Nicolas Mayer-Rossignol : " Les querelles internes du PS, on s'en fout " - Vidéo
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:38OuverteRéponse directe
Nicolas Maillard-Rossignol, est-ce que dans vos rêves les plus fous, vous aviez imaginé un tel score au premier tour ?
- 1:55OuverteRéponse directe
Que Raphaël Glucksmann l'emporte et qu'il l'emporte au premier tour, vous vous y attendiez ?
- 2:38OuverteRéponse partielle
Est-ce que Raphaël Glucksmann devient vraiment le candidat de la gauche ?
- 2:52RelanceÉludée
Est-ce que pour battre Marine Le Pen, on s'unit tous à gauche, y compris avec Jean-Luc Mélenchon ?
- 4:03OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est une victoire personnelle de Raphaël Glucksmann ?
- 5:57RelanceRéponse directe
Qu'est-ce que vous lui répondez à Marine Tondelier qui écrit que c'est la victoire de celui qui a fait le choix du repli ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:36PrésentateurChiffre
« 66,17% pour Raphaël Glucksmann. »
- 2:27Invité politiqueChiffre
« Tout le monde se disait, enfin, moi le premier, que vous n'atteindriez pas 100 000 votants. Là, vous avez 120 000 votants. »
- 3:54InvitéFait
« Le seul ennemi, non pas de Raphaël Glucksmann, mais de la République, c'est l'extrême droite. »
- 4:34InvitéFait
« On veut cette gauche claire, qui n'a pas peur de dire, voilà nos valeurs, on est républicain, on est pro-européen, on est social-écolo. »
- 6:38InvitéFait
« L'extrême droite, elle a neuf orteils et demi à l'Élysée. »
- 7:30InvitéFait
« Le scénario le plus favorable à Marine Le Pen, c'est le scénario Mélenchon-Le Pen. »
- 11:38InvitéFait
« Pour la première fois, l'extrême droite est aux portes du pouvoir comme jamais elle ne l'a été. »
- 16:41InvitéFait
« Le Parti Socialiste doit se réinventer. »
Temps de parole
- Invité69 %
- Présentateur13 %
- Invité politique10 %
- ?7 %
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6%, c'est le score sans appel de Raphaël Glucksmann qui remporte donc la primaire dès le premier tour. Et maintenant, comment peut-il rassembler la gauche et OPS ? Olivier Faure est-il un premier secrétaire à Fébi ? On va en parler avec Nicolas Maillard-Rossignol. Bonjour.
Bonjour. Merci
d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes le maire de Rouen, premier secrétaire délégué du PS et responsable du programme présidentiel de Raphaël Glucksmann. Interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Stéphane Vernet de Ouest-France. Bonjour Stéphane.
Bonjour Aurélien, Nicolas Maillard-Rossignol. Bonjour. Bonjour.
66,17% pour Raphaël Glucksmann. Nicolas Maillard-Rossignol, est-ce que dans vos rêves les plus fous, vous aviez imaginé un tel score au premier
tour
? C'est un score très élevé. Et moi, j'avais vu beaucoup de...
Même vous, vous ne l'aviez pas vu. De
schtronf grognons. Les schtronf grognons, c'est ceux qui disaient que la primaire, ça allait faire pchit, qu'il n
'y
aurait personne qui irait voter. Vous avez vu la participation, elle est très élevée.
Elle
est beaucoup plus élevée que tout ce que les commentateurs prédisaient. Et puis, peu de gens ont parié sur un score aussi élevé de Raphaël Glucksmann. Donc oui, c'est une vraie satisfaction. Maintenant, c'est une première étape.
Pardon,
vous attendiez, vous, un tel score ?
Moi, je savais que c'était possible. Après une élection, vous savez, on ne sait
jamais. Mais vous
pensiez qu'il allait faire 66% en premier tour ?
Je suis mère
de Rouen. Que Raphaël
Glucksmann, que Olivier Faure allait faire moins de 15%
? Je suis mère de Rouen.
Honnêtement, sur le terrain, je vais vous dire.
Vous
savez ce que me disaient les gens
? On
est d'accord ou on n
'est
pas d'accord avec Raphaël Glucksmann. Mais je n'entendais personne
qui
contestait le fait que Raphaël Glucksmann, il est sincère.
Il
est clair.
Et
ça fait du bien. Et on avait besoin de ça. Donc il y
a
un espoir qui s'est levé, manifestement. Il y a beaucoup de gens qui sont venus voter pour dire on veut ce retour d'une gauche claire, d'une gauche sincère, d'une gauche pro-européenne qui n'a pas peur de s'affirmer. Et cet espoir qui se lève maintenant, je suis venu aussi pour le dire sur ce plateau, rejoignez-nous. C'est maintenant que la vraie bataille face à l'extrême droite pour réorienter le pays, pour la France, pour les Français, commence. Rejoignez-nous. On a besoin de tout le monde.
Que Raphaël Glucksmann l'emporte et qu'il l'emporte au premier tour, vous vous y attendiez. Mais quand même, 50 points d'écart entre Raphaël Glucksmann et Olivier Faure, c'est énorme. Ça, vous ne vous attendiez pas.
Oui, oui,
oui. Bien sûr, le score
de… je ne
vais
pas se cacher derrière le petit doigt. Bien sûr que le score de Olivier Faure est très faible. Mais je crois que ce qu'on a vu sur le terrain, c'est qu'en fait, il
y
a beaucoup de sympathisants qui sont venus. C'est pour ça que la participation est plus élevée qu'attendue. Ils sont venus pour dire cette envie d'une gauche claire et d'une gauche forte. Qui est-ce qui porte ça ?
C'est Raphaël. Alors, la participation est forte. Tout le monde se disait, enfin, moi le premier, que vous n'atteindriez pas 100 000 votants. Là, vous avez 120 000 votants. C'est beaucoup plus que ce qu'on pouvait… enfin,
ce
à quoi on s'attendait. Ça, c'est vrai. Par contre, ça reste une petite base électorale, en fait. C'est une primaire fermée, quand même, malgré tout. Même si elle était ouverte sous cotisation, 15 euros, etc. Enfin, 120 000 votants, ce n
'est
pas énorme. Est-ce que Raphaël Glucksmann devient vraiment le candidat de la gauche ? Ou est-ce qu'il reste le candidat choisi par un petit cercle
?
Mais vous voyez, je parlais des chevaux de grognons tout à l'heure.
Je ne vous mets pas dans le lot. Si, j'en suis un. Je l'avoue. Vous l'avez dit vous-même.
Personne n'attendait une telle participation. Je vais le dire autrement. Vous connaissez un autre processus démocratique où il y
a
eu plus de monde ?
Qui
aurait désigné quelqu'un dans cette élection présidentielle 2016 ? Non,
mais ce n'est pas les scores des dernières primaires du PS.
Oui, si vous vous rappelez, par exemple, de Mme
Royal
en 2006. Vous avez fait combien de voix, Mme Royal, en 2006 ? Oui.
Vous
vous souvenez
?
Le nombre de voix, pas exactement, mais
ce n'était pas 2 millions.
Environ 100. Voilà, ce n'était pas 2 millions.
Donc,
c'est le même ordre de grandeur, en réalité, que la primaire en 2006. Oui,
mais ce n'est pas
les
dernières primaires.
Non, mais en fait, ce n'est pas ça qui compte. C'est-à-dire que
les dernières primaires,
il
y avait 2 millions de votants.
Si
vous voulez. Mais ce que je veux dire, c'est que ce n
'est
pas ça qui compte. Ce qui compte,
c
'était non pas juste de gagner la primaire, mais de la gagner clairement. Est-ce que le résultat est clair ? J'espère qu'on sera d'accord pour dire que le résultat est clair. Maintenant, ce n
'est
pas du tout suffisant, parce que Raphaël Glucksmann le dit depuis le début. L'objectif, ce n'était pas de gagner la primaire, c'est de gagner l'élection présidentielle. Le seul adversaire,
on va
dire le seul ennemi, non pas de Raphaël Glucksmann, mais de la République, c'est l'extrême droite.
Il a redire, mais pardon, juste comment vous analysez cette victoire ? Est-ce que c'est une victoire personnelle de Raphaël Glucksmann ? Ou est-ce que c'est la victoire de la ligne anti-LFI à gauche
? Moi,
je suis en charge du programme. Je porte le projet pour Raphaël. Je pense que c'est d'abord la victoire de la clarté et de la sincérité.
On
l'a bien vu à gauche, que les zigs et les zags, un coup c'est ça, un coup c'est autre chose, on ne sait pas bien la ligne. Ça, ce n
'est
pas possible. Et les gens sont venus voter pour dire, on veut cette gauche claire, qui n'a pas peur de dire, voilà nos valeurs, on est républicain,
on
est pro-européen, on est social-écolo,
on
veut non pas la continuité et un Macron 2, on ne veut pas l'extrême droite, on veut cette gauche claire.
Mais pardon, Olivier Faure, il n'est pas républicain, social-européen ?
Je pense que beaucoup de gens ont considéré qu'il n'était pas suffisamment clair, et notamment, vous l'avez dit vous-même, sur les alliances. Objectivement, c'est ce qu'on a vu ces dernières années, mais ce n
'est
pas le seul sujet. C'est la question européenne, c'est le rapport à l'Ukraine, c'est le rapport à Poutine, c'est la place de la France dans la mondialisation, c'est l'impératif et l'urgence écologique. Et Raphaël Glucksmann porte cela. Regardez, il y a trois mois, si je vous avais demandé de quoi Raphaël Glucksmann est le nom, vous m'auriez dit sans doute l'Ukraine, les Ouïghours,
l
'international, l'Europe. Et c'est toujours le cas, clarté, sincérité. Aujourd'hui, vous me diriez sans doute aussi la question des méga-héritages, la question que le travail paie, qu'on revienne à une méritocratie plutôt qu'une héritocratie. La question de
l
'école publique, de l'éducation, des lycées, j'espère qu'on en parlera, de la cause de la jeunesse. La question climatique et l'urgence avec Yannick Jadot, il y a déjà un rassemblement. Donc vous voyez, cette clarté-là, sur le fond, en portant un projet clair, ça je crois que c'est une grande force. C'est le début du renouveau de la gauche et surtout de sortir de cet esprit de défaite. Parce que cette gauche-là avait pris pour habitude de s'excuser et de perdre. Et nous, nous n'avons pas à nous excuser et nous voulons gagner. Parce que c'est la bataille de toute une génération militante face à l'extrême droite.
On va parler du programme, mais d'abord, Raphaël Glucksmann, il est au défi du rassemblement. Vous l'avez dit, le plus dur commence pour lui, rassemblement de la gauche. Marine Tondelier, hier, qui écrit sur les réseaux sociaux, c'est la victoire de celui qui a fait le choix du repli en refusant toute perspective d'alliance large de toute la gauche et des écologistes. Qu'est-ce que vous lui répondez
? Je
pense que ce n
'est
pas tout à fait le propos qui serait à la hauteur du moment. Qu'est-ce que veut Marine Tondelier ? Je lui dis amicalement. Est-ce qu'on veut être les plus riches du cimetière
?
Ou est-ce qu'on veut barrer la route à l'extrême droite ? C'est quand même un moment de responsabilité pour tous les militants et tous les responsables politiques de la gauche. Parce que qui, sinon la gauche, pour empêcher
l
'extrême droite d'accéder au pouvoir ? L'extrême droite, elle a neuf orteils et demi à l'Élysée. Neuf orteils et demi. Donc, les petites phrases sur le repli, l'aigreur, etc. Raphaël Glucksmann a été désigné démocratiquement. Il n'y a pas de processus plus large que celui-ci. Je n'en connais pas. Je ne crois pas que Marine Tondelier ait été désignée avec plus de militants, il me semble. Ni Jean-Luc Mélenchon, ni personne d'autre. Et donc, maintenant, la vraie question, pour Marine Tondelier, comme pour tous ceux qui ont le cœur à gauche,
c
'est est-ce qu'on s'engage avec Raphaël pour que cette gauche-là gagne ou est-ce qu'on joue
la médecinité et les écrits ? Vous
la connaissez, la vraie question qui est sous-entendue derrière ce message de Marine Tondelier. C'est est-ce que pour battre Marine Le Pen, on s'unit tous à gauche, y compris avec Jean-Luc Mélenchon qui, pour le moment, est devant dans les sondages et est le premier candidat de la gauche ?
Alors, je ne suis pas d'accord avec vous.
Je
ne
suis
pas d'accord avec vous parce que les mêmes sondages dont vous parlez testent aussi la possibilité de victoire. Quel est le scénario le plus favorable à l'extrême droite
? Quel
est le scénario le plus favorable ? Ce n
'est
pas moi qui le dis. Tous les sondages le disent depuis des mois et des mois. Le scénario le plus favorable à Marine Le Pen, c'est le scénario Mélenchon-Le Pen.
C
'est le scénario Mélenchon-Le Pen. Donc, la question qui est posée à Marine Tondelier comme responsable politique, c'est une question très difficile, mais très importante à Marine Tondelier comme à moi, comme à tous les responsables et les militants de la gauche qui ne veulent pas que l'extrême droite gagne. C'est est-ce qu'on veut favoriser le scénario où l'extrême droite aurait la plus haute probabilité de l'emporter ? Bien sûr que non. Il n
'y a
pas 150 solutions. Soit vous continuez avec le macronisme, avec un ex-premier ministre de Macron,
ça
c'est Édouard Philippe. Soit vous allez à l'extrême droite,
soit
vous avez Jean-Luc Mélenchon, c'est-à-dire le scénario où Mme Le Pen a la plus de probabilité de l'emporter et ce serait une catastrophe absolue pour le pays, avec toutes les conséquences et tout ce que cela
ouvrirait
dans le pays de haine et de violence.
Soit
vous avez Raphaël Gluckman qui aujourd'hui est dans cette dynamique. Mais rejoignez-nous, rassemblons-nous. En plus, sur le fond, franchement, quel programme plus social-écologiste que celui de Raphaël Gluckman
? Juste
une précision, avant de faire l'union avec les écologistes, voire avec les communistes, rassembler la gauche, êtes-vous bien sûr que tous les participants à cette primaire
vont
effectivement se ranger derrière Raphaël Gluckman et faire campagne avec lui ? Ils se sont engagés pour ça, mais on a vu dans le passé des précédents. Moi, je pense à la primaire socialiste de 2017, où Benoît Hamon, en fait, à peine élu, a été lâché par ceux qui devaient le soutenir, dont Manuel Valls, par exemple. Est-ce qu'on peut avoir le même scénario cette année
?
Évidemment que je souhaite que tous les candidats, candidates, respectent leurs paroles et leurs signatures. Ils se sont toutes et tous engagés,
les
quatre autres donc, à soutenir le vainqueur. Ils l'ont répété d'ailleurs hier.
Donc
je n'ai pas de doute sur le fait qu'ils vont tenir parole. Sinon, ce serait ajouter à la défaite l'inélégance. Ça veut dire qu'ils s'engageront dans la campagne, aux côtés de Raphaël Gluckman
? Je viens de le dire, on a besoin
d'un rassemblement le plus large. Votre question, c'est est-ce qu'ils vont respecter leur parole ? Je n'en doute pas.
Mais quand vous entendez hier soir Ségolène Royal sur France 2 dire « Le stagiaire a gagné la primaire, malheureusement
»,
il y
a
mieux comme soutien, non
?
Je voudrais surtout qu'encore une fois, elle regarde
les
petites phrases, vous savez, sur les campagnes. Visiblement, ça ne lui a pas servi. Elle n'a pas gagné, elle a perdu. Bon, maintenant, il faut regarder devant.
Est
-ce qu'elle veut contribuer à ce que la gauche l'emporte ou pas
?
Est-ce qu'on veut laisser l'extrême droite gagner ? Je rappelle que c'est toujours Marine Le Pen qui est ultra devant dans tous les sondages. Et qu'aujourd'hui, le vrai enjeu, c'est que cette primaire que Raphaël Luxemann vient de gagner avec clarté, avec netteté, génère cette dynamique. Pour cela, on a besoin de rassemblement. Donc sortons des petites phrases et avançons ensemble.
Et puis il
y
a celui qui n'était pas candidat à la primaire, mais dont l'ombre plane, c'est François Hollande. Est-ce que vu le score de Raphaël Luxemann, vous lui dites ce matin qu'il peut fermer ses locaux de campagne
? Je
crois surtout que François Hollande,
là
encore, a une responsabilité. Peut-être plus encore,
plus
éminente encore, parce que c'est un ancien président de la République et tous les mots comptent dans ma phrase.
Il
a cette responsabilité parce qu'il sait le moment, la gravité du moment. Ce n
'est
pas un jeu, l'élection présidentielle. Ce n
'est
pas un jeu. C'est une élection, évidemment, singulière dans notre République, mais c'est aussi la place de la France dans l'Europe, la place de la France dans le monde.
Mais il a félicité Raphaël Luxemann, François Hollande
? Je ne sais pas, j'espère. Je crois qu'en tout cas,
il
a conscience de cet enjeu et qu'il sait qu'aujourd'hui, il n'y a pas 50 options.
Mais vous pensez que là,
il
va renoncer à sa... Ah
mais moi, je ne sais rien, je ne suis pas
spécialement... Non mais attendez, je
n'ai
aucune information particulière ni intime sur
les choix politiques
de François Hollande. Je vous dis une chose simple. Aujourd'hui, chaque responsable politique, qu'il s'appelle Marine Tondelier, François Hollande, qui vous voulez, doit se poser cette question simple. On est face, je le dis gravement parce que c'est grave, on est face au péril le plus grave qu'est connu notre 5e République. Pour la première fois, l'extrême droite est aux portes du pouvoir comme jamais elle ne l'a été. Donc on va arrêter avec les petites phrases et les petites aigreurs et les petites ambitions. La seule et unique question, c'est comment on fait
pour
redresser le pays, apporter un espoir aux Français et empêcher l'extrême droite ? Et aujourd'hui, il y a une incarnation pour cela, c'est Raphaël Glucksmann.
On va quand même vous poser des questions sur d'autres sujets, notamment Olivier Faure, la situation du Parti Socialiste. Il a quoi ? Il a fait 18 000 voix hier, c'est ça ? Oui, je crois à peu près, oui. Ça veut dire que c'est moins de la moitié des adhérents du Parti Socialiste à cette primaire ? C'est clairement un désaveu pour lui
? Je
ne
vais
pas vous dire que c'est une victoire, c'est une défaite. Qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'il peut rester premier secrétaire du Parti Socialiste
? Non, mais enfin,
je vais vous dire.
Tout le monde posait la question hier en fait. Oui,
je
comprends que la question se soit posée, mais c'est secondaire. Olivier Faure a perdu, c'est un fait. On va dire qu'il avait déjà perdu en juillet, si vous vous souvenez, du référendum interne sur la méthode. C'était le même sujet, puisqu'en réalité, c'était la clarification de la ligne de la stratégie. Du coup,
s'il y a une
clarification sur la
ligne, ça veut dire qu
'il faut un nouveau congrès ? Écoutez, règlement de compte, non. Revenir aux ambiguïtés d'hier, non plus. Donc c'est à lui de dire ce qu'il souhaite faire. Moi, ce que je crois, c'est qu'on a besoin d'avancer, rassembler, dans la clarté.
Donc c'est-à-dire que
vous allez laisser les querelles internes au PS sous
le
tapis jusqu'au 2 mai 2027 ?
Pardon d'être trivial. Franchement, les querelles internes du PS, on s'en fout. La seule chose qui compte.
Mais non, Nicolas Maier-Rossine, vous n'êtes pas le dernier opposant au sein du
Parti Socialiste à Olivier Faure. Et chacun sait ce que j'ai porté. Est-ce que là, ce matin, vous dites qu'il est
encore légitime à être Premier secrétaire du
PS ? Il
est surtout légitime à se regarder comme tous les militants et comme tous les responsables politiques dans une glace et se dire comment je peux être utile, dans la clarté,
pour
que Raphaël Glucksmann gagne cette élection présidentielle. Et c'est à lui de dire quelle est la meilleure place pour cela, qu'il se sente à l'aise dans cette place-là. Moi, je ne
suis
pas là pour demander la tête de qui que ce soit. En revanche, je suis là pour porter un programme avec Raphaël et pour que cette gauche sorte de cette résignation et de cet esprit de défaite. Cet esprit de défaite.
Non, mais est-ce que vous lui demandez de clarifier la ligne du PS compte tenu du résultat de Raphaël Glucksmann ? La ligne
est clarifiée. Olivier Faure est minoritaire. Donc,
on lui
doit dire qu
'il
n'y aura plus d'alliance
avec
la France insoumise ? Il
doit respecter le mandat que viennent de trancher tous les citoyens qui ont participé à cette primaire. Et je crois que le résultat est sans aucune contestation possible. Soit il est à l'aise avec ça, soit il n'est pas à l'aise avec ça. Mais moi, je souhaite que tous les socialistes et que bien au-delà, tous ceux qui ont le cœur à gauche, se retrouvent, se rassemblent parce que c'est l'enjeu d'une génération entière et qu'on ne peut pas rester aux médiocrités des petites querelles d'appareils. L'enjeu, c'est de battre l'extrême droite et de redresser le pays et d'offrir un avenir aux Français qui nous attendent. C'est
le seul enjeu qui compte. Excusez-moi d'insister. Pardon, mais
juste sur l'avenir du PS, avant de parler de l'avenir des Français, à votre place, on avait Ségolène Royal, mercredi, qui dit que si Raphaël Glucksmann gagne, le PS est mort.
Oui, mais c'était encore une argussie de campagne, là encore.
Mais pas que, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de
candidat membre du PS, ou de ce qu'était le PS à l'époque, candidat à la présidentielle. C'est la première fois.
L'année dernière, vous défendiez le principe de l'affirmation socialiste. Il faut qu'on ait un candidat. Là, votre candidat, il n'est pas parti socialiste. Mais pardonnez-moi, mais moi je trouve que
Raphaël…
Ça a quand même un
effet, non
? Mais non, parce que Raphaël… Ça n
'a
pas d'incidence. Mais ce que vous avez vu… Pourquoi il y a eu tant de gens qui sont venus voter
?
Vous croyez qu'il
n'y a
pas des gens qui se sentent socialistes, de fibres socialistes ou social-démocrates, ou de la gauche socialiste républicaine, si vous préférez, ou social-écolo, qui sont venus voter ? Ce que ça a dit là, c'est qu'en fait, les appareils sont trop petits,
ils
sont trop étriqués, c'est ça qu'on a vu. Quand vous faites des petits congrès avec un petit périmètre, les résultats, vous les avez vus, je suis bien placé pour le savoir, ils sont serrés, ils sont médiocres, ce n
'est
pas ça qui est intéressant. Quand vous avez une primaire plus large, c'est ce qui s'est passé là, les gens viennent en force pour dire une gauche claire. Les argusis de campagne, c'est caricatural. Pourquoi ? Parce que dans ces campagnes, il faut se démarquer. Alors tout d'un coup, vous avez la vraie gauche, et de l'autre, celui qui serait de droite, c'est ridicule. Raphaël Glucksmann est l'homme le plus à gauche.
Je vais vous
dire pourquoi. Parce que la gauche, la vraie gauche, c'est celle qui dit ce qu'elle fait, qui fait ce qu'elle dit, qui ne
fait
pas des hologrammes pendant la campagne pour promettre la Lune, alors qu'elle sait pertinemment que quand elle est au pouvoir le lendemain, elle va faillir à ses promesses.
Moi, je veux une gauche qui conduit l'idéal
et la crédibilité du réel.
Vous êtes le premier secrétaire délégué
du PS, Nicolas Mersignol. Quand en 2022, vous faites 1,74%, quand en 2027, vous n'êtes pas capable d'avoir un candidat issu des rangs du Parti Socialiste, est-ce qu'à un moment, la question de la pérennité du Parti Socialiste se pose ?
Ça veut dire évidemment que le Parti Socialiste, mais je l'ai dit à plusieurs congrès, doit se réinventer. C'est clair, bien sûr. Je l
'ai
toujours dit, le PS ne va pas bien. On a vu les résultats, ils étaient mauvais. On le sait. Bon, maintenant, il y a un espoir… Ça
passe
quoi, par un changement de nom
? Je
pense que le Parti Socialiste doit se réinventer. Mais ce qui compte beaucoup plus que le Parti Socialiste, c'est le socialisme. Et autant un parti peut être, et c'est son cas, cabossé, fatigué, en difficulté, autant les idées du socialisme, c'est-à-dire la justice, la justice sociale-écologique, la justice dans le monde, la primauté du droit sur la force,
ce
que porte Raphaël en réalité, vous le voyez bien, et ce que les électeurs ont plébiscité, eh bien, ces idées-là, elles n'ont jamais été aussi pertinentes, elles n'ont jamais été aussi nécessaires. C'est pour ça qu'on a besoin de se rassembler. Les appareils, c'est l'outil, c'est l'instrument, c'est évidemment secondaire par rapport aux idées et aux valeurs.
Sur les idées, puisque vous êtes chargé du programme, quel sera le principal thème de campagne de Raphaël Duc
?
La justice.
Ce
pays est devenu profondément inégalitaire.
On
a dix ans de macronisme qui ont aggravé les inégalités. Vous avez des gens de plus en plus pauvres. Moi, je suis maire d'une commune populaire, Rouen, industrielle. Je peux vous dire que je le vois au quotidien.
Les
parents solos, vous voyez, par exemple, un thème largement invisibilisé, on pourrait se dire que ça ne devrait pas être le cas. 85% des mamans,
les
mamans solos qui triment, pour trouver de quoi garder les enfants, qui garder les enfants à des horaires qui sont compliqués, tout le matin, tard le soir, pour pouvoir bosser et que le travail paye. On a un pays qui est devenu de plus en plus inégalitaire. La justice, elle est à la fois sociale, fiscale, écologique et démocratique.
Et
c'est ce que nous portons avec Raphaël Glucksmann.
On a une parole, des engagements, des promesses concernant la mobilisation lycéenne. Parce qu'en fait, la
première fait qu
'on n'en a pas beaucoup parlé.
Là encore, quelle
injustice ! Moi, je trouve ça fou. Je trouve ça fou. Vous avez une jeunesse
qui
n
'est
pas en train de demander la lune. Elle est en train de demander qu'il y ait des profs dans les classes. Elle est en train de demander que les toits dans les salles ne fuient pas. Elle est en train de demander que la première priorité
pour
une nation qui se prétend civilisée, développée
comme
la France soit l'éducation. Et pardon, mais si vous connaissez cette phrase, si vous trouvez que l'éducation coûte cher, mais essayez deux secondes l'ignorance.
Vous
allez voir le coup derrière. Elle ne demande donc pas la révolution du monde. Elle ne demande pas la lune.
Et
on vient la caricaturer et la stigmatiser. Mais toute la société, toute la société devrait être attachée à faire en sorte que nos enfants soient notre priorité. Ce que nous disons avec Raphaël Glucksmann,
c
'est que la première... Là encore, on est dans l'injustice, dans l'inégalité. La première priorité de notre pays, c'est le redresser par l'éducation. Parce que c'est là que tout commence.
Son premier déplacement de campagne, il sera où ?
De
nouveau candidat.
Non, ça, je ne vous le dirai pas. Vous n'aurez pas de scoop aujourd'hui, Orianne, là-dessus.
Oui,
quand
même.
Ce sera quand
? Je
ne vous dirai pas.
Mais vous le savez déjà.
Je ne vous dirai pas.
D'accord, vous ne voulez rien nous dire ? Ce n
'est pas la dernière question. Le
budget, l'examen du budget commence en commission sur la Sécu aujourd'hui, à l'Assemblée, demain en séance publique sur le budget général. Qu'est-ce que Raphaël Glucksmann demandera aux députés du Parti Socialiste ? Est-ce qu'il demandera aux députés PS de censurer Sébastien Lecornu sur le budget ? Comme le laissait entendre Olivier Faure ? Le
problème, c'est que, comme à Sorane, on ne voit rien venir. Et là encore, on est dans l'injustice la plus flagrante. Alors, je vais vous donner juste un exemple. Mais on est sur Public Sénat. Beaucoup de sénateurs s'en émeuvent, d'ailleurs. C'est l'injustice sur les collectivités locales. Là encore, je suis maire, je peux vous dire. J'ai une réunion, d'ailleurs, aujourd'hui avec les maires de mon agglomération, de la métropole rouennaise. Qu'est-ce que tous les maires, d'ailleurs, de tous les bords politiques disent ? D'ailleurs, c'est la même chose dans d'autres territoires de France.
C
'est que c'est profondément injuste et complètement, comme on dit, contracycliques.
C
'est-à-dire qu'au moment où on aurait besoin d'investissements publics, notamment pour la transition sociale-écologique, d'agir pour le pouvoir d'achat des gens, eh bien, on ponctionne, on coupe, on attaque les collectivités locales qui sont justement les premiers artisans de l'investissement public. C'est une catastrophe. Évidemment que c'est complètement contre-productif.
C
'est totalement injuste.
Un
chiffre. Les collectivités telles que les intercommunalités, c'est 20% de la dépense publique. Les intercommunalités, elles sont ponctionnées à hauteur de 50%. Aujourd'hui, j'ai plus de 40 à 50% de mon épargne qui est prise par les coupes. Évidemment que ça a des conséquences sur les politiques publiques qu'on porte pour soutenir les Français. Donc, c'est catastrophique. Donc, de deux choses l'une. Soit le gouvernement
peut
toujours attendre et espérer. L'espoir n
'est
pas nécessaire d'espérer pour entreprendre. Bon, soit le gouvernement entend, soit il n'entend pas. J'espère qu'il va entendre. Pour l'instant, il n'entend pas.
Et
s'il n'entend pas
? Il
faudra censurer. Qu
'est
-ce que je vous dis ? On ne peut pas faire autrement. C'est la démocratie. Et c'est aussi la clarté. Mais encore une fois, sans a priori. On ne
dit
pas on censure a priori. On regarde sur pièce. Mais pour l'instant, le moins qu
'on
puisse dire, c'est que le compte n'y est pas.
Merci Nicolas Maillère-Aussignol. Merci beaucoup d'avoir été notre invité à la une de West France. Vaccin, Covid, grippe, coup d'envoi de la campagne. Mardi, Stéphane, merci d'avoir été avec nous.