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Podcast / conversationyoutube.com· 24 septembre 2026 91 minPortrait personnelCulture, médias & sportInstitutions & élections

Vidiadhar Surajprasad Naipaul - Entretien (Surpris par la nuit)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 93 %Attaque 4 %Défensif 3 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:18:25OuverteRéponse directe

    À quel point avez-vous été instrumentalisé politiquement ?

  • 1:19:19OuverteRéponse directe

    Quel sens donnez-vous à la notion de civilisation dans votre œuvre ?

  • 1:25:28OuverteRéponse directe

    Avez-vous senti une parenté avec Sartre dans votre obsession de l'écriture ?

  • 1:26:55OuverteRéponse directe

    Avez-vous l'impression d'avoir trouvé votre chemin dans le monde ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 4:36Fait
    « Je suis la somme de mes livres. The sum of my books. »
  • 5:34Fait
    « Ce voyage là est exprimé par tous les livres ensemble car chaque livre représente une partie de mon apprentissage et cela ajoute à ce qui arrive dans le livre suivant et ainsi de suite. »
  • 7:15Fait
    « Je ne peux pas m'imaginer en train de faire un autre travail. Même dans les heures les plus sombres de ma vie où j'avais besoin d'argent, je ne pouvais pas imaginer devenir un diplomate, un docteur. »
  • 28:29Fait
    « Dans la non fiction, j'essaie d'être scrupuleusement exact. Je n'invente jamais. »
  • 36:43Fait
    « C'est un voyage en enquête. »
  • 1:00:14Fait
    « Je ne suis pas Willy Chandra. Je n'étais jamais allé en Afrique quand je l'ai écrit. »
  • 1:18:25Fait
    « Nobel n'a fait qu' rajouter plus les événements de 2001. »
  • 1:24:59Fait
    « Cela m'obligea à regarder en face la mort que j'affrontais la nuit dans mon sommeil. »
  • 1:27:39Fait
    « Jusqu'à ce que j'arrive à cette paix, j'étais un homme dans l'obscurité. »

Temps de parole

  • ?99 %

≈ 0,4 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:09
Non speech

[musique] [musique] [musique]

0:21
Locuteur

surpris par la nuit.

0:28
Non speech

[musique] [musique]

0:40
Locuteur

Rencontre avec VS [raclement de gorge] N parc Kravet.

0:47
Non speech

[musique]

0:59
Locuteur

À l'approche de la quarantaine, la désillusion et l'épuisement s'étaient exprimé chez moi à travers un rêve, celui de la tête qui explosait. Je rêvais d'un bruit dans ma tête, si fort et si long que j'avais la certitude avec ce qui survivait de mon cerveau que celui-ci ne pourrait pas survivre, que c'était la mort. À présent, la cinquantaine un peu passée, après ma maladie, après avoir quitté le pavillon du manoir et mis un terme à cette phase de ma vie, je commençais à être tiré du sommeil par l'idée de la mort, de la fin des choses. Quelquefois, ce n'était même pas par des pensées aussi spécifiques, même pas par une peur rationnelle ou fantasmatique, mais par une grande mélancolie.

Cette mélancolie me pénétrait l'esprit dans mon sommeil. Et quand je me réveillais en réponse à sa sollicitation, j'en étais empoisonné, annihilé dans ma faculté d'agir nécessaire à l'homme à chaque jour de sa vie, au point que je mettais le plus clair de la journée à m'en débarrasser. Et cette journée perdue ou assombrie ajoutait à l'abattement qui se préparait pour la nuit. Je songeais depuis des années un livre comme l'énigme de l'arrivée. La fable méditerranéenne qui m'était venue à l'esprit un jour ou deux après ma venue dans la vallée, l'histoire du voyageur, la ville étrange, la vie écoulée s'était modifié au fil des années. Le côté faible et le décorantique avaient été abandonné.

L'histoire était devenue plus personnelle. Mon voyage, le voyage de l'écrivain. L'écrivain défini par ses découvertes dans le domaine de l'écriture, par sa façon de voir plutôt que par ses aventures. L'écrivain et l'homme se séparant au début du voyage pour se rejoindre dans une deuxième vie juste avant la fin.

3:04
Non speech

[musique] [musique]

3:13
Locuteur

Ce texte de Vi Nol est extrait [musique] de l'énigme de l'arrivée publiée en France chez Christian Bourgois en 1991 dans une traduction de Suzanne Maillou. L'écriture est [musique] toujours l'obsession de Naul. Vi pour Vidiadar, S pour Surage Prasade. L'écrivain de langue anglaise né à Trinidad dans les Caraïbes dans une famille originaire du nord de l'Inde, n'a jamais [musique] cessé d'écrire. Il avait commencé par des récis et des nouvelles. Puis il est passé de la fiction romanesque au reportage, [musique] au voyage d'enquête comme il dit. Il a consacré deux de ces types de livres à des enquêtes au [musique] pays convertis à l'Islam et trois à l'Inde, le pays de ses origine.

Mais le voilà de retour [musique] à la fiction avec ce roman La moitié d'une vie que Naol est venu présenter au public français. Nous l'avons rencontré à Paris un jour d'automne chez Plomb dans sa maison d'édition [musique] en compagnie d'Ivan Nabokov, son éditeur mais également son ami. En 2001, Vi Nepol pardon [musique] Sir Vidia Naul depuis qu'il a été fait chevalier par la reine d'Angleterre Survidia [musique] donc a obtenu le prix Nobel de littérature

4:22
Non speech

[musique] [musique]

4:36
Locuteur

[musique] Vidia S Vidia. Bonjour, j'ai lu attentivement évidemment votre je l'ai relu votre discours pour la réception du prix Nobel. Vous dites au tout début de ce texte, je suis la somme de mes livres. The sum of my books. À la première lecture, cette phrase m'a parut à la fois très simple et très évidente avec une œuvre comme la vôtre. Et puis en la relisant et en y repensant, elle m'abemblait moins évidente et moins simple.

Vous ne parlez pas seulement de votre œuvre, de votre aventure littéraire et vous dites [grognement] "Je suis la somme de mes livre." Et je crois qu'il y a dans cette affirmation quelque chose d'essentiel pour comprendre votre travail, mais j'aimerais bien que vous m'en parliez un peu plus. OK. OK. Des gens me demandaient lequel de vos livres je devrais lire en premier. Et moi je répondais attendez voir celui qui vous tombe entre les mains. Mais il n'y a pas de livre en particulier qui exprime le voyage que j'ai fait, le voyage intellectuel, social et historique que j'ai fait.

Ce voyage là est exprimé par tous les livres ensemble car chaque livre représente une partie de mon apprentissage et cela ajoute à ce qui arrive dans le livre suivant et ainsi de suite. Donc on ne peut pas prendre un de mes premiers livres et dire celui-là exprime tout parce que celui-là donne avoir un homme toujours dans une sorte d'obscurité. Comme je l'ai écrit, l'obscurité s'est éclairc de plus en plus. C'est cela que j'entends par la somme de mes livres. C'est beaucoup de demander aux gens de prendre en considération tout le travail qui a été fait, mais c'est cela que j'aimerais.

Avant de vous voir, j'essayais, je me disais s'il fallait trouver un mot, un titre pour parler de de Vidian à épaule, qu'est-ce qui me viendrait ? Et et le titre qui m'est venu à l'esprit était pas original. Je pensais à un titre de John Lecray qui s'appelait un pur espion et je pensais pour vous à un pur écrivain dans le même dans le même sens, c'est-à-dire une espèce d'absolutisme à la fois de l'ambition et de la vocation d'écrire dont on va parler. Est-ce que ce titre vous conviendrait ? Je crois que c'est vrai parce que je ne peux pas m'imaginer en train de faire un autre travail.

Même dans les heures les plus sombres de ma vie où j'avais besoin d'argent, je ne pouvais pas imaginer devenir un diplomate, un docteur. Je ne pouvais pas le faire. Ce désir d'être écrivain qui m'est venu quand j'étais encore très jeune a été la chose la plus importante de ma vie. Et toute ma considération pour moi-même est liée à mon écriture et au livre que j'ai écrit. Je n'ai pas d'autres sources d'amour propre. Mon père était un autodidacte qui s'était improvisé journaliste. Il lisait à sa façon. À l'époque, il avait un peu plus de 30 ans et continuait de s'instruire.

Il attaquait de nombreux livres à la fois, n'en finissant aucun, s'intéressant non pas à l'histoire ou à l'argumentation de l'ouvrage, mais aux qualités ou au caractères particuliers de l'auteur. C'était là qu'il trouvait son plaisir et il ne pouvait savourer les écrivains qu'à petite gorgée. Parfois, il m'appelait pour que j'écoute deux, trois ou quatre pages rarement davantage qu'il avait particulièrement goûté. Il lisait et expliquait avec enthousiasme et il m'était facile d'aimer ce qu'il aimait.

De cette manière improbable, vu le contexte, l'école coloniale multirraciale, le repli sur soi asiatique à la maison, j'avais commencé à me constituer une ontologie personnelle de la littérature. Mais quand j'abordais les livres mêmes, il m'était difficile d'aller au-delà de ce qui m'avait été lu. Ce que je connaissais déjà était magique. Ce que j'essayais de lire seul ou très lointain. Je désirais être écrve. Mais le désir s'accompagnait de la conscience que la littérature qui me l'avait inspirée venait d'un autre monde très éloigné du nôtre. Je crois que dans un entretien il y a longtemps, vous avez dit "Je ne suis pas je n'étais pas un écrivain né born.

Enfin, si je vous ai bien lu, vous avez dit je ne sais plus très bien où, j'avais 11 ans, pas plus quand le désir me prit d'être écrivain et ce fut très vite une ambition arrêtée. Est-ce grâce à votre père que cette idée s'est imposée si jeune ? Absolument. Oui. Mon père était un bon écrivain. Je le voyais écrire et je voyais le grand soin qu'il prenait à écrire. Il y a quelqu'un qui écrit ma biographie en ce moment. Il m'interview et l'autre jour, je voulais lui parler de l'écriture de mon père et de son importance pour moi. J'ai sorti le livre et je lui ai lu une demi-page pour lui montrer la qualité épique de l'écriture.

Ce que je vais dire va peut-être vous sembler prétentieux, mais en fait c'est vrai. L'écriture épique se construit détail par détail. Elle célèbre le monde naturel. Elle célèbre des actes élémentaires. Préparer la nourriture, manger. Elle célèbre une espèce de pureté des paysages. Il y a tout cela dans l'écriture de mon père. et sans formuler des idées sur ce qu'est l'écriture, en voyant ces quelques histoires écrites et réécrites, cela m'a donné un idéal de l'écriture.

Si je peux le comparer à d'autres écrivains, je dirais que mon père écrivait comme Gogle et aussi comme le tolstoy des dernières œuvres où l'on trouve cette même construction d'une narration en accumulant les détails, des détails qu'on peut relier à des choses vues, entendues, une petite symphonie, une orchestration de détails. Quand je parlais à mon biographe il y a une dizaine de jours, j'ai vu pour la première fois très clairement que ma manière d'écrire avait été façonné par les histoires que mon père avait écrites. Ce que je devais faire, c'était de découvrir mon matériel. C'est la chose la plus importante pour un écrivain, découvrir le matériel.

Quand on est très jeune, on ne voit pas le matériel qui est très près de vous, c'est-à-dire vos ancêtres, votre enfance, le paysage de votre jeunesse. Vous ne pouvez pas le voir. Il faut s'acheminer vers cette connaissance. Plus tard, il faut comprendre que le monde extérieur a été attiré dans votre orbite. Le monde en dehors de votre enfance, même en dehors de l'endroit où vous étiez né, que votre vie s'étend sur plusieurs continents, plusieurs pays. Et il faut trouver un moyen de façonner cette idée pour en faire votre œuvre, en faire une unité. Cela demande beaucoup d'efforts aussi pour arriver à une compréhension, pour arriver à trouver son matériel, pour arriver aux narrations.

C'était un dur voyage l'apprentissage de l'écriture. Je ne saurais expliquer à quelqu'un comment y arriver, comment le faire.

13:54
Non speech

[musique] [musique]

14:07
Locuteur

Ivan Dabov, bonjour. Nous diffusons un entretien avec Vidiana Paul [musique] auquel d'ailleurs vous étiez présent. Et euh aujourd'hui en France quand on pense euh à éple, alors c'est pas tout à fait juste avec l'histoire, mais c'est probablement juste avec euh avec la vérité de sa publication en français. En tout cas, on pense évidemment à vous. Vous avez publié donc en 1980 euh vos deux premiers livres de Naul, mais évidemment la première question qui vient à l'esprit, c'est comment vous avez découvert la épaule ?

Bah moi, j'ai dire j'ai toujours connu Nol et quand je suis venu m'installer en France et quand j'ai commencé à travailler dans une maison d'édition, j'ai vu à mon étonnement que pendant un certain nombre d'années, il y avait aucun nouveau livre de Nol. Le dernier livre chez Galimar était son premier reportage sur Land qu'ils avaient sorti qui s'appelle An area of Darkness en anglais et qu'ils avaient sorti sous le titre de l'Inde sans espoir je crois et et après ça 10 années sont passés avec rien et dans ces 10 années Nol a fait les livres de sa grande maturité trois grands romans, des reportages des livres d'histoire.

Euh, il a même gagné le Book of Prise en Angleterre avec dans un état libre, mais rien s'est passé en France. Donc en s'enquêtant auprès de son agent euh et son éditeur, on a découvert en effet, les droits étaient libres. Donc, on a pris euh les trois grands romans qui étaient pas encore publiés, plus des reportages et j'ai continué à les publier d'abord chez Alba Michel et puis après chez Christian Bourgois et maintenant chez Plomb. Le booker prize, dont vous parlait tout à l'heure, Nep l'a eu en si ma mémoire en 71. Donc en effet, c'était un écrivain tout à fait confirmé mais pratiquement inconnu dans notre pays.

Est-ce que c'est une conjonction particulière d'événements qui fait que à un moment donné, on peut enfin lire épaule ? Ben je je crois que enfin quand on regarde ce que Galimar avait publié, c'était euh les romans trinitaliens. Donc il était probablement il y avait ce label de d'écrivains euh des Caribes euh qui écrivaient des romans comiques euh un peu dickenciens comme Bizois ce magnifique roman euh mais tout de même se passant sur cette île et puis même les nouvelles de drapeau sur l'île se passent tous là-bas et puis il y avait livre sur l'Inde. disait qui était très dur sur l'Inde quand même.

Le premier reportage qu'il avait fait c'était son premier voyage en Inde et euh ça a pas dû marcher. Je sais pas et puis ils ont dû dire après que Nol est devenu un écrivain partie des Caribes donc sans aucun intérêt pour quelqu'un a dû décider ça pour le public français. intérêt était qu'il était qu'un tritalien et qu'il écrivait sur trinor, c'est un écrivain anglais et qui écrit et qui se refuse de se catégorisé comme soit indien ou trinadindien encore pire. Il est anglais, il écrit dans une langue anglaise et il est observateur de ce qui se passe dans les mondes à la fois de fiction narrative et de non fiction narrative. L'Inde, c'était le pays de son grand-père.

son grand-père est immigré euh ouvrier ouvrier immigré quoi que Brahin et il a pas vu l'Inde avant 62 ou quand il avait 30 ans quand même. Donc il connaissait la communauté hindou de Trinitade et celle un peu de Londres quand même comme il est décrit dans son livre récent mais je crois pas qu'il y a une nostalgie du tout pour ça. Il y a un sentiment parce que il est tout même élevé dans une famille hindou qui vivement en partie croyante croyante dans l'hindouisme et ça c'est quand même ça le pénètre ça le pénètre quoi que lui-même il est pas croyant. L'Inde fut la grande blessure. C'était un pays sujet. C'était aussi l'endroit dont nos aïeux avaient la misère à la fin du 19e siècle.

Deux Indes différentes. L'Inde politique du mouvement de libération avait ses grands noms. L'autre très personnelle était plus secrète. Elle disparaissait à mesure que les souvenirs s'estompaient. C'était dans cette Inde et non celle de l'indépendance et de ses grands noms que je me rendis le moment venu. J'étais extrêmement nerveux, mais rien ne m'avait préparé à un pareil état d'abandon. Aucun autre pays que je connaissais ne comptait autant de couches de misère et bien peu étaient aussi peuplés. J'avais l'impression d'un continent où à l'écart du reste du monde une mystérieuse calamité s'était abattue.

Et pourtant ce qui me paraissait si accablant, si immédiatement présent, était introuvable dans la littérature moderne que je connaissais, indienne ou anglaise. Dans une nouvelle de Kipling, la famine en Inde servait de décor à une histoire d'amour anglaise. Mais en général, tant dans les récits anglais qu'indiens, l'extraordinaire détresse de l'Inde lorsqu'elle était reconnue était présentée comme une donnée éternel à ne percevoir que comme arrière-plan. Et il y avait comme toujours ceux qui croyaient pouvoir trouver une qualité spirituelle particulière à la détresse indienne particulière. J'écrivise un livre après y avoir un moment en annoncé, mais la blessure ne me quittait pas.

Il me fallaut longtemps bien des pages d'humeur très diverses pour voir au-delà de l'abandon. Il fallut du temps pour écarter les préjugés et les fantasmagories des idées politiques indiennes sur le passé de l'Inde. La lutte pour l'indépendance, le mouvement contre les Britanniques avait masqué les calamités de l'Inde avant les Anglais. Les témoignages de ces calamités s'étalaient partout. Mais pareil à une religion, le mouvement indépendantiste ne voyait pas ce qu'il ne voulait pas voir. Ah. Et vous avez un jour écrit une chose bouleversante. Vous avez dit, on est amoureux de l'idée d'être écrivain. Je trouve ça formidable.

et et pour rester encore sur votre euh justement sur cette vocation, sur cette ambition, pour préparer cet entretien, j'ai j'en ai lu beaucoup que vous aviez accordé dans le passé, surtout dans les premières années et j'ai noté comme ça quelques phrases que j'aimerais vous citer. Le seul fait de m'être tourné vers l'écriture, le fait que je m'y sois engagé avec sérieux afin d'entamir une carrière, cela indique sans doute la précarité de mes origines. ou encore j'appartenais à un groupe minoritaire. Je suis parti, je suis devenu un étranger, je suis devenu un écrivain. C'était il y a à peu près 30 ans. On disiez qu'est-ce que cela vous inspire aujourd'hui ?

C'était une bonne chose à dire, mais ce n'est pas facile à comprendre. La plupart des gens viennent de sociétés bien établies et donc ils commencent à écrire sur une société établie. Mais si vous ne venez pas d'une société établie, si vous venez d'une petite communauté et d'une petite minorité à l'intérieur de cette communauté, ce n'est pas important de savoir qui vous êtes, d'où vous venez. Il faut en faire plus avec votre expérience humaine que simplement la transcrire. Il faut pouvoir prendre du recul de diverses façons. Un recul historique et même prendre de la distance avec son expérience, la mettre dans un contexte, entre autres dans un contexte historique.

Vous devez faire cela pour devenir écrivain parce que le matériel n'est pas important. Personne ne s'intéresse à quelqu'un qui vient d'une petite île, qui appartient à une minorité dans cette petite île. Si par contre je venais du Connecticut ou de France ou d'un milieu ouvrier anglais, il m'aurait suffi d'écrire là-dessus. Mais je n'ai jamais pu ne faire que ça. J'ai dû faire autre chose avec mon matériel.

23:26
Non speech

[musique] [musique]

23:40
Locuteur

Il y a tellement de malentendus autour de l'homme à épaule [musique] autant que de l'écrivain d'ailleurs. Vous êtes peut-être le mieux placé pour nous en parler un peu plus parce que en fait on le connaît, il est lui-même d'ailleurs assez dissuasif quand il dit répète que ce que dit un écrivain est presque toujours inférieur à son œuvre. Euh donc il n'aime pas énormément parler de lui, mais c'est vrai que c'est un homme extraordinairement attachant euh qui qui ressemble ou qui ne ressemble pas à ce qu'il écrit. Dites-moi un peu. Oui, il est euh bah vous savez autant qu'on peut connaître quelqu'un, il est euh il a les côtés très attachants.

Il a les côtés il peuvent être tout à fait difficiles. Il doit pas être très facile à vivre tous les jours. Il peut être charmant. Il peut être cassant et dur et très désagréable. Il ne souffre pas, comme on dit en anglais, il ne souffre pas les gens stupides ou qui posent des questions stupides ou qui n'ont pas ou des gens qui l' comme vous savez bien que des gens qui l'interviewent, qui font des interviews avec lui qui n'ont pas lu son œuvre, il est il carrément il a ferme à porte au nez. Sauf rare exception sauf rare exception.

Et euh ça veut dire que quand il vient pour un lancement d'un livre, il faut être bien sûr que tous les les intervenants, les interviewants ont moins lu le livre en question et de préférence quelques autres de Nipol. Sans ça, ça peut une conversation peut mener absolument nulle part et peut-être à la porte à une claquement porte. Alors de de ça, on de ça, il a il a une réputation d'être d'être très arrogant euh d'être alors il y a des gens qui l'accusent d'être raciste, d'être mis au misanthrope tout ça. Il y a il y a une façon très courte, très miope de voir Naipo où on peut dire tout ça de lui.

Il y a une façon aussi avec les yeux clairs ouvertes, on peut voir que c'est quelqu'un qui se donne beaucoup dans ses interviews à lui quand il fait des interviews parce que c'est ce qu'il fait beaucoup maintenant dans ses livres, dans ses livres de reportages, il raconte la vie de je sais pas 200 personnes dans le livre sur l'Inde, le dernier livre sur l'Inde.

Inde un million de butineries maintenant il y a 200 250 vies racontées et il a il se met dans la vie de ses gens qui l'interviewent il prend quelques notes et puis il écrit ça après le soir quand il rentre chez lui il écrit l'interview mais il il sort il fait parler des gens et c'est par une espèce de empathie avec eux parce que il il analyse ce qu'ils disent au fond et son analyse et va toujours évidemment dans un sens soit de découvrir qu'est-ce qui fait marcher une certaine idée politique ou une idée de société sociétale où il impose pas un truc a priori mais il analyse ce qu'on lui a dit en fonction de ce qu'il a compris. sur la personne.

27:09
Non speech

[musique] [musique]

27:31
Locuteur

Je suis frappé dans cette conversation à propos de votre œuvre de fiction, à votre œuvre littéraire. On parle de voyage, on parle de recherche, on parle de découverte. Au fond, bon n'est un mystère pour personne. Votre œuvre se divise en deux grands chapitres, les livres de fiction et les livres. On va en parler de voyage documentaire, mais je me demande si bien sûr une partie fait partie de l'imaginaire et l'autre de la réalité. Ça c'est de la banalité. Mais en vous écoutant, je me demande s'il y a une telle différence dans votre travail. Dans les deux cas, je ressens cette très forte intimité entre ces deux grandes branches.

Est-ce que c'est c'est vous la vivez comme ça ou est-ce que au contraire pour vous, c'est deux domaines très séparés, la fiction et le le le livre documentaire traveling. La différence c'est que dans la non fiction, j'essaie d'être scrupuleusement exact. Je n'invente jamais. Chaque fois que je présente un personnage dans les livres de non fiction, c'est la réalité. Je n'invente jamais. Mais il faut transformer un voyage en narration et cela nécessite tout le talent créatif qu'on possède pour en faire un récit. Il ne s'agit pas simplement d'aller à un hôtel, de rencontrer des gens et d'en faire un compte-rendu. Ce n'est pas ce que je fais.

Dans le dernier livre qui est jusqu'au bout de la foi, il y a 30 récits, 30 personnes étudiées très soigneusement. Pour chacun, le récit est conduit différemment et cela m'a donné beaucoup de plaisir. Je ne l'ai pas fait seulement par souci de variété. C'est toujours le meilleur moyen de présenter cette narration. Donc il y a deux réponses. Une réponse est que l'une des manières d'écrire est très près de la vérité, l'autre imaginative. Mais en même temps, il faut dire que le talent imaginatif du narrateur doit être appliqué à la narration globale et aussi aux différents récits qui forment la narration globale.

Je pense que les deux œuvres de fiction et non fiction ne doivent pas être séparées. Elles font partie du même voyage, de la même tentative pour comprendre. Il ne faut pas croire que l'une soit plus facile que l'autre. Toutes les deux présentent la même difficulté car l'art du voyage est exceptionnellement dur à apprendre. C'est quelque chose qu'on ne peut pas enseigner à quelqu'un. Encore une fois, c'est quelque chose d'intuitif. Ce sont deux aspects de la même chose. Découvrir, construire une image du monde, comprendre. On a fait de vous dans les années 70 une sorte de modèle, voir le parangon de la alors comment appeler ça ? La littérature de voyage.

Le travel writing a toujours été mal traduit en français parce que littérature de voyage fait penser à guide touristique, ce qui n'est pas exactement le genre. Et mais c'est vrai qu'en même temps, c'est devenu une sorte de mode d'abord dans l'édition britannique et anglo-saxonne américaine puis dans l'édition française. Et dans cette mode, vous étiez une sorte de modèle. Il y avait voilà Nepo et les Népoliens et au sommet de la pyramide à Joseph Conrade qui était le le mythe commun à tout le monde. Dans les récits de voyage, c'est le voyageur qui est en fait le héros de ses propres aventures et puis le le le reste du monde qui lui sert de décor chez vous.

C'est ce sont les personnages qui deviennent toujours des héros. Chacun porte une histoire complète. C'est en ce sens d'ailleurs que je voyais un rapprochement, une relation très forte entre la matière romanesque et la matière réaliste des livres de voyage. Parce que votre troisème livre, votre formidable livre sur l'Inde, un million de révoltes en français, million of en anglais, c'est comme c'est c'est 10 15 romans euh qui s'enchaînent. Est-ce que c'est vous avez le sentiment d' d'un d'un véritable accomplissement dans ce type de livre ? Apprendre prend beaucoup de temps. J'ai voyagé pour la première fois en 1960 61 et le livre qui en résulte est intéressant.

Mais en tant qu'écrivain, je ne savais pas bien comment m'y prendre. Depuis, j'apprends petit à petit et puis j'ai fait beaucoup de journalisme qui nécessitait de voyager en Argentine, au Congo, en Côte d'Ivoire. Tous ces reportages nécessitaent que je voyage beaucoup et par là, je veux dire écrire sur le voyage, trouver la narration. Je m'étonne d'avoir eu le courage d'écrire un livre comme un million de révoltes, le livre indien. Je crois que cela promenait d'une sorte d'innocence parce que ce que je faisais n'était rien d'autre que de photographier en profondeur. On dit parfois une radiographie de toute une civilisation.

Et le fait de lier une personne à une autre, ce n'était pas le fait du hasard. Établir également des liens avec les régions où j'étais et en plus recréer l'histoire des 100 dernières années. C'était donc une assez grande entreprise. Je ne sais pas comment j'ai pu faire. Dieu merci. et on a l'innocence de les tenter. Cela étant dit, je veux juste faire une remarque à propos de la conception du voyage, comment ça a changé. Au 19e siècle, les gens entreprenaient des voyages de découverte. SP en Afrique, du chayou en Afrique. Ensuite, la conception a changé. Les gens faisaient des études sur des pays étrangers. TK a fait quelque chose sur Sakaline, l'île prison russe au bout de l'Asie.

et il ne savait pas comment le faire. Il ne l'a pas fait de manière personnelle, arriver et voir. Il a fait une étude et tout ce qui était intéressant est transcrit dans des notes en bas de page. Alors, le livre est inégal et c'est un échec. Donc, l'écriture de voyage est morte de cette manière. Maintenant, il y a une nouvelle incarnation. On vit dans une époque de voyage populaire. Et l'écriture de voyage a changé pour s'adapter aux besoins des voyageurs des classes inférieures. Ça donne des livres de voyage plein de plaisanteries. Ils font des plaisanteries sur les chemins de fer, les hôtels, on en publie tout le temps.

Vous connaissez certains noms de ces écrivains de catégorie inférieure et on voit à Londres des gens qui se promènent avec leurs livres et c'est quelqu'un qui fait un voyage de classe inférieure. Ils veulent des plaisanteries sur le change des devises. Toute l'écriture de voyage s'est dégradé pour s'adapter à l'évolution sociale du voyage. Oh, est-ce qu'on pourrait pas dire plus simplement que au fond c'est la distinction entre le voyage, votre type de voyage et et ce qu'on appelle tout bêtement le tourisme. Il y a une littérature touristique et puis il y a des guides touristiques.

Parce que quand on vous lit vous votre premier livre de en voyage j'aimis d'ailleurs comment faut appeler cela ? Je trouve que travel writing n'est pas ce qui convient. Vous en avez un meilleur ? C'est un voyage en enquête. C'est ex c'est exactement ce que vous faites. Votre premier livre. Alors malheureusement pour nos auditeurs français, il pensent que c'est venu plus tard parce qu'il a été traduit très tardivement. Yes. Yes. En fait votre premier livre euh en voyage. Yes. Euh jusqu'au dernier, c'est n'ont jamais été des livres de tourisme.

J'aimerais quand même curiosité professionnelle quand vous avez cette obsession, ce scrupule du détail qui est encore plus impressionnant quand il s'agit des dialogues. Je je crois me souvenir que vous vous êtes jamais servi d'un minutophone. C'est exact. Je le fais plus simplement. J'ai l'écrit. Je procède ainsi. Si je vous rencontre pour la première fois, je vous parle tout simplement et je parle à beaucoup de gens. Et si je pense oui, ceci est intéressant. C'est cela que je cherche. Alors, je vous demande, est-ce que je peux venir vous voir et prendre des notes ? J'ai toujours une veste et deux carnets, l'un ici et l'autre là. Et nous parlerons pendant 10 minutes.

Et quand vous êtes lancé, je sors mon carnet, je commence à noter ce que vous dites. Et en me voyant écrire ce que vous dites et en me voyant noter vos paroles, vous allez parler plus lentement. C'est un instinct humain. Donc tout est fait de cette manière. Si je pose une question, j'ai toujours une indication dans mes notes que j'ai posé une question. Ainsi, je suis fidèle à ce dialogue. C'est un dialogue plus lent mais qui garde le rythme de la parole. C'est fait à la main et je vous assure que pendant une heure, on écrit beaucoup à la main. [musique] On lui reprochait d'être misantrop, misogyne.

Allons directement au fond de la polémique d'être raciste, de mépriser le tir monde, les pays en voie de développement à commencé par le sien propre, pas par le p sien, par le son pays d'origine. Il n'a pas écrit des choses d'ailleurs très aimables d'une façon générale sur la carée, mais quand on regarde ces ces livres de reportage, où qu'il soit, on est on est frappé par quoi ? D'abord par la scrupuleuse [grognement] véracité des propos apportés. Mais au-delà de ça, je crois que c'est un formidable exemple de journalisme tout court. D'ailleurs, bizarrement, épaule qui n'aime pas beaucoup les journalistes dit le plus grand bien du journalisme.

Et vous avez peut-être une réponse à cette question. D'où vient en effet ce ce mauvais procès qui lui est fait ? Et don dansune certaine manière, je ne me souviens pas de réaction au moment de la sortie du premier livre sur le sur l'Inde. En tout cas, je me souviens très bien des réactions qui ont accompagné euh l'islam. Oui, en plus ça arrive, il faut le s'en souvenir, on est en pleine révolution iranienne. Euh donc le livre paraî en 80, on est en au moment où le monde commence à se dire que le spectre de l'islam commence à hanter disons l'Occident.

Et en même temps, quand on lit, c'est on peut pas dire que c'est un livre d'une grande tendresse, mais c'est un livre extrêmement froid dans son approche, mais extrêmement chaleureux dans dans la le dans la relation fait parler les gens, dans la relation avec les gens parce qu'il fait parler des gens de toutes sortes. Il va dans le premier livre sur l'islam, il va par exemple en Iran et il va voir le célèbre Mola qui qu'on appelle Mola exécuteur. Je sais pas comment on l'appelle dans la vie, j'ai oublié. Euh voilà. qui qui qui exécutait, qui pendait, qui tu es et ça c'est assez terrifiant comme interview, il faut dire. C'est c'est assez bien vu, assez froid et assez terrible.

Il voit 15 ans plus tard, il va visiter dans le deuxème livre sur le même type qui est alors un pauvre type finalement parce que il a plus de pouvoir, personne l'écoute, il exécute personne euh et on lui donne pas grand-chose à faire mais il rêve de ce moment où il avait le pouvoir. Il avait et là en plus une idée un peu fausse de ce qu'il faisait dans le passé. Et tout ça est très très précisément vu par par Nol. Il lui pose les questions qu'il faut. Mais on on est très frappé par le fait que il n'y a pas d'effet de style chez Nul. Il ne profite pas des situations. D'ailleurs, il nous dit à un moment dans l'interview, "Quand je voyage, je ne raconte pas les histoires du voyageur.

Je raconte ce que ce qui ce qui se passe devant moi." Oui. Abs. Et c'est pas c'est pas comment on dit en anglais du travel writing. Il fait des descriptions de paysage sauf à un but précis. Il y a des moments, par exemple, le deuxème livre sur l'Islam, il décrit la première nuit qu'il passe à l'hôtel à Teran, il décrit les montagnes qu'il voit de sa fenêtre et il décrit, il dit que c'est superbement beau. Il regarde, le soleil se couche, il les couleurs changent, pourpre noir et les petites lumières commencent à s'allumer. Il imagine quelques petits villages isolés, des gens qui vivent là-bas. Il décrit ça une fois.

Il décrit ça une deuxième fois euh la nuit d'après, après une journée, l'interview et tout ça, presque dans les mêmes termes. Mais la troisième fois qu'il a décrit, il a entre-temps vu ce qu'il y avait dans la montagne. On lui a fait visiter les montagnes et là-bas, il y a les prisons qui étaient les prisons du Savac, des chats avant et les là où les exécut les gens et c'était des prisons là-bas. Donc il voit ses il décrit ces mêmes montagnes mais alors tout à fait différemment. Mais ça c'est son utilisation des paysages de c'est à peu près le seul qu'il fait dans dans dans ses livres.

Il décrit des paysages tristes plats quelquefois mais pour souligner que des choses sont tristes et plates et que c'est des institutions ruines. Il décrit des ruines. C'est au fond c'est son sujet. C'est les comme il dit toujours, c'est les pays les pays non aboutis. La terre de la piste était rouge et sèche, mais de vieilles flaques éclaboussaient le par-brise d'une bou noir àâtre. Ils quittèrent cette piste pour grimper une pente menante à la maison. Ici, le chemin avait une surface côtelée lorsqu'il allait tout droit. Lorsqu'il tournaient, ils étaient ravinés par le ruellement des eaux de pluie se frayant leur propre passage vers le bas.

La maison se dressait au milieu d'un vieux jardin à l'abandon et à l'ombre des branchage d'un arbre énorme. Des bouquins vilais tapissaient la véranda longeant trois côtés du rez-de-chaussée. À l'intérieur, il faisait chaud et l'air sentait le renfermé. En regardant par la fenêtre de la chambre, à travers la moustiquère métallique mouchetée de cadavre d'insectes, le jardin en désordre, les grands papaillés et le terrain en pente qui se déployait au-delà des bosquets d'Anacardi et des groupes de cases goiffés d'herbes vers les rochers coniques donnant dans le lointain l'impression de former en continu une chaîne bleu pâle au rat de terre. Willy pensa : "Je ne sais pas où je suis.

Je ne crois pas pouvoir trouver le chemin du retour. Je ne veux pas que cette vue me devienne jamais familière. Il ne faut pas que je défasse mes bagages. Il ne faut pas que je me conduise comme si j'allais rester là. Il resta là 18 ans.

45:01
Non speech

[musique] [musique] [musique]

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Locuteur

le prologue de jusqu'au bout de la foi. Vous dites que ce livre complète le précédent, autrement dit Among the believer crépuscule sur l'Islam mais qu'il procède de manière différente. Je vous cite, c'est moins un livre de voyage. L'auteur est moins présent, moins investigateur, découvreur d'individus, dénicheur d'histoire. Il se tient à l'arrière-plan et s'en remet à son intuition. Yes. C'est en ce sens que vous disiez, on en a parlé un peu plutôt que vous disiez que c'était peut-être le livre documentaire, le inquir jour inquir le plus proche de la fiction. C'est en ce sens quand vous parlez de s'en remettre à son intuition, qu'est-ce que vous entendez par là ?

L'intuition joue au niveau du choix des gens. Mon intuition me dit "Cette personne est intéressante. Cette personne m'aidera sur ce voyage. Cette personne m'aidera dans cette quête. Cette personne pourra clarifier les choses pour moi. Je sens que je dois le faire. Mon intuition fonctionne comme ça. Par exemple, en décidant pendant que je suis ici dans cette ville, je vais parler à cette personne. Je parle de cette intuition là. Je suppose que c'est comme l'intuition de l'écrivain de fiction, c'est la même chose parce que j'avais pas noté à quel point le mot intuition revenait souvent dans vos propos.

Vous dites d'ailleurs je m'en remets à l'intuition, je le faisais au début, je le fais encore aujourd'hui. Je m'abandonne à l'intuition pour trouver mes sujets et j'écris intuitivement. Yes ! Vous ne disiez pas cela autrefois. J'ai l'impression que c'est c'est devenu plus fort chez vous. C'est forcément de l'intuition. Revenons au premier livre dont vous avez parlé tout à l'heure, la traversée du milieu. Je vais au Surinam et je rencontre des noirs qui me parlent d'une nouvelle langue et je leur prête beaucoup d'attention. C'est absurde d'une certaine façon, mais je suis très attentif à eux. J'écris sur cela. Il deviennent important politiquement au cours des 20 années qui suivent.

Et le pays ne s'est pas remis de cette importance. Donc, j'étais guidé par le sentiment que cela [raclement de gorge] avait de l'importance. Je faisais confiance à mon intuition. Comment je fais ? Je dois me mettre dans un état d'esprit. Je dois me dire que ce que j'écrit ne sera pas publié avant 2 ans et je veux qu'on le lise pendant 10, 20, 30 ans. Alors, je me projette dans cet avenir et j'imagine [grognement] ce qui sera intéressant. Pendant que je voyage, je consulte les journaux pour m'informer sur le nom des gens et cetera, mais je me projette toujours un peu en avant. Je me donne de la distance.

Je lui sais je sais que quand je voyage en Inde ou ailleurs, je sais que disons les revues new yorkaaises voudrai qu'on parle de qui sont les Ayatolas qui risquent de provoquer une révolution. Je sais que cela est trivial. Je sais qu'on peut perdre beaucoup de temps. Ce n'est pas la façon dont il faut regarder la société. La façon de regarder la société en Iran, c'est de voir que toute la classe moyenne a été détruite. Il y a beaucoup d'angoisse chez certains éléments qui ont reconstitué une espèce de classe moyenne en Iran. Et vous voyez aussi qu'ils peuvent être de nouveau anéantis dans un clin d'œil, qu'ils ne sont pas importants. Quoi qu'en disent New York sur ces gens ?

Ils ne sont pas importants. Et si vous vous contentez d'écrire sur ces gens que New York considère comme importants, votre livre est sans valeur avant même d'être imprimé. La fiction [musique] m'avait conduit aussi loin qu'elle en était capable. Mais il y avait des choses dont elle ne pouvait rendre compte et notamment de [musique] mes années en Angleterre. expérience qui, manquant de profondeur sociale, relevait davantage de l'autobiographie et elle ne pouvait davantage exprimer ma connaissance croissante [musique] du monde extérieur.

La fiction, qui par sa nature même préfère les structures sociales précises semblait me cantonner dans des univers, l'île ou mon enfance, plus réduit que celui où je vivais. La fiction qui m'avait d'abord libérée et éclairé [musique] me contraignait à être plus simple que je ne l'étais en réalité. Pendant plusieurs années, trois peut-être quatre, je ne su où me diriger. J'étais complètement perdu. Presque toute ma vie adulte s'était déroulée dans des pays où j'étais étranger. Impossible, en tant qu'écrivain, d'aller au-delà de cette expérience. Pour lui être fidèle, il me fallait parler de gens dans ce genre de situation.

Je trouvais des solutions pour y parvenir, mais sans jamais cesser d'y voir une contrainte. Si j'avais dû me borner au roman, je me serais probablement vite retrouvé sans les moyens de continuer, [musique] bien que je fusse désormais rompu à la prose narrative et plein de curiosité pour le monde et pour les hommes. Mais il existait d'autres formes qui répondaient à mon besoin. Le hasard n'avait pas tardé à me procurer une mission d'enquête dans les anciennes îles à esclaves des Antilles.

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[musique]

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Locuteur

J'avais accepté pour le voyage. sangar réfléchir à la forme.

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[musique]

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Locuteur

Vous avez une œuvre de fiction extraordinaire. Vous avez écrit quoi ? Une douzaine quinzaine de romans. C'est à peu près ça. On avait l'impression, vous avez donné l'impression un moment que vous aviez fait le tour de la fiction. Pur, voilà, vous revenez avec ce nouveau roman. Yes. Half Life, traduit littéralement en français, donc la moitié la moitié d'une vie. Pour moi, c'est l'un de vos romans les plus romanesques euh dans tous les sens du terme. Yes. C'est on pourrait même dire presque un roman picaresque avec des histoires dans l'histoire. Enfin, c'est voilà. Vous avez semble-t-il retrouvé d'un seul coup une joie de raconter une vitalité comme ça narrative. C'est revigorant. Yes.

Comment ça vous est venu cette envie comme ça renouvelée ? [grognement] [rires] se voit que c'est pas en réalité ce n'était pas facile à écrire. Ça a pris 2 ans. Je parlais tout à l'heure de l'écriture de mon père, la qualité épique. Ce roman est fait autrement. C'est fait par tableau. C'est une narration qui avance par tableau successif. les tableaux créent la narration. C'est comme cela que ça m'est venu. Chaque détail nécessité beaucoup de travail. C'était comme si je dirigeais un film et que je me préoccupais tout le temps du décor de bien l'éclairer, puis de le photographier, puis d'avancer. C'est donc une série de tableaux lumineux.

C'est facile à lire mais en fait c'est une manière très particulière d'écrire. C'est épuisant. Par ailleurs, l'idée germa en moi depuis un quart de siècle, 25 ans. J'ai rencontré un homme qui était un peu comme le père du narrateur. Et suite à cette rencontre, j'ai écrit une page en essayant d'en faire quelque chose dès que je l'avais rencontré. Puis finalement, j'ai laissé tomber et je l'ai rangé parmi mes papiers. Donc, j'avais toujours cette idée derrière la tête. L'idée de l'homme qui volontairement se marie avec quelqu'un qui est son inférieur de beaucoup et trouve qu'il a corrompu sa vie. Cette grande idée d'épouser une inférieure est destructrice. Sa vie est détruite.

Cette idée est restée avec moi pendant un moment. Je vais juste faire une petite parenthèse ici. Tout à fait par hasard pendant les derniers mois, j'ai lu le journal d'un certain MB en Angleterre, un anglais. Ces dates sont remarquablement proches de Tolstoy. 1828 à 1910. Mand vient des classes moyennes. Il est très très bien éduqué et comme beaucoup de gens de cette époque capable d'écrire merveilleusement bien. MB a écrit à une époque où chaque maison avait cin ou six domestiques et il a été attiré par les domestiques. Il a été attiré par les domestiques qui faisaient le travail le plus dur et le plus sale.

Il a pris des photos de ces gens et à partir des photographies des domestiques et à cette époque les domestiques n'avaient pas de gants et leur travail était très sale et les domestiques devenaient très très sales. La phrase qu'on utilisait pour parler des domestiques était "Ils sont dans leur crasse." Alors à partir de là, il a commencé à photographier sans intention pornographique explicite, il a commencé à photographier des mineurs, des femmes qui travaillaient dans les mines de charbon. Il a dévoué toute sa passion à une de ses femmes, mais elle ne pouvait pas vivre avec lui. Alors, il a vécu une vie double.

D'un côté, il fréquentait des gens comme Ruskin, Browning, tous les grands noms imaginables dans le monde culturel victorien en Angleterre. Et de l'autre côté, cette autre vie l'attendait. Ça n'a pas marché parce qu'on ne peut pas vivre comme ça. Alors, c'est une trouvaille extraordinaire. M le livre a été publié en 1971 par John Murray à Londres. Si quelqu'un veut acheter ce livre et suivre l'histoire de Man, B, j'en parle simplement comme quelque chose d'étrange. Mais vous dites que vous étiez like movie director comme un réalisateur de film dans cette affaire. Alors euh vous avez parlé de du décor, de l'éclairage. On va aussi parler des acteurs et d'abord de l'acteur.

Euh formidable Willy Chandrun. Willy Somersetndrun. J'ai j'ai une petite réponse à cette question mais je préférais que d'abord vous la poser à vous sur vos relations à vous avec Willy Chandran. Yes. Il y a beaucoup de vous. Il n'y a pas que de vous. Il y a autre chose que vous devez faire aujourd'hui quand vous écrivez de la fiction, car tous les lecteurs sont très avertis, ils ont lu beaucoup de romans, de livres. Ils veulent toujours savoir à quel point votre histoire est basée sur la réalité. Donc, il faut les nourrir de détails qui suggèrent que ce que vous écrivez est totalement réel. Il faut leur donner des détails qui suggèrent que ce que vous écrivez est autobiographique.

Parfois cela marche si bien qu'en Angleterre des gens ont considéré au moins deux de mes livres comme des autobiographies. Mais ce ne sont pas des autobiographies. Offrir ces faux détails m'a permis de fabriquer certaines narrations ou de transporter ou transmettre certains sentiments que je n'aurais pas pu transmettre autrement. Mais j'ai toujours essayé de faire croire qu'il y a un lien intime entre moi-même et ce que je fabrique. C'est un tour d'écrivain. Je ne suis pas Willy Chandra. Je n'étais jamais allé en Afrique quand je l'ai écrit, quand j'ai commencé la partie en Afrique. Désolé de trahir des secrets. J'avais commencé à écrire la partie qui se passe en Afrique.

J'avais visualisé la maison en Afrique où Willy habitait. Et puis je me suis dit non, je dois aller en Afrique pendant un petit moment et me mettre des images dans la tête. Alors, je suis allé en Afrique, mais le livre était déjà dans ma tête. Je suis allé en Afrique juste pour quelques détails physiques. Alors, si le livre donne l'illusion d'une connaissance profonde de l'Afrique, c'est un hommage à mon talent. J'ai fait un voyage en Afrique pour trouver des détails. Je savais ce que je cherchais. Vous cherchez très peu très très peu de détails et ce que vous faites c'est que vous répétez et répétez ces détails et cela donne une grande illusion de réalité.

[raclement de gorge] C'est une découverte que j'ai faite vers 1970. Il faut utiliser juste quelques détails et y revenir de nombreuses fois. Et quand vous les avez répété suffisamment, le lecteur commence à croire qu'il pénètre dans un monde qu'il connaît vraiment. De là vient le sentiment que l'écrivain connaît vraiment ce monde. C'est un tour de main, un tour littéraire. Au-delà de ces détails, je pensais à autre chose dans vos relations avec Wish Charama. Donc je je vais vous donner ma réponse comme ça je vous reposerai la question. Yes ! J'avais un peu le sentiment en vous lisant que Willy Chandran était au fond une sorte de double inversé de Vidian à Apple.

Je m'explique cette moitié de vie. Je me demande si ce n'est pas ce qu'aurait été la vie de Vidiana et Paul quand il s'est interrogé sur sa propre écriture et qu'il était presque prêt à y renoncer. Est-ce que vous n'avez pas été jusqu'au bout d'une démarche qui par bonheur pour nous tous n'a pas été la vôtre ? qui était le renoncement à l'écriture et Willy Chandran nous montre ce que çaait été. Vous m'avez demandé tout à l'heure si j'aurais pu être autre chose qu'un écrivain et j'ai répondu que je n'aurais pas pu être autre chose. Et maintenant, vous dites que peut-être dans le personnage de Willy Chandra, j'ai écré quelqu'un comme moi sans l'écriture. C'est cela que vous avez dit.

Je pense que c'est une observation brillante. C'est merveilleux d'avoir dit ça. Je crois que c'est vrai. Et oui. Oui, je pense que c'est cela qui a motivé la création du livre. Créer quelqu'un comme moi mais sans l'écriture. Cela aurait été un voyage très sombre, sans doute un peu comme le voyage de Willy Chandra. Je ne sais pas mais oui, c'est bien d'avoir dit ça. Oui, c'est une bonne observation tout à fait brillante.

હું તો વાર બાર જાવ તુમરે ગોસૈયા હું તો બાર બારી [musique] જાવ તુમરે [chant] ગોસૈયામરી [musique][chant] બાત કછુમાન પ્યારી હું તો બારી બારી તુમરે મિલન કી આસપરે [chant] તુમરે મિલન કી [musique] આસ પયારે ચના પરમો [chant] પ્યાર ilmatique assez nouvelle dans entrevre qui est la thématique de la sexualité. Euh bien sûr, vos personnages ne sont pas des anges dans les autres livres, mais c'est la première fois que elle elle intervient comme une dimension presque essentielle. Je vous cite dans Half Lifef, enfin je cite pardon Willy Chandran, euh j'avais acquis une nouvelle idée de la sexualité, une nouvelle idée de mes capacités. C'était comme si on m'avait donné une nouvelle idée de moi-même. Yes.

Et plus loin euh vous dites, vous faites dire "La sexualité nous transforme. nous finissons par porter sur sur notre visage la nature de notre expérience et puis ensuite à un moment donné aussi votre personnage dans un accès de désir pour pour sa compagne dans la voiture. Sa première pensée et c'est évidemment assez surprenant quand on vous connaît sa première pensée c'est "Je plains mes parents, je je ne vous cite pas exactement, je n'ai pas la phrase devant moi. Je plains mes parents de ne pas avoir connu ce type d'émotion". Exactement. Cette exploration d'un nouveau domaine, j'allais dire pourquoi elle vient si tard dans votre œuvre ? Oui, c'est un thème important dans le livre.

Lorsqu'on vient d'une culture rituelle, comme Willy vient d'une culture rituelle, je sais que Willy vient d'un milieu brisé, mais la culture est rituelle. C'est une culture où le partenaire est choisi pour vous par la famille, par le clan, par toutes sortes de règles et où l'aventure sexuelle n'existe pas. On remplit son rôle aux différentes étapes. Vous êtes un enfant et puis vous vous mariez avec quelqu'un qui est choisi pour vous et puis vous devenez père et puis vous vous occupez de votre famille, vous vous occupez de vos filles, vous les mariez aussi. Et la vie est une série d'étapes et tout à fait pour vous, à votre place.

Dans cette culture, il n'y a pas de place pour l'aventure personnelle. C'est un des thèmes du livre. Willy ne se démarque pas uniquement de ce milieu par ses idées politiques, mais il comprend qu'il y a d'autres choses qu'il doit apprendre. L'idée de la séduction, l'idée de la sexualité. Je ne pense pas qu'il l'apprenne totalement parce que la femme avec laquelle il trouve l'épanouissement à la fin est folle, elle est dérangée et cela est très inquiétant. Ce qu'il dit à un moment donné, c'est qu'il commence à comprendre l'inanité. Ça vient du latin avec le sens de minceur, l'inanité de la vie sexuelle. Il commence à comprendre la nécessité des règles. Donc c'est un homme divisé.

Mais le thème de la sexualité, de l'apprentissage de la sexualité est très important. C'est quelque chose de dur à apprendre. En ce moment en Angleterre, il y a une crise ou plutôt un scandale concernant notre ex-premier ministre qui est supposé avoir tripoté des femmes, une femme, avoir fait des avances et c'est facile. Les femmes trouvent très facile de ridiculiser les hommes qui leur font des avances. Et je ne sais pas si on peut faire autrement. Un homme doit bien se rendre ridicule à un moment donné lorsqu'il fait des avances à une femme. Il doit être maladroit. C'est comme ça. Mais on peut se moquer de lui et je pense que c'est cela qui empêche l'épanouissement sexuel.

Ce sentiment de ridicule. Quelqu'un comme Willy ne connaît pas l'art de la séduction. La peur de paraître ridicule lea toujours comme dans le cas du premier ministre. La la question m'intéresse à un autre point de vue parce que dans vos livres, les relations entre les gens sont toujours quelque chose de très important. Comment on se situe par rapport aux autres ? Euh dans l'exploration euh de la de de la relation sexuelle, de de l'épanouissement sexuel, sexual fulfillment, on a plutôt le sentiment que pour Willy Chandron, c'est plus une façon de se découvrir soi-même qu'une véritable relation avec l'autre. C'est c'est assez ambigu.

Quelle est la perception de l'autre dans cette dans cette sexualité épanouie ? Je pense que Willy est un homme déformé. Je pense qu'il n'a pas les moyens de comprendre l'idée d'une relation entre deux êtres égaux. Il ne peut pas le faire. Il vient d'un monde d'obscurité où la sexualité est obscure. Il ne peut pas le faire. Il ne peut penser qu'à lui-même. C'est son échec. Dans un de mes tout premiers livres, Un chemin dans le monde, il y a l'histoire d'un immigré indien dans un pays, le Venezuela. Tout marche bien pour lui. L'homme trouve de l'argent caché, caché pendant la grande période de bouleversement au Venézuela au 19e siècle après les grandes guerres qui ont détruit le Venezuela.

Mais ça ne marche pas pour ses enfants parce qu'il n'a aucun moyen de marier ses enfants. Alors, les enfants sont à moitié handicapés. Leur père s'épanouit en tant qu'immigré dans la société. Mais c'est un homme seul et ses enfants sont à moitié handicapés. Ils ne savent pas se mouvoir. Les filles sont absorbées dans la grande société mais le garçon est perdu. Tout ce qui concerne la séduction, le mariage, les rituels du mariage et les relations, les relations sexuelles est très compliqué. Grâce au savoir à Je peux maintenant vous dire plus ou moins comment nous sommes arrivés là où nous étions.

Je peux vous dire que le nom amérindien de cette terre de Saint-James aurait été Kumukurapo que les premiers navigateurs venus d'Europe ont transformé en Conquerabo ou Conquerabia. Si je regarde la végétation, je peux vous dire ce qui s'y trouvait déjà à l'époque où Colon a débarqué et ce qui fut importé par la suite. Je peux reconstituer les plantations qui occupèrent le secteur de Saint-James. L'histoire connue de cet endroit est brève. Trois siècles de dépeuplement suivi par deux siècles de colonisation et de repeuplement. En ce qui concerne le repeuplement, les documents sont disponibles dans la capitale aux archives de l'état civil.

Tant qu'il subsiste, on peut retracer l'histoire de chaque parcelle de terre occupée. Je peux vous transmettre cette vision historique à Vol d'oiseau. La plupart d'entre nous connaissent les parents ou les grands-parents dont ils sont issus. Mais nos origines sont plus lointaines. Nous remontons à l'infini. Tous nous remontons jusqu'au début de la race. Dans notre sang, nos eaux, notre cerveau. Nous charions la mémoire de milliers d'êtres. Il nous est impossible de comprendre tous les traits dont nous avons hérité. Parfois, nous pouvons être étrangers à nous-mêmes.

1:13:45
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[musique] [musique]

1:14:04
Locuteur

J'ai redécouvert [musique] simplement regardant parce qu'après tout c'est votre aussi les 4è de couverture des livres que vous avez publiés et on parle déjà d'un auteur cité pour le prix Nobel en 1981 donc Ah oui, il a été nobélisable un certain temps mais très fortement nobélisable. les gens pensaient qu'il allait l'avoir. Et je me souviens une fois quand son éditeur allemand à l'époque sortait un livre de lui au moment de la foire de Francfort. Il a fait venir Foire de Francfort et le jeudi de la Foire de Francfort, c'est généralement le même jeudi Nobel de littérature est annoncé et il avait fait un déjeuner le littur allemand.

J'étais à côté de Napole et littéralement de l'autre côté et euh j'ai vu l'annonce est génement fait à 1h et à 1h- 2, j'ai vu l'éditeur suédois discrètement se lever de table et il est revenu s'asseoir et c'était Chislav Milosch qui a gagné prix Nobel cette année là. Alors, j'ai dit à Napo que il vient d'annoncer euh le prix Nobel littérature, il m'a dit "Qui est-ce qui qui a gagné ?" Je dis "C'est me Wash". Il m'a dit "C'est un polonais ?" Je dis "Oui, c'est un polonais.

Est-ce qu'il est bien ?" Oui, je dis "Très bien et très méritoire." "C'est combien le prix Nobel cette année [rires] ?" Je dis à cette époque là, c'était pas encore le million de dollars que c'est maintenant, mais c'était quand même 500000 dollars, quelque chose comme ça. Oh, c'est pas assez pour tout le travail d'une vie. C'est pas croyable. [grognement] Et c'est tout ce qu'il a dit.

Après ça, on parlait plus de N pour le prix Nobel parce qu'il y avait ces espèces de V et puis on pensait que en fait étant donné qu'il y avait de moins en moins de de romans romans en guillemets et plus le reportage et de de livres sur le tiersmonde et le livre sur l'Islam que en fait la réputation de N pour beaucoup de gens l'attaquai en considérant qu'il était antimonde tout ça et que bien était politiquement tout à fait incorrect. que jamais le comité du Nobel de littérature suédois donnerait un prix à monsieur Talement politiquement incorrect.

Bien, c'est arrivé quand quand c'est arrivé euh c'était une semaine où il avait il était en mauvaise humeur parce que il y avait quelqu'un qui avait on lui avait dit il lit en principe jamais les critiques. Je dis en principe parce que c'est ce qu'il dit mais il y avait une critique qui avait quelques réserves sur son dernier livre et ça ça l'a plongé dans un de mauvaise humeur et dépression. Alors, quand le coup de téléphone est arrivé chez lui, euh je crois que d'abord sa femme a pensé que c'était une blague le raccroché. Donc ça a ressonné et euh euh pour le raccrocher. Donc c'est une troisième fois, ils ont dû sonner et c'est seulement là où il a réalisé que c'était vrai.

Donc il croyait plus. Et ensuite quand quand vous vous êtes revu, donc tout de suite après, quelle était sa réaction personnelle ? Bah, je l'ai téléphoné tout de suite évidemment. J'ai eu sa femme, m'a dit qu'il s il s'est couché. Vous n'êtes pas sans sans avoir remarqué à quel point votre prix Nobel n'a fait qu' rajouter plus les événements de 2001. À quel point vous avez été utilisé, instrumentalisé dans les deux sens. Ça y est, on a fait de vous à la fois le croisé de la défense de l'Occident contre Dieu sac et la menace où on a fait de vous au contraire l'homme qui méprisait le tir monde qui crachait autement.

Bon, c'est forcément des gens qui ne vous ont pas lu qui peuvent parler ainsi, mais est-ce que c'est pas difficile de continuer à travailler dans une telle ambiance politique idéologique avec tellement de personnes ? Il n'y a pas de problème, on les ignore. Il ne faut pas y faire attention. Vous avez lu le choc des civilisations de Someltington ? I don't know. I don't know. Parce que lui, je ne sais pas s'il vous a lu, je ne crois pas. Mais il vous cite il vous cite à propos de votre conférence euh je crois de 1990, vous me corrigerez, euh qui s'appelle our Universal Civilization, notre civilisation universelle. Il fait, je crois, un très mauvais usage de de cette phrase.

Mais le mot civilisation revient très souvent dans dans votre et quel est pour vous ce quel sens vous donnez ? C'est j'ai toujours l'impression vous lisant que c'est un mélange de nostalgie et d'idéal. la civilisation dans votre œuvre. J'ai le sentiment que la civilisation est très fragile. Le monde a l'air très solide autour de nous. Mais le monde semblait comme ça aux gens de la cité éternelle. Mais il a suffit que les barbares coupent l'approvisionnement en eau de Rome. Ils ont fait au 5e siècle. Ils ont détruit lesduc. C'est facile de casser lesduc.

Ils ont détruit des choses qu'ils n'auraient pas pu construire eux-mêmes parce qu'un agduc a une pente très douce et l'eau semble plane mais en fait l'eau coule très doucement dans cette pente et cela demande des compétences en topologie, en mathématiques, en beaucoup de domaines. Et les barbares qui ont cassé lesduc n'avaient pas ces compétences. Alors la civilisation est quelque chose de fragile. Les barbares qui ont détruit les tours à New York utilisaient des avions qu'il ne savaient pas construire, qu'il savaient à peine piloter. Ils les ont détruites. Quels autres exemples y a-t-il près de moi ?

Mes ancêtres viennent de l'Inde et je sais que les envahisseurs musulmans ont détruit l'Inde. L'Inde était étendu jusqu'en Afghanistan qui était une colonie bouddhiste hindou. Il y avait des Sys, des hindou et cetera. Jusqu'à récemment, depuis l'Afghanistan jusqu'au sud, jusqu'au golfe du Bingal. Il n'y a plus de ville hindou. Tout a été détruit. Tout a été nivelé. Les gens réduit en esclavage.

Si les britanniques n'étaient pas venus, s'il n'y avait pas eu de savants britanniques comme William Jones au 18e siècle, les gens de milieu modeste, s'ils n'étaient pas venus ressusciter, sauver notre connaissance du passé, nous ne saurions pas tout ce que nous savons actuellement sur l'Inde, même les Indiens. Je viens d'un endroit qui a été détruit et je connais la valeur de la civilisation. Et je sais que les musulmans qui ont détruit l'Inde n'ont rien construit à la place. Ils n'ont pas construit une école. Ils n'ont pas apporté une imprimerie, ils n'ont pas apporté une loi ou des cours de justice.

Ce n'était que le palais d'un gouverneur, des massacres, les fils qui s'entretuaient, rien que la tyrannie. 4 ou 500 ans de tyrannie. Alors, ce sont là mes origines. C'est difficile de parler comme ça maintenant parce qu'il y a beaucoup de discussions dans les universités américaines sur la culture et la civilisation islamique. Je viens de l'autre côté. Je viens du côté qui a été anéanti. À mon retour dans le Willhire, j'appris que ma jeune sœur Sati venait d'avoir une hémorragie cérébrale à Trinidade. Elle était dans le com, elle n'allait pas s'en remettre. Plus de 30 ans rant, depuis la mort de mon père en 1953, j'avais vécu sans deuil. J'accueillis donc la nouvelle avec sans froid.

Puis je fus pris de hocky. Puis je me sentis concerné. Trois jours après sa mort, à l'heure où son corps était incinéré à Trinidad, j'étalé devant moi ses photographies. Deux jours plus tard, j'allais à Trinidad. Les membres de ma famille avaient souhaité ma présence. Je restais à Trinidad pour la cérémonie religieuse qui eu lieu quelques jours plus tard et venait en complément de la crémation. Sat n'était pas pratiquante. Pas plus que mon père, elle n'était sensible au rituel. Mais à sa mort, la famille voulut que tous les rites hindou fussent accomplis pour elle sans rien omître. Notre monde sacré, le sens du sacré qui nous avait été transmis quand nous étions petits par nos familles.

Les lieux sacrés de notre enfance, sacrés parce que nous les avions vu enfant et que nous les avions infusés de merveille. des lieux doublement et triplement sacrés pour moi parce qu'au loin en Angleterre, je les avais hanté en imagination au fil de nombreux livres et que mes fantasmes avaient placé là le tout début des choses, avait édifié sur ces lieux un fantasme de foyer. Même si j'allais être amené à découvrir que le sang avait souillé cette terre, qu'un peuple aborigène avait vécu jadis avant d'être exterminé ou réduit à l'extinction, notre monde sacré avait disparu. Chaque génération désormais nous entraînerait un peu plus loin de ce sens du sacré.

Mais nous l'avions refaçonné à notre usage. Ainsi fait chaque génération, ainsi que nous l'avions vu lorsque la mort de notre sœur nous avait réuni et que nous ayons éprouvé le besoin d'honorer et de nous souvenir. Cela nous obligea à réfléchir à la mort. Cela m'obligea à regarder en face la mort que j'affrontais la nuit dans mon sommeil. Cela inscrivit un vrai deuil où la mélancolie avait créé un vide comme pour me préparer à ce moment. Cela me fit envisager la vie et l'homme comme le mystère, la vraie religion des hommes, la peine et la splendeur.

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Locuteur

Avant de vous quitter, Vidia, je vais vous citer un écrivain. À ma connaissance, vous n'en avez jamais parlé. Et je vais vous dire pourquoi je fais le rapprochement. C'est Jean-Paul Sartre. Est-ce que vous avez jamais lu les son livre qui s'appelle Les mots ? Yes. Vous l'avez lu ? Yes. Yes. Alors, je vais vous poser la question directement. Est-ce que vous n'avez pas senti une étrange parentée sorte une relation ? Parce que moi je l'ai lu, je l'ai relu là tout de suite. Yes ! Parce que je ne sais pas pourquoi à force de lire à votre propos, je me suis dit mais quel peut-être un une autre obsession de l'écriture à ce point ?

Alors on aurait pu penser à Flobert mais précisément d'ailleurs Flobert est un trait d'union d'une certaine façon entre Sart et vous. Et j'ai en relisant les mots de Jean-Paul Sar, je me suis dit mais il y a dans cette obsession d'écrire de de d'être à l'intérieur du langage quelque chose qui est très proche de la démarche de Na et je vais vous citer une seule phrase de de Sartre d'ailleurs qui dit "On guérit d'une névrose, on ne guérit pas de soi." Merveilleux. Je dois relire le livre. Merci de m'y avoir fait penser. Vos vos héros dans vos livres très souvent cherchent leur chemin dans le monde. Le thème du chemin dans le monde et le titre d'un de vos livres. Yes.

C'est une c'est aussi le sens d'une démarche. Et vous écrivez euh dans Reading and Writing qui est un article debout qui vient d'être republié publié d'ailleurs pour la première fois en français. Vous écrivez "La fiction en évidence et mystères en ouvrant des issues par ses impasses mêmes m'avait conduit à mon sujet mais elle ne pouvait me mener jusqu'au bout du chemin." Yes ! Yes ! Aujourd'hui, vous êtes l'un des plus grands écrivains reconnus, connu du 20e siècle. On ne va pas énumérer toutes vos récompenses prix Nobel inclus. Je sais que ce ne sont que des médailles, mais est-ce que vous avez l'impression non pas d'être au bout du chemin ?

que évidemment personne n'espère, mais d'être d'avoir enfin trouvé votre chemin dans le monde. Posséder la vérité, être allé aussi loin qu'on pouvait. Cela vous amène à la paix. Jusqu'à ce que j'arrive à cette paix, j'étais un homme dans l'obscurité. Il y avait des éclaircis, mais j'étais toujours dans l'obscurité. Et j'avais les nerv vif. Alors la réponse est que je n'ai plus l'énervie. J'ai vu beaucoup de choses. Je suis plus calme. La connaissance apporte la sérénité. C'est dire merci beaucoup.

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Locuteur

C'était une rencontre avec l'écrivain Viè.

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Locuteur

Version française de Vivienne M avec la voix de Laurent Lederireer. [musique] Les textes de Naul ont été lu par Michel Derville. Ils sont extraits de l'énigme de l'arrivée aux éditions Christian Bourgois dans une traduction de Suzanne Maillou. Comment je suis devenu [musique] écrivain ? Chez 101 traduction Philippe de Lamar. La moitié d'une vie et Chemin dans le monde. Deux livres publiés aux éditions Plomb et traduit également par Suzanne Maillou. Prise de son Patrice Clin. Miage Sophie Moreno Monique Vigier. Une émission de Marc Cravett réalisée par Brigitte Bouvier. [musique]

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