Sandrine Rousseau, députée "Europe Écologie Les Verts" de Paris et membre de la Nupes - 30/10
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Sandrine Rousseau est notre invitée ce midi, soyez la bienvenue Madame Rousseau. Il y a des manifestations dans les Deux-Sèvres, sur la commune de Sainte-Soline, protestations contre un projet de bassines d'eau, en fait elles servent à irriguer les champs, des bassines qui puisent en fait dans les nappes phréatiques, pour ensuite être reversées dans les cultures qui se trouvent juste à côté. Vous étiez sur place hier, pourquoi ?
Pour soutenir la contestation contre les bassines, contre ce projet de méga-bassines, c'est un projet qui a lieu dans les Deux-Sèvres, mais qui a lieu un peu partout en France, de faire des retenues d'eau, parce qu'on est en période de sécheresse. Ces retenues d'eau accaparent en fait une ressource qui est très précieuse pour tout le monde, et elle accaparent pour quelques-uns. En l'occurrence, là, il y a 2000 agriculteurs sur le territoire concernés par les bassines, et il n'y en a que 100 qui vont bénéficier des bassines, ce qui signifie qu'il y a moins de 5% des agriculteurs qui accaparent l'eau.
Et en fait, dans ces bassines, l'eau s'évapore, donc en fait elle ne va pas dans les nappes phréatiques, elle n'alimente plus les nappes phréatiques, et derrière elle s'évapore, parce que ce sont des bassines à ciel ouvert, et c'est grave en fait de faire ça en période de sécheresse. Là, on n'a pas assez d'eau, le département des Deux-Sèvres est très mal alimenté en eau potable, et donc c'est un projet qui est grave.
C'est pour ça que vous étiez là-bas. Sandrine, il y a eu plus de 60 gendarmes blessés, une manifestation, il faut le rappeler, qui était interdite. Est-ce que c'est le rôle d'une élue de la République de se rendre sur place quand une manifestation est comme ça interdite, que tous les recours intentés par les organisateurs de cette manifestation ont été rejetés ? Est-ce que c'était votre place ?
Qui interdit cette manifestation et pourquoi ? Là, on a eu un déploiement de policiers qui était extrêmement important, 1700 policiers. Plus de 60 gendarmes blessés ? Oui, oui, et je ne cautionne en rien, évidemment, les gendarmes blessés et je leur apporte même le soutien. Mais il y a aussi des manifestants qui ont été blessés, je leur apporte aussi le soutien. Et par ailleurs, là, on est quand même sur un projet qui est d'utilité publique, c'est-à-dire que cette manifestation, elle avait pour objectif de remettre dans le bien commun ce qui est commun, c'est-à-dire l'eau est un bien absolument essentiel, nécessaire. Pourquoi envoyer 1700 gendarmes pour protéger un accaparement de l'eau ?
Parce qu'il y avait des informations sur la possibilité que des black blocs soient présents, que cette manifestation devienne violente. Au fond, c'est un peu une sorte d'inversion de la charge de la responsabilité, de dire que c'est parce qu'il y avait un dispositif policier important, qu'il y a eu des violences, qu'il y a eu des tirs de mortier, qu'il y a des boules de pétanque qui ont été jetées sur les forces de l'ordre.
Non, mais vous ne faites pas de boules de pétanque sur les forces de l'ordre, enfin voilà, il n'y a pas de sujet là-dessus. C'est ce qui s'est passé. Oui, je le dis, on ne le fait pas. Après, il y a eu des épisodes de manifestations violentes dans d'autres pays, et en fait, la manière dont on maintient la paix joue un rôle dans l'exacerbation des violences ou pas. On l'a vu avec les Gilets jaunes, on le voit là avec les manifestations des écologistes. En fait, il y a eu des tirs de LBD. Je rappelle quand même que le LBD peut blesser au point de perdre un oeil, et on l'a vu dans les manifestations des Gilets jaunes.
Pourquoi un tel déploiement de police pour juste une manifestation écologiste demandant à ce qu'il y ait de l'eau partagée pour tout le monde ?
Ce que vous dites, Mme Rousseau-Benzemin, c'est que c'est une manifestation qui est interdite et qu'il y a eu des recours faits par ceux qui souhaitaient manifester. Tous les recours ont été repoussés par la justice. Donc en gros, est-ce que vous, élue de la République, que vous ne soutenez pas une désobéissance civique en vous rendant là-bas ?
Moi, je soutiens une désobéissance sans violence, surtout quand il s'agit d'écologie. On a passé un été qui est un été absolument épouvantable, où il y a eu des feux, des sécheresses. Il y a eu 117 villages qui ont été alimentés en eau potable par des camions de citernes. On est de nouveau, dans le mois d'octobre, dans une situation absolument critique. On est dans les températures les plus hautes qui n'aient jamais été vues. J'étais la semaine dernière à la Clusa pour soutenir les opposants à un projet de retenue collinaire qui est très proche des bassines qu'on voit dans les Deux-Sèvres. Vous souhaitez que ça devienne une ZAD ? Là, je pense que ça va le devenir. C'est une zone à défendre.
C'est une zone à défendre.
Vous pensez que ça va devenir une ZAD ?
Oui, je pense. Et ce serait une bonne chose, selon vous ? Je pense qu'il est bien qu'il y ait des militants qui occupent les terrains. Là, en l'occurrence, c'est un terrain privé. Donc, ils sont avec l'accord de la personne qui détient ce terrain pour signifier que ces projets-là nous envoient dans le mur. Et qu'en fait, ils nous mettent tous et toutes en danger. Tous et toutes en danger. Là, l'eau devient un bien tellement précieux qu'il n'y en a aucun de ces manifestants qui cherche un bien privé là-dedans. Il n'y en a aucun de ces manifestants qui va gagner un seul euro de profit ou de bénéfice parce qu'ils auront fait ces actions. Au contraire, ils défendent le bien commun.
Ils défendent ce qui est absolument essentiel à la vie. Ils défendent l'idée que là, nous ne pouvons plus continuer ce système qui est un système libéral, capitaliste, qui nous envoie dans le mur. On atteint les limites de la planète. C'est ça qu'ils disent. Et moi, je dis, ils ont raison de le dire. Nous sommes à la limite de notre système. Nous ne pouvons plus agir comme ça.
Madame Rousseau, les limites du consensus dans cette lutte. Vous étiez sur place. Yannick Jadot était sur place également hier. Voilà ce qu'il a trouvé. On va vous montrer la séquence en rentrant à sa voiture de location. Ah, des deux côtés en plus.
Revure. Est-ce que tu as marqué ? Oui, je ne sais pas. Je ne sais pas ma voiture, mais c'est un peu... Voilà. Vous savez, ceux qui jouent la division en permanence, à un moment donné, ça ne gagne rien.
Pour Nelson Jetten, image de Margot Vizade. Votre réaction à ça ? On le sent choqué un peu, Yannick Jadot.
Oui, je pense que ça ne fait pas tellement avancer le débat d'écrire crevure sur une voiture. Mais ceci dit, je pense aussi qu'il faut que Yannick Jadot entende que là, on a besoin d'aller dans une écologie qui soit une écologie, de retrouver l'écologie de combat qui a été l'écologie pendant des années.
Ceux qui jouent la division en permanence, ils vous parlent à vous, Sandra Nossau.
Alors, ce n'est pas moi qui ai écrit crevure sur la voiture.
Ça tombe bien, parce que ce n'est pas le sens de ma question. Je parle de son propos.
Oui, oui, non, mais bon. Et par ailleurs, je pense qu'aujourd'hui, il y a une question qui est comment on porte haut et fort les valeurs de l'écologie ? Comment on porte haut et fort l'idée qu'il nous faut préserver les biens communs ? Comment on porte haut et fort l'idée que le système dans lequel nous sommes n'est plus possible aujourd'hui ?
Au fond, vous dites, Yannick Jadot paye une absence de radicalité quand sa voiture se fait taguer comme cela ?
Non, je pense qu'il paye. La manière dont il présente l'écologie interroge et interroge des manifestants qui, eux, s'engagent pleinement dans ces luttes-là, oui.
Le gouvernement a réagi à ce qui s'est passé hier, et notamment le ministre de l'Agriculture, Marc Fennot, qui dit qu'il dénonce la violence d'une partie des manifestants. Et il dit aussi que les organisateurs ont une responsabilité puisque quand on maintient, selon lui, une manifestation interdite, ça incite des manifestants violents à participer. Quelle est votre réaction ?
C'est trop facile comme argumentation. Dans ces cas-là, ils interdisent toutes les manifestations écologiques. Toutes les manifestations visant des questions environnementales. Ils les interdisent toutes. C'est quand même beaucoup le cas. C'est quand même beaucoup le cas. Je rappelle quand même qu'il y a des militants écolos qui ont été assignés à résidence. Je rappelle qu'à Bure, dans la lutte qui est là-bas pour défendre la protection de la forêt contre un projet d'enfouissement des déchets nucléaires, les militants sont surveillés par la police de manière permanente. Quand il y a eu des ministres d'extrême droite dans la rue, il n'y avait pas un policier en face.
À un moment, moi je pose la question, qu'est-ce qu'on protège ?
Qu'est-ce que vous laissez entendre ? Quand il y a des manifestations d'extrême droite, qu'elles soient autorisées ou interdites, il y a des policiers.
Quand il y a eu des ministres d'extrême droite la semaine dernière dans les rues de Lyon, de Rennes et d'ailleurs, il n'y avait pas un policier autour. Ce que je veux juste dire, c'est que là, les manifestations écologistes ne visent qu'une seule chose, c'est le bien commun. C'est le bien commun et c'est la préservation de la planète, c'est-à-dire de notre espace de vie. Aujourd'hui, nous devons le protéger. Dans cinq ou dix ans, nous nous interrogerons sur pourquoi nous avons mis tant de temps à agir.
Sur la façon d'agir, Mme Rousseau, nouvelle action spectaculaire aux États-Unis. Il y a deux militants d'antan qui s'est collé le crâne sur la jeune fille à la perle de Vermeer. Ils ont jeté de la soupe sur cette toile. La ministre de la Culture vous a demandé dans l'hémicycle de ne pas, je la cite, inciter des activistes à balancer de la purée et de la soupe sur les œuvres d'art. Je rappelle que vous aviez jugé, vous sur Twitter, que ces actions étaient intéressantes. C'est le mot que vous aviez utilisé. Vous le pensez toujours ? Et qu'est-ce que vous répondez à la ministre de la Culture ?
Je pense que les actions contre des œuvres d'art ou interrogeant des œuvres d'art sont nombreuses. En fait, dans l'histoire militante et activiste, je rappelle par exemple que les suffragettes ont tailladé la Vénus de Velázquez, par exemple, pour demander juste le droit de vote, ce qui aujourd'hui quand même paraît absolument indispensable. Là, ils avaient agi alors qu'ils savaient qu'il y avait une vitre. Ils n'auraient pas agi s'il n'y avait pas eu de vitre, donc il n'y a pas de dégradation d'œuvres d'art. Après, c'est quelque chose qui interroge. On considère qu'une œuvre d'art est quelque chose d'un bien collectif précieux, quelque chose de très important pour l'humanité.
La planète est un bien collectif précieux et très important pour l'humanité. Et ce qu'ils ont manifesté, ces jeunes qui font ces actions, ils ont manifesté tous les vendredis l'année dernière et il y a deux ans. Tous les vendredis, ils manifestaient pacifiquement, le plus pacifiquement du monde. Ils ont essayé de prendre la parole dans le public, notamment via Greta Thunberg, etc. Là, ils tentent d'autres actions. La question qu'ils posent, et c'est la question que je pose aussi, c'est comment on fait pour prendre conscience de la gravité de la situation ? Comment on fait aujourd'hui ?
Tout le système nous renvoie, nous les militants écologistes, à une forme d'irresponsabilité, à une forme de condescendance, nous disant qu'on va trop loin que la radicalité.
Mais Mme Bouteau, à quel moment ça convainc ? Attendez juste, à quel moment vous pensez que jeter de la soupe, de la pomme de terre, s'accrocher le front ou un point permet de convaincre une seule personne du bien fondé, du combat écologique ? Pourquoi opposer l'art ? Pourquoi des œuvres d'art ? J'en avais José Bové qui allait faucher des OGM, en quoi ça fait avancer le combat écolo ?
Quand José Bové allait faucher les OGM et quand il démontait un McDon, il disait en quoi ça fait avancer le combat écolo ? C'est exactement la question qu'on lui posait. Mais l'art, parce que c'est quelque chose auquel on tient, auquel on tient plus que tout. Les tournesols de Van Gogh, c'est une des œuvres d'art les plus importantes et majeures de l'humanité.
Justement, ce que vous permet d'avoir d'art majeur, Mme Rousseau, si demain un jeune militant venait vous voir en disant « Moi j'ai le projet de jeter de la sauce tomate sur la Joconde pour alerter sur le dérèglement climatique », vous lui diriez quoi à ce jeune, très concrètement ?
Mais moi je ne le ferai pas et moi je ne l'encouragerai pas à le faire. Mais maintenant qu'ils le font, je pense qu'il faut entendre le message qu'il y a derrière. Et à force d'avoir des espèces d'indignation sur la méthode, on ne se pose pas la question du fond. Et la question du fond aujourd'hui est centrale.
Justement le fond, 30 degrés cette semaine, le mois d'octobre le plus chaud de l'histoire en France. Quand est-ce qu'on regardera les films de Noël avec les fenêtres ouvertes ?
Eh bien très prochainement. En fait, le problème que l'on a, c'est que là on est à plus 1,1 ou plus 1,2 degrés d'augmentation des températures. C'est ça la situation aujourd'hui. On est entre plus 1,1 et plus 1,2 degrés. Là, tous les rapports scientifiques, tous les rapports scientifiques disent qu'on ne pourra plus atteindre les 1,5 degrés. C'est-à-dire que quoi qu'il se passe, quoi qu'il se passe aujourd'hui, de toute façon, nous prenons plus 50% quasiment d'augmentation des températures. Ça veut donc dire que l'été que nous avons vécu là n'est que le prélude de quelque chose d'encore plus grave. Quand est-ce qu'on réagit ? Quand est-ce qu'on se bouge ?
Quand est-ce qu'on pense que le plus important n'est pas de garder notre voiture, mais de garder notre planète ? Quand est-ce qu'on pense que le plus important, c'est de préserver la vie de nos enfants plutôt que de mettre de l'eau dans des piscines artificielles qui s'évaporent parce qu'elles sont préservées à ciel ouvert, alors que la planète a prévu des nappes phréatiques qui protègent l'eau de manière la plus efficace qui soit ? Quand est-ce qu'on réagit ? Comment on fait pour faire réagir les gens ?
Comment est-ce que l'on fait ? Parce que vous, vous êtes responsable politique, vous aspirez à des responsabilités, j'imagine, encore supérieures. Comment est-ce que l'on fait ? Parce qu'il y a un cadre, il y a des lois, vous les votez vous-même, vous en proposez, vous les amendez. On ne peut pas changer radicalement de système de société en un claquement de doigts.
Il va falloir le faire. Il va falloir réussir à le faire. Oui, mais quand on passe des lois, moi je suis très malheureuse, je vais vous dire depuis que je suis à l'Assemblée nationale, parce que l'ensemble des lois qui est passée, précisément, ne bouge rien du système dans lequel nous sommes. Nous avons passé une loi pouvoir d'achat au mois de juillet, fin juillet, début août. Cette loi pouvoir d'achat prévoyait la création d'un terminal méthanier au Havre et la réouverture des centrales à charbon. Nous votions... Non, mais attendez...
Non, mais juste expliquez, soyons un tout petit peu honnêtes, pour éviter qu'il y ait des coupures d'électricité pendant l'hiver.
Je reviens, je reviens là-dessus. Nous votions la réouverture des centrales à charbon au moment même où arrivait à l'Assemblée nationale le nuage de fumée des incendies de Bordeaux. Nous avions la gorge qui grattions, nous avions les yeux qui brûlions, et nous votions, pas nous, mais la majorité votait l'ouverture des centrales à charbon. Que faut-il pour bouger ? Que faut-il ? Encore une fois, moi je vous dis, aujourd'hui je ne sais plus comment faire. Je ne sais plus comment on fait. Là, on a quelques mois pour réagir.
C'est-à-dire quoi ? Pour dire les choses concrètement, les institutions dans lesquelles la politique, la vie des Français est gérée aujourd'hui, ça ne marche plus ?
C'est ça que vous dites ? Ce n'est pas ça, c'est qu'Emmanuel Macron est climato-sceptique, que son gouvernement aujourd'hui est climato-sceptique. Aujourd'hui, il ne perçoit pas.
Vous auriez plus de moyens de vous penser dans ce cadre ? Vous pourriez faire bouger les choses de la même façon ?
Mais bien sûr, aujourd'hui nous n'avons pas de plan de sobriété. Le seul plan de sobriété, ça consiste à éteindre les lumières des stades une demi-heure plus tôt.
19 degrés, c'est la bonne température. Beaucoup de gens ne le savaient pas. C'est rappelé plein de choses aux gens, Mme Rousseau. Pour vous, c'est une évidence.
Oui, c'est mettre des polaires.
Non, mais il y a plein de gens qui ne savaient pas que 19 degrés...
Non, mais il faut des mesures concrètes. Il faut absolument faire en sorte qu'on ne dépense plus de gaz et d'électricité dans nos logements, c'est-à-dire qu'on isole nos logements. Aujourd'hui, le plan de MaPrimeRénov' ne permet pas de faire des rénovations de bâtiments qui soient suffisamment efficaces, petit 1, petit 2 ne le fait pas suffisamment vite. Il nous faudra plusieurs centaines d'années pour juste éliminer les passoires thermiques au rythme de MaPrimeRénov'. Il y a des primes pour diminuer le prix de l'essence. Il n'y a rien sur les infrastructures ferroviaires et sur les transports en commun. Donc, en fait, on s'enferme dans toujours le même modèle de société.
Vous parlez d'Emmanuel Macron. Macron a dit qu'il fallait qu'on consomme, qu'il fallait que la croissance progresse. Aujourd'hui, il faut diminuer notre consommation particulièrement. Vous parlez de bien.
On crête. Dans quelques semaines, il va arriver à l'Assemblée un texte sur les énergies renouvelables. Est-ce que vous le voteriez ? C'est un texte du gouvernement.
Alors, aujourd'hui, nous n'avons pas encore le détail du texte et nous ne savons pas quels amendements seront acceptés ou pas.
Vous l'avez vu au Sénat. Le texte, en ce moment, il est en commission. Oui, et le Sénat a fait des amendements. Le texte va revenir à l'Assemblée. Le Sénat a fait des amendements
qui diminuent la portée de ce texte en matière d'énergie renouvelable.
J'aurais été LR au Sénat. Ce qui ne convient pas au gouvernement, d'ailleurs. C'est-à-dire un certain nombre de modifications qui ont été faites.
Donc, la question qui va être posée au gouvernement, c'est quelle est votre sincérité dans le fait de développer les énergies renouvelables ? Et ça, nous le verrons dans l'hémicycle. Donc, je ne peux pas vous dire aujourd'hui si on votera un texte ou pas, sachant que nous ne savons pas quels amendements seront acceptés ou repoussés. À quelles conditions vous le voteriez ? Quels amendements vous souhaiteriez dans ce texte pour pouvoir le voter ? Eh bien, que les énergies renouvelables deviennent la pierre angulaire de notre transition énergétique. La pierre angulaire. C'est-à-dire que, véritablement, ça nous permet de sortir de notre dépendance aux énergies fossiles.
Et cela, ça passe par une volonté réelle et importante d'accélérer la transition vers les énergies renouvelables.
Pour être concret, pour les gens qui nous regardent, Madame Rousseau, ça veut dire quoi ? Est-ce que ça veut dire, par exemple, qu'on monte des éoliennes, plus ? Ou on en met en offshore ? Ou on distribue des panneaux solaires ? Enfin, des choses très... Pour que les gens se visualisent.
Ça veut dire qu'on installe du photovoltaïque partout où c'est possible d'installer du photovoltaïque. Ça veut dire qu'on développe les éoliennes. Ça veut dire qu'on développe toutes les énergies renouvelables. C'est exactement ce qu'il y a dans le projet de loi, Madame Rousseau.
Libérer du foncier pour le photovoltaïque. Faciliter l'implantation d'éoliennes. Éoliennes terrestres, éoliennes offshore. Comment est-ce qu'on peut même imaginer que le groupe écologiste à l'Assemblée, compte tenu du diagnostic si sombre que vous venez de faire sur l'avenir, puisse ne pas voter cette loi, même si, selon vous, elle ne va pas assez loin ? Vous comprenez que là, il y a une sorte de prudence qu'on ne comprend pas.
Vous comprenez aussi que je ne peux pas vous dire une position de vote avant que le texte ait été étudié. Non, mais vous, à titre personnel, vous pourriez nous dire... Ce que je peux vous dire, c'est que là, les amendements LR qui ont été acceptés dans le texte par le Sénat réduisent, par exemple, de manière drastique, la capacité à installer... Implanter des éoliennes. Voilà. Vous avez raison.
Mais si on met de côté ces amendements LR, sur le texte du gouvernement...
Non, mais sur le texte de soutien aux énergies renouvelables, il y a un a priori favorable. D'accord. Un a priori. Oui, mais sur un texte pouvoir d'achat, on a réouvert des centrales à charbon, je le redis, sur un texte pouvoir d'achat. Qu'est-ce qu'il va y avoir à la fin de ce texte sur les énergies renouvelables ? Permettez que j'ai une petite prudence, compte tenu de l'absence de perspective écologiste qui est développée par Emmanuel Macron dans l'ensemble de ses discours et par l'absence de perspective écologique qui est développée par Elisabeth Borne dans l'ensemble de ses discours.
Au sujet de l'écologie et des déplacements, alors on est en pleine crise d'essence, on est en train d'en sortir petit à petit. Du coup, le gouvernement, et depuis un moment, pousse pour l'électrique.
Oui, et mercredi soir, ça a pu étonner peut-être les tweetos qui vous suivent. Vous avez tweeté dans la foulée de l'intervention du président de la République que la voiture électrique n'est pas écolo, vous le disiez, alors qu'Emmanuel Macron vantait ce tournant industriel. Si l'électrique, ce n'est pas écolo, le thermique, évidemment, ça ne l'est pas non plus. C'est quoi l'alternative pour ceux, notamment, qui vivent dans les zones rurales et qui n'ont pas accès aux transports en commun ?
La voiture n'est pas écologique, quelle que soit la manière dont elle avance.
Même électrique ?
Même électrique. Une voiture qui a besoin d'une batterie de plusieurs centaines de kilos, ça n'est pas possible, en fait.
Du coup, on fait quoi ?
Ça n'est pas possible. Ce qu'on fait, c'est qu'on développe les transports en commun et surtout qu'on réduit la mobilité. C'est-à-dire qu'en fait, on fasse en sorte que les personnes aient moins besoin de se mouvoir et qu'on développe des solutions de très court terme et de très petite distance. De localisme. Exactement. Il faut revenir à une forme de localisme. Il faut revenir à une forme d'économie des territoires qui soient très autonomes. Pour mouvoir les personnes âgées,
pour aller emmener sa mère ou son père âgé dans un hôpital, dans un EHPAD, pour aller chercher des enfants en bas âge. Vous voyez bien qu'il y a forcément des situations de la vie du quotidien qui ne peuvent pas se résoudre seulement en disant qu'il faut faire du localisme et des transports en commun.
Non mais, quand on n'aura plus de transports en voiture que pour aller chercher les personnes âgées, je vais vous dire, on aura beaucoup moins de problèmes, en vérité. Aujourd'hui, il y a une part très importante des trajets qui sont faits pour parcourir des distances de moins de 3 km. En ville. Oui, mais ces trajets-là, par exemple, on pourrait très bien les réduire assez facilement. On pourrait trouver d'autres formes de mobilité. Et encore une fois, ça pose la question. Parce que là, quand on prend le problème comme ça, en disant, oui, mais on a absolument besoin de la voiture, ça évite deux questions.
La première, c'est qu'est-ce qu'on fait comme action publique pour ne plus dépendre de la voiture ? C'est-à-dire comment on investit dans des transports en commun ? Une question sur le métro parisien. Et attendez, la seconde chose, c'est que quand on pose la question comme ça, on se dit, je préfère, j'ai peur de perdre ma voiture, donc je préfère qu'on garde ma voiture plutôt qu'on prenne des mesures écologiques importantes. Aujourd'hui,
nous n'avons plus le choix. Vous dites, il faut développer les transports en commun. Et en ce moment, dans le métro parisien, justement, à cause d'une offre réduite par mesure d'économie, le métro est saturé. Est-ce que ce n'est pas paradoxal dans la période ? Bien sûr que c'est paradoxal. Est-ce que ce n'est pas de nature à décourager les gens d'utiliser les transports publics ?
Bien sûr que c'est paradoxal. Et bien sûr que c'est insupportable d'avoir des mesures à rebours de ce qu'il conviendrait de faire aujourd'hui. Et c'est ce que je vous disais sur le fait que la colère monte, parce qu'on voit bien que parmi les décideurs, parmi les grands élus, il n'y a pas de prise de conscience de l'enjeu écologique et de l'enjeu de changer, par exemple, de mobilité. Pourquoi Valérie Pécresse, à la tête de la région Île-de-France, revoit-elle l'offre de transport ? Pourquoi aujourd'hui on a moins de métros alors qu'au contraire nous devrions en avoir plus et de meilleure qualité ?
Moi qui fréquente les métros et qui même essaye de prendre le vélo, et à Paris, je vous assure que ce n'est pas quelque chose de complètement simple, eh bien là, on est à la limite de ce qui est acceptable. On est dans des conditions de transport qui sont à la limite de l'acceptable.
On revient dans un instant pour la suite de BFM Politique en direct sur BFM TVS. La suite de BFM Politique en direct sur BFM TV en compagnie de Sandrine Rousseau ce dimanche. Madame Rousseau, trois photos vont apparaître derrière moi. Derrière chacune de ces photos, il y a une question, vous allez pouvoir en choisir deux. Vous allez voir les visages de Marina Foyce, d'Elon Musk et de Justine. Quelle photo choisissez-vous ?
Elon Musk.
Elon Musk, homme le plus riche du monde qui a racheté Twitter. Vous avez réagi en tweetant « extension du domaine de la lutte ». Pourquoi ?
Double titre, parce que je pense qu'il achète Elon Musk précisément parce qu'il a un projet politique derrière et qu'il ne s'en cache pas.
De quel ordre ?
Quand il dit qu'il va remettre des tweets, des comptes qui ont été bannis, tout le monde soupçonne qu'il parle de Trump. il a dit qu'il y avait trop de modération sur Twitter et je suis assez bien placée pour voir qu'il n'y en a pas tant que ça de la modération et qu'en l'occurrence, c'est plutôt un lieu où se déchaînent les passions et les passions les plus mauvaises par ailleurs. Et donc là, on voit qu'il y a des milliardaires qui ont eu un projet. On le voit avec Bolloré sur tout ce qui est le domaine des médias. On le voit avec Elon Musk sur tout ce qui est réseaux sociaux. On l'a vu avec Facebook et comment ils s'appellent ?
Zuckerberg qui a dû rendre compte devant le Sénat américain de ses pratiques durant la présidentielle de Donald Trump. Ces gens ont un projet politique. C'est un projet politique qui consiste à garder et à conserver leurs intérêts, leurs intérêts, à augmenter leurs richesses et à faire en sorte qu'on ne perturbe pas, qu'on ne critique pas le libéralisme dont ils ont été les grands gagnants. Eh bien, je le dis, donc extension du domaine de la lutte pour lui, extension du domaine de la lutte pour nous qui allons continuer sur ce réseau-là précisément à mener cette lutte parce qu'elle est d'intérêt public.
Il nous reste deux photos, deux visages, celui de Marina Feuys et celui de Justine.
Écoutez, Justine, c'est terrible. C'est terrible et ces meurtres de femmes, elle a été a priori violée avant d'être tuée. Voilà, je pense qu'aujourd'hui, on a quelque chose à revoir de l'ordre de la... C'est la photo
que vous choisissez ?
Je ne sais pas parce que j'ai envie de choisir Marina Feuys parce que c'est des fois qu'il y aurait un scoop derrière et que je ne connaîtrai pas. Je voudrais juste avoir une pensée pour les proches de Justine parce que c'est horrible et que la violence masculine est quand même un sujet, je tiens à le dire. Voilà, donc Marina Feuys.
On peut faire une entorse à la règle exceptionnellement. La question qui se cachait derrière la photo de cette jeune femme qui a donc été tuée, elle était assez simple en fait. Est-ce que les femmes sont en sécurité nulle part en France ?
Oui, les femmes subissent des violences partout depuis leur domicile jusque dans les espaces publics et c'est un sujet. C'est un énorme sujet. Et j'en ai marre qu'à chaque fois que je parle de violences que subissent les femmes, on me renvoie à une forme d'exagération ou à une forme de décrédibilisation. Cette femme a été tuée en raison de la violence qu'a exercée un homme sur elle et aujourd'hui, on ne peut plus tolérer ça. Ça n'est vraiment pas possible. Et cette femme en plus, avant d'avoir été tuée, manifestement a été violée. C'est-à-dire que le viol est une arme de destruction des femmes.
Il faut le comprendre, ça n'est pas une incompréhension en soirée, c'est une arme de destruction, une arme de prise de pouvoir.
L'enquête ne l'a pas établie, je suis obligée de le préciser.
D'accord, mais il y a un soupçon, c'est ce que j'ai dit. Le viol est une prise de pouvoir des hommes sur les femmes et ça renvoie derrière à quelle société de respect nous voulons. Et ça, évidemment, c'est la face la plus sombre de cette domination. Mais malheureusement, elle a plein d'autres visages partout dans la société.
C'est très clair, c'est entendu. Je sens que vous aviez aussi très envie de voir la question derrière, Marina.
J'espère qu'elle est légère.
Peut-être allez-vous être déçus. La comédienne va jouer dans une série de Jean-Pascal Zaddy qui s'appelle En place, une responsable politique éco-féministe. Elle s'appelle Corinne Douanier. Son slogan « Envers et contre tous pour des femmes vivantes, libres et combatives ». C'est vous, Corinne Douanier ?
Je ne sais pas parce que je n'ai rien vu. On a un petit jeu de mots,
Douanier Rousseau.
Voilà, qui est un peintre et peut-être qu'une de ses œuvres va être la cible d'un activiste prochainement. Parce que là, Marina Foyce, je ne sais rien de cette série. Je sais juste qu'il y a un membre de l'équipe qui est venu me suivre plusieurs fois durant la primaire pour trouver une forme d'inspiration. Je crains. J'avoue que je crains un peu les choses. J'adore Marina Foyce. J'adore Jean-Pascal Zaddy. Et vraiment, je compte sur vous. Vous n'avez pas du tout été contacté par l'auteur de la série. J'aimerais beaucoup pouvoir assister à la première. C'est un petit message que j'envoie à Jean-Pascal Zaddy.
Le message est passé. Madame Rousseau, reporter livre une longue enquête très dense, très longue, dans laquelle plusieurs anciennes campagnes de Julien Bayou témoignent. Elle livre un portrait très très dur de l'homme politique. Est-ce que cette enquête est conforme au témoignage que vous aviez recueilli ou est-ce que vous avez appris des choses ?
Moi, je n'avais recueilli le témoignage que d'une seule des personnes qui ont parlé. Donc, j'ignorais le témoignage des autres. Mais ceci dit, oui, c'est conforme à ce que j'avais entendu de ce témoignage.
Est-ce que, selon vous, les témoignages de cet article, ce qu'on apprend notamment pour ceux qui ne l'ont pas forcément lu, sur l'infidélité de Julien Bayou, rappelons-le, rien de pénalement répréhensible, est-ce que ça doit avoir un impact supplémentaire sur la vie publique de Julien Bayou ? Ou est-ce qu'au fond, vous avez, comme d'autres, été un petit peu gêné par la lecture de cet article où certains considèrent qu'il s'agit pour le coup vraiment seulement de vie privée, je rappelle, infidélité, quelques dégagements sur des maladies sexuellement transmissibles ? C'est une drôle d'impression quand on lit cet article.
Alors, pour moi, il y a deux choses qui sont d'intérêt public dans cet article. Le premier, c'est le fait que ce sont des femmes qui sont arrivées dans le parti des écologistes pour la plupart d'entre elles, je crois, si ce n'est la totalité, je ne me souviens plus exactement, et qui, parce qu'elles ont été dans une relation qui leur a fait du mal, ont quitté à un moment l'écologie politique. Et moi, la question que je me pose en tant que responsable politique, c'est comment on fait pour faire en sorte que les femmes s'investissent massivement en politique ?
Comment on fait pour qu'elles viennent, qu'elles portent leur vision, leur parole, que leur parole soit respectée et qu'elles restent en politique ? Et on le voit bien, la politique est un monde d'hommes, est un monde qui a du mal encore à entendre et à respecter la parole des femmes. Et je pense que ce type de comportement...
Mais quel est le rapport ? J'entends ce que vous dites, mais le rapport avec le fait que cet article détaille par le menu les conquêtes de Julien Bayou, parfois effectivement avec des militantes qui rentraient dans le parti, des scènes d'infidélité. En quoi ça a le moindre rapport avec le féminisme, le combat pour l'égalité des droits ? Quel est le rapport ? Est-ce que vraiment c'est à nous tous de lire ce type de commentaires-là ?
Alors moi, je ne vais pas commenter le travail des journalistes parce que par ailleurs, j'aurais beaucoup de choses à dire sur le travail des journalistes d'une manière générale, mais je ne vais pas le dire aujourd'hui. Contrairement à celui-ci en particulier, Yannick Jadot, c'est un du journalisme de cannibale.
Oui, mais je ne partage pas cette expression qui me semble être tout à fait déplacée et je pense par ailleurs que là, ce que l'on doit avoir, c'est un message pour les femmes qui ont parlé parce que ce qu'elles ont déposé est difficile et douloureux à poser et que quand on voit à quel point il y a eu une espèce d'emballement médiatique et qu'on a beaucoup – Et donc, vous êtes en partie responsable, Sandrine Rousseau. – Moi, j'avais juste dit que j'avais entendu une femme, mais bon, visiblement, ça a suscité beaucoup de réactions. – Sandrine Rousseau,
vous saviez bien que ça allait susciter des réactions lorsque vous avez pris la parole publique. – Oui, mais enfin,
je n'ai rien dit de ce qu'il y avait et tout ça et tout de suite, on a vu qu'il y avait énormément eu de prises de parole pour défendre Julien Bayou. Bon, très bien, moi, je ne veux pas la tête de Julien Bayou que ce soit très clair. – Donc, ce que vous avez pu lire dans cet article ne le disqualifie pas. – La deuxième chose que je voudrais dire sur l'article, c'est que derrière, il y a quelque chose qui est de l'ordre de la santé publique, c'est-à-dire comment est-ce que réellement on peut accepter que des femmes sortent à ce point-là cassées d'une relation amoureuse, c'est un vrai sujet, en fait. Alors oui, des relations amoureuses… – Et qui n'a rien à voir avec la politique
et qui n'a rien à voir avec votre engagement partisan.
– Quand elles sont militantes, qu'elles ont été approchées dans le cadre militant et qu'elles ressortent comme ça, quelque part, ça concerne quand même un peu l'importance et la place des femmes dans les partis politiques. Et je vais vous dire, c'est quelque chose qui est assez courant, je pense, dans les partis politiques, le fait qu'il y ait des personnes qui sont en situation de pouvoir et qui approchent des jeunes militantes.
Et comme ça a été dit dans un autre article qui est l'article de Mediapart qui est sorti hier, il y a une expression qui dit on n'est pas de la chair à je ne sais plus quoi, mais enfin, on n'est pas à disposition, notre corps n'est pas à disposition quand on rentre dans un parti politique. Eh bien, c'est cela la question de fond. C'est-à-dire que dans une entreprise, on n'accepterait jamais que quelque chose de cet ordre se passe. Donc, dans un parti politique, la question, c'est comment on fait un espace safe pour les personnes et pour les femmes en particulier, mais aussi pour toutes les personnes discriminées.
Est-ce que vous êtes favorable à un genre de comité trans-partisan ? Parce que là, aujourd'hui, chacun gère ses affaires de son côté. Oui, je pense. Vous, chez vous, elle est fille de son côté.
Oui, je pense qu'il faudrait quelque chose qui sorte de l'intérieur des partis. Parce qu'en fait, à l'intérieur des partis, il y a trop de partis pris, il y a trop d'interdépendance et d'enjeux personnels. Et je pense qu'il faudrait sortir la gestion de ces affaires des partis.
L'avis de l'Assemblée nationale ?
Avec le vote lundi dernier d'une motion de censure de l'ANU par le Rassemblement national, vous avez dit « ça me touche un ovaire sans faire bouger l'autre ».
C'est du Jacques Chirac adapté.
Réadapté. L'Emmanuel Macron adapté. Le XXIe siècle. Est-ce que ça veut dire que c'est anodin ? Vous êtes à l'aise avec ça ? C'est un événement parmi d'autres ? Non, ça ne veut pas dire que c'est anodin, mais ça veut dire
que je ne prends pas la main des députés RN au moment où ils appuient sur le bouton de vote. Donc, je n'ai pas de prise là-dessus.
Que par ailleurs... Certains disent qu'il faudrait faire en sorte que ces motions soient invotables. Oui, mais on l'avait fait
dans cet esprit-là. C'est-à-dire que quand on avait mis des mesures écologistes radicales, si vous écoutez les prises de parole de Cyril Châtelain pour les écologistes, de Boris Vallaud pour l'EPS, vous verrez que dans les deux cas, il y a des phrases qui ont été extrêmement dures pour le Rassemblement national.
Mais pas le texte de la motion, Madame Rousseau. Vous voyez bien qu'il y a eu ces prises de parole-là. Mais dans le texte de la motion, ce que l'on a compris au sein de la NUPES, c'est qu'il y avait un débat. Certains socialistes écologistes considéraient qu'il fallait marquer cette motion pour précisément sur l'immigration que le RN ne puisse pas la voter. Et d'autres, au sein de la France insoumise, qui expliquaient qu'il fallait faire le texte le plus large possible.
Mais moi, je n'ai jamais vu ça. Je n'ai jamais entendu ça.
Ça a été admis par Jean-Luc Mélenchon lui-même dans une note de blog.
En tous les cas, ce que j'ai vu, parce qu'on a dit qu'on avait retiré une phrase de cette motion, ça n'est pas vrai. Des discussions à l'oral.
Et des débats à l'oral. Alors moi, je n'étais pas dans ces discussions, donc vraiment,
là, je découvre ce que vous me dites, mais vraiment, ça m'étonnerait beaucoup qu'il y ait eu une discussion de ce point de vue-là parce que moi, ce dont je peux témoigner, c'est les discussions que nous avons eues en groupe écologiste. Et en groupe écologiste, je me souviens moi-même d'avoir dit qu'il faut mettre des mesures, il faut avoir un discours sur l'écologie extrêmement fort puisque le RN refuse de voter tout ce qui est mesures écologistes et ça les empêchera de voter pour la motion.
Donc vous êtes sur la même ligne que Yannick Jadot qui dit qu'il faut rendre invotables ces motions de censure.
Elle l'était déjà. C'est ça que je veux vous dire, c'est qu'elle l'était et qu'en fait, le RN a joué, est allé au-delà de ses convictions pour mettre le bazar, pour jouer un coup. Bon, voilà, c'est pour ça que je dis que je m'en fiche parce que nous, on a une ligne et une ligne qui est très forte et moi, Sandrine Rousseau, ici sur le plateau, je m'engage à ne jamais voter un amendement en rassemblement national et à en aucune manière être dans la connivence avec eux d'aucune sorte, d'aucune manière.
Est-ce que vous allez voter lundi la motion de censure déposée par la France Insoumise après le 49-3 sur le budget de la Sécu ?
Alors, nous allons en discuter en groupe demain matin mais moi, à titre personnel, je pense que je la voterai, oui.
Autre question, au final, ceux qui détiennent la clé pour faire tomber le gouvernement, c'est les Républicains. Est-ce que si d'aventure, ils décidaient de déposer une motion de censure, est-ce que vous pourriez voter une motion les Républicains pour faire tomber Elisabeth Borne ?
Alors, avec des si, on ne met pas rien en bouteille. Non, mais il y a la question,
vous dites motion RN, jamais. Est-ce que si les Républicains décidaient de... Est-ce que vous les appelez à le faire sachant qu'au fond, c'est la seule motion qui permettrait de réunir tout le monde pour faire tomber le gouvernement ?
Pour l'instant, pour tout vous dire, je ne sens pas les Républicains dans un état d'esprit de dépôt de motion de censure vis-à-vis du gouvernement. Voilà. Donc, je vous propose qu'on se base sur le réel et le réel, c'est qu'aujourd'hui, la situation n'existe pas.
Autre sujet, il y a eu 13 morts cette année suite à des refus d'obtempérer. Le dernier, c'était à Beauvais vendredi. C'est l'article 435-1 du Code de la sécurité intérieure qui permet désormais aux fonctionnaires de police, enfin désormais, en fait depuis 2017, il y a une accélération dans ce type de cas qui leur permet de stopper, de tirer un véhicule en cas de refus d'obtempérer s'ils estiment qu'il y a un danger vital. Quelle est votre position sur ce sujet qui est extrêmement clivant et on a entendu des prises de positions très différentes ?
Je pense que le fait de ne pas s'arrêter à un contrôle de police, le refus d'obtempérer n'est pas correct et j'invite vraiment tous les citoyens et citoyennes à obtempérer quand des forces de l'ordre nous demandent de le faire. Donc voilà, il n'y a aucun doute là-dessus. Après, le refus de s'arrêter ne peut pas valoir arrêt de mort. Ça n'est pas possible.
Donc comment fait-on ?
Eh bien, on fait autrement et je rappelle une chose qu'on ne dit pas dans le débat politique français mais qui me semble être extrêmement importante à poser. C'est qu'en Allemagne comme en Angleterre, je ne sais pas si vous vous souvenez mais dans les années 80 et 90, il y avait eu des manifestations très très violentes et des individus qui étaient devenus très violents et notamment des hooligans, c'était des supporters de foot, vous vous souvenez, qui attaquaient les forces de police, etc. Ils ont fait un grand ménage dans leur club. Oui, mais ils ont pris des mesures en amont et surtout, ils ont changé leur manière de maintenir la paix.
Ils ont radicalement changé leur manière, la manière dont les forces de l'ordre agissent sur les manifestations, les refus d'obtempérer, etc. Et finalement, ils ont réussi à trouver une autre manière de faire qui ne fasse pas de blessés. En France, nous avons du retard là-dessus. Moi, je dis que, par exemple, on doit absolument développer une forme de police de proximité. Ça a été demandé par les maires des grandes villes écologiques.
Ça ne change rien si vous êtes vous-même policière et que face à vous, un véhicule arrive pour vous renverser. Vous n'avez pas mis l'option.
Non mais là, il ne s'agit pas de renverser. Il s'agit de ne pas obtempérer un niveau de police.
C'est le seul cas que je viens de citer dans lequel les fonctionnaires sont habilités à faire feu.
13 morts pour ne pas avoir obtempéré, ça ne va pas. Ça ne va pas. Ce n'est pas seulement pour ne pas avoir obtempéré,
c'est parce que, comme le dit Jean-Baptiste, les policiers, à un moment donné, à tort ou à raison peut-être, se sont sentis en danger de mort eux-mêmes.
Ils doivent se protéger. Les policiers doivent se protéger, pas en tuant les autres.
Sandrine Rousseau, autre sujet qui concerne l'actualité à l'étranger. Vous avez dénoncé la poignée de main entre Emmanuel Macron et Jordi Méloni qui vient d'être élu président du Conseil parlant de la complaisance du président de la République avec le fascisme. Est-ce que ça veut dire qu'on ne doit parler quand on est responsable politique qu'avec des gens qui partagent nos idées ? Ou en tout cas, avec certains qui ne les partagent pas, on ne doit pas parler avec eux ?
Non, je n'ai pas dit qu'il ne fallait pas parler. Ma prise de position là-dessus était critique du fait qu'Emmanuel Macron se soit précipité pour être le premier chef d'État à lui serrer la main.
Pardon, mais ce n'est pas vrai. Son délacement au Vatican était prévu avant que l'on sache que ce jour-là, justement, Giorgia Méloni
n'était pas prévu.
Mais il y avait même une sorte de malaise du côté de l'Élysée qui, jusqu'au dernier moment, ne voulait pas confirmer ou pas qu'il allait voir Giorgia Méloni. La question, c'est un chef d'État est en Italie avec une nouvelle présidente du gouvernement. Est-ce qu'il peut ne pas y aller ? Est-ce qu'au fond, ça veut dire que si vous étiez au pouvoir, il n'y aurait pas de relation, il n'y aurait pas de poignée de main avec Giorgia Méloni ?
Il n'y en aurait pas en première intention immédiatement après son élection. Je redis quand même. Pourquoi je dis ça ? Parce qu'en fait, Giorgia Méloni n'est pas une chef d'État comme les autres. Elle se revendique d'une histoire de Mussolinienne qui, en Italie, est une histoire fasciste.
Elle ne s'en revendique plus,
pour être tout à fait précise. Elle vient de ces mouvements-là. Vous faites aller dans une vidéo, elle avait 19 ans à l'époque, je crois.
Oui, oui, mais elle n'a jamais renié. Bien sûr, bien sûr. Et par ailleurs, on a en Suède, on a ailleurs dans le monde, une montée de l'extrême droite et une montée des mouvements fascistes. On l'a en France de la même manière. Et si on ne met pas une barrière qui est très nette et qui est très franche entre ce qui est de l'ordre de l'acceptable démocratiquement et ce qui relève de l'extrême droite, alors on participe à une forme de banalisation de l'extrême droite.
Que le résultat appelle à discussion, à contestation, à protestation, c'est une chose, mais c'est démocratique. Elle a été élue, Diorza Méloni. Elle n'a pas pris le pouvoir.
Elle a été élue sur un programme comme Orban, comme Bolsonaro peut-être ce soir et je ne le souhaite pas, j'espère que ce sera Lola. Ils ont, comme Trump l'a été, et pour autant, aucun de ces dirigeants-là ni ne respecte les droits des personnes, ni ne respecte les valeurs démocratiques en tant que telles. On l'a vu avec Trump. Vous au pouvoir,
est-ce que vous parlez à Diorgia Méloni ? Moi au pouvoir,
je parle avec Diorgia Méloni, je ne me précipite pas dans son bureau juste après son élection. Donc vous êtes en Italie, elle vient d'être nommée,
vous n'allez pas la voir ?
Pas tout de suite, non.
Justement, où en est-on de vos ambitions personnelles, Sandrine Rousseau ? Qu'avez-vous envie de faire ?
D'apparaître dans une série de Jean-Pascal Zay.
Ça, c'est fait. Ça, c'est fait jusqu'à ce qu'on ait confirmation qu'il s'agit bien de vous, même si pour dire la vérité, on a très peu de doutes. Mais vous avez envie de rester dans votre parti tel qu'il est aujourd'hui ? Vous avez envie d'en créer un ?
C'est mon parti. Le vôtre ? C'est le parti de l'écologie politique. C'est un parti où je me sens bien. Et c'est un parti dans lequel j'ai toujours milité. Je n'ai milité dans aucun autre parti que celui-ci. Et aujourd'hui, il y a un congrès qui va se dérouler au mois de décembre. Et je veux que nous y prenions toute notre place. Il y a une candidate qui est absolument extraordinaire qui s'appelle Mélissa Camara qui fait un travail de terrain incroyable. Cette femme est juste géniale. Et vraiment, l'idée, c'est d'ouvrir cette écologie politique à cette société civile qui ne demande que ça. C'est une élue lilloise.
Cette société civile qui ne demande que ça, qui a envie de s'investir, qui a envie de changer les choses, de changer le monde. Et aujourd'hui, on est dans un parti qui se recroqueville, qui s'interroge sur un règlement intérieur alors qu'on sort de tempêtes et de sécheresses et d'une situation catastrophique sur le plan du climat. Et moi, je dis mais ouvrons grand ce parti. Faisons en sorte que ce parti soit à disposition des militants et des luttes qui veulent rentrer et qui n'osent pas aujourd'hui parce qu'ils ont une espèce de réticence comme ça sur un fonctionnement interne qu'ils ne comprennent pas.
Moi, je dis Mélissa Camara, vraiment, on peut faire un travail absolument incroyable, parler à des gens, être un nouveau visage de l'écologie, mais allons-y.
Si elle ne l'emporte pas au Congrès, est-ce que vous restez tout de même au sein de LV ? Mais bien sûr. Vous êtes très critiquée. On entend beaucoup Yannick Jadot d'autre dire, il y en a marre de l'écologie du buzz, de la petite phrase, ça fait du mal à notre parti.
Oui, je crois que là, depuis une heure, nous parlons de fond de l'écologie et je les invite à écouter le fond de l'écologie.
Pour beaucoup, ça semble une évidence. On va vous poser la question de façon un peu directe. Est-ce que vous préparez, est-ce que tout ce que vous faites aujourd'hui vise à préparer la présidentielle de 2027 ? Est-ce que c'est ça votre objectif au fond ?
C'est fascinant parce que la vie démocratique française n'est scandée que par la présidentielle, nous sommes bien en cinquième république. Ce que je fais vise à bouger les lignes pour faire comprendre que là, nous avons une urgence sociale. J'étais au CHU de Nantes, j'étais à la clinique Jules Verne hier, avant-hier, pardon, et l'hôpital craque, mais craque à un point que l'on n'imagine pas. On est dans des situations écologiques qui sont extrêmes et nous n'arrivons pas à ne serait-ce que taxer Total qui fait 6,6 milliards d'euros de bénéfices. Nous n'arrivons pas à interdire les jets privés.
Et donc là, en fait, c'est dans les mois qui viennent qu'il faut agir et c'est dans les mois qui viennent qu'il faut faire basculer la prise de conscience, la conscience de cette société qu'il y a un problème. C'est à ça que je m'emploie et permettez que j'y dépense toute mon énergie.
Vous vous y employez, du coup, vous vous investissez personnellement, Benjamin, avec des conséquences potentiellement ?
Oui, on apprenait il y a quelques jours, Sandrine Rousseau, que le ministère de l'Intérieur envisageait la possibilité de vous placer sous protection policière. de la mise en place d'un tel dispositif ?
Écoutez, j'ai envoyé tout un dossier puisque cela m'a été demandé au ministère de l'Intérieur. À ce jour, ils ont accusé réception de ce dossier, mais je ne sais pas quelles conclusions ils tireront des dangers que j'encours.
Vous le souhaitez ? Vous souhaitez que le ministère l'intermette ?
Je ne sais pas si je le souhaite ou pas et je n'ai pas très envie de vivre sous protection policière, mais ce que j'ai envie de savoir, c'est quelle est l'ampleur du risque que j'encours. Parce qu'on le voit, on l'a vu avec ce qui s'est passé sur le conjoint de Nantes-Pélosie. On l'a vu aussi avec Jo Cox qui était une députée écossaise pendant le Brexit et qui a été poignardée. Je pense qu'il ne faut jamais négliger la violence de l'extrême droite vis-à-vis notamment des femmes politiques de gauche.
Merci beaucoup, Sandrine Mousso, d'avoir été notre invité ce midi dans BFM Poétique. Merci Pauline, Benjamin. Voici Affaires suivantes, Philippe Godin, Dominique Rizet. Je vous retrouve moi à 18h pour BFM TV. Bon après-midi.
Sandrine Rousseau