Anne Le Hénanff, ministre chargée du Numérique, est l'invitée politique de la matinale du 26/11
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour Anne lean. C'est pas facile à prononcer. Exactement.
Merci d'être avec nous ce matin. Après la vente de poupée à caractère pédopornographique, le gouvernement a demandé la suspension du site chinois Chine pendant 3 mois et son retour sous condition. L'audience au Tribunal Judiciaire de Paris se déroule à 11h.
Est-ce que vous espérez être suivi et et est-ce que vous espérez obtenir cette décision ? Alors, j'ai j'ai confiance en la justice française. Euh je je commenterai pas puisqu'on pas encore euh la décision et puis ce sont les audiences aujourd'hui.
Le jugement arrivera un petit peu plus tard. Ce que je peux vous dire, c'est que la position de la France par contre et du gouvernement est extrêmement ferme sur les plateformes du type de Chine qui ne respectent pas le droit français et le droit européen en matière de protection des usagers et notamment les mineurs. Donc quoi quelle que soit la décision, ce que je peux vous dire c'est que nous continuerons pas à pas opération illégale par opération illégale et je souhaite pas que ça arrive évidemment à agir, saisir la justice ou l'ARCOM pour fermer les sites et surtout supprimer les contenus et les produits illégaux.
Même en cas de suspension, imaginons que vous l'obteniez. Est-ce qu'il y a pas un risque de contournement notamment via des VPN ? Est-ce qu'il faut pas aller plus loin et peut-être interdire aussi notamment cette plateforme ?
Alors, interdire la plateforme, on est prêt à le faire, hein. Si le le premier ministre a été clair, s'il y a réitération, s'il ne respecte pas euh les sommations qu'ils ont reçu et on a quand même gagné euh ce ce pas cette victoire contre eux, euh on peut on ira jusqu'à la fermeture. Après, contourner, c'est un autre sujet.
C'est un sujet très technique qui doit être abordé avec des techniciens, avec les parlementaires sur le VPN. Il va falloir de toute façon qu'on muscle notre arsenal législatif et réglementaire, ça c'est sûr. Il y a des trous dans la raquette, on les a bien identifié et je travaille là-dessus avec mes équipes.
Est-ce que vous savez également où on est l'enquête concernant Chine ? Est-ce que vous avez notamment identifié les acheteurs de ces poupées ? Alors, il y a une enquête en cours.
Les services de police, puisque là on est sur du pénal, que ce soit les vendeurs tiers, c'estàd ceux qui ont vendu ces poupées et aussi les acheteurs, une enquête de police euh qui sont extrêmement performants, efficaces, rapides et on peut atteindre jusqu'à 5 ans d'emprisonnement 75000 €. Donc évidemment, moi je m'adresse aussi à à ce public qui achète ces produits illégaux en disant il y a pas d'impunité, si vous les achetez, il va falloir payer les conséquences. Mais là, à ce stade, il y a des acheteurs qui ont été identifiés.
Exactement. a combien ? Je je peux pas vous dire ça.
C'est il y en a il y en a quelques-uns en tout cas j'ai d'après les informations que que j'ai. Mais l'enquête, elle continue et nous irons jusqu'au bout pour identifier tous les acheteurs de ces poupées pédo euh pornographiques. Euh le patron du BHV euh site sur lequel la boutique Chine s'est implantée va être devant les députés aujourd'hui.
Euh c'est un problème pour vous que le BHV qui est un magasin emblématique parisien accueille un magasin comme Chine. Euh je trouve ça très regrettable qu'une belle enseigne euh française euh de ce type à Paris accueille Chine surtout dans ce contexte euh et et je pense que c'était euh malvenu. Euh maintenant on est dans un pays libre, le commerce est libre, il prend ses responsabilités, c'est tout.
Euh vous êtes donc ministre chargé du numérique mais également de l'intelligence artificielle. l'intelligence artificielle qui prend de plus en plus de de place dans nos vies et dans la vie des entreprises. Comment vous pouvez accompagner les entreprises françaises dans leur évolution euh avec ce nouvel outil ?
Concrètement, qu'est-ce que vous pouvez faire ? Alors, nous avons accueilli le sommet de l'IA en en février. Ça a été une grand un grand succès mondial.
Il faut absolument maintenant priorité moi, c'est que nous diffusions l'IA partout et pour tous dans tous les territoires parce que l'IA, l'intelligence artificielle parfois perçu comme quelque chose d'angoissant parce que méconnu bien il faut faire de la pédagogie pour expliquer aux gens que c'est une plus-value notamment pour les TPE, donc les petites entreprises, les commerces, c'est une source de gain, d'efficacité et puis d'allègement des tâches finalement qui sont rébarbatives pour les humains. Et pour cela, alors comment on va faire pour les aider ? Écoutez, cet après-midi, je je vous annonce ce matin, je vais accueillir 500 ambassadeurs de l'IA que nous avons sélectionné basé sur le volontariat.
Ils sont bénévoles et ces 500 ambassadeurs de l'IA vont diffuser partout dans nos territoires, quelle que soit la région, quel que soit le département, y compris dans les territoires d'outre mer, l'intelligence artificielle avec les usages qui vont avec. Euh beaucoup d'infrastructures hein, notamment les data center restent quand même dominées par les géants américains euh chinois et américain. Euh comment est-ce qu'on peut limiter aussi notre dépendance ?
Alors c'est une de mes priorités euh et d'ailleurs mon cabinet euh est le chapeau commun de tous les de toute mon équipe, c'est la souveraineté numérique. Et dans la souveraineté numérique, il y a effectivement une vraie ambition pour euh notamment les data centers qui soient souverains. Il y a des aspects sur lesquels on ne pourra pas être souverain pour pour l'instant. je pense au puus, mais on y travaille.
Par contre, on a une ambition également euh de créer une filière qui soit indépendante. Les Chinois, les Américains préfèrent les produits chinois et américains. Et bien nous, on doit être en capacité de proposer une alternative et de dire aux Européens et bien quand vous avez des données, vous voulez les sauvegarder, sauvegardez-les dans des clouds et dans des data centers européens et français.
Il faut donc faire pousser euh l'idée d'une préférence européenne et c'est ce sur quoi je me bat chaque jour depuis que je suis ministre. Euh un mot aussi de la plateforme de streaming kick qui est visée par une plainte de l'association respecte zone pour la la diffusion de contenus violents et et pornographique. Cette plateforme, on le sait, elle a déjà fait l'objet d'une enquête depuis la mort du streamer français Jean Portmanov.
Euh comment est-ce que vous justifiez euh qu'elle soit encore aussi peu euh encadrée et surtout aussi peu modérée ? Alors il y a un travail quand je vous dis qu'il y a parfois des des trous dans la requête, c'est vrai que finalement le numérique, tout ce qui est dématérialisé évolue tellement vite que souvent l'arsenal législatif réglementaire, il est un peu à la traî. Donc là, mon ambition, c'est vraiment de mettre à plat tous les les les défaillances ou les trous qui pourraient exister dans cette raquette.
Et moi, je vois deux priorités. C'est un de réguler les plateformes. Là, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, on ne laissera rien passer.
Impunité zéro. Parce que est-ce qu'on peut dire aussi qu'il y a une forme de responsabilité d'État qui justement n'a pas assez durci et assez vite la réglementation de ces plateformes live en direct ? On a on a des réglementations et notamment elles sont européennes.
On a le DSA, le Digital Services Act. Le Digital Digital Services Act qui est une un règlement européen que tous les Étatsmembres ont ont voulu. Euh, il doit maintenant passer à l'action aussi de la sanction quand il y a des des choses illégales qui sont constatées.
Que pour qui concrètement ça, quelle a été la sanction ? Alors, pour l'instant, il y a une il y a une enquête par contre euh de de police sur euh sur ce qui s'est passé. Ça c'est le deuxème point.
Donc être absolument strict avec les plateformes. Et je vois un deuxième sujet sur lequel je vais travailler rapidement et j'ai commencé, c'est finalement d'être exigeant également sur les créateurs de contenu, ceux qui déposent des choses sur ces plateformes. Il faut qu'on les régule également.
Là euh on a deux deux personnes deux un parlementaire et un ancien parlementaire don monsieur Vogeta et monsieur de la Porte qui vont me présenter début décembre les conclusions de leur rapport et je souhaite vraiment travailler avec eux sur une évolution législative sur les sur les créateurs de contenu. Là je pense qu'on a des choses à faire. Euh Emmanuel Macron est très présent sur le harcèlement en ligne hein ces derniers temps.
C'est vrai que c'est la loi de la jungle, c'est la loi des règlements de compte, c'est d'une violence inouie. Comment est-ce que vous pouvez instaurer des règles et que risquent aussi les cyberharceleurs ? Alors déjà quand ils sont identifiés euh ils le risquent, ils ont il y a il y a il y a des sanctions possibles, encore faut-il les détecter ?
Euh donc déjà il faut peut-être supprimer cette anonymisation systématique dans sur les réseaux sociaux. Mais nous on et ça ça passerait par quoi ? Une obligation de me fournir sa pièce d'identité avant d'être sur les réseaux sociaux.
C'est c'est une des pistes en tout cas de s'identifier. Ça c'est une des pistes. Je pense que c'est peut-être quelque chose qui peut se faire au niveau européen.
On y travaille avec mes homologues, on en parle, mais c'est surtout un projet pour protéger les mineur, non seulement pour euh éviter leur enfermement dans des algorithmes et des choses qui ne qui ne maîtrisent pas, mais aussi parce que ils en veulent leur santé mentale, c'est de créer une majorité numérique. Des parlementaires travaillent sur le sujet. C'est un sujet, la majorité numérique que le président de la République porte avec force et je l'y accompagnerai. on sera en capacité et il décidera d'ici la fin de l'année début 2026 de proposer une évolution législative.
Un tout dernier mot sur les réseaux sociaux, c'est aussi la clé parfois pour les ingérences étrangères notamment russes. Est-ce que vous pensez qu'il y a un gros risque qui plane ? Il y a des municipales dans 3 mois, 4 mois, il y a des présidentiels dans 17 mois.
Est-ce que c'est un objet de préoccupation ? Exactement. C'est pas de la science-fiction madame.
C'est pas de la science-fiction les ingérences étrangères. Je pense qu'elles elles existent déjà aujourd'hui et les municipales vont être un un un levier pour nous rendre compte et que la population se rende compte et notamment les candidats au municipal, les collectivités territoriales seront la cible de désinformation, de malveillance. Il faut en avoir conscience et il faut être en capacité un de les repérer et de de lutter pour rectifier et rétablir aussi les choses et sanctionner si c'est nécessaire.
Merci beaucoup Anne Lean. Bonne journée à vous. Pla bonne journée.
Au revoir. Merci. Yeah.
Anne Le Hénanff