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Anasse Kazib - Rober Ménard, maire de Beziers

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

RMC, le grand oral des grandes gueules. Grand oral des Gégés avec le maire de Béziers, M. Robert Ménard.

Un maire ne devrait pas faire ça. Bonjour M. Ménard.

Bonjour. Le livre parait aux éditions Mordicus. C'est un livre où vous réglez vos comptes avec la bien-pensance, c'est ça la bien-pensance politique et médiatique ?

Oui, et en même temps je fais le bilan de 5 ans de gestion. Moi je ne savais pas qu'un jour je serais maire d'une ville. Je l'ai été, j'essaye de tirer un bilan en voyant ce qu'il y a de positif, moins positif.

Qu'est-ce que j'ai appris, qu'est-ce qui m'a plu, qu'est-ce qui m'a déplu. Et pourquoi au fond j'aime tellement ce boulot de maire. On va y venir dans un instant, mais le maire que vous êtes, ou l'élu que vous êtes, le citoyen, comment il juge le 1er mai hier à Paris ?

Écoutez, ça dit deux choses au moins. La faiblesse des syndicats quand même. Aujourd'hui on n'est pas dans la situation d'il y a 20 ans, 30 ans ou 40 ans.

Et surtout une violence qui est inadmissible, inacceptable, insupportable. Et on finalement ne parlera que de cette violence-là au détriment de tout le reste. C'est-à-dire que ces blagues blocs, ils auront réussi leur tour de salauds.

Parce que c'est rien d'autre que ça. Et moi, ça c'est la première chose. La deuxième chose c'est, comment on n'arrive pas à mettre un terme à ça ?

J'en reste stupéfait. Rien, je pose la question, ça va être plus compliqué que je l'imagine. Apparemment, pourtant il y avait une nouvelle doctrine de la police.

Oui, mais manifestement ça ne suffit pas. S'attaquer à un service dans un hôpital, c'est une marge de plus vers une violence qui va trouver son aboutissement. Si tel est le cas, puisqu'apparemment les choses, et ça rejoindrait Anas Kasi, pourraient peut-être évoluer en ce qui concerne la version de ce qui s'est passé à l'hôpital.

J'en tiens à ce qu'il n'y était pas, à ce que j'ai vu. Mais il est nul Castaner, le ministre de l'Intérieur ? Non, je ne dirais pas que je perds qu'il est nul, il roule les mécaniques, il ferait bien d'être plus présent sur un certain nombre de choses, c'est compliqué.

Écoutez, moi ce que j'ai appris comme maire par exemple, c'est que souvent les choses sont compliquées, les problèmes de sécurité sont compliqués. Mais il faut la volonté. Moi la seule question qui m'intéresse, c'est ce que c'est, je ne vais pas juger M.

Castaner, j'ai rien à dire. Il a arrêté, il y en a 30 qui sont aujourd'hui en garde à vue. Je souhaite qu'on sache ce qui leur arrive à ces petits salauds, si effectivement ils ont fait ce qu'on dit qu'ils leur ont fait, et j'espère qu'ils iront en prison.

C'est aussi simple que ça. Les gens me disent, la prison ça ne règle pas tout, mais au moins la prison par rapport à un certain nombre de connards, tu ne les as pas là, dans ta ville, dans ta rue, pendant un an, deux ans ou trois ans. Sur cela, je suivrai avec attention, comme tous les citoyens, qu'est-ce qu'ils vont payer ?

Vous voulez de la transparence sur ces interpellés, qu'on connaisse leur profil, qu'on sache les peines ? Et c'est le job des journalistes, il ne faut pas lâcher les baskets au pouvoir public, et M. Castaner lui dit, et à la justice, dire, qu'est-ce que vous aurez fait avec ces gens-là ?

La baston, c'est inévitable maintenant, avant chaque manifestation ou à chaque manifestation ? Je ne sais pas, il me semble qu'il y a, comment vous dire, une accommune, je vais y trouver un autre mot, une habitude, une accoutumance à la violence, et que je trouve insupportable. Et souvent, d'une partie de la classe politique, une acceptation de cette violence.

Une fatalité ? Non, non, au fond, on trouve des excuses aux gens. Ces pauvres-là, ils doivent avoir 5 ans, ces pauvres gens, en l'occurrence, c'est souvent nos enfants, ou pas loin de ça, ont des excuses pour faire une violence pareille.

Remarquez, quand vous les entendez 5 minutes avant, expliquer CRS Daesh, CRS Daesh. Je sais bien qu'on était cons, je n'ai pas donné les leçons, parce que je me rappelle, en mai 68, on était assez abrutis pour crier CRS SS. Mais ça veut dire que les gens, 50 ans après, ils n'ont rien de neuf, donc il ne faut peut-être pas du coup faire des doubles sauts périlleux d'indignation.

Non, mais moi, je ne me satisfais pas de cette situation. Vous l'avez scandé, CRS SS, en 68 ? Bien sûr, bien sûr, comme un crétin.

Et aujourd'hui, vous êtes devenu le chantre de l'autorité. Mais j'ai appris. Vous n'avez rien appris, vous vous disiez exactement la même chose à 20 ans.

Dans 68, il y avait 5 ans. Non, mais quand vous aviez 20 ans, vous disiez la même chose, vous pensez la même chose. Dieu merci.

Et le métier de maire m'apprend un certain nombre de choses. À part d'être un idéologue, ce que je ne suis pas, moi je suis un maire de bon sens, de pragmatisme. J'essaye de trouver des solutions aux problèmes de ma ville.

Et vous apercevez que les solutions, elles sont souvent difficiles à mettre en œuvre, et qu'il faut faire preuve d'une immense volonté. Mais du coup, parce qu'on a vécu des samedis de manifestations en marge des Gilets jaunes, avec des violences. Vous, comment vous avez fait du côté de Béziers, justement ?

On n'en a pas de violences. On n'en a jamais eu au centre-ville. Ils ont manifesté.

Il y a même eu des rassemblements régionaux à Béziers. Ils n'ont pas cassé un pot de fleurs. Mais peut-être parce que j'ai un rapport différent avec les Gilets jaunes dans ma ville.

Les Gilets jaunes, je les ai reçus, j'ai discuté avec eux. Et parce que, honnêtement, ce n'était pas les mêmes au début et aujourd'hui. Aujourd'hui, on est sur une politisation des Gilets jaunes.

Au départ, c'était des gens qui ne se posaient pas les questions et qui ne posaient pas les questions comme on les pose aujourd'hui. Moi, je suis pour qu'on écoute les gens. Il y a un vrai problème.

Pourquoi les maires sont plus populaires que les autres ? Pourquoi ils s'en sortent mieux que les autres ? D'abord, parce que vous êtes obligés d'écouter les gens.

Moi, quand je sors dans la rue, je vais acheter mon pain. Mes concitoyens, les gens à qui j'ai des comptes à rendre, ils sont là. Ils me posent des questions.

Ils me demandent des réponses. Et je pense que c'est de ça dont on manque. Et ce qui me sidère, c'est que M.

Macron ait mis deux ans pour se rendre compte à quel point on ne peut pas mépriser les élus de base, ce qu'ils appellent les petits élus. Les petits élus, c'est souvent des gens qui consacrent leur vie à leur village pour rien. Comme ça.

Pour prendre que des coups. Parce que ça ne t'apporte rien. Moi, je suis dans une ville plus importante et tout.

Il faut faire attention à ça. C'est le seul lien qu'on a avec une partie de la population. Et donc, pour répondre à votre question, non, moi, je n'ai pas eu de problème avec les gilets jaunes parce que je les écoute, parce que ça m'intéresse d'entendre ce que les gens disent.

Donc, ça veut dire que les problèmes qui ont été créés, c'est parce qu'on ne les a pas écoutés que le pouvoir qu'Emmanuel Macron et d'Orphine lui ont méprisé. Ça coûte quand même 17 milliards d'euros, le mépris, quand même, Robert Ménard. Attendez, il y avait deux demandes dès le départ.

Mais rappelez-vous, il y a quoi, 24 semaines maintenant, c'était quoi la demande ? Un, des problèmes de pouvoir d'achat. Et dans des villes moyennes comme la mienne, où tu ne peux pas dire aux gens « prends le vélo plutôt que ta voiture », quand tous les matins, tu fais 20 bandes pour aller travailler.

C'est une vision qui ne tient pas la route. Deux secondes. Une vision parisienne ?

Il y avait ça. Oui, enfin, tu vois qu'il y a un certain nombre de gens, je ne sais pas où ils vivent pour pouvoir tenir des discours aussi abracadabrantesques que de dire...

Macron et Edouard Philippe sont coupés de la réalité ? Mais comme une grosse partie de la classe politique. Un des problèmes, et c'est le deuxième volet des revendications des gens, c'est qu'ils ont le sentiment d'être ignorés, et pour la France, la France des périphériques, comme on dit aujourd'hui, d'être méprisés.

Moi, quand je discute avec les gens, ils ont le sentiment qu'on ne les écoute pas. Regardez, je vais vous donner un exemple dans ma ville, j'en parle. On nous dit, il faut faire attention aux villes moyennes, aux villes périphériques, à cette France qui n'est pas celle des métropoles.

Très bien, il y a un mois, EDF Énergie Nouvelle, c'est une filiale à 100% d'EDF, annonce qu'ils vont, à moyen terme, tout de suite, un tiers des emplois dans ma ville, dans notre agglomération, va nous quitter pour aller à Montpellier. Une fois de plus dans l'agglomération, dans la grande ville, dans la métropole. Et ça, les gens n'en peuvent plus, ils n'en peuvent plus.

Et ça, il faut prendre cette question à bras-le-corps. Or, c'est vrai que tout coûte de l'argent, mais il y a aussi à faire des économies. Le problème, c'est que la place politique, elle est démagogue.

Ce que vous ne pouvez pas être quand vous êtes maire. Moi, j'ai supprimé 150 emplois dans ma mairie. Je les ai supprimés.

On avait 2000 emplois, il y en a 150 de moins. L'État, tous les hommes politiques vous disent, vous savez, au niveau national, on va supprimer dans la fonction publique. Mais où ?

Quand ? Comment ? Parce que ce que j'entends de Macron, en revanche, c'est quand il dit, si on dépense plus, à un moment donné, il va falloir faire des économies.

Lui, comme il sent bien qu'il ne va pas y arriver, il dit, on va supprimer moins de fonctionnaires. Mais attendez, ce n'est pas la solution. La solution, c'est faire des économies.

Et je suis content de faire ce livre, parce que le courant de pensée que j'incarne, on nous a souvent dit, mais moi, je suis populiste, je l'assume jusqu'au bout des mois. – Si vous l'écrivez. – Populiste.

Populiste, ça veut dire qu'il s'occupe du peuple. Mais je m'occupe du peuple, dans ma commune, les impôts n'ont pas augmenté, on a baissé la dette, mais pour ça, on a fait des économies de fonctionnement. Et voilà. – Marianne Soubrain-Nascasi, Thibault Langsane.

Marianne, qui connaît bien Robert Ménard, parce qu'à chaque fois, vous l'invitez à Béziers. – Et chaque fois, elle n'est jamais venue. – Non, toujours pas. – Je vous réinvite une nouvelle fois. – Je suis heureux, j'aurai le temps, avec plaisir, mais malheureusement, je n'ai pas forcément le temps.

Monsieur le maire, écoutez, j'ai lu votre livre, vous l'aurez compris, il y a toute une partie qui m'a plu. Enfin non, vous ne pouvez pas imaginer qu'il y ait une partie qui m'a plu. Mais il y a une partie qui m'a déplu, mais… – Je ne vous juge pas sans savoir. – Mais alors, plusieurs choses. – Effectivement, c'est un livre un peu quand même, il faut le dire, un peu à votre gloire quand même, de tout ce que vous avez fait de réussie.

Et notamment, on va dire, cette autre façon de communiquer, puisque vous parlez à un moment de la campagne d'affichage que vous aviez faite contre la fermeture des Galeries Lafayette, notamment. – Et les Galeries Lafayette, ils sont. – Voilà, et qu'à la limite, vous regrettez peut-être un petit peu l'affiche assez… la photo pas forcément très belle de la PDG. – Mais moi, ce qui m'a intéressée, c'est la façon dont vous arrivez, et vous le dites, vous êtes tout neuf, vous êtes un candide en fait, vous ne connaissez rien à la gestion d'une mairie, vous arrivez, c'est assez classique, les placards ont été vidés, les tiroirs, vous dites qu'il n'y a même pas un trombone.

Et vous dites à un moment, je regrette de ne pas avoir mis en place le spoil system. Vous pensez que ça aurait été… – Alors il faut expliquer ce que c'est le spoil system. – Voilà, le spoil system à l'américaine, on arrive, on change d'administration complètement. – On coupe toutes les têtes parce qu'il y aurait, et d'ailleurs c'est ce que vous dites, il y aurait de la part de tous les chefs en fait, un immobilisme, parce que de toute façon, les mères passent, les fonctionnaires restent.

Qu'est-ce que vous en pensez aujourd'hui et qu'est-ce que… – J'ai découvert absolument, j'ai découvert le poids de la bureaucratie dans ce pays. Vous savez, on en parle comme ça, moi j'en parlais comme journaliste, mais là, je l'ai touché du doigt. – Alors dans les fonctionnaires, il n'y a pas tous les fonctionnaires qui sont en haut de la pyramide, mais c'est 2000 fonctionnaires en tout, entre la ville et le CCAS, pas tous n'ont pas joué les jeux, mais un certain nombre de gens étaient décidés à ne pas jouer les jeux.

Mais moi j'étais un peu naïf, j'ai cru, t'es élu, que les gens… – Vous aviez la légitimité, voilà. – Je raconte dans un livre, mais pas que certains hauts fonctionnaires qui se sont comportés de façon indigne, mais je parle des politiques. Je suis élu, j'arrive une semaine après, vous savez, quand vous êtes élu, il y a un conseil municipal qui vous désigne officiellement comme maire.

Il se fait que c'est la personne la plus âgée, l'élu le plus âgé, qui vous met l'écharpe tricolore. – Et qui a refusé, oui, vous le dites, c'est un communiste. – C'est un élu communiste, il refuse de me mettre l'écharpe tricolore, et il entonne, il entonne le chant des partisans. – La résistance. – Mais c'est une saloperie, je l'ai vécu comme une… Attendez, j'ai passé ma vie à défendre des gens dans le monde entier, et cette espèce de pingouin vient me faire une leçon de morale.

Il y a une élection, et au nom, attendez, le premier qui vous dit, au nom de la démocratie, c'est-à-dire au nom de la démocratie… – Alors que vous étiez élu, non, mais ça c'est vrai, on ne peut pas vous le retirer, monsieur le maire, clairement. – Mais ça s'est fait sur plein de trucs. On a des agglomérations dans nos villes, vous savez, toutes les villes, tous les villages maintenant sont des agglomérations.

Les gens qui ont été battus se sont ligués, la droite, la gauche, l'extrême gauche, la droite, tous ensemble, pour que je ne sois pas en l'occurrence le président de l'agglomération, ce qui ont été toujours les prédécesseurs, parce qu'on est la grosse ville de l'agglomération. Parce que le suffra, ils aiment le peuple, ils aiment les élections, quand ça leur donne raison. – C'est parce que vous n'étiez pas du serail. – Et ce qui m'intéresse, c'est le jargon aussi, c'est la façon dont on exclut aussi les gens en jargonnant. – C'est un autre truc.

Attendez, j'ai passé mon temps, au départ, à dire « Est-ce qu'on peut traduire en français ? » Mais vous rigolez ! – Oui, mais je sais, vous le dites. – Chaque profession, mais les journalistes, c'est pareil, chacun en interne, on a une espèce de jargon.

Mais là, c'était un peu ça, je ne comprenais rien. Et ça assure le pouvoir des gens. Quand vous avez en face quelqu'un qui maîtrise 25 sigles, vous savez, en plus en France, les sigles, on adore ça, 25 sigles, que vous découvrez, je ne sais pas, le logement social ou la santé.

Vous êtes ignorants de ça. Or, les politiques, mais les politiques, ils ne remplacent pas les techniciens. On ne me demande pas d'être un spécialiste de la santé, d'être un spécialiste de logement social.

On me demande de trancher. Pour trancher, il faut qu'un certain nombre de gens se départissent de ce langage qui les met à l'abri de toute critique et d'habitude. Ça, c'est la première chose.

Et puis, l'autre chose, la réponse, c'était « Ah, on a toujours fait comme ça. » Ah, voilà. Et ouais.

Alors, on va continuer. C'est-à-dire que tu es élu juste pour rompre, pour faire d'autres choses. Ah, mais gentiment, ce n'était pas… Et vous serez candidat en 2020.

Mais bien sûr, je serai candidat en 2001. Pourquoi ? Parce que vous y avez fait allusion.

La lenteur entre un projet, vous décidez de faire une place, une grande place. Et Dieu sait qu'on a changé la ville. Et Dieu sait.

Venez à Béziers. Vous verrez Béziers il y a 5 ans et Béziers aujourd'hui. Oui, je le dis parce que je pense sincèrement, il est bité.

Non, mais venez voir. Attendez, ne souriez pas. Vous ne l'avez pas vu ni avant ni maintenant.

Il y avait Brooklyn et Béziers juste après. Pourquoi vous dites ça ? Non, mais parce que la manière dont vous dites, on a l'impression que je ne sais pas ce que vous avez changé dans Béziers.

Toute la vie est belle. Moi, quand un maire me parle, et vous avez parlé de Montpellier, ça me rappelle Georges Frèche, l'ancien maire de Montpellier, qui disait pour être réélu en tant que maire, il faut augmenter les impôts les trois premières années et les baisser les trois dernières avant de se réélire. Et on est tout le temps réélu.

Il expliquait, c'est un maire, le maire de Montpellier, c'est extraordinaire dans la gestion d'une municipalité. Maintenant, si votre seul argument, c'était uniquement le fait d'avoir baissé la fiscalité...

Mais c'est important, monsieur, les impôts. C'est important, les impôts. Mais ils baissent dans plein de villes.

Ce n'est pas parce qu'on baise les impôts dans une ville qu'elle est bien gérée. Monsieur, d'abord...

Que socialement, sur la solidarité...

Pardon, je préfère baisser les impôts, je préfère baisser la dette de la ville et je préfère faire des économies de fonctionnement. On est la première ville à avoir mis en place une mutuelle pour les personnes. Peut-être que pour vous, la mutuelle, ce n'est pas un problème.

Dans une ville qui est une ville pauvre comme la mienne, permettre aux gens de bénéficier d'une mutuelle moins chère, figurez-vous que les gens, par rapport à tout ce que vous dites...

Il y a une sécurité sociale, monsieur Ménard. Et la mutuelle, vous ne savez pas ce que c'est ? 6 000 personnes, c'est ça ce que vous... 6 000 personnes. 6 000, ah, 6 000, oui.

Pardon, je pense que vous parlez de choses que vous ne connaissez pas. Vous savez, il y a la sécurité sociale, mais quand la sécurité sociale ne prend pas en charge un certain nombre de frais, il vaut mieux avoir une mutuelle. Alors peut-être que...

Mutuelle municipale, donc, là. Il y a une mutuelle qui a été mise en place, on est la première ville. Elle existe maintenant dans plusieurs centaines de villes.

Les musées sont gratuits dans cette ville, on a fait un certain nombre de choses pour les gens. Je suis un maire de bon sens, je n'ai pas une approche idéologique. De toute façon, le dernier mot, c'est les électeurs qui l'auront en 2020, quand vous vous représentez.

Voilà, je leur donne rendez-vous. S'ils vous réalisent ou pas. On continuera de parler, c'est municipal, on continuera de parler de votre livre.

Robert Ménard avec nous dans le Grand Oral des Gégés. Un maire ne devrait pas faire ça aux éditions Mordicus. A tout de suite, en direct sur AMCRMC Stories.

Les Gégés, les grandes gueules avec dans le Grand Oral. Aujourd'hui, le maire de Béziers, Robert Ménard. Et ce livre, un maire ne devrait pas faire ça, livre aux éditions Mordicus.

M. Thibault Langsade, question. J'avoue que je ne vous connaissais pas.

J'ai dû également regarder votre bio et remonter un peu loin. J'ai lu votre livre assez facilement. Alors, il y a du vidoc dans votre livre, et en tout cas dans les méthodes que vous utilisez, qui sont parfois un peu orthodoxes.

Marianne l'a expliqué sur les affiches. Vous avez d'ailleurs récidivé avec la SNCF, avec des affiches un peu controversées. Incontestablement, vous avez des résultats.

Et je trouve que, contre, on va dire, beaucoup de critiques, parfois exagérées, vous avez fait front et les électeurs jugeront. Mais incontestablement, il y a eu des avancées très significatives dans votre ville. Là où je suis un peu étonné, c'est que vous ne parlez absolument pas des entreprises, ou en tout cas très peu.

J'ai repris quelques passages, mais vous n'expliquez pas les raisons et la façon dont vous interagissez avec le milieu économique, qui est un élément indispensable pour vous développer, hormis l'égal et la faillette, dont on a bien compris que vous avez obtenu ce que vous souhaitiez avec des méthodes quand même assez rock'n'roll, orthodoxes, j'ai envie de dire. Là, vous vous apprêtez à récidiver avec, ou vous l'expliquez dans votre livre avec EDF. Voilà, donc c'est le premier point, vous ne parlez pas tellement des entreprises.

Et le second point, c'est que, est-ce que vous allez vous contenter de votre ville de Béziers ? D'abord, première réponse qui est évidente, pardon, ce ne sont pas les maires qui sont responsables du développement économique, mais les agglomérations. C'est pour ça que je suis tellement en colère, que cette agglomération soit en une espèce de coblance de tous les battus du suffrage universel à Béziers.

Je ne rêverai que d'avoir à m'en occuper. Parce que je vous garantis que je ne prendrai pas les questions de la même façon. Parce que moi, je fais un éloge du volontarisme.

Tout ne se règle pas comme ça. Mais si vous attendez que les entreprises viennent chez vous, vous pouvez attendre longtemps. Les agglomérations, excusez-moi, décident de quoi concrètement par rapport à une commune ?

La politique économique, elle relève de l'agglomération et pas des maires. C'est-à-dire choisir des zones d'implantation ? Choisir des plantations, aller chercher les entreprises, les accueillir, négocier le prix de terrain.

Mais non, ça passe obligatoirement par l'agglomération. Attendez, si vous êtes au département, c'est plus vous qui vous occupez du transport. Vous avez le foncier.

Mais non, le foncier, c'est les zones d'activité, c'est plus nous. C'est l'agglomération. Oui, je pense que les gens ne savent pas exactement de quoi ils parlent.

Mais la partie fiscale ? La partie fiscale sur les entreprises, c'est les agglomérations. Donc la mairie doit en référer à l'agglomération.

C'est l'agglomération qui décide. Oui, mais par exemple, monsieur le maire, vous démarchez une entreprise, vous arrivez, parce qu'il y a du foncier, même si c'est géré par l'agglomération, mais vous arrivez à les convaincre de venir ou de se développer, etc. L'agglomération pourrait vous bloquer à ce moment-là ?

Elle ne le fera jamais. Oui, mais non, non, mais ce n'est pas ça. Les entreprises, elles ne viennent pas comme ça.

Les entreprises, il faut aller les chercher. Il n'y a pas que Béziers qui existent. Il faut aller les chercher, il faut être offensif.

Il faut baisser peut-être un certain nombre de taxes, d'impôts, parce qu'avant, ils relevaient des communes, maintenant, ils relèvent des agglomérations. C'est un drame, c'est-à-dire qu'on demande au maire, et vous avez raison de me poser cette question, parce que les gens pensent que le maire est responsable de tout dans sa ville, on l'a dépouillé d'un certain nombre de pouvoirs. Et donc, je le regrette, et je pense que j'espère que monsieur Macron, quand il dit, vous avez vu, il a commencé sa conférence de presse en faisant une espèce d'éloge des maires, j'espère qu'il va nous redonner des pouvoirs dont il nous avait privés.

Mais là, la taxe d'habitation, ça vous pénalise ou pas ? Non, je pense que c'est une bonne chose. Si la taxe d'habitation, elle est remboursée à un euro près par l'État, et pour l'instant, ils le font, parce qu'aujourd'hui, tout le monde ne paie pas la taxe d'habitation, déjà, avant les décisions de monsieur Macron, quand vous êtes trop pauvre ou que vous êtes exonéré, et c'est remboursé par l'État, tant mieux.

Et donc, c'est très bien, cette décision de monsieur Macron, c'est une bonne décision. Et je le dis sans ajouter, vous savez, le mais que tous les hommes politiques font. La deuxième chose, bien sûr que j'irai briguer aucun autre mandat.

Ce qui me passionne, c'est ma ville. J'ai une ville qui est la plus vieille ville de France. C'est la première ville en France.

Eh oui, c'est la première ville en France. La première cité organisée en France. Mais dites-le, excusez-moi, je suis peut-être d'une inculture notoire, mais...

Je ne me permettrai pas. Bah non, mais possiblement, je veux dire, mais alors là...

Si vous arrivez à Béziers, vous verrez...

Mais monsieur Ménard, là, puisqu'on parle de 2020, mais vous devriez avoir un concurrent de la France insoumise, normalement. C'est Alexis Corbière qui a envie de venir à Béziers. Je crois qu'il est réaliste.

Parce qu'il est bitérois, hein. Il est bitérois. Il est du coin.

D'ailleurs, il est très différent quand il arrive à Béziers et qu'on discute...

Ah, vous discutez avec lui, parce qu'il est assez virulent à votre rencontre, normalement. Oui, mais ça, c'est des effets de manches et de tribunes. Ah oui.

Bien sûr. Attendez, vous plaisantez. Il n'est pas assez imbécile pour ne pas savoir que les choses changent à Béziers, que c'est compliqué à Béziers, et qu'il a peu de chances d'expliquer aux bitérois que c'est la dictature du prolétariat qui va régler leurs problèmes.

Vous savez, les gens aux bitérois, ils ont besoin, ils sont contents, parce qu'aujourd'hui, il y a plus de police qu'avant, parce que la ville, elle est plus propre. Voilà, c'est ça. Et tout ça, c'est important.

C'est le quotidien. Moi, je vois à quel mépris les gens, vous savez, traitent cette politique...

Vous parlez des sénacles parisiens, quoi. En fait, le mépris du reste de la France pour la province. Oui, le mépris pour ça.

Ou le mépris de la capitale. C'est le mépris de la capitale, le mépris des journalistes, le mépris des hommes politiques qui pensent que tout ça, vous savez, c'est comme les chiens écrasés. Non.

Le quotidien des gens, pour moi, c'est, est-ce qu'ils auront un logement décent ? Est-ce que leur rue sera propre ? Et est-ce qu'il n'y aura pas de mecs qui les emmerdent le soir et qui les empêchent de dormir ?

Anas Casib, question. Moi, j'adore, parce qu'on fait passer Alexis Corbière. Moi, je ne suis pas insoumis du tout.

Mais s'il y a bien quelque chose qu'on ne peut pas dire de la France insoumise, c'est bien qu'elle n'est pas pour la dictature du prolétariat. Justement, c'est un parti qui est réformiste, qui est républicain. C'était de l'humour, monsieur.

Oui, mais on colle la dictature du prolétariat et la dictature du prolétariat n'est pas une dictature. Non, mais c'est de l'humour. Moi, je n'ai pas de problème là-dessus.

C'est de l'humour. Oui, mais je n'ai pas de problème là-dessus, mais bon. Donc, c'était de l'humour.

Vas-y, Anas. Question. Non, je voulais juste revenir sur la question des gilets jaunes et ce que vous avez dit.

Moi, j'avais retrouvé un tweet où vous disiez que les gilets jaunes qui entonnent la Marseillaise, c'est ceux qui réclament Giroud et pas Benzema. Exactement. Il y avait aussi les tweets sur les poilus et les gilets jaunes.

Je pense que vous êtes comme Philippot, comme Nicolas Dupont-Aignan, comme Franck Beuleur, toutes les personnes d'extrême droite qui ont fait des vidéos et qui ont soutenu le mouvement des gilets jaunes. Vous espériez que derrière, électoralement, ça profite à l'extrême droite. Et aujourd'hui, vous êtes gênés parce que quand les gens chantent, comme je disais, on est là pour l'honneur des travailleurs, qu'on chante anticapitaliste, c'est vrai qu'on range tous les gilets jaunes.

D'ailleurs, vous aviez mis un gilet jaune, je crois, dans un de vos conseils, dans un conseil municipal à Béziers. Et aujourd'hui, vous êtes gênés. De dire que ce n'étaient des gens dépolitisés, c'est complètement faux.

Est-ce que j'ai employé le mot dépolitisés ? Non, vous avez dit qu'ils ne faisaient pas de politique. Aujourd'hui, ce sont des gens politisés.

Ils ne sont pas dans une logique partisane, monsieur ? Oui, non, mais ils ne sont toujours pas partisans. Les gilets jaunes, je vous propose, comme je l'ai fait, plutôt que de tenir un discours comme ça, idéologique, je vous propose, vous venez à Béziers, monsieur, on va voir les gilets jaunes ensemble, et on va voir si le discours que vous tenez là, ou le discours que je tiens, lequel fait écho à leur sociabilité, à leur préoccupation.

Vous venez...

La totalité des enquêtes, monsieur Ménard, que vous le vouliez ou non, moi je sais que vous voulez mettre la question de l'immigration et la question religieuse systématiquement sur la table, sauf qu'il n'y a personne qui parle d'immigration dans le mouvement des gilets jaunes, et c'est ça le problème. Vous vivez où, là ? Bah écoutez...

Vous vivez où, à la SNCF ? Écoutez, monsieur, sur les 24 actes des gilets jaunes, je pense que j'en ai fait une bonne vingtaine. 24 actes ?

Actes, actes, actes, actes, actes, actes, actes, actes, actes, actes, des gilets jaunes, j'ai été dans plus d'une vingtaine de mouvements. On n'entend pas les mêmes, oui, quand je vais aux gilets jaunes...

Vous entendez ce que vous voulez, vous ? Non, non, non, pardon. Actuellement, il n'y a pas d'immigration.

Au rond-point, non, il y a peu d'immigration dans les gilets jaunes. Au début, posez-vous la question pourquoi, si vous le permettez. Oui, je suis fier de voir des gens dans des ronds-points qui entonnent la Marseillaise et qui montrent le drapeau bleu-blanc-rouge.

Or, peut-être que vous, c'est un problème. Qui a rapport avec Benzema, c'était ça ? Pour moi, c'est exactement ça.

Entre Benzema, ce qu'il dit de la France, et d'autres joueurs de football, ce qu'il dit de la France, ce n'est pas la même chose. J'ai une préférence pour ceux qui aiment mon pays. Voilà, c'est tout.

Une préférence nationale ? Exactement, exactement. Et moi, je l'assume.

Je l'assume sans aucun problème. Parce que vous avez été désigné comme le maire anti-musulman, Robert Ménard. Et anti-kebab.

Attendez, oui. Anti-kebab et anti-musulman. Oui, alors attendez.

T'as pas lu le livre. Non, d'abord. Moi, je n'ai pas lu le livre, mais c'est vraiment la question des kebabs.

C'est incroyable. Le type que vous avez en face de vous, qui vous fait une leçon de morale. Je ne vous parle pas de votre livre, moi.

Je vous pose une question pour un coup. De quoi on parle, monsieur ? Alors, vous commencez par lire les livres.

Vous commencez par vous donner un peu la peine. Vous commencez par sortir un peu de vos a priori. Et on discute sérieusement.

Monsieur Ménard, juste pour vous dire, pour votre livre. Moi, je ne l'ai pas eu en papier, d'accord ? On me l'a envoyé hier en PDF.

Donc, excusez-moi, moi, le 1er mai, je préfère aller manifester que lire le livre de Robert Ménard. Ça, c'est la première des choses. Donc, on n'oublie pas les gens.

Monsieur Ménard, si je mens, si je vous dis, vous avez écrit ça, et que vous me dites, ah, je t'ai pris la main dans la poche, dans le sac, tu n'as pas lu mon livre, je vous prends sur un tweet. Je n'ai pas dit votre livre, je ne parle pas de votre livre. Je vous dis, vous avez fait un tweet.

Excusez-moi, si vous l'avez écrit. C'est vrai. Alors, justement, vous se disiez hors du livre que...

Quand on vient à une émission autour d'un livre, on le lit. Pardon, c'est le minimum. Et je disais, Robert Ménard, que vous avez été...

C'est juste le minimum de l'honnêteté. Je le dirai avec attention. Robert Ménard, je disais que vous avez été désigné comme le maire anti-musulman.

Voilà, c'était celui qui ne voulait plus de musulmans dans sa ville. Je ne veux pas plus de musulmans. Moi, étant donné, une partie des musulmans dans la ville vote pour moi.

Comment vous croyez que je suis élu ? Enfin, vous plaisantez. Non, ce que je dis que dans...

Et vous le savez comment ? Je sais. C'est le nombre de quotas.

C'est une carte d'électeur. C'est mieux des bureaux. Ça va, ça va, c'est vrai.

Mais comment on le sait ? Attends, attends, attends. Tu regardes sur les bureaux.

À ce degré de mauvaise foi, je vous laisse tout seul. Parce que les bulletins de vote, vous savez, s'ils sont musulmans ou chrétiens. Non, attendez, on arrête.

On est admiratifs de ça. Et la bêtise, je suis admiratif d'elle, là, vraiment. Alors, réponse.

Sur ? Sur la maire anti-musulman qui ne voulait plus de musulman dans sa ville. Je ne suis pas la maire anti-musulman.

Je dis, je dis, quand un quartier est aujourd'hui majoritairement musulman. Qui c'est qui en paye, issu de l'immigration ? Qui c'est qui en paye les frais ?

C'est les gens de ce quartier-là. Les riches, figurez-vous, les riches, ils choisissent leurs écoles et ils sortent de l'école de la carte scolaire. Les riches, ou ceux qui ont les moyens, ils quittent les quartiers difficiles.

Quand vous n'êtes pas, vous restez dans ces quartiers et vous y êtes incrustés dans le quartier-là. Et ça, je n'en veux pas. Quand dans des écoles, il y a une immense majorité de gens issus de l'immigration, c'est un ghetto qui se construit.

Et mon boulot de maire, c'est de casser ces échos, ces ghettos. J'ai un quartier, tout à l'heure, vous me posez une question. Je voulais revenir parce que justement, c'était la question que je voulais poser.

Qu'est-ce qu'on fait par rapport à ça ? Moi, je suis d'un quartier qui s'appelle La Devese, un quartier populaire de Béziers. J'y étais et aujourd'hui, j'y vivrai plus difficilement.

Parce que ce quartier, il a radicalement changé pour le malheur des gens qui y vivent. Pour le malheur des gens qui y vivent. Qu'est-ce que je peux faire ?

On va faire une nouvelle école maternelle. Je me suis battu grâce à l'éducation nationale. Il faut rendre hommage au ministre de l'éducation nationale.

On va faire dans ce quartier difficile une maternelle bilingue, internationale. Parce que ça permettra aux gens d'aller dans ce quartier ou d'entendre parler de ce quartier. Pas seulement pour les feux de bagnole qui brûlent, mais parce qu'il y aura la meilleure école maternelle de la ville.

Et c'est ça qu'il faut faire. Et ça, monsieur, c'est que j'ai du bon sens. Moi, je n'ai pas d'idée a priori.

J'ai juste une pratique de maire. La pratique de maire, c'est régler les problèmes les uns après les autres des maires. Pour vous, tout ça n'est pas important.

Vous ne me connaissez pas. Vous n'avez pas lu ce livre. Ne me faites pas des procès d'intention.

C'est moi qui vous ai fait un procès d'intention. Vous me faites un procès d'intention. Vous lui avez dit que ce n'était pas important.

Là, vous vous parlez de mairie. Moi, je vous parle d'un tweet où vous avez cherché Benzema et Giroud. Moi, je veux savoir c'est quoi le rapport des Gilets jaunes entre Benzema et Giroud.

Tout à l'heure, quand vous me dites sur les impôts, on baisse les impôts, ça veut rien dire. Bien sûr que c'est important, mais c'est les impôts. Pardon, c'est à ça que je faisais allusion.

Oui, il faut baisser les impôts. Oui, il faut faire des économies pour pouvoir mettre l'argent où les gens en ont besoin. Marianne Soubet.

Oui, oui, donc effectivement, je voulais revenir parce que c'est, on va dire, la partie que j'ai le moins aimée dans le livre. Mais donc, vous dites, et vous tirez un constat, donc vous avez fait une première réponse, vous dites, il y a un constat, les gens, de toute façon, ne veulent plus rester comme ça. Une immense majorité des gens ne veulent plus entendre parler du vivre ensemble parce qu'ils ne veulent plus vivre ensemble.

Ce que vous appelez le vivre ensemble, mais c'est assez caricatural dans la façon dont vous présentez les choses. C'est-à-dire qu'il y aurait d'un côté, on va dire, allez, on va mettre, je me mets dans ce sac, les bien-pensants, les bobos, le vivre ensemble, etc. Alors qu'en réalité, je pense que je fais partie des gens finalement très réalistes parce qu'il n'y a pas d'un côté, si vous voulez, les gentils qui voudraient admettre tout le monde, les gentils ou les bobos, appelez-les comme vous voulez.

Et puis de l'autre côté, des gens comme vous qui diraient, on arrête l'immigration, etc. Et je trouve que votre vision est assez manichéenne quand même. Non, pardon, je ne pense pas avoir dit ça.

Je ne supporte pas, je ne supporte plus. Il y a une phrase où vous dites, effectivement, il y a des gens de gauche qui pourraient penser comme moi. Alors moi, je ne pense pas comme vous d'ailleurs.

On ne veut pas vivre ensemble, il ne vient pas de ces gens-là. Vous dites, ça vient aujourd'hui d'une nouvelle génération qui ne veut plus vivre avec nous, c'est ce que vous dites. C'est un échec, l'immigration.

Quand, à la troisième ou à la quatrième génération, les gens veulent encore moins vivre comme il est convenu de ce pays dans son histoire de vivre. Vous pensez qu'il y a vraiment, je vous pose vraiment la question en toute objectivité. Si vous pensez qu'il y a des troisième ou quatrième génération...

Qui sont bien plus rudes, qui se sentent...

Mais attendez, mais vous, encore une fois, allez voir les gens, dites-ce que moi je suis confronté...

Troisième ou quatrième génération. Mais bien sûr, je suis confronté à ça tous les jours. Moi, ce que je ne supporte plus, ce n'est pas ce que vous dites là.

Ce que je ne supporte plus, c'est les gens qui viennent me faire une leçon de morale et en même temps, qui ne mettent pas leurs enfants dans l'école du quartier parce qu'ils ne veulent pas de cette immigration-là. C'est ça que je ne supporte plus. Je ne supporte plus, vous savez, ce que disait cette espèce de moraline à quatre sous qui font qu'on vient expliquer « Mais moi, je suis absolument pour l'immigration. » Mais les types, il n'ira jamais vivre dans un quartier d'immigration.

Il y a des gens beaucoup plus nuancés, c'est-à-dire qu'il n'y a pas d'un côté les gens qui sont contre l'immigration et de l'autre les gens qui sont pour...

Je ne vous ai pas dit ça, je l'ai dit, les gens où il y a un discours et une pratique personnelle où c'est un gouffre. Et ça, c'est un support. Merci Robert Ménard d'être passé par le grand oral des Gégés.

Un maire ne devrait pas faire ça aux éditions Merdicus.