L'invité politique Sud Radio - Nicolas Mayer-Rossignol, maire (PS) de Rouen, président de la Métropole Rouen Normandie, est notre invité politique
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 65 %Attaque 25 %Défensif 10 %
Questions et réponses
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- 0:17OuverteRéponse directe
Bonjour Nicolas Maillard-Rossignol, soyez le bienvenu.
- 1:58OuverteRéponse directe
Vous ne l'avez jamais caché, vous êtes un soutien de Raphaël Glucksmann. Est-ce que vous trouvez vraiment que sa candidature clarifie le débat ?
- 2:36RelanceRéponse partielle
C'est-à-dire que lorsque les gens vous disent qu'est-ce que propose la gauche, ça signifie qu'en fait, vous n'avez pas encore réussi à imprimer finalement les idées ?
- 3:20RelanceRéponse directe
C'est un combat majeur, mais lorsqu'on regarde ce qui se passe, vous allez encore perdre du temps, puisqu'il va y avoir une primaire en octobre.
- 4:24RelanceRéponse directe
Mais est-ce que ça suffit lorsqu'on voit que Jean-Luc Mélenchon grimpe dans les intentions de vote pour le premier tour ?
- 6:58OuverteRéponse partielle
Certains vous diront que la gauche a participé d'une certaine façon aussi à ces dix années d'Emmanuel Macron.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:10Invité politiqueChiffre
« Jean-Luc Mélenchon, et je dis ça sans aucune acrimonie, mais toutes les études montrent que, je dis cela d'une formule, il a à la fois un plafond et un plancher. »
- 1:27Invité politiqueFait
« D'ailleurs, ça fait trois fois qu'il est candidat, trois fois qu'il a perdu. »
- 1:37Invité politiqueFait
« Mais ce que je vois surtout, parce qu'à la limite, ce premier sujet n'est pas le plus important pour moi, le plus important, c'est que depuis hier, nous avons une candidature crédible, Raphaël Glucksmann, sincère, on connaît ses valeurs, pro-européen par exemple, écologiste. »
- 3:04Invité politiqueFait
« Pour ma génération, c'est le moment le plus important de notre vie militante. Parce que pour la première fois, l'extrême droite est largement favorite. »
- 6:49Invité politiqueFait
« Incontestablement, non. Les inégalités se sont accrues. »
- 6:53Invité politiqueFait
« Vous avez vu l'été climatique que nous avons passé, et c'est probablement l'un des moins pires, malheureusement, que les années à venir. »
- 9:08Invité politiqueChiffre
« Au-delà de 3 000 euros, ça a été dit. 3 000 euros, moi, ça me paraît très très bas. »
- 9:50Invité politiqueFait
« Vous avez vu que les super profits d'un certain nombre d'entreprises, ont explosé dans la crise énergétique après l'invasion de l'Ukraine, ont continué d'exploser dans la situation actuelle. »
- 11:37Invité politiqueFait
« Il est candidat, il veut draguer des voix de droite et d'extrême droite, appelant un chat un chat. »
Temps de parole
- Nicolas Mayer-Rossignol72 %
- Présentateur28 %
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Sud Radio, l'invité politique, Jacques Cardoze. Et cet invité politique, c'est Nicolas Maillard-Rossignol, numéro 2 du PS, maire de Rouen, président de la Métropole. Bonjour Nicolas Maillard-Rossignol, soyez le bienvenu. Alors pour vous présenter, je me suis dit, vous êtes à la fois principal opposant d'Olivier Faure, qui est d'une certaine façon votre patron. Vous avez essayé de lui ravir le poste de premier secrétaire deux fois, vous n'y êtes pas parvenu. Mais vous soutenez Raphaël Glucksmann, voilà qui illustre bien les débats qu'il y a du côté de votre famille politique. C'est quand même compliqué de s'y retrouver.
Oui mais en réalité c'est assez simple. Est-ce qu'on veut que la gauche gagne l'élection présidentielle ou qu'elle fasse l'impasse sur l'élection présidentielle ? C'est ça la vraie question. Si on pense que la gauche a déjà perdu l'élection présidentielle, alors effectivement, il n'y a plus rien à faire. Nous ce que l'on regarde, c'est qui peut gagner l'élection présidentielle ?
Et vous pensez que vous êtes bien parti avec le nombre de candidats qu'il y a actuellement ?
Ce que je vois franchement, c'est que depuis maintenant assez longtemps, mais il y a un changement depuis hier puisqu'il y a eu une déclaration officielle de candidature de Raphaël Glucksmann. Il y a deux personnes à gauche qui se détachent objectivement. Et ce n'est pas à moi qui le dit, c'est tous les sondages, toutes les études, etc. Jean-Luc Mélenchon, et je dis ça sans aucune acrimonie, mais toutes les études montrent que, je dis cela d'une formule, il a à la fois un plafond et un plancher. Plancher, ça veut dire qu'il a un socle électoral, avec une équipe, un programme, une vision. Mais plafond parce qu'en aucune circonstance, il ne gagne l'élection présidentielle.
D'ailleurs, ça fait trois fois qu'il est candidat, trois fois qu'il a perdu. Et là, c'est encore pire, c'est même l'une des personnalités les plus détestées des Français. Attention aux certitudes dans les élections. Je vous dis, évidemment, la situation actuelle. Mais ce que je vois surtout, parce qu'à la limite, ce premier sujet n'est pas le plus important pour moi, le plus important, c'est que depuis hier, nous avons une candidature crédible, Raphaël Glucksmann, sincère, on connaît ses valeurs, pro-européen par exemple, écologiste. Et enfin, une candidature qui peut faire gagner la gauche, la gauche démocratique, et qui peut redonner un espoir à la France et aux Français.
Alors, vous ne l'avez jamais caché. Voilà pourquoi je le soutiens. Vous ne l'avez jamais caché, justement, vous êtes un soutien de Raphaël Glucksmann. Est-ce que vous trouvez vraiment que sa candidature clarifie le débat ?
Oui, je le crois. Je crois vraiment sincèrement. Pourquoi ? Parce que pendant très longtemps, et vous avez rappelé ce que j'ai fait à l'intérieur du Parti Socialiste, et je le vois encore sur le terrain, quand vous interrogez les gens, moi je suis maire de Rouen, qui est une ville populaire, ouvrière, industrielle, fière de l'être, les gens vous disent, mais qu'est-ce que propose la gauche ? Vous comprenez ce que je veux dire ? Quelles sont les idées ? Et là, vous avez un candidat, alors on peut ne pas être d'accord avec Raphaël Glucksmann, mais c'est clair, c'est clair, il y a des convictions qui sont affirmées. On est pro ou on est anti-Europe ?
Vous vous rendez compte de ce que vous dites ? C'est-à-dire que lorsque les gens vous disent qu'est-ce que propose la gauche, ça signifie qu'en fait, vous n'avez pas encore réussi à imprimer finalement les idées ? Vous partez tard dans la course ?
Je pense qu'on aurait dû partir plus tôt, ça c'est très clair, je parle du Parti Socialiste, je pense qu'on aurait dû s'affirmer beaucoup plus fortement ces dernières années. Mais j'allais dire, c'est le passé. Aujourd'hui, nous sommes à neuf mois d'une élection et quand même, et ça beaucoup d'électeurs et de citoyens, pas forcément de gauche d'ailleurs, le voient très bien. Pour ma génération, c'est le moment le plus important de notre vie militante. Parce que pour la première fois, l'extrême droite est largement favorite. Ce qui n'était pas encore le cas en 2022 et en 2017, même si elle était déjà très haut dans les sondages. Absolument.
Et donc c'est le combat d'une vie, c'est le combat d'une génération. Et il faut du courage pour se lancer dans ce type de combat. Raphaël Glucksmann, là.
C'est un combat majeur, mais lorsqu'on regarde ce qui se passe, vous allez encore perdre du temps, puisqu'il va y avoir une primaire en octobre, courant octobre, les dates ne sont pas encore fixées, mais autour du 10 pour le premier tour. Oui, c'est ça. Entre 10 et 11 octobre, voilà. Et là, je cite tous ceux qui sont candidats ou pas totalement déclarés. Ségolène Royal, Philippe Brun, donc Raphaël Glucksmann, peut-être Olivier Faure et Boris Vallaud, et puis François Hollande et Bernard Cazeneuve, qui eux, ne veulent pas participer à cette primaire a priori. Pour le moment, ils ne sont pas encore candidats officiels. Mais on ne peut pas dire que ça clarifie le débat, tout ça.
Il faut un mécanisme démocratique pour clarifier. Il y a déjà eu des primaires par le passé. Moi, ça ne me choque pas qu'il y ait une compétition démocratique avec une confrontation des idées. Je trouve ça tout à fait normal. Mais comme vous venez de le dire dans votre question, il y a des candidats qui sont déclarés, puis il y en a, on ne sait pas trop. On verra bien. Moi, je n'ai à jugé personne. Je dis juste qu'il faut que tout cela, et là, je vous rejoins, doit se faire dans un temps court. Alors, c'est le cas dès début octobre. Vous savez, c'est dans un mois. Et ensuite, il y aura bien quoi ? Six mois à peu près de campagne, même plus, jusqu'à l'élection présidentielle.
Mais est-ce que ça suffit lorsqu'on voit que Jean-Luc Mélenchon grimpe dans les intentions de vote pour le premier tour, qu'il est même donné au second tour, qualifié devant Édouard Philippe ? C'est un dernier sondage qui est tombé ces dernières heures. Pourquoi ? Parce qu'il imprime dans l'opinion. Et donc, vous prenez du retard.
Oui, mais on peut regarder le lait renversé ou se retrousser les manches. Nous, on préfère se retrousser les manches. On peut se dire, c'est fichu. Tous les sondages que vous indiquez, vous avez raison. Effectivement, c'est la situation actuelle. Et je le redis, nous aurions dû partir pour le Parti socialiste plus tôt. Bon, enfin, c'est la situation actuelle. Mais ces mêmes sondages indiquent qu'à la fin, c'est l'extrême droite qui gagne aujourd'hui. Donc, je reviens à mon point princeps. Est-ce qu'on se résigne à cela ? Je ne me résigne pas. Nous ne nous résignons pas. C'est ce qu'a dit Raphaël hier. Et je crois que c'est très important qu'on ait maintenant une dynamique.
Vous avez peut-être entendu que Yannick Jadot, écologiste, ancien candidat à l'élection présidentielle, on peut ne pas être d'accord avec Yannick Jadot, mais il a des idées qui sont très claires. Il est crédible dans sa proposition politique. Soutient lui aussi avec enthousiasme Raphaël Glucksmann. Et vous allez voir, je ne vais pas défleurer le sujet, mais vous allez voir que dans les prochains jours, les prochaines semaines, il y a une dynamique qui se met en place. Et je dis à tous les Français, vous allez avoir évidemment d'autres personnalités. Des personnes extérieures au Parti socialiste ? Vous le verrez très prochainement. Je vous ai dit, je ne veux pas avancer sur les annonces.
Mais ce que je peux dire, c'est qu'il y a une attente très forte parce que beaucoup de Français sont orphelins. Orphelins d'une parole claire, qui ne confond pas la radicalité avec l'extrémisme, qui sait qu'on a besoin d'une gauche démocratique, qui ne soit pas populiste, qui soit sincère sur ses convictions, qui soit capable de faire des compromis sans compromission, qui est féministe, qui est laïque, qui est républicaine, qui ne s'excuse pas d'aimer son pays et l'Europe, et qui entend affirmer ses valeurs pour redonner à ce pays le sens de la justice. Hier, Raphaël a dit une chose très simple. Aujourd'hui, le travail ne paie plus.
On devient de plus en plus, et c'est vrai, je le constate comme maire, une société, je dis ça sans jugement, mais d'héritiers et de rentiers, où finalement, des personnes gagnent mieux leur vie par la chance qu'elles ont d'être nées ici ou ailleurs, avec telle ou telle famille, que des personnes qui bossent dur, tôt le matin, tard le soir, y compris dans des conditions de pénibilité très fortes. Il faut changer cela. Et la gauche, elle défend le travail. Voilà un exemple. Elle défend les services publics. Elle défend la culture.
Raphaël Glucksmann l'a dit très bien hier, et il a aussi rappelé que, sans jeter d'anathème, est-ce que notre pays aujourd'hui est dans un meilleur état qu'il y a dix ans quand Emmanuel Macron a été élu ? Incontestablement, non. Les inégalités se sont accrues. Vous avez vu l'été climatique que nous avons passé, et c'est probablement l'un des moins pires, malheureusement, que les années à venir.
Certains vous diront que la gauche a participé d'une certaine façon aussi à ces dix années d'Emmanuel Macron.
Alors, il ne vous a pas échappé que la gauche n'était pas au pouvoir, quand même. Et que même lorsqu'elle a gagné par une majorité relative l'élection de 2024, Emmanuel Macron a refusé de lui donner les clés de Matignon. Mais, là encore, c'est du passé. Aujourd'hui, on a un renouveau. Ça, c'est un point important. Oui, mais par exemple, sur certains points,
vous ne vous opposez pas toujours à ce que peuvent proposer les gouvernements ou ce que peuvent proposer les gouvernements d'Emmanuel Macron. Prenons des exemples précis. Là, il va y avoir le débat sur le budget. On parle déjà d'une désindexation des pensions les plus aisées. Est-ce que vous êtes d'accord avec cette idée qui est avancée ? On ne sait pas si elle sera retenue en tant que socialiste. Est-ce que vous considérez que c'est de la solidarité intergénérationnelle ou un reniement d'une promesse historique de la gauche si cette idée devait passer ?
Je vais vous répondre très précisément sur ce point. Avant cela, je veux juste faire un point un tout petit peu plus général parce que je suis un peu attristé de voir la façon dont ces débats sur les budgets se démarrent. Vous avez peut-être vu, par exemple, que certains disent déjà, alors qu'on n'a pas vu le projet de budget, soit on va l'approuver de toute façon, soit de toute façon on va le rejeter. Et la fille a dit qu'il censurerait. De toute façon, on va le rejeter. Je trouve que ça n'est pas responsable. Moi, je suis maire. Quand je fais une proposition de budget, évidemment, ça n'est pas à la même taille, mais c'est le même principe démocratique. On regarde les propositions.
Ça, c'est le premier point. Avant d'avoir des postures, parce que c'est ça, finalement. Parce qu'on serait dans tel ou tel camp, alors on refuserait absolument ou on approuverait absolument. Non, on regarde. Ensuite, le deuxième point, c'est ce qu'a dit Raphaël Glucksmann hier, et il a raison, pour ce budget comme les suivants. La politique, c'est des choix. On n'a pas l'argent pour tout faire. Donc, il faut faire des choix. Et tous les Français le comprennent très bien. Le travail ou la rente ? Face à la canicule, l'écologie, ou on continue à financer des dépenses qui ne sont pas prioritaires ? Et donc, nous allons devoir juger sur pièce. Maintenant, sur les retraites.
Vous vous souvenez de la réforme des retraites il y a quelques années ? Les syndicats unanimement, je vais citer par exemple Laurent Berger, à l'époque, ne disaient pas qu'il ne fallait pas réformer le système de retraite. Ils disaient qu'il fallait une réforme juste. Je prends un exemple, les critères de pénibilité. Et donc, est-ce que cette désindexation
pour les plus aisés,
elle est juste à votre... Tout dépend du curseur que vous y mettez. Au-delà de 3 000 euros, ça a été dit. 3 000 euros, moi, ça me paraît très très bas. Je le dis quand même. Et ensuite, il faut regarder plus en détail. Donc, vous ne seriez pas contre
à condition que le curseur soit peut-être un peu plus long ?
Ce que je veux, et tous les Français peuvent le comprendre, il y a un consensus très large là-dessus, c'est de regarder de façon que chacun puisse contribuer à hauteur de ses moyens. 3 000 euros, ça veut dire que beaucoup de Français retraités qui n'ont rien demandé à personne, à qui on a promis quand même que ce serait indexé, tout d'un coup, mais par contre, on viendrait les ponctionner, mais par contre, ceux qui aujourd'hui vivent de revenus du capital, d'une rente, d'un héritage, de très grands héritages, on a eu les débats, la taxe du Kman, etc.
Vous avez vu que les super profits d'un certain nombre d'entreprises, ont explosé dans la crise énergétique après l'invasion de l'Ukraine, ont continué d'exploser dans la situation actuelle, vous avez vu que les taux d'inflation, les taux d'intérêt des banques remontent, il faut de la justice, le maître mot de notre projet, et c'est le maître mot du pays, de la République, de la gauche démocratique aussi, c'est la justice, justice écologique, justice sociale,
que tout ça soit concret.
Exactement. Et ce que j'essaye de vous dire,
c'est que pour trouver cette concrétude... Mais là, par exemple, sur cet exemple de retraite, je retiens que vous n'êtes pas totalement contre, à condition que le seuil ne soit pas celui de 3 000 euros.
Je pense qu'avant de dire que ce sont les retraités qui doivent payer, même si on peut bien sûr regarder ce sujet sans tabou, il faut commencer par dire, est-ce qu'on regarde sur la rente, sur le capital, là où on peut trouver des marges de manœuvre ? Et où est-ce qu'on peut aussi améliorer l'efficacité de l'État en priorisant sur les services publics, les services publics,
les services publics ? Nicolas Maillard-Rossignol, autre question, vous êtes, et je le rappelle, soutien de Raphaël Glucksmann. Vous avez peut-être entendu le positionnement d'Edouard Philippe qui, à Mayotte, évoque la suspension des demandes d'asile ou de regroupement familial. C'est le discours du RN. Il a raison ou pas ? Je pense que c'est une tactique.
Je connais bien Edouard Philippe puisqu'il est élu du Havre, maire du Havre, et que je suis maire de Rouen, nous travaillons ensemble et d'ailleurs en bonne intelligence localement, même si nous avons de grands désaccords nationaux.
Donc c'est pas de la conviction pour lui ?
Je ne veux pas porter de jugement général sur la personne. Ce que je vois, c'est qu'une personne n'est dupe. Il est candidat, il veut draguer des voix de droite et d'extrême droite, appelant un chat un chat. C'est ça la réalité. Je pense que ça n'est pas la bonne manière de faire. On sort d'un été absolument...
Raphaël Glucksmann, lui, ce qu'il dira sera conforme à ce qu'il souhaitera faire et il n'essaiera pas, comme Edouard Philippe ou d'autres, de ratisser large. On a vu aussi les propositions de Jean-Luc Mélenchon.
Quand vous débutez une campagne en allant à Mayotte et en tenant ces propos-là, c'est évidemment signé. Il faut quand même que... Tout le monde le sait bien. Ça veut dire qu'il y a eu une réunion avant où l'équipe avec Edouard Philippe s'est dit que ça serait prioritaire. Il faut d'abord aller à Mayotte pour envoyer quel signal ? Je pense que ça n'est pas la bonne façon de porter un projet pour les Français. Ça veut dire aussi
qu'il y a une bataille très importante qui se joue entre le centre et la gauche aujourd'hui. Qui sera au second tour ? Mélenchon, Glucksmann, Edouard Philippe et peut-être même François Hollande qui est en embuscade. C'est aussi ça l'enjeu. L'enjeu, c'est de gagner.
Et aujourd'hui, jusqu'à hier, nous n'avions pas de candidat de gauche en situation de gagner l'élection présidentielle. Vous savez, moi je suis électeur depuis 1995. Je me souviens de l'élection de Jacques Chirac face à Lionel Jospin. Lionel Jospin avait fait un score très élevé à l'époque. D'ailleurs, c'est assez intéressant le parallèle avec Raphaël Glucksmann. Je ne veux pas faire de comparaison hâtive. Mais à l'époque, je me souviens qu'on avait un peu moqué la sincérité de Lionel Jospin et son éthique qui ne paraissait peut-être pas suffisamment à l'époque charismatique, etc. Et pourtant, il avait fait un excellent score.
Et je crois que Raphaël Glucksmann, il porte cette sincérité sur une affirmation de valeur d'une gauche démocratique. Vous voulez dire qu'il est dans la continuité de Lionel Jospin ? Chaque époque est différente et chaque personnalité l'est aussi. Mais je crois que oui, il y a une forme de continuité sur la sincérité et l'éthique de conviction. Ça, je le crois vraiment, fondamentalement. Et puis surtout, à la fin des fins, est-ce qu'on veut que la gauche gagne ou pas ? Franchement, tout le monde le sait aujourd'hui, même si bien sûr, on verra l'élection. Mais jusqu'à hier, nous n'avions pas de candidat capable de gagner au second tour. Aujourd'hui, nous en avons un.
C'est quand même une grande nouvelle. Et je dis à tous les Français qui ont le cœur à gauche, normalement, il y en a beaucoup, qu'ils nous rejoignent parce qu'on a besoin de cet élan.
Réponse en tous les cas au mois d'octobre puisqu'il y aura et il a accepté de passer par la primaire. Merci beaucoup, Nicolas Maillard-Rossignol, d'être passé par le studio de Sud Radio à 8h37. On fera escale à Montpellier dans un restaurant juste avant vos infos et votre météo. Pour le moment, il est 8h30 sur Sud Radio. Soyez les bienvenus.
Nicolas Mayer-Rossignol