Face à Face : Olivier Faure - 18/03
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Apolline de Malherbe Il est 8h32 et vous êtes bien sur RMC et BFM TV Bonjour Olivier Faure
Bonjour Apolline de Malherbe
Merci d'être dans ce studio pour répondre à mes questions Vous êtes le premier secrétaire du Parti Socialiste Vous êtes également député de Seine-et-Marne François Bayrou a exclu tout retour à l'âge de départ à 62 ans Vous vous êtes fait avoir quand même
Non Non Non, parce que le débat va continuer Mais c'est vrai que cela pose une question Que vaut la parole de François Bayrou ?
C'est lui qui s'est engagé à ce processus Ce qu'il a appelé un conclave Qui doit permettre aux partenaires sociaux De chercher une solution pour venir remplacer la loi Borne Qui a été contestée par une immense majorité de Françaises et de Français Et les solutions, elles existent Il est aujourd'hui, évidemment, difficile De venir, comme le fait le Premier ministre Opposer la guerre Prendre prétexte de la guerre Pour mener une guerre sociale dans notre pays Et donc il y a maintenant une nécessité C'est de laisser le processus aller à son terme Et à l'issue de ce processus Il a encore un sens pour vous ?
Bien sûr qu'il a un sens Et y compris parce que les propositions Elles vont abonder Et qu'il y a d'autres possibilités D'autres voies de passage que celles de faire en réalité payer les retraites Par ceux qui ont commencé à travailler tôt Et qui vont être obligés de travailler plus longtemps Pour pouvoir financer nos retraites
Vous faites comme s'il n'avait rien dit, en fait François Bayrou
J'entends que dans ce gouvernement La réalité, c'est qu'on dit des choses très différentes Vous avez un côté François Bayrou Qui effectivement donne le sentiment De donner un terme A ce conclave qu'il a lui-même convoqué Et puis j'entends aussi Éric Lombard Qui dit que les partenaires sociaux doivent continuer à travailler J'entends Catherine Vautrin Qui dit la même chose
Donc vous préférez entendre Ou en tout cas croire Éric Lombard que François Bayrou
Mais pour l'instant, ce que je vois C'est qu'il y a des syndicats et le patronat Qui sont à la tâche Et qui continuent à se parler Et qui continuent à vouloir avancer Et ce que je prétends à votre micro ce matin C'est que les solutions, elles existent De quoi parle-t-on ? On parle à l'échelle Enfin, je prends les chiffres de la Cour des Comptes En 2035 Le surcoût que représenterait Le retour à 62 ans C'est exactement 10,4 milliards d'euros 10,4 milliards d'euros
Ça veut dire quoi ? Vous nous dites 10,4 milliards d'euros C'est rien ou c'est beaucoup ?
C'est à la fois beaucoup Et à la fois c'est très peu Prenez l'exemple des niches fiscales Qui sont aujourd'hui dans notre pays Qui permettent à des gens de s'exonérer D'une part de leur impôt C'est près de 200 milliards Vous prenez les niches sociales C'est près de 100 milliards Et donc vous avez là des ressources Par exemple qui pourraient être mobilisées Qui pourraient servir aujourd'hui A financer nos retraites A faire en sorte que chacun puisse partir A la retraite en bonne santé
Mais ça veut dire Olivier Faure Qu'au fond Vous considérez que Ce qu'a dit François Bayrou C'était quoi ? C'était une maladresse ? Vous pouvez tout de même Au moment où on se parle Vous croyez encore Qu'il est possible De revenir à la retraite à 62 ans ?
Oui je le pense Je pense que la politique C'est une affaire de choix Et que Si je devais faire un parallèle Avec ce qui se passe actuellement En Ukraine Je dirais simplement Que nous ne défendons pas simplement Des frontières Bien sûr des frontières Nous défendons aussi Un mode de vie Un modèle social Nous défendons Un modèle démocratique Et que ça suppose En l'espèce De défendre à la fois Un modèle démocratique Parce que cette retraite A 64 ans C'est une blessure Non seulement sociale Mais aussi démocratique Et que c'est aussi Donc nous défendons aussi Cette art de vivre Cette façon aussi D'avoir un contrat social Qui permet aux gens De partir Je le répète A la retraite En bonne santé
Mais est-ce que tout ça N'est pas une forme d'hypocrisie ? C'est-à-dire qu'au fond Vous vous êtes donné des gages Les uns les autres Lorsqu'il a été question De censurer ou non Le gouvernement de François Bayrou Jusqu'à la dernière seconde Vous aviez besoin aussi D'emporter un morceau Ce morceau C'était ce conclave C'était cette négociation possible Et je cite le Premier ministre A l'époque Qui vous a quand même donné ce mot Sans totem Ni tabou Et aujourd'hui Il vous dit Finalement non En fait on ne reviendra pas A la retraite à 62 ans Et vous dites Non je n'ai pas entendu
Non je ne dis pas Que je n'ai pas entendu J'ai très bien entendu Ce que dit François Bayrou Et j'ai très bien entendu aussi Ce que disait La même journée Edouard Philippe Qui propose lui-même D'aller plus loin encore
Il dit que ce conclave Est hors sol
Oui lui ce qu'il propose C'est la retraite à 67 ans Rappelez-vous Et donc je pense que Ça mériterait Et si le Président de la République A un moment Mets ses voeux à exécution Ses promesses Ses engagements à exécution En disant qu'il peut soumettre Un référendum A certain nombre de sujets Celui-là en est un excellent Je pense que Les Françaises et les Français Entre le choix De décaler l'âge de la retraite A 67 ans Ou de revient à 62 ans Je pense qu'il pourrait être Effectivement Questionné Et il pourrait répondre Directement Parce que La retraite c'est un contrat Que nous avons passé Les uns avec les autres Le contrat social français Il est aussi basé Sur des éléments Qui font que nous sommes Peut-être une nation singulière Mais nous avons fait un choix C'est qu'effectivement Nous considérons Que la retraite Est le moment Qui permet à chacune Et à chacun Après une vie de travail Après une vie A créer des richesses Et bien de pouvoir Avoir le droit au repos Bien mérité
Vous ne censurerez donc pas Le gouvernement de François Bayrou
Pourquoi me dites-vous ça ? Non bien sûr que non En fait nous pouvons Très bien censurer Le gouvernement de François Bayrou S'il n'honorait pas ça Son engagement D'aller jusqu'au bout S'il donnait le sentiment Que parce qu'il n'y a pas d'accord On en reste à la réforme bonne Sans donner la parole au Parlement Ce à quoi il s'est engagé Et bien effectivement Nous pourrions très bien Censurer ce gouvernement Mais vous estimez qu'à ce stade
Vous estimez qu'à ce stade Allez-y Je vais jusqu'au bout
François Bayrou commet une erreur Il pense que nous ne pouvons plus Le censurer Et il pense que du coup Il est indéboulonnable La réalité Quelle est-elle ? C'est que nous avons Sanctuarisé le budget Au moment du vote De la loi de finances Nous n'avons pas Sanctuarisé la place De François Bayrou Ça n'a rien à voir Et donc Oui effectivement La censure Elle est toujours sur la table Et il n'est pas possible A un moment De faire en sorte Quand on cherche le compromis On le cherche jusqu'au bout On ne fait pas semblant Et donc Nous serons les garants De cette recherche
Le pacte est sur la table A ce stade Il n'est pas rompu
A ce stade Tant que Le fameux conclave La conférence sociale Fonctionne Et bien effectivement Ça n'est pas encore rompu
Quand vous dites Il fonctionne Est-ce qu'il fonctionne Vraiment encore ? Force ouvrière A quitter les négociations L'UDEP Elle a annoncé Ce matin L'UDEP Ce sont les artisans Ils ont annoncé Également Quitter les négociations La CGT Hésite Est-ce que vraiment Vous estimez Qu'au moment où on se parle Ce conclave Ce conclave Cette conférence sociale Est encore effective ?
Elle l'est encore Et je souhaite que Chacun ait le sentiment De sa responsabilité Je préférerais que Même y compris Ceux qui quittent la table Ils reviennent Pourquoi ? Vous appelez
L'UDEP Vous appelez Force ouvrière A revenir à la table De négociation
Parce que le rapport De force Il ne peut pas se faire Avec des chaises vides On a besoin De venir produire Des solutions J'en ai présenté Quelques-unes tout à l'heure Il y en a d'autres Et donc il faut évidemment Que nous puissions À un moment Venir dire Qu'il y a d'autres voies De passage Et qu'on ne peut pas laisser Le récit gouvernemental S'imposer Selon lequel Puisqu'il y a des efforts Affaires maires de défense Que je ne conteste pas Et même que j'approuve Et bien on ne pourrait rien faire Sur les retraites Ça n'est pas vrai
Vos partenaires Ou anciens partenaires De la France insoumise Appellent à une manifestation Le 22 mars Et pour cet appel À la manifestation Ils ont d'ailleurs Publié un certain nombre D'affiches Il y a celle Qui a fait polémique Avec le visage De Cyril Hanouna Considéré comme Reprenant les codes De l'antisémitisme Des années 30 Jean-Luc Mélenchon Refuse même Qu'on lui pose la question Il l'a fait avec Mon confrère de France 3 Quelle est votre réaction A vous Olivier Faure On ne vous a pas entendu Depuis que cette affiche A été publiée
Le 22 mars Ce n'est pas La France insoumise Qui appelle à manifester Ce sont un collectif D'associations antiracistes On ne peut pas Défiler le 22 mars Et avoir des affiches Qui sont profondément À caractère Antisémite Qui en replènent Tous les stéréotypes On peut contester Cyril Hanouna Pour ce qu'il dit Pas pour ce qu'il est Juif Et donc C'est inacceptable C'est intolérable Et ce qui est encore plus intolérable C'est que Ils ont retiré cette affiche Et ils n'ont pas Accepté De donner des excuses Et donc Moi j'aimerais comprendre Ce qui se passe Dans la tête De celles et ceux Qui dirigent Aujourd'hui La France insoumise On ne peut pas A gauche Nous qui avons été Depuis l'affaire Dreyfus Jusqu'à aujourd'hui De ceux qui ont toujours Défendu La lutte Contre l'antisémitisme Et bien être de ceux Qui jouent avec les codes De l'antisémitisme Qui laissent penser Qu'il pourrait y avoir Une gauche Qui pourrait se satisfaire De la haine du juif C'est impossible Et donc Il y a un moment Où effectivement Ces gens Doivent se reprendre Et doivent accepter De présenter des excuses Et expliquer Que la France insoumise Ne peut pas A un moment quelconque De son histoire Et bien Adhérer de près Ou de loin A ce qui a fait Le malheur de notre pays
Il y a pour vous Une ambiguïté Qui n'est pas levée Parce qu'il n'y a pas d'excuse
Mais il y a aujourd'hui Une répétition Quand on est en plus Taxé l'antisémitisme Régulièrement Ce qui est le cas De la France insoumise On ne diffuse pas Une affiche Qui reprend Je le dis Tous les codes antisémites Des années 30 Et donc Il faut là Un moment Effectivement Non pas simplement Retirer Et faire comme S'il n'y avait pas eu Une faute Il y a eu une faute Et donc ça suppose Que maintenant Elle soit corrigée Y compris en présentant Des excuses En disant Nous ne pouvons pas Effectivement Manger de ce pain là
Vous avez entendu Jean-Luc Mélenchon Face à mon confrère Francis Letellier Sur France 3 S'insurgent Allons même Jusqu'à injurier Le journaliste Qui l'interrogeait En lui disant Mais vous vous êtes radin Est-ce que vous avez été surpris Par cette manière De répondre ?
Je trouve ça surtout Insupportable Insupportable Quand on commet une faute Et ça peut nous arriver Et il est possible Que cette affiche N'ait pas été produite Par Jean-Luc Mélenchon Lui-même Mais en ces cas-là Qu'est-ce qu'on dit ?
On dit écoutez C'est être absolument Ce que je viens de dire C'était insupportable C'était inacceptable La personne Qui a réalisé cette affiche Eh bien Elle sera sanctionnée Et nous allons veiller A ce que dans notre Propre mouvement Désormais Tout ce qui pourrait Être sur une forme D'ambiguïté Avec antisémitisme Eh bien Soit exclu Ça ce serait une réponse Qui me paraîtrait Parfaitement normale Légitime Mais on ne peut pas Avoir des gens Qui manifestent le samedi Pour l'antiracisme Et contre l'antisémitisme Et puis le lundi Il y aura des gens Qui font le contraire
Olivier Faure La loi contre le narcotrafic Est arrivée hier soir A l'Assemblée Elle va continuer A être discutée Aujourd'hui Est-ce que vous la voterez ?
Je souhaite que nous puissions La voter Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que d'abord Rappelez-vous Que cette loi Elle a une origine Qui est une origine Parlementaire C'est un rapport Qui a été coproduit Par deux sénateurs Socialistes et un LR Jérôme Durin Et Étienne Lejeune Qui ont donc Cherché à voir Quels étaient les moyens Nouveaux qu'il fallait développer Face à une criminalité Organisée Qui est de plus en plus Offensive Et qui dispose De moyens gigantesques Et donc ils ont proposé Toute une série de mesures Qui doivent être reprises Et qui doivent permettre D'armer nos procureurs D'armer la justice D'armer la police Et de faire en sorte Que nos missions Elle est nécessaire Bien sûr Aujourd'hui le narcotrafic Mine notre pays Il nourrit 250 000 personnes Permet à 100 familles D'être extrêmement riches Et de vivre D'organiser une mafia Dans notre pays Et donc effectivement Nous devons être intraitables Avec le narcotrafic C'est une évidence pour moi Et donc il y a là Évidemment une nécessité D'avancer Maintenant ce que je souhaite C'est que dans le dialogue Qui s'est engagé Entre l'Assemblée Et le gouvernement Le gouvernement ne cherche pas A charger la barque Avec des mesures Qui sont des mesures Qui sont parfois A vertu de communication Mais qui sont contraires A des dispositions Auxquelles nous croyons tous A l'état de droit Etc Donc
Donc s'il y a des amendements Sur la question du coffre Sur la question De rentrer dans les messageries Cryptées C'est à ces deux points Que vous faites référence
Je pensais aussi Au retour des QHS Mais
Expliquez ce que c'est
Les quartiers haute sécurité Qui ont été abolis Par Badinter Et donc Ce que Je suis favorable A l'idée Qu'on regroupe Celles et ceux Qui sont Les fameuses deux prisons
Avec les 200 narcotraficants Les plus dangereux
Il n'y a pas de sujet En revanche Ce que je veux C'est que l'on veille A ce que le traitement Des gens qui sont enfermés Soit un traitement Qui soit humain Je crois que c'est La défenseur des droits Qui a parlé Non La défenseur Enfin La défenseur des prisons Des prisons Qui a dit Contrôleur général des prisons Contrôleur général des prisons Pardon Merci pour le terme Et donc Qui a dit En fait Que c'était L'organisation D'une maison des fous Et bien Moi je ne souhaite pas Qu'on organise La folie Y compris Pour des dangereux criminels Notre devoir Parce que ces gens là Un jour Devront sortir C'est de préparer la sortie En faisant en sorte Que ces gens soient traités Humainement Ça ne veut pas dire Qu'on leur dessonne Un 5 étoiles Ça ne veut pas dire Qu'on va leur donner Toutes les facilités Pour vivre correctement Mais il faut que le sens De la peine Soit maintenu Et il faut aussi Qu'il y ait Une réhabilitation Un accompagnement Et c'est ça que je demande Et donc éviter De revenir A une forme De A ces quartiers De haute sécurité Sur le reste Sur le dossier coffre Je n'y suis pas Totalement opposé Je pense qu'il y a Des raisons De vouloir protéger L'instruction De faire en sorte Que toutes les techniques Ne soient pas révélées Pour qu'elles ne puissent pas Servir à ceux Qui sont dehors Et qui par le biais En fait Des informations Qui vont seraient révélées Par ces dossiers Et bien puissent Aménager leur façon De procéder Mais j'ai bien compris
Qu'en l'État Vous aimeriez pouvoir La voter
J'aimerais pouvoir La voter J'aimerais être sûr Qu'on ne va pas Au-delà De ce qu'il est nécessaire De faire Sur les messageries cryptées Là quand on demande Aux opérateurs De descendre Le niveau de cryptage La réalité C'est qu'il ne faut pas Non plus donner Aux hackers La possibilité Désormais De hacker N'importe qui N'importe quand Donc il y a là Des sujets C'est-à-dire qu'au nom De notre liberté collective Pour combattre Le crime organisé On ne peut pas Faire diminuer Non plus L'invité collective De celles que nous disposons Aujourd'hui Comme utilisateurs De téléphones
Olivier Faure L'Algérie A rejeté La demande De la France D'accueillir Les 60 Algériens Constitués dans une liste Considérés comme les plus Dangereux Et que Paris Souhaitait expulser Est-ce qu'il faut Engager le bras de fer ?
Mais j'aimerais Surtout qu'on arrive A rétablir Une relation Avec l'Algérie Qui fasse que Quand nous avons Des OQTF Elle puisse Effectivement Être acceptée Que les laissés-passés Consulaires Soient acceptés Par le régime Algérien
Et ça veut dire quoi ?
C'est la poulée d'eau ? Non, ça veut dire que Jusqu'ici L'an passé C'est 3000 OQTF Qui ont été exécutés Et qui ont permis Le retour d'Algériens Qui étaient indésirables Sur notre territoire Bon Mais maintenant Qu'est-ce qu'on fait Si on part dans une espèce De fameuse riposte graduée Qui va où ? Pourquoi faire ? Moi je crois que les solutions Elles sont souvent diplomatiques Que la diplomatie Exige une forme De respect mutuel Qu'elle suppose Qu'on n'entre pas Dans un bras de fer Qui est là aussi Avec des vertus Politiciennes
Ça marche dans les deux sens
Ça marche dans les deux sens Mais ça suppose Qu'on ait la possibilité De discuter Entre deux régimes Et ne pas être Dans une situation Où ce sont les médias Qui se font Aujourd'hui Le réceptacle D'un dialogue Qui n'existe plus Parce que Qu'est-ce qui va se passer ? On va aboutir à quoi ?
On va aboutir à y contrer Des sanctions économiques De la part de l'Algérie Je rappelle que nous avons besoin Aussi du gaz algérien Je rappelle que nous avons aussi Une histoire avec l'Algérie Qui fait qu'on ne peut pas non plus Faire comme si rien ne s'est passé Nous sommes à la veille Nous sommes aujourd'hui Sur l'instar des accords déviants Demain le cessez le feu Et donc Il y a une histoire lourde Avec l'Algérie Qui suppose que A chaque fois qu'on a de ces questions On ne le fasse pas Comme si on était Dans un espèce de bras de fer Permanent Qui effectivement Permet de valoriser Un ministre de l'Intérieur En mal de notoriété Dans un congrès Dans lequel il a besoin De montrer Dans lequel il a besoin De montrer Qu'il est celui Qui agit Qui etc La réalité c'est qu'il n'agit pas Aujourd'hui On est au point mort Et donc Plutôt que de continuer A montrer de gros bras Il ferait mieux de dire Qu'à un moment Il faut rétablir Une discussion sereine Entre les deux états Pour vous
Bruno Redailleau Fait de la politique politicienne
Mais je le crains C'est ce que je vois Je vois bien que Depuis le début Ce bras de fer
Ce n'est que parce qu'il est candidat A la présidence de son parti
Certainement pas exclusivement Mais en tout cas La réalité c'est que Depuis qu'il a engagé Ce bras de fer Qu'a-t-il obtenu ? Qu'a-t-il obtenu ? Et où veut-il aller ? Et jusqu'où peut-on aller ? C'est quoi ? Mais quelle est la riposte Graduée ? Jusqu'où on va aller ? Pour quoi faire ? Pour obtenir quoi ? Et que Perderions-nous Nous-mêmes Dans cet échange Qui peut se solder Par une forme De gel Des relations Entre la France et l'Algérie ?
Il n'y a plus à perdre Qu'à gagner ?
Oui je pense Qu'il n'y a plus à perdre Qu'à gagner Et je pense aussi Que dans ce qui est Aujourd'hui la menace C'est-à-dire revenir Sur les accords de 68 Il y a aussi Toute une série De nos compatriotes Français Qui ont des racines En Algérie Et qui aujourd'hui Se sentent en réalité Stigmatisés Qui ont le sentiment Qu'on est en train D'ouvrir un conflit Entre la France et l'Algérie Je pense qu'on peut S'épargner de cela aussi
La police a ordonné Ce matin L'évacuation De la gaieté lyrique Ce lieu culturel A Paris Où depuis plusieurs mois Des centaines De jeunes migrants Occupaient les lieux Est-ce qu'il fallait Oui ou non Autoriser l'évacuation ?
C'est un fait Que la gaieté lyrique N'est pas un centre D'hébergement d'urgence Et donc Qu'il n'y a pas de raison De maintenir Des personnes nombreuses Des mineurs nombreux Dans cet établissement Mais quel est le devoir De l'Etat ? C'est de faire en sorte Que ces jeunes Ne soient pas rejetés A la rue Qu'ils ne soient pas Mis en danger Pour eux-mêmes Et pour autrui Et donc ça suppose Qu'il y ait en même temps Une offre d'hébergement Qui soit alternative A cet hébergement Qu'ils s'étaient trouvés Par eux-mêmes Donc on ne peut pas
Les laisser là ?
S'il y a une offre D'hébergement Qui est en fait Offerte à ces jeunes mineurs En fait Et bien dans ces cas-là Cette opération Aura été parfaitement légitime Si c'est pour les rejeter A la rue Les livrer Au narcotrafic Dont on parlait à l'instant Les livrer à la criminalité Et les laisser même En danger Dans la rue Parce que la rue Comme victime
Comme victime Ou comme acteur ?
Mais les deux potentiellement Comme victime Et potentiellement comme acteur Et donc la raison C'est de chercher A chaque fois Et c'est le devoir de l'État Pour des jeunes Qui sont Je rappelle mineurs En tout cas Qui sont présumés mineurs Et bien nous avons un devoir Qui est un devoir d'assistance Ce sont toutes les consignes Que nous avons signées Et c'est ce que nous devons Aussi à des enfants
Il y a deux choses Dans ce que vous venez de dire Olivier Faure Vous dites présumé mineur Enfin présumé mineur On sait bien que c'est là-dessus Aussi que tout se joue Est-ce qu'il faut Une présomption de minorité ?
Oui je pense Qu'il faut une présomption De minorité Et qu'après À charge à l'État De faire ensuite La démonstration inverse Mais là En l'occurrence On ne peut pas jouer Avec la vie de jeunes
Quand vous dites On les livrerait Potentiellement A la criminalité Et au narcotrafic Est-ce que ça veut dire Que vous estimez aujourd'hui Que les jeunes migrants Sont des acteurs Du narcotrafic Et de la criminalité ?
Non mais tous les jeunes Qui sont dans la rue Qu'ils soient personnes migrantes Ou qu'ils soient nés ici Peuvent être à un moment donné Dans le désœuvrement Quand vous êtes dans la rue C'est un fait Que vous êtes la proie De beaucoup de monde Vous êtes la proie De ceux qui veulent Vous débouiller Mais vous êtes aussi parfois L'agresseur Parce que vous cherchez Évidemment À survivre Et donc Plutôt que de créer Des conditions Dans lesquelles Nous créons nous-mêmes De l'insécurité Je souhaite que nous créions De la sécurité Et que nous faisions en sorte De préserver aussi Je le rappelle Des enfants
Merci Olivier Faure D'avoir été mon invité Ce matin Premier secrétaire Du parti socialiste Merci à vous Les 8h52 Sur RMC BFM TV
Olivier Faure