"Ni LFI, ni RN" - avec Xavier Bertrand
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 42 %Attaque 41 %Défensif 17 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:04OuverteRéponse directe
Bertrand, avant de discuter avec vous de la droite, parce que c'est mon obsession en ce moment, je voudrais un peu avoir votre sentiment sur l'actualité politique ces dernières semaines, le débat budgétaire à l'Assemblée. Comment est-ce que vous le vivez ?
- 0:17RelanceRéponse partielle
Est-ce que c'est un bel exercice de démocratie 149.3 ? Est-ce que c'est une folie fiscale ? Comment vous le voyez, ce débat budgétaire ?
- 1:32RelanceÉludée
Elle est questionnable, cette Constitution à l'exercice, ses dérives présidentialistes, l'autoritarisme, l'absence de majorité absolue à l'Assemblée qui change un peu la donne. Pour vous, elle est encore jeune et fraîche, la Constitution ?
- 1:59OuverteRéponse directe
Non, pourquoi ? Depuis 2005, il y a eu un traumatisme, quand même.
- 4:41OuverteRéponse directe
Je voulais vous demander votre positionnement politique. Je vous ai connu à l'UMP, chez Les Républicains. Vous en êtes parti. Vous avez créé Nous France. Vous êtes revenu pour la primaire en 2021. C'est ma famille. Je suis toujours. Donc, aujourd'hui, vous y êtes toujours. Vous êtes toujours chez Les Républicains. D'accord. Vous faites partie des instances dirigeantes.
- 5:07OuverteRéponse directe
C'est quoi votre droite à vous, Xavier Bertrand ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:26Invité politiqueFait
« C'est un peu le bal des fous, quand même. »
- 2:03Invité politiqueFait
« C'est qu'on a fait, à mon sens, une grave erreur quand on est passé du septennat au quinquennat. En l'an 2000. »
- 2:47Invité politiquePromesse
« Septennat unique. »
- 4:29Invité politiqueChiffre
« la barre soit beaucoup plus basse qu'à peu près 4,5 millions, 5 millions, ça ne sera jamais atteignable. »
- 6:40Invité politiqueFait
« Moi, je lui demande de clarifier sa position. Moi, je dis régulièrement, ni LFI, ni RN. »
- 10:30Invité politiqueChiffre
« où il y a 9000 migrants qui sont exploités par ces criminels que sont les passeurs. »
- 14:44PrésentateurFait
« LR a voté pour ? »
- 16:18Invité politiqueChiffre
« Là, hier encore, je crois qu'il y a eu 94 personnes qui ont été secourues en mer. »
- 17:30Invité politiqueFait
« Mais qui dit que Bardella n'a aucune compétence ? Tout le monde le sait. Il suffit de regarder son CV. »
- 18:35Invité politiqueFait
« Ils votaient contre. »
- 23:22Invité politiqueFait
« j'attends des Républicains qu'ils votent et qu'ils votent, pour moi, c'est une faute. »
- 24:59Invité politiquePromesse
« j'ai proposé plutôt que la taxe Zuckman, j'ai proposé que la fameuse flat tax soit augmentée. »
- 25:22Invité politiqueFait
« il se procure un cabis, il recrute du personnel, il remplit les carnets de commandes, il paye ses salariés, il paye ses charges »
- 26:30Invité politiqueFait
« monter une boîte, aujourd'hui, clairement, c'est aussi prendre des risques »
- 26:58InvitéChiffre
« 76% des commerçants artisans testés dans l'ensemble des sondages sur la taxe humaine, ils sont favorables »
- 29:15Invité politiqueFait
« les indemnités sont plafonnées aujourd'hui »
- 30:24Invité politiqueFait
« Les services publics, ça ne compte pas pour rien. L'école, la santé, le logement, la culture »
- 31:28Invité politiqueFait
« Si on ne se fait pas des efforts pour la culture, à quoi ça sert de se battre ? »
- 35:43Invité politiqueChiffre
« Je fais reculer le Rassemblement National de 16% »
- 38:26Invité politiqueFait
« Je pense qu'une élection présidentielle, c'est une rencontre, un candidat, une candidate et les Français »
- 40:40Invité politiqueFait
« moi, je suis pour qu'effectivement, on ait des quotas »
- 42:13Invité politiquePromesse
« Je revois complètement le système des bourses »
- 42:49Invité politiqueChiffre
« nous finançons 90% du prix du permis »
- 44:40Invité politiqueFait
« L'ostéodensitométrie qui permet de mesurer les risques d'ostéoporose, pareil, je l'ai mis en place »
- 46:34Invité politiqueFait
« on va avoir des files d'attente de dingue pour tout simplement prendre son repas. »
- 46:44Invité politiqueFait
« plutôt que de regarder s'il y a 15 cases à bien remplir, on va gagner un temps fou et ça va me permettre à certains agents de ne plus faire ça mais d'avoir des tâches où ils seront en contact avec le public. »
- 46:56Invité politiqueFait
« je suis pour une politique où on sait faire preuve de surmesure. »
- 47:01Invité politiqueFait
« on peut avoir moins d'agents publics même si les services publics doivent continuer à trouver leur place mais ils ne sont pas forcément assurés par des agents publics. »
- 47:31Invité politiqueFait
« la santé, on doit marcher sur deux jambes. Il y a une jambe publique et il y a une jambe libérale. »
- 47:42Invité politiqueFait
« on a réussi à marier l'économie et l'écologie, la décarbonation sur justement les chemins verts, sur la replantation des haies, sur la biodiversité. »
Temps de parole
- Xavier Bertrand70 %
- Présentateur7 %
- Présentateur 27 %
- ?7 %
- Invité5 %
- Invité 23 %
≈ 40,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Xavier
Bertrand, avant de discuter avec vous de la droite, parce que c'est mon obsession en ce moment, je voudrais un peu avoir votre sentiment sur l'actualité politique ces dernières semaines, le débat budgétaire à l'Assemblée. Comment est-ce que vous le vivez ? Est-ce que c'est un bel exercice de démocratie 149.3 ? Est-ce que c'est une folie fiscale ? Comment vous le voyez, ce débat budgétaire ?
C'est un peu le bal des fous, quand même. Dans quel sens ? Le bal des fous qui est mené par les deux extrêmes, très clairement. Quel extrême ? Le sujet, aujourd'hui, c'est qu'il ne cherche pas à faire voter un budget. les deux extrêmes, les filles,
le
RN. Ils cherchent à ce que ce soit, très clairement, un budget qui ne passe pas,
un
gouvernement qui tombe,
une
dissolution et le départ de Macron. Il faut être très clair, il n
'y
a que ça qui les intéresse. Trouver une solution, essayer de trouver un budget pour réduire les déficits en faisant preuve de justice, ce n
'est
pas le registre.
Là,
du coup, je pense quand même qu'à un moment donné, on va essayer d'avoir à nouveau la tête sur les épaules, le Sénat va le faire. Et puis, on a aussi une grande chance, quand même, c'est qu'on ait un pays. Alors, ça remonte à loin. Adèle,
vous
pointez un peu du doigt le côté boomer et tout ça, je vais aller beaucoup plus loin. On a quand même de la chance qu'à l'époque, Général De Gaulle, Michel Debré, quand ils ont fait la Constitution, ce n
'est
pas une Constitution en carton-pâte. Donc, c'est-à-dire que, même si à un moment donné, ça part dans tous les sens, on est capable d'avoir un budget à la fin de l'année. Et ça, ce n'est pas tous les pays qui ont cette possibilité-là.
Elle est questionnable, cette Constitution à l'exercice, ses dérives présidentialistes, l'autoritarisme, l'absence de majorité absolue à l'Assemblée qui change un peu la donne. Pour vous, elle est encore jeune et fraîche, la
Constitution ? Je pense que
le problème, ce n
'est
pas la Constitution, c'est la pratique des institutions. Moi, je crois au référendum. Depuis longtemps, je pense qu'il faut donner la parole aux gens, donner la parole au peuple. Sauf que, si on va jusqu'au bout du raisonnement, le problème, c'est que vous savez pourquoi on ne fait pas de référendum en France ?
Non, pourquoi ? Depuis 2005, il y
a
eu un traumatisme, quand même.
Non,
ce
n
'est
pas ça. C'est qu'on a fait, à mon sens, une grave erreur quand on est passé du septennat au quinquennat. En l'an 2000. Oui, les cinq ans. On s'est dit, c'est génial, on va pouvoir choisir plus souvent notre président. Eh bien, sauf qu'on est rentré dans un système à l'américaine. Celui ou celle qui rentre à l'Elysée n'a qu'une envie, c'est de faire deux mandats.
Et
dès le départ, c'est l'obsession de la réélection.
Tout
est fait, quand même, à l'aune de cette obsession de la réélection. Et donc, du coup, demander l'avis des Français, alors, à peur,
si
jamais ils disaient non, je vais être désavoué et ça va compliquer ma réélection. Moi, je crois, aujourd'hui d'ailleurs, qu'il faudrait revenir au septennat, un temps beaucoup plus long. Et à titre personnel, je suis convaincu qu'il faut se mettre dans la tête de ne faire qu'un seul mandat. Septennat unique. Oui, tout à fait. Moi, en tout cas, c'est ce que je crois. Non, non, c'est intéressant. C'est que,
vous
savez, quand on a de l'énergie en politique, soit vous la mettez pour faire des choses, soit vous la mettez pour rester en place. Il vaut mieux chercher à faire des choses. Mais pourquoi
ça ne vaut pas
quand on est président de région,
M.
Bertrand, parce que vous avez fait plusieurs mandats ? Bon, j'en suis qu'au deuxième. C'est le deuxième. J'en
suis
qu'au deuxième. Donc deux, ça fait
plusieurs. Oui, mais là, attendez. Oui, je crois. Oui, ça fait plusieurs. Parce que le sujet est très simple. Ce n
'est
quand même pas tout à fait le même enjeu. Je n
'ai
pas toutes les compétences. C'est d'ailleurs aussi les limites de l'exercice de la région. La région, vous savez, c'est trois grandes compétences.
Il
y a l'économie,
l
'emploi, la formation.
Il
y a le financement des lycées, des bâtiments, le personnel d'entretien,
de
restauration. Et les transports, où la vérité, c'est que j'ai surtout le droit de faire un chèque à la SNCF, de râler quand le service n'est pas génial. J'ai les transports scolaires. C'est ça, les compétences de la région. Donc, ce n
'est
pas exactement le même engagement. Vous n'avez pas à gérer les crises internationales. Vous n'avez pas tout ce qui concerne la sécurité, le rapport au travail. Hélas. Donc,
clairement,
moi, sur un mandat présidentiel, je pense qu'il faut sortir de la tête l'idée que
je
vais faire deux mandats et je vais chercher à être réélu. Il faut chercher à faire les choses. C'est vraiment ma conviction. Et vous voyez, si vous faites ça, notamment des référendums sur beaucoup plus de sujets, je pense qu'il y aurait plus de respiration dans le pays. J'en suis convaincu. Et puis, on a aussi le référendum, c'est-à
-dire
d'initiative citoyenne, où les Français peuvent d'eux-mêmes dire qu
'on
voudrait se prononcer sur un sujet comme ça. Mais alors là, la vérité, c'est simple. C'est qu'on a mis la barre tellement haut qu'il ne
pourra
jamais y avoir. Et donc, moi, je souhaite, un, qu'on élargisse le champ du référendum
et
que, d'autre part, le référendum d'initiative citoyenne, la barre soit beaucoup plus basse qu'à peu près 4,5 millions, 5 millions, ça ne sera jamais atteignable. Et si on fait ça, je pense que ces institutions, elles sont capables de montrer qu'elles sont fortes, mais on donnerait davantage la parole aux gens.
Je voulais vous demander votre positionnement politique. Je vous ai connu à l'UMP, chez Les Républicains. Vous en êtes parti. Vous avez créé Nous France. Vous êtes revenu pour la primaire en 2021. C'est ma famille. Je suis toujours. Voilà. Donc, aujourd'hui, vous y êtes toujours. Vous êtes toujours chez Les Républicains. D'accord. Vous faites partie des instances dirigeantes.
Oui, je ne
vois
pas faire partie du comité stratégique. C'est ça.
D
'accord. OK.
Bureau
politique. Pas le bureau politique. Oui. Je suis tout seul avec 100 personnes. C'est quoi votre droite à vous, Xavier Bertrand
?
Vous habitez où ? C'est une droite très républicaine. C'est une droite sociale. C'est une droite qui n
'est
pas dure avec les plus fragiles. OK. Voilà, très clairement. C'est comme ça que je suis depuis longtemps. Peut-être parce qu'il y a mon histoire personnelle. Vous parliez du livre tout à l'heure. Je le raconte dans cet ouvrage. C'est que
l
'histoire de ma famille, c'est l'histoire des classes moyennes. Donc, je suis comme ça. J'ai été en plus élu à 51. Je pense que là où on est élu, là où on côtoie les gens, ça façonne quand même beaucoup quelqu'un. Et je suis intimement convaincu que quand on est élu, vous êtes élu pour les gens qui vont bien et pour les gens qui ne vont pas bien.
Vous
êtes élu pour les gens qui sont au cœur, par exemple, de l'île dans ma région et ceux qui sont dans la ruralité.
Vous
êtes élu pour tout le monde. Et c'est ça qui fait que je suis pour une droite où je ne
veux
pas qu'on oppose les riches aux pauvres. Je ne
veux
pas qu'on oppose justement les uns les autres. Je ne
veux
pas que qui que ce soit
soit
inquiété en raison de son prénom,
de
sa religion ou de son origine. La
loi s'applique pour tous, mais chacun
doit être respecté. C'est ça, ma droite. Et je dis très clairement, c'est une droite qui dit non aux deux extrêmes.
Très clairement et
définitivement.
Pour l'instant, l'extrême qui menace le plus les républicains, c'est l'extrême droite. C'est le Rassemblement National qui gratte des parts de marché, si je puis dire, avec une fusion des électorats sur des thématiques qui sont celles du Rassemblement National. Pas que des électorats d'ailleurs. Pas que des électorats. Non,
non, mais justement, j'allais y venir. Pas que des
électeurs.
Vous avez raison. Le parti aussi. Quel regard vous portez sur Bruno
Retailleau, qui est à la tête de votre parti ? Eh bien, moi, je lui demande de clarifier sa position. Moi, je dis régulièrement, ni LFI, ni RN. Or, il y
en
a beaucoup chez moi,
dans
ma famille politique, qui disent, ils n'ont pas de mal à dire ni LFI, ni LFI. Je voudrais les entendre dire ni LFI, ni RN.
Et
je vais vous dire pourquoi je suis à ce point mobilisé contre les extrêmes.
Je
fais de la politique pour essayer que ça aille mieux dans la vie des gens et que ma région aujourd'hui, demain mon pays, aille mieux.
Je
cherche des solutions aux problèmes. Et je pense en plus qu'un élu,
il
doit chercher à rassembler,
à
unir
et
pas à diviser. Or, les deux extrêmes ont une autre logique.
C
'est quand ça va mal pour les Français que ça va bien pour eux. Ce n
'est
pas la logique qui est la mienne. Et ne cherchez pas, notamment, des solutions de leur part. Ils sont juste là pour dire, ça va mal, ça fait mal, mais rien d'autre.
Ce
n'est pas ma conception de
la politique.
Ce sont
des programmes. Ils cherchent aussi des solutions. Ce ne sont pas vos solutions. En l'occurrence, celle de l'extrême droite n
'est
pas du tout la mienne. Mais ils ont un programme, un projet. Ah oui
?
Oui.
Ils n
'ont pas de problème. Le
NFP. Par
exemple, nous, Front Populaire, ils avaient un programme relativement détaillé. Excusez-moi, mais
quand vous prenez le Front National, c'est quoi le programme
?
C'est-à-dire qu'on sortirait tous les immigrés, donc il n
'y a
plus du tout de problème. Ça ne tient pas la route. Ça
ne
tient pas la route, vous le savez bien.
C'est des
programmes à deux balles, tout ça. C'est
des programmes
à deux balles. Il n'y a rien qui tient la route. Et quand vous avez notamment quelqu'un comme Philippe Aguillon, qui n
'est
pas tout à fait n'importe qui, économiste, prix Nobel d'économie, et qui dit que leur programme ne tient pas la route un quart de seconde, ça les met dans tous leurs étapes parce qu'ils vivent juste. Voilà, c'est aussi simple que ça.
Personne ne dit ça cependant de l'avenir en commun. De l'avenir en commun. Personne ne dit ça de l'avenir en commun. Il y a peu d'économistes qui disent que l'avenir en commun n'est pas financé parce qu'il est financé. Et ce qui est intéressant, c'est quand même que vous créez cette opposition entre deux extrêmes à laquelle moi je n'adhère pas du tout, mais bon,
c'est la vôtre. J'avais
un peu compris.
Mais ce qui est intéressant, c'est que les partis de gauche que vous semblez exclure... Non,
un
parti, LFI,
et
pas le Parti communiste par exemple. Mais donc ce qui est intéressant, c'est
que le
reste de la gauche n'exclut pas LFI, qu'on a fait des campagnes ensemble récemment, on a un programme commun. Et donc c'est intéressant que vous,
vous
excluiez de ce cadre LFI, alors que la gauche elle-même, finalement, ne le fait pas.
On voit, ils prennent sacrément leur distance quand même. Demandez à Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste, qui pense de M. Mélenchon.
On
voit souvent Fabien Roussel en vidéo en vacances. Il ne part pas en vacances avec Mélenchon.
Non, mais ça, je ne crois pas que
ce soir... Vous partez en vacances avec
Bruno Retailleau, vous ?
Alors, je suis plutôt Corse que Vendée. Voilà, je suis
désolé. Je suis
plutôt Corse que Vendée, ou les Hauts-de-France plutôt que Vendée.
Émilien. Dans votre livre, vous expliquez les raisons qui vous ont fait quitter LR en 2017, notamment le fait que le Parti est un peu... C'est ce que Verri Pécresse
a
aussi un peu critiqué en quittant le Parti en 2019, donc le verrouillage du Parti par la part évoquée, et notamment le fait que Laurent Wauquiez n'ait pas été capable d'appeler clairement à voter contre Marine Le Pen, donc pour Emmanuel Macron, tout comme le Parti a été un peu... On n
'a
pas tout à fait dit les termes. Néanmoins, vous êtes resté sous Ciotti, sous Retailleau. Ce sont deux personnes qui n'ont pas...
qui
ont été plus qu'ambiguës sur cette question-là, notamment, y compris vis-à-vis de Zemmour, dans le cas d'un second tour. Qu'est-ce qui a changé aujourd'hui ?
C'est tout simplement que je me bats aussi à l'intérieur pour éviter cette dérive.
Je
le dis très clairement. C
'est plus possible aujourd'hui
qu'avant ?
À l'époque, quand je pars, notamment quand Laurent Wauquiez... Et là, ce n
'est
pas un problème de verrouillage et autres. C'est parce que, je le dis, c'est à l'occasion, justement, de ce que je réussis à obtenir avec Bernard Cazeneuve, le démantèlement de la jungle de Calais, où il y a 9000 migrants qui sont exploités par ces criminels que sont les passeurs.
Et
on réussit à trouver des solutions pour eux. Et les propos qui sont tenus à l'époque, c'est les mêmes que ceux du Rassemblement national. Les mêmes.
Et
je suis désolé, c
'est
moi qui trouve cette solution, avec Bernard Cazeneuve, avec la maire de Calais. Et honnêtement, tout ceci était invivable, à la fois pour ceux qui étaient dans la jungle, mais aussi pour tous ceux qui habitaient autour.
Et
quand je vois le responsable de mon parti parler comme le RN, je suis désolé, j'estimais que je n'avais plus rien à y faire. Aujourd'hui, je me bats de l'intérieur, je ne
suis
pas le seul. Il y a aussi celle qui est sur votre t-shirt, Valérie Pécresse. C'est bien Valérie Pécresse sur votre t
-shirt ? C'est bien Valérie Pécresse, oui.
Il n'y avait pas le t-shirt. D'accord. Il y avait... En cherchant bien, vous pouvez se regarder, nous France, tout ça. Ça date après primaire,
mais
peut-être plus à l'heure. Jean-François Copé, Michel Tabarro, on est sur la même position. Michel Tabarro ? Jamais, oui, tout à fait. Jamais avec l'extrême droite. Jamais avec le Rennes. Et si je peux me permettre, vous parliez de Ciotti. Je pense avoir été assez clair quand Ciotti, en douce, se barre chez Le Pen, en disant, c'est un traître qu'il dégage. Parce que je n'étais pas, justement, pour les demi-mesures, en disant, oui, mais il prend position, mais nous,
on
n
'est
pas... Non, non, non, non. Il ne pouvait pas rester président.
À Bourg-en-Bresse,
en
ce moment, qu'est-ce que vous pensez
de votre parti
qui s'allie avec
Reconquête
? Pour moi, c'est pareil. Reconquête, le RN, c'est pareil. C'est exactement pareil. C'est pour ça que je veux cette clarification. Parce qu'aujourd'hui, on est en train de nous dire, ouais, mais on va aller sur la primaire. Non, non, avant la primaire,
avec
qui on bosse et avec qui on refuse de bosser
?
Moi, je le dis, il y a une élection. Pour moi, ce n
'est
pas une voie pour LFI, ce n
'est
pas une voie pour le Rassemblement national.
Ils
sont assez nombreux, d'ailleurs, à me reprocher. D'ailleurs, ils mentent. Siottier est un menteur.
Il
dit régulièrement, ouais, Bertrand, il a appelé à voter LFI. Non, je n
'ai
jamais appelé à voter LFI. En revanche, je le dis, il m'est arrivé, une cantonale, une législative. J'y avais un choix dans une circonscription, dans un canton, entre un communiste que je connaissais et le Rassemblement national, même si aujourd'hui, ça me coûte, même si les autres mentent en disant que j'ai appelé à voter pour LFI. Non, j'ai appelé à voter parfois pour un socialiste, pour un communiste, quand ils étaient opposés au Rassemblement national. C
'est le cordon sanitaire. Je le dis et
je l'assume. C'est aussi un problème de conception de la politique. C'est le
gaullisme.
J'ai un refus des extrêmes. Vous prenez, tiens, on va prendre l'exemple,
le
communiste en question, Sébastien Jumel,
à
Dieppe. Je le connais depuis des années, je le connaissais, j'étais ministre de la Santé. Je vais le voir dans sa ville, il y avait un problème avec l'hôpital, on commençait un petit peu à chauffer dans les discours,
mais il
avait raison.
Et
donc, je prends une décision de dire, on va effectivement faire ce qu'il faut pour l'hôpital. J'apprends à le connaître. Ensuite, quand il est député, on n'est pas sur les mêmes bords,
il
se bat pour la pêche. Mais vraiment, le mec, il se bat.
Il
se bat pour l'industrie. Et au jour où il est candidat, lui, face à un RN, je suis désolé, le mec, je le connais, j'estime que c'est quelqu'un qui a des combats que j'ai portés avec lui, je ne
vais
pas me planquer, parce que ça ne va pas plaire à certains chez moi. Je m'en fous. J
'appelle à voter pour lui, point barre. Pour revenir à
l
'extrême, dont on parlait de reconquête, est-ce que vous croyez toujours dans la théorie du grand remplacement,
M.
Bertrand
?
Non, mais attendez, ça, les propos de Zemmour, d'ailleurs, je l'avais dit, c'est certainement aussi, au moment de la campagne de 2022, le fait de reprendre les propos de Zemmour, notamment pour Valérie, d'utiliser ces termes, je suis intimement convaincu que c'est quelque chose qui a marqué. Moi, j'ai beaucoup de mes copains qui disent, attendez, si vous, chez LR, vous parlez comme les autres, clairement, pourquoi on va être répandue
?
Vous avez dit, ça ne se produira pas parce qu
'on
va gagner l'élection présidentielle et mettre fin au laxisme migratoire. Ce n
'est
pas une prise de distance avec le concept, c'est juste de dire qu'il ne se produira pas parce que vous ferez le travail. Ce n
'est
pas la même chose. Non, attendez, monsieur,
et je vais vous dire un truc. Moi, je sais exactement ce que je veux faire en termes d'immigration et sans les outrances des autres. Moi, je ne
suis
pas en train de vous dire que tous nos problèmes viennent des immigrés, viennent des étrangers. Attendez, non,
non,
non, viennent des musulmans parce que c'est là-dessus, c'est sur la peur de l'islam que joue le Front National. Et il faut le dire, dans tous leurs sujets, quand ils font leur niche parlementaire l'autre jour sur l'Algérie, c'est toujours le même bouc émissaire. Ce sont les musulmans. Pourtant,
LR a voté
pour ? Écoutez, moi, en tout cas, je n'aurais pas voté. Je n'aurais pas voté pour plusieurs raisons. D'une part, c'est une motion qui ne changera rien à rien parce que les accords internationaux, c'est la responsabilité du président de la République
et
pas du Parlement. Deuxièmement, c'est encore une fois une niche bouc émissaire. Toujours pareil, la peur de l'islam et l'amalgame. Ils jouent là-dessus. Et puis, le dernier point, c'est
ça
facilite la libération de Moulin-Emsensal ou ça la complique
? Bien
sûr que ça la complique. Donc, c'est tout simplement irresponsable. C'est un coup politique. On n'est pas obligé de rentrer là-dedans.
Est-ce
que... Et même si, je le dis
très clairement, depuis 2021, j'ai certainement été l'un des tout premiers à dire qu'on ne pouvait pas continuer de la même façon. Alors, on ne sera certainement pas d'accord.
Et
moi, je suis pour qu'on ait une politique migratoire qui soit à la fois empreinte de justice, de dignité, mais aussi de fermeté. Mais concrètement, ça
veut
dire quoi ? Parce
qu'il
n
'y
a personne qui en parle. Même vous, vous n'en parlez pas.
Il
y a régulièrement des gens qui meurent aujourd'hui dans la Manche.
Et
personne n'en parle. Vous savez pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas de corps qui arrive sur la plage. Je le dis dans ce livre. C'est en 2015, ce petit Elan qu'on retrouve sur une plage.
Et
là, il y
a
une émotion mondiale. Et puis après, qu'est-ce qui se passe ? Tout le monde oublie. Tout le monde passe à autre chose. J'ai régulièrement des morts, moi, dans la Manche. Pourquoi ? Parce que ce sont les Britanniques qui continuent à les attirer. Et quand ils sont là-bas, les migrants, il n'y
en
a pas un qui revient parce que les Britanniques les font bosser et les payent avec un lance-pierre. Cette hypocrisie, il y
en
a marre. On ne peut pas garder les accords tels qu'ils existent. Là, hier encore, je crois qu'il y a eu 94 personnes qui ont été secourues en mer. Mais, bien évidemment, ça n'intéresse personne. Moi, c'est un sujet sur lequel peut
-être les choses changent. Ça
intéresse beaucoup de monde.
Il n'y a personne qui
n
'en
parle jamais. Il
n
'y
a
que la presse quotidienne régionale qui en parle tous les
jours. Beaucoup de gens qui se mobilisent. Il y a
des enfants qui sont morts. Il y a des mamans qui ont péri justement en mer. Et clairement, sur ces sujets-là, on doit changer les choses avec
les Anglais. Je vous enverrai les codes de l'humanité,
M.
Bertrand.
Vous
verrez.
Profitez-en bien. Parlez-en régulièrement. Est-ce que la droite que vous nous décrivez, cette droite gaulliste, ferme sur l'absence d'accords possibles avec l'extrême droite, est-ce qu'elle a encore sa place chez les Républicains ? J'en suis convaincu. Ou est-ce que vous n'avez pas plus votre place chez l'UDI, chez une partie de la Macronie ?
Non,
non,
non. Non, parce que
on
va aller jusqu'au bout. Aller jusqu'au bout. La première des choses,
c
'est qu
'il
y a beaucoup de ceux qui sont dans ma famille politique qui se disent aussi un truc. Le RN va gagner. Regardez les sondages.
Il
faut être avec les vainqueurs.
C
'est ça qui est en train de se passer.
Ce n
'est pas très gaulliste, si je puis me
permettre. Il y en a qui pensent ça. Mais attendez.
Mais même les médias. Mais qui dit que Bardella n'a aucune compétence
? Tout
le monde le sait. Il suffit de regarder son CV. Il y a même certains des députés chez lui qui disent « Si, si, il a de la compétence. Pour être président, il a eu des jobs d'été. » Mais on se fout du monde. Votre problème avec Bardella, c'est un problème de compétence, ce
n'est
pas un problème de principe. Alors vous, vous ne me lisez pas. Parce
que
j'ai toujours dit que ma différence avec l'extrême droite, ce n
'est
pas une différence de degré, mais de nature. Voilà. C'est pour ça que je vous lance. Parce que là, vous vous attaquez sur ses compétences. Non, non, attendez. Si vous connaissez mon parcours et je l'explique bien là-dedans, ce n
'est
pas un problème. Moi, je ne fais pas partie de ceux qui vous disent « Non, on ne peut pas faire avec le RN parce qu'on est différent sur l'économie. »
Et
puis quoi encore ? Il n
'y a
pas que l'économie. La culture. Pour eux, culture, ça rime avec censure. Je suis bien placé et
ils
sont à vouloir sabrer une grande partie de ces dossiers. Je pense qu'il y
a
la liberté de création qu'on doit respecter. Mais sur la santé, c'est pareil.
Quand
on a des moments donnés, depuis 10 ans que
j
'y suis, on avait notamment des politiques de prévention du sida. J'étais ministre de la Santé, peut-être que ministre de la Santé un jour, ministre de la Santé toujours dans ma tête, mais ils votaient contre. Ils votaient contre. Donc la différence, elle
n
'est pas là. Et puis surtout, en politique, vous ne devez pas chercher à cliver, à trouver des boucs émissaires. Vous devez chercher à rassembler.
On
va revenir sur Bardella et sur les autres.
Comme
tous les sondages vous disent
qu
'ils vont gagner la prochaine présidentielle, même si je suis convaincu que ça ne
se
passera pas comme ça, il
y
en a qui sont en train de préparer pour avoir une place. La vocation de la droite gaulliste, telle qu'a été dirigée par Jacques Chirac, ce n
'est
pas de monter sur le porte-bagages de l'extrême droite. On n'est pas en Italie où le parti de M. Berlusconi, il a été essayer de négocier de trois places. Ce n
'est
pas comme ça que je vois les choses.
Ce
n
'est
pas comme ça que
je
vois la politique. Et même sur ce sujet-là, si je me fais critiquer, je continuerai jusqu'au bout.
Et j'explique dans le livre,
c'est depuis 1998, j'ai toujours été confronté au Rassemblement National chez moi parce que je suis une région où il y a aussi beaucoup de colère, beaucoup de misère. Les gens
qui
ont voté notamment parfois pour le PS, pour le PC ou pour la droite,
ils
se sont sentis trahis. Trahis. Donc il faut comprendre aussi ça. Et du coup, les dirigeants, eux, exploitent
cette
colère,
exploitent cette misère. C'est ça aujourd
'hui. Sur quoi
cette trahison dont vous parlez
?
Sur quels objets ? Comment est-ce que vous expliquez la montée, vous, du Rassemblement National dans votre territoire
? C
'est sur quel type de trahison ?
Le traite
qu'ils aient sentiment
qu'il n
'y a
plus d'espoir et puis on va aussi aller plus loin.
C
'est une conviction très profonde que j'ai et ce n'est pas parce que c'est mon histoire personnelle ou mon histoire familiale.
Quand
dans un pays, quel qu'il soit, et la France est aux premières loges aussi,
les
classes moyennes
qui
bossent
voient
qu'avec un travail, on n'arrive plus à s'en sortir et qu'elles sont convaincues que leurs enfants vivront moins bien qu'eux, c'est terminé. Ce sont des gens qui sont prêts à basculer et à ne plus faire confiance à personne.
Quand
dans un pays, vous avez des gens où vous vous dites mes enfants vivront moins bien que moi, c'est impossible à entendre, c'est impossible à concevoir. C'est pour ça que je pense que le projet qu'on doit avoir dans notre pays,
il
vient bien évidemment à parler à tout le monde, mais le cœur, ce sont les classes moyennes. Et je ne
vous
dis pas seulement ça pour c'est mon histoire, il faudrait le faire, c'est ce que je fais dans ma région. Vous savez, dans ma région,
je
ne
suis
pas un magicien.
J
'ai été élu en 2015 dans des conditions très particulières. Contre Marine Le Pen avec le désengagement de la gauche. Voilà. C'est-à-dire que je suis un homme de droite dans une région qui est historiquement à gauche et qui était promise à Mme Le Pen. C'était écrit qu'elle allait gagner. Ça ne s'est pas passé comme ça parce que je réussis à porter le niveau de la droite de 15 à 25%. Je suis au deuxième tour. Et là, la gauche a une attitude profondément républicaine. Ils se retirent sans rien demander, sans négociation. Et leurs électeurs, comme leurs dirigeants, disent
«
Votez Bertrand ».
C'est-à-dire qu'ils ne m'aiment
pas, mais ils détestent
l
'idée que Marine Le Pen dirige la région. On l
'a
toujours fait. Et ça, c'est pour ça. Je suis désolée, je reviens sur mon propos du début. Vous faites des équivalences entre le RN et la LFI, mais il me semble quand même qu'on n'a jamais parlé de cordon sanitaire pour autre chose que pour l'extrême droite fasciste dans ce pays.
Et
que cette équivalence, elle est très problématique, notamment pour des gens de gauche qui s'interrogent profondément sur l'incapacité de la droite à voir les divagations de son propre camp.
Je
les vois plutôt, moi.
Oui, mais ce qui m'interroge,
c
'est qu'alors même que vous les voyez, vous continuez à faire cette équivalence. Alors que vous êtes vous-même élu de vos propres dires, grâce à nos votes, y compris des votes LFistes.
Et ça,
je pense que ça n'arriverait pas dans l'autre sens, comme l'histoire nous l'a montré, y compris au NFP en juin 2024. Mais bon, ça,
c
'est autre chose. Ça n'est pas une question que
j
'ai à vous poser. La question que j'ai à vous poser est la suivante. Comment est-ce que vous vivez cette défense de cordon sanitaire au sein de LR ? Comment ça se passe ? Est-ce que vous avez du répondant ? C'est vrai que nous, à distance, enfin, moi,
je
viens de l'Inde,
donc
Bourg-en-Bresse, voilà. On a vraiment l'impression d'un glissement, et qui est un glissement, je veux dire, qui est en France, mais qui est, vous l'avez mentionné en Italie, qui est aux États-Unis avec l'OPA hostile du MAGA.
En Allemagne,
parce qu'à quand ça tient ?
Voilà. Et
donc, la question que je me pose, qui est dans... Voilà, nous, on sait comment ça se passe chez nous, mais comment chez vous, ça se passe, cette conversation avec les électeurs, avec les cadres ? Vous voyez que ça tient encore ? Comment est-ce que vous avez ces conversations ?
Ces conversations, je les ai publiquement chez vous, parce que je les ai aussi dans nos différentes instances. Comité stratégique, bureau politique, je l'ai dit l'autre jour, je veux qu'on clarifie. Pourquoi ? Parce que quand il y a des vice-présidents de LR, notamment comme François-Xavier Bellamy,
qui
votent au Parlement européen une motion de censure de Mme van der Leyen, poussée par M. Bardella, qui dit, j'attends des Républicains qu'ils votent et qu'ils votent, pour moi, c'est une faute.
Les seuls du PPE à le faire, à
voter
cette censure.
Bien sûr, mais il n
'y a
pas que ça aussi. Il y a aussi David Lissnard qui s'est exprimé en disant, on fait un projet de gouvernement et on voit qui veut venir. Non, je suis désolé, je suis contre ça et c'est pour ça que je ne demande pas maintenant, j'exige qu'on ait cette clarification.
Il se passe quoi
si elle n'arrive pas ? Et c'est vrai pour les élections municipales aussi. C
'est parce qu'il est ma question
là-dessus qu'il y ait la moindre ambiguïté. Quand il y a eu l'élection législative dans le Tarn-et-Garonne, j'ai entendu pas une voix pour la gauche. Non, ce que je veux entendre, c'est pas une voix pour le Rassemblement national. Alors là où on ne sera pas d'accord, j'assume, c'est vrai
que
je fais une différence entre LFI, les communistes et les socialistes. Je le dis, je l'assume parce qu'on pourrait aller beaucoup plus loin. L'attitude d'élu de LFI,
l
'attitude de Jean-Luc Mélenchon, c'est une attitude encore une fois qui divise avec des boucs émissaires et notamment on soit d'accord ou pas quand on dit que honnêtement les pauvres sont pauvres à cause des riches quand on prend les riches comme boucs émissaires, je suis désolé.
Vous avez écouté juste avant le segment avec Gabriel Zuckman ou pas
?
Non mais j'ai parlé de lui l'autre jour.
Il était sur le plateau, il était à votre place juste avant, il ne tenait pas
tout
à
fait le même discours.
Non mais attendez, et j'ajoute qu'en
2011 vous disiez qu'il fallait taxer les salaires extravagants. Mais attendez, mais je n
'ai
pas changé. Non mais justement, je n
'ai
pas changé.
C'est les
riches, les ultra riches.
Oui mais je vais vous dire, moi je suis un pour qu'il y ait la contribution minimum pour effectivement les hauts revenus, la tranche marginale et je suis également, j'ai proposé plutôt que la taxe Zuckman, j'ai proposé que la fameuse flat tax soit augmentée. Pourquoi ? Parce que ce sont les revenus distribués. Voilà, je l'ai dit, donc vous voyez, je n'ai pas changé. Mais c'est une passoire avec des trous. Ni sur les salaires extravagants ni sur le reste. La seule chose, c'est que j'ai indiqué aussi l'autre jour, alors je ne
vais
peut-être pas faire un tabac ici mais je répète ce que j'ai dit, M. Zuckman, il se procure un cabis, il recrute du personnel,
il
remplit les carnets de commandes,
il
paye ses salariés, il paye ses charges, derrière, il
se paye et il met l'argent de côté et ensuite
on verra s'il fait toujours la même proposition. C'est comme ça que vous parlez d'un universitaire qui a enseigné à Berkeley, etc. M. Bertrand, c'est pas sérieux. Et Aguillon, c'est qui ? Mais c'est aussi quelqu'un de très sérieux.
Il dit
quoi, Philippe Aguillon
?
Il
n'a pas fait l'entreprise non plus. Il n'a pas fait l'entreprise non plus.
Vous êtes en train de me dire... Comment on parle des universitaires quand même ?
Et moi, je vous parle de leurs boulots qui
réfléchissent. Non mais j'ai beaucoup de respect pour les entrepreneurs, ce n
'est
pas le sujet, les chefs d'entreprise. C
'est
un sujet parce que ce n
'est
pas les politiques qui créent les emplois, ce n
'est
pas les universitaires. C
'est les entrepreneurs qui créent l'emploi. C'est une proposition dans le débat public d'un dispositif physique. que des patrons
du CAC 40 ?
Non
mais je comprends ce que vous voulez dire mais l'argument me paraît quand même bizarre quand on parle d'intellectuels qui interviennent dans le débat public. On pourrait dire pareil des climatologues. Qu'est-ce qu'ils y connaissent ? Je vais vous monter de boîte. Qu'est-ce qu
'ils
nous racontent tout
à
l'heure sur le réchauffement climatique ? Voilà, non,
je suis désolé. Vous n'avez pas à
faire un climato-sceptique. Non,
je sais. Mais justement,
on est d'accord, vous et moi, pour écouter les climatologues quand
ils
parlent. J
'ai le droit de ne pas être
d'accord avec les propositions
de M. Zuckman. Par contre,
remettre en cause sa compétence et sa...
Ce n'est pas ce que je suis en train de vous dire. Je suis en train de vous dire que quand vous montez une boîte,
vous
n'avez pas le même raisonnement. Parce que monter une boîte, aujourd'hui, clairement, c'est aussi prendre des risques. Et heureusement que dans ce pays, on a des entrepreneurs qui ne sont pas tous des gens du CAC 40 ou des gens qui, effectivement, ont une réussite ou une fortune.
C'est ça la réalité. Moi, j'étais entrepreneur. J'étais entrepreneur pour 112
ans. Et donc, très clairement, je sais pertinemment, aujourd'hui, qu'il faut qu'on arrête avec ce système où on les montre du
doigt. Voilà. Mais 76% des commerçants artisans testés dans l'ensemble des sondages sur la taxe humaine, ils sont favorables parce qu'ils ont bien compris que ce n
'est
pas eux qui étaient visés. C
'est
les personnes qui échappent à l'impôt par des systèmes d'optimisation.
C
'est ce qu'il nous a expliqué. Ceux qui jouent de l
'optimisation, il
faut, pardonnez-moi, c'est comme la fraude fiscale. On parle de fraude sociale. Je parle aussi de la fraude fiscale. Tous ceux qui, effectivement, volent notre système, il faut, effectivement, les taper. C'est exactement
ce qu
'ils
proposent. Emilia
?
Je ne
suis
pas sûr qu'on peut être universitaire et quand même penser aux gens, y compris entrepreneurs. Emilia est universitaire. Oui. C'est à lui que vous pensiez à l'instant. Je pensais à lui, je l'ai défendu, ça me fait plaisir. Mais ce n
'est
pas ma question. Chez LR,
il
y a une... C'est ma spécialité. Il y a une divergence de
plus
en plus grande entre élus locaux et élus nationaux. Notamment parce qu'au niveau national, dans les discours qui sont portés, notamment par les dirigeants, ça parle
très
majoritairement immigration et sécurité. C'est un sujet important pour la droite. Et en termes d'économie, on est de plus en plus libéraux, on a plus d'indicateurs dessus, depuis 20 ans. Les élus locaux, eux, ils disent, il
n
'y
a
pas que les sujets, vous en parlez énormément des questions de décentralisation, d'emploi, etc.
Et
par ailleurs,
ils
sont parfois un peu plus prudents sur les questions économiques, etc. Est-ce qu'il n
'y a
pas un problème de
ce
décalage-là entre... Y compris, parce qu'il y a beaucoup d'élus LR qui sont partis chez Horizons en
se
disant, oulala, qu'est-ce qu'ils nous font avec les discours ? Il y a pas mal de maires, quand même, qui sont partis chez LR Philippe. Est-ce qu'il
n
'y
a
pas un problème de prise en compte des discours qui tiennent des élus locaux qui sont au contact des gens ? Dans les remontées, dans la conception du programme de LR, est
-ce
qu'à un moment donné, on ne parle pas de sujets qui, de ce qu'on entend de la part des gens sur le terrain, ne sont
pas
toujours en esprit des Français ?
Oui,
mais ce n
'est
pas seulement une question d'élus locaux. Pourquoi il y a un décalage ? On a pensé à l'époque que le quinquennat, c'était une super bonne idée. Je vous ai dit ce que j'en pensais.
Et
on a pensé que le non-cumul des mandats était une super bonne idée.
Il
faut bien comprendre une chose, c'est qu'aujourd'hui, les élus locaux ne peuvent plus être au Parlement. Moi, je pense qu'à l'époque, on a fait une erreur. Et pour bien expliquer à tout le monde, avoir à nouveau le cumul, ce
n
'est pas cumuler les indemnités. Les indemnités sont plafonnées aujourd'hui. Et moi, je dis qu'elles doivent rester plafonnées exactement au même. Non, parce que...
Il y a des parlementaires qui sont connectés au terrain. Oui, d'accord. Mais comme je sais que c'est
un sujet qui existe, je
le dis... C'est un sujet
de place aussi. Et de qui a accès au monde politique et de qui peut se présenter, qui peut représenter la nation. Et quand il y
a
un nombre de places limitées et qu'elles sont captées par toujours les mêmes, je rappelle qu'il
y a
trois ouvriers à l'Assemblée alors que dans mon coin, ils représentent 30%. C'est aussi un problème. Donc, le non-cumul des mandats, ce n
'est
pas juste une question économique.
Non, mais c'est un préalable
qui explique le décalage qu'il y a entre la classe politique nationale. si les députés et
les députés
directs ne sont pas très connectés au terrain.
Attendez, alors là, attendez, je
ne suis
pas connecté au terrain. Je vous présente Julien Dive,
là,
qui est député
de chez moi. Oui, c'est bien entendu. Il peut l'être sans être plus local.
Mais il y
a
aussi un autre sujet, il y
a
un autre prisme. Pardonnez-moi, mais c'est
les
médias nationaux. Oui. Parce que dans les médias nationaux, on vous parle régulièrement de ces sujets-là, des sujets d'immigration, de sécurité. Entendons-nous bien. L'ordre de
l
'autorité, c'est un préalable.
Mais
un projet de société, ce n'est pas que cela. Un projet de société, il y a toute une dimension économique et sociale. Et puis, on est en France et c'est aussi la conviction qui est la mienne. Les services publics, ça ne compte pas pour rien. L'école, la santé, le logement, la culture, tout ce qui fait des liens entre les Français, ceux qui vont bien et ceux qui ne vont pas bien, pour moi, ça a du prix. Je dois être l'un des rares et d'ailleurs, je me souviens, au moment des élections législatives, à parler de culture dans les médias nationaux parce que j'y crois énormément à la culture. C'est rare à droite. Oui, mais c'est rare dans la classe politique quasiment.
Il y a
une gauche qui a quand même tout un discours culturel. Il s'avère quand même qu'aux élections législatives, à l'époque, je vais sur France Inter, j'en parle, tout le monde dit d'être le premier à en parler parce
que c
'est important et c'est même des sujets sur lesquels, je vais vous dire un truc,
on
ne devrait pas faire d'arbitrage budgétaire à la noix. Moi, dans ma région, j'ai augmenté les premières années. Le budget de la région, je ne partais pas d'une feuille blanche. Avant moi, ils avaient fait de gros boulots. Martine Aubry à Lille a fait de Lille une place forte culturelle et j'ai augmenté le budget des deux tiers. Et là, c'est hyper difficile. La culture n'est pas une variable d'ajustement. Je ne baisse pas les crédits de la culture. Il y
a
une très belle phrase d'un premier ministre qui était anglais,
c
'était Churchill au moment de la guerre. Il dit, si on ne se fait pas des efforts pour la culture, à quoi ça sert de se battre ? Si on ne
se
bat pas pour la culture, à quoi ça sert
?
Et ça, il faut bien comprendre que c'est des sujets dont on parle très peu sur les plateaux, mais c'est la clé parce qu'encore une fois, ça unit les gens entre eux. Les services publics, les politiques publiques et puis, pardonnez-moi, mais encore une fois, la culture, le sport également et pas seulement au moment des Jeux olympiques ou quand on va se passionner pour telle ou telle discipline. Et tout ce qui unit les gens, purée, il
faut
se battre pour ça. Il faut des moyens pour ça.
Il
faut que l'État... Je viens de vous dire.
Moi, dans ma région, je ne suis pas riche. Dans
notre
région, je ne suis pas riche.
Mais en attendant, chez moi, j'ai décidé, la culture, on n'y touche pas. Voilà, on n'y touche pas. On ne sabre pas dans les budgets. Envoyez
un texto à
Laurent Wauquiez.
Oui, à d'autres.
Et à
d
'autres, à
d
'autres. À d'autres,
Votre famille politique a
sa vie à sabrer dans les budgets,
y
compris, vous comptiez sur le Sénat pour redresser la copie budgétaire. Vous savez comme moi que le Sénat va faire des coupes partout, des coupes massives dans les services publics. Donc, il y
a
deux questions.
Est
-ce que, la question c'est, est-ce que vous êtes dans le bon parti, M. Bertrand ? Je l'avais déjà posé, celle-là. Oui, mais là, décidément...
Si vous voulez vraiment débattre, si vous voulez donner la parole aux gens, avoir la parole, venez faire un tour chez nous, France. Parce que c'est le mouvement que
j'ai fait.
C'est votre parti politique, je me
suis
dit. candidat aux élections municipales ou autres, c
'est
la différence. On est vraiment sur le fond. On s'est réunis l'autre jour à Saint-Quentin et toute la matinée, pardonnez-moi, il n'y avait pas de grands experts, tout ça, les gens avaient la parole et l'ont prise avec des vrais débats, avec des gens qui n'étaient pas forcément d'accord sur tout et qui faisaient des propositions et qui débattaient. Or, moi, c'est ce que j'ai connu voilà longtemps dans les partis politiques, j'ai un peu cette nostalgie et c'est ce que je veux retrouver là où les gens ont clairement la parole. Et cette magie-là, elle est encore possible, je crois. Elle est possible sur
Baxi. Mais quand les gens ont la
parole, il faut s'y en tenir compte. Regardez ce que sont devenus les cahiers de doléances. Rien. Ils
ont été libérés.
Oui,
ils
ont été, aujourd'hui, mis à disposition.
Grâce à une proposition de loi de Marie Pochon,
l
'écologiste. Oui,
moi, je
sais qu'avec Julien Dive, encore une fois, chez moi, on a repris ce qu'il y avait dans les cahiers de doléances. Il y a des choses qui sont très claires. Ce n
'est
pas parce qu'il y a eu le débat, le grand débat avec les maires, que ça épuise toutes les idées qu'il y avait avec les cahiers de doléances. Et notamment des Français qui disent on veut être entendus.
Et
vous me parliez tout à l'heure pourquoi je ne suis pas avec Macron. Depuis huit ans et demi,
je
suis dans l'opposition au président de la République. Pourquoi ? Parce qu'il
y
a des sujets sur lesquels j'étais en désaccord profond, notamment sur les questions d'autorité. Et puis, c'est aussi la question, un sujet,
un
manque d'attention, de considération
pour
beaucoup de Français.
Et
c'est ça qui a éclaté avec la crise des Gilets jaunes quand Édouard Philippe était au pouvoir. Et je pense que,
vous
voyez, je ne
dis
ni elle est fille ni elle est reine, mais toute personne qui vient me voir,
si
elle a des problèmes, je me moque de savoir son étiquette politique. Je m'en moque réellement. Heureusement.
C'est votre travail. C'est un point de vue
purement légal.
C
'est plutôt mieux. Non,
non,
non. Mais tout le monde ne fait pas ça. Vous parliez tout à l'heure notamment des Etats-Unis. Il y en a qui président ou qui dirigent. Pour ceux qui leur sont favorables. Oui,
c
'est vrai. Moi, j'ai plein de défauts.
J
'en parle un peu dans le livre, mais je ne
suis
pas sectaire. Mais je pense sincèrement qu'il faut absolument avoir en tête cette obsession de chercher à rassembler. On n'a pas fini. Vous m'avez interrompu. On est parti un peu dans tous les sens tout à l'heure. Pardon. C'est moi qui ai dû partir dans tous les sens. Mais je vous ai dit, en 2015, je suis élu dans ces circonstances-là. En 2021, ce n
'est
pas la même histoire. Parce que tout le monde se présente sous ses couleurs. L'ERN, Marine Le Pen, se défile. Elle ne revient pas. Elle envoie Sébastien Chenu. Monsieur Macron envoie cinq ministres pour me faire mettre un genou à terre en espérant qu'au deuxième tour, je devrais m'unir avec eux. Je dis que ce ne sera pas le cas. Mais en se disant, comme ça, si je suis unis avec nous, il ne
peut
pas se présenter à la présidentielle. La gauche est totalement unie. Et là, les observateurs disent, c'est le retour de la gauche. Bertrand va se faire taper. Il n
'y a
pas beaucoup de gens qui... Je peux vous sortir les articles. Il n
'y a
aucun problème.
Oui,
mais c'est encore d
'accord.
Quand on regarde les rapports de force, on peut vous
deviner
que vous auriez
des bons résultats. Au final. Et qu
'est
-ce qui se passe ? Je fais reculer le Rassemblement National de 16%.
Les
gens ne sont pas devenus amoureux de moi. Je ne
suis
pas devenu magicien. Mais ils se disent, ce mec se bat pour nous et pour sa région. Ce qui montre bien une chose, c'est que sans aller sur leur terrain et en les combattant, vous pouvez les faire reculer. Et il n
'y
a aucune fatalité à ce que, clairement, ils puissent l'emporter. Il n'y a aucune fatalité à ça.
Parlons-en de 2027. Parlons de cette élection présidentielle qui approche. Vous avez vous-même planté le décor en rappelant que les sondages donnent le Rassemblement National gagnant dans beaucoup de scénarios différents. Aujourd'hui. À date, d'où ma question. C'est quoi l'étape d'après, Xavier Bertrand
?
Continue à me préparer. Ok.
Continue
à me préparer, c'est-à-dire aussi, même si, je vous l'ai dit, je pense qu'il faut clairement renouer avec cette promesse républicaine, parce que c'est ce qui donne aussi de l'espoir, je pense que notre pays, je vous l'ai dit tout à l'heure, il y a besoin à la fois d'ordre et d'autorité, c'est un préalable. C'est clairement qu'on retrouve espoir
au
niveau des classes moyennes pour commencer.
Et
c'est ces services publics. Et après,
il
y a deux sujets de gouvernance. Ce pays est formidable, mais il ne peut pas continuer de diriger comme il est. Tout est décidé à Paris.
Et
si vous ne remettez pas aujourd'hui, clairement, plus de décisions, plus de pouvoir, plus de responsabilité, plus de liberté dans nos territoires, ce pays ne pourra jamais renouer clairement avec une dynamique. Et après, il
y a
un dernier point, je ne
suis
pas en train de vous dresser le projet, mais ce sur quoi je bosse,
on
a besoin d'avoir un pacte générationnel. Il faut qu'on arrête de dire nos jeunes sont
importants
et il n'y a pas véritablement de choix qui sont faits en direction des jeunes. Il faut mettre le paquet sur la jeunesse parce qu'on va s'apercevoir
que
les Français ne sont pas égoïstes
et
que plutôt que de montrer du doigt les boomers, il
va
falloir se rendre compte que même les retraités sont prêts à se mobiliser s'ils ont le sentiment qu'une politique sera efficace pour les jeunes.
C
'est ce que j'essaye de faire dans la région et je pense que c'est vraiment le sujet des années qui viennent pour un pays comme
l
'autre. Quelle méthodologie de désignation du candidat ? Est-ce que vous êtes favorable à une primaire ? Plusieurs choses ont été mises sur le tapis ces derniers temps à droite, primaire jusqu'à Sarah Knafow, primaire plus fermée, etc. Qu'est-ce que vous en pensez
?
Ça ressemblerait à un truc d'Edouard Philippe, de Darmanin jusqu'à Knafow.
Moi, je trouve ça absurde
mais je ne
suis
pas
particulièrement... On est d'accord. On est d'accord. On est d'accord. Très
bien.
Formidable. Je ne
sais
pas si on est d'accord sur plein de trucs mais là, on est d'accord. Sur ce
truc-là,
on
est
d
'accord. Oui, complètement. Bon, plusieurs choses. Ce n
'est
pas parce que j'ai brillamment remporté la primaire de 2021, on le sait bien, non, je plaisantais, je plaisantais, que ma position a changé. Je pense qu'une élection présidentielle, c'est une rencontre, un candidat, une candidate et les Français. Et la véritable primaire, c'est l'élection présidentielle. Clairement. Et puis, je vais vous dire aussi un truc. On est tous à se passionner sur qui pourrait être candidat et on va se calmer et boire frais.
Vous
allez voir, dans quelques mois, exactement, le paysage aura beaucoup changé. On est à un an et demi, tiens, c'était Guillaume Tabard dans le Figaro, j'ai vu le tweet là-dessus, qui disait, voilà, un an et demi avant, De Gaulle n'était pas du tout en balotage, Giscard était réélu, il n
'y
avait aucun problème. On ne savait même pas que Macron existait comme candidat à la présidentielle et on a su ce qui se passait. Mais on est toujours à vouloir
faire le film.
Pardon ? DSK a
été président
aussi. Mais on a toujours... Et Jospin a été élu en 2002. Il était élu en 2002 et Baladur, alors là, il n
'y a
même pas besoin de se présenter contre Chirac en 95, c'était effectivement les doigts dans le nez. On veut toujours faire le film un an ou un an et demi avant. Et je reste persuadé que les Français vont beaucoup regarder
ce
que les gens ont dans le ventre et dans la tête. J'en suis intimement convaincu. Aujourd'hui, ce qu'il faut bien voir, c'est que c
'est
une situation très particulière.
C
'est un président qui ne sera plus candidat. C'est arrivé
en
2017, c'est arrivé en 2007, c'est arrivé également en 95 et c'est arrivé également, si je ne me trompe pas,
vous
me dites si je me trompe, en 69. Et en 74. Et en 74, parce que Georges Pompidou est décédé. Ça n'arrive pas si souvent que ça. Ça veut dire que
tout
est terriblement...
Oui,
c'est un reset. Tout est
terriblement...
Oui, c'est un peu ça. J'ai une question pour vous, je l
'ai
vue dans le chat, elle est intéressante. Quel regard vous portez sur la figure de Dominique de Villepin qui revient et qui semble lui aussi incarner quelque chose qui peut être proche de vous, une droite plus sociale, gaullisme, chiracisme ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que ce n
'est
pas lui le
meilleur ? Qu'est-ce qu'il
propose
?
Ça, je n'en sais rien.
Il
fait des très
très baudisques. Je vous
ai
mis sur la table des propositions. On ne l'a pas encore reçu dans cette émission. Vous
n'avez
pas mis sur la table des propositions, vous nous avez mis sur la table des orientations. Mais moi, je n'entends pas de propositions de
politique
publique quand même.
Vous voulez que j'en fasse sur des domaines qui ne vont certainement pas nous rassembler ? En matière d'immigration, moi, je suis pour qu'effectivement, on ait des quotas.
Je
le dis depuis des années. C'est-à
-dire que l'on
dise exactement qui on peut accueillir, de quelle façon. Vous savez, les pays comme le Canada et l'Australie ne sont pas des régimes dictatoriaux, mais dans lesquels, très clairement, on a une immigration que l'on sait accueillir dans de bonnes conditions. C'est une vision utilitariste de l'immigration. Il faut qu
'elle
soit
utile.
Je fais un peu de provoque, mais j'ai fait exprès d'aborder ce sujet.
Ça marche.
Oui, je sais.
Il ne me faut
pas grand-chose, vous savez. Je sais, mais après, au final, vous pourriez
me trouver sympa, donc je fais gaffe à ce que vous ne soyez pas tenté. Je ne voudrais pas vous compromettre.
À
part l'immigration, on a bien compris que la droite, c'était votre sujet.
Non, pas moi. Je
remarque quand même que je vous pose la question des mesures et vous commencez direct sur l'immigration.
Ce que je vous l'ai dit tout à l
'heure,
il y a un préalable à tout. Il y a
un préalable à tout. L'ordre, j'ai compris. L'ordre et l
'autorité.
L'ordre et l'autorité.
OK. Je pourrais vous parler également des peines minimums auxquelles je crois profondément. Et ensuite, on va venir sur le cœur de mon projet. D'accord. Le cœur de mon projet, il est très clairement sur
les
classes moyennes et notamment sur une nouvelle politique en faveur des classes moyennes, sur leur revenu. Et je vais vous prendre un exemple.
Qu'est-ce
que vous mettez dans les classes moyennes ? La définition ?
Si j'étais un techno,
je vous dirais que c'est une catégorie sociologique qui gagne entre temps et temps. Tout ça. Moi, je veux juste vous dire que pour moi, les classes moyennes, vous êtes trop riches pour être aidés et vous n
'êtes
pas assez riches pour vous en sortir par vous-même. Et donc, je vais vous donner une mesure très concrète.
Vous
avez des enfants qui font des études. OK. Je revois complètement le système des bourses parce qu'aujourd'hui, dès que vous bossez, vous ne touchez rien ou quasiment rien. Et donc, clairement, le
fait que vos
enfants ne puissent pas faire d'études aujourd'hui, c'est un drame pour les familles. Il y a des familles qui ne partent plus en vacances, qui se saignent pour que leurs enfants partent. Je revois complètement le système des bourses et j'arrête d'exclure les gens qui bossent. Et pardonnez-moi, c'est ce que je fais aussi dans ma région. L'allocation de rentrée scolaire dans la région des Hauts-de-France, elle est versée à tout le monde, à tout le monde, sans exception, quels que soient les revenus. Je permets aux jeunes
de
pouvoir passer leur permis en étant financés par la région parce que bien souvent, notamment quand vous habitez au milieu rural,
le
permis de conduire est devenu un impôt.
Et
derrière, il faut acheter une voiture. Je finance, nous finançons 90% du prix du permis. C'est des mesures très concrètes. Alors, je ne
veux
pas vous faire le catalogue du tout, mais pour bien vous montrer qu'il ne s'agit pas d'être dans l'incantation, mais clairement, que c'est avec des propositions précises qu'on peut aussi améliorer la vie et redonner de
l
'espoir. Je peux continuer sur la santé
?
Nous, on ne demande que ça. Parce qu'en fait, c'est difficile de juger sur des idées, des discours. Peut-être que je reviendrai pour vous expliquer Mais on vous réinvitera.
Vous êtes sûr ? Non,
mais sans déconner.
Si vous êtes
candidat à l'élection présidentielle, ça nous intéressera de vous réinterviewer. Attendez,
je
reviens juste sur un exemple sur la santé. Là, les mesures sur la santé, pardonnez-moi, c'est quand même des comptables qui ont prévu ces mesures-là. Après, ça s'explique. De quoi, le doublement des franchises médicales ? Alors, je vais être très clair avec vous parce que vous ne le savez peut-être pas, mais le 1 euro chez le médecin,
c
'est moi qui l
'ai
mis en place. Je
me souviens, oui.
Vous
étiez déjà né ? Vous étiez déjà né ? Oui,
c'est moi
qui l'ai mis en place, mais le 1 euro, c'était de la responsabilisation plus que des mesures de rendement comme c'est le cas aujourd'hui. Il y a notamment un institut, qui s'appelle l'Institut Santé, professeur Mizar, qui a fait des propositions, clairement, qui ne cassent en rien le système, qui ne tapent pas les gens au porte-monnaie et qui permettent à la fois d'avoir 10 milliards d'euros de dépenses en moins
et
ils réinjectent 3 milliards d'euros dans le système, notamment pour la prévention, parce que ça aussi, c'est un sujet auquel je crois beaucoup. Vous voyez, c'est moi qui ai mis en place à l'époque, la formule MT-dents. Vous avez des enfants ou si vous avez des frères et sœurs ou des neveux qui bénéficient de ça, c'est de la prévention. On n'a pas été assez loin en matière de prévention. L'ostéodensitométrie qui permet de mesurer les risques d'ostéoporose, pareil, je l'ai mis en place alors que les experts me disaient mais ça va coûter cher, ça ne sert à rien. Je crois énormément à la prévention. Il faut qu'on investisse dans la prévention et je vous donne un exemple.
La médecine scolaire, les infirmières scolaires, il faut réinvestir massivement pour en avoir.
Vous allez embaucher des fonctionnaires.
Oui. Alors là,
c'est cool. Ça, ça nous fait plaisir. Voilà, on a un scoop.
Non mais, parce qu'il y a des endroits où on a besoin. Moi, encore une fois,
je
ne suis pas nostalgique, je ne
suis
pas nostalgique mais à cette époque on passait des visites justement à l'école. Aujourd'hui, c'est terriblement compliqué et donc sur ces sujets-là, vous ne pouvez pas, même quand on parle...
Mais on sait
pourquoi c'est compliqué, c'est parce qu'il n'y a plus d'infirmières scolaires parce que je vous rappelle le non-emplacement d'un fonctionnaire sur deux, c'était pas à la gauche. C'était vous.
C
'était vous. Et donc, moi, je suis fille de prof et de cheminot, j'ai vu ce que c'était les coupes dans les services publics, les classes qui passent de
27 à 29 à 32
à
33.
Ça n
'a
pas concerné l
'entreprise
publique.
Le
1 sur 2.
Non mais alors, parlons du reste parce que je veux dire, le non-emplacement d'un fonctionnaire sur deux, c'est une chose et puis après, il
y
a la déresponsabilisation totale de l'État sur le transport ce qui en est un et une autre. Mais je ne
vous
ai pas du tout entendu parler d'écologie.
Attendez, je peux finir ? Attendez, non, non,
non,
parce que vous me cherchez sur un sujet, je veux juste vous répondre.
Allez
-y, vais répondre. Le non-remplacement d'un sur deux, le seul problème qu'il y avait, c'est qu'on donnait le sentiment que ça s'appliquait pour tous de la même façon. Moi, je ne fais pas de la politique avec une règle à calcul. Dans ma région, je ne remplace pas tous les fonctionnaires qui partent à la retraite
et
je regarde quel est l'impact sur le service public. Je m'explique. j'ai la gestion des cantines.
Quand
j'ai deux cuisiniers
qui
font un repas pour 500 élèves ou 700 élèves, il
y
en a un qui part à la retraite,
je
suis obligé de le remplacer et j'ai envie de le remplacer. Pourquoi ? Parce que si ce n
'est
pas le cas, très clairement, on va avoir des files d'attente de dingue pour tout simplement prendre son repas. En revanche, j'ai des agents qui sont en train de faire les dossiers de subvention avec l'intelligence artificielle plutôt que de regarder s'il y a 15 cases à bien remplir, on va gagner un temps fou et ça va me permettre à certains agents de ne plus faire ça mais d'avoir des tâches où ils seront en contact avec le public. C'est-à-dire que moi, je suis pour une politique où on sait faire preuve de surmesure. Je reste intimement persuadé qu'on peut avoir moins d'agents publics même si les services publics doivent continuer à trouver leur place mais ils ne sont pas forcément assurés
par
des agents publics. L'important, c'est qu'on garde ces services publics. La santé,
vous
êtes concentré et vous cherchez le moment où vous n'allez pas d'accord avec moi. Non,
j'ai trouvé déjà ne vous inquiétez pas.
Mais je l'avais vu,
je l'avais vu. J'ai un peu l'habitude. Je vous écoute,
je suis concentré sur ce que vous me dites.
Je ne
sais
pas si on a fait exprès de nous mettre un à côté d'autres mais je vois bien que vous résistez là. Vous
résistez. C'est juste
parce qu'elle est arrivée en dernière. Bon, d'accord. C'est que, par exemple, la santé, on doit marcher sur deux jambes. Il y
a
une jambe publique et il y
a
une jambe libérale. Xavier Bertrand, je crois aux deux.
On vous
réinvitera. Non, mais écologie, je vais faire un tour dans
ma région. Notamment, on a réussi à marier l'économie et l'écologie, la décarbonation sur justement les chemins verts, sur la replantation des haies, sur la biodiversité. On fait des choses, je pense, importantes dans la région et contrairement à ce qu
'on
pense, tous les mecs de droite ne sont pas des hommes des cavernes dans la matière.
On arrive à la fin de nos discussions. On ne réconciliera pas ce soir la droite et la gauche, mais on a été ravis de vous recevoir. Je note qu'on se retrouvera tous dans la résistance à la fin et on ira se
cacher dans les greniers des insoumis.
C'est résister à l'état d'esprit ambiant, mais je suis intimement convaincu, pardonnez-moi cette facilité, que rien n
'est
jamais écrit et que la victoire des extrêmes n'est certainement pas écrite. Ça,
c'est très, très beau. J'ai jamais écrit. Xavier Bertrand aux éditions Robert Laffont.
Un tonnerre d'applaudissements pour Xavier Bertrand.
Merci.
Xavier Bertrand