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InterviewFrance Inter — L'invité du week-end (sur Site radio)· 27 mai 2023 16 minContradictoireActualité / polémiqueImmigration & asileInstitutions & électionsRetraitesÉconomie & entreprises

Othman Nasrou (LR) : "Il y a un sentiment que nous subissons les flux migratoires"

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:08OuverteRéponse directe

    Est-ce que c'est un vocabulaire que vous partagez et que vous reprenez ?

  • 2:10RelanceRéponse partielle

    Ça veut dire quoi, submersion migratoire ? Vous considérez qu'il y a submersion à partir de quand ?

  • 3:53OuverteRéponse directe

    La grande idée du parti LR : réforme constitutionnelle pour sortir de traités ?

  • 5:11OuverteRéponse directe

    Un pays seul peut-il être plus fort face aux flux migratoires ?

  • 7:21OuverteRéponse directe

    L'immigration est-elle la première préoccupation des Français ?

  • 8:21OuverteRéponse directe

    Que proposez-vous pour améliorer le pouvoir d'achat des Français ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:41PrésentateurChiffre
    « Nous avons eu l'an dernier 500 000, près de 500 000 entrées légales. »
  • 2:57PrésentateurChiffre
    « Sur les demandeurs d'asile, nous en avons tous ceux qui sont déboutés, restent à 90% en France. »
  • 3:35PrésentateurChiffre
    « Nous avons, les estimations vont de 800 000 à 1 million de personnes en situation irrégulière en France aujourd'hui. »
  • 4:38PrésentateurFait
    « il faut que l'on puisse faire cette révision constitutionnelle pour avoir la souveraineté et la capacité d'échapper à certaines règles »
  • 4:52PrésentateurFait
    « un pays comme le Danemark aujourd'hui applique déjà ce que nous proposons. »
  • 10:19PrésentateurChiffre
    « Les seuls intérêts de la dette vont nous coûter d'ici à 2027 70 milliards par an »
  • 11:15PrésentateurFait
    « l'ISF, qu'il soit vert, jaune ou rouge, c'est un impôt absurde. Donc, pas de nouvel impôt. »
  • 11:37PrésentateurFait
    « Nous avons le record de la dépense publique. »
  • 11:40PrésentateurChiffre
    « Il y a dans notre pays plus de 500 agences de l'État aujourd'hui qui se doublonnent. »

Temps de parole

  • Présentateur68 %
  • Othman Nasrou32 %

4,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:01
Présentateur

France Inter, Karine Bécart, le 6-9 du week-end.

0:07
Othman Nasrou

Comment se porte la droite aujourd'hui en France ? Elle se prépare à des états généraux qu'elle a décidé de convoquer dans quelques jours, au début du mois de juin. Il faut dire que la longue bataille des retraites a fait du mal aux partis Les Républicains, offrant aux yeux du tous l'image d'une droite on ne peut plus désunie. Mais depuis une semaine, la situation a changé, elle s'est même nettement améliorée. Pour cela, il a suffi d'un mot d'ordre, immigration, et de deux propositions de loi déposées au Parlement pour que toutes les voix dissonantes au sein du mouvement rentrent visiblement dans le rang. On va bien sûr parler de tout cela avec notre invité ce matin sur France Inter.

Bonjour Haute-Mann Nassrou.

0:45
Présentateur

Bonjour Karine Bécart.

0:46
Othman Nasrou

Merci d'avoir accepté notre invitation. Vous êtes le premier secrétaire général délégué du parti Les Républicains, élu par ailleurs à la région Île-de-France, aux côtés de Valérie Pécresse, dont vous êtes le vice-président en charge de la jeunesse et de la promesse républicaine. Haute-Mann Nassrou, sur le constat, d'abord, toute la semaine on a entendu les élus de votre parti parler de submersion migratoire et d'immigration de masse. Est-ce que c'est un vocabulaire que vous partagez et que vous reprenez ? Et est-ce qu'avec ce champ lexical, vous n'êtes pas en train de copier-coller le Rassemblement national ?

1:21
Présentateur

Non, je ne crois pas. Je pense que la réalité, elle est bien connue des Français. C'est la réponse à une question simple, finalement, qui nous est posée, qui est posée d'abord aujourd'hui à Emmanuel Macron. Veut-on, oui ou non, reprendre la main, avoir la maîtrise sur les flux migratoires ? Aujourd'hui, notre pays n'a pas la capacité de choisir qui il souhaite accueillir et il n'a pas la capacité de reconduire dans leur pays d'origine ceux qui n'ont rien à faire sur le territoire français. Et ce n'est pas infamant que de dire cela. Donc, le Rassemblement national a beaucoup varié sur ces questions-là.

Nous, nous proposons deux textes extrêmement construits, cohérents, que nous avions d'ailleurs déjà défendus à l'élection présidentielle avec Valérie Pécresse et qui sont une solution qui est aujourd'hui sur la table si Emmanuel Macron a sincèrement le souhait de reprendre la main sur les flux migratoires. S'il fait semblant comme il le fait depuis 2017, au moins les masques vont tomber.

2:08
Othman Nasrou

Alors, bien sûr, on va revenir sur ces deux textes. Mais d'abord, je voudrais juste comprendre, ça veut dire quoi, submersion migratoire ? Vous considérez qu'il y a submersion à partir de quand ?

2:17
Présentateur

Ce qu'on considère aujourd'hui, c'est qu'il n'y a pas de politique migratoire dans notre pays.

2:20
Othman Nasrou

Non, non, non, mais moi je parle de vocabulaire. Submersion migratoire, c'est un mot qui a un sens. Non, ce qui... A partir de combien d'entrées illégales sur notre territoire, on peut parler de submersion migratoire ?

2:31
Présentateur

Mais la submersion, c'est précisément le sentiment que nous subissons ces flux migratoires, que nous ne les choisissons pas. Il n'y a pas de politique migratoire dans notre pays. Nous ne décidons pas combien d'étrangers nous voulons accueillir. Nous avons eu l'an dernier 500 000, près de 500 000 entrées légales. C'est un record absolu. C'est l'équivalent d'une grande ville, sans que nous sachions comment nous arrivons à ce chiffre-là. Nous ne décidons pas combien nous voulons une immigration économique, pour quel métier, depuis quel pays.

2:54
Othman Nasrou

Vous dites 200 000, c'est ça ?

2:55
Présentateur

500 000 entrées légales, près de 500 000 entrées légales. Sur les demandeurs d'asile, nous en avons tous ceux qui sont déboutés, restent à 90% en France. Ça ne peut pas fonctionner. Donc on peut jouer sur les mots, on peut être choqué par tel ou tel mot, on peut jouer sur le champ lexical. Ce qui compte, c'est la réalité.

3:09
Othman Nasrou

500 000, quand vous utilisez ce mot-là, ça représente 0,7% de la population française. Alors je m'interroge juste sur, est-ce qu'on est en pleine submersion migratoire ?

3:18
Présentateur

Mais tous les ans, c'est colossal. Et c'est un record historique. Et encore une fois, nous ne choisissons pas. Nous ne choisissons pas, nous soubissons. Et ceux qui, ensuite, sont déboutés du droit d'asile, restent dans l'écrasante majorité. Ça ne peut pas fonctionner. Quant à l'immigration irrégulière, qui est la priorité aujourd'hui de lutter contre cette immigration irrégulière, nous avons, les estimations vont de 800 000 à 1 million de personnes en situation irrégulière en France aujourd'hui. Est-ce que c'est acceptable, Karine Bécard ? Est-ce qu'on peut faire comme si de rien n'était ? Est-ce qu'il faut simplement qu'on joue sur les mots ?

Ou est-ce qu'il faut qu'enfin, on reprenne la main ? Je vous rappelle qu'il y a près de 80% des Français qui partagent aujourd'hui et le diagnostic et les solutions des Républicains.

3:53
Othman Nasrou

Alors la grande idée du parti Les Républicains, c'est de proposer en particulier une réforme de notre Constitution pour permettre à la France, quand elle le souhaite, en matière migratoire, de pouvoir sortir de certains traités internationaux et du droit européen. Alors c'est-à-dire, comment ça marche ? Expliquez-nous de quelles règles européennes, par exemple, est-ce qu'il faudrait sortir ? Très concrètement, votre manasse.

4:13
Présentateur

Très concrètement, si on veut demain pouvoir refuser un certain nombre de personnes parties combattre en Syrie. Aujourd'hui, il y a une jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme qui nous oblige à accepter des personnes qui sont allées combattre en Syrie. Moi, je ne le souhaite pas. Je pense que des gens qui sont allés combattre contre la France et qui sont allés se rendre coupables de crimes très graves à l'étranger n'ont pas forcément vocation à revenir en France.

Eh bien, si on veut pouvoir échapper à cette jurisprudence européenne, il faut que l'on puisse faire cette révision constitutionnelle pour avoir la souveraineté et la capacité d'échapper à certaines règles et à certaines jurisprudences qui ne sont pas dans les traités. Et je vous le dis cela parce qu'un pays comme le Danemark aujourd'hui applique déjà ce que nous proposons. Et que je sache, le Danemark n'est pas un pays anti-européen ou qui est sorti de l'Europe.

Donc moi, je dis, attention, ceux qui aujourd'hui nous disent qu'ils veulent défendre l'Europe, en ne voulant absolument rien changer ni rien corriger, je crois que ce sont eux qui vont tuer l'Europe en essayant d'expliquer, en expliquant au peuple qu'on ne peut rien faire pour maîtriser ces flux migratoires.

5:11
Othman Nasrou

Mais quand même, la question qui se pose, c'est en quoi est-ce qu'un pays aujourd'hui, tout seul, face à ces flux migratoires, peut être plus fort ? Parce que l'immigration, ça reste un enjeu international, il me semble. Dites-moi si vous partagez ce constat-là. et qui touche quasiment presque tous les pays, ou en tout cas beaucoup. Donc est-ce qu'on est plus fort tout seul pour gérer tout ça ? Parce que finalement, c'est ça qui va se passer.

5:31
Présentateur

Non, ça n'empêche pas qu'il y ait une politique migratoire aussi à l'échelle de l'Europe. Et on y travaille, nos députés européens y travaillent, François-Xavier Bellamy, on pourra en parler.

5:37
Othman Nasrou

Mais vous n'appliquerez pas forcément les règles que l'Europe aura décidées ?

5:40
Présentateur

Là, ce ne sont pas des règles que l'Europe a décidées, ce sont des jurisprudences que des cours de justice ont proclamées en dehors de tout traité. Et bien là, je suis désolé, si le peuple français en décide autrement, sera une question qui n'est pas dans les traités, qui relève de la souveraineté des États, qui n'est pas une compétence de l'Union européenne. Il faut que l'on puisse quand même avoir dans notre pays une capacité à décider qui on accueille et qui on ne souhaite pas accueillir. Et ça, c'est fondamental. Et nous n'y arriverons pas sans cette révision constitutionnelle, sans avoir les outils juridiques.

La cour aussi de Karlsruhe, en Allemagne, a déjà défendu ce principe d'identité constitutionnelle sans que cela ne fasse débat. Il n'y a que dans notre pays qu'on ne veut pas se donner les moyens de maîtriser ces flux migratoires.

6:19
Othman Nasrou

Ça fait débat parce qu'on se dit que si chaque pays se met à appliquer les règles qui lui conviennent ou de ne pas appliquer les règles qui lui disent conviennent, qu'est-ce qui va rester du projet européen, Antoine Tassou ? Rien ? Une Europe à la carte ? Ça va fonctionner comment, sincèrement ?

6:32
Présentateur

Non, mais c'est déjà le cas sur des sujets, encore une fois, qui ne sont pas dans les traités européens. L'article 4 du traité de l'Union européenne dit clairement qu'il y a un respect de l'identité et de la souveraineté des États. Nous sommes en matière migratoire, sur un sujet régalien. Sur ce sujet-là, vous ne pouvez pas exiger de la France qu'elle puisse accueillir absolument n'importe qui sans avoir la maîtrise et qu'elle ne puisse jamais reconduire ceux qui sont déboutés du droit d'asile ou qui n'ont rien à faire sur le territoire national.

6:55
Othman Nasrou

Mais ça veut dire que le Parti des Républicains commence à sortir, en fait, de l'État de droit européen ?

6:59
Présentateur

Non, je pense que si, au contraire, on ne reprend pas la maîtrise des flux migratoires et qu'on ne s'en donne pas les moyens, ce sont les Français qui vont vouloir sortir de l'État de droit européen. Et ça, ce serait terrible. Et moi, je ne le souhaite pas. Et je pense que l'Europe, elle est tout à fait compatible avec cette aspiration légitime des Français et de beaucoup de peuples européens à décider qui on veut accueillir et pour pouvoir aussi être en bonne capacité d'intégrer ceux que nous voulons accueillir, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.

7:21
Othman Nasrou

Alors, vous parlez beaucoup des Français. Ce qui est très intéressant dans tout cela, c'est de voir à quel point l'immigration, aujourd'hui, n'est pas du tout la première préoccupation des Français. C'est ce qu'on peut lire dans une étude BVA qui a été publiée hier matin. Première préoccupation des Français, évidemment, le pouvoir d'achat. Deuxième priorité, la santé. Troisième, la sécurité. Quatrième, l'environnement et le changement climatique. L'immigration n'arrive qu'en sixième position et préoccupe 24% des Français. Est-ce que la droite, aujourd'hui, en France, Ottoman Nassrou, se sent toujours bien en phase avec la société ?

7:56
Présentateur

Mais je pense que c'est une préoccupation de beaucoup de Français. Ce n'est pas parce qu'elle varie dans les sondages. La sixième, c'est pas la première. On ne défend pas un projet. On ne défend pas des propositions, un projet pour le pays en fonction des sondages, en fonction des préoccupations simplement du moment. On est cohérent. C'est un problème de fond sur lequel nous n'arrivons pas à avancer, sur lequel le président de la République fait semblant de vouloir agir depuis 2017. Nous lui mettons sur la table deux textes construits complets qui lui permettent d'agir s'il souhaite réellement le faire.

8:21
Othman Nasrou

Mais ce qui inquiète aujourd'hui les Français, c'est le pouvoir d'achat. Vous proposez quoi pour améliorer le pouvoir d'achat des Français

8:25
Présentateur

qui voudraient s'en sortir ? Là-dessus, Karine Bécard, je suis heureux de pouvoir vous dire qu'on est les seuls à tenir un vrai discours de vérité aux Français. C'est pour ça que je pense que notre pays a besoin de la droite. Tout simplement, nous sommes les seuls à dire que le pouvoir d'achat pérenne, ça ne sera pas la politique d'échec ou la fuite en avant dans l'endettement qui nous a conduits dans un mur aujourd'hui. Ça fait des années que nous le disons même si c'est impopulaire. Même si ça nous a coûté électoralement probablement. Donc la seule solution, il faut le dire clairement, c'est qu'on produise davantage. C'est qu'on travaille davantage. Notre pays se paupérise.

Et avant de vouloir répartir la richesse, encore faudrait-il la créer. Et donc ça passe pour un ensemble de mesures dont on pourra revenir. Nous en avons défendu un certain nombre au moment de la loi pouvoir d'achat. C'est grâce à nous qu'on a défiscalisé à nouveau comme jamais les heures supplémentaires, dois-je vous le rappeler. Nous avons soutenu la réforme des retraites même si c'est impopulaire dans notre grande majorité. Même si ça nous a coûté parce que nous sommes cohérents. C'est ce que nous avons toujours défendu. Et nous sommes convaincus qu'il le fallait dans l'état des finances publiques. Donc c'est un projet d'ensemble.

Et cette politique d'échec qui consiste à expliquer aux Français qu'il y a de l'argent magique, que l'État va régler avec de l'argent public tous leurs problèmes, ça ne marchera pas. Ça ne marche pas et ça nous conduit à maintenir un pouvoir d'achat artificiel. Aujourd'hui, on est au pied du mur. Ce sont nos enfants qui vont payer notre pouvoir d'achat factice. La seule solution, c'est le travail. C'est de libérer le travail. Et pour cela, ça demande une politique beaucoup plus courageuse que celle que mène Emmanuel Macron aujourd'hui.

9:40
Othman Nasrou

Et alors, qu'est-ce que vous proposez pour financer la transition écologique qui fait partie aussi des préoccupations des Français ? La Première Ministre, cette semaine, a présenté, pardonnez-moi, un grand plan pour faire baisser drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. C'est un plan qui va coûter très cher, de l'ordre de 66 milliards d'euros. C'est en tout cas l'évaluation de l'économiste Jean Pisani-Ferry. Comment financer ces 66 milliards ? Qu'est-ce que vous proposez chez les Républicains ? Est-ce qu'il faut oser taxer les plus fortunés ?

10:10
Présentateur

Alors d'abord, ces 66 milliards, pour rebondir sur le propos d'avant, j'ai envie de les relier avec ce que va nous coûter d'ici à 2027 la charge de la dette. Les seuls intérêts de la dette vont nous coûter d'ici à 2027 70 milliards par an, c'est-à-dire davantage que ce que Jean Pisani-Ferry estime nécessaire pour financer cette transition écologique.

10:27
Othman Nasrou

Vous n'aimez vraiment pas parler d'écologie ?

10:29
Présentateur

J'y viens. Non, non, mais pardon, je vous dis que tout est lié et que ce sujet de la dette est déficit, ce n'est pas un sujet comptable, ce n'est pas un sujet anecdotique, c'est un sujet qui, en réalité, aujourd'hui nous coûte et nous entrave dans notre souveraineté et dans notre capacité à faire cette transition écologique.

10:42
Othman Nasrou

C'est une nécessité ou pas d'y passer ?

10:43
Présentateur

C'est une absolue nécessité de décarboner notre économie, ce sera demain aussi un atout pour notre compétitivité, il faut qu'on finance cette transition écologique intelligente. Avec qui ? De progrès avec des investissements. Alors, ceux qui nous disent aujourd'hui qu'il faut un ISF vert, puisque c'est aussi la proposition de Jean-Pierre des Anniféry, c'est évidemment une mesure...

10:58
Othman Nasrou

On repousse tout de suite, on va le préciser quand même, par la première ministre d'ailleurs hier, par Bruno Le Maire immédiatement et par Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement. Vous, à droite, qu'est-ce que vous en dites ?

11:07
Présentateur

Mais moi, je vous dis que l'ISF, qu'il soit vert, jaune ou rouge, c'est un impôt absurde. Donc, pas de nouvel impôt. Mais c'est un impôt qui s'en s'est rapporté 5 milliards, nous avons aujourd'hui 1200 milliards de prélèvements obligatoires. Qu'est-ce que vous avez comme autre solution

11:19
Othman Nasrou

pour financer cette transition ?

11:21
Présentateur

Comment on fait ? Je vous le dis d'abord, dans ces investissements-là, il n'y a pas que de l'argent public, il y a des investissements qui vont rapporter aussi, il y a de l'argent privé qui peut être mobilisé et il y en a de plus en plus. Par ailleurs, moi, j'attends infiniment, depuis longtemps maintenant, de la part de ce gouvernement, enfin un plan d'économie. Je vous l'ai dit, nous avons le record de la dépense publique. Il y a des tas de crédits qui peuvent être redéployés. Il y a dans notre pays plus de 500 agences de l'État aujourd'hui qui se doublonnent.

Il faut que l'État accepte enfin de mener cette revue de dépenses publiques et réalloue des moyens dont les vrais investissements dans notre pays a besoin. Voilà. Et ça n'est pas, en expliquant à nouveau qu'il n'y a qu'à prendre l'argent chez les riches, qu'on va réussir cette transition écologique. Je crois même que c'est l'inverse.

12:00
Othman Nasrou

Donc on entend que la droite, aujourd'hui, revient sur ses fondamentaux. Comment elle va la droite en ce moment, Ottoman Nassrou, avant la convocation de ses prochains États généraux ? Comment se porte le parti Les Républicains et son président, Éric Ciotti ?

12:14
Présentateur

La droite, elle est en train de se reconstruire et on a engagé un travail de fond pour cela. Vous l'avez vu à l'occasion d'ailleurs de ce thème de l'immigration. Nous sommes prêts, nous sommes cohérents, nous avons construit depuis des années, y compris à l'occasion de la présidentielle, un projet que nous présentons, que nous redéposons aujourd'hui, que nous remettons sur la table.

Nous avons lancé une académie de formation, nous avons lancé un média, nous engageons aujourd'hui à partir du 17 juin des États généraux pour reparler aux Français, pour aller aussi nous nourrir de leur vécu, de leurs expériences, de leurs problématiques, de ce qu'ils vivent dans leur territoire, dans leur métier. Et je veux le dire, ce sera une démarche, ces États généraux qui va démarrer le 17 juin, qui va durer plusieurs mois et qui sera ouverte à tous les Français qui pourront contribuer, qui pourront participer, et qui pourront témoigner pour qu'on puisse nous nourrir et nous oxygéner de leur vécu.

Et donc, on est en train de se reconstruire parce que la réalité, c'est que la droite est la seule alternative demain au macronisme déclinant, la seule alternative républicaine à ce pouvoir aujourd'hui qui est dans une impasse. Et donc, on a besoin de reconstruire la droite, on se retrousse les manches avec effectivement le président Éric Ciotti qui a engagé tous ses chantiers. Eh bien, nous sommes tous mobilisés aujourd'hui, ça va être un long chemin. On a besoin aussi de nous remettre en cause et de remettre à plat beaucoup de choses, mais nous sommes en train de le faire.

13:26
Othman Nasrou

Alors, cela dit, les ennuis à droite ne sont pas complètement finis avec la réforme des retraites. Dans dix jours, la proposition de loi Liot, dont on entend beaucoup parler pour abroger la réforme des retraites, sera normalement examinée à l'Assemblée nationale. Les divisions chez les Républicains vont à nouveau s'afficher au grand jour. Qu'est-ce que vous faites cette fois ? Vous sanctionnez ou pas ? Ceux qui sont contre la retraite à 64 ans que vous défendez majoritairement chez les Républicains ? On fait quoi des diviseurs ?

13:56
Présentateur

Moi, je n'aime pas le principe qui consiste à sanctionner les gens parce qu'ils votent différemment. Ce n'est pas mon logiciel. Néanmoins, je veux que le message soit très clair. Nous avons défendu la réforme des retraites à l'occasion de l'élection présidentielle. Nous l'avons défendu durant tout le premier quinquennat d'Emmanuel Macron qui n'en voulait pas. Aujourd'hui, il revient à la raison. C'est une réforme qui est nécessaire même s'il a été très mal amené, très mal préparé par le gouvernement. Et donc, en cohérence, nous la soutenons dans l'intérêt du pays et parce que c'est ce que nous avons toujours défendu. Et donc,

14:22
Othman Nasrou

ceux qui vont s'y opposer,

14:23
Présentateur

je souhaite, nous verrons combien ils seront.

14:24
Othman Nasrou

Aurélien Pradié, par exemple,

14:25
Présentateur

il reste ou pas

14:27
Othman Nasrou

au sein des partenaires américains ?

14:27
Présentateur

Je vous rappelle qu'Aurélien Pradié n'est plus dans la direction du parti parce que là, pour le coup, il y a un message de cohérence. Mais pourquoi ? Pourquoi ? Ce n'est pas simplement pour sanctionner. C'est parce qu'il faut qu'on soit lisible et qu'on ne peut pas avoir expliqué quelque chose il y a six mois et venir aujourd'hui faire l'inverse au nom du parti. Il faut qu'on soit cohérent et lisible. Et donc, cette cohérence et cette lisibilité, elle est essentielle. Elle sera un enjeu de ces États généraux aussi de rappeler notre ligne, que tout le monde puisse s'y retrouver, que les Français comprennent de quoi on est le nom.

Donc, nous verrons ce qui se passe avec ce projet d'abrogation de la réforme des retraites. Mais que ceux qui veulent autre chose que cette réforme de retraite nous disent comment on finance notre régime des retraites parce que c'est trop facile d'être simplement dans la démagogie en disant il n'y a pas besoin de travailler plus longtemps, qu'on nous dise alors s'il faut baisser les pensions ou s'il faut augmenter les cotisations, c'est-à-dire baisser les salaires dans notre pays. Parce qu'il n'y a pas d'autres issues aujourd'hui. Tous les autres pays l'ont fait. Donc, la démagogie de ceux qui simplement s'opposent, eh bien, je suis désolé.

Nous, en responsabilité, on est du côté de la cohérence, du côté de l'intérêt du pays qui est que cette réforme des retraites, eh bien, elle puisse s'appliquer aujourd'hui.

15:26
Othman Nasrou

Dernière question, on parlait des États généraux, de la droite, si elle va mieux. Est-ce que Laurent Wauquiez doit y jouer un rôle particulier ?

15:33
Présentateur

Laurent Wauquiez, c'est une personnalité importante de notre famille politique. Un peu plus que ça,

15:37
Othman Nasrou

si j'ai bien écouté Éric Ciotti. C'est le prochain candidat à l'élection présidentielle.

15:41
Présentateur

Mais peut-être. Moi, ce que je vous dis là-dessus, c'est très clair. C'est que Laurent Wauquiez, il se prépare. Nous, nous avons besoin de préparer une ligne politique, un projet complet sur lequel le candidat demain pourra s'appuyer. Et poser aujourd'hui la question de la désignation à l'élection présidentielle, ça n'est pas le moment. Les Français ne le comprendraient pas. Nous ne sommes pas prêts. Il y a des échéances qui arrivent qu'il faut qu'on prépare dans les élections européennes.

16:01
Othman Nasrou

Votre président avait fait campagne en disant ce sera Laurent Wauquiez. Donc finalement, il y a un doute ?

16:04
Présentateur

On verra cela après les élections européennes que nous devons préparer aujourd'hui avant de penser à l'incarnation. Encore faut-il avoir quelque chose à incarner. Et aujourd'hui, les États généraux, ce n'est pas la désignation du candidat à la présidentielle, c'est la reconstruction de la droite. Et croyez-moi, la France en a besoin.

16:18
Othman Nasrou

Merci beaucoup d'être venu ce matin sur France Inter, Antoine Nassrou. Je vous souhaite une très belle journée.