Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 3 avril 2017 29 minAutoproduitActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesInstitutions & élections

MÉLENCHON : «LE SPORT EST MALADE DE L'ARGENT»

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    Bonsoir Jean-Luc Mélenchon. Merci de nous accueillir.

  • 0:15ComplaisanteRéponse directe

    Votre maillot - c'est la France Insoumise, ça ne vous a pas échappé...

  • 0:30OuverteRéponse directe

    Le 13 septembre prochain, Paris peut organiser les JO 2024. Quel est votre avis ?

  • 2:00RelanceRéponse partielle

    Est-ce que ce n'est pas bien pour l'image de Paris et de la France ?

  • 4:00RelanceRéponse directe

    Si vous êtes élu président, vous allez gérer les JO avec Anne Hidalgo. Vous ne pouvez pas faire machine arrière.

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Quel est votre rapport avec la culture sport ? Idoles ? Clubs préférés ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:00Jean-Luc MélenchonChiffre
    « On annonce toujours des petites sommes coquettes et bien rondelettes, on vous dit : "Ça ne coûtera pas cher", puis ce n'est pas du tout ce qui se passe. »
  • 6:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Le sport est malade en France, comme partout, comme toute la France, il est malade de l'argent. »
  • 11:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Le sport rétablit une sorte d'égalité entre les êtres humains. »
  • 14:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Regarder un match à la télé, ce n'est pas faire du sport. »
  • 16:00Jean-Luc MélenchonFait
    « Je suis partisan du sport de masse en rappelant que regarder un match à la télé, ce n'est pas faire du sport. »
  • 18:00Jean-Luc MélenchonPromesse
    « Celui qui ne paie pas ses impôts en France ne jouera pas dans l'équipe de France. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Journaliste : Bonsoir Jean-Luc Mélenchon. Jean-Luc Mélénchon : Bonsoir, monsieur. Journaliste : Merci de nous accueillir.

Votre maillot - puisqu'on parle comme dans une émission sportive -, eh bien, c'est la France Insoumise, ça ne vous a pas échappé...

J.-L. M. : C'est sympa de me dire "votre maillot", parce que vous auriez pu dire "votre casaque", compte tenu du côté "course de petits chevaux" que, souvent, à l'élection présidentielle, dans la bouche des commentateurs politiques...

Journaliste : Oui, enfin, là, là, sauf que là, c'est une émission sportive. J.-L.

M. : Ben voilà. Et ben voilà.

Journaliste : Donc je peux dire "le maillot", ce n'est pas choquant. Ca vous choque ? J.-L.

M. : Non, non, du tout. Non, non, je trouve ça plutôt sympa.

Enfin, je fais juste remarquer que le cheval, c'est aussi du sport. Mais bon, allons-y. Journaliste : Bon, allons-y.

Donc, ça ne vous a pas échappé que le 13 septembre prochain, Paris peut très bien organiser les Jeux Olympiques de 2024. Et c'est vrai que c'est un sujet où on vous a rarement entendu parler, vous avez rarement donné votre avis. J.-L.

M. : Oui. Journaliste : Moi, j'aimerais connaître exactement ce que vous pensez de tout ça.

J.-L. M. : Vous avez raison de dire qu'on ne m'a pas souvent entendu en parler, souvent, parce qu'on ne pas posé la question.

Journaliste : Eh ben, là, je vous la pose. J.-L.

M. : J'ai réussi à me faufiler, mais j'ai déjà donné mon point de vue : je n'y suis pas favorable. Et je peux m'en expliquer très rapidement, bien sûr.

Les Jeux Olympiques jouissent d'une réputation flatteuse liée à l'image qu'on en a dans l'Antiquité, mais les Jeux Olympiques contemporains sont une énorme machine à sous qui, en général, détruisent beaucoup autour d'eux. Ça a été le cas des Jeux Olympiques grecs, ça a été le cas des Jeux Olympiques au Brésil, au point que ça a déclenché des manifestations de masse qui, pour un peu, auraient tourné à la révolution sociale si elles avaient continué, les gens demandant qu'on se préoccupe d'abord d'eux et de leurs transports en commun avant que de s'occuper des installations somptuaires des Jeux Olympiques. Surtout, c'est l'image d'un immense gâchis.

A chaque fois, ce sont des installations qui pourrissent sur pied, dont on ne sert plus après, et ça laisse des villes ou des Etats très endettés. On annonce toujours des petites sommes coquettes et bien rondelettes, on vous dit : "Ça ne coûtera pas cher", puis ce n'est pas du tout ce qui se passe. Alors, voilà.

Il y a eu un cas, quand même, où les gens ont eu à se prononcer, c'est à Hambourg, si mes informations sont bonnes, on a fait un référendum. Bon, moi, je donne mon avis, je ne prétends pas avoir raison contre tout le monde. C'est mon raisonnement, ma manière de voir cette affaire, et par conséquent, ça vaut ce que ça vaut.

Mais peut-être qu'on pourrait demander aux gens, parce qu'on part de l'idée que tout le monde pétarade d'allégresse à l'idée d'avoir ces Jeux. Ben, moi, je n'en suis pas du tout sûr, parce que je crois que les gens ont beaucoup plus de bon sens que ce que se figurent les élites, voilà. Donc on aurait un référendum en Île de France - après tout, on a bien fait un référendum dans un département pour l'aéroport Notre-Dame-des-Landes -, on pourrait bien faire un référendum en région parisienne, parce qu'on va tous trinquer, hein, en région parisienne, les Parisiens beaucoup, parce qu'à la fin, c'est avec leurs impôts que seront réglées les ardoises.

Journaliste : Alors, je vais être un peu l'avocat du diable, Jean-Luc Mélenchon, ne m'en voulez pas. Est-ce que vous ne pensez pas, quelque part, que c'est bien pour l'image de Paris, c'est bien pour l'image de la France, on va parler de nous à l'extérieur, il n'y a pas aussi une grosse opération de com' qui pourrait faire du bien à tout le monde ? J.-L.

M. : Non, je ne pense pas. J'entends, mais si vous voulez, Paris, il n'y a pas besoin de ça pour être connu dans le monde.

La France, non plus. Par conséquent, je dirais, ça n'apporte pas grand-chose. Alors, vous m'auriez dit : "C'est les Jeux Olympiques de Clermont-Ferrand", bon, on peut dire, Clermont-Ferrand y aurait sans doute gagné en image à l'échelle du monde, mais Paris, qui ne connait pas Paris dans le monde ?

Tout le monde connait. Et puis, est-ce que ça va nous faire du bien ? Ben, tout dépend, hein, de ce qui se produira sur le moment des Jeux.

Non, je n'ai pas cette idée, voilà. Journaliste : Enfin, sauf que si vous êtes élu président de la République, et sauf si le 13 septembre, on a les Jeux, c'est vous qui allez les gérer. Que vous le vouliez ou non, avec Anne Hidalgo.

J.-L. M. : Oui.

Ah ben, mais bien sûr. Après,...

Journaliste : Vous ne pouvez pas faire machine arrière. J.-L.

M. : Non, mais à partir du moment... si vous voulez, si on fait un référendum comme je le propose, là, si on en faisait un, si la population disait oui, ben, on le ferait.

Enfin, c'est la règle de la démocratie, on s'incline devant la décision populaire et on fait avec. Donc si j'avais, comme président de la République, à gérer ça, ben, on le ferait et on le ferait bien. Mais je pense que non, c'est une erreur, mais bien sûr, si c'était la décision, je l'assumerais, évidemment.

Comment faire autrement ? Je ne vais pas non plus être aux caprices de chacun, et puis je ne veux pas vous raconter d'histoires, je ne vais pas dire : "En votant pour moi aux élections présidentielles, vous votez contre les Jeux Olympiques", enfin, c'est absurde, ce n'est pas le sujet. Journaliste : Alors, justement, puisqu'on parle de sport avec vous, Jean-Luc Mélenchon, c'est une grande première, je voudrais savoir quel est votre rapport avec la culture sport ?

Est-ce que, quand vous étiez gamin, vous aviez des idoles ? Est-ce que vous avez des équipes de foot préférées ? De rugby préférées ?

Vous avez forcément un lien quelque part, même si le sport n'est peut-être pas votre priorité parce que vous faites de la politique...

J.-L. M. : Non, ben, ça s'est trouvé comme ça, si vous voulez.

Ce n'est pas du tout un choix, un parti-pris idéologique pour ou contre le sport, ça s'est trouvé que je n'en ai pas pratiqué et que...

Journaliste : Mais même dans votre famille, il n'y a pas quelqu'un qui était supporter d'un club de football ou supporter d'une...

J.-L. M. : Non, je ne me souviens pas de ça, mais j'ai un frère qui est prof de golf.

Journaliste : Ah. Vous voyez. Il vous amenait au golf ?

J.-L. M. : Non, non, il était tellement plus jeune que moi que je n'ai même pas eu le temps de le voir se former au golf, mais je ne vais pas tirer argument d'une situation pareille.

Je préfère raconter en toute franchise comment les choses se passaient. Bon, je n'étais pas le plus costaud de ma bande et j'ai longtemps été le plus petit et le plus maigre, si bien que dans le sport, je devais... - les sports qui étaient organisés au lycée, bon ceux qu'on nous a enseignés, heureusement qu'on l'a fait, hein - il fallait vraiment que je fasse beaucoup d'efforts pour figurer honorablement.

Et comme j'accepte l'idée que je suis plutôt un peu orgueilleux, je ne supportais pas d'avoir un mal de chien avec le poids à jeter de 5 kg ou...

Alors je ne brillais que là où la volonté l'emportait sur tout. Alors, par exemple, le saut en hauteur, alors il s'agissait de se catapulter n'importe comment et je le faisais d'une manière lamentable que condamnait mes profs parce qu'évidemment, la réception de l'autre côté était assez aléatoire à chaque fois. Ou bien, la course d'endurance.

Alors ça, je raffolais et là, j'avais des résultats parce que j'arrivais le premier, à moitié asphyxié, mais je le faisais, hein. C'était l'endurance...

Journaliste : Très athlétisme, en fait. J.-L.

M. : Ben, ça s'est trouvé comme ça. Alors, après, le foot, ça, ce n'était pas possible, ils me mettaient les chevilles en poussière en un match.

Voilà. Par contre, alors, un peu, le basket, j'aimais...

Je vous parle de - je ne vais pas me faire meilleur que je suis - je vous parle de ce que j'ai fait au lycée parce qu'il y avait des heures de sport. Heureusement qu'il y en a parce que ça nous oblige un peu...

Alors, après, si vous voulez, j'étais un peu la caricature de l'intello du coin, toujours avec ses papiers, les grandes idées, les machins, bon. Alors, ceux-là, on les connait tous, ils ne sont pas fréquentables, ils ne jouent pas comme les autres, ce n'est pas les mêmes trucs qui les font marrer et puis voilà. Voilà quel jeune homme j'ai été et de tout ça, il ne m'est resté qu'une pratique sportive dans laquelle je crois être le champion ou des champions les plus avancés, c'est la course dans les couloirs de métro et je suis le meilleur escaladeur d'escaliers de métro que je connaisse parce qu'à chaque fois qu'on y va, toute mon escorte à un mal de chien à suivre.

Voilà. Là, dans ce domaine, je pense que je remporterais facilement une médaille et par modestie, je ne participe pas au concours national. Journaliste : Je sais, je sais que vous avez envie de parler sport, parce que c'est le but du film.

C'est le but dans tous les cas de cet interview. Si vous êtes président de la République, le sport, vous le savez aussi bien que moi, est quelque chose qui est indispensable dans le quotidien des gens, à la faculté, dans les lycées, dans les écoles, qu'est-ce que vous avez l'intention de faire ? Parce que là aussi, c'est un sujet que vous suivez particulièrement et vous avez envie de le faire évoluer.

J.-L. M. : Oui.

Moi, je n'ai pas la vision habituelle du sport dans la mesure où je ne suis pas moi-même pratiquant, donc je n'ai pas de préjugés, je n'ai pas de favori, je n'ai pas de petit chéri. Journaliste : Oui, mais vous savez que c'est indispensable au quotidien des gens. J.-L.

M. : Absolument. Alors, ça va très loin dans mon esprit.

Il faut voir à quelle tradition intellectuelle je me rattache, et politique on va dire aussi, je suis de la famille des émancipateurs et de l'émancipation, donc il n'y a pas d'émancipation qui se pense sérieusement sans qu'on pense à l'émancipation du corps et je vais vous dire que la mise en captivité du corps du salarié, autrefois du prolétaire, est souvent le début de sa servitude, hein. Le corps est toujours l'ennemi, l'inconnue ou l'objet de la brimade des dominants. Alors, il y a le corps impur de la religion, il y a le corps asservi de celui qui est sur son poste de travail et ne doit pas modifier sa position physique et la libération du corps, le plus souvent, est concomitante de celle de l'esprit.

Ça marche ensemble. Une fois que je vous ai dit ça, qui témoigne du fait que, vraiment, vous comprenez que mon école, c'est celle du matérialisme philosophique, on croit aux réalités matérielles qui portent l'esprit. Alors, nous avons besoin de pratique de masse du sport, et de ce point de vue, moi, je n'ai jamais prétendu être un modèle, hein, le contraire.

Je sais aussi qu'il y a une passion, parce que le sport rétablit une sorte d'égalité entre les êtres humains, hein. Alors, tel qui peut être puissant, bon, est absolument nul dès que vous le mettez sur un terrain de foot, ou bien celui-ci qui est l'important ou le brillant, ben, tout d'un coup, quand il s'agit d'être dans une équipe, ce n'est pas ça. Et à l'inverse, le sport apporte et transforme les gens qui y participent.

On dit qu'il y a des caractéristiques intellectuelles qui sont liées à la pratique du sport. Je vous garantis que j'ai déjà rencontré des gens qui faisaient du 400m, qui étaient des champions de 400m, j'ai appris à mes dépens qu'un champion de 400m court en apnée à la fin. Et j'ai pu voir dans des négociations que ceux qui savaient courir en apnée étaient souvent les plus forts, parce qu'il leur reste de l'énergie quand les autres n'en ont plus.

Je donne des exemples de cette nature pour souligner ce rapport qu'il y a entre une éducation sportive et une manière d'être dans la vie, hein. Voilà. Alors, une fois ça posé, il est clair qu'on doit partir de ce qu'on a sous les yeux, et pas de ce qu'on aimerait bien ou de paroles bienfaisantes et bienveillantes.

Le sport est malade en France, comme partout, comme toute la France, il est malade de l'argent. Les structures du sport étaient en quelque sorte une bonne image, une bonne vitrine de ce qu'était notre pays jusqu'à il y a encore peu, c'est-à-dire beaucoup d'infrastructures publiques mis au service d'un public nombreux, organisées dans des sociétés qui sont les fédérations qui ont une démarche souvent extrêmement mutualiste, hein, en leur sein, extrêmement égalitaire en leur sein et extrêmement émancipatrice parce que leur objectif à elles, la plupart, c'est le sport de masse, le sport pour tous. Et puis l'argent est entré là-dedans, la finance est entrée là-dedans et on arrive à ces situations grotesques où l'argent décide de tout, où l'on se vend des joueurs de foot à des sommes absolument inouïes, où des clubs sont côtés en bourse, où des sportifs même extrêmement bien éduqués finissent par ne plus rêver que d'argent et ceux qui accumulent cet argent ont des comportements qui ne sont plus exemplaires, loin de là, parce qu'ils ne paient pas leurs impôts en France - ce qui aboutirait à des sanctions de ma part - ou bien refusent de payer des cotisations sociales sur leurs droits à l'image et que sais-je encore, alors que, comme tout le monde le sait, les sportifs sont gros consommateurs de soins médicaux et de soins du niveau les plus élevés, hein.

Il faut savoir que c'est eux qui coûtent le plus cher en soins à la Sécurité Sociale, ce qui est bien normal, parce que, quand on cotise, on donne selon ses moyens, mais on reçoit selon ses besoins. Donc le sport est malade de l'argent, il faut le définanciariser. Donc, ça veut dire qu'il y a toutes sortes de mesures à prendre, moi, je suis contre ce qu'on appelle grossièrement, et en anglais, ce qui ne m'étonne pas, le "naming", hein, donner des noms de marque à des stades ou à des équipements publics.

La cotation en bourse, je ne vois pas de raison que ça continue. Ce marché invraisemblable des sportifs, j'y suis absolument hostile et je suis partisan du sport de masse en rappelant que regarder un match à la télé, ce n'est pas faire du sport, hein. Faudrait quand même le préciser, parce que je connais bien des gens qui se disent sportifs dont l'activité essentielle consiste à regarder la télé et souvent avec une pratique très peu sportive de consommation de bières.

Journaliste : Jean-Luc Mélenchon, vous avez des raisonnements bien précis concernant le sport, etc., sauf que vous savez aussi bien que moi que le sport, un grand match retransmis à la télévision, un grand match au stade de France, un grand match au Parc des Princes, les championnats du monde de handball ont été un total succès, c'est important pour le moral des Français. C'est une porte de sortie, qu'on le veuille ou non.

C'est-à-dire que vous faites rêver les gens. Vous assistez à un grand match de foot, à un grand match du tournoi des 6 Nations, ou je reviens au championnat du monde de handball où la France est championne du monde, quelque part, ils ont oublié leurs soucis, quelque part, ils ont oublié... je veux dire leurs motivations, leurs détresses, etc.

Comment on fait ? Comment on fait alors... s'il n'y a pas ces joueurs ?

J.-L. M. : On fait quoi ?

Ah. Quel rapport vous faites entre le moral et l'argent, vous êtes quand même étrange. Journaliste : Mais, mais il est important...

J.-L. M. : Mais alors vous voulez dire qu'avant que le sport était financiarisé, il n'y avait pas de sport ?

Journaliste : Mais, mais vous savez...

J.-L. M. : Attendez, je ne me rappelle plus quel était le capitaliste qui payait les couronnes de laurier pendant le...

Journaliste : Non, mais, Jean-Luc Mélenchon, vous savez aussi bien que moi qu'il y a quelques années, il y a 20 ans, il y a 30 ans ou 40 ans, il y avait aussi de l'argent. Vous avez besoin d'un peu d'argent quand même pour organiser des événements. On ne peut pas le zapper, quand même ?

J.-L. M. : Non, mais je suis d'accord.

Et alors, où est le problème ? J'ai dit que je voulais définanciariser le sport, il ne faut pas confondre l'argent et la finance. Si vous êtes en train de me dire qu'un stade, ça se construit et ça coûte, j'en suis bien d'accord.

Que l'entretenir...

Journaliste : Mais je ne parlais pas des stades, là, je parlais des salaires de joueurs...

J.-L. M. : Haaaa !

Ha ha ha. Journaliste : Je parlais de choses qui sont démesurées, et vous avez raison. J.-L.

M. : Et ben, cher monsieur, on trouvera des moins chers. Voilà, c'est tout.

Tout le monde a toujours couru et il n'y avait pas besoin d'avoir de l'argent pour courir. Tout le monde joue au foot et il n'y avait pas besoin de recevoir des sommes monstrueuses pour ça. Alors, si vous avez un joli match, bien sûr, c'est très important, les gens admirent le geste et tout, mais il ne faut pas prendre les gens pour des ballots, ils savent bien qu'il y a une limite à tout ça, et cette limite, ben moi, j'ai le courage de dire : "Oui, il ne faut pas la franchir, ce n'est pas bien." Ne me racontez pas qu'il y a besoin de frauder avec le fisc pour être un bon footballeur, non, quand même ?

Alors, ce n'est pas ça que vous regardez, vous regardez si le geste est beau, si la passe a été magnifique, si le but est marqué, bon, je suis comme tout le monde, moi, je ne m'intéresse pas au foot, sauf quand il y a... que c'est une compétition internationale et je regarde la France en espérant qu'à chaque match, elle gagne.

Je suis comme tout le monde de ce point de vue là, mais ça ne me rend pas fou, je reste raisonnable, je me dis : "Non, il y a trop d'argent là-dedans, ça ne va pas." Ce n'est pas comme ça qu'il faut faire et je trouve qu'il y a une... petit à petit, l'Etat lui-même finit par se désinvestir en disant : "Ils ont qu'à se débrouiller, l'argent, il y en a." Bon, alors ça donne quoi ?

Ça donne que vous n'avez même plus un ministère des Sports, vous avez un secrétariat des Sports, et sur cette pente-là, vous verrez qu'il n'y aura plus rien, bientôt. On dira : "Mais c'est une activité privée, qu'est-ce que l'Etat vient faire là-dedans ?" Et vous aurez toujours quelqu'un pour dire : "Ah, ben oui, ce n'est pas une activité de l'Etat, il y a plus urgent." Ben, non, il n'y a pas plus urgent.

Dans les collectivités locales, on voit bien quand les dotations de l'Etat diminuent, eh ben, les deux premiers postes qui souffrent, c'est la culture et le sport. Alors, on ne va pas repeindre le gymnase ou les vestiaires du gymnase et puis on va supprimer les subventions au club de théâtre, c'est toujours la même musique, hein. C'est toujours comme ça que ça se passe parce qu'il y a des gens qui croient que le sport et la culture, ben, c'est du supplément.

Eh ben non, ça commence par là dans la vie de beaucoup de gens. Donc définanciariser ne veut pas dire : "Ça n'aura pas lieu." C'est le contraire, ça aura lieu dans d'autres conditions.

Vous allez me dire que le rugby est plus intéressant maintenant que lui aussi, il est devenu professionnel et qu'il commence à circuler de l'argent là-dedans ? Non. Bien sûr que non, hein.

Ne me racontez pas d'histoires. Le rugby, c'est un des sports que je suis à la télé. Donc, ne me racontez pas d'histoires, je l'ai vu quand j'étais plus jeune, il n'y avait pas de sous et c'était aussi passionnant que ça l'est maintenant.

Donc...

Par contre, les errements auxquels ça a donné lieu, alors ça, bonjour, hein. Alors vous avez des équipes avec des gens payés comme des millionnaires, plus que des millionnaires, vous avez... les mêmes ne veulent pas payer leurs droits à l'image, leurs cotisations sociales dessus, après ça, ils ne paient pas leurs impôts en France mais ils jouent dans l'équipe de France, alors avec moi : "Ah non" général.

Celui qui ne paie pas ses impôts en France ne jouera pas dans l'équipe de France. Bon. Alors, ça vaut pour les joueurs, ça vaut aussi pour les membres des fédérations, hein.

A bon entendeur, salut. On paie ses impôts en France et ses cotisations sociales en France. Voilà.

Voilà des abus que je veux montrer du doigt et pas participer au côté "ben, dans le sport, tout le monde est beau, tout le monde est gentil, tout le monde est sympa, tout le monde est sportif", parce que ce n’est pas vrai. Journaliste : Jean-Luc Mélenchon, est-ce qu'on peut comparer votre campagne, la campagne de vos adversaires, comme un match ? Comme une compétition sportive ?

Vous êtes obligé de vous préparer, vous êtes obligé de faire attention à votre alimentation, vous êtes obligé de calculer vos heures de sommeil, vous êtes obligé de gérer votre emploi du temps comme un sportif de haut niveau. Vous êtes assez d'accord avec moi ? J.-L.

M. : Sur cet aspect, oui. Vous avez raison.

Il y a une dimension de préparation physique, d'endurance. Peut-être que je comprends mieux maintenant ce qu'est un sportif depuis que j'en suis à ma deuxième campagne présidentielle, parce que je comprends que c'est à la fois la précision de l'esprit et dans le geste du sportif, il y a quelque chose qui doit être porté à son paroxysme entre l'esprit et le corps, hein. Bon.

Quand c'est le moment...

Journaliste : Pourquoi je vous ai posé cette question ? Parce que je vous trouve affûté. Donc vous vous êtes préparé.

Forcément. J.-L.

M. : (Rires) Oui. Ah oui.

Journaliste : Vous avez fait attention. J.-L.

M. : Ah ben oui. Alors je fais attention.

C'est la nourriture, c'est le nombre d'heures de sommeil, dès que je sors des clous...

Journaliste : Voilà. J.-L.

M. : Je sais que je suis en dehors des clous, là, j'ai...

Une campagne électorale déclenche des réactions physiques différentes suivant les individus, hein. Vous en avez qui, tout d'un coup, fondent, maigrissent et puis d'autres qui ont tendance à prendre du poids, ce qui est mon cas. Parce que les giclées gigantesques d'adrénaline dans le moment de la décision, de tactique ou un événement aussi bouleversant physiquement qu'un meeting, hein, quand vous avez deux, trois, quatre mille personnes...

Journaliste : Non, mais le meeting, c'est un match, hein. Attention, hein. J.-L.

M. : Il y a de ça. D'abord, il faut tenir.

Il faut...

Vous avez lu que je ne lis pas mes discours, donc il faut que la mémoire soit à son top, et la mémoire, alors là, je vais vous dire, les amis, ça dépend du corps. Ce n'est pas quelque chose qui est enfermé dans la boite du crâne, hein. Journaliste : On n'apprend pas.

On n'apprend pas. J.-L.

M. : Non. Le corps entier est appelé à la rescousse.

Dans un meeting comme ceux que je fais moi, je perds un kilo, à peu près, d'eau, hein, du corps, je me suis amusé une fois à le vérifier, donc...

Non. C'est une épreuve physique, oui. Oui, oui, c'est une épreuve physique et compte tenu de mon âge, j'ai 65 ans, j'ai intérêt à faire attention et à être tout le temps au top, hein.

Donc, je m'entraîne avec des régimes successifs et puis je cours dans les escaliers du métro à Paris, donc je suis en pleine forme, en effet. Journaliste : Il y a deux sujets que je voudrais évoquer aussi avec vous, Jean-Luc Mélenchon : d'abord, le bénévolat dans le sport. Il est indispensable, et, vous le savez aussi bien que moi, il disparaît doucement mais sûrement, tranquillement.

Il n'y a plus de bénévoles, il faut aider les bénévoles, si vous êtes président de la République. Il faut leur donner un statut. Sans bénévoles, il n'y a pas de match.

J.-L. M. : On peut dire ça, mais attendez, d'abord, essayons d'avoir une réflexion qui prend un peu de hauteur, ce n'est pas que les gens soient moins sympas qu'avant ou qu'ils aient moins envie, c'est que les valeurs portées par le bénévolat ne sont pas portées par la société.

Au début, les gens, il y a quelques temps...

Journaliste : Oui, mais là, vous pouvez leur donner un statut à ces bénévoles. J.-L.

M. : Pourquoi pas. Pourquoi pas.

Pourquoi pas. Et on pourrait discuter de ce à quoi ce statut ouvrirait comme droits. Mais ce que je ne voudrais pas, c'est être l'homme qui introduit l'idée que le bénévolat serait, en quelque sorte, d'une manière ou d'une autre, rémunéré, ce qui est absurde, les deux mots ne vont pas ensemble.

Mais je demande qu'on y réfléchisse. Si on est moins disponible pour être bénévole, c'est aussi parce qu'il y a un mode de vie et des valeurs qui surplombent la société qui ne favorisent pas l'idée du bénévolat. Alors, j'en parle d'autant plus facilement que si quelqu'un doit quelque chose au bénévolat ici, c'est moi.

Parce que ma campagne, elle est portée à 90% par des gens bénévoles, et comme vous le savez, les bénévoles ne sont pas forcément des amateurs. Mais vous avez raison, il n'y a pas de sport de masse, hein, on parle du sport de masse, pas seulement du sport d'élite, on connait le lien qu'il y a entre les deux, hein, le sport d'élite entraîne le sport de masse, on sait tous ça. Alors ce qu'il faut aussi, après, ce n'est pas de tout sacrifier au sport d'élite, mais nous, notre idée, notre vision, c'est le sport de masse, hein.

Moi, j'en suis resté à Léo Lagrange, le problème, c'est de mettre des millions de gens dans la pratique sportive. Je ne suis pas sûr qu'on en prenne le chemin en laissant le sport se financiariser, mais vous avez raison, tout part de bénévoles, du gars ou de la fille qui amène son gamin et qui, du coup, s'intéresse à la vie du club et...

En effet, si les fédérations sportives ont des propositions à mettre sur la table à propos des bénévoles, moi, je suis d'accord pour qu'on commence par discuter de ça. On commence par discuter de tout ce qui favorise la diffusion du sport de masse. C'est comme la culture.

L'objet, c'est : qui produit. On ne peut pas avoir du sport de masse si on n'a pas des gens qui, par leur pratique du sport, incarnent une élite au sens de la perfection du geste ou la perfection de la tactique dans un match, mais ensuite, il ne faut pas perdre de vue que l'essentiel, ce n'est pas qu'il y en ait un qui brille, c'est qu'il y en ait des millions qui le fassent. Journaliste : Et la parité, dans le sport ?

J.-L. M. : Alors, déjà, je vais vous dire une bonne chose...

Journaliste : Vous y pensez ? J.-L.

M. : Tout à l'heure, j'ai oublié...

Oui, oui, ben, je ne pense qu'à ça. Je pense qu'à ça, c'est une façon de parler. Tout à l'heure, il y a quelque chose que j'ai oublié.

Je voudrais dire quelque chose de bien précis : que ceux qui vivent du monopole des diffusions audiovisuelles se disent qu'avec moi, la musique va changer. Je ne suis pas d'accord pour la propriété privée du spectacle du match. Et il y a des pays où nous avons... mes amis ont pris des mesures radicales sur ce thème.

C'est-à-dire : ont ouvert complètement la diffusion à qui voulait bien diffuser. Je sais que ça pose d'autres problèmes financiers, mais je voudrais faire remarquer le caractère immoral qu'est l'appropriation privée d'un spectacle. Et c’est pourquoi je rentre dans votre question par ce bout là, parce que sur les 27 matchs, en quelque sorte, en clair, matchs ou prestations gratuites que doivent fournir les systèmes audiovisuels, j'observe que ce n'est pas paritaire.

Et je pose la question : pourquoi ? Donc je sais que ce que je ferais, si dans une période intermédiaire si on ne trouve pas le moyen de financer autrement les fédérations, mais, au minimum, on peut demander que sur ces 27 prestations, ben, il y en ait autant d'hommes que de femmes. Pourquoi il y a la finale du foot des hommes et pas celle des femmes ?

Et ainsi de suite. Je pense que le milieu du sport n'est pas plus machiste qu'un autre, il ne faut pas raconter d'histoires, hein. D'abord, ça a quand même été parmi les premiers endroits où il y a eu de la mixité, par conséquent, on ne va pas leur jeter la pierre, ce n'est pas juste.

Mais maintenant, il faut faire le grand bond en avant et passer à la mixité. Alors, peut-être que vous le savez, mais en début de semaine, pour la journée internationale de la lutte pour les droits des femmes, le 8 mars, moi j'étais dans un club de boxe féminine à Marseille parce que je voulais montrer d'abord une image non victimaire des femmes, une vision combative, mais je voudrais dire que ce type de pratiques sportives portées par des femmes modifie non seulement le caractère des femmes qui y participent, mais modifie aussi le regard que les autres portent sur elles à l'endroit où elles vivent. Et ça, c'est la magie du sport.

Journaliste : Dernière question, Jean-Luc Mélenchon : si vous êtes président de la République, il y aura un ministre de la Jeunesse et des Sports, ou un secrétaire d'Etat au Sport ? J.-L.

M. : Bon. Je pense que ça serait malin de ma part que je vous réponde un ministre, et c'est en effet l'idée que j'ai.

Moi, je suis dans le souvenir d'un ministre des Sports qui m'avait assez fasciné qui est Marie-George Buffet. Parce que c'était la première fois que je voyais quelqu'un qui faisait à ce point le lien entre... un lien positif, vous voyez, pas un lien bêta de propagande, mais qui faisait un lien entre une vision politique de la société et une vision du sport.

Journaliste : Elle a laissé un souvenir formidable, hein. Je le dis en passant. J.-L.

M. : Je crois. Oui, oui, mais d'abord, elle nous a tous impressionnés dans sa manière de faire, dans sa...

Et puis après, je veux dire, elle reste une militante du sport de masse, hein, aujourd'hui. Donc, comme j'ai le bonheur de connaître cette femme, je veux la citer à cet instant et je pense qu'elle a apporté la preuve qu'on pouvait être un ministre des Sports de notre famille politique qui soit à la fois respectueux de ce qui existe et capable de transformations. Mais, j'ai une autre idée qui ne tient pas spécialement au sport, sur la façon d'organiser un gouvernement.

Je voudrais vous rappeler à qui vous parlez, je suis partisan d'une révolution citoyenne, je ne suis pas juste un gestionnaire qui viendrait en remplacer un autre pour débiter les mêmes salades de communication. Donc, la révolution citoyenne, ça signifie la reprise du pouvoir par la masse des gens sur tout ce qui concerne leur vie, donc ça veut dire aussi la reprise du pouvoir dans le sport contre l'argent, et d'une manière plus générale, ça veut dire que nous allons avoir des missions. Moi, je crois beaucoup aux missions.

Les ministres, vous savez...

J'ai été ministre, alors comme j'ai une tête dure, ça va, j'ai tenu le coup et en plus, ça tombait bien, personne ne s'intéressait à ce que je faisais, l'enseignement professionnel, ça n'intéresse aucun des grands bourgeois ni roses, ni blancs, ils s'en foutent, ce n'est pas là qu'est leur gosse, donc ils m'ont foutu une paix royale, je faisais ce que je voulais. Mais j'ai quand même eu le temps de m'apercevoir de ce qu'était la machine de l'Etat, qui est utile, qui sert et obéit quand on lui demande d'obéir, hein. Si on ne lui demande pas, elle fait ce qu'elle veut.

Et bon, alors, elle entretient... mais vous savez, souvent, les ministres sont des prête-noms provisoires.

Là, je vous ai cité Marie-George Buffet parce qu'elle n'était pas un prête-nom, mais sinon, je connais trop la musique, hein : alors par exemple, vous prenez comme ministre des Sports quelqu'un qui n'en fait pas, comme ça, vous êtes tranquille, le temps qu'il réalise, on passera au suivant. Et ainsi de suite. On met ministre... on met quelqu'un qui connait pas, donc, du coup, c'est son directeur de cabinet qui commande, lequel est directement rallié au Premier ministre.

Je ne crois plus à ça. Je ne crois pas qu'on peut - dans l'état dans lequel est le pays, hein, il y a d'autres moments de l'Histoire, non, c'est plus calme, bon, on fait les choses... c'est traditionnel...

Journaliste : Plus sereinement. J.-L.

M. : Voilà. Je dirais, bon, sans trop chercher à chatouiller les gens.

Là, il va falloir mettre un coup de collier, et je crois beaucoup aux missions confiées à des hauts-commissaires, c'est-à-dire des gens qui ont un but, on leur dit : "Toi, tu vas changer ci et ça, et tu as deux ans, ou tu as un an et demi pour le faire", il le fait, et après, au revoir. S'il a bien fait le travail, on lui confie un autre haut-commissariat ou il peut retourner chez lui, hein, aussi, ce n'est pas interdit. Mais, on passe d'une mission à l'autre, et celui à qui vous avez passé la mission ne passe pas son temps à se demander le combientième il est dans le tableau des ministres, parce que je vois dans votre regard que vous ne savez pas ça, mais il y a un tableau des ministres.

Alors, moi, j'étais numéro 21. Et quand vous êtes le numéro 1, ben, vous passez votre vie à rêver d'être le numéro 18, hein. Bon.

Voilà. C'est-à-dire qu'il y a une espèce de compétition permanente, les gens se regardent en coin, tout ça, pour moi, ce n'est pas par ce bout là que je veux attraper la situation. Donc, il y aura un ministre, sauf... ou, il y aura un ministre et des hauts-commissaires chargés de régler un certain nombre de questions qui, dans le sport comme ailleurs, peuvent être des questions "bouchons", vous savez, tant que vous n'avez pas réglé un truc, vous n'avez pas réglé...

Par exemple, là, vous venez de prendre la question du bénévolat. Bon, alors, on va faire des phrases tous les deux sur le bénévolat, on va dire :"Bravo, c'est bien, c'est important et tout", très bien, où sont les problèmes ? Bon, on peut les repérer, on va vite les repérer.

Il y a 3-4 points de blocage. Donc, moi, je suis pour dire : ben, voilà, on nomme quelqu'un qui va déverrouiller ça en un an, hein, voilà. Il n'est pas là pour toute la vie, il n'est pas là pour faire le kéké, hein, il est là pour régler un problème et puis après, rentre à la maison.

Voilà comment je vois la vie politique. Moi, j'aurais bien aimé aussi rentrer à la maison. Journaliste : Merci, Jean-Luc Mélenchon.

J.-L. M. : A bientôt.

Journaliste : C'est très gentil...

J.-L. M. : Je ne suis pas parti pour rentrer à la maison, là...

Journaliste : Oui, non, mais là, vous êtes en campagne. J.-L.

M. : Ben oui, puis je vais être élu. Par conséquent...

Journaliste : Si ça se passe bien, vous allez être élu président de la République, en tous les cas, c'est ce que vous souhaitez, les couleurs, vos couleurs : la France Insoumise, et moi, je suis très heureux d'avoir passé ce moment avec vous, parce que c'est la première depuis je ne sais pas combien de temps, même quasiment jamais que vous parlez sport pendant près de 20 minutes sur une chaîne de radio. J.-L.

M. : (Rires) Merci à vous de m'en avoir donné l'occasion. Journaliste : Une grande première.

J.-L. M. : J'espère ne pas avoir dit trop de bêtises.

Journaliste : Non, non. Vous avez été parfait...

J.-L. M. : Merci.

Merci, monsieur. Journaliste : ...et je vous souhaite bonne chance.