Le Sénat supprime l’aide à mourir, clef-de-voûte de la proposition de loi sur la fin de vie
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Taillot. Allez-y chers collègues. Merci monsieur le président.
Madame la ministre, je voudrais expliquer rapidement les raisons pour lesquelles je voterai ces amendement. D'abord peut-être je pense que le rapporteur a raison d'indiquer que cet amendement et ces amendements, cet article ont une portée considérable. Évidemment, je voudrais souligner le travail de la commission des rapporteurs qui ont tâché le mieux qu'il le pouvait d'encadrer d'ailleurs le texte de l'Assemblée.
Je pense que malheureusement ça ne suffit pas d'abord parce que le geste létal est autorisé et je pense aussi que il y a une forme de confusion avec la sédation profonde et à plusieurs reprises dans un certain nombre d'articles, on on croit voir une sorte de continuum entre ce texte-là et la loi Leéonetti. Je pense qu'il y a une rupture. Jean Leonetti d'ailleurs a l'habitude de préciser d'une phrase que l'euthanasie ça n'est pas allé plus loin, c'est aller ailleurs.
Il y a donc bien d'une rupture. Je pense que ce texte tel qu'il est présenté sera incompatible avec ce que l'on peut appeler une éthique de la vulnérabilité, de la de la fragilité. D'abord parce que les pressions, il y en aura dans les familles, les pressions financières sur un système de santé qui va mal.
Et d'ailleurs, si on vient de voter un nouveau texte, c'est le 4e depuis 99 qui proclame l'accès nécessaire aux soins palliatives 995 2016 et aujourd'hui 2026, c'est bien qu'il y aura toujours une disproportion, une asymétrie entre le peu que coûte une injection légale et le le surcoup que coûteront pendant des années, la mise en place de soins palliatifs. Vous savez que 180000 personnes malades décèdent alors qu'ils auraient besoin de soin palliatif aujourd'hui sans pouvoir y recourir. J'observe par ailleurs qu'il y a une rupture par rapport au suicide assisté.
Il y a une contradiction frontale entre les politiques publiques qui étaient menées jusqu'à présent pour la prévention du suicide notamment auprès des jeunes et des adolescents où le taux de suicide est dramatique. Comment fera-t-on désormais pour pour concilier ce que dit la loi avec ses préventions ? C'est la raison pour laquelle je ne voterai pas bien sûr cet article 2 et je voterai les amendements suppression.
Bruno Retailleau