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Interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo (sur Site radio)· 23 novembre 2019 26 minContradictoireActualité / polémiqueSolidarités & familleRetraitesSécuritéJustice

Réforme des retraites : "On va toucher à l'ensemble du régime des retraites au nom des 3% que représentent les régimes spéciaux"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:54OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous dites ce matin, ça y est, c'est le début d'une prise de conscience ?

  • 1:58OuverteRéponse directe

    L'enjeu de cette deuxième marche cette année, c'est quoi ?

  • 3:47RelanceRéponse partielle

    Est-ce que quand on est un homme violent et qu'on a violenté sa femme, parfois même jusqu'au meurtre, on est forcément un mauvais père et il faut absolument que les enfants soient éloignés ?

  • 4:25RelanceRéponse partielle

    Est-ce que vous la cautionnez, cette idée-là, justement ?

  • 6:04OuverteRéponse directe

    La priorité des priorités, s'il y avait une mesure. C'est quoi ? C'est une enveloppe budgétaire seulement ?

  • 7:07ComplaisanteRéponse directe

    Vous étiez critique à son démarrage. Aujourd'hui, il y a eu des groupes de travail, en quelques mots, il y a eu des associations qui ont planché. Vous saluez cette idée de faire ça ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:44PrésentateurChiffre
    « 137 féminicides depuis le début de l'année 2019 selon le décompte des associations. »
  • 3:15Invité politiqueChiffre
    « On demande le milliard, c'est quand même pas grand-chose. »
  • 3:24Invité politiquePromesse
    « Là, nous demandons immédiatement 1 milliard pour les violences conjugales, enfin, pour lutter précisément contre les violences conjugales. »
  • 12:38Invité politiqueChiffre
    « On ne part pas des régimes spéciaux qui doivent représenter en gros 3% des personnes salariées, enfin la retraite de 3% des salariés. »
  • 14:35Invité politiqueChiffre
    « C'est 127 milliards de réserves. »
  • 16:58Invité politiqueFait
    « En quelques mois, en France, les forces de police ont blessé autant qu'en 20 ans de manifestations. »
  • 17:35Invité politiqueFait
    « Les balles de LBD, encore pire. Vous savez, les fameuses GLIF4 qui sont tout simplement des armes de guerre. »
  • 23:59Invité politiqueFait
    « Il y a une rupture d'égalité par rapport à la Seine-Saint-Denis. »

Temps de parole

  • Clémentine Autain58 %
  • Présentateur13 %
  • Présentateur 210 %
  • Locuteur 59 %
  • ?7 %

≈ 26,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:11
Présentateur

Bonjour à tous, bienvenue dans le 8h30 de France Info, en direct tous les jours à la radio et à

0:16
Locuteur

la

0:16
Présentateur

télé sur le canal 27 de la TNT. Bonjour Myriam Ancawa. Bonjour Aurélien, bonjour à tous. Journaliste politique à la chaîne parlementaire, notre invitée ce matin est députée France Insoumise de Seine-Saint-Denis. Bonjour Clémentine Autain. Bonjour. Vous participerez donc tout à l'heure à Paris à la deuxième édition de la marche contre les violences faites aux femmes, à l'appel du collectif Nous Toutes, emmené notamment par Muriel Robin, plus de 150 personnalités.

0:40
Locuteur

C

0:40
Présentateur

'est un combat que vous menez depuis longtemps. que vous connaissez très bien, que vous avez traversé. 137 féminicides depuis le début de l'année 2019 selon le décompte des associations. C'est un chiffre record,

0:50
Locuteur

mais

0:51
Présentateur

le mot s'est installé dans le débat public. Est-ce que vous dites ce matin, ça y est,

0:56
Locuteur

c

0:56
Présentateur

'est le début d'une prise de conscience ? Oui,

0:59
Clémentine Autain

oui. Le mouvement est d'ailleurs planétaire, puisque c'est toute la vague MeToo qui a submergé un peu nos sociétés et qui a permis de libérer la parole. Et en fait, la prise de conscience, elle vient de ces femmes, et notamment des femmes publiques, qui avaient la possibilité de s'exprimer et de toucher un grand nombre, mais aussi sur les réseaux sociaux, tout un chacune, si j'ose dire, qui a pu prendre la parole et dire ce qui leur arrivait. Et moi, je pense que ça, c'est une déferlante.

C'est-à-dire que c'est un point de départ considérable pour pouvoir bouger la société tout entière, comprendre mieux les mécanismes qui permettent à des hommes de violenter, de violer, d'aller jusqu'à frapper leurs conjointes, et aussi aux politiques publiques, parce que maintenant, je crois qu'on en est là, d'accompagner

1:49
Locuteur

enfin

1:49
Clémentine Autain

ce mouvement de libération la

1:51
Locuteur

parole. Il va y

1:51
Présentateur

avoir des annonces lundi, à l'issue de ce Grenelle. Donc, le Premier ministre va choisir, parmi les annonces, une cinquantaine sont attendues. L'enjeu de cette deuxième marche cette année, c'est quoi ? C'est de mettre la pression, là, tout de suite, sur le gouvernement,

2:03
Clémentine Autain

c'est ça ? Oui. Moi, j'attends de cette marche et de cette mobilisation qui est encore une fois plus large. Quand vous écoutez ce qu'a dit Adèle Haenel sur Mediapart, c'est une onde de choc. Ce qu'elle a fait, les mots y compris qu

2:16
Locuteur

'elle a posés... Une onde de choc dans

2:16
Présentateur

le cinéma français ou

2:17
Locuteur

plus largement dans la

2:19
Clémentine Autain

société ? Bien plus largement. Ce qu'elle dit touche au-delà du cinéma français. Dans le cinéma français, bien sûr, mais au-delà du cinéma français. Et j'aime beaucoup, en plus, l'état d'esprit dans lequel elle se situe, que je partage pleinement, quand elle dit « Les monstres, cela n'existe pas. Ce sont... C'est nous, en fait. C'est nous, c'est nous, nos amis, nos pères. Et il faut regarder ça, cette réalité. On n'est pas là pour éliminer, mais pour les changer. Et ça, je pense que cet état d'esprit doit être celui qui nous mobilise.

Et donc, il faut interpeller l'État, parce que le problème auquel on fait face, c'est très concret, c'est que quand une femme parle, l'ensemble des dispositifs qui devraient se mettre en œuvre, aussi bien de soutien psychologique, de santé, de police, de justice, de logement aussi, eh bien, on voit bien que tout cela ne fonctionne pas aujourd'hui et qu'il faut donc que l'État mette enfin des moyens. On demande le milliard, c'est quand même pas grand-chose. Quand on compare par exemple à l'ISF, je veux dire, l'ISF, ça a été quand même, dans la poche des plus riches, 1,3 milliard d'euros.

Là, nous demandons immédiatement 1 milliard pour les violences conjugales, enfin, pour lutter précisément contre les violences conjugales.

3:31
Présentateur

Alors justement, Edouard Philippe, le Premier ministre, doit annoncer une cinquantaine de mesures lundi pour faire reculer ces violences conjugales. Certaines ont déjà été dévoilées, notamment par Marlène Schiappa, qui était invitée de la chaîne parlementaire hier. Elle veut notamment le retrait de l'autorité parentale pour les conjoints violents. Je vous propose de l'écouter.

3:48
Locuteur

Il

3:49
Locuteur 4

y aura un retrait de l'autorité parentale pour tous les auteurs de féminicides et un aménagement de l'autorité parentale pour les auteurs de violences conjugales pour faire en sorte qu'ils gardent leurs devoirs, notamment la pension alimentaire, etc., mais perdent leurs droits, le droit de visite et d'hébergement. On considère qu'être un mari qui frappe sa femme, c'est être un mauvais père.

4:09
Locuteur

Ça

4:09
Présentateur

paraît tomber sous le sens, pourtant c'est loin d'être le cas aujourd'hui.

4:13
Clémentine Autain

Ça paraît tomber sous le sens, attention. Pourquoi vous trouvez que ça paraît tomber sous le sens

4:18
Locuteur

?

4:18
Présentateur

Quand un conjoint est violent, on se doute qu'il est un mauvais parent, donc il ne doit plus pouvoir faire

4:24
Locuteur

pression en tout cas sur les femmes. Est-ce que vous la

4:26
Présentateur

cautionnez, cette idée-là, justement ? Est-ce que quand on est un

4:30
Locuteur

homme

4:31
Présentateur

violent et qu'on a violenté sa femme, parfois même jusqu'au meurtre, on est forcément un mauvais père et il faut absolument

4:37
Clémentine Autain

que les enfants soient éloignés ? Oui, je pense qu'on peut être un père pour le moins toxique et dangereux pour l'enfant. Oui, je n'aime pas trop bon et mauvais, en fait.

4:44
Locuteur

D

4:44
Clémentine Autain

'accord,

4:45
Locuteur

on comprend

4:45
Clémentine Autain

bien. Voilà, c'est un registre que je n'aime pas, mais en tout cas, oui, toxique et

4:50
Locuteur

dangereux.

4:50
Clémentine Autain

Mais vous soutenez cette idée

4:51
Locuteur

? Sur l'idée de fond, en fait. Non, non,

4:52
Clémentine Autain

non, non, attention. Je dis attention. Je dis attention. Voilà. Je suis pour qu'en effet, on éloigne ses pères et que les mères puissent avoir la possibilité de se reconstruire, de protéger les enfants. Ça, on est complètement d'accord. Après, on va rentrer dans un débat juridique et éthique aussi et philosophique assez complexe. Parce que quand on enlève totalement l'autorité parentale et le droit de visite, c'est ce qu'elle dit. Donc l'autorité parentale,

5:16
Locuteur

c

5:16
Clémentine Autain

'est une chose. Le droit de visite, c'en est encore une autre. Donc on va rentrer dans des débats législatifs sur lesquels il faut faire attention. Je dis,

5:23
Locuteur

il

5:23
Clémentine Autain

faut faire attention. Est-ce que vraiment un père qui a été violent ne doit plus jamais voir l

5:29
Locuteur

'enfant ?

5:30
Clémentine Autain

Honnêtement,

5:31
Locuteur

c

5:31
Clémentine Autain

'est une question. Et y compris, nous avons eu le débat dans mon groupe parlementaire à la France Insoumise. Et voilà, ça ne

5:38
Locuteur

va pas de soi.

5:39
Clémentine Autain

Ça pose beaucoup de

5:40
Locuteur

questions. Justement, il y a beaucoup d'autres questions. J'invite juste

5:41
Clémentine Autain

à une chose.

5:42
Locuteur

Je

5:42
Clémentine Autain

veux juste dire, j'invite juste à une chose. C'est que je vois bien aussi comment le gouvernement avance.

5:47
Locuteur

C

5:47
Clémentine Autain

'est-à-dire durcir la loi sans arrêt sur des éléments qui sont des éléments qui ne demandent pas de moyens sonnants et trébuchants. Bon, on va avoir ces débats. Je suis pour les avoir. Je n'esquive pas. Je suis pour les avoir. Mais je dis attention. Ça, ça ne remplace pas. Le dur et

6:03
Locuteur

le dur. La priorité des priorités, s'il y avait une mesure. C'est quoi ? C'est une enveloppe budgétaire seulement ?

6:08
Clémentine Autain

Il n'y a pas une

6:09
Locuteur

mesure. D'accord.

6:10
Clémentine Autain

Il faut arrêter.

6:10
Locuteur

C'est long de lire, mais le Premier

6:11
Présentateur

ministre a déjà dit

6:12
Clémentine Autain

que ça n'était pas d'actualité. Eh bien, c'est ça qui ne va pas. Voilà. Je vous le dis, c'est ça qui ne va pas. C'est-à

6:18
Locuteur

-dire

6:18
Clémentine Autain

qu'il

6:18
Locuteur

n'y a

6:18
Clémentine Autain

pas une mesure miracle et certainement pas des mesures de ce type qui ne coûtent pas un centime. Tant qu'on n'a pas une chaîne qui est une chaîne consolidée avec de la formation pour les agents qui rencontrent des femmes victimes de violences conjugales. Tant que moi, quand je reçois ma permanence, je reçois des femmes et que je n'ai pas la possibilité d'avoir un logement d'urgence pour une femme qui veut quitter son foyer alors qu'elle est en danger et qu'il n

6:41
Locuteur

'y a

6:41
Clémentine Autain

pas de place. Voilà. Tant que ça ne marche pas, on peut faire toutes les lois qui durcissent, etc. On n'aura pas de solution efficace qui permette de protéger ces femmes. C'est ça que je voudrais vraiment dire ce matin. C'est que le gouvernement a aussi le don, le talent de nous faire entrer dans des débats, parce que c'est un débat et c'est un débat complexe,

7:01
Locuteur

pour

7:02
Présentateur

éviter le

7:03
Locuteur

cœur

7:03
Clémentine Autain

de cible qui est des moyens, des moyens,

7:06
Locuteur

des moyens. Sur la méthode,

7:07
Présentateur

ce Grenelle, vous étiez critique à son démarrage. Aujourd'hui, il y

7:10
Locuteur

a

7:10
Présentateur

eu des groupes de travail, en quelques mots, il y

7:12
Locuteur

a

7:12
Présentateur

eu des associations qui ont planché. Vous saluez cette idée de faire

7:16
Locuteur

ça ?

7:16
Clémentine Autain

Je garde mon esprit critique pour une raison simple.

7:18
Locuteur

C

7:18
Clémentine Autain

'est qu'il y a un an, moi j'étais dans l'hémicycle pour une loi qui a d'ailleurs été votée en 1er août, je vous rappelle, dans un minicycle vide, et puis évidemment dans un moment où les Français avaient la tête ailleurs. Et on avait une loi sans aucun moyen. Ce n'était pas une loi cadre. Et maintenant, on nous promet encore qu'on va avoir ce qu'on va voir avec le Grenelle. Donc je me méfie des grandes lois des Grenelles qui finissent par

7:40
Locuteur

trois

7:41
Clémentine Autain

fois rien. Donc il faut des moyens et il faut aussi prendre en considération le traitement des agresseurs. Parce que cette question du traitement des agresseurs, et c'est pourquoi je vous parlais aussi d'Adèle Haenel, elle n'est pas prise en considération par la ministre. Et je pense que c'est aussi une question qui doit s'inviter à la table de ces négociations.

7:57
Présentateur

Et on aura l'occasion de reparler, notamment après lundi, et les conclusions qui seront présentées par Edouard Philippe. On marque une courte poste sur France Info, l'essentiel de l'info avec Solène Cressan, 8h41.

8:08
Locuteur

En

8:08
Locuteur 5

plein épisode méditerranéen, dans le sud de la France, un homme de 77 ans est porté disparu dans le Var. Il s'est approché d'un cours d'eau cette nuit, dit la préfecture. Onze départements sont en vigilance orange au vent, mais aussi aux pluies et inondations de l'Aveyron aux Alpes-Maritimes. Dans le Var, quatre personnes ont dû être mises à l'abri après les inondations. Certains cours d'eau débordent aussi dans le Gard. Une cinquantaine d'associations et de collectifs appellent à manifester à Paris et partout en France des marches contre les violences faites aux femmes à deux jours de la fin du Grenelle contre les violences conjugales lancées depuis septembre.

Depuis le début de l'année, 137 femmes sont mortes sous les coups d'un conjoint ou ex-conjoint, disent les associations. Le ministère de la Santé prépare bien une opération de mois sans alcool en janvier. France Info a pu consulter une lettre qui contredit la ministre de la Santé. Elle affirmait, Agnès Buzyn sur notre antenne, qu'aucune décision n'était prise pour ce mois de sensibilisation au risque de l'alcool. 2-0 pour le PSG face à Lille hier soir, 14e journée de Ligue 1 de football qui continue cet après-midi. Lyon reçoit Nice à 17h30 et à 20h, cinq matchs dont Angers-Nîmes ou Brest-Nantes.

9:13
Locuteur

France

9:13
Locuteur 5

Info,

9:14
Locuteur

et

9:16
Locuteur 5

tout est plus clair.

9:17
Présentateur

Attention au mur, le mur du 5 décembre, voilà comment les proches du président appellent entre eux cette journée de grève contre la réforme des retraites qui va concerner de nombreuses professions, qui fait le plein également la CFDT Cheminot qui entre dans la danse, le syndicat des cadres également, la CFE-CGC. Vous-même Clémentine Autain,

9:34
Clémentine Autain

vous

9:35
Présentateur

serez dans les cortèges au nom de la France Insoumise, c'est une liste objective pour l'instant. Vous serez dans les cortèges vous ? Bien

9:42
Clémentine Autain

sûr que je serai dans les cortèges et je me réjouis, j'ai l'impression que chaque jour il y a un nouvel appel. Les étudiants se mobilisent, les gilets jaunes ont dit qu'ils rejoignaient, vous avez des

9:53
Locuteur

avocats. Vous en souhaitez

9:55
Présentateur

vous

9:55
Locuteur

? Bien sûr. La convergence

9:56
Présentateur

de tous

9:57
Locuteur

les mécontents,

9:58
Présentateur

de toutes les luttes, c'est la place du politique d'aller le 5 décembre

10:01
Locuteur

dans la rue sur une grève, sur les

10:03
Présentateur

retraites, sur les régimes spéciaux ?

10:04
Clémentine Autain

Je l'ai toujours fait, en novembre-décembre 1995, vous voyez il

10:08
Locuteur

y a

10:08
Clémentine Autain

un petit parfum là, novembre-décembre 1995, je me souviens que nous étions dans la rue et j'étais dans la rue, je suis aujourd'hui une élue de la République, je siège à l'Assemblée nationale et je serai bien sûr dans la rue et je pense que c'est aussi notre place

10:19
Locuteur

d'être dans la rue. Mais la France de 2019, ce n'est pas

10:21
Clémentine Autain

seulement notre

10:22
Locuteur

place. Ce n'est pas

10:22
Présentateur

celle de

10:22
Clémentine Autain

1995, on le voit dans l'opinion pour

10:25
Locuteur

le moment. Non, vous avez

10:25
Clémentine Autain

raison, la situation sociale s'est détériorée considérablement et les menaces sur nos retraites sont infiniment plus dangereuses. Donc nous avons des raisons supplémentaires d'être dans la rue et d'empêcher ce gouvernement de casser les retraites et de faire en sorte que tout simplement nous travaillons plus pour gagner moins et pour nous enlever aussi un temps de vie qui est un temps de vie important entre 60 et 65 ans, on sait que ce sont les meilleures années de la retraite. Et ce gouvernement avance vraiment à grands pas pour casser notre système

10:55
Locuteur

et on se demande pourquoi. Sur la question des régimes spéciaux,

10:58
Présentateur

Emmanuel Macron, il a clairement durci le ton à Amiens en affirmant d'abord que finalement la réforme va s'appliquer dès le vote de la loi et il renvoie clairement les grévistes dans le camp des corporatistes. On va l'écouter, c'était lors de sa conférence de presse dans sa vie de Nathalie hier.

11:12
Locuteur

Vous

11:13
Locuteur 3

constaterez avec moi

11:14
Locuteur

que

11:15
Locuteur 3

le 5 décembre est quelque chose d'étrange. Il va y avoir donc une mobilisation massive contre une réforme dont on ne connaît pas les termes

11:22
Locuteur

exacts. Ce

11:24
Locuteur 3

qui est vrai.

11:25
Locuteur

C

11:26
Locuteur 3

'est simplement parce que cette mobilisation est avant tout la mobilisation

11:29
Locuteur

de

11:31
Locuteur 3

salariés

11:31
Locuteur

d

11:32
Locuteur 3

'entreprises qui relèvent des régimes spéciaux. Donc c'est une mobilisation contre la fin des régimes spéciaux.

11:39
Clémentine Autain

Quelle provocation vous

11:40
Locuteur

dites ?

11:40
Clémentine Autain

Oui, je trouve que son propos est plutôt une invitation à les manifester. D'abord,

11:44
Locuteur

il

11:44
Clémentine Autain

y a un espèce de débat sur on connaît ou on ne connaît pas la réforme. Il ne peut pas dire on ne connaît pas la réforme et dans le même temps, un petit peu plus loin ou avant, dans ce même discours, il nous dit j'ai été élu pour faire cette réforme. Alors il faut s'entendre. Bon, s'il a été élu pour faire cette réforme, moi je pense que nous

11:59
Locuteur

connaissons... On ne connaît

11:59
Présentateur

pas encore les modalités.

12:00
Locuteur

Le détail, voilà. Mais nous savons la logique. Il y a des négociations avec

12:04
Présentateur

les citoyens,

12:04
Locuteur

il

12:04
Présentateur

y

12:05
Locuteur

a du dialogue social. Mais nous

12:06
Clémentine Autain

connaissons l'état d'esprit du gouvernement. Ce qu'il veut faire, c'est une retraite par points. Et ce qu'il veut faire, c'est allonger la durée

12:14
Locuteur

de travail. Pour vous, il n'y a aucune

12:15
Présentateur

injustice aujourd'hui sur les régimes spéciaux.

12:17
Locuteur

Ce sont des

12:17
Présentateur

régimes qui ont été négociés avant la guerre. Les métiers ont changé. On peut en citer. Il y

12:22
Locuteur

a

12:22
Présentateur

des pilotes de ligne qui peuvent partir autour de 50 ans. Vous savez combien ça représente par rapport à la

12:26
Clémentine Autain

masse

12:26
Locuteur

des retraités ? Vous savez

12:27
Clémentine Autain

combien ça représente ça ? Mais ça existe, ces 42

12:30
Locuteur

régimes. Est-ce que pour vous, il ne faut rien toucher ? Il n'y a pas de problème ? Mais moi,

12:34
Clémentine Autain

je ne dis pas qu'il ne

12:35
Locuteur

faut

12:35
Clémentine Autain

rien toucher. Sur

12:36
Locuteur

les régimes spéciaux. Je

12:36
Clémentine Autain

dis juste qu'on ne part pas des régimes spéciaux qui doivent représenter en gros 3% des personnes salariées, enfin la retraite de 3% des salariés. On ne

12:46
Locuteur

va

12:46
Clémentine Autain

pas toucher à l'ensemble du régime des retraites

12:49
Locuteur

au

12:50
Clémentine Autain

nom de 3% qu'il faudrait peut-être modifier dans certains cas et encore. Mais

12:54
Locuteur

ce sont

12:55
Présentateur

eux

12:55
Locuteur

qui se mobilisent pour l'instant. Non,

12:57
Clémentine Autain

mais vous racontez n'importe quoi.

12:58
Locuteur

Pour

12:59
Présentateur

l'instant, le gros

13:00
Locuteur

des troupes, ça va être quand même les grévites à la SNCF, RTP.

13:03
Clémentine Autain

Oui, mais les cheminots, il y a des raisons. Il y

13:05
Locuteur

a

13:05
Clémentine Autain

des raisons pour lesquelles la question de la pénibilité. Je sais bien que le gouvernement, et en particulier le président de la République, a le plus grand mépris sur la pénibilité, puisqu'il dit « je n'aime pas ce mot

13:15
Locuteur

».

13:15
Clémentine Autain

Comment ça, il n'aime pas ce mot ? Parce qu'il ne voit pas cette réalité de la pénibilité. Le

13:20
Locuteur

gouvernement a aussi dit

13:21
Présentateur

qu'il

13:21
Locuteur

prend en

13:22
Clémentine Autain

compte la pénibilité, justement,

13:24
Locuteur

dans la grande

13:25
Présentateur

réforme. Vous

13:26
Locuteur

avez l'air de

13:26
Clémentine Autain

bien défendre le gouvernement,

13:27
Locuteur

mais moi, je vous dis

13:28
Clémentine Autain

ce que j'en pense.

13:29
Locuteur

Parcèmement, je suis l

13:30
Clémentine Autain

'avocat du diable. Oui,

13:31
Locuteur

oui,

13:31
Clémentine Autain

du diable, c'est le bon mot. Mais en tout cas, ce que je crois, c'est que là, on a un autre défi qui devrait être sur la table, qui est celui du partage de la richesse et du partage des temps de travail. Vous allez allonger la durée de travail. Et en même temps, vous savez qu'après 50 ans, on a un chômage massif, et que chez les jeunes, on a un chômage massif. Donc, je ne comprends pas très bien la logique. Je

13:55
Locuteur

ne vois

13:55
Clémentine Autain

pas très bien où on va. Ça veut dire qu'on va avoir des gens qui vont travailler plus longtemps dans un cadre, pour beaucoup, très pénible. Parce que j'aime autant vous dire qu'il y

14:06
Locuteur

a

14:06
Clémentine Autain

des métiers, quand vous les faites après 60 ans, c'est dur. Vous prenez des risques graves pour votre santé et vous pertez des

14:13
Locuteur

années qui sont des années. Donc, on touche à rien, on ne fait pas de

14:14
Clémentine Autain

réforme.

14:15
Locuteur

Mais pas cette réforme. Moi, je suis pour une réforme. On a vu que le régime était en déficit, au moins 10 milliards d'euros. Non, c'est

14:20
Présentateur

faux, c'est faux. C'est le

14:21
Locuteur

corps, le

14:22
Présentateur

comité d'orientation des retraites.

14:23
Clémentine Autain

Oui, bien sûr. Prenez le résultat du corps pour argent comptant. Vous

14:29
Locuteur

ne faites pas confiance

14:29
Clémentine Autain

? Non, je le conteste. Parce qu'en fait, d'abord, il y a des réserves, aujourd'hui, qui sont importantes. C'est 127 milliards de réserves. Donc, on n'est pas au bord du gouffre dans une obligation de réformer. Ça, c'est la première chose. Et la deuxième, c'est qu'ils se projettent comme s'il n'y avait aucun changement. Or, les changements qu'il faut apporter, c'est la relance par l'activité, c'est le partage du temps de travail, c'est-à-dire la réduction du temps de travail. Ça, ce sont des réformes qui nous permettraient réellement d'avancer. Et si vous faites cela, alors vous avez de quoi remettre au pot pour le régime de solidarité tel qu'il existe.

Le régime par points, ça veut dire qu'au bout du bout, nous aurons des retraites plus basses. Vous comprenez ça ? Tout le monde. Tout le monde. Donc, au nom d'un tout petit bout de régimes spéciaux, et encore, il faudrait discuter, moi, je ne suis pas pour les toucher, même si peut-être certains dans le détail, mais en tout cas, certainement pas, pour modifier l'ensemble du système de retraite

15:23
Locuteur

et le mettre par points,

15:25
Clémentine Autain

baisser les pensions

15:26
Locuteur

et

15:26
Clémentine Autain

travailler plus longtemps. Ça,

15:28
Locuteur

c

15:28
Clémentine Autain

'est hors de question. Et heureusement que les Français relèvent la tête pour dire non à cette contre-réforme.

15:32
Présentateur

Pour revenir un instant sur le propos d'Emmanuel Macron hier à Amiens, est-ce qu'il joue, selon vous, l'opinion contre la rue, très clairement ?

15:39
Clémentine Autain

Écoutez, j'ai l'impression que si l'on demande aux Français s'ils ont vraiment envie de ce changement, vous allez voir que quand

15:46
Locuteur

il y aura le débat... En cible, en tout

15:47
Présentateur

cas, je parle des grévistes, c'est-à-dire la SNCF, la RATP, voilà, c'est

15:50
Locuteur

clairement ce qu'il y a à dire. Mais ça, il le fait tout le temps,

15:51
Clémentine Autain

il l'a fait avec les gilets jaunes, sans arrêt. Et je trouve que, de ce point de vue, il n'est pas le garant d'un bon fonctionnement démocratique. C'est-à-dire que penser qu'on peut avancer, quand on gouverne, contre les mobilisations, en insultant et en méprisant celles et ceux qui veulent du changement, celles et ceux qui le critiquent, ça, je pense que c'est assez dangereux pour la démocratie en

16:13
Locuteur

Europe.

16:13
Présentateur

Alors, on vous a entendu donc sur les retraites. En tout cas, ce n

16:16
Locuteur

'est

16:16
Présentateur

pas la bonne réforme. Les pensions vont diminuer et il va y avoir... Il faudrait mieux, au fond, réduire le temps de travail. Je voudrais qu

16:24
Locuteur

'on

16:24
Présentateur

dise un tout petit mot, rapidement, sur une autre manifestation qui a lieu aujourd'hui. Cet après-midi, dans le Nord, à Valenciennes, marche de soutien à Manuel, 41 ans, gravement blessé à l

16:34
Locuteur

'œil

16:34
Présentateur

samedi dernier. On a vu, évidemment, les images sur la place d'Italie. Les images ne montrent pas qu'il s'agit d'une violence policière, mais il n'y a pas de doute. Est-ce que c'est le blessé de trop

16:45
Locuteur

?

16:47
Clémentine Autain

Il y a toujours trop de blessés. Donc, à chaque blessé, j'ai envie de dire, c'est le blessé de trop. Parce que là, il faut quand même se rendre compte qu'il

16:52
Locuteur

y

16:52
Clémentine Autain

a plus de 24 personnes qui ont perdu un œil et un nombre de baissés considérable. En quelques mois, en France, les forces de police ont blessé autant qu'en 20 ans de manifestations. C'est quand même considérable. Donc, oui, il y

17:07
Locuteur

a

17:07
Clémentine Autain

un problème. À l'évidence, il y

17:08
Locuteur

a

17:08
Clémentine Autain

un problème. Et les images de la scène où on voit Manuel qui est tranquillement en train de discuter sur la place. Et d'un seul coup, paf ! Il reçoit cette balle. C'est d'une violence incroyable. Absolument

17:22
Locuteur

incroyable. Le juge d'instruction va mener en cas. Bien sûr, bien sûr. Mais nous, nous n'avons

17:27
Clémentine Autain

cessé au Parlement, en commission, d'interpeller le gouvernement pour dire ça suffit. Les balles de LBD, encore pire. Vous savez, les fameuses GLIF4 qui sont tout simplement des armes de guerre. Des grenades. Mais ce sont des armes de guerre. La France a été épinglée. Épinglée par l'ONU. Mais épinglée aussi par le Conseil de l'Europe. Pour justement, ces méthodes. Ces méthodes qui sont des méthodes qui ne permettent pas d'apaiser la situation. Or, il y a d'autres méthodes possibles pour apaiser. Et en plus, on met sous tension les policiers qui aussi finissent par être blessés. Et qui sont eux aussi en burn-out. Donc,

18:05
Locuteur

je pense que

18:05
Clémentine Autain

la situation est assez dramatique. Et oui, il faut manifester contre les violences policières, pour la justice tout simplement. Et pour apaiser aussi, pour que les policiers puissent vivre

18:16
Locuteur

leur

18:17
Clémentine Autain

métier de façon plus apaisante. C'est le moins qu

18:20
Locuteur

'on

18:20
Clémentine Autain

puisse dire.

18:20
Locuteur

Et

18:20
Clémentine Autain

on

18:20
Présentateur

va en dire un mot dans un instant.

18:21
Locuteur

D

18:21
Présentateur

'abord, à 9h moins 10, l'essentiel de l'info avec Solène Cresson.

18:25
Locuteur

Les

18:26
Locuteur 5

secours du Var recherchent un homme de 77 ans, porté disparu pendant les intempéries. Il était désorienté cette nuit. Il s'est approché d'un cours d'eau, dit la préfecture. Le Var est en vigilance orange aux pluies et inondations. Des pluies qui vont s'intensifier dans la matinée. Chute d'arbres et de branches aussi dans les bouches du Rhône à cause du vent. 11 départements sont en vigilance orange aux pluies et inondations, mais aussi au vent. On veut un signalement des médecins en cas de danger imminent, dit sur France Info. Bérangère Couillard, députée La République En Marche de Gironde. Elle présente un projet de loi pour lutter contre les violences faites aux femmes.

Des milliers de personnes sont attendues aujourd'hui à Lille, Bordeaux, Toulouse ou Paris pour dénoncer ces violences. Christophe Castaner, à l'inauguration du marché de Noël de Strasbourg, le ministre de l'Intérieur veut rassurer. Plus de 400 policiers, 90 militaires et des ponts fermés pour accéder au centre-ville. Dispositif de sécurité renforcé après l'attentat de l'année dernière qui a fait 5 morts et des dizaines de blessés. 4 gilets jaunes dont un policier à la retraite condamné à de la prison avec sursis pour avoir brûlé des radars en septembre dernier en Savoie. Ils ont tous reconnu les faits. Et puis, ouverture d'une dizaine de stations de ski françaises ce week-end.

Val Thorens, la plus haute d'Europe dans les Alpes, mais aussi le Lioran dans le Cantal ou Porte-et-Puis-Maurins dans les Pyrénées. France Info.

19:42
Locuteur

Et

19:43
Locuteur 5

tout est plus clair.

19:44
Présentateur

On parlait des violences policières il

19:46
Locuteur

y

19:46
Présentateur

a un instant avec Clément Tinotin, notre invité dans le 8h30 France Info. Cette semaine, Edouard Philippe est venu justement défendre les policiers. Sur France Inter,

19:55
Locuteur

c

19:55
Présentateur

'était jeudi. Il parle de forces de l'ordre qui sont également à bout.

20:00
Locuteur 2

Samedi, il ne s'est pas passé que ça. Vous avez vu, vous aussi j'en suis certain, des images de gens qui sont venus exclusivement pour casser, de gens qui sont venus et dès qu'ils ont vu des policiers leur enfoncer dessus, vous avez vu les images de ces deux policiers traqués dans une laverie par des gens qui manifestement n'étaient pas là pour dialoguer.

20:18
Présentateur

Edouard Philippe, jeudi sur France Inter, c'est vrai qu'on parle des violences policières, on en parle beaucoup. On vous entend moins critiquer les violences des Black Blocs sur les forces de police depuis des mois également.

20:28
Clémentine Autain

Je viens de le dire à l'instant. Je viens de le dire à l'instant que les policiers étaient dans une situation de tension infernale, bien entendu. Mais regardons les choses. Ce que je reproche gravement au gouvernement, c'est de ne pas être capable d'avoir des méthodes qui sont des méthodes qui permettent d'apaiser la situation. Ces méthodes violentes de répression, d'impunité vis-à-vis de policiers qui ne se conforment pas à, vous savez, toutes les règles de proportionnalité

20:57
Locuteur

de la réponse, etc. Est-ce que vous mettez aussi en doute ?

21:00
Clémentine Autain

Ça, je pense que c'est une stratégie de

21:01
Locuteur

l

21:01
Clémentine Autain

'attention qui

21:02
Locuteur

est

21:02
Clémentine Autain

grave pour la démocratie et qui est grave pour les manifestants, mais aussi pour les policiers.

21:08
Locuteur

L'impartialité

21:09
Présentateur

de l'IGPN, l'inspection générale de la police nationale, parce que c'est elle qui mène les enquêtes. On voit effectivement que, pour l'instant, il y a très très peu de renvois devant les

21:19
Locuteur

tribunaux.

21:21
Clémentine Autain

Il y a un sujet, l'IGPN

21:22
Locuteur

? Bien

21:22
Clémentine Autain

sûr qu'il y

21:23
Locuteur

a

21:23
Clémentine Autain

un sujet. Mais il

21:23
Locuteur

y a

21:23
Clémentine Autain

un sujet surtout du gouvernement, quand vous avez un ministre de l'Intérieur qui à aucun moment est capable de recadrer ses troupes, qui à aucun moment est capable de dire « Attendez, ça suffit, il faut qu

21:34
Locuteur

'on

21:34
Clémentine Autain

fasse autrement ». Et qui, par ailleurs, donne des munitions, parce que c'est ça qu'il faut voir. C'est-à-dire que, légalement, les policiers ont davantage de possibilités d'avoir une action qui est dangereuse. Je vous parle de ces balles LBD et des grenades, parce qu'on voit bien qu'il y a beaucoup de blessés, ça vient de là. Et ça, c'est bien l'État qui a décidé qu'on avait le droit d'utiliser, enfin que les policiers avaient le droit de l'utiliser. Donc,

21:58
Locuteur

la responsabilité

21:59
Clémentine Autain

pour moi est la responsabilité du gouvernement.

22:01
Présentateur

La question des LBD, elle ne se pose pas seulement les samedis, lors des manifestations de Gilets jaunes. Cette question, elle est centrale dans le film de La Djili, Les Misérables, qui a à lire le JDD convaincu Emmanuel Macron de faire quelque chose pour les banlieues. Il était temps quand même, s'il lui faut un film pour se rendre compte ce qui se passe dans les banlieues, c'est quand même assez inquiétant. Pourquoi cette question-là des violences policières

22:23
Locuteur

n'est pas... Quel que soit

22:24
Présentateur

magnifique le film, c'est pas assez... Pourquoi cette question des violences policières en Seine-Saint-Denis, par exemple, votre circonscription, n'est pas dans le débat public ? Comment vous l'expliquez

22:33
Locuteur

?

22:35
Clémentine Autain

D'abord, elle y arrive, elle y a été. On se souvient, en 2005, qu'il y avait eu des émeutes et c'était à la suite de la mort de Ziyad Ebouna. Donc, cette question des contrôles d'identité à répétition, ces enjeux de violences policières dans les banlieues populaires n'est pas nouvelle. Elle n'est pas aujourd'hui sur le devant de la scène. Mais par contre, je pense qu'il peut y avoir une convergence possible entre, justement, ces jeunes de banlieue qui subissent, eux aussi, ces difficultés. Et difficultés, je vous re-réponds, enchaînent aussi pour les policiers. Parce qu'il faut voir les policiers en Seine-Saint-Denis, dans quel état ils sont eux-mêmes. Donc, on est dans un mécanisme qui

23:13
Locuteur

est... Un cercle vicieux ?

23:14
Clémentine Autain

Ah, mais c'est un cercle, vraiment, que je vois de

23:16
Locuteur

près, qui est très, très vicieux et qui est très dangereux. On a vu

23:18
Présentateur

qu'il y avait pas mal de tensions dans les Yvelines ces dernières semaines. Il y

23:22
Locuteur

a

23:22
Présentateur

un risque d'embravement ou c

23:23
Locuteur

'est exagéré de

23:24
Clémentine Autain

dire ça

23:24
Locuteur

?

23:24
Clémentine Autain

Ce qui nourrit ce cercle vicieux et ce qui peut générer de

23:27
Locuteur

l

23:27
Clémentine Autain

'embrasement, c'est l'attitude de l'État. C'est-à-dire le fait que le gouvernement, à aucun moment, ne prenne en considération ce qui se passe. On le voit avec le comité Adama et tout ce qui se passe autour de...

23:38
Locuteur

Le gouvernement,

23:39
Présentateur

récemment, a quand même débloqué des enveloppes pour la Seine-Saint-Denis, notamment.

23:43
Locuteur

Ça vous l'avez

23:43
Présentateur

félicité. C

23:44
Locuteur

'est pas la question des violences policières. Non, non, alors moi, je

23:46
Clémentine Autain

veux tout à fait bien vous parler de ce qui s'est passé en Seine-Saint-Denis. Non,

23:49
Locuteur

mais... Non, mais si, si, je vais vous répondre. Non, non, non, non. Alors, elle n'est peut-être pas suffisante. Non, je

23:53
Clémentine Autain

ne

23:53
Locuteur

suis

23:53
Clémentine Autain

pas d'accord.

23:54
Locuteur

Il

23:54
Clémentine Autain

n

23:54
Locuteur

'y a

23:54
Clémentine Autain

eu absolument pas. Il y a eu une mobilisation. Il y a eu un rapport parlementaire cornu-gentil qui dit une chose simple. Il y a une rupture d'égalité par rapport à la Seine-Saint-Denis.

24:02
Locuteur

C

24:02
Clémentine Autain

'est

24:02
Locuteur

-à

24:02
Clémentine Autain

-dire que la Seine-Saint-Denis, indépendamment de sa population, a moins d'argent de l'État que les autres départements. Comment voulez

24:09
Locuteur

-vous que ça fonctionne ? Le

24:10
Présentateur

compte n'y est pas dans les moyens qui ont

24:11
Locuteur

été... Mais

24:11
Clémentine Autain

c'est rien de dire. Le compte n'y est pas parce qu'il n'y a pas de plan pluriannuel annoncé pour justement réparer cette rupture d'égalité, premièrement, et que dans les 22 annonces, beaucoup étaient des annonces qui étaient déjà annoncées, si j'ose dire. Aussi bien le tribunal de Bobigny, sa réflexion, on le savait depuis des mois, ou, pour parler de ma circonscription, les urgences à Ballangé, nous savions qu

24:32
Locuteur

'il y avait... Il y a un autre film. Donc

24:33
Clémentine Autain

oui, on n'y est pas, je vous le dis franchement.

24:34
Présentateur

Il y

24:35
Locuteur

a

24:35
Présentateur

un autre film, on va dire, dans l'actualité peut-être d'un mot. Le j'accuse de Roman Polanski, à nouveau accusé de viol. Il a été censuré un temps en Seine-Saint-Denis, avant qu'on revienne dessus. Vous auriez soutenu cette démarche ? Est-ce que vous iriez le voir plus rapidement ? Est-ce qu

24:48
Locuteur

'il y a

24:48
Présentateur

un débat dans le gouvernement ?

24:49
Clémentine Autain

Moi, je n'irai pas voir ce film. Je n'irai pas voir ce film, mais je suis vraiment opposée à la censure en règle générale. En tout cas, il y

24:57
Locuteur

a

24:57
Clémentine Autain

toujours quelque chose dans la censure qui me dérange.

24:59
Locuteur

Donc la démarche de Balcott, en Seine-Saint-Denis, qui a finalement échoué. Mais ce n'est pas la même

25:02
Clémentine Autain

chose. Le film n'est pas censuré. Le film n'est pas censuré, ce n

25:07
Locuteur

'est

25:07
Clémentine Autain

pas exactement ça. C'est qu'il y a des cinémas qui disent, moi, je n

25:12
Locuteur

'ai

25:12
Clémentine Autain

pas envie de le projeter. Ou des gens qui disent, on ne

25:15
Locuteur

va

25:15
Clémentine Autain

pas le

25:15
Locuteur

voir, et voilà pourquoi

25:16
Clémentine Autain

on ne

25:16
Locuteur

va

25:16
Clémentine Autain

pas le voir. Et

25:17
Locuteur

ça, c'est le débat démocratique. Que des distributeurs

25:18
Présentateur

décident

25:18
Clémentine Autain

de

25:18
Présentateur

ne

25:19
Clémentine Autain

pas le

25:19
Locuteur

décider.

25:19
Clémentine Autain

Ça fait partie du débat démocratique. Et c'est une confrontation politique. Ce n

25:24
Locuteur

'est

25:24
Clémentine Autain

pas la même chose que la censure, et la censure, moi, je ne serai jamais de ce côté-là.

25:27
Présentateur

Merci à vous Clémentine Autain, invité du 8h30 France Info ce samedi matin. Merci à vous Myriam Ancawa, journaliste à la chaîne parlementaire.

25:34
Locuteur

On

25:34
Présentateur

vous retrouve la semaine prochaine.

25:37
Locuteur

Et

25:38
Présentateur

l'info politique, n'oubliez pas, c'est aussi un podcast original sur France Info. Paris, la bataille, le feuilleton des municipales. Un nouvel épisode tous les vendredis. Un podcast à écouter sur franceinfo.fr. Disponible aussi sur l'application Radio France.