Sébastien Chenu : "En France, tout le monde entre et personne ne sort !" (Public Sénat)
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Questions et réponses
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- 0:22OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous pensez du choix de nommer Richard Ferrand au Conseil constitutionnel ?
- 1:08RelanceRéponse directe
Donc il faut arrêter de nommer des politiques au Conseil constitutionnel ?
- 1:24OuverteRéponse directe
Vous au pouvoir, vous n'auriez pas nommé Louis Alliot ?
- 2:05RelanceRéponse directe
Mais pour vous, il n'y a pas de risque de politisation du Conseil constitutionnel ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Vigilants comment ? Quels sont les moyens ?
- 3:50RelanceRéponse partielle
Donc si dans son audition, il vous apporte la garantie qu'il ne fera pas de politique, les députés valideront ce choix ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:28Locuteur 1Fait
« Évidemment on imaginait bien qu'Emmanuel Macron n'allait pas nommer un ami du Rassemblement National. »
- 0:34Locuteur 1Fait
« On a échappé Elisabeth Borne, on a échappé Éric Dupond-Moretti, nous voilà avec Richard Ferrand. »
- 0:44Locuteur 1Fait
« Nous ce qui va nous intéresser de voir et d'écouter, parce qu'on va auditionner Richard Ferrand, c'est ses capacités à rester neutres, à rester impartiales. »
- 2:21Locuteur 1Fait
« On l'a vu concrètement avec des prises de position sur la loi sur l'immigration en particulier. »
- 5:31Locuteur 1Fait
« Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il ne l'a pas démontré tout au long de sa carrière politique. »
- 6:30Locuteur 1Fait
« parce que les socialistes ne se font acheter pas cher en général. »
- 7:05Locuteur 1Fait
« je pense notamment à l'aide aux agriculteurs. »
- 7:10Locuteur 1Chiffre
« C'est un très mauvais budget, y compris le PLFSS, celui de la Sécurité sociale, avec un déficit de 22 milliards d'euros pour la Sécu. »
- 13:10Locuteur 1Fait
« les chiffres actuellement sont absolument épouvantables. »
- 13:12Locuteur 1Fait
« Tout le monde entre en France, personne ne sort. »
- 13:20Locuteur 1Chiffre
« On accepte 900 000 clandestins, chiffre de Patrick Stéphanini, sur le territoire français. »
- 13:24Locuteur 1Chiffre
« Plus de 26% d'expulsion en 2024. »
- 17:47Locuteur 1Chiffre
« Je félicite ces 109 milliards d'euros qui vont être injectés dans l'intelligence artificielle. »
- 18:02Locuteur 1Fait
« on faisait des choses très concrètes. Nous, on propose que ce soit fait des zones franches, par exemple, en ce qui concerne l'intelligence artificielle. »
Temps de parole
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– Bonjour Sébastien Chenu, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation, député du Nord, vice-président du Rassemblement National. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Fabrice Vesseredon du groupe EBRAS, les journaux régionaux de l'Est de la France. Bonjour Fabrice.
– Bonjour Aurélien, bonjour Sébastien. – Bonjour Monsieur.
– Emmanuel Macron a donc choisi de nommer Richard Ferrand pour présider le Conseil constitutionnel et succéder à Laurent Fabus. Qu'est-ce que vous pensez de ce choix ?
– Écoutez, pour l'instant je n'ai pas porté un jugement sur la personne de Richard Ferrand. Évidemment on imaginait bien qu'Emmanuel Macron n'allait pas nommer un ami du Rassemblement National. On a échappé Elisabeth Borne, on a échappé Éric Dupond-Moretti, nous voilà avec Richard Ferrand. Nous ce qui va nous intéresser de voir et d'écouter, parce qu'on va auditionner Richard Ferrand, c'est ses capacités à rester neutres, à rester impartiales, puisque c'est ce qu'on attend d'un président du Conseil constitutionnel.
À titre personnel, moi je préférerais sincèrement qu'on nomme des gens qui soient très éloignés de la sphère partisane, c'est-à-dire qu'on nomme des professionnels du droit ou des gens qui n'aient pas eu d'engagement politique au sens partisan du terme. Je pense que ce serait plus sain, ça éviterait…
– Donc il faut arrêter de nommer des politiques au Conseil constitutionnel ?
– En fait, tout de suite, ça amène, ça affaiblit l'institution, en fait, en nommant les politiques. Le grand public se dit, ben oui, ils nomment leurs copains, et donc l'institution est affaiblie. Alors, encore une fois, on va voir ce que Richard Ferrand va nous dire, mais…
– Vous au pouvoir, à l'Élysée, par exemple, vous n'auriez pas le nommer un Louis Alliot, par exemple ?
– Ah non, mais je crois que Marine Le Pen le dit souvent, elle préférait voir nommé des professionnels du droit, plus neutres. – Ce qui est le cas de Louis Alliot, qui est un professionnel du droit. – Oui, enfin, je pense que Louis Alliot, qui est actuellement maire de Perpignan, pourrait être utile à un gouvernement ou à une majorité rassemblement national, autrement qu'en étant membre du Conseil constitutionnel, mais je pense qu'il est plus sain de ne pas nommer de gens qui ont eu des fonctions électives ou partisanes. Alors, il y a, je crois, ce qu'on appelle le devoir d'ingratitude, c'est-à-dire que les membres nommés ne doivent rien à ceux qui les nomment.
Donc, espérons que Richard Ferrand veille sur ça. On a eu quand même un président du Conseil constitutionnel…
– Mais pour vous, il n'y a pas de risque de politisation du Conseil constitutionnel ?
– Ah ben, il y a toujours ce risque, il existe à partir du moment où on a des politiques. Est-ce que ce risque est plus grand demain avec Richard Ferrand qu'avec Laurent Fabius ? Je ne crois pas, parce que pour le coup, on a vu un Laurent Fabius qui faisait plus de politique que de droit. À mon avis, on l'a vu concrètement avec des prises de position sur la loi sur l'immigration en particulier.
– Oui, il a fait de la politique sur la immigration en censurant certains articles.
– Non, mais globalement, on a fait de la politique. Donc, le suivant, on fera, je l'espère, moins. La nomination de Laurent Jusniewski, que j'ai eue comme collègue, nommée par Yael Brown-Pivet, est une femme respectable, qui me semble capable de faire preuve d'une certaine indépendance d'esprit. Et donc, je l'espère demain, d'une certaine forme de neutralité. Mais on va être très vigilants à cette neutralité, à cette impartialité, parce qu'encore une fois, c'est l'institution qui est en cause.
– Vigilants comment ? Quels sont les moyens ?
– D'abord, les auditions, les auditions qu'on va mener.
– Juste pour qu'on comprenne bien, parce qu'effectivement, ils doivent être d'abord auditionnés par le Parlement avant que leur nomination soit validée. Ça veut dire que vous, a priori, vous ne mettez pas d'opposition à la nomination de Richard Ferrand. Ça va dépendre de son audition. Ou quoi qu'ils disent, vous voterez contre.
– Non, non, on n'a pas d'a priori, mais on n'a jamais d'a priori quand on a auditionné le président de l'ARCOM, enfin celui qui prétendait devenir président de l'ARCOM, ou d'autres personnalités. Nous n'avons pas d'a priori.
– Donc vous ne nous dites pas ce matin, on votera contre sa nomination.
– Non, non, mais nous avons des principes et nous souhaitons que ces principes soient respectés. Donc on sera attentifs, exigeants, on va dialoguer avec Richard Ferrand, même si évidemment, d'emblée, c'est un choix, qui nous paraît relevé.
– Donc si dans son audition, il vous apporte la garantie qu'il ne fera pas de politique, les députés Rennes valideront ce choix ?
– La garantie, est-ce qu'on peut être sûr ? – C'est ça, mais qu'est-ce que vous attendez de lui pour valider son choix ? – Sur une certaine forme de confiance. On va voir la façon dont Richard Ferrand aborde son mandat, publiquement, et c'est vrai que les engagements publics qu'il prendra feront pencher la balance d'un côté ou d'autre. Donc pas de jugement a priori. On préférait, je le redis, que ce soit des gens plus neutres politiquement. Ça nous met évidemment dans une situation… – Mais qu'est-ce qu'il doit dire ?
Parce que vous allez le juger sur ses paroles lors de l'audition.
– Oui, mais nous dire qu'il sera un président de conseil constitutionnel qui ne fera pas de politique politicienne et qui fera du droit. Et ça, c'est important de revenir à cet état d'esprit de l'institution. Faire du droit et protéger la constitution, pas protéger des intérêts politiques partisans.
– Est-ce que cette nomination a une connotation particulière à deux ans de l'élection présidentielle ? Est-ce que vous attendez quelque chose de particulier de Richard Ferrand, si c'est lui qui a le poste, dans le cadre de cette validation des candidatures ?
– Évidemment, Richard Ferrand sera le président du conseil constitutionnel s'il était confirmé qu'il présiderait un conseil constitutionnel lors d'un futur quinquennat. Donc avec un nouveau ou une nouvelle présidente de la République. Donc sa capacité à prendre du recul, sa capacité, encore une fois, à préserver l'institution, à faire du droit, va être particulièrement scrutée. Et je pense que Richard Ferrand, enfin, doit le savoir. Il est nommé et il est décrit comme un proche du président de la République. Son intérêt, s'il ne veut pas être mis en cause immédiatement, c'est de montrer une certaine indépendance d'esprit rapidement.
Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il ne l'a pas démontré tout au long de sa carrière politique. C'était un fidèle, un inféodé du président de la République. Donc sa capacité à avoir une certaine liberté, une certaine distance vis-à-vis d'une majorité qu'il a à l'époque construite autour d'Emmanuel Macron, va être…
– Et quand il présidait l'Assemblée nationale, ce n'était pas un président indépendant ?
– Je n'ai pas un mauvais souvenir de Richard Ferrand, président de l'Assemblée nationale, mais nous n'étions que sept députés, nous ne fonctionnions pas en groupe. Je dois dire que je n'ai pas particulièrement mauvais souvenir de Richard Ferrand comme président de l'Assemblée nationale. Je ne lui ferai pas ce procès, mais j'allais dire, on l'attend au tournant Richard Ferrand.
– On va parler de la censure, puisque François Bayrou est donc échappé hier à une nouvelle motion de censure, que les députés à Rennes n'ont pas voté. Vous ne voulez vraiment pas faire tomber le gouvernement ?
– Mais en fait, d'abord pour faire tomber le gouvernement, il faudrait qu'il y ait une majorité. À partir du moment où les socialistes, depuis le début, ont dit, nous de toute façon, on ne votera jamais la censure, ils se sont fait acheter pour pas grand-chose, parce que les socialistes ne se font acheter pas cher en général. Eh bien déjà, mathématiquement, le gouvernement ne peut pas tomber. Maintenant, le censurer, c'était dans l'idée, c'était de se dire, quelle politique, quel budget pourrait ensuite faire suite à une censure ?
– En réalité, le président de la République, si le gouvernement tombait demain, avant les possibilités de dissoudre l'Assemblée nationale, il renommerait un de ses amis qui ferait à peu près la même chose. Donc on perdrait trois mois, il n'y aurait toujours pas de possibilité de dissolution, et finalement, on ferait du surplace. Donc nous, on s'est dit, il y a des mesures qu'il faut faire passer, je pense notamment à l'aide aux agriculteurs. C'est un très mauvais budget, y compris le PLFSS, celui de la Sécurité sociale, avec un déficit de 22 milliards d'euros pour la Sécu. C'est un mauvais budget, ce sont des mauvais budgets, ils font du mauvais travail.
Mais entre-temps, on ne peut pas dissoudre. Donc tant qu'on ne peut pas dissoudre, on aurait toujours les mêmes équipes qui viendraient faire ce mauvais travail.
– Vous pensez qu'Emmanuel Macron veut dissoudre à nouveau ?
– Je ne sais pas s'il veut dissoudre, je ne pense pas qu'il ait envie de dissoudre.
– Vous l'évoquez comme finalement une évidence.
Mais je pense que pour sortir de ce phénomène de blocage, à un moment, il faut revenir devant les électeurs. Il faut dire aux Français qui s'en aperçoivent, ça ne fonctionne pas. Revenons devant les électeurs dès que nous en avons la possibilité et proposons aux Français une nouvelle majorité, un nouveau cap pour sortir de ces difficultés. Je veux dire, on ne peut pas continuer comme ça deux ans et demi.
– Est-ce que vous voterez la motion de censure du PS la semaine prochaine ?
– Mais nous, on a montré que la censure ne nous fait pas peur. Donc on est prêts à regarder les choses.
– Mais vous la voterez ou pas du coup ?
– Aujourd'hui, elle est rédigée de façon telle qu'elle est assez insultante à notre égard. Alors même si tout ça, c'est de la comédie, c'est une mascarade du PS…
– Celle du budget Barnier, elle n'était pas particulièrement tendre à votre égard.
– C'est pour ça que les textes, en l'occurrence, les textes de censure sont plutôt des prétextes pour essayer d'éloigner le Rassemblement national. De toute façon, si on vote la censure et que le gouvernement tombe, ils seront remplacés par les mêmes. Donc est-ce que ça a du sens de faire ça ? Aujourd'hui, si on est dans cette logique, on le décidera entre nous, on n'en est pas encore parlé, on va l'évoquer probablement lors de notre réunion de groupe aujourd'hui. Tout est libre, tout est sur la table, mais la logique voudrait que le même type de conséquences nous amène au même type de positionnement.
– Donc vous ne la voterez pas ?
Aujourd'hui, on est plutôt dans une phase où on se dit que cette motion de censure, c'est le cinéma du Parti Socialiste pour se donner bonne conscience.
– Est-ce que vous pouvez voter une motion de censure qui dénonce la subversion migratoire pour Rassemblement national ?
– Non mais le texte n'a aucune importance dans une motion de censure. On ne vote pas une loi. Ce n'est pas parce qu'on vote une motion de censure que ce texte… – Donc il peut y avoir écrit n'importe quoi ? – Absolument, il peut y avoir écrit n'importe quoi dans un texte qui accompagne une motion de censure. D'ailleurs, le PS nous montre qu'il écrit n'importe quoi. Donc le PS écrit n'importe quoi, il veut se racheter une conscience. Nous, on est très libres, on va en parler en groupe, on va en parler en réunion et on décidera ensuite. Mais nous sommes très libres, nous l'avons montré, on a déjà voté des textes venant de la gauche.
Là, on a vraiment le sentiment que les socialistes essayent de retrouver une bienveillance de la part de leurs alliés. Tout ça, enfin, les socialistes…
– Vous dites que ce n'est pas le moment de voter la censure. Ce n'est pas la semaine prochaine qu'il faut faire tomber le gouvernement.
– En tous les cas, faire tomber le gouvernement pour le remplacer par le petit frère de François Béroux ou la grand-mère de Michel Barnier, ça n'a pas de sens.
– Vous suivez l'opinion, on a vu dans les derniers sondages que les Français sont plutôt satisfaits de cette non-censure de la semaine dernière ?
– C'est plutôt l'opinion qui réagit à ce que nous avons fait, puisque je vous rappelle que lorsque nous avons débattu la possibilité de censurer le gouvernement Béroux, il y avait une opinion qui était presque à 50-50. Et aujourd'hui, en tous les cas, j'ai vu que 72% des acteurs du Rassemblement national ont trouvé que nous avions fait le bon choix. C'est-à-dire que le choix de Marine Le Pen a été, encore une fois, je dois dire, non seulement un choix responsable, mais en corrélation avec ses électeurs, en cohérence avec ses électeurs. Et finalement, est-ce que ce n'est pas cette cohérence ? – Vous vous reprochez pas le choix précédent, vos électeurs ?
– Non, non, je crois que nos électeurs étaient très attentifs et voulaient absolument qu'on fasse tomber le gouvernement Barnier parce qu'il y avait notamment des lignes rouges, la désindexation des retraites, la baisse du remboursement des médicaments, tout ça, les électeurs ne le supportaient pas.
– Aucun électeur, aucun élu local que vous avez rencontré lors des cérémonies de vœux, par exemple, vous a reproché la censure ?
– Ah, pas du tout, pas du tout. Mais en revanche, il voulait de la stabilité ensuite. Mais je dois dire que ça, c'était les victoires du Rassemblement national que d'avoir pu permettre que les retraites ne soient pas désindexées. Heureusement que nous sommes montés au créneau et que nous avons censuré le gouvernement Barnier, c'était quand même des dizaines et des dizaines de milliards d'euros d'impôts supplémentaires.
– Donc on a bien compris que vous n'étiez pas pour une censure dans l'immédiat. Est-ce que vous envisagez, vous, de déposer une motion de censure dans les prochaines semaines, dans les prochains mois ?
– Pourquoi pas, on verra. On va voir les textes qui arrivent, on peut déposer des motions de censure spontanées, tout ça…
– Sur les retraites, par exemple, si les retraites arrivent au Parlement, est-ce que c'est pour vous un motif de censure ?
– Ça dépendra de ce qu'il y a dans le texte, c'est toujours pareil. Qu'est-ce qu'on nous propose ? Moi, je ne crois pas que ce conclave de trois mois change l'alpha et l'oméga de la réforme des retraites. Je pense que François Bayrou cherche à gagner du temps. On ne réforme pas les retraites en commençant par un conclave de trois mois sans traiter les phénomènes de fond, enfin les faits de fond, la réindustrialisation du pays, la natalité, l'arrivée sur le marché du travail des plus jeunes. Tant qu'ils ne traitent pas tout ça, en réalité, ils resteront sur du bidouillage.
– Un mot sur le débat que veut ouvrir François Bayrou, Fabrice ?
– Ce débat, il doit prendre quelle forme celui sur le droit du sol ? François Bayrou le veut plus large. Vous souhaitez être plus focus sur cette question qui divise la société ou vraiment embrasser le sujet largement sur qu'est-ce qu'est ce français ?
– Non mais je n'en reviens pas qu'en 2025, on en soit encore à débattre, à se poser, pardon, se poser la question du débat. C'est-à-dire qu'on se demande si éventuellement on pourrait parler d'un phénomène qui, devant nous, tel une vague, la submersion migratoire, pose un certain nombre de problèmes absolument importants, économiques, sociaux, sociétaux pour notre société, pour la France, et qu'on se dise est-ce qu'on peut en parler ? Mais non seulement il faut en parler, il faut prendre maintenant des dispositions.
– Et c'est pas normal d'en débattre, de voir, de mettre des chiffres, de voir si cette submersion migratoire est étayée ou pas ?
– Enfin, les chiffres, on les connaît, vous les avez vus comme moi, les chiffres actuellement sont absolument épouvantables. Enfin, tout le monde entre en France, personne ne sort, si je veux la faire simplement. On régularise, on naturalise. – On accepte 900 000 clandestins, chiffre de Patrick Stéphanini, sur le territoire français. Donc tout le monde entre, personne ne sort. – Plus de 26% d'expulsion en 2024, c'est pas personne ne sort, c'est 25%. – On n'est pas revenus au niveau des expulsions du Covid, de l'époque Covid. Donc ça veut dire qu'en réalité, ça a continué à baisser, on a continué à expulser moins. Là, on expulse un peu davantage sans revenir au niveau d'avant.
– Plus de 26%, c'est pas moins, c'est plus. – Alors que, non mais d'accord, alors que les titres de séjour sont en augmentation, le nombre de clandestins est en augmentation. En parallèle, on régularise, on naturalise. Ce gouvernement régularise et naturalise. Tout ça a un coût pour les finances publiques, pour le logement, sur la délinquance qui est quand même insupportable pour les Français.
– Sur la question qu'est-ce qu'être français, vous répondez quoi ?
– Être français, c'est partager un certain nombre de valeurs et respecter ce que la France a construit, que ce soit en termes de valeurs ou en termes d'édifices, de protection, le droit, etc. Être français, ça s'acquiert ou ça s'hérite, ça se mérite, mais en tous les cas selon des règles, pas simplement selon des décisions administratives. Nous nous considérons que, par exemple, lorsque vous êtes arrivé sur le territoire français sans autorisation et que vous vous y maintenez, c'est-à-dire que lorsque vous devez repartir chez vous et que vous restez sur le territoire français, vous ne pourrez jamais devenir français.
Nous considérons que lorsque vous êtes condamné, vous ne pourrez jamais devenir français. Ça, ce sont des règles saines. Ce n'est pas ce qui existe actuellement.
– Mais c'est grosso modo ce que disent Bruno Retailleux et Gérald Darmanin.
– Non, mais dire les choses. Alors vous me direz, c'est toujours mieux qu'ils les disent, que pendant des années, ils ont dit le contraire de ça, mais qu'ils gagnent en cohérence. Alors peut-être qu'ils font des petits pas. Tous les 10 ans, tous les 15 ans, ils finissent par reconnaître que le Rassemblement national a raison et que nous disons les choses depuis des années. Ok, très bien, mais maintenant, le sablier est retourné. Nous n'avons plus le temps. La submersion migratoire à travers des phénomènes politiques, sociaux, climatiques, demain est un enjeu excessivement important.
Je rappelle que nous nous plaidons pour la double frontière, une frontière européenne à l'extérieur et des frontières nationales, avec un contrôle de celles-ci. Ce sont les propositions portées par Jordan Bardella, par Marine Le Pen aux élections. Nous sommes les seuls à les porter.
– Marine Le Pen, elle a participé ce week-end à un rassemblement des Patriotes européens. C'était à Madrid avec un slogan « Make Europe great again ». Est-ce que c'est l'entropisation du RN ?
– Non, pas du tout. C'est simplement l'idée de dire qu'il faut se réveiller, que Donald Trump, d'ailleurs, ça pourrait être presque pris comme un pied de nez à Donald Trump. Donald Trump va défendre les intérêts américains. il va les faire en étant assez impitoyable avec les Européens et avec les Français. Donc à un moment, il faut se secouer. Se secouer en termes d'immigration, se secouer sur des chantiers tels que l'intelligence artificielle. Oui, il va falloir que…
– Mais vous le soutenez ou pas Donald Trump ?
– Moi, je ne soutiens pas Donald Trump. C'est aux Américains de soutenir ou pas Donald Trump.
– Mais sa politique, vous l'appelez ?
– Pas particulièrement. – Non, les États-Unis sont un pays ami, sont un pays allié. Mais ce sont des alliés impitoyables. Et Donald Trump va être un allié, un pays ami impitoyable. Donc on n'attend pas de cadeau de la part de Donald Trump. Après, la politique qu'il met en place aux États-Unis, c'est celle qu'ont voulu les Américains. Il met en place son programme. Au moins, il démontre d'ailleurs, lui, que lorsqu'il a été élu pour quelque chose, il l'applique. Maintenant, c'est aux Américains de juger. La société américaine ne ressemble pas à la société française. Le rapport aux libertés, le rapport aux religieux, tout ça est très différent.
Le rapport à l'économie, tout ça est très différent.
– Oui, alors justement, on a d'un coctet les Américains, de l'autre les Chinois, on voit les Indiens aussi, qui sont en France en ce moment. La France pèse quoi ? Là-dedans, seule, sans temps. Là, je pose la question aux souverainistes.
– Mais la France, c'est non seulement un poids politique, économique, historique absolument important, ce que nous avons fait, je pense, par exemple, dans le spatial avec Ariane, démontre que la France est capable de très grandes choses. Le message de la France à travers le monde… – Avec l'Europe, avec l'Europe. – D'accord, mais enfin, c'est la France qui est moteur. Il y a un côté toujours un petit peu à vouloir minimiser ce qu'est notre pays. Moi, je crois que notre pays, il a une parole qui pèse dans le monde. Il est attendu. Encore faut-il que ses propres dirigeants croient en lui. Moi, j'ai le sentiment qu'on a un président de la République qui croit en autre chose qu'en la France.
Il croit en l'Europe, il croit en l'euro. Il croit dans la France et dans son intelligence.
– Dans l'intelligence artificielle, il ne défend pas la France pour vous ?
– Non, mais moi, je félicite ces 109 milliards d'euros qui vont être injectés dans l'intelligence artificielle.
– C'est un bon coup de sa part ?
– Non, mais ça, c'est très bien de mettre de l'argent dans l'intelligence artificielle. – Mais vous le mettez au crédit du chef de l'État ? Si en parallèle, on ne baissait pas, comme dans le budget, l'investissement sur la recherche de plus de 640 millions d'euros, si en parallèle, on faisait des choses très concrètes. Nous, on propose que ce soit fait des zones franches, par exemple, en ce qui concerne l'intelligence artificielle. On pense qu'il faut miser à fond sur le fait que la France puisse être un paradis énergétique, voyez-vous. Quand vous disiez, est-ce que la France n'est pas un pays dont on peut parfois peut-être douter, ou que pèse la France ?
On peut être un paradis énergétique, c'est-à-dire, on peut réindustrialiser notre pays parce qu'on est une énergie pas chère à condition de ne pas dépendre des autres, c'est-à-dire à condition de faire les bons choix stratégiques. Ces bons choix stratégiques, Emmanuel Macron ne les a pas faits dans le passé. Les 109 milliards d'euros pour l'intelligence artificielle, c'est très bien au moment où les États-Unis en mettent 500 milliards sur la table.
Donc c'est un pas qui va dans le bon sens, mais il faut l'accompagner d'un certain nombre de mesures incitatives et aussi pour garder les jeunes talents, les jeunes Français, les jeunes chercheurs ici, plutôt que de les laisser s'échapper partout sur la planète.
Vous-même, vous utilisez Tchadjipiti ou le chat ?
Non, non, non, non, je suis un peu ringard sur ça. Je n'utilise pas Tchadjipiti. Et le chat ? Le missile ! Non, oui, mais je n'utilise pas ça. Mais je sais très bien que ça va me rattraper et que ça va nous rattraper. Donc autant bien se préparer, autant avoir les yeux en face des réalités, les yeux ouverts sur la réalité, et miser sur l'intelligence artificielle comme un vecteur de progrès, un vecteur de croissance. Moi, je crois en la croissance. L'inverse de la gauche qui veut une société basée sur la décroissance. Nous, nous croyons en la croissance, Jordan Bardella l'a rappelé, en la croissance, dans le développement, dans le progrès, au bénéfice des Français.
J'ai juste une seconde pour revenir sur Donald Trump, parce qu'on a dévié sur l'IA. Sujet intéressant aussi. Donald Trump a parlé cette nuit. Il a parlé de Gaza. Il poursuit son idée d'un grand projet immobilier sur la bande de Gaza. Et par ailleurs, c'est une déclaration un peu ambiguë sur une Ukraine qui pourrait devenir russe. Sur ces deux points, vous en dites quoi ?
Écoutez, ce n'est pas ce qu'on défend. Nous, on défend sur Israël-Palestine deux États. Donc voilà, on ne défend rien d'autre que cela. On défend une solution diplomatique entre la Russie et l'Ukraine. On ne défend rien d'autre que cela pour que l'Ukraine retrouve sa plénitude. Donc Donald Trump... Sa souveraineté ? Sa souveraineté, oui. Donc Donald Trump, on voit comment il fonctionne. Il pousse très très loin les enjeux. Il pousse très très loin parfois même les provocations. et il en attend un certain nombre de résultats qui parfois sont des résultats qui ne sont pas exceptionnels mais qui ont fait bouger un peu les lignes et parfois même il s'en contente.
Donc on voit bien quelle est sa méthode. Mais nous, nous réaffirmons ce que je viens de vous dire concernant à la fois l'Ukraine et concernant Israël et la Palestine.
Un dernier mot sur une élection à venir. Ce sont les municipales qui auront lieu dans un an. Quelles sont les ambitions du RN pour ces municipales ?
Gagner des villes. On n'a pas d'ambition chiffrée. Mais moi, je pense qu'il y a beaucoup de villes qui attendent des maires Rassemblement National, des grandes villes. Quelle ville vous visez ? Écoutez, si je vous parle de Toulon, en espérant que lors de la Vallette, notre député du Var, puisse partir à la conquête de Toulon, voilà une grande ville, préfecture du Var, qui je crois nous attend. Marseille avec Franck Alizio, Carcassonne avec Christophe Barthès. Donc au sud ? Au sud. Non, au nord, je pense qu'il y a de bonnes surprises possibles. Je pense à Douai, une ville importante du Nord, avec le député Thierry Tesson s'il souhaite être candidat demain. Et puis des tas de villes moyennes.
Vous avez des sénateurs ici, peut-être que quelques-uns. Peut-être qu'un sénateur du Nord bien connu, Josué Auchard, se décidera et acceptera de relever le défi dans notre ville de Denain.
Vous êtes organisé déjà ? Vous aviez nommé un vice-président ?
Bien entendu, autour de Julien Sanchez, qui est l'éputé européen, qui a été maire de Bocquer. Nous travaillons, sous l'autorité de Jordan Bardella, à tout ça. Nous avons des commissions d'investiture chaque semaine. Nous préparons nos candidats. Chaque élection est importante parce que chaque élection change le cours des choses. Quand vous voyez ce qu'on fait, Rachline à Fréjus, Aliot à Perpignan, ou l'équipe de Bocquer, ou d'Enin-Beaumont, vous vous dites qu'effectivement, quand c'est le Rassemblement national, la vie est bien meilleure, la ville est mieux gérée.
Merci Sébastien Chenet. C'est moi, merci beaucoup. Merci beaucoup d'avoir été notre invitée.
Sébastien Chenu