussi un soutien logistique, peut-être quelques avions, peut-être l'utilisation d'une base euh en Syrie, Jordanie. Euh chose, euh il y a pas de frappe s'il y a pas de munition et les munitions, elles sont principalement américaines.
D'ailleurs, là, on parle de ce qui se passe sur Teran, mais on peut aussi parler de ce qui se passe en Israël. Toute le calcul des Iraniens va être ils ont un stock d'à peu près 2000 missiles balistiques. Ils ont en tiré 150 hier.
C'est pour ça ils vont pas en tirer. Ils vont essayer d'échelonner dans le temps en envoyant les plus faibles ainsi qu'un certain nombre de drones de longue portée, les drones Shaed, de façon à épuiser la défense aérienne israélienne et de façon à obtenir à un moment ou à un autre un succès de prestige en fin de campagne de façon à dire on a pu reposter. Et puis après ils vont se poser la question quelles sont les autres options ?
Alors, vous avez l'option économique qui est quand même assez radicale, celle de de de du trit d'ormeuse, de bloquer le des trois d'Ormous. Je pense qu'ils vont aussi s'adresser à leur correspondant. On a la Russie, on par le D3 d'Ormous général K, ça fait 20 ans qu'il menace de fermer le détroit d'Ormous.
Même 40 ans depuis la guerre Iran Irak. Le seul problème, ils n'ont plus eu de défense aérienne et ils vont se faire matraquer par les Israéliens pendant des jours et des semaines. Et donc, il s'agit de la survie du régime.
Et donc maintenant, le régime ne peut plus faire semblant. Donc, c'est la fin des négociations, ça tout le monde le sait et ils ont commencé déjà à le dire. Ils ne sont pas dans une posture de négociation.
Ils vont essayer de durer et d'accélérer ce qui ce qui est désormais inéluctable, c'est la constitution, le franchissement du seuil nucléaire, c'estàd d'une bombe nucléaire quitte d'ailleurs à fabriquer rapidement dans un temps réduit avec ce qu'ils ont déjà une bombe sale. Je veux dire tout le monde pense à une bombe nucléaire de plein exercice et cetera avec de l'uranium à 90 % militarisé, miniaturisé, porté sur un Mais entre-temps, vous pouvez aussi fabriquer des bombes sales. C'est des choses qui peuvent arriver et donc ils ils ont ils ont une situation militaire extrêmement dégradée.
Ils ont une situation économique, je parle sous votre contrôle, extrêmement dégradé. Ils sont aux abois, ils peuvent faire de grandes bêtises. Et le problème, c'est que on les a poussé et on les pousse précisément à cette extrémité et parce qu'aujourd'hui, qui peut parler à l'Iran pour essayer de procéder à une désescalade ? sans doute les Russes, sans doute les Chinois, la Chine 95 % tout de même ils disent 95 % du du brut bien d'accord et donc et donc on voit bien que là euh le le le jeu de je dirais de la puissance nécessaire pour pouvoir reposer dans ce qui va se passer et je rejoins tout ce que dit le le général, il s'agit pas évidemment de d'affoler et de Alors, on est dans une situation qui est une situation je crois que ce qu'on peut dire hélas à ce stade, c'est que Benjaminou l'a dit, ça va durer et on sait que quelque part il a intérêt à ce que cette situation dure.
On le voit hélas, on le voit hélas à Gaza et ce n'est pas nos je dirais nos nos protestations légitimes légitimes et nécessaires qui ont changé quoi que ce soit, mais là il a changé de nature et de registre. il euh euh prend le prétexte, et je le redis, d'un élément qui lui redonne une crédibilité et un soutien international parce que évidemment nous sommes tous pour la dénuclisation donc de l'Iran et et et il va falloir aussi qu'il ait quand même quelques petits succès. sans ça très vite, vous l'avez dit tout à l'heure mon général, bah maintenant l'espace aérien iranien, il est quasiment libre mais en revanche les 2000 missiles balistiques, ils sont là.
On se souvient du reste que lors des dernières attaques, les Iraniens avaient envoyé leur drone Shaed en particulier. Un drone Shade, ça coûte quelques quelques dizaines quelques centaines de milliers d'euros. Et on envoyait des missiles patriotes pour les détruire.
ça coûte plutôt l'unité c'est plutôt le million ou plus de dollars jusqu'à 5. Et donc on voit bien que ils vont continuer évidemment ils savent le faire mais derrière hélas au stade où nous en sommes, avec encore une fois le changement politique qu'on vient de décrire brièvement aussi bien en Iran mais aussi qu'en Israël, on est hélas à mon avis appelé à voir une situation qui risque de durer. Et là bien sûr, comme dans ces situations, il va falloir avoir des leaders, des leaders qui s'imposent, qui puissent intervenir.
Pour l'instant, on ne les voit pas. L'aide des pays arabes, est-ce qu'elle va continuer ? On sait qu'il y a eu des interceptions de drones la nuit dernière de la part des Jordaniens, mais également des Saoudiens qui ont condamné fermement les attaques d'Israël sur le territoire iranien.
Mais il y a une sorte de double jeu des pays arabes et j'aimerais vous entendre tous les deux là-dessus parce que on a l'impression qu'il condamne mais en même temps il y a tout de même une coalition antidrone iranien qui est faite avec les Israéliens avec les Émirats arabes unis avec les Jordaniens et qui est connu du monde entier. Général K vous parlez de double jeu. Il y a un double jeu de tout le monde.
Il y a un double jeu de des Israéliens qui disent "Vous comprenez si une attaque préventive c'est pour se défendre alors que c'est eux qui attaquent grand." Sachant que ils utilisent leur puissance militaire extrêmement supérieure. C'est quand même la superpuissance.
Et politiquement etou c'est j'attaque donc je suis j'attaque donc je suis et je je je persiste à durer politiquement. C'est vrai de la part des Américains avec Trump qui a probablement je suis d'accord avec vous, je vous rejoins, probablement été peut-être pas surpris parce que ça a été un peu coordonné mais c'était pas forcément dans son plan à lui. C'était pas son agenda.
C'était pas son plan à lui parce que il avait quand même une réunion euh dimanche et il espérait euh quand même essayer d'avoir quelque chose. Après, il s'est rebondi et puis de toute façon, il est capable de tout. Mais effectivement, vous avez raison Margaot, euh les capitales arabes euh ne veulent pas d'un ran nucléarisé et et pas tellement pour la menace que euh un éclan un un un Iran nucléaire ferait peser sur eux-même.
Quoique, mais parce que et vous avez tout à fait euh raison de le rappeler, monsieur le ministre, c'est parce que ça déclencherait un cycle régional de prolifération en Arabie Saoudite, en Turquie. peut-être en Égypte, moins sûr, mais peu importe. Et du coup, si vous avez un proche Orient nucléis, c'est la porte ouverte partout dans le monde entier.
C'est gravissime ce qui se passe et donc c'est aussi pour ça les pétromarchies ont aussi leur intérêt à tirer votre bien sûr elles ont leur intérêt. Et je crois d'abord que les accords d'Abraham eux aussi ils sont ils passent en perte des profits. Donc on voit que toutes ces architectures qu'on a essayé de bâtir aujourd'hui, elles viennent pratiquement de voler en éclat avec Israël qui continue plus que jamais être la puissance dominante de la région, a dicté sa loi mais pour aller où ?
Et toute la question c'est ça. Pour aller où ? Jusqu'à quand et pour aller où ?
Les seuls qui peuvent éventuellement avoir cette réponse ou commencer à bâtir cette réponse évidemment ce sont les États-Unis d'Amérique. Est-ce que pour l'instant ils en ont envie ? Ils on pas ils l'ont pas démontré.
Et donc c'est là où ça doit se passer en ce qui concerne ce que vous appelez les pétr monarchie en tout cas les pays les pays du golf au sens large bien entendu bah il jouent de cette ambiguïté que vous avez rappelé. C'est aussi leur je dirais leur leur ADN politique et il faut l'accepter, il faut le comprendre. C'est pas la peine de dire "J'aime pas ce régime", c'est comme ça, il faut vivre avec.
Aujourd'hui, le général a dit, "Ils n'ont pas intérêt à la nucléarisation donc de l'Iran. Malheureusement, ce qui vient de se passer peut risquer d'accélérer la nucléarisation de l'Iran." Et c'est évidemment ce qu'il faut éviter à tout prix.
C'est peut-être là et je le redis que nous aurons la possibilité de jouer un rôle en commun. Et voyez-vous, c'est quand même on vit un moment tellement bénédict tout ce tout ce sans chevautre sans chevêtre ce point de basculement. Le pays qui est le plus opposé à ça aujourd'hui sur la planète et qui le dit haut effort, c'est la Chine.
Et il faut pas mestimer le rôle de la Chine, y compris y compris dans cette partie du globe où elle s'aventurait avec prudence. Est-ce que c'est finalement la PAX américana c'est terminée ? Malheureusement, je suis le premier à le regretter.
Moi qui c'était ma vie, c'était sans doute la vôtre également, mon général. Est-ce que Quelle est cette nouvelle Pax qui est en train de se dessiner ? J'espère que ce ne sera pas uniquement la paxe chinoise.
Merci Thierry Breton, merci général Kemp à suivre Israël annonce avoir frappé une installation souterraine de lancement de missiles dans l'ouest de l'Iran. On y revient dans un instant juste après une courte page de pub. à tout de suite. [Musique]
Benjamin Haddad