Le meurtre de Philippine, Philippe de Villiers... Les confidences de Bruno Retailleau
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 75 %Attaque 5 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:51OuverteRéponse directe
Pourquoi vous être engagé en politique ?
- 2:35OuverteRéponse directe
Avez-vous eu des modèles politiques dans votre famille ?
- 3:52OuverteRéponse directe
Quel a été le premier frémissement politique qui vous a poussé à faire de la politique ?
- 5:20OuverteRéponse directe
Quel était l'enfant Bruno Retailleau ?
- 8:12OuverteRéponse directe
Quelle est votre relation avec la nature et la campagne ?
- 9:39OuverteRéponse directe
Votre grand-père a-t-il été une figure marquante pour vous ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 11:04Fait
« Il avait réchappé d'une balle allemande qui lui avait traversé la gorge dans les toutes premières semaines de la guerre 14-18. »
- 11:47Fait
« À la maison, c'était plutôt de Gaulle. »
- 14:02Fait
« Il fut désigné comme le premier chef de l'insurrection vendéenne. »
- 30:41Fait
« Je préfère perdre en popularité que de voter contre ma conscience contre ce que je crois être le bien commun et l'intérêt général. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Et l'histoire vous a placé à ce moment-là précis où la France est en train de s'effondrer. Que notre [musique] rôle à nous, c'est de monter en première ligne. Voilà. Parce que je veux pouvoir regarder mes petits enfants dans les yeux. Cette émission s'appelle [musique] Empreinte. Pourquoi ? Parce que pendant 1h loin des programmes politiques, loin des polémiques médiatiques, nous allons tenter [musique] d'explorer une personnalité. En politique, faut toujours tuer le père. On peut dire que Philippe de Villiers a été un un mentor pour vous, puisque Absolument, absolument. Euh ça serait plutôt l'inverse. C'est pas moi qui ai voulu tuer le père. C'est plutôt le père qui a Voilà.
Les livres, les films, les moments, les événements, les attachements qui ont façonné cette personnalité, cette candidate, ce candidat. [musique] La pipolisation euh a fait énormément de mal. Or, on a besoin de zones où on puisse euh se se retirer un peu. Comment un gamin de 10 ans qui lit une bande dessinée sur son lit, une gamine qui a des rêves d'enfant, peut des décennies plus prétendre à la fonction ? C'est ce mystère que nous allons essayer de percer. Quand vous prenez ces positions, et ces positions, je les prends pas par calcul, je les prends vraiment par conviction profonde,
[musique]
c'est que vous allez quasiment systématiquement, qu'au bout du compte, vous allez perdre. Donc, je préfère perdre perdre en popularité que euh de voter contre ma conscience, contre ce que je crois être le bien commun [musique] et l'intérêt général. Bonjour Bruno Retailleau. Bonjour. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation pour cette émission Empreinte, une émission où nous allons vous parler de vous, des traces qui ont fait ce que vous êtes, de vos filiations et de vos attachements.
Nous n'allons donc pas aborder euh l'actualité grave qui frappe notre pays euh ces jours-ci, mais nous allons parler plus largement de la France que vous aimez à travers vous-même et à travers votre parcours et votre trajectoire. Pour commencer cette émission, je voudrais euh vous poser une question que je pose à chacun des invités. Je sais que vous êtes un grand lecteur euh et donc je vais citer une haute figure de la littérature française puisqu'elle est prix Nobel, Annie Ernaux.
Annie Ernaux, dans ses carnets, quand elle avait 18 ans, écrit cette phrase très forte "J'écrirai pour venger ma race." Euh, la première question que je voudrais vous poser, c'est pourquoi avez-vous décidé de faire de la ? Aviez-vous quelque chose à ? Eh bien, j'ai décidé à m'engager en politique pour une raison inverse. Je n'avais personne ni aucune cause à venger parce que je ne vis pas dans le ressentiment. Voilà. Le ressentiment, c'est justement une marque, une trace qui caractérise Annie Ernaux mais bien d'autres aussi euh du groupe politique qu'elle peut représenter par ailleurs. Non, c'est l'inverse. Je me suis euh engagé par gratitude.
Alors, si l'on prend une formule plus positive mais qui dirait en quelque sorte la même chose, c'est celle d'Albert Camus. Euh, au début du Premier Homme, je n'écrirai plus que pour les miens. Est-ce que vous êtes entré en politique d'abord pour les ? Est-ce qu'il y a eu des modèles politiques dans votre famille qui a fait que vous êtes dit "Cela m'oblige et je dois faire comme ils ont fait, peut-être ? C'est plus compliqué que cela parce que mon grand-père qui a beaucoup compté pour moi, on en parlera peut-être parce que il a fait la guerre de 14, grièvement blessé, a été une très belle lettre dans votre livre de Combat et d'Espoir. Exactement.
D'ailleurs, j'ai tenu euh à ce que ce soit la première lettre après la lettre bien entendu au lecteur. Mais non, je je je me suis euh engagé pas seulement parce que ce grand-père avait été maire, mon papa a été maire mais parce que très tôt j'ai ressenti une forme d'endettement. J'ai eu une enfance plutôt heureuse, pas née dans une famille qui était ni riche ni ni pauvre mais j'ai toujours ressenti cette forme d'endettement, c'est-à-dire cette idée qu'il fallait que je je redonne, je rende un peu de ce que j'avais reçu. Et ce sentiment de gratitude, pour moi, il est important.
Vous savez, beaucoup d'hommes, de femmes politiques viennent sur les plateaux, sur les tréteaux pour dire crânement qu'ils se sont faits tout seuls. Je pense qu'on ne se fait jamais seul. Je pense que ce sont les autres qui nous font. Alors les autres ce sont euh c'est vrai les miens, mais les miens c'est pas seulement les miens par le lien du sang, c'est c'est aussi la communauté vendéenne par exemple qui m'a vu grandir avec une une façon d'habiter le monde d'ailleurs hein, une culture très particulière, mais très tôt et c'est pour ça que très jeune de j'ai créé même d'ailleurs j'avais 20 ans quand j'ai créé une école de de musique, j'étais passionné de musique.
un souvenir précis du premier rappel ou frémissement politique qui a fait que vous vous êtes dit j'aimerais faire ça, est-ce que c'était votre père ou votre grand-père dans leur fonction de ? Est-ce que c'était à la télévision, un débat, est-ce que c'était un ? Non, j'ai j'ai pas un souvenir précis, mais ça m'a toujours habité. En tout cas, ça m'a toujours habité très très jeune, je citais cette expérience de la création d'une association, j'étais dans plusieurs associations, vous savez je suis un rural et et en plus la Vendée a développé sans doute à travers les douleurs de son histoire tragique, le goût des autres. C'est quelque chose qui caractérise les vendéens.
Par exemple, on est le département où il y a le plus d'associations, ou quand vous voyez par exemple sur le don du sang et cetera, vous avez des marqueurs justement qui caractérisent euh cette tournure d'esprit, ce ce goût des autres. Et en fait, j'en ai un petit peu hérité et je savais que mon existence devait être utile, qu'elle devait avoir un sens et qu'elle trouverait ce sens justement en essayant de me rendre justement utile euh pour pour les autres. Mais mais un déclenchement, non, j'ai pas eu vraiment de déclenchement. alors.
Il y a eu un environnement puisque vous dites dans une formule frappante dans votre livre que tout terroir est un miroir quand vous évoquez votre Vendée, la Vendée de votre enfance. Est-ce que vous pouvez nous y emmener et nous la faire visiter un un petit mot un petit instant. Quel était l'enfant Bruno Retailleau, dans quel univers vivait-il, allait-il à pied à l'école, euh était-il un enfant de la nature, de la ? J'étais un enfant de la nature. Euh, j'ai découvert la lecture beaucoup beaucoup plus tard. J'étais J'étais rural, je courais la campagne avec mes camarades, j'allais dénicher les oiseaux. J'étais très sportif, je faisais beaucoup de sport. Euh, qu'est-ce que vous faisiez comme ?
Ah, j'ai fait de beaucoup de choses. Alors, la grande passion, ça a été le cheval, l'équitation, parce que c'est un rapport à l'animal. J'ai toujours vécu entouré d'animaux. Euh, à quoi vous reconnaissez le fait que vous êtes retourné chez ? Est-ce que ce sont des ? Est-ce que c'est une ? Ou est-ce que c'est un ? C'est d'abord une disposition intérieure. C'est quelque chose qui se ressent. Vous vous disiez, euh, le rapport de de l'homme et et et de la nature. Je pense profondément qu'il y a comme une sorte de de reflet du sol sur les hommes, voilà. Et et ce reflet, cette terre d'où l'on vient, qui vous a vu naître, qui vous a vu grandir, euh, vous l'être approprié, elle est en vous.
Et quand j'arrive chez moi, j'habite la ferme que mon grand-père avait acheté avant avant la guerre, les choses changent. Les choses changent. Je Je ne serai jamais parisien. Je Je ne serai jamais parisien. Je cours toujours, beaucoup, le plus que je peux. Je n'ai jamais pu courir, par exemple, à Paris. J'ai l'impression de m'intoxiquer, de respirer de la pollution. Euh, je cours dans le bocage, près d'une rivière, qui est la Sèvre la Sèvre nantaise. J'ai J'ai beaucoup de chance. Mais, euh, c'est pas tellement un silence. Euh, la campagne est pas silencieuse, en fait.
Il y a toujours un bruit, un aboiement d'un chien au loin, le petit matin, le chant des oiseaux, qui est différent le matin ou ou le soir. Vous avez aussi, euh, le bruit de la campagne, d'un tracteur. Vous avez, un troupeau de de vaches qui meuglent, euh, dans le dans le lointain. C'est le paysage extérieur, c'est aussi un paysage intérieur. Il y avait un un un un écrivain vendéen, Jean Yole, qui a eu cette très jolie phrase, en disant que c'est dans le cœur des hommes que s'achèvent les paysages. J'y crois beaucoup cette relation entre entre la nature et et l'homme ou la femme.
Et alors quand vous retrouvez cette harmonie, cet arrangement des choses, est-ce que vous êtes parfois tenté de vous dire je repars ? Ah oui oui. [rires] Oui. Je vais prendre des bons livres ou je vais en écrire et puis Ouais, ce qui m'étonne d'ailleurs, c'est que quand j'arrive chez moi euh mes sens euh sont à nouveau en éveil. Ici dans la ville en fait ils se ferment. Hmm. L'oreille lui n'est pas la même parce que les bruits à entendre sont pas des de jolis bruits. Idem pour les odeurs. La sensation en général. Et et c'est d'abord voyez cette espèce de de de de relation et de sentiment très très physique en réalité. C'est un rapport qui est d'abord un rapport très physique.
Est-ce que vous avez un souvenir précis de votre formation ? Ça peut être une bande dessinée, ça peut être les premiers romans que l'on essaie de lire à 12 ans et puis la découverte de Je pense que c'est le grand Meaulnes. C'est le grand Meaulnes. C'est le grand Meaulnes. Parce qu'il y avait ce contact justement avec avec la nature. Il y a eu Jeune Voyou aussi même chose. Euh parce que mon papa était chasseur. J'ai j'ai aussi permis passer mon permis. J'ai même dressé un un braque allemand un très beau chien que que j'ai dressé moi-même. Il y avait le dressage des chevaux, le dressage de ce chien qui vous permet d'entrer en contact avec l'animal.
Mais c'était des des livres jaunes aussi très vite. Très vite jaunes. Donc ça toujours été voyez des écrivains français qui ont écrit des ouvrages où la nature est omniprésente. On a tous des héros quand on est adolescent ou jeune homme ou jeune femme qui nous forment et nous façonnent. Ça peut être des héros livresques, des statues, puis ça peut être des figures euh qu'on a eu la chance de fréquenter. Et votre grand-père, si je comprends bien la lettre que vous lui écrivez, était un un de ces héros. Ah oui, c'était même quasiment Oui, je peux dire que ce que vous êtes grâce à ? Est-ce qu'il est euh la figure qui vous a peut-être le plus ? Très certainement. Très certainement.
Vous pouvez nous parler de lui un tout petit peu pour raisons d'abord pour des raisons très très physiques. Euh les deux maisons, là on me voit, je dois avoir 3 mois, je crois, entre mon grand-père et ma grand-mère que j'ai peu connue. Mon grand-père s'appelait Lucien, ma grand-mère s'appelait Marie et et elle est morte quand j'avais 4 ans, donc j'ai j'ai de vagues souvenirs. Mais les deux maisons étaient euh mitoyennes. Non seulement elles étaient mitoyennes, mais elles communiquaient. Et comme mes parents euh avec quatre enfants, euh une activité mère, donc les administrés venaient, les clients venaient, donc je me réfugiais très souvent chez mon grand-père.
Et du coup euh on parlait beaucoup. Mais pour que j'arrive à lui faire dire ce qu'il avait vécu pendant la guerre, ça a été des années et des années de patience en réalité. Et c'était un grand-père plein de sagesse, extrêmement pieux. Parce que il avait réchappé d'une balle allemande qui lui avait traversé la gorge dans les toutes premières semaines de la guerre 14-18. Euh il se pensait miraculé, il avait fait le vœu d'ailleurs d'aller à la messe euh tous les jours, vœu qu'il a respecté tant qu'il l'a pu puisque physiquement il ensuite évidemment il a été diminué. Mais c'est drôle parce que il m'a jamais parlé de sa piété par exemple. Il m'a vraiment jamais parlé ni de sa foi.
Il m'a jamais même incité euh soit à me convertir, pas du tout du tout. C'était Ce grand-père était extrêmement doux et il m'a inspiré par l'exemple beaucoup plus que par le discours. Ça ce sont c'est un héros que que vous avez fréquenté et vous alliez le voir vous dites dans la maison voisine. Euh quand vous étiez jeune homme, est-ce que il y a une figure historique ou littéraire qui vous apparaissait comme euh exemplaire au point de vouloir lui ressembler ou de vous vouloir vous ? Est-ce qu'il y avait un un homme politique qui Churchill, le Clémenceau, de Gaulle qui À la maison, c'était plutôt de Gaulle.
Je me souviens quand quand il est mort en 69, je je vois très exactement le lieu où j'étais. Donc j'avais 8 ans euh et et j'ai pleuré. Et j'ai pleuré. Alors de Gaulle pour moi, c'était encore à cet âge-là évidemment quelque chose d'assez informe mais vous parliez de la bibliothèque tout à l'heure. Mon père avait acheté de très belles éditions notamment euh de Gaulle et alors c'était des des éditions de ses livres qui étaient reliés euh et il y avait bleu blanc rouge quoi. Il y avait il y en avait des voilà, les trois couleurs étaient là. Il y avait aussi euh Napoléon sur Napoléon Bonaparte et cetera et cetera.
C'était la bibliothèque familiale qui était essentiellement euh essentiellement historique. Mais c'est vrai que ça m'a beaucoup marqué et pourtant mon père était pas du tout militant gaulliste. Il était maire mais il avait pas militantisme particulier. Mon grand-père était plutôt indépendant paysan comme on disait euh à l'époque, ça c'était plutôt avant de Gaulle hein. Les guerres de Vendée. Euh notamment une figure particulière qui n'est pas celle de Charette mais de Cathelinau qui incarne pour moi euh le plus pur si j'ose dire de cette tâche.
Cathelinau c'était alors il était tout près de la Vendée, c'était la Vendée militaire au pain, il était voiturier les voituriers, c'était ceux qui allaient vendre de ferme en ferme, de de bourg en bourg, des des comment dirais-je, un certain nombre de de produits, de biens, de de de marchandises et il fut désigné à l'époque, il est donc très simple, populaire, très respecté et il fut désigné comme le premier chef de l'insurrection vendéenne. Et mon grand-père, lorsque nous marchions, parce que nos instituteurs n'en parlaient pas de de la guerre de Vendée. Alors qu'elle a beaucoup marqué évidemment notre notre territoire et notre histoire.
Et en marchant, je me souviens, on passait tout près du bourg, à peu près à 1 km du bourg, dans une petite route, route vicinale, une demi-route comme on les appelle chez chez moi. Il y avait une croix érigée, une vieille croix de granite. Et il y avait un socle. Alors plus tard, l'explication a été inscrite avec une plaque. Mais à l'époque, quand je me promenais avec ce grand-père, il y avait pas de plaque. Et il m'avait expliqué que c'était un des des aïeux âgés qui avait été trouvé par une colonne de bleus qui il priait. On lui avait demandé à l'époque, c'était une croix de bois, de la détruire ou de de renier sa foi.
Il avait dit non et il fut à l'époque sacrifié au au pied de de cette croix. Et donc voilà, ça m'a ça m'avait évidemment marqué puisque j'étais [rires] j'étais assez jeune. Cette histoire-là, j'en entendais pas parler. C'est par D'ailleurs, c'est par bribes. Et même lui d'ailleurs, même dans la famille, parce que quand il y a une énorme souffrance, souvent, et c'était le cas pour d'autres peuples ou d'autres groupes, le réflexe, y compris d'ailleurs pour sa pour sa propre guerre, il avait du mal à en parler. Mais mais la souffrance fait que vous enfouissez en vous et même la mémoire est sélective et vous préserve et et donc il y a une capacité d'oubli assez importante.
Et et cette génération-là euh, parlait un peu, c'est la génération ensuite qui a plus assumé cette part de soi. pudeur qui explique la vôtre. On vous présente souvent comme un homme politique plus pudique, plus discret sur vous-même, sur vos émotions, sur vos sentiments. Ça, c'est ma part de ruralité, si j'ose dire. Je suis aussi issu de cette civilisation rurale. Et euh, dans cette civilisation rurale, comme disait Camus, un homme ça s'empêche. Euh, la pudeur, c'est une seconde nature. Ce qui est trop voyant, en réalité, est suspect. Voilà. Et euh, on a une vie intérieure que on cache un peu et on on on ouvre pas son cœur, si j'ose dire, au premier venu.
Et on n'ouvre pas sa maison non plus. Vous écrivez dans votre livre à un directeur de journal, alors on va pas le nommer, People, il y en a plusieurs, chacun fera son idée, en lui disant qu'il est très aimable de vous proposer de prendre une photo de votre épouse, de vos enfants, mais que ça n'arrivera jamais. Euh, vous pensez pas qu'aujourd'hui c'est indispensable de passer par cette forme de transparence, de dévoilement, voire certains diront ? De voyeurisme même.
Euh, j'ai fait un choix, c'est vrai, ce que je raconte, cette lettre est issue d'une expérience quand j'étais ministre de l'Intérieur, un un journal qui qui, par ailleurs, est excellent, m'avait proposé de faire la une et et avec plusieurs pages, mais la condition c'était d'accepter de de me dévoiler et de dévoiler mon épouse, ma famille. Et j'ai refusé.
J'ai refusé parce que c'était pas uniquement une décision pour ce journal-là, mais depuis que je me suis engagé en politique et je l'ai fait très tôt, j'ai été mon premier mandat, donc n'a pas été un mandat de maire, mais un mandat de conseiller général, on dit maintenant conseiller départemental, dans mon canton, là où je suis né, on a très vite décidé avec mon épouse de de d'avoir nos nos vies une vie commune bien sûr, mais elle a sa vie professionnelle, elle est médecin, voilà, scolaire euh elle est réservée et en réalité c'est le respect que je lui dois, elle a son métier, elle vit sa vie et il est hors de question que on puisse avoir justement comment dire j'utilise ma famille et mon épouse pour essayer de me mettre en avant, je trouve que d'ailleurs c'est c'est une curieuse conception de la vie politique, je pense que la pipolisation a fait énormément de mal, ça c'est le règne de l'image et et du coup on a privilégié ces apparences là à ce qui est plus fondamental sur les convictions, sur les les le projet, la vision qu'on veut porter.
Mais vous pensez que le clair-obscur qui est le propre des siècles anciens et peut-être même de notre civilisation est encore possible en politique aujourd'hui puisqu'on demande maintenant de tout savoir que l'on remonte l'histoire jusqu'au plus jeune âge, que l'on filme les gens à leur insu, François Baroin disait que un homme politique qui se présente à une présidentielle est comme un poisson rouge dans un bocal qu'il est aussi qu'on peut l'observer dans tous ses mouvements comme on observerait ce poisson. Je sais, c'est une forme de totalitarisme parce que le le propre du totalitarisme enfin Hannah Arendt en a fait un livre mais le propre du totalitarisme c'est de tout englober.
Il y a plus de séparation. Le propre d'ailleurs de la démocratie, c'est un régime de séparation, séparation de l'église et de l'état, séparation du public et du privé et cetera et cetera, séparation des pouvoirs, mais là vous ne séparez plus rien et vous êtes dans une transparence hors perpétuelle. Or on a besoin de zones où on puisse se se retirer un peu se retirer en soi et et tant que je pourrai justement épargner ma famille, je je le ferai, je ne sais pas jusqu'à jusqu'à [rires] quand, mais bon non mais c'est c'est un choix, c'est un choix.
Je sais parfaitement que le jour viendra où des paparazzis ou peu importe si l'épopée et l'aventure que j'ai choisi de poursuivre m'amène à l'Élysée, évidemment qu'il y a un rôle et que la première dame a a son rôle à jouer. Mais mais c'est pas elle qui est élue. Mais pour le moment, vous défendez le droit de ne pas savoir. Ça vous paraît que Je je défends je défends euh non seulement ce droit-là, mais cette cette capacité à à avoir euh une vie euh qui est une vie simple parce que j'ai une vie simple, mais euh une vie qui ne soit pas exposée au grand public. Ça ne dit rien.
Enfin mon épouse est mon épouse, encore une fois, elle a sa vie, elle a elle fait ses choix et moi je respecte ses choix. Je trouve que d'ailleurs c'est très moderne, c'est beaucoup plus moderne que ceux qui utilisent euh le leur famille comme ça pour les pour les vendre à la presse people. Et vous avez encore une vie privée avec les obligations publiques qu'un ministère, qu'un une présidence de groupe au Sénat et puis maintenant qu'une campagne présidentielle vous impose. Euh vous écrivez à vos petits-enfants à la fin de votre livre, est-ce que vous avez le temps de les ? Est-ce que vous avez sacrifié aussi ? Non, alors je l'ai sacrifié oui.
Oui, parce que dans une campagne présidentielle, on s'appartient plus du tout et il y a plus de moments de de repos. Donc là, c'est effectivement je suis avec Constant, j'en ai trois hein. Je je j'ai je réserve du temps, un un peu de temps, mais malheureusement ce temps-là pour la campagne électorale, il est mais j'ai besoin de les voir, c'est vraiment un besoin très particulier et j'essaie d'entretenir ce lien, on m'envoie d'ailleurs des photos, on m'envoie des vidéos et euh de temps en temps, le soir, je je regarde ces vidéos, ça me ressource, ça me fait du bien.
Alors pour essayer de se retrouver, il y a aussi un autre moyen, ce sont les livres, c'est la musique, ça peut être regarder une compétition sportive. Je vais vous faire un petit questionnaire rapide. Est-ce qu'il y a une bande dessinée que vous lisiez adolescent qui a traversé le temps avec ? Astérix, oui. Astérix. Astérix. Ça continue à vous paraître ? Moins moins mais j'adorais ouais j'adorais Astérix. Alors Clémenceau a eu un mot génial. Clémenceau avait dit euh euh en évoquant le cousinage entre les Bretons et les Vendéens, il avait dit "Armoricains Vendéens, nous sommes les fils de ceux qui n'ont pas capitulé devant César." C'est assez drôle.
Et non je j'aime beaucoup ces ces deux figures qui sont à la fois antinomiques et complémentaires mais qui incarnent pour moi un esprit français, un esprit de résistance. Euh c'est assez génial. Quelle musique vous vous écoutez pour essayer de retrouver un peu de de ? Alors, j'ai la musique a beaucoup compté pour moi, j'ai pratiqué plusieurs instruments. enfin vous Je j'ai pratiqué alors un de mes grands regrets c'est quand je vois mon piano quand je passe devant le piano à la maison euh c'est c'est terrible parce que je [grognement] m'assois parfois et et et on perd très très vite. Mais voilà, c'est ce qui m'avait déterminé trompette, flûte et cetera à à lancer une école de musique.
Je trouvais que c'était injuste que d'autres cette passion qui m'habitait que d'autres camarades ne puissent pas en bénéficier. Mais j'ai toujours été très éclectique. Alors évidemment je je la la le classique puisque j'ai une formation classique a été pour moi comment dirais-je importante donc Bach Haendel voilà je les ai joués d'ailleurs un peu Mozart mais j'aimais un petit peu moins Mozart même si euh au piano euh il y a des exercices très intéressants mais j'étais beaucoup plus touché par par ces les les deux premiers musiciens Bach notamment et puis Haendel.
Les musiciens français aussi que ce soit Fauré, que ce soit Gounod, César Franck euh j'ai interprété le le le notamment le Psaume 150 que j'avais joué à l'orgue là pour pour accompagner euh des des cœurs, mais je suis très éclectique. J'adore la chanson française. Euh Julien Clerc, Véronique Sanson, mais mais aussi Céline Dion, mais aussi des plus jeunes comme Jeanne Cherhal et et comme d'autres. La musique aussi [grognement] la pop anglaise. Abba, je suis un fan d'Abba, mais aussi Eric Clapton. Non, j'ai été y compris dans dans les nouveautés qui sortent comme Santa. Voilà, je je je suis attentif et Retrouver dans la variété aussi des Oui.
des plaisirs et des sensations euh La chanson populaire, c'est important. C'est des mélodies. Ah, c'est c'est même génial. Vous [raclement de gorge] avez des Quand on est musicien, il y a les mots, il y a il y a les notes, il y a la partition. Et la musique pour moi est réparatrice. C'est incroyable. La la musique de de tous les arts, je pense que c'est l'art qui est le plus universel. Il il faut être ouvert et saisir, voilà, cette musique, cette mélodie qui va vous vous transpercer le le cœur. est l'émotion, je crois, dit Céline. C'est la même C'est pas exactement exactement, c'est absolument. Au commencement est l'émotion.
Et cette émotion, moi je la retrouve mais de façon différente euh dans la peinture. J'aime beaucoup la peinture. Je suis un petit collectionneur d'art moderne parce que j'ai pas les moyens de m'acheter des bien l'art moderne. Oui, j'ai appris ça en préparant cette émission. Je Oui, parce que je dirais pas que c'est inattendu parce que j'ai pas de préjugés, [rires] mais Mais [grognement] Oui oui, parce que Alors, j'ai pour l'art moderne les mêmes émotions que je peux avoir quand par exemple je lis. Ce sont des émotions euh esthétiques qui Elle est différente de l'émotion qui est beaucoup plus charnelle. L'émotion euh par exemple, quand j'écoute une musique, elle est charnelle.
Quand je vois un tableau Là par exemple, François Rouan, ? Oui, c'est ça, exactement. Alors, François Rouan. François Rouan euh il c'est un Il vit toujours. Euh je vais vous dire ce qui nous a rapprochés et il a une méthode très particulière, c'est c'est le tissage. Il fait des œuvres qui peuvent être très très très grandes. Alors pour je le je le collectionne pas parce que franchement il est pour moi il est hors de prix. Mais euh là c'est une œuvre qui est qui est très belle aussi. Euh il est exposé d'ailleurs à une grande galerie parisienne il y a il y a quelques temps.
Je l'ai rencontré parce que euh comme président de région j'ai eu l'abbaye royale de Fontevraud et je je préside toujours une une association qui s'occupe de Fontevraud. Et il y avait l'immense réfectoire de Fontevraud c'était euh la plus grande abbaye quasiment européenne. Et dans ce dans ce grand réfectoire il fallait refaire justement les baies qui étaient du 16e. Et j'ai proposé à l'État d'avoir une division des tâches. Je leur ai dit écoutez vous vous occupez de faire euh de de reconstituer les baies mais on va pas mettre des carreaux classiques on va y mettre des vitraux. Et on va y mettre des vitraux contemporains.
Et je me suis adressé donc à à François Rouan pour faire qui avait fait d'autres œuvres qui étaient un très bon enfin un très bon connaisseur parce que il il il sait que bah la lumière c'est fondamental en peinture la la première matière c'est c'est la c'est de rien qui le disait d'ailleurs de la peinture c'est vraiment la lumière et il nous a fait une œuvre magnifique. Donc vous êtes favorable vous à au vitraux de Claire Tabouret à Notre-Dame de Paris. Vous faites pas partie de ceux qui considèrent que pas. Non ça ne me choque pas parce que très franchement je suis pas emballé par les anciens vitraux. Sur le plan esthétique.
[rires] Parce que évidemment non mais regardez par exemple Metz extraordinaire. C'est c'est pour moi c'est très touchant. Mais je je comprends très bien. Bien sûr on peut on peut vouloir il peut y avoir une valeur patrimoniale évidemment. Mais je non l'art contemporain attention je je n'aime pas tout ce qui se fait dans l'art contemporain parce que il y a de la supercherie évidemment. Il y a de la spéculation pas au sens intellectuel du terme d'ailleurs ni artistique. La spéculation tout court financière. Voilà mais mais c'est quelque chose qui considérez que la création artistique continue et qu'elle Mais mais vous elle n'est pas condamnée au musée.
Mais évidemment mais évidemment Dieu sait j'ai à Fontevraud, j'ai été celui qui a fait un musée un musée d'art moderne pas d'art contemporain qui est superbe à partir d'une collection. Et voyez ce qui m'a beaucoup impressionné, c'est quand je vois un buste sumérien moins 3000 ans il y a 5000 ans qui nous séparent de ce buste de cette tête d'un prince sans doute sumérien avec une sculpture de deux reins. Il y a des millénaires. Les époques nous nous séparent. Les continents aussi peuvent nous séparer et pourtant c'est la même émotion. C'est c'est le musée imaginaire de de de Malraux. Ça veut dire que il y a des invariants humains.
Il y a des invariants humains et ça c'est très impressionnant pour moi. C'est très impressionnant parce que ces invariants ils dépassent les cultures et même les civilisations. Ça c'est du coup la la trace l'empreinte de notre humanité qui qui nous répond. S'il y avait un film dans lequel vous pourriez être un seul avec un rôle petit ou grand Ah le film qui m'a le plus impressionné j'a- j'adore j'adore le cinéma. Alors j'adore les westerns. Ça tombe bien je m'entends très bien. ou les John ? Ah les John Wayne non bah non les spaghettis il y en a il y en a qui sont qui sont quand même pas mal mais plutôt les John Wayne.
Non le le film qui m'a le plus ému qui m'a le plus marqué euh c'est une vie cachée de Terrence Malick qui raconte cette histoire tragique d'un paysan autrichien qui doit se faire enrôler par l'armée allemande bien sûr et à qui on demande on demande de prêter serment à Hitler et il refuse. Sorte d'Antigone finalement moderne. Il refuse il refuse catégoriquement et euh il en sera supplicié en fait. C'est un film très très beau dans les images dans un déroulement qui est c'est très intérieur. C'est un film qui m'a beaucoup impressionné.
Oui, il y a une scène extraordinaire où un personnage vient de lui dire "Il suffit que tu dises quelques mots et tu seras libre." Et de sa prison, il répond "Mais je suis libre." Exactement. C'est cette liberté intérieure. Exactement. Il est libre. Vous vous êtes un homme de conviction, ça vous ne le cachez pas et on vous répète assez souvent au risque parfois de subir la la caricature puisque un certain nombre de vos convictions apparaissent à contre-courant des mouvements du temps ou du du sens de l'histoire si jamais il y en a Est-ce que vous avez pas parfois une fatigue de la conviction quand elle est trop souvent en contradiction apparente ou réelle avec les vibrations de ?
Bien sûr, [rires] cette fatigue par exemple, elle peut s'exprimer quand voilà, on est parlementaire. On est amené à prendre des positions et on sait parfaitement que sur les lois sociétales, je pense à la fin de vie euh qui était un texte où je me suis pas mal engagé. Je pensais que ce texte est plutôt un texte d'abandon d'ailleurs, hein. Et malheureusement, je crains qu'on en ait la preuve dans les années à venir tout comme la Belgique nous en a apporté la preuve ou le Canada ou ou même la Hollande. Mais voyez vous savez que quand vous prenez ces positions et ces positions, je les prends pas par calcul, je les prends vraiment par conviction profonde.
Mais dans ces lois sociétales, il y a si j'ose dire la loi des reins, c'est que vous savez quasiment systématiquement qu'au bout du compte, vous allez perdre. Vous allez perdre le combat parce que beaucoup sont impressionnés par le [grognement] le milieu médiatique et cetera. Euh ce que vous dites très bien le le sens du vent et et le fameux le soi-disant sens de l'histoire et vous savez que vous allez vous engager bah que vous ça ne vous profitera pas ce combat parce parce la popularité c'est plutôt vous allez l'exposer et vous en perdrez de la popularité parce que les convictions qui qui vous exposent ne sont pas les convictions de l'opinion dominante si j'ose dire.
Donc il peut oui, on peut ressentir une fatigue ouais mais mais pas au point de vous dire parce que c'est des phrases que l'on peut entendre en privé bon moi je suis pas d'accord avec telle telle loi mais de toute façon c'est un mouvement trop fort donc je préfère me concentrer sur d'autres aspects et puis ça sacrifier ma conviction sur la fin de vie ou sur jamais jamais j'ai je me souviens je tairai le nom et d'ailleurs il n'est plus là. Je me souviens d'un vote où on nous devions sortir de l'hémicycle d'un grand hémicycle pour aller à des bureaux de vote et je croise un ami qui me dit écoute Bruno, il me regarde mais je sentais son regard fuyant.
Il a comme essayé de se justifier et il m'a dit aujourd'hui je vais voter contre ma conscience. Je [raclement de gorge] pense que je ne pourrai pas le faire physiquement si j'ose dire parce que je je suis constitué comme cela et je pense que je ne pourrai plus me regarder. Donc je préfère perdre en popularité que de voter contre ma conscience contre ce que je crois être le bien commun et l'intérêt général. Je pense que les hommes et les femmes politiques on devrait déjà nous reconnaître ça nous qui prenons parfois d'ailleurs des des positions qui sont à contre-courant.
Ah dans une démocratie heureusement qu'il y a des voix qui ont un une forme de courage quand même politique pour ne pas aller dans le sens de la pente dans le sens de la bah c'est vrai il faut quand même heureusement qu'il y a une contradiction qui est apportée parce qu'on voit bien que rien n'est simple et et vous savez ce qui est terrible en plus dans ce [raclement de gorge] genre de loi c'est qu'au départ on on les proclame on on avance avec des sentiments d'humanité, de fraternité en disant il faut écouter la douleur bien sûr et personne ne veut euh terminer dans les dans les moments crépuscules de sa vie dans dans la souffrance évidemment mais on sait qu'on peut la soulager par ailleurs mais toujours le le comment dirais-je le paravent c'est souvent cela.
Mais derrière il y a les associations militantes. Et elles, elles ont une vision. Voilà. La vision c'est une liberté totale sur la mort. Il s'agissait je comment dirais-je du de l'émancipation radicale où l'homme doit pouvoir chasser choisir le moment de sa mort, les conditions de sa mort. Beaucoup plus que la question du soulagement. Et quand vous avez compris ça, vous savez que euh voilà, il y a une loi, si je prends votre crayon, je le lâche, il y a une loi de la gravitation universelle. Et bien sans ces lois-là, il y a aussi une loi, c'est-à-dire que au départ, on vous dit on va y mettre des garde-fous, rassurez-vous et cetera.
Et puis non, ça dérive, ça dérive et les uns après les autres, les garde-fous sautent. ? Parce que l'enjeu c'est pas le soulagement. L'enjeu, il est militant. Il est de faire euh d'av- de faire advenir, si j'ose dire, une émancipation radicale et de faire sauter parce que tous ces garde-fous sont autant pour eux autant d'obstacles justement pour cette soi-disant liberté. Voilà où nous mène un film de Terrence Malick. Dans les lieux qui vous ont façonné, il y a la Vendée, on en a parlé.
On parlera [raclement de gorge] tout à l'heure du Sénat et et et et de la Place Beauvau mais il y a un lieu très important où vous avez passé beaucoup de temps qui est le Puy du Fou euh où aventure à laquelle vous avez participé si j'ose dire au non pas aux premières loges mais au premier rang de la coulisse. Euh dans votre livre, il n'y a pas de lettre à Philippe de Villiers qui fut votre mentor et sans doute votre ami. Euh pourquoi puisque l'on sait maintenant que vous vous êtes éloignés mais est-ce que vous n'aviez pas envie publiquement de lui dire des choses dans un sens ou ? Alors Bah pour le dire de façon plus comment dirais-je c'est direct, en fait j'y ai pas pensé.
Ça c'est en tout cas ça c'est pas imposé à moi. Voilà. Ensuite, j'ai toujours gardé euh cela dans dans mon jardin secret. J'ai jamais voulu euh il y a eu plusieurs raisons euh qui tenaient au Puy du Fou ou même à la politique, mais j'ai j'ai jamais voulu exposer publiquement cette cette fâcherie parce qu'elle était douloureuse parce que j'ai voulu protéger aussi euh cette cette belle œuvre du du Puy du Fou et et donc je je l'ai gardé pour moi. Là encore, c'est sans doute mon côté rural. Il y a des choses qui se taisent. Il y a des choses qui se taisent. Il y a des douleurs aussi que qui se taisent.
Il y a des choses qui se taisent et qui peuvent vous peser comme cette histoire euh cette longue histoire de ça m'a pesé. Ça m'a pesé. Ça m'a pesé à la fois mais ça m'a aussi libéré. Voilà, parce que Philippe est tu es une personne un personnage si j'ose dire quand vous êtes à ses côtés euh qui qui qui pèse forcément sur sur sur vous, sur votre personnalité. Et en réalité euh finalement euh l'histoire fait pas mal les choses. Euh il y a une forme de de de liberté euh Et vous êtes retourné au Puy du Fou ou est-ce que vous vous dites qu'un jour vous y ? Je je n'y suis pas retourné. euh ? Je j'y suis retourné une fois.
C'était en 2011 pour le départ j'étais président du département pour le départ du Tour de France et quand j'y suis retourné, ça s'est très mal passé. D'accord. Très mal passé. Euh non, j'ai j'ai pas remis les pieds euh depuis. Voilà. Il y a eu Mais je mais j'en conserve de beaux souvenirs, des amis que j'ai que j'ai toujours d'ailleurs, que j'ai toujours.
Rendez-vous compte, moi j'avais euh 16-17 ans, je passais mon bac, c'était la seule autorisation que j'avais de mon père, de ma famille de minuit, d'après minuit, je montais à cheval, je on était dans les répétitions, on avait des chevaux qui étaient absolument pas faits pour le spectacle et donc on a tous fait un séjour à l'hôpital à un moment ou un autre. Euh donc voilà, pour un pour un jeune, c'était c'était génial. Je je redécouvrais, je reprenais possession de cette mémoire collective qui nous avait été un peu cachée. Et et qui avait été, comment dirais-je, si enfin, systématiquement même occultée par par la République, hein, puisque le grand mythe fondateur, c'est la Révolution.
Clemenceau avait dit "La Révolution est un bloc." Moi, je pense que là, du coup, il se trompe. Il faut distinguer 89 de 93. 93, c'est la Terreur, c'est une matrice. C'est la matrice d'ailleurs du totalitarisme et des totalitarismes sans doute du du 20e siècle. La C'est pour ça que je ne pense pas comme Monsieur Mélenchon que euh, Robespierre soit un héros, mais plutôt un bourreau, vous voyez. Voilà, et je suis pas mal placé pour le dire avec ce qui s'est passé euh en Vendée. Mais non, le Puy du Fou a beaucoup beaucoup compté, hein. Rendez compte, j'y ai passé plus de 30 ans à bénévolement, mes vacances, mes week-ends. J'ai commencé comme cavalier, j'étais pendant 25 ans metteur en scène.
Tout ça était exaltant. Je remercie d'ailleurs Philippe de m'avoir fait confiance. J'étais jeune quand j'ai commencé la mise en scène, j'avais 25 ans. Il y a une phrase qui est un peu commune et peut-être comme beaucoup de lieux communs euh qui est réductrice, voire fausse, qui consiste à dire "En politique, faut toujours tuer le père ou s'éloigner de son mentor ou le contredire." On peut dire que Philippe de Villiers a été un un mentor pour vous, puisque euh est-ce que vous appliquez cette phrase à votre relation ou Alors, ce serait plutôt l'inverse. C'est pas moi qui ai voulu tuer le père.
C'est plutôt le père qui a Voilà, et et et d'ailleurs, je pense que si ça avait pas été le cas, euh, je serais toujours euh là où j'étais à l'époque, hein. Donc, non non, je je le prends pas comme ça. Je pense que bah, il y a un moment donné, mais mais c'est la vie de toute façon. Euh, lorsqu'on devient adulte, à un moment ou à un autre, on se libère du père, on se libère de sa propre famille, c'est la condition humaine. Les parents élèvent les enfants et les enfants un jour doivent quitter le nid familial.
Et on vous a présenté à ce moment-là et puis après quand vous vous travaillez au côté de de François Fillon comme un numéro 2 puis vous êtes devenu un numéro 1 puisque vous êtes candidat à la présidence de la République, vous êtes président d'un parti politique, vous avez été ministre de l'Intérieur. Cette évolution, elle s'est faite lentement où vous étiez un numéro 2 qui rongeait son frein disant "Quand est-ce que c'est mon ?" ou à 30 ans vous disiez "Ce sera jamais pour moi." puis en avançant C'est la 2e hypothèse. C'est à 15 ans vous disiez pas "Je vais être président de la République." tout. Mais justement, c'est ce en quoi d'ailleurs je suis très différent.
Je suis pas né dans une famille où on parlait du matin au soir soit culture, soit institution ou vie politique, pas du tout du tout. J'étais encore une fois plutôt plutôt réservé et cette trajectoire, ça n'est pas la trajectoire d'une ambition. Encore une fois, la source de l'engagement, c'est cette gratitude. Voilà. Euh mais justement, ces convictions que dans lesquelles d'ailleurs j'ai été aussi forgé, qui m'ont forgé, euh c'est je pense le ressort le le plus en acier, le le plus dur pour affronter justement les tempêtes des temps présents. À un moment à un autre, euh il y a un sentiment d'urgence. C'est la nécessité.
Et moi je pense que euh la source justement des engagements, au-delà de cette gratitude, c'est la mission, le devoir de chaque génération de transmettre à la génération suivante une France meilleure. On a tous un sentiment d'élection, je parle pas là des suffrages, mais du fait que vous vous êtes dit "Je suis à un endroit où je ne pensais jamais être." quand vous étiez au ministère de l'Intérieur, mettons, ou comme vous êtes maintenant candidat et parce que le "J'ai été poussé par une force qui est plus forte que moi." Totalement. Ah totalement. Totalement.
Et et mon parcours, alors quand je le dis, les gens me croient pas parce que les gens pensent qu'on est tous habités par une élection par une ambition euh terrible. Il faut avoir l'ambition, bien sûr. Mais tout mon parcours, si j'étais président de département, euh c'est dans des circonstances particulières. Président de région parce que il y avait pas vraiment, il fallait reprendre la région Pays de la Loire à à à la gauche. Euh je suis arrivé au ministère de l'Intérieur nommé euh notamment par Michel Barnier dans les conditions aussi que vous savez.
Mais mais aujourd'hui à un moment donné, on est euh on est né une période et l'histoire vous a placé à ce moment-là précis où la France est en train de s'effondrer. Et voyez, je me dis que chaque génération a eu à monter en ligne. La France a été construite au prix d'un labeur, au prix de la sueur voilà au front et et au prix du sang. Et je me dis aujourd'hui, en pensant à mon grand-père, mais aussi en pensant à mes petits-enfants, que notre rôle à nous, c'est de monter en première ligne. Voilà. Parce que je veux pouvoir regarder mes petits-enfants dans les yeux.
Je veux pouvoir convoquer euh justement les souvenirs de de mes grands-parents, de tous ces aïeux, de mon père euh en leur disant "Écoutez, je n'ai pas failli." Je n'ai pas failli et euh pouvoir pour vous est un devoir, c'est pas une jouissance, c'est pas un divertissement, c'est pas une fuite, c'est pas Alors, ce n'est certainement pas une fuite parce que j'ai la chance d'avoir un équilibre. Pascal dit que c'est une fuite. Euh Parce que je sais, bien sûr, bien sûr, ce n'est ni une fuite, ni une distraction. Euh ce n'est pas du tout une jouissance, même si je à Beauvau, j'ai adoré, c'était sans doute la meilleure année de ma vie.
Alors qu'on me disait "Mais Beauvau, c'est terrible, c'est l'enfer et cetera." Euh non, mais c'est c'est pas une jouissance au sens où on peut l'entendre, dans un sens très narcissique où beaucoup d'hommes et de femmes politiques peuvent Est-il vrai que vous êtes pas installé dans le grand appartement de Non, j'ai pas voulu l'habiter. J'ai pas voulu l'habiter, d'une part parce que c'était surdimensionné pour moi, encore une fois euh en plus j'étais célibataire géographique parce que ma femme a son métier exercer son métier et et moi je devais faire mon le mien si j'ose dire c'est pas tellement de la 16 mais mais quand je fais quelque chose je suis concentré.
Et j'aime pas être distrait par par autre chose et par ailleurs, j'ai une vie simple et j'aime la vie simple. Pour moi je enfin la vie mondaine ça ne me va pas du tout. Le pouvoir ça peut être aussi des douleurs et et des tourments dans votre livre vous écrivez une lettre à la jeune Philippine qui a été sauvagement assassiné et dont je crois il y avait la la photo dans votre bureau place Beauvau et que cette photo dans mon bureau elle vous a vous accompagne. On vit avec ces [grognement] ces douleurs et ces ces échecs que l'on endosse puisque c'est un échec de l'État.
Bien sûr bien sûr c'est sans doute ce qui est le plus dur parce que quand j'étais à Beauvau le plus dur a été de trouver la juste distance entre ce que j'ai appelé la chronique banale des faits abominables [grognement] et ce qu'on peut en ressentir et pour autant Philippine est assassiné la veille de mon nomination. Et quand j'arrive à Beauvau, je me dis malheureusement, il y aura d'autres meurtres. Il y aura des choses épouvantables mais je ne veux pas que ce ne soit que des statistiques.
Le sens de mon engagement fait que je ne dois pas perdre de vue que la force le droit doit protéger ses plus faibles et j'ai voulu être confronté à la douleur de la famille à la souffrance de la famille pour que cette souffrance imprime en moi une nécessité, la nécessité d'agir de bousculer les choses de faire en sorte que quand la règle ne protège pas la victime mais mais plutôt le bourreau ce qui s'est passé pour Philippine, et bien il y a un sentiment de révolte, vous ? Pour que cette révolte soit plus forte que les convenances, que l'acceptation de la routine parlementaire ordinaire, vous ? Ça c'est important.
C'est une tentative de l'homme de pouvoir ou de l'homme d'État de devenir indifférent à à ces drames. Je crois que Mitterrand disait de lui-même qu'il était un ultra de l'indifférence. C'est une pente que prend le l'homme qui gouverne. C'est pas seulement une pente, c'est que tout l'y pousse, tout l'y pousse. Parce que vous habitez un Palais de la République, vous avez des entourages, des officiers de sécurité, tout pousse à ce que vous soyez déconnecté, y compris déconnecté de votre propre vie intérieure. Parce que vous êtes toujours à l'extérieur de vous-même.
Mais bien sûr que c'est c'est pas seulement une pente, je dirais que souvent c'est malheureusement la condition de l'homme politique. C'est souvent la condition de l'homme politique et il faut la refuser catégoriquement. Et cette séparation d'avec le peuple que l'on est censé euh euh incarner ou en tout cas représenter, pour vous, elle vient ? Alors Bruno Le Maire par exemple dit que ce sont les Palais de la République et qu'il faudrait habiter dans des endroits plus modestes, mais il faut quand même une liturgie du pouvoir pour l'autorité. Euh si un ministre habite dans un deux pièces, il n'a pas la même le même prestige, je pense, pour les Français que s'il est Place Beauvau.
Comment vous vous vous jugez cette articulation entre la nécessité de la représentation et le danger euh de ? Ça c'est quelque chose c'est c'est c'est un un point. Claude Lefort, que vous connaissez, disait que la démocratie est un lieu vide, dépersonnalisé. Et c'est parfois dépersonnalisant. Euh encore une fois, j'ai expliqué les raisons pour lesquelles le le décorum faisait que vous étiez déconnecté, euh la voiture officielle, euh la prise en charge, voilà, on vous apporte des repas, vous voilà, c'est les les petits gestes de la vie quotidienne en réalité sont sont prises en charge. Mais surtout, vous êtes comment dirais-je, vous glissez dans une suractivité.
Et y compris dans une suractivité médiatique où tout ce qui est tout ce que vous dites d'ailleurs prend une résonance et cetera et et vous pouvez en réalité vous faire piéger à cette double existence. Il y a une forme de schizophrénie. Il y a l'homme public et et il y a l'homme privé, voyez. Et euh il faut il faut tâcher dans une vie publique, si vous voulez rester connecté avec les autres, d'être connecté déjà avec soi-même. C'est curieux ce que je dis, mais il faut d'abord être C'est pas se replier, mais il il il faut quand on est euh soi-même, on on on on peut euh continuer à avoir des liens avec les avec les gens, voilà. C'est c'est à partir de ça que on on peut avoir des liens.
Quand vous êtes cette espèce de robot politique, il là du coup, vous ne vous appartenez plus et et les liens sont des liens qui sont très distendus parce que pour être connecté, on parlait de Philippine tout à l'heure, il faut éprouver quelque chose quand même. Qu'est-ce qui pousse un homme ou une femme à ? C'est c'est aussi de l'ordre des émotions, c'est pas seulement de l'ordre de la conviction. C'est cette espèce de communion entre des êtres humains où vous n'acceptez pas cette fatalité, vous n'acceptez pas cette brutalité. Et vous allez vous mobiliser.
Et à ceux qui vont vous dire "Mais monsieur le ministre, c'est impossible, monsieur le ministre, c'est pas On ne le peut pas." Ben, vous allez justement euh rentrer en vous et surtout avoir ces éléments, cette ressource qui va vous permettre de dire "Écoutez, si vous êtes dans cette routine, moi je vais vous montrer C'est ça doit être possible. Et je vous demande de faire en sorte que ce soit possible." Et un chef peut être submergé par ses émotions ou ça lui est ? Comme c'est lui qui commande. Non, mais à commander commander, c'est quelque chose de très particulier.
Euh d'ailleurs mon année de commandement au service militaire m'a beaucoup servi curieusement mais mais commander euh c'est un exercice très particulier. J'ai adoré pour tout dire. [rires] Parce que Beauvau euh c'est d'abord un exercice de commandement. Euh vous êtes dans un ministère régalien, vous avez plus de 300000 personnes qui sont des préfets, des policiers, des gendarmes, des sapeurs-pompiers, des hommes et des femmes en uniforme. Bien. Qui se sont engagés pour un idéal. Les commander, je vais vous dire, c'est d'abord de leur rappeler l'idéal. Parce que au quotidien, ils sont blessés par ce qu'ils voient, par ce qu'ils souffrent.
Regardez ces derniers jours avec les policiers, les gendarmes mobiles et cetera. Donc il y a du découragement. Euh le poids, l'asphyxie des procédures. Donc tout ce poids en réalité du quotidien peut étouffer la flamme qui a fait qu'un jour vous avez voulu devenir policier, gendarme, préfet. Et bien commander ces hommes-là, c'est d'abord redonner du sens à leur métier. Et je pense que plus c'est difficile, plus vous êtes étouffé par les contingences notamment procédurales. Vous voyez un peu les les pauvres gendarmes, policiers, les procédures pour ça qu'ils sont de moins en moins sur le terrain et de plus en plus derrière un ordinateur.
Et ben justement, il faut il faut réveiller cette flamme qui est capable et quand on a une foi, un idéal, alors là on est capable de déplacer les montagnes. C'est ça d'abord le rôle du chef. C'est ça. À part et aussi la clarté évidemment dans les instructions que vous allez donner à ceux que vous commandez. Faut en être digne aussi. Le chef peut avoir une vie intérieure comme tout être humain. On va en parler, je sais que vous êtes pudique et que vous n'aimez pas ça. Mais on va en parler un tout petit peu. Est-ce que vous êtes un homme de méditation, un homme de ? Écoutez, je suis je suis pas un homme de méditation. Je suis plutôt un homme d'action.
Euh et euh mais je pense que dans l'action, il peut y avoir une forme de de de prière au moins. Euh je je viens moi euh d'un catholicisme rural qui est en train de s'éteindre. Le fameux nouveau catholicisme, ces nouvelles vocations, ces nouveaux baptêmes, en réalité, il y a une inversion, hein. Jadis, les vocations, c'était les campagnes, familles nombreuses, très modestes. Aujourd'hui, c'est euh d'autres catégories socio-professionnelles, les villes et cetera.
Mais je suis Ce qui m'a modelé très largement, c'est ce catholicisme rural, très attaché à un lieu à un lieu, euh à une communauté, à des rythmes, les rythmes qui étaient les grandes fêtes, y compris, je me souviens, la Fête-Dieu, les reposoirs, on allait enfants cueillir les marguerites, les digitales et on tapissait, on faisait des des tableaux extraordinaires sur sur les routes qui et et chaque quartier faisait son son son reposoir et cetera. Euh et donc le temps, la communauté était rythmée, si j'ose dire, bien sûr par les saisons, mais dans les saisons, vous aviez toutes ces grandes fêtes religieuses. Avec le rôle du du curé de la paroisse, qu'on ne devait pas critiquer.
Et donc de ma famille, j'ai appris c'est devenu la mode de beaucoup critiquer euh bah ceux et ceux ceux qui pardon qui s'engagent dans dans une vie, pour moi, je suis très admiratif. Mais on ne critiquait pas euh le le le curé de de la paroisse. Mais voilà, donc je je suis bien sûr qu'il faut prier, mais c'est Il faut rentrer dans ou des femmes qui se retirent à 20 ans, 25 ans pour prier toute une vie dans un monastère, euh ça vous impressionne, ça vous ? Ça Ça vous ? À la fois, ça m'attire, mais je sais que ça n'est pas ma vocation. Ça n'est n'est ma vocation. Ça n'est pas ma vocation du tout.
Euh vous savez un homme politique, ce qui est difficile, c'est de conjuguer justement ce temps, l'action qui vous mange tout entier, et et en même temps cette il faut rentrer en soi-même quoi. Il faut rentrer en soi-même pour trouver d'autres présences que soi. Et ça ça exige ça exige un retrait, ça exige une forme d'ascèse non pas au sens où on l'entend, mais une forme de une forme de dépouillement, une forme de dépouillement. Mais mais du coup voyez, pour moi c'est plutôt certains peuvent dire "Ah oui, c'est génial, il a la foi, il y a des certitudes." Non, c'est plutôt pour moi une une écharde dans mon flanc.
Voilà, une écharde dans la mesure où on on on a connaissance de sa finitude, de ses imperfections, de ses faiblesses. Et l'idéal est tellement tellement élevé que on se dit "Il est loin de moi." On mesure l'écart entre soi et cet idéal. Donc curieusement, je le dis très simplement, euh ça incite plutôt à une forme d'humilité, de modestie, vous voyez. Et je pense que le monde ne s'arrête pas au monde visible. Il y a le monde visible et il y a le monde invisible.
Je suis très impressionné par la phrase d'Einstein qui avait dit un jour "Ce qui est incompréhensible dans l'univers, c'est qu'il soit compréhensible." C'est que en réalité, sa construction euh se présente dans un ordre que l'homme peut décrypter. Que l'univers soit intelligible à notre esprit humain, c'est quand même quelque chose de mystérieux. Et il avait dit un jour finalement plus plus je progresse dans mes recherches, plus je pense que plus il y a ce doute qui l'habitait. Plus il y a ce doute qui l'habitait. Le doute et et le mystère dont vous parliez. Il va falloir qu'on conclue Bruno Retailleau, il y a une question rituelle que je vais vous poser.
Euh si le jeune garçon de 10 ans qui courait la campagne attraper les oiseaux et se baigner dans les rivières venez à croiser l'homme que vous êtes devenu ancien ministre de l'Intérieur président du parti les Républicains candidat à la présidence de la République qu'est-ce qu'il lui dirait ce jeune Je pense qu'il n'en reviendrait pas du fait que j'ai eu ces responsabilités. Je pense qu'il serait très surpris. Il serait ? Mais je pense que il pourrait dire écoute tu as combattu les bons combats. [musique] Tu as assumé ta ligne et tu as tenu ta ligne comme nos pères [musique] et nos grands-parents. Merci Bruno Retailleau. Merci.