Webinaire ANECS - La profession voit la vie en rose
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 95 %Attaque 3 %Défensif 2 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:33OuverteRéponse directe
Quel regard portez-vous sur votre parcours et votre élection comme première femme présidente du Conseil supérieur de l'ordre des experts-comptables ?
- 5:07OuverteRéponse directe
La profession a-t-elle réellement progressé ces 20 dernières années ? Quels freins spécifiques persistent ?
- 10:54OuverteRéponse directe
Parmi les principaux obstacles, quels sont ceux qui vous semblent les plus persistants ?
- 17:28OuverteRéponse directe
L'équilibre vie pro/vie perso est-il toujours un frein majeur pour les femmes ?
- 20:24OuverteRéponse directe
Selon vous, les femmes sont-elles suffisamment encouragées à devenir associées ou à exercer des mandats de gouvernance ?
- 26:14OuverteRéponse directe
Le manque de modèles féminins peut-il encore constituer un frein à l'envie de s'engager dans la profession ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:49Chiffre
« En 2023, l'Ordre des experts-comptables recensait plus de 6000 femmes experts-comptables, soit environ un quart de la profession. »
- 18:13Chiffre
« Chaque jour les femmes font 4h en plus de leur travail dans la partie vie personnelle euh d'autant plus quand il y a des enfants par rapport aux hommes qui en font 1h. »
Temps de parole
- ?100 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir à tous, on a un petit souci de caméra. Je vous ne me verrez que moi. Euh Madame Bricard a un souci avec sa caméra mais on l'entend bien. Donc nous avons aujourd'hui le plaisir d'accueillir Madame Agnès Bricard, expert-comptable et commissaire aux comptes, figure emblématique de la profession. Elle a été présidente du club des experts-comptables de France en 1983, présidé aujourd'hui euh Florian Roland pardon. Elle est entrée dans l'histoire en devenant en 2011 la première femme présidente du Conseil supérieur de l'Ordre des experts-comptables. Elle a également fondé en 2012 l'association Experts-comptables présidée aujourd'hui des femmes experts-comptables présidée aujourd'hui par Béatrice Charles, puis elle a créé aussi la Fédération des
femmes administratrices réunissant les femmes experts-comptables, commissaires aux comptes, avocates, notaires, commissaires de justice et femmes énarques. Elle a donc contribué activement à la promotion de la de la place des femmes dans les instances de gouvernance. Avant de commencer notre échange, rappelons quelques chiffres. En 2023, l'Ordre des experts-comptables recensait plus de 6000 femmes experts-comptables, soit environ un quart de la profession. Du côté des commissaires des commissaires aux comptes, le baromètre 2025 de la Compagnie nationale fait état d'environ 25 % de femmes commissaires aux comptes. Ces proportions contrastent avec la réalité des effectifs au sein des cabinets où les femmes représentent près de 70 % des collaborateurs. Pourtant,
elles demeurent encore sous-représentées dans les fonctions d'expert-comptable associé et de commissaire aux comptes. Ces constats soulèvent de nombreuses questions sur l'évolution de la profession, l'accès aux responsabilités, les freins persistants mais aussi les progrès accomplis au cours des dernières années. C'est sur des ces différents sujets que nous allons échanger aujourd'hui. Donc dans un premier temps, on va revenir sur le parcours de Madame Bricard. Donc Madame Bricard, vous avez marqué l'histoire de la profession en devenant la première femme présidente du Conseil supérieur de l'ordre des experts-comptables. Quel regard portez-vous aujourd'hui sur votre propre ? D'abord bonsoir, merci de m'inviter, merci à Yasmine qui vient justement
d'intervenir et merci à Aurélia Touzet. Et je vais donc répondre à votre question. Je suis très honorée évidemment d'être aujourd'hui interviewée par vous. Donc quel regard portez-vous sur ce ? Je dirais que d'abord embrasser la profession d'expert-comptable après des études, c'est d'abord avoir une vraie passion pour une profession libérale. Je commencerai comme ça. Ensuite se dire que l'information, c'est le pouvoir. C'est vrai que ça m'a toujours ça a toujours été un grand principe dans dans dans ma vie d'étudiante puisque déjà à l'époque j'étais toujours des délégués et j'allais rencontrer dans les lycées le proviseur et après à l'université les recteurs. Donc c'est vrai que dès que je
suis rentrée dans la profession, j'ai cherché un ça s'appelait un réseau, on va l'appeler comme ça qui s'appelle l'Annexe. Et ce réseau, ben j'y suis rentrée d'abord comme membre puis ensuite ben vice-présidente puis ensuite présidente d'abord à Paris puis ensuite le faire le même parcours national. Et puis ouvrir le club des jeunes experts-comptables puisque je souhaitais ouvrir mon cabinet en m'associant. Et en ouvrant ce cabinet, en créant ce cabinet, je me suis dit que ce que j'allais faire, je pouvais peut-être le dupliquer et c'est ce que j'ai fait avec le club des jeunes experts-comptables, c'est de donner des process dès les années 83, c'est-à-dire on peut créer son cabinet, on peut faire une création dans une profession libérale alors qu'à l'époque il y avait beaucoup plus de
salariés qui rentraient enfin de de diplômés experts-comptables qui rentraient salariés dans les dans les cabinets. Donc ce parcours consiste à dire ben que tout simplement à partir du moment où on rejoint un réseau, que ça soit l'annexe ou que ça soit le le le CJEC, ça donne quand même des ailes puisque ça permet d'avoir l'information en amont, avant tout le monde, et de voir arriver les opportunités. Donc, quand au Conseil Régional de Paris Île-de-France, j'ai vu arriver une opportunité pour une élection, eh bien, j'ai pris à ce moment-là ce qu'on appelle la pente ascendante et j'y suis rentrée à l'époque, puisque ça existait encore, en suppléante, puis ensuite en titulaire. Et euh de fil en aiguille, en 2002, je suis devenue présidente d'abord
vice-présidente puis ensuite présidente, toujours, euh des experts-comptables Paris Île-de-France, parce qu'on devient pas présidente, et je bouclerai là-dessus, du Conseil National des experts-comptables sans au préalable être passée par la case région, territoire, et c'est ce que j'ai fait en tant que parisienne depuis maintenant presque trois siècles. Euh toute ma famille Bricard, ce sont les serrures, donc ça fait quand même trois siècles que je connais Paris bien, par les tantes, les grandes tantes, les grands-mères. Et donc voilà comment on devient au niveau de ce parcours présidente, première femme, d'abord à Paris, puisqu'il n'y avait pas eu de femme précédemment, et Paris Île-de-France, et puis ensuite première femme au niveau du Conseil National des experts-comptables.
OK, très bien, un beau parcours. Euh je vous propose maintenant de faire euh un petit focus sur euh les évolutions au sein de la profession. Comme j'ai pu le dire en intro, les chiffres montrent bien que les femmes sont aujourd'hui nombreuses dans les cabinets, mais beaucoup moins représentées parmi les experts-comptables et les commissaires aux comptes. Selon vous, la profession a-t-elle réellement progressé ces 20 dernières ? Et euh est-ce que aussi, selon vous, il existe encore des freins spécifiques à la pro- à la progression des femmes dans nos ? Alors, est-ce que la pro- progressé cette profession ? Je dis oui, puisque à l'époque où je cherchais un stage, euh j'étais dans les années 78
et j'avais été voir ce qu'on appelait à l'époque la Fiduciaire de France, aujourd'hui KPMG et au moment du recrutement, on me dit "Et ben non, on a atteint le quota des 10 % pour les femmes parce que imaginez-vous que nous avons des clients qui sont tous des hommes et ils aiment échanger avec les hommes. Donc on a atteint notre quota de 10 %. Donc voilà la première fois où j'ai entendu parler de ce qu'était d'être une femme c'est-à-dire pas nécessairement reconnue pour ses compétences, mais d'abord reconnue par son genre. Et là, j'ai eu un vrai choc, j'avoue honnêtement et donc c'est vrai quand on en a parlé avec les présidents de l'époque du Conseil national des
experts-comptables, ils ont constaté cette absence de femmes mais en me disant "C'est un métier d'homme." Voilà, ça se résumait ainsi. Donc oui, ça a bien progressé. Alors pourquoi ça a ? D'abord parce qu'il y a eu des lois. La première loi importante ça a été la loi Zimmermann, Copé-Zimmermann, mais moi je l'appelle plutôt Zimmermann. Mais ça a été cette loi de 2011 qui a dit que dorénavant et bien dans les conseils d'administration, il y aurait 40 % de femmes. Donc pour la première fois on parle de quotas. Ces quotas qui ont été longtemps refusés par les femmes sur le motif "On n'est pas un quota, on est d'abord une compétence." Ce en quoi elles ont totalement raison.
Mais dans la pratique, non. Parce que finalement, il faut s'imaginer qu'il y a toujours et encore aujourd'hui pour parler des freins, des stéréotypes. C'est vrai que il y a des codes ils sont ce qu'ils sont, mais il y a des codes masculins. Moi j'ai trois frères, donc je vois bien ce que c'est ce que sont ces codes masculins et du coup, ils parlent entre eux. Et on voit bien, vous pouvez regarder, je sais pas, quand vos parents sortent, quand vos amis sortent, bah les hommes se mettent devant ou se mettent derrière, peu importe, hein, mais ils restent entre eux. Et les femmes, bah pareil, se mettent soit devant, soit derrière, mais ça reste entre. Donc on voit bien qu'il y a des vrais stéréotypes. Et donc du coup, dans cette profession, il a bien fallu à un moment mettre des
lois, puisque on est très légalistes, nous les experts comptables. Donc cette loi Zimmermann qui a dit "Dans les conseils d'administration, eh bien on met 40 % de femmes." Ça a pas trop touché la profession, parce que ça concernait les conseils d'administration des entreprises de plus de 1000 salariés. Quand c'est descendu à 500 salariés, ça a pas non plus réellement concerné la profession, mais on commençait à voir dans tous les Big Four, les Big Five, quand même des ça bougeait, on sentait que oui, il fallait en parler. C'est à l'époque où on disait "Bah on en parle, mais en même temps on transforme les sociétés anonymes, où il y a des conseils d'administration, en SAS, où il y a plus de conseils d'administration." Et dès lors qu'il y a plus de conseils
d'administration, les 40 % de la loi Zimmermann ne s'appliquaient plus. Donc, c'est vrai que je suis à l'époque, quand je suis devenue la première femme présidente de l'ordre de Paris, puis ensuite, 10 ans après, en 2012, je suis devenue la première femme présidente du Conseil national des experts comptables, j'ai fait en sorte de créer l'association des femmes experts comptables, qui s'appelle l'AFEC aujourd'hui, et vous avez très bien dit tout à l'heure Yasmine, euh présidée par Béatrice Charlas, qui est une ancienne présidente du Conseil régional de l'ordre des experts comptables de toute l'Aquitaine. Donc qui a pris en main cette présidence, donc j'ai créé, j'ai été présidente de cette association, et j'ai fait en sorte de me rendre auprès des pouvoirs publics pour que notamment
dans les conseils régionaux et dans les syndicats, que ça soit le syndicat IFEC ou que ça soit le syndicat ECF aujourd'hui chez les experts comptables, eh bien dorénavant, il y a une parité. Et donc il a fallu une loi. Et dès lors que la loi s'est appliquée euh eh bien, on s'est retrouvé évidemment euh dans les conseils régionaux de l'ordre comme chez les avocats, comme à la chambre de commerce, un peu partout, on s'est retrouvé avec une parité. Donc la loi est importante euh de par le fait que on est une profession réglementaire et qu'on ne se doit d'appliquer euh cette loi. Donc c'est vrai qu'on a fait bouger les choses euh par des lois. Est-ce qu'il reste des des des des freins ? On reste toujours sur des stéréotypes. Je prends l'exemple que quand on a
féminisé on a féminisé les noms euh de métiers plusieurs ont ricané mais aujourd'hui, on a perdu notre invisibilité. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, en tant que femme, eh bien, on dit Madame la Préfète, on dit Madame la Ministre et on dit pas à Madame le Ministre. C'est-à-dire que il faut bien voir que dans notre éducation euh sur les bancs de l'école, tout simplement, bah le masculin l'emporte sur le féminin. On l'a vu, on l'a vu pour les pluriels. Euh donc ça donne un côté invisible. Donc c'est vrai que les stéréotypes continuent, ça fait partie, continuent d'exister et ça fait partie des freins spécifiques à la progression des femmes. J'en ai fini sur cette partie-là. Très bien, c'était très clair, merci. Euh je vous propose de passer aux défis.
Donc parmi les principaux obstacles, quels sont ceux qui vous semblent les plus persistants ? Pour ? Quel est ? Attendez, justement, parmi les Quels sont ceux qui vous semblent les plus ? Au niveau de la parité, au niveau de l'égalité professionnelle, au niveau du ? au niveau de l'accessibilité à des postes de de responsabilité. Et au niveau de l'égalité professionnelle. Oui, bien sûr. Parce que euh aujourd'hui euh enfin maintenant là, ce que j'ai vu avec vous, ce qu'on a vu ensemble, c'est la partie leadership, hein. C'est-à-dire prendre conscience qu'on a une compétence, mais c'est pas pour autant qu'on va nous tendre la main pour nous dire "Bah, j'ai pensé à vous
comme directrice." Donc, il a fallu travailler sur des lois, il a fallu associer. Il a fallu faire en sorte que ça s'impose. Euh pour autant, euh je vois une Je vois aujourd'hui, et vous le voyez vous aussi, euh des présidents de grands groupes donner la main aujourd'hui à leur fille. Euh et ça, ça me paraît essentiel euh justement d'insister sur ? C'est-à-dire que culturellement, il y a eu une véritable évolution. Je dis pas une révolution, mais je dis une véritable évolution. C'est-à-dire que ça ne choque plus les hommes d'avoir une femme présidente ou directrice générale. Hmm. Et et et donc, ça, d'une loi, on est
arrivé à un culturel, ce qui me paraît euh important à évidemment à souligner. Et donc, aujourd'hui, je constate dans les cabinets que on peut aller tout naturellement voir les femmes euh qui sont euh compétentes, qu'on a reconnues compétentes, comme on reconnaît un homme compétent, et leur proposer un poste de direction générale ou d'associé euh au sein du cabinet. Donc, oui, il y a eu cette évolution. Dans les freins qui persistent, euh il y a toujours quelque chose comme la tenue de la tenue vestimentaire. Il y a deux trois choses comme ça où ils sont un peu sensibles. Euh [raclement de gorge] il y a toujours le ton de la voix. La voix trop trop aiguë,
les gênes aussi. Euh donc, il y a quand même encore à se mettre à leur niveau. Et et ça, c'est dans les les les obstacles qui me semblent persistants. Euh donc, ça veut dire que c'est encore du culturel. C'est encore du culturel. Euh pour autant, quand on regarde, pour quitter la partie leadership euh professionnelle au niveau des salaires. J'ai beaucoup travaillé avec Muriel Pénicaud qui était ministre du travail à une époque, il y a 5 6 ans, sur l'index de l'égalité professionnelle et notamment sur les 5 critères et donc tous les cabinets d'expertise comptable dès lors qu'ils étaient au-delà de 50 salariés
ont dû appliquer cet index de l'égalité professionnelle et dans les 5 critères, il y en a un j'avais demandé que dans les liasses fiscales, on se rappelle qu'on doit marquer les 10 personnes les mieux rémunérées. Alors de ce fait, j'avais dit ben puisqu'on met les 10 personnes les mieux rémunérées, et ben mettons un quota dans l'index de l'égalité, j'ai dit il faut au moins qu'il y ait 40 % de femmes dans ces 10 personnes les mieux rémunérées. Et ben ils ont dû les chercher. Au début, les premières fois puisque pendant plus de 7 ans 6 ans ça s'est appliqué l'index de l'égalité professionnelle. Aujourd'hui, ça va disparaître parce qu'il y a une directive européenne qui a pris en main l'égalité professionnelle et qui donne d'autres critères comme d'autres
critères communs à toute l'Europe. Donc nous la France, on ne l'a pas encore inscrite en loi cette directive européenne mais c'est passé en conseil des ministres il y a à peine un mois et donc on pense qu'avant le départ du président Macron, on devrait voir arriver une loi sur la mise en conformité de notre législation avec cette directive européenne. Mais pour revenir l'égalité à l'index de l'égalité de Muriel Pénicaud, moi j'ai beaucoup insisté sur cette partie des dans les 10 personnes les mieux rémunérées, prouvons les 40 % de femmes et ça a été compliqué. Donc c'est des avancées qui se font et qui font que les hommes aussi nous regardent autrement, c'est-à-dire qu'aujourd'hui je vois bien que finalement il y a un
autre regard qui est porté. Mais pour autant, j'ai beaucoup entendu ces présidents puisque je travaille beaucoup avec le 440 parce que je suis dans une association où j'en suis vice-présidente qui est une association qui réunit 440 et leurs sous-traitants afin que les sous-traitants soient plus autonomes, plus indépendants. Donc il faut que dans le cadre de cette RSE, on retrouve un équilibre entre justement les donneurs d'ordre et les sous-traitants. Et dans ce cadre-là, je rencontre des présidents du 440 qui me disent "J'ai déjà proposé à à des femmes des postes de direction et parfois je les entends me dire, au moins une fois sur deux, "Vous croyez Vous croyez que je vais y ?" Et là, ils me disent, les hommes, "Quand
j'entends ça des femmes, je me dis que je me suis trompé dans mon jugement. C'est-à-dire là où j'ai pensé qu'il y avait une vraie compétence, une vraie autorité, une vraie stratégie, une vraie vision, elles-mêmes elles doutent." Et donc c'est vrai que nous-mêmes, dans les freins, puisque vous parlez toujours des des obstacles, on doit pas à un moment douter de nous-mêmes. Si un homme qui est un président, un directeur général, un directeur de ce que vous voulez, vous propose ce poste, c'est qu'il a mis au moins deux semaines, trois mois et plus pour se dire "Est-ce que je vais lui ? Est-ce que c'est bien la bonne ?" Donc vous avez pas besoin de le mettre en doute. Parce que vous-même, vous posez des
questions à celui qui, lui, a considéré que vous étiez la meilleure et qui à un moment se dit "Si elle doute, je peux plus pas trouver que ça soit la bonne la bonne personne." Ça c'est dans les obstacles, pour moi aussi. Euh donc je voulais donner cette cette position. Est-ce que vous en voulez ? Ou est-ce qu'on passe à la question ? On peut passer à la question suivante puisque c'est un obstacle aussi. On entend souvent dire que si on ne trouve pas beaucoup de femmes à des postes de responsabilité, c'est parce que il y a aussi un engagement à avoir sur sa vie euh perso et pro qui touchait. Et du coup, est-ce que pour vous cette question d'équilibre vie pro vie perso, elle est toujours majeure et est-ce que c'est toujours une raison de pourquoi les femmes ne souhaitent pas aller plus
? Euh si elle ne ça ne forme pas aussi un sorte de plafond de verre pour euh pour beaucoup euh pour beaucoup de femmes. Alors, la question de l'équilibre entre vie professionnelle et et vie personnelle est est essentielle. Elle est essentielle aussi à travers les stéréotypes qu'on a eu de notre enfance avec le papa et la maman. C'est vrai qu'en général, quand le père rentrait, il était fatigué, il se mettait sur le canapé, il regardait la télévision. J'exagère, il pouvait prendre un livre, il pouvait prendre un cigare, bref, il se reposait. Hmm. La maman, elle rentrait la maman, elle rentrait, en général, on la voyait en train de faire le ménage, la vaisselle, le repassage, le lavage, et cetera. Donc, il y a déjà une vision
d'enfance qu'on a tendance à dupliquer quand on arrive à nos 25 ans ou 30 ans et qu'on se met en couple. Il y a déjà cette vision-là, c'est évident. Euh ensuite c'est vrai que on a regardé que chaque jour les femmes font 4h en plus de leur travail dans la partie vie personnelle euh d'autant plus quand il y a des enfants par rapport aux hommes qui en font 1h. Donc, oui, il y a de part et d'autre euh on voit bien des équilibres qui se mettent en place dans les couples. Euh il y a moins cette tendance de l'homme à dire je rentre et je me repose. Il prend en compte qu'il faut aller chercher les enfants à l'école, on en voit de de plus
en plus. Donc, on sent qu'il y a quand même euh dans ces milieux qui sont les nôtres, d'experts-comptables, donc quand même de notables, hein. Je parle pas de malheureusement, ce monde ouvrier où encore il y a pas ce côté qui existe chez nous en profession libérale, mais on voit bien dans dans nos professions libérales, on on fait en sorte quand on se met en couple d'en parler de cet équilibre de cet équilibre. Et et et de faire que quand c'est l'un qui a une promotion ou quand c'est l'autre, et bien on essaie de trouver un juste équilibre, un bon dosage. Pour autant, euh, est-ce que c'est un sujet ? Beaucoup moins. On parle beaucoup de congé parental. De plus en plus de de de d'hommes de 30 ans demandent à l'utiliser. Donc ça veut
dire qu'il y a quand même euh un changement, une évolution euh dont je pense pas que ça soit un sujet majeur. C'est plus un problème d'organisation chez nous et surtout de de de de modèle. C'est-à-dire qu'on n'est pas le modèle de notre mère qu'on a vu chez soi, mais un autre modèle, un modèle pourquoi pas Christine Lagarde qui arrive à avoir des enfants et à faire un poste de présidente à la la la grande banque européenne. Tout à fait. Donc c'est pas un sujet majeur. Hmm. C'est un problème d'organisation et de couple. Oui, et dont on en parle. Voilà, dont on en parle avec quelqu'un comme nous qui est dans une éducation qu'il a eu, quoi. Je je Voilà, on on est
quand même aussi avec des possibilités quand on se met en couple d'en d'en discuter euh précédemment. Voilà, il y a pas que l'alchimie qui arrive en disant "Je t'aime, je t'aime." Il y a aussi le fait de discuter de la vie future. Oui, je suis d'accord avec vous. Euh si on passait à la prochaine question, donc euh selon vous, est-ce que les femmes sont suffisamment encouragées à devenir associées ou à exercer des des mandats de ? Alors, oui, moi je trouve que euh dans nos cabinets de plus de 50 salariés, euh alors attention, hein, on est 22000 experts-comptables et on a encore 80
% de cabinet qu'au moins de 50 salariés. Ouais. D'accord. Donc dans les cabinets de plus de 50 où on va parler d'association. Je trouve que les hommes ont pris conscience que le rôle d'une femme associée est essentiel. Parce que culturellement ils ont vu au niveau des études anglo-saxonnes notamment que dès lors qu'on met une femme à la tête d'une direction générale ou à la tête d'une de conseil d'administration ou un comex quand il y a pas de conseil d'administration dès lors qu'on met une
femme, il y a d'autres d'échanges qui se mettent en place. C'est-à-dire qu'il y a une autre vision et qui fait que un homme plus une femme généralement ça fait trois et non pas deux. Mettez un homme plus un homme en associé, ça fait deux. Mettez une femme plus une femme, ça fait deux. Mais si vous mettez un homme et une femme, ça fait trois et les études mondiales ont bien montré que chaque fois qu'on mettait une femme à la tête d'une société que ça soit en présidente ou en directrice générale puisqu'il y a toujours au niveau de la gouvernance de fait de séparer président et et directeur ou directrice générale et bien chaque fois on a constaté qu'il y a plus de croissance et aussi plus de RSE, c'est-à-dire que il y a la notion chez la femme d'une
planète qui n'est pas en croissance à l'infini et que du coup ça donne aussi une autre façon de penser, de concevoir la production, la fabrication et l'organisation même des process. Donc je trouve que aujourd'hui dans ce que je vois au niveau des réflexions qui sont dans les cabinets de plus de 50, oui les associés masculins vont chercher des femmes euh et et et et surtout parce que quand ils ils sortent au niveau de ce que j'appelle aller voir les clients, aller voir les institutions, et bien euh on les regarde bizarrement s'ils sont tout seuls. Hmm.
Euh alors que s'ils arrivent avec une femme, il y a un voilà, il y a un autre éclairage qui se fait. Euh donc il y a quand même aujourd'hui un vrai changement dans l'œil de l'autre. Et donc arriver à deux, un homme une femme, dans les discussions qu'ils peuvent avoir avec Bercy, avec le ministère du travail, avec des chambres de commerce, avec d'autres réseaux, euh ça soit un réseau qui s'appelle le MEDEF, l'organisation patronale, un réseau qui s'appelle CPME, l'autre organisation patronale, on voit que ah il y a un homme, c'est tout. Ah, vous êtes euh vous êtes juste un ? Bah oui, ? Ah oui, bon. Donc il y a il y a quand même un point d'interrogation qui se fait. Donc les oui, aujourd'hui dans les cabinets, les hommes sont encouragés à
aller chercher des femmes associées pour exercer des mandats euh oui, ensemble de gouvernance. Je tenais à vous dire que quelqu'un a réagi à ce que vous disiez en en nous notant que votre discours est vraiment encourageant pour les femmes. Oui. Voilà. Oui. Oui, il y a un vrai travail. Il y a eu il y a eu un vrai travail. En fait ce que je vais dire comme parenthèse, c'est que quand j'ai quitté la la la présidence du Conseil national des experts-comptables, donc où j'ai fait euh donc 2011, 2012 et 2013, euh après avoir fait euh 2001, 2002, 2003 à la présidence de Paris, quand j'ai quitté la présidence du Conseil national, je me suis inscrite dans les réseaux Femina, justement parce que je trouvais que d'avoir été la première femme, c'était
pas suffisant. Euh ça faisait trop pionnière, ça faisait trop euh je suis seule, euh je suis la reine des abeilles. Hmm. Et donc je me suis inscrite bah bah après avoir fait l'annexe, ça me paraissait normal après avoir fait le CJE C après avoir fait l'association des femmes expertes-comptables, il était normal que je j'aille rejoindre des réseaux féminins beaucoup plus ouverts. Donc j'ai créé par exemple la Fédération des femmes administratrices après la loi Zimmerman on est allé chercher Madame Zimmerman. Madame Zimmerman est de Metz et non pas une parisienne et c'est quand même la première femme qui a mis en place les quotas. Donc c'est ça faisait 40 ans qu'on en parlait. 40 ans où les femmes les premières refusaient les
quotas. Je ne suis pas un quota, je suis une compétence par moi-même. Pourquoi ai-je besoin de rentrer dans un système de ? Donc c'était même pas les hommes pour être les plus grands combattants oui enfin les combattants contre cette ce quota, ce sont vraiment les femmes et que je peux comprendre. Comment expliquer que ayant une compétence, un diplôme, une validation d'acquis on ne soit pas consacrée ni ? Parce que il y avait des stéréotypes. Parce que il y avait des stéréotypes. Parce qu'on a vu nos parents, la façon dont son papa rentrait, la façon dont il parlait à sa maman et cetera et et on on duplique, on a tendance à dupliquer. Donc c'est vrai que ces lois se sont vraiment inscrites culturellement chez chacun
et donc du coup je suis rentrée dans les réseaux féminins pour faire bouger les lignes, c'est pour ça que je me suis retrouvée à travailler sur l'index de l'égalité professionnelle et et et et j'ai continué à travailler sur le problème de de de gouvernance. Donc c'est vrai que aujourd'hui dans ma profession tout le monde sait que j'ai pas été simplement première femme mais j'ai encouragé cette dynamique de progression afin que d'autres femmes comme Cécile de Saint-Michel qui est devenue la deuxième femme du Conseil supérieur et j'en ai été très fière. Parce qu'on peut pas rester en tant que femme seule. Il faut apprendre à faire en sorte de tendre la main vers l'autre qui est de dire bah oui parce que les
hommes qui font ils font souvent entre guillemets des clubs entre eux. Donc nous les femmes quand on arrive dans des positions d'associés, il faut faire en sorte de remonter une femme associée qui est compétente évidemment hein, il faut pas pas mettre une imbécile. Mais il faut faire en sorte de passer la main, de donner la main à quelqu'un d'autre pour qu'on soit deux associés femmes dans un cabinet. Hmm. Parce que du coup on commence à faire un club à deux. Et si on peut en faire une troisième alors qu'il y a déjà six hommes de l'autre côté, c'est mieux. Parce qu'on donne un poids à ce collectif. Et on change notre vision et on change la vision des hommes aussi. Par exemple quand il y a des femmes dans un conseil d'administration, les hommes se mettent
pas à s'invectiver, à faire des injures, c'est plus possible aujourd'hui. Hmm. Donc on redonne du sens à une à une responsabilité collective de tous et de toutes. Oui, je suis totalement d'accord et euh on peut rebondir sur ça avec la prochaine question euh qui était sur le manque de modèles féminins peut peut-il encore constituer un certain frein à à l'envie de ? Par exemple des des femmes qui sont dans des cabinets qui ne sont dirigés que par des hommes, est-ce que le manque de de modèles peut constituer un ? Ah oui, nécessairement. Le manque de modèles constitue toujours toujours un frein, c'est pour ça quand il y a une femme à la tête d'une institution euh
que ça soit au niveau des régions euh il y a beaucoup de femmes maintenant euh je pense au Grand Est où il y a une femme, euh je pense à euh Pays de la Loire où il y a une femme, je pense enfin j'en ai d'autres en tête où il y a des femmes, bah ça donne du sens à des femmes qui sont dans les cabinets à dire on a une femme qui dirige la profession dans notre région. Donc oui, il faut des modèles et euh les femmes si elles ont été longtemps entre guillemets effacées hein, c'est un peu comme je disais tout à l'heure la féminisation des noms de de métiers, la visibilité, c'est pareil pour des modèles. Combien de fois on m'a jamais parlé alors que j'adore la peinture de femmes qui ont marqué la la
la la peinture et aujourd'hui on voit bien que il y a de plus en plus de femmes qui qui ont peint mais qu'on a ignoré. Et et et par exemple il y en a une comme Berthe Morisot, elle est l'égale d'un Édouard Manet et et pour autant on l'avait mis un peu de côté. Une Suzanne Valadon pareil, elle était pas connue et Marie Cassatt et cetera. Donc oui, il y a eu pendant très longtemps ce côté masculin peut-être malgré eux je vais dire quand même pour temporiser pour pour pas dire que pour temporiser bon c'était pas la voilà, il y avait pas la force, il y avait pas l'énergie, il y avait pas bon ils ont fait en sorte que bah voilà, on
a laissé couler les noms de femmes au niveau de la peinture comme de la littérature d'ailleurs à part une femme comme George Sand qui s'est imposée qui était consacrée par Balzac, qui était consacrée par Victor Hugo, qui a été consacrée par Flaubert mais parce qu'elle s'est imposée. Est-ce que pour autant c'est la question du modèle mais en même temps la question du rapport de force. Moi pour être la première femme présidente de de Paris et ensuite du Conseil national, je me suis imposée par la force. Et ça c'est pas le bon modèle. Ce fut le bon modèle à l'époque où j'ai commencé la première mais c'est pas nécessairement le modèle auquel on doit adhérer. On n'est pas dans un monde
de brutes, on n'est pas dans un monde où on doit se faire la guerre. Donc pourquoi ça serait le monde masculin qui nous imposerait un rapport de force alors que on a peut-être pas envie de rentrer dans un rapport de force. Moi, je suis une guerrière, donc ça me pose pas de problème, mais on a pas besoin que toutes les femmes soient des guerrières, comme les certains hommes qui me disent "Mais j'ai pas envie d'être un guerrier." "J'ai pas envie quand je souhaite devenir président qu'on me massacre, comme ça arrive." Sachez-le, j'ai des hommes, ils ont souhaité être président et puis quelqu'un est passé devant eux et l'a massacré. Il y a pas que les femmes, hein. Ça arrive qu'entre eux ils se massacrent. Donc, ce monde-là doit changer. Donc, c'est pas nécessairement
des rapports de force et donc euh je prends par exemple l'exemple du Panthéon où on constate qu'il y a toujours 73 hommes pour 5 femmes. Ouais. Euh je prends la Tour Eiffel où autour de la Tour Eiffel, dans les noms de scientifiques qui existent, il y a que des hommes. On a enfin dit qu'on allait mettre ces femmes scientifiques, euh c'est dans le principe c'est accepté, malheureusement dans le budget euh parce qu'il y a toujours un budget quand il faut évidemment rajouter des noms, euh c'est pas encore fait. Donc, la Tour Eiffel vit toujours avec l'ensemble de ces noms d'hommes. Euh donc euh c'est vrai que quand vous parliez euh justement de manque de modèles féminins, mais incontestablement ça joue. Incontestablement. Euh et donc, il faut rejoindre, me
semble-t-il, des réseaux euh où euh justement les femmes euh ont un vrai poids euh de compétence d'abord, hein, bien sûr, mais aussi d'autorité. Et c'est pas nécessairement on peut avoir une autorité qui est pas nécessairement une autorité guerrière. On peut avoir une autorité, c'est Cécile de Saint-Michel qui m'a succédé, pas tout de suite, mais qui est devenue la 2e 2e femme présidente du Conseil national, elle était elle est beaucoup plus calme, elle est beaucoup plus empathique que moi. Donc, ça veut dire qu'on peut aussi être soi-même euh dans ce qu'on est, dans ses points forts et ses points faibles, et pas pour autant à chaque fois se dire "Bah oui, on va créer un rapport de force." Non. C'est pour ça que ce modèle masculin, il faut se dire qu'il est pas
nécessairement celui qui doit être en 1er, c'est qu'aussi notre modèle féminin peut être peut-être aussi un modèle à regarder. Et et et les hommes quand ils disent aujourd'hui dans les sociétés quand on met une femme à la tête, et bien ils disent finalement ce modèle féminin qu'elles apportent peuvent aussi apporter de la croissance parce qu'on n'est plus dans la façon euh du 19e siècle où on avançait coûte que coûte sans se préoccuper de rien et aujourd'hui on a une notion de durabilité et que finalement le modèle féminin il est plus dans la durabilité. Tout à fait. Euh en parlant un peu de réseaux, euh je voudrais rebondir donc vous vous avez fait partie de plusieurs réseaux dont des réseaux professionnels féminins.
Euh selon vous, quel rôle jouent ces réseaux aujourd'hui dans l'évolution euh de nos ? Alors [rires] moi euh euh je je pense que les femmes expertes-comptables ou stagiaires qui m'écoutent peu importe euh c'est vrai euh que d'avoir créé l'association des femmes expertes-comptables diplômées enfin des femmes l'association des femmes diplômées expertes-comptables, euh donc la FEC euh donne du sens à ce que j'appellerais le côté mentoring. Euh c'est quoi le mentoring en ? C'est de se dire que si on n'est pas à l'aise par rapport à certains codes
euh si on se sent pas légitime parce qu'on a eu des modèles d'enfance attention, des modèles, des images, des visions d'une enfance et qu'on se sent pas légitime, être mentorée me paraît être un point aussi important. Toutes les femmes n'ont pas besoin d'être mentorées. Par exemple le jour où on a parlé euh des postes d'administratrices et d'administrateurs de dans le cadre de la loi Zimmermann euh j'avais été à l'IFA, l'Institut Français euh des des administrateurs qui existait à l'époque et à l'époque c'était un homme qui qui présidait et il m'avait dit "Bon ben dans cette loi puisque les femmes peuvent devenir administratrices dans la loi Zimmermann, et bien il faut qu'elles viennent chez moi se former." Je lui ai répondu "Est-ce que des hommes administrateurs qui sont aujourd'hui
administrateurs dans les sociétés ont-ils été ?" Il me dit "Non." Je dis "Pourquoi voulez-vous que les femmes se forment obligatoirement alors que certaines ont des diplômes d'expert-comptable, connaissent bien les règles, que ça soit de la finance, du droit, du social, de la RSE ou toute autre loi, pourquoi voulez-vous qu'elles se ? C'est à elles, comme les hommes, de se dire "Dois-je aller me ?" Mais c'est pas une obligation. Donc il y a quand même dans cette position-là à toujours se regarder soi-même, donc c'est quand je parle du mentoring, c'est pas nécessairement à se faire mentorer. Mais si à un moment on sent que on n'a pas les quatre pieds
les quatre piliers dans la mer pour une raison X, peu importe, et qu'il en manque un, ben ça vaut la peine de se faire mentorer. Parce que du coup sur ses points faibles, on peut donner des points forts. Donc se faire mentorer, c'est sur ses points faibles, c'est jamais sur ses points forts. On a ses points forts, on les garde. Donc oui, un réseau féminin, l'avantage qu'il a, c'est du coup un d'avoir des modèles, d'avoir des femmes de tout bord qui ont osé qui sont devenues qui sont devenues associées, qui sont devenues directrices, peu importe, générales, qui sont devenues même présidentes. Aujourd'hui, chez KPMG, on a une femme présidente KPMG France. Bon, voilà, c'est la première fois que dans les grands cabinets, on a une femme présidente.
Donc oui, quand on a besoin sur ses points faibles d'améliorer, de faire en sorte qu'on puisse en faire des points forts ou même sur ses ses forts peut-être les renforcer et bien oui, les les réseaux féminins servent à ça. Donc un pour avoir des modèles, oui, par les femmes qu'on rencontre. Deux, pour avoir aussi un fichier, parce que c'est important. Elle travaille dans telle entreprise et cetera, autant se faire connaître. On est expert-comptable, on peut avoir des clients de cette façon-là. Et trois, pourquoi pas se faire mentorer, c'est ce que propose la FEC aujourd'hui. Donc euh on on pourrait imaginer d'avoir un partenariat, je crois qu'on m'en a parlé, un partenariat à FEC et CJEC annexes pour mentorer les stagiaires
aussi. Oui bien. Oui, ce serait une bonne idée. Euh donc je rebondis un peu. J'aurais aimé qu'on se concentre maintenant un peu plus sur les cabinets. Et ma question est la suivante. Selon vous, est-ce que les cabinets peuvent mettre en place des actions, favoriser l'accès euh des femmes aux postes de ? Et euh si vous avez des idées d'actions aussi. Alors, le cabinet Mazars, qui s'appelle plus Mazars et qui est devenu Fortis, enfin Mazars Fortis, ils ont gardé les deux noms. Euh ils ont recruté euh une femme que j'ai j'ai bien connue euh qui était dans des réseaux féminins, des réseaux des réseaux féminins avec des femmes qui étaient dans des
conseils d'administration. Ils ont recruté cette femme pour faire en sorte de favoriser l'accès euh des des femmes de leur cabinet aux postes de direction. Donc ça veut dire qu'aujourd'hui les cabinets se sont euh dotés euh d'hommes ou de femmes, parfois dans dans d'autres cabinets, j'ai rencontré des hommes, euh qui font en sorte euh d'aller vers la ressource humaine compétente, hein, c'est-à-dire euh il y a c'est fait dans le cadre de ces fameuses évaluations annuelles. Euh il y a une identification, on repère des femmes qui ont du sens, avec une vision, avec une compétence, avec une mobilisation aussi parce qu'il faut aussi parfois embarquer quelque part
vers un projet et donc on les identifie et ces hommes ou ces femmes qui ont été recrutés pour ça pour assurer justement ce qu'on appelle une parité dans le cadre des associés et bien ils font en sorte de rencontrer ces personnes et de les amener à réfléchir à un poste d'associé. Oui, maintenant les cabinets euh d'à peu près plus de 100 salariés, je vous le dis sont dotés d'un service euh pour assurer cette parité. OK. Moi je Donc ça vaudra la peine d'aller faire des interviews euh de ces personnes, je vous donnerai certains noms et vous irez les interviewer. Avec plaisir. Euh je vous propose maintenant de faire un petit focus sur Octobre Rose parce que nous sommes en plein mois
d'Octobre Rose qui est également l'occasion du coup de parler de santé, de prévention et de solidarité dans les entreprises. Selon vous, est-ce que les cabinets, les entreprises peuvent jouer un rôle dans la sensibilisation à ces enjeux de ? Ah oui, oui, euh dès lors qu'il y a une directrice ou un directeur des ressources humaines euh dès lors qu'il y a une associée femme dans les associés. Hmm hmm. Donc s'il y a pas de directeur ou directrice des ressources humaines mais que dans les associés il y a des femmes aujourd'hui, enfin moi la première, mais j'ai vu hier quand je suis allée au Conseil Régional Mécénat, il y avait une exposition euh enfin ce qu'on appelle un vernissage,
donc une exposition de de de de peinture et euh j'ai vu toutes les femmes porter le ruban rose sur leur sur leur robe ou sur leur veston ou sur leur blazer, enfin peu importe le terme, un veston ça fait masculin, sur leur blazer, sur leur veste. Donc euh oui, euh j'ai bien vu que tout un chacun et chacune se préoccupe de ce problème de santé. Euh c'est pareil, c'est très culturel. Euh Certains vont vous dire "Ah ben non, c'est juste pour un mois." Oui, la journée des femmes c'est pour une journée. Donc si on commence à dire c'est juste pour un mois, à quoi ça ? On en parle pas après. Non, c'est juste pour qu'à un moment ça soit un au frère et surtout c'est que ça soit un révélateur. Donc le fait de le porter, d'afficher,
je trouve que c'est important. Donc il suffit que soi-même stagiaire on porte le ruban rose sur sa veste pour que quelqu'un quelqu'un dise "Ah qu'est-ce que c'est ce ruban ?" Voilà, parce que parce que la personne en face connaît pas, parce que le garçon en face connaît pas, parce que la jeune femme même peut y avoir des femmes qui connaissent pas et donc parler de cette sensibilisation et de fil en aiguille ça monte à la direction. Il faut être aussi soi-même des modèles. Il faut pas tout attendre de ce qui est une autorité au-dessus. C'est aussi à soi de donner du sens à ce qu'on est. Donc le la sensibilisation aux enjeux de santé, de prévention, de solidarité, quand on est stagiaire ou diplômé dans un cabinet de moins de 10 bah qu'est-ce que ça coûte d'aller porter ce ruban
rose sur sur sa veste, sa robe, son corsage et d'expliquer le pourquoi du ? Et donc de regarder dire dans le cabinet qu'est-ce qu'on apporte par rapport à cette ? Donc voilà, c'est ce que je veux dire c'est que c'est on est tous acteurs et toutes. Très bien. La seconde question pour ce petit focus sur Octobre Rose, c'était de savoir selon vous comment mieux accompagner les femmes confrontées à des problèmes de santé au cours de leur carrière sans sans faire une sans briser leur carrière aussi. Comment mieux les ? Voilà. Déjà la première chose c'est vérifier que dans son cabinet il y a la
visite annuelle de la médecine du travail. Oui. Moi j'ai quand même vu encore des cabinets où il y a pas de visite annuelle. J'ai quand même vu. Donc quand on est dans un cabinet où on constate qu'il y a pas de visite annuelle de la médecine du travail, j'ai même connu des stagiaires qui m'ont dit "Ah bon, il y a une visite ?" Bah oui, il y a une visite médicale. Elle sert à ? À la prévention. Quand on y va pas, parce que je connais des stagiaires et des et même des diplômés qui n'y vont pas, et qu'on détecte un cancer 2 ans après, 3 ans après, parce qu'on ne s'est pas rendu à la visite. C'est bien la visite médicale qui est de la prévention. Toutes les organisations euh syndicales, salariés,
que ça soit la CFDT, FO, CGT, euh CFE-CGC, j'en oublie, toutes souhaitent que cette visite se fasse. C'est ça la prévention. Donc, il faut déjà commencer par dire il y a une loi. Les gens s'en sont battus en 1936 pour faire appliquer cette prévention. Donc, il faut peut-être vérifier dans son cabinet si ça s'applique. Et quand on fait nos fiches de paie, nous les experts-comptables, pour les clients, est-ce qu'on regarde s'il y a les visites ? Est-ce que nous-mêmes on porte une attention sur cette obligation de ? Donc, oui, dans les cabinets, faisons en sorte de vérifier qu'il y a bien cette visite. Est-ce qu'on y va ? Est-ce qu'on en profite pas pour dire on n'a pas le temps et ? Puis ensuite, pourquoi pas regarder au niveau de nos clients, parce que on est
aussi des ambassadeurs et des ambassadrices.
Tout à fait. Je vous propose maintenant de passer à la conclusion. Donc, quels conseils donneriez-vous à une jeune femme qui souhaite aujourd'hui devenir expert-comptable ou commissaire aux ? Bah, c'est d'abord d'avoir une passion. La passion de ce qu'est ce métier. C'est-à-dire, c'est pas nécessairement une passion du chiffre. Euh c'est pas nécessairement une passion du chiffre, c'est une passion de ce qu'est le service à rendre à une organisation qui s'appelle une entreprise. Ce service, il passe évidemment par la partie euh organisation comptable pour qu'on soit sûr de ses chiffres et qu'ils soient bien fiables, mais ça passe
nécessairement par le juridique pour être sûr qu'on est bien dans un cadre légal, dans un dans une architecture légale, puis ça passe aussi par le social parce que la ressource humaine, elle est pour moi à égalité avec la ressource financière. Une ressource financière égale une ressource humaine, une ressource humaine égale une ressource financière. Et donc on a ce social et puis on a une passion pour ce fiscal parce que c'est vrai que tout un chacun qui collecte euh l'impôt, et ben contribue quand même à un État plus fort. Euh donc c'est une vraie passion, pas nécessairement du chiffre. Donc ce que je souhaiterais donner comme conseil à une jeune femme comme un jeune homme, hein, je fais pas de différence pour
devenir expert comptable, c'est une vraie passion du service vis-à-vis de l'autre dans le cas du développement et de la croissance de de l'autre. Donc dans cet aspect de développement et croissance et de durabilité, et bien il y a nécessairement prendre en compte le fait que on a autant besoin euh du comptable, du juridique, du social, du fiscal, du financier. Et que parce qu'on ne détient tous ces éléments-là, alors on va vers le chef d'entreprise, on va vers lui en lui apportant l'ensemble de ses conseils et en faisant en sorte que ça se traduit euh par un un un un un beau tableau de bord mensuel euh pour lui dire "Ben, voilà ce que vous avez gagné, mais voilà
ce que vous devez aussi distribuer, voilà aussi ce que vous devez faire comme partage de la valeur." Donc il faut aussi se passionner pour des enjeux sociétaux. Hmm. Et ça, ça me paraît être le meilleur conseil que je pourrais donner à un jeune homme ou à une jeune femme. Parfait. Donc avant de passer aux questions, euh est-ce que vous auriez un dernier mot à nous ? Bah dire à chacun qu'une et à chacun que vous êtes le plus important. Euh que euh vous devez croire qu'en vous. Euh juste après, vous devez croire au collectif. Mais vous devez d'abord croire en vous. C'est parce que vous allez croire en vous que vous allez vous rapprocher du collectif. Souvent quand on croit pas en
soi, et ben on va pas nécessairement vers les autres parce qu'on a peur que en grattant un peu, ils reconnaissent nos nos nos défauts, nos nos points faibles. Alors il faut d'abord se dire je suis unique en mon genre. Et parce que je suis unique en mon genre, je rejoins les autres pour doubler ma puissance, pour tripler ma puissance. Mon dernier mot c'est ayez une passion de vie. Euh je vous remercie Madame Bricard, c'était un moment d'échange très intéressant. Euh merci d'avoir pris un peu de temps pour pour parler de ce sujet qui est très important. Et euh et puis effectivement ça c'est inspirant et encourageant pour pour les femmes, les jeunes femmes qui euh souvent se disent que c'est
peut-être un métier d'homme et donc euh là tout tout votre parcours est très encourageant. Bah écoutez, moi je voudrais d'abord euh saluer l'annexe parce que c'est un mouvement de jeunesse. Euh c'est ce sont des moments où on a eu des crises de fou rire, on a eu de temps en temps des tensions euh comme toujours et ça et tant mieux parce que ça nous oblige à à endurcir notre cuir. Donc il en faut hein, qu'on soit clair. Mais euh je voudrais vous saluer parce que finalement c'est vous demain qui qui feront la profession. Euh et elle est grande cette profession euh même si on est que 22000 euh experts-comptables par rapport à 70000 avocats, on est quand même présent dans
plus de 2200000 d'entreprises sur les 3000000 en France. On a un vrai une vraie mission qui qui est une mission presque de service public, je dirais. Et que je sais d'avance que vous la ferez bien, vous la verrez avec passion et et surtout je sais que demain vous deviendrez quand on peut pas parfois devenir associé bah on fait comme moi, on monte un cabinet et moi j'ai pris une femme comme associée. Ça a été plus simple comme ça. Pourquoi pas soi-même se dire bah je m'installe, je suis une femme. Et puis je prends un homme comme associé, mais c'est moi qui choisis ou je prends une femme comme j'ai fait parce que j'avais trouvé à l'annexe justement une femme exceptionnelle qui savait tout surtout, qui travaillait en
verticale alors que nous dans les professions libérales, on travaille beaucoup plus horizontal. Et donc pour s'associer en général, il faut du vertical et de l'horizontal. Il faut savoir descendre de très loin, profond. Mais pas toujours parce que on doit facturer et que descendre très très bas et bah parfois toutes les heures sont pas facturables. Donc il faut cet équilibre entre l'horizontal et le vertical et ça peut être tout à fait un homme une femme ou deux femmes, il y a pas de difficultés, c'est original mais ça se fait de ça se fait de plus en plus et au moins c'est nous qui choisissons. Si vous choisissez, vous devenez vous présidente ou gérante de votre cabinet, bah c'est vous qui choisirez l'associé. Voilà au moins l'avantage de ce club des jeunes experts
comptables qui favorise la création. Tout à fait, la liberté. Merci à toutes, merci à toutes et merci à tous et surtout un bon weekend qui s'annonce. Merci à vous aussi. Au revoir. Au revoir.