Olivia Grégoire : "Pas de nouvelles mesures de confinement, mais une application plus stricte"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:09OuverteRéponse directe
Le gouvernement ne prend donc pas de mesures drastiques pour l'instant ?
- 0:17OuverteRéponse directe
Des médecins déçus auraient préféré un durcissement des contraintes sanitaires ?
- 1:49RelanceRéponse partielle
Compte tenu de la progression du virus, est-ce que l'exécutif ne risque pas d'être critiqué sur un retard à l'allumage ?
- 2:54OuverteRéponse directe
Il n'y a pas un consensus qui parle de célérité ?
- 5:31OuverteRéponse directe
Est-ce que les employeurs pourraient imposer des congés ou modifier les RTT dans le projet de loi ?
- 7:14OuverteRéponse partielle
Ces négociations avec les partenaires sociaux sont-elles exclues ce matin ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:45Invité politiqueChiffre
« 100 000 policiers, aujourd'hui, mobilisés pour une application plus stricte. »
- 4:04Invité politiqueFait
« Le PLFR prend projet de loi de finances rectificatives, qui a été voté jeudi dernier, et c'est très important. »
- 4:30Invité politiquePromesse
« Nous allons dans les prochains jours avoir une discussion sur la revalorisation des rémunérations des professionnels de santé. »
- 11:25Invité politiqueChiffre
« 300 milliards de garanties bancaires, garanties à hauteur de 90% par l'État. »
- 12:17Invité politiqueChiffre
« Le plan de solidarité que nous mettons en place d'un milliard d'euros est valable pour les artisans et pour les professions libérales. »
- 17:25Invité politiqueFait
« Bruno Le Maire s'est emparé du sujet. Ça fait maintenant plus de 48 heures. Il a demandé des comptes et il a demandé à regarder de très près à Bercy la situation d'Amazon. »
- 18:04Invité politiqueChiffre
« Quand on met 45 milliards d'euros sur la table pour les petites entreprises, notamment les TPE, les auto-entrepreneurs, avec un milliard d'euros avec le fonds de solidarité. »
Temps de parole
- Olivia Grégoire66 %
- Présentateur19 %
- Invité10 %
- Invité 23 %
- Invité 32 %
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Bonjour Olivia Grégoire. Bonjour Eric Delvaux. Vous êtes député de La République En Marche, co-rapporteur de la Commission des Finances à l'Assemblée Nationale en liaison téléphonique améliorée. Alors pour l'instant, le gouvernement ne prend donc pas de mesures drastiques, pour l'instant, a dit hier Christophe Castaner. Or, des médecins qui sont déçus auraient préféré que le ministre Castaner annonce hier un durcissement des contraintes sanitaires, n'est-ce pas ? D'abord une décision politique, plus que sanitaire, que vient de prendre l'exécutif hier après-midi.
Alors, je ne crois pas. Je pense que si on peut accuser de mille et un mots, comme souvent l'exécutif, on ne peut résolument pas, et c'est valable pour la majeure partie des oppositions aussi, de ce que j'ai vu au Parlement jeudi, on ne peut pas accuser aujourd'hui les politiques de faire de la petite politique sur le sujet. Je pense que ce qu'a expliqué hier Christophe Castaner est important. Il n'y a peut-être pas de nouvelles mesures, Éric Delvaux, mais il y a une application renforcée et beaucoup plus stricte des mesures qui ont déjà été prises. Je pense que ce qui est important, c'est que les mesures annoncées depuis quelques jours soient effectivement et massivement appliquées.
C'est aujourd'hui là-dessus que l'attention du ministère de l'Intérieur s'est portée. Je pense que c'est important aussi que, comme dans toute crise, vous savez, je ne suis pas épidémiologiste, mais j'ai eu à gérer quelques crises, et j'étais au cabinet de Xavier Bertrand il y a dix ans sur le H5N1 puis H1N1. Le sujet de la gradation est toujours quelque chose d'important. Il faut toujours se laisser des marges de manœuvre. L'application est beaucoup plus stricte. S'il faut prendre d'autres mesures, je n'ai aucun doute sur le fait qu'elles seront prises en temps et en heure. Aujourd'hui, c'est de l'application qu'on renforce.
100 000 policiers, aujourd'hui, mobilisés pour une application plus stricte.
D'accord, Olivia Grégoire, mais compte tenu de la progression de ce virus, c'est maintenant qu'il faudrait des mesures encore plus strictes. C'est ce que dit, par exemple, le président du Conseil National de l'Ordre des Médecins. Est-ce que l'exécutif ne risque pas d'être, encore une fois, critiqué sur un éventuel retard à l'allumage ?
Je n'ai aucun doute sur le fait que, quoi qu'il advienne, l'exécutif sera critiqué. Et ça fait partie, je ne dirais pas du jeu, parce que ça n'est pas un jeu, mais ça fait partie à chaque fois de la politique. Je pense qu'aujourd'hui, le président de la République, le Conseil de crise, le Premier ministre, le ministre de l'Intérieur sont entourés, et ça a été dit et redit, et le ministre de la Santé l'a redit, Olivier Véran, d'un comité scientifique qui, chaque jour, chaque heure, je dirais même chaque minute, leur prodigue des conseils en matière de restriction ou d'application d'un certain nombre de mesures.
Je sais que c'est compliqué d'avoir confiance quand on a peur, mais je pense qu'il faut préserver notre confiance dans ce comité scientifique aux côtés de l'exécutif qui prend, me semble-t-il, les mesures à la hauteur de la situation, et en matière d'application des règles, et en matière de soutien au système de santé.
Mais Olivier Grégoire, il n'y a pas en ce moment un consensus qui parle non plus de rapidité, mais de célérité ? Il faut un nombre de lits de réanimation multipliés par deux, il faut beaucoup plus de masques, il n'y a pas assez de sécurité pour les soignants, pour les policiers, pour les livreurs ?
Mais c'est pour ça que tout est accéléré, ça a été encore détaillé hier soir et cette nuit au Sénat par Olivier Véran. Moi, je n'ai pas envie de rentrer ce matin, et je vois que vous ne le faites pas, et je vous en remercie dans la polémique d'hier ou d'avant-hier. Qui ou quoi ? Pourquoi cette impréparation relative ? Ce qu'il y a de sûr, je vais vous dire, c'est que la France, comme de nombreux pays d'Europe, n'était pas prête à cette pandémie. Vous savez, on a un plan de protection contre les risques biologiques émergents, mais il a été pensé pour une épidémie qui n'était pas du type coronavirus. Il ne prévoyait pas, par exemple, un confinement massif de la population.
Donc, j'entends bien qu'on suppose un retard à l'allumage. Moi, ce que je vois, c'est un exécutif qui allume de tous les côtés, et ce depuis plusieurs jours, pour ne pas dire plusieurs semaines, les besoins nécessaires, et c'est ce qu'on a aussi fait au Parlement jeudi, parce que ces besoins pour les nourrir, il faut de l'argent, c'est comme toujours, il faut des crédits. Et donc, tout ça a été mis en place cette semaine.
Je tiens à dire d'ailleurs que le PLFR prend projet de loi de finances rectificatives, qui a été voté jeudi dernier, et c'est très important, est un projet de loi de finances rectificative, je dirais numéro 1, parce que nous avons vocation à y revenir d'ici trois semaines, un mois, pour doter plus largement en crédit, en fonction des besoins, l'hôpital, mais aussi l'ensemble des professionnels de santé.
Un exemple important, Gérald Darmanin l'a redit hier au Sénat, nous allons dans les prochains jours avoir une discussion sur la revalorisation des rémunérations des professionnels de santé, bien entendu, mais on avance en marchant, les besoins sont pourvus, les masques arrivent, tout ça peut être critiqué, en attendant, toute l'organisation est mise sous tension et le politique fait ce qu'il faut.
C'est-à-dire qu'il y a un plan massif et rapide qui est en route ?
Il est déjà bien enclenché, si vous pouvez me permettre, il est déjà bien enclenché. Après, ça n'est jamais suffisant, et on ne va pas se mentir, enfin pas moi en tout cas, ça n'est pas suffisant pour les masques, ça n'est pas suffisant pour les tests. Les critiques sont résolues, elles sont pour certaines fondées. Je pense que l'exécutif n'est pas dans pourquoi, hier, qu'est-ce qui n'a pas été fait. Ce qui compte, c'est aujourd'hui et demain, parvenir à gérer au mieux.
Il faut préciser que le Parlement a adopté définitivement hier soir le volet financier des mesures d'urgence, mais le texte ne permet pas encore d'instaurer cet état d'urgence sanitaire. Il y a aussi le volet social de cet état d'urgence, et dans ce projet de loi, l'opposition s'inquiète, car les employeurs pourraient imposer des congés ou bien revenir sur le repos dominical, ou encore, pourquoi pas, modifier les règles d'obtention des RTT. Est-ce que ça ne doit pas faire d'abord l'objet de négociations avec les partenaires sociaux, Olivia Grégoire ?
Alors, oui et trois fois oui, et à cette heure, beaucoup de ce que vous venez de citer relèvent plus de... Le terme est un peu fort, mais de délucubration que de réel. On est en état d'urgence, il y a des amendements qui ont été proposés au Sénat hier pour essayer de faciliter, je dirais sans rentrer dans les détails, pour ne pas être trop longue, la vie des salariés et des employeurs dans ce moment exceptionnel. Oui, il y a aujourd'hui des mesures qui sont prises. Il faut qu'on fasse extrêmement attention à ce qu'a essayé d'expliquer aussi le président depuis plusieurs jours. Il nous faut absolument préserver, je dirais, notre arrière ligne. On est en guerre pour aller vite.
On a aujourd'hui une première ligne avec les soignants qui sont surexposés. Mais on a absolument besoin de la ligne arrière avec tous ceux qui travaillent aujourd'hui. Nous avons à peu près 45% des salariés qui sont aujourd'hui, qui relèvent d'activités essentielles à la poursuite de la nation. Je pense à l'alimentation, mais aussi au transport. 45% d'activités essentielles, ça suppose, oui, qu'on s'organise. Mais attention aux fausses peurs. On est en état d'urgence. Il y a des sujets aussi, et Stanislas Guérini l'a rappelé hier soir en commission, il y a des sujets qui peuvent paraître évidents, mais qui sont très complexes en crise sanitaire.
Comment on fait des négociations par branches massives dans les jours qui viennent, quand on ne peut pas se réunir ? Ça fait partie des questions aussi sur lesquelles on travaille avec les services.
Ça veut dire que ces négociations avec les partenaires sociaux ne sont pas exclues ce matin ? Elles sont difficiles à mettre en place, mais pas exclues ?
Elles sont... Rien n'est exclu en temps de crise. Certainement pas les négociations avec les partenaires sociaux qui font preuve, permettez-moi de beaucoup de responsabilités pour la majeure partie d'entre eux dans cette période exceptionnelle. Je pense notamment à la CFDT.
Parce que ces décisions sociales, finalement, elles pourraient tout de même être prises de façon unilatérale, au nom de l'état d'urgence, décidées par le ministre du Travail, enterrinées par le Parlement, quitte à remettre en cause le droit social ?
Je n'aime pas l'idée de remettre en cause le droit social. J'aime en revanche l'idée qu'en cas de crise, il y a des moyens de crise. Ce sont les moyens qui sont au sein du projet de loi urgence. Il faut aller vite. Et donc il faut aussi, à certains moments, pouvoir prendre des décisions sans se contraindre à devoir repasser au Parlement. Moi, j'étais jeudi au Parlement. On était 24 en hémicycle. Je ne sais pas, au moment où je vous parle, Éric Delvaux, si dans une semaine ou dans deux semaines, on peut se retenir de la même façon pour retourner voter au Parlement. Donc il faut considérer ça aussi.
Mais ce que je sais, c'est que les mesures qui sont prises dans l'urgence ont toute vocation à s'arrêter, je dirais, de facto, le jour où l'urgence est levée. Donc c'est une organisation qui est extrêmement limitée dans le temps et qui est vraiment liée au moment qu'on vit et qui a vocation à bouger à partir du moment où, je l'espère le plus vite possible, le retour à la normale pourra être effectif.
Mais ceux qui verront leur chiffre d'affaires s'effondrer, auront-ils droit à des reports ou carrément à des annulations ? Je pense aux factures d'électricité, d'eau, de gaz.
Alors, je vais prendre une image mais qui me semble importante. Aujourd'hui, l'exigence suppose, je dirais, de congeler notre économie à instant T pendant cette crise pour éviter au maximum qu'elle fonde pendant la crise et qu'on puisse, en sortie de crise, enclencher une relance réelle. Pour enclencher une relance, encore faut-il avoir des entreprises actives et qui puissent reprendre le boulot. Et donc, c'est avec un état d'esprit très ouvert, comme je vous l'ai dit, sur le projet de loi de finances rectificatives, qui n'est que le premier et qui a vocation à être évolutif et à être plus abondé dans les prochaines semaines.
Aujourd'hui, 45 milliards d'euros, je ne vais pas rentrer dans les détails, mais à peu près 35 milliards d'euros de reports de trésorerie annoncés par Gérald Darmanin, plus de 8 milliards d'euros sur le chômage partiel. Vous avez aujourd'hui un dispositif, un arsenal, pour que les entreprises puissent se mettre sur pause pour celles qui doivent fermer et qui ne peuvent pas maintenir leur activité. Le ministre de l'Économie, avec lequel j'étais encore jeudi au Parlement, me l'a redit et je le redis avec force ce matin.
Aujourd'hui, c'est un report, mais jour après jour, semaine après semaine, Bercy regarde et sera aux côtés des entreprises pour celles qui, notamment, sont en difficulté et ne parviendraient pas à régler ces échéances dans les prochains mois. Aujourd'hui, c'est un report. Tout ça est regardé avec beaucoup d'attention. Si, pour certains cas, il faut des annulations, nous prendrons les moyens nécessaires pour le faire.
Eh bien, allons dans le détail sur ce point précis, donc pour les entreprises, Olivier Grégoire, puisque l'État va prendre en charge une grande partie du chômage partiel, on dit aussi technique. Sauf qu'en attendant sa mise en place, la mise en place de ce système, les entreprises, elles vont devoir payer leurs salariés dans 15 jours à la fin du mois, sans rentrée financière pour certaines. Alors, comment est-ce qu'on peut résoudre, comment est-ce que l'État peut résoudre ce problème de calendrier ?
L'État a déjà, et je remercie l'exécutif d'avoir écouté les parlementaires, notamment des finances, l'État déjà a suspendu, c'est très pragmatique, le prélèvement URSAF qui tombait hier, c'est-à-dire du 20 mars. Donc déjà, il y a le prélèvement à URSAF de cotisation sociale qui n'a pas eu lieu. Deuxièmement, il y a différents types de situations dans l'entreprise. Soit l'entreprise a un peu de trésorerie d'avance, soit elle n'en a pas. Mettons qu'elle en est un peu, espérons qu'elle puisse rémunérer ses salariés.
Si elle n'en a pas, et les cas seront nombreux, nous avons mobilisé l'intégralité du système bancaire et la banque publique d'investissement pour que justement, les entreprises qui ont un problème de cash, de trésorerie, pour payer leurs salariés, puissent se retourner très rapidement vers la banque publique d'investissement. 300 milliards de garanties bancaires, garanties à hauteur de 90% par l'État, pour que n'importe quelle entreprise, de la TPE unipersonnelle à l'ETI industrielle, puisse avoir des fonds de 10 000 euros à 500 000 euros. Toutes les sommes sont disponibles. Et je rappelle qu'il y a un correspondant BPI dans chaque région. Je rappelle et j'invite les entrepreneurs...
La banque publique d'investissement, oui.
J'invite les entrepreneurs à se rendre sur la plateforme Internet de la BPI. Je sais que c'est compliqué ces jours-ci de joindre les acteurs économiques au téléphone. Ce n'est pas à faute de travailler, c'est que c'est saturé. Sur le site web de la banque publique d'investissement, vous pouvez écrire un message et déposer votre numéro de téléphone. Merci. Les agents de la BPI répondent et vous rappellent. C'est très important. Et c'est valable aussi pour les artisans ? Oui, et c'est valable pour les indépendants. C'est très important de le préciser, vous avez raison.
C'est aussi valable, le plan de solidarité que nous mettons en place d'un milliard d'euros est valable pour les artisans et pour les professions libérales. C'est très important de le préciser ce matin. Il y a une chose que je n'ai pas dite et le temps court.
Olivier Régoire, on est encore ensemble ce matin. Je vous demande juste, parce qu'on va expliquer que vous êtes en ligne, même si la qualité est très bonne, vous êtes en ligne et à distance. Je vais vous demander des réponses un peu plus courtes pour qu'on puisse un peu donner la parole à tout le monde dans un instant pour les auditeurs. Juste un mot sur le patronat qui juge malvenu d'attribuer une prime de 1 000 euros aux salariés qui se déplacent pour aller travailler. La proposition de Bruno Le Maire, est-ce qu'elle a déjà fait pchit ?
Je ne crois pas. Bruno Le Maire n'est pas du genre à faire pchit aussi rapidement. On ne peut pas demander aux gens d'aller travailler dans des conditions exceptionnelles sans considérer qu'il faudra une rétribution exceptionnelle. Je pense que Bruno Le Maire, suivi des parlementaires, on doit convaincre le patronat que c'est indispensable. On sait les efforts qui ont été faits depuis 2 ans. On le sait. Il faut encore des efforts pour récompenser les salariés qui vont travailler et auxquels je pense évidemment ce matin. Il y a les professionnels de santé, mais je vous l'ai dit, il y a la deuxième ligne, l'alimentation, les transports, le quotidien.
Et aujourd'hui, ces salariés doivent être récompensés. Je pense que c'est indispensable.
Allez, on va au standard de France Inter. Vos questions, les auditeurs, ce matin. Olivia Grégoire, députée La République En Marche, avec Monique qui est en ligne. Bonjour Monique.
Bonjour.
Vous êtes en ligne de Charente.
J'ai passé pratiquement toute ma semaine à chercher une solution pour ma femme de ménage qui n'a pas d'autre choix dans l'immédiat étant donné les textes de loi. Et ça m'a été confirmé par mon médecin traitant où elle vient travailler à ses risques et périls ou elle ne sera pas payée du tout. Voilà. Ça me choque énormément. C'est peut-être la profession la plus mal payée de France. Et je suis vraiment choquée.
Juste une question. Vous la payez comment ? En chèque emploi ?
En chèque emploi service, oui, oui.
Alors on va poser la question à Olivier Grégoire. Est-ce que ce cas de figure a été étudié par les parlementaires ?
Ce cas de figure a été, pas étudié par les parlementaires, mais pris en charge par l'exécutif. Madame, j'entends que vous avez passé toute la semaine et j'imagine que c'est trop long. Sachez néanmoins que le CESU, qui est l'organisme en charge de paiement des chèques emploi service, est mobilisé et qu'une solution est trouvée. Ce que vous a dit votre médecin traitant, compte tenu du fait que ça se fait quand c'est en train de se réaliser au moment où je vous parle, était peut-être pas actualisé.
Aujourd'hui, les personnels à domicile de service à la personne seront considérés par l'arsenal que nous mettons en place pour qu'ils soient rémunérés à partir du moment où le CESU va mettre ça en place. Mais c'est en cours, c'est une question de jour.
Ce que vous appelez le CESU, c'est le chèque emploi service universel. Une question au standard... Qui permettent de payer effectivement les personnes à domicile. Question de Serge, qui nous appelle au standard de France Inter, 01-45-24-7000. Bonjour Serge.
Bonjour, je vous remercie d'avoir pris ma question. Je voulais juste une remarque préliminaire. Quand Bruno Le Maire est venu il y a quelques jours à votre antenne, vous lui avez fait remarquer de faire des réponses courtes et on s'est aperçu qu'il a fait des réponses très très longues et qui étaient du blabla et qui ne répondaient pas au fond. Et en tant qu'auditeur, je le signale que là, j'ai l'impression de la même chose. On a des députés qui viennent faire de la neuve langue et qui parlent longuement sans répondre réellement aux questions. Ça c'est le commentaire. La question c'est de vous. Voilà, ma question est précise. Je sais que ça vous embête, mais il faut le dire.
Ma question est précise. Je suis dans la Drôme, pas loin de Montélimar. Il y a un centre Amazon qui emploie en ce moment de l'ordre de 1000 personnes en temps moyenne. Depuis lundi, des salariés sont mis en grève. Lundi, mardi, mercredi et hier. Hier, l'inspection du travail, la directe, est venue à la demande des syndicats et a constaté que les mesures d'hygiène chez Amazon n'étaient pas suffisantes. Néanmoins, grâce aux lois travail de notre cher président et des précédentes, l'inspection du travail ne peut plus arrêter une entreprise aux raisons qu'il y a mise en danger. Donc Amazon continue. On sait très bien qu'Amazon, 99% de son chiffre d'affaires, ce n'est pas de l'alimentaire.
Or, aujourd'hui, il y a 1000 familles dans la Drôme, parce que c'est pratiquement un salarié, qui sont mises en commun en danger pour aller travailler chez Amazon, uniquement pour livrer des biens qu'on n'a pas besoin immédiatement. Je vais vous demander la question précise. On est en train de parler d'interdire le marché qui est ouvert et d'obliger les gens à aller dans du couvert. Et si ça, ce n'est pas une orientation du gouvernement vers de la grande distribution ou vers les grandes entreprises plutôt que le blabla, on constate. Là, c'est un constat que le gouvernement, il favorise le capitalisme et ce système qui a...
Je suis obligé de vous demander votre question, Serge.
La question, c'est comment ça se fait qu'Amazon continue à travailler alors qu'il ne respecte pas ni les procédures d'hygiène et qu'il n'est pas une entreprise qui est vitale pour l'économie.
Quelques secondes de commentaire à la fois pour Olivia Grégoire, maintenant. Votre commentaire, Olivia.
Mon commentaire, monsieur, vous remarquez que ce n'est pas si facile de poser une question simplement. J'essaye moi-même de faire exactement l'inverse de ce que vous venez de dire, c'est-à-dire l'inverse du blabla. Je vais donc répondre assez simplement. Sur Amazon 1, Bruno Le Maire s'est emparé du sujet. Ça fait maintenant plus de 48 heures. Il a demandé des comptes et il a demandé à regarder de très près à Bercy la situation d'Amazon. Donc ça n'est pas un sujet qu'on laisse comme ça dans l'air. Si vous m'autorisez, monsieur, Bercy est dessus.
Et s'il faut prendre des sanctions pour protéger les salariés d'Amazon, que ce soit autour de Montélimar, mais partout en France, en matière de mesures barrières notamment, elles seront prises, monsieur. Et le ministre est dessus. Et ça fait plusieurs jours qu'il travaille et qu'il appelle Amazon pour trouver une solution qui soit acceptable.
Et je vais vous presser encore, il reste quelques secondes.
Je vais aller aussi vite que possible pour éviter toute accusation en blabla. Je vous assure, monsieur, que quand on met 45 milliards d'euros sur la table pour les petites entreprises, notamment les TPE, les auto-entrepreneurs, avec un milliard d'euros avec le fonds de solidarité, c'est tout sauf un gouvernement qui veut encourager les grandes surfaces ou un capitalisme effréné. Mais c'est tout l'inverse, monsieur.
Merci beaucoup, Olivia. Grégoire, j'ai dit Olivia, c'était inapproprié. Olivia, Grégoire, merci beaucoup. Je rappelle que vous êtes députée La République En Marche de Paris. Merci beaucoup d'être venue éclairer nos lanternes ce matin sur France Inter. Merci et bonne journée.
Olivia Grégoire