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InterviewC à vous (sur YouTube)· 16 janvier 2019 22 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsSolidarités & familleÉconomie & entreprisesEurope & international

Macron : le débat marathon ! - C à Vous - 16/01/2019

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:20OuverteRéponse directe

    L'objectif est que vous puissiez vous exprimer de manière très libre.

  • 1:43OuverteRéponse directe

    Pour le Parisien, vous avez tenu les 6h45 sans bouger ?

  • 1:51OuverteRéponse partielle

    Vous avez suivi aussi de façon ininterrompue ?

  • 4:11OuverteRéponse directe

    Une question par rapport au géomètre topo et au géomètre expert.

  • 7:31ComplaisanteRéponse directe

    Bonjour, M. le Président, merci beaucoup pour cette initiative.

  • 8:11OuverteRéponse directe

    M. le Président, je vous livre le ressenti des maires ruraux.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:17Invité politiqueChiffre
    « 1 250 000 téléspectateurs au total. »
  • 4:04PrésentateurFait
    « La maternité de Bernay, par exemple, il avait bossé. »
  • 5:32PrésentateurFait
    « La fameuse maternité de Berner, en effet, il ne l'a pas inventé comme ça. »
  • 8:13AuditeurFait
    « On a pu ressentir à un moment donné, vous devez vous en souvenir, avec le hashtag Balance ton maire. »
  • 8:49AuditeurFait
    « Vous m'avez déçu, M. Macron. Vous m'avez déçu parce que vous n'êtes pas venu au congrès des maires. »
  • 9:20AuditeurFait
    « J'ai perdu encore cette année 99 habitants, 100 avec le pingouin qu'on nous a volé pendant les décorations de Noël. »
  • 11:37PrésentateurFait
    « Lui, il est au plus bas. Il vient chercher auprès d'eux le rebond, le deuxième temps du quinquennat, le deuxième souffle. »
  • 13:44PrésentateurFait
    « Ce n'est pas parce qu'on remettra l'ISF comme il était il y a un an et demi que la situation d'un seul Gilet jaune s'améliorera. »
  • 13:56PrésentateurFait
    « Si je le faisais demain, les quelques-uns qui étaient en train de revenir de créer de l'emploi, ils diraient celui-là, on a compris, il est comme les autres. »
  • 15:13PrésentateurFait
    « C'est un des éléments déclencheurs de la crise. »
  • 16:39PrésentateurFait
    « Vous verrez, je sais aussi être pragmatique sur ces sujets-là. »
  • 18:30AuditeurFait
    « Un président déconnecté, qui ne mesure pas la profondeur de la colère du peuple, on assiste à une opération d'enfumage du président de la République. »

Temps de parole

  • Présentateur70 %
  • Emmanuel Macron13 %
  • Invité8 %
  • Auditeur3 %
  • Auditeur 23 %

9,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Emmanuel Macron

Un marathon pour le Parisien, le show de la conviction pour Libération Battling Macron pour RTL en référence aux boxeurs. Chanté par Yves Montand, combattant et séducteur, il séduirait une mouche sur un mur, résume l'éditorialiste Alba Ventura. Un marathon entamé à 15h30 hier avec une mise au point sur les règles du jeu.

0:20
Présentateur

Je ne vais pas parler longtemps parce que l'objectif c'est surtout de vous entendre et de manière très libre. S'il y a des questions, j'y répondrai. Mais ce que je souhaite, c'est que vous puissiez vous exprimer de la manière la plus directe et me la faire entendre de la manière la plus directe. Donc j'ai tout mon temps.

0:35
Emmanuel Macron

Cette promesse-là a été tenue 6h45 plus tard et après avoir répondu une par une à plus d'une cinquantaine de questions, une stand-in-govation des 600 maires qui n'avaient applaudi que poliment à l'arrivée du président.

0:49
Présentateur

Voilà, mesdames et messieurs, je crois avoir répondu.

0:51
Auditeur

Je l'envoie.

1:02
Présentateur

Il va y avoir le temps de ce débat. Moi, je prends un engagement solennel devant vous, c'est que moi, j'en tirerai des conséquences véritables. Il y a des décisions locales, j'ai pris des engagements, ils seront tenus. Mais des décisions véritables et profondes parce que je veux en faire un acte 2, non seulement de ce mandat, mais d'action politique à mener.

1:25
Emmanuel Macron

L'acte 2 du quinquennat, on en parle ce soir avec Olivier Beaumont du Parisien et Yael Gauze de France Inter. Bonjour Olivier Beaumont, bonsoir Yael Gauze, je vous en prie. Installez-vous, vous étiez présent dans la salle Olivier Beaumont. Tout à fait. Pour le Parisien, vous avez tenu les 6h45 sans bouger ?

1:46
Présentateur

Il fallait bien, il fallait écouter ce que le président avait à dire et surtout ce que les maires avaient à dire à l'occasion de ce grand débat.

1:51
Emmanuel Macron

Vous avez suivi aussi de façon ininterrompue ?

1:53
Présentateur

Non, non, non, jusqu'à 20h, je suis rentré chez moi, je pensais que c'était fini, j'ai remis la télé pour voir, ça continuait, j'ai halluciné.

2:02
Emmanuel Macron

Hallucinant effectivement, mais les réseaux sociaux de l'Elysée et les chaînes d'info, effectivement, ont retransmis jusqu'à la dernière minute cet échange. Sauf CNews, qui a repris le cours normal de ses programmes entre 19h et 21h, et qui doit le regretter. 1 250 000 téléspectateurs au total. Le débat a donc suscité beaucoup de curiosité. Vous comprenez pourquoi, Patrick ?

2:25
Présentateur

Oui, CNews a fait moins d'audience que ses concurrents, y compris France Info. Oui, oui, c'était effectivement... Attendez, c'était quand même la grande réapparition publique du président dans un exercice de questions-réponses. Ça faisait combien de temps qu'on n'avait pas vu le président intervenir de cette façon-là ? En tout cas, plusieurs mois, et en tout cas pas depuis le début de la crise des Gilets jaunes. Donc on avait quand même un ensemble de questions. Il y a une appétence pour voir le président. Souvenez-vous, le 10 décembre, là ça durait 12 minutes, c'était face aux Français à la télé, 23 millions de téléspectateurs. C'était un record, c'était plus que la Coupe du Monde.

Les Français ont envie de voir ce président en action répondre quand il y a une crise.

3:07
Emmanuel Macron

Et là, c'est un spectacle qu'il a offert, un show, un one-man show, raille d'ailleurs l'opposition.

3:12
Présentateur

Oui, Emmanuel Macron seul, au milieu de tous les maires, avec un début d'ailleurs qui était un petit peu inquiétant, parce que quand il est rentré, il faut quand même se souvenir.

3:20
Emmanuel Macron

Vous parlez d'un accueil glacial.

3:22
Présentateur

Littéralement glacial, c'est-à-dire qu'il y a eu quelques applaudissements qui ont duré quelques microsecondes, et après il y a eu un long silence de plusieurs minutes, et je me suis même d'ailleurs demandé s'il était vraiment là, parce que tout le monde était debout, et nous au loin, on ne voyait pas en fait où est-ce qu'il était, mais il était en train de serrer les mains, et au bout d'un moment, il va au milieu de la scène, et là il prend le micro, et c'est là le fait qu'il dit qu'il est là, qu'il va prendre son temps. Et ça se finit par une standing ovation à la fin, 6h45 plus tard.

3:44
Emmanuel Macron

En direct, il a été très commenté, cet échange, sur les réseaux sociaux, il y a eu des critiques, mais aussi des commentaires assez stupéfaits par la prestance du chef de l'État, alerte toujours après près de 7h de ce show, et devant sa capacité surtout à répondre sans hésitation, presque sans note, aux rafales de questions, parfois les plus pointues.

4:02
Présentateur

Il avait révisé.

4:03
Emmanuel Macron

Oui.

4:04
Présentateur

La maternité de Bernay, par exemple, il avait bossé.

4:06
Emmanuel Macron

On va en parler à une exception. Il avait quelques fiches, à une exception près.

4:11
Auditeur

Une question par rapport au géomètre topo et au géomètre expert. Donc j'ai été confronté dans ma commune, car j'ai fait un lotissement en 2013 et 2014, par rapport au bornage.

4:24
Présentateur

Je ne vais pas vous mentir, on va regarder le sujet du géomètre topo et du géomètre expert. Parce que là, je ne vais pas en jambes celle-là. J'en ai beaucoup, mais celle-là, je ne l'ai pas en magasin. Donc là, je suis sec. Vous m'avez collé. Donc, tel que vous l'avez décrit, ça paraît fou.

4:59
Emmanuel Macron

Il y a eu un évident plaisir de la part du président à séduire, à convaincre une salle qui n'était pas acquise, justement, au début. C'est un athlète politique qui l'a prouvé hier ?

5:08
Présentateur

Oui. Après, l'exercice était quand même un petit peu préparé. Certes, les questions étaient libres, tout le monde a pu s'exprimer. Il y avait une vraie prise de parole, mais c'était quand même un déplacement qui était préparé. On est quand même dans le fief de Sébastien Lecornu, qui est quand même le monsieur loyal de cet événement. Et quelques jours qui ont précédé ce rendez-vous, bien sûr, lui et son entourage ont quand même appelé beaucoup de mères pour savoir un petit peu, pour prendre la tonalité, pour un petit peu l'humeur. Alors, donc, Emmanuel Macron s'attendait quand même à un certain nombre de questions. La fameuse maternité de Berner, en effet, il ne l'a pas inventé comme ça.

Et ça faisait partie, en effet, des dossiers qu'il avait pu préparer.

5:35
Emmanuel Macron

Mais la forme, justement, qui a plu ? On y vient, Antoine.

5:38
Présentateur

Oui, un spectacle, un show, les mots ont été utilisés, avec un agencement assez rare pour une telle rencontre politique. Des centaines de chaises, sans grand confort, d'ailleurs, mais c'est un détail, disposées autour d'un carré central, une sorte d'arène de ring installé au centre du gymnase de Grand-Bourg-Téroulde. Les élus conviés arrivent, sains pour la plupart de leurs écharpes tricolores. Ils avaient reçu la consigne de la portée, c'est ce que vous dites, Olivier Beaumont, dans Le Parisien, ce matin. Puis vient le président. Pas d'estrade, pas de scène. Le chef de l'État, au milieu des élus, à leur niveau, prêt à les écouter, à discuter avec eux.

Voilà l'image que l'Élysée voulait donner pour le lancement de ce grand débat. Une image qui en a rappel d'autres, toutes choses égales, des scènes de la campagne présidentielle, notamment. Emmanuel Macron au milieu et au contact des salariés de Whirlpool. À Amiens, là, c'était improvisé. Emmanuel Macron à Saint-Denis de La Réunion en mars 2017. Là, il y avait une estrade. Une estrade aussi en octobre dernier pour l'inauguration de la station F à Paris. Et une séance aussi de questions-réponses. Retour en Normandie. Le président arrive. Il prend la parole.

Brève introduction, 4 minutes seulement, avant que Sébastien Lecornu, le ministre chargé des collectivités locales, et ancien élu normand, vous le rappeliez, ne fasse office de M. Loyal. Les règles du jeu sont assez simples. Pardonnez-moi, il n'y en a pas. Si ce n'est que nous avons sélectionné quelques orateurs au début pour s'assurer des bons équilibres entre les 5 départements normands, cela va sans dire, entre les hommes et les femmes, enfin, surtout aussi le pluralisme politique, que personne ne dise que le débat serait pipé d'avance, puisque ce n'est pas le cas. Et puis ensuite, bien sûr, on va prendre toutes les questions qui se poseront.

Le président de la République, au fur et à mesure du débat, et en fonction, bien évidemment, du rythme avec lequel nous avancerons, répondront et répondra à vos attentes. Les règles sont posées, les questions aussi, on commence. Questions posées en deux temps. À chaque fois, les élus sont présentés par Sébastien Lecornu. Des élus, d'ailleurs, qui n'hésitent pas à s'approcher du président.

7:31
Auditeur

Je viens là, parce que c'est vrai que ce n'est pas tous les jours qu'on a l'occasion de rencontrer le président. Bonjour, M. le Président, merci beaucoup pour cette initiative.

7:39
Présentateur

M. le Président, je viens vers vous, puisque vous êtes venu vers nous, et nous vous en remercions vraiment. C'est une joie d'être vos invités.

7:47
Auditeur

M. le Président, je viens devant vous, parce que l'occasion ne me sera pas donnée souvent. Donc, merci à vous. Voilà, je voulais évoquer, alors, je vous ai apporté mes doléances. Il n'y en a pas beaucoup, il y en a très peu, il n'y en a que quatre, dont la mienne.

8:01
Présentateur

M. le Président, exercice de proximité, exercice d'écoute aussi. Emmanuel Macron prend des notes, il est concentré, attentif. Les questions sont directes, il le souhaitait, et les interventions parfois critiquées.

8:11
Auditeur

M. le Président, je vous livre le ressenti des maires ruraux. M. le Président, le premier ne va pas vous plaire, c'est du mépris. On a pu ressentir à un moment donné, vous devez vous en souvenir, avec le hashtag Balance ton maire. Parce que ça a été très dur, ça a été très dur à vivre pour des petits maires que nous sommes quasi bénévoles. Arrêtez de changer les lois tout le temps, parce que moi, avec une secrétaire qui est là 8 heures par semaine, je vous assure que je dois être... Il faudrait que j'ai fait l'ENA, je pense, pour savoir tout, et c'est pas possible. Pourquoi je ne me suis pas levée ? Parce que vous m'avez déçu, M. Macron.

Vous m'avez déçu parce que vous n'êtes pas venu au congrès des maires.

8:53
Présentateur

Le Président n'est pas ménagé par des élus dignes et sérieux, des maires, des présidents de conseils départementaux, qui ont aussi parfois détendu l'atmosphère. Allez-y ! Et bref et efficace.

9:04
Locuteur non identifié

Je vais être bref et efficace comme toutes les femmes.

9:09
Présentateur

Michel Lulon d'Almer, du Ménifuguet, charmant village à côté d'Evreux, de 3,4 km², tout le monde connaît, 195,5 habitants, puisque j'ai un bébé qui va arriver.

9:20
Auditeur

J'ai perdu encore cette année 99 habitants, 100 avec le pingouin qu'on nous a volé pendant les décorations de Noël. Monsieur le Président, comment allez-vous ?

9:30
Présentateur

Ça va très bien. Merci beaucoup. Deux séries de questions posées par ces élus, donc, et deux séries de réponses. La première dure 50 minutes, la seconde près de deux heures. Deux heures pendant lesquelles le chef de l'État, vous venez de le voir, finit par tomber la veste, 5h30 après son arrivée, et par se retrousser les manches même, car il y avait du boulot. De très nombreux thèmes ont été abordés, des sujets sérieux, on va y venir dans quelques instants. Ce qui n'a pas empêché quand même le Président, qui a répondu point par point, d'amuser de temps en temps à son public aussi.

Les radars, je ne vais pas dire qu'on va en enlever, il y en a beaucoup qui ont été cassés dans les mois qui viennent de s'écouler. J'accélère parce que je vois que vous êtes fatigué. Il y a peut-être des cas particuliers. Quand le bien était en bien propre, avant le contrat, mais bon, je ne vais pas faire le notaire devant vous. Et la suggestion de faire un 1 mémorial dé, on peut le mettre au débat, à une condition, c'est que c'est vous qui faites le débat et la concertation sur ce sujet. Moi, je ne le sens pas trop, votre affaire. Je vous parle franchement. Non, mais faites-le prospérer. Mais honnêtement, j'ai déjà quelques sparadraps inutiles dans le dos.

Si je pouvais me les éviter et me concentrer sur les trucs qui vont aider le pays. Sur la forme, est-ce que c'est un exercice réussi pour le président, Yael Ghos ? C'est nouveau, c'est une forme de télé-réalité politique. On a 6h30 d'affilée, on a le show, etc. Mais moi, je voudrais regarder ça froidement parce que là, on peut vite tomber dans... Il y a eu beaucoup de commentaires, fascination, c'est inédit, c'est le showman qui est de retour, le combattant, l'homme de campagne.

11:10
Emmanuel Macron

Il fait durer une mouche sur un mur.

11:11
Présentateur

Voilà, mais en réalité, il est là dans un exercice où il vient chercher sa cure de jouvence auprès des élus locaux. Souvenez-vous, la maire qui parlait au début disait « hashtag balance ton port ». C'était au moment de ton maire, pardon, où la taxe d'habitation était en cause, où certaines mairies, 6 000, n'avaient pas joué le jeu de la baisse. Donc, il incriminait avec Gérald Darmanin les maires qui ne jouaient pas le jeu. Là, il a besoin, c'est le dernier échelon de confiance dans le dernier baromètre de Sevipov. On en a parlé ici, je crois. Dernier échelon de confiance des Français envers une institution, c'est le maire, le maire du village. Lui, il est au plus bas.

Il vient chercher auprès d'eux le rebond, le deuxième temps du quinquennat, le deuxième souffle. L'acte 2, il le dit même. Il vient chercher aussi le dialogue démocratique qu'il n'arrive pas à avoir avec ceux qui manifestent depuis novembre. Et ce n'est pas le débat avec les gilets jaunes, ils ne sont pas là, ils n'ont pas été autorisés à rentrer dans la salle.

12:01
Emmanuel Macron

C'est un débat très courtois avec des élus et il y a beaucoup de respect.

12:04
Présentateur

Courtois, verrouillé et boncérisé dans un hymne. Il y a des élus d'opposition. Il y a aussi quand même une urgence parce que dans un an, il y a des élections municipales. Et ça, bien sûr, Emmanuel Macron ne l'ignore pas. Juste pour revenir sur les décorums, ça a son importance quand même parce que dans l'imagerie républicaine, on parle quand même de la France des clochers, mais le gymnase, c'est très important aussi. Ces images, elles sont intéressantes quand même au niveau de la mise en scène et le fait que Emmanuel Macron se met au niveau des maires des élus avec ce but de handball derrière. Le gymnase, c'est le lieu des associations sportives, de la famille et tout ça. Les fêtes aussi.

Il n'y a pas de chichi, il n'y a pas d'artifice au-delà de son propre numéro personnel.

12:32
Emmanuel Macron

Il n'y a pas le mépris et ce n'est pas le président des riches.

12:33
Présentateur

Exactement, on est vraiment dans cette mise en scène là aussi. Mais dans un lieu bien bordé quand même, vous le disiez Olivier, le maire, le cornu, c'est leur fief, c'est leur territoire. Donc ça, c'est quand même... C'est bien préparé. C'est la Normandie violemment modérée. Il y avait des élus d'opposition, il y avait quand même un cercle communiste. Certains sont partis avant la fin d'année. La ville était en état de siège. Complètement, à 10 km à la ronde. Et ça, ils veulent répéter 10 fois, une dizaine de fois avant la fin du débat. Il faut voir si sur la distance, ça ne va pas se transformer un petit peu en exercice lassant de devoir sans arrêt.

Oui, mais il y a plusieurs questions qui sont... De nouveau vendredi.

13:05
Emmanuel Macron

Un débat, en tout cas hier, sans tabou, c'est ce qu'avait promis Emmanuel Macron. Il a donc été amené à répondre aux questions qui nourrissent les revendications des Gilets jaunes sur les 80 km heure, le référendum d'initiative populaire et l'impôt sur la fortune de l'ISF.

13:16
Présentateur

Dans les moments comme ça où le pays, parfois, prend des airs un peu de folie, on s'embrasse. C'est des débats et c'est notre ADN. On veut toujours trouver un coupable. J'ai le sentiment de remplir ce rôle à plein et je l'assume. Et quelque part, personne ne m'a forcé à être là où je suis. Donc moi, je suis très content et je le fais avec beaucoup de bonne foi et de vaillance avec vous. Mais il ne faut pas raconter des cracks. Ce n'est pas parce qu'on remettra l'ISF comme il était il y a un an et demi que la situation d'un seul Gilet jaune s'améliorera. Ça, c'est de la pipe.

Ce que je sais, c'est que si je le faisais demain, les quelques-uns qui étaient en train de revenir de créer de l'emploi, ils diraient celui-là, on a compris, il est comme les autres. Dès qu'il y a un coup de grisou, lui, il remballe ses idées, il est reparti.

14:01
Emmanuel Macron

Un président qui dit je vais garder le cap, y compris sur le style.

14:05
Présentateur

Ce sont ces Français à qui on a dit. Tu veux un boulot ? Tu n'as pas le choix, il faut venir travailler dans la grande ville. La grande ville, ensuite, qu'est-ce qu'il y a ? Parfois, il est possible de traverser la rue. Moi, là où j'habite, en traversant la rue, je peux vous dire qu'on en trouve. Ça, c'est vrai. Mais ce n'est pas vrai partout. Et donc, parfois, on fait des caricatures en pensant que ce qu'on dit à un moment à quelqu'un de bonne foi, c'est vrai partout et ce serait un message dit à tous les Français. Que voulez-vous ? On est au temps du numérique, de l'information en continu. C'est tout. Je suis comme ça et je ne changerai pas.

14:47
Emmanuel Macron

Emmanuel Macron dit « je ne changerai pas ». Et pourtant, il est en train de se préparer à customiser son programme présidentiel, à revenir sur un certain nombre de mesures.

14:57
Présentateur

Hier soir, c'était aussi un reset du quinquennat, même en touchant aux 80 km heure. Vous vous rendez compte ? C'est quasiment une déclaration de guerre vis-à-vis de son Premier ministre, Édouard Philippe. Il n'a jamais été convaincu par cette mesure. Il n'a jamais été convaincu par cette mesure. C'est pas une promesse de campagne. Non, mais il revient aux sources du conflit des Gilets jaunes. C'est un des éléments déclencheurs de la crise. Donc là, il va purger ce qui a été l'une des causes. Il promet une adaptation intelligente. Ça branche pas de pain. Sur l'ISF, ni Totem, ni Tabou, on verra à la fin. Mais là aussi, il est obligé quand même de mettre… Il laisse du mou.

Il laisse du mou, exactement. Et puis les maires, on en parlait. Maintenant, c'est la déclaration d'amour. Alors, vous vous souvenez quand même de l'ISF ? C'était l'argument des premiers de cordée dont il fallait alléger le fardeau pour que des emplois soient créés derrière. On est quand même très loin de ces développements-là. Donc, qu'est-ce qu'il cherche quelque part ? Donc, relancer le quinquennat, bien sûr. Et de quoi puiser aussi pour la suite ? Parce que ça lui permet, ce débat national, d'écrire la suite du quinquennat et de régénérer un temps 2 qui n'était pas écrit d'avance. Il y avait les deux premières années, tout allait tambour battant.

Tout était quasiment éclusé comme réforme. Il fallait imaginer la suite et trois dernières années. Ce débat-là, ces coups doubles, ça lui permet d'engranger un programme pour la suite. Une boîte à idées ? Et oui, il a bluffé les maires. Parce que moi, j'ai rappelé quelques maires, en fait, aujourd'hui, qui étaient présentes hier, pour voir, justement, une fois la nuit passée, comment s'était passée un petit peu la digestion de tout ça, s'il était toujours un petit peu dans la séduction. Et il l'était encore. Et ce qui les a tous bluffés, ce qui est revenu systématiquement, c'est sa maîtrise technique des dossiers. Et c'est vrai que c'est ce qui m'a tous un peu frappé.

On a parlé d'expérience de l'histoire de la maternité de Bernays, mais il n'y a pas que ça. Emmanuel Macron, il a parlé du SDIS, il a parlé de la DGF. Il faut le rappeler, il n'a jamais été élu local. Et puis, il a aussi fait amende honorable sur les histoires d'attribution de cartes d'identité, de passeport et de cartes grises, qui dans cette petite mairie, maintenant que le tout numérique, là, il a dit, on va revenir dessus. Vous verrez, je sais aussi être pragmatique sur ces sujets-là. Donc, il a aussi venu avec des réponses très concrètes pour les maires, pour les élus locaux.

– Il se passe quelque chose cette semaine, pour lui en tout cas, c'est que sortir du gouvernement contre Gilets jaunes, de la rue, a une nouvelle thématique, un nouveau climat qui est pour ou contre le débat. Et ça, le tour de force de cette semaine, l'idée, c'est de déplacer le curseur, sortir du combat de rue, au débat pour ou contre.

17:05
Emmanuel Macron

– Oui, en tout cas, il invite les Gilets jaunes à venir débattre. Il leur prouve que c'est possible de le faire sereinement. – En tout cas, là, c'était des maires.

17:10
Présentateur

– Là, ils n'étaient pas là, ils ont demandé.

17:12
Emmanuel Macron

– C'était le message qu'il leur envoie.

17:14
Présentateur

– C'était des maires quand même, ce n'étaient pas des simples citoyens ou des membres d'associations ou des Gilets jaunes. Donc, il reste à voir maintenant comment l'exercice va exactement dans les jours à venir.

17:22
Invité

– Alors, justement, vous parliez des maires. Quelles ont été les réactions des maires à la sortie de ce premier jour de débat ? Nos reporters Tancred, Bonora et Stéphane Châteaur étaient hier à Grand-Bousterhould pour cueillir nos édiles que l'on pourrait classer en trois catégories. D'abord, les wait and see majoritaires. On est plutôt contents, mais on attend.

17:41
Présentateur

– Comment ça s'est passé après sept heures de débat ? – Écoutez, quand vous voyez comment les gens, le nombre de personnes qui sont restées présentes, c'est que finalement, les débats intéressaient les élus qui avaient été invités. – Il a l'air très ouvert. Maintenant, il faut qu'il applique. – Emmanuel Macron, vous l'avez trouvé comment ? – Emmanuel Macron, très bien, comme d'habitude, droit dans ses bottes. – Comment vous l'avez trouvé, ce débat national ? – Bien. – Vous pensez que des choses vont vraiment bouger avec ce débat ? – Espérons. C'est à souhaiter pour tout le monde, je crois. – Le stade de l'espoir, quoi. – Absolument.

18:12
Invité

– Voilà, le stade de l'espoir. Ensuite, il y a ceux, plus rares, qui crient à l'enfumage, à l'image de Sébastien Jumel, député communiste, vous en parliez tout à l'heure, Patrick, de Dieppe, qui lui a levé le doigt en vain toute la soirée, je crois, ce qui ne l'a visiblement pas mis de bonne humeur.

18:28
Présentateur

– Où vous l'avez trouvé, ce premier jour de débat national ?

18:30
Auditeur

– Un président déconnecté, qui ne mesure pas la profondeur de la colère du peuple, on assiste à une opération d'enfumage du président de la République, qui dit au maire, j'ai besoin de relais, j'ai même besoin de bouclier. Moi, j'espère que les maires ne vont pas tomber dans le piège qui consiste à servir de bouclier à un président hors sol, un président des riches et un président déconnecté.

18:54
Invité

– Enfin, il y a Sonia Crimi, députée LRM, la République en marche du Cotentin, alors qui, elle, souvenez-vous, avait affiché son soutien aux Gilets jaunes en novembre dernier, mais ça, c'était en novembre dernier. – On ouvre un débat, moi en tout cas, j'y crois, parce qu'il ne faut jamais rater une occasion où on peut se parler. Il a essayé de faire ce qu'il a fait pendant la campagne, donc il est revenu au Sourc.

19:18
Présentateur

– Ça met des airs de meeting en marche quand même.

19:20
Invité

– Ça fait…

19:22
Présentateur

– Ça me rappelle des souvenirs.

19:23
Invité

– Ça me rappelle des souvenirs. En tout cas…

19:27
Présentateur

– Pour reconquérir l'opinion.

19:28
Invité

– C'est important qu'on arrive à reconquérir l'opinion. une partie des mouvements des personnes qui mettent le gilet jaune aujourd'hui, elle s'est cristallisée autour de la personnalité d'Emmanuel Macron.

19:40
Présentateur

– On vous sent plus consciente qu'avant sur Emmanuel Macron.

19:42
Invité

– Sinon, il y en a…

19:44
Présentateur

– Il a même réussi, vous, à vous reconquérir.

19:45
Invité

– Ah ben, il a réussi.

19:47
Présentateur

– Ce qui n'était pas facile.

19:48
Invité

– Bon, voilà, c'est ce qui s'appelle un peu retourner son gilet. Emmanuel Macron, vous l'avez dit, lui, a retourné la salle, une salle qui avait des airs de campagne. Est-ce que le vrai problème, vous l'avez effleuré tout à l'heure, ce n'est pas que c'est un débat fait pour les gilets jaunes, sans gilets jaunes ?

20:04
Présentateur

– Ah ben, si. Je vous le dis, à Brionne, qui est une commune à 20 km, il y avait des gilets jaunes modérés, qui avaient écrit au préfet le 9 janvier, je crois, pour accéder à ce premier débat, et il y a eu une fin de non-recevoir, ils voulaient venir à 3 ou 4 pour être présents dans la salle, ça n'a pas été le cas. Donc maintenant, l'exercice suivant, c'est cette myriade de débats qui vont avoir lieu partout en France à partir de ce week-end, c'est là qu'on verra vraiment le pouls, le pouls politique et le pouls social du pays.

20:33
Invité

– Olivier, vous en avez croisé, vous, hier, des gilets jaunes, en sortant de ces 7 heures de meeting ?

20:36
Présentateur

– Très peu, parce qu'en fait, ils ont été mis au tout début à l'écart de la ville, c'est-à-dire qu'ils étaient vraiment, même pas sur le premier rond-point de sortie de ville, mais bien après, et d'ailleurs, beaucoup, on leur avait demandé d'enlever les gilets jaunes. Donc il y avait un groupe de personnes avec 3, 4, 5 gilets jaunes, mais en fait, beaucoup avaient enlevé, parce que d'ailleurs, on leur menaçait de leur dresser une amende. – Oui, oui. – Il faut aussi quand même savoir que là-bas, pour hier, il fallait aussi parfois montrer sa carte d'identité pour rentrer dans le village.

Il y a quand même une centaine qui ont réussi à pénétrer jusqu'à la mairie, et Manuel Wargon les a reçus pendant une heure avant le début du débat, mais ils n'ont pas pu s'approcher plus loin de là. Et d'ailleurs, quelques minutes avant le début du débat, il y a eu l'utilisation de gaz lacrymogène par les forces de l'ordre pour évacuer et dissiper cette foule de gens. Ça a été une difficulté quand même pour les chefs de l'État. Je ne vois pas comment, dans les jours et dans les semaines à venir, le prochain rendez-vous, c'est dans le lot vendredi. Je ne vois pas comment, à un moment donné, il ne va pas pouvoir ouvrir à minima au-delà du simple cercle des élus.

– Et combien de forces mobilisées aussi ? – C'est impressionnant, il y avait des cadres en haut hier quand même.

21:34
Emmanuel Macron

– Donc, prochain rendez-vous vendredi, est-ce qu'on aura droit à un échange aussi long ? C'est peut-être aussi la question…

21:41
Présentateur

– Et le danger de la répétition de ces exercices-là qui surprennent la première fois, mais après, so what ?

21:47
Emmanuel Macron

– Et le risque de ne plus être redit. Merci beaucoup à tous les deux, vous restez avec nous. – Merci.