Guerre au Moyen-Orient : le débat au Parlement
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à tous. Très heureux de vous retrouver pour ce nouveau numéro [musique] de Parlement hebbdo. Le parlement qui vient de reprendre ses travaux après la pause des élections municipales et on vous fait vivre les temps forts de la semaine.
Et vous connaissez la formule comme chaque semaine un débat entre un député et un sénateur. Aujourd'hui, nous accueillons Pouria Amir [musique] Shai. Bonjour.
Vous êtes député de Paris, membre du groupe écologiste et social à l'Assemblée [musique] nationale. Face à vous, Christian Cambon. Bonjour.
Sénateur et du Val de Marne, envoyé spécial du président du Sénat pour les relations internationales et ancien président de la commission des affaires étrangères de la défense du Sénat. Et vous débatterez tous les deux de la guerre au Moyen-Orient comme l'ont fait l'ensemble des parlementaires mercredi en présence du Premier ministre et du gouvernement. Dans ce contexte, Sébastien Lecornu a annoncé une hausse rapide des moyens de [musique] nos armées.
Et puis ce conflit provoque une flambée des prix de l'essence en France. Les oppositions appellent le gouvernement à prendre des mesures de soutien du pouvoir d'achat des Français. L'exécutif réfléchit lui à des solutions [musique] ciblées pour aggraver le moins possible les finances publiques.
La guerre au Moyen-Orient est donc invitée ce mercredi au Parlement. Récit de séance de Thbo Enoc. L'ordre du jour appelle la déclaration du gouvernement sur la situation proche et Moyen-Orient.
À l'Assemblée mercredi, le premier ministre d'emblé ne minimise rien. Ce qui se joue aujourd'hui au proches et au Moyen-Orient n'est pas une crise lointaine. C'est une guerre qui s'étend et qui peut aller jusqu'à une forme de globalisation.
Face à un conflit qui montre les limites y compris des États-Unis, Sébastien Lecornu estime qu'il y a urgence à renforcer les capacités militaires de la France. Il faut accélérer l'examen de la loi de programmation militaire et sa mise à jour. C'est pourquoi elle sera actualisée dès le mois d'avril. 8,5 milliards d'euros de commande de munition supplémentaires sont ainsi prévus dans les quatre prochaines années.
C'est colossal. Sur le plan géostratégique, en revanche, le Premier ministre le rappelle, la France reste dans une posture défensive et de soutien à ses partenaires, mais refuse toute intervention dans le conflit. La France ne participera pas à des opérations de guerre pour ouvrir ce D3 par la force.
Elle ne se laissera pas entraîner dans une guerre qu'elle n'a pas choisie. Une analyse globalement partagée sur tous les bancs. À l'heure actuelle, même si le rétablissement de la liberté de circulation dans le détroit d'ormous peut-être considéré comme une urgent, je ne vois pas comment cela peut se faire sans devenir partie prenante au conflit, ce qui n'est évidemment pas du tout souhaitable.
À gauche, cependant, certains critiquent une forme d'attentisme de la France. Rien de ce que vous faites n'est à la hauteur de notre engagement historique. Vous laissez des nations bafouer le droit international sans réagir.
Vous vous bornez à condamner mollement en parole et vous restez les bras croisés. Point commun entre toutes les interventions. Une inquiétude manifeste en particulier sur la situation au Liban.
Pour Yamir Shai 36 milliards d'euros de plus pour nos armées d'ici à 2030. Est-ce que pour vous, il y a une urgence à renforcer les capacités militaires de la France ? Alors, les capacités de défense, oui, c'est évident.
C'est qu'il y a une menace russe qui est réelle indépendamment de l'accélération euh à laquelle on assiste aujourd'hui. Mais capacité de défense, ça veut dire aussi techniquement, technologiquement, militairement semble de choses. C'est pas investir simplement dans les munitions, dans le surarmement. se défendre, y compris contre le cyberataque qui est quand même une forme moderne des agressions auxquelles nous pouvons faire face.
Ça mérite des investissements qui ne sont pas forcément ceux qu'on imagine habituellement et que pourtant le premier ministre a évoqué, c'est-à-dire des munitions, des équipements militaires dont on ne sait jamais euh en combien de temps ils vont vieillir. Sachant que par ailleurs, on a un arsenal qu'il faut quand même rénover dans un certain nombre de domaines. Deuxième remarque, oui, mais à la condition que ce ne soit pas pris sur le budget qui fait de l'en commun de notre de l'en commun dans notre société, les services publics, les les le le la qualité de vie.
Là, il y aura des investisseurs privés qui vont intervenir dans France Mition. C'est peut-être un problème. Euh bah justement parce que je voudrais savoir à qui euh à qui et de qui on dépend.
H voilà. Euh c'est pas une question neutre puisqu'on parle de souveraineté et d'indépendance nationale. Je veux savoir avec qui la France est capable de s'allier ou à qui elle peut être amenée à demander des investissements parce que je vois trop de pays, trop d'États qui sont dépendants y compris de compagnies américaines.
Ce qui serait quand même un comble. Or, c'est arrivé, je vous rappelle, l'épisode de Microsoft, ce qui n'est pas le seul où la France malheureusement passe sous les fourches codines de quelqu'un qui est pourtant plus un ami de la France. Alors, Christian Cambon dans ce débat sur le Moyen-Orient, Sébastien Lecornu a annoncé une accélération de la hausse des moyens des armées.
Est-ce qu'il faut aller vers une économie de guerre ? Et comment on finance cet effort militaire ? Est-ce que c'est les Français qui doivent le financer ?
Alors déjà, je pense qu'il est important effectivement d'accélérer le développement de nos outils de défense. J'avais eu l'honneur d'être le rapporteur de la dernière loi de programmation militaire qui avait sanctuarisé 413 milliards. On avait discuté sur les 13 milliards qui étaient assez incertains, mais enfin il y avait déjà un geste important et je veux dire qu'on peut reconnaître au président de la République lorsqu'il terminera c'est son double mandat d'avoir doublé les dépenses consacrées à notre défense. il faut aller plus loin parce qu'effectivement tout le monde sait que la défense française se caractérise par la multiplication de nos compétences dans tous les domaines et dans les les différentes armes.
Mais nous n'avons pas de profondeur, nous n'avons pas d'épaisseur. Je prends un exemple sur les sur les missiles complexes. Fin 2025, nous avions en réserve ce qui a été tiré la semaine dernière en Ukraine.
Donc ça laisse effectivement à penser qu'il faut aller plus loin et nous avons dit à plusieurs reprises qu'en matière de de munition, il fallait véritablement reconstituer nos stocks dont je rappelle qu'une partie est partie aussi vers l'Ukraine car dans le même temps nous continuons notre effort qui dure quand même depuis 4 ans vers l'Ukraine. Donc il était absolument nécessaire d'aller plus loin. Oui.
Une question sur le rôle de la France pour Yamir Shai Sébastien Lecorn a été clair. n'est pas question de de se laisser entraîner dans cette guerre qui qui n'est pas la nôtre. La France peut-elle néanmoins tenir longtemps cette position défensive alors même qu'elle va organiser une rencontre pour voir comment sécuriser le le D3 d'Ormous, une rencontre avec la Grande-Bretagne.
Est-ce que vous craignez que la France se laisse entraîner dans la guerre malgré elle ? Je crains que le monde ne se laisse entraîner dans cette guerre euh malgré lui. Euh en fait, on assiste à à un agenda qui est dicté par des nationalismes d'accaparment.
On l'a vu avec Poutine qui dit à moi à moi l'Ukraine. On le voit avec Netaniao qui dit à moi la Palestine. On le voit avec Trump qui se permet d'abord de mettre la main sur le pétrole vénézuélien.
Il veut sans doute aussi avoir Cuba à sa botte et maintenant sans doute empêcher la Chine en parce que c'est une de ses intentions évidemment en ciblant l'Iran et particulièrement le gaz et le pétrole iranien. Donc on voit bien que les conséquences sont mondiales. Euh et donc le rôle de la France, c'est de veiller à faire en sorte queon empêche ce glissement.
Pour faire ça, il faut être un peu plus offensif. Faut pas être contris comme ça dans une posture diplomatique. Montrez vous montrez les muscles.
Alors comment ? Ah bah par exemple en convoquant une conférence internationale à Paris avec des alliés. Je pense à l'Espagne qui est un allié européen sûr et solide qui n'a pas eu froid aux yeux quand il s'agit de dire non, nous n'irons pas coopérer ou servir de de de marche-pied à la stratégie d'agression états-unienne israélo-américaine par exemple.
Mais on a aussi d'autres nations dans le monde qui sont très inquiètes de la déréiction du système international. Or la France, elle se doit d'être garante du droit international. Ce sont pas des 20 mots parce que le droit international, c'est autant protéger des populations en danger que de respecter aussi la diplomatie et c'est-à-dire les capacité de négociation.
Ceux qui aujourd'hui les seuls qui aujourd'hui enfraignent cette règle de négociation pour permettre au monde de se réguler, ce sont d'abord les États-Unis et Israël après que la Russie par ailleurs il y a 4 ans, vous l'avez rappelé, est agressé l'Ukraine. Donc attention, gros danger et la France doit alerter les consciences. Mais Christian Cambu, est-ce que les Européens ont vraiment les moyens d'influer sur cette intervention américaine et israélienne qui s'est faite en dehors du droit international ?
La vérité est simple et comprise par tout le monde. L'Europe n'est pas exactement en situation au jour d'aujourd'hui de peser sur les décisions. À partir du moment où là, je suis tout à fait en accord avec Poya, la force des empires a a emporté le droit international.
Or, l'Europe est porteur quand même des messages du droit international. Bon, ce qui s'est passé euh [gémissement] à Teran euh n'est pas conforme au droit international. Tout ça est tout à fait clair.
Alors, ceci étant, qu'est-ce qu'il nous reste ? D'abord, il nous reste la présence de nos forces armées qui peuvent aider après la fin du conflit, en tous les cas après un cesser le feu. Nous pouvons évidemment sécuriser notamment le des trit d'Ormous, on en dira peut-être un mot et puis après, il y a une dimension diplomatique mais manifestement on voit que même dans ce domaine, je crois que président de la République avait proposé que Paris soit le lieu de rencontre et finalement je crois que s'il y a des conversations, c'est pas à Paris que ça ça aura lieu.
Ça aura lieu peut-être plutôt au Pakistan ou dans des pays de cette importance. Donc à la fois on le regrette et on veut faire en sorte effectivement que l'Europe se fasse entendre mais elle a beaucoup de difficultés d'abord parce qu'au sein même de l'Europe tout le monde n'est pas sur le même point de vue. Donc et c'est pareil pour l'Ukraine.
On a eu la présidente V Leen qui s'est permis elle-même de parler de de transition et donc acceptant la logique du soi-disant régime change en Iran, pardon, de l'anglicisme, changement de régime. On a eu l'Allemagne qui s'est refusé, qui pas une petite nation dans l'Union européenne a condamné de façon explicite ses interventions, ses agressions. Donc oui, il y a un problème européen.
Donc la France, elle doit prendre des initiatives. Est-ce que est-ce que Donald Trump a eu raison de frapper militairement ce régime qui est quand même sanguinaire ? Quel est votre regard ?
Ben, je je crois vous avoir répondu. On ne on ne règle pas euh en s'assant sur le droit international. Alors, je vais vous le dire autrement.
Euh je pense que Donald Trump, il s'en fout totalement du peuple iranien parce que ça fait 40 ans que ce peuple est en révolution permanente. Je rappelle que depuis 2009, il y a régulièrement [grognement] euh des mobilisations monstrueusement euh fourni avec euh de l'enthousiasme, de la détermination pour se défaire du régime des Mola. Quelle aide leur a-t-on apporté ?
Rien du tout. Rien du tout. Mais vraiment rien du tout.
Or, il y a des dispositifs, je parle de la France là, de mon pays qui aurait pu et dû être solidaire en accélérant les procédures de visa, en mettant en place des dispositions de protection des populations. Il y avait beaucoup de choses à faire. Ça n'a pas été fait.
Et on va faire croire maintenant que deux cryptofascistes, c'est ça don dont on parle, monsieur Trump et monsieur Netaniaou, dont un est recherché par la Cour pénale internationale, vont libérer un peuple et pris de sa liberté. Mais évidemment que non. Évidemment que non. et de toute façon qui règle les problèmes euh de de de comment dire de de du monde euh par ces stratégies guerrières.
Alors à ce rythme, il faut dire que dans ces cas-là, je sais pas moi, Poutine a eu raison d'envahir l'Ukraine. Mais qu'est-ce que c'est que cette histoire ? La question, à mon avis, ne se pose même pas.
La question qui est urgent aujourd'hui de mettre à l'ordre du jour, c'est face à l'accélération du changement planè du du réchauffement planétaire que Trump et d'autres ont compris. Et parce que c'est pour ça qu'ils vont s'accaparer toutes les ressources en urgence, il faut tout de suite organiser des conférences internationales et des coalitions de démocratie ou en tout cas d'état soucieuses du droit international. Question comment est-ce que la France, les Européens ont été trop attentistes face au crimes commis par le régime des molas iraniens et finalement reste spectateur face à cette intervention américaine ?
Il est un fait que la situation en Iran est connue depuis longtemps et on sait, moi j'ai eu l'occasion à plusieurs reprises d'aller par exemple en Irak, au Liban et cetera et on voit les méfets de de que l'Iran a commis dans cette région en multipliant les ce qu'on appelle maintenant les proxis, c'est-à-dire ces groupements qui créent quand même des déstabilisations. La situation au Liban est vraiment dramatiquement caractéristique de ce qui se passe. mais on le voit aussi en Irak qui aurait dû se reconstituer après la guerre qu'il avait opposé en Iran et en permanence les milices sont là pour déstabiliser, empêcher l'élection d'un président, empêcher l'élection d'un gouvernement.
On le voit aussi avec les outils. Donc si vous voulez, c'est quand même un état qui agit de manière extrêmement négative pour ne pas dire de manière terroriste. Il faut pas avoir peur des mots.
Est-ce qu'on peut négocier avec eux ou est-ce que la seule solution finalement on essayé de négocier ? Moi, j'entends bien sûr les conférences inter combien y a-t-il eu de conférences internationales sur combien combien il y en a juste quand même une remarque parce que je je d'abord caractériser le régime des mola pour ce qu'il est, c'est-à-dire un régime assassin vis-à-vis de son propre peuple, il faut le dire. Un régime qui déstabilise la région avec ses proxis, c'est vrai aussi.
Euh mais je rappelle que puisque vous avez fait référence à l'Irak, la reconstruction de l'Irak, c'est pas après 89 la fin de la guerre en Irak, c'est après l'invasion l'invasion illégale. Non, non, mais d'accord. des [raclement de gorge] États-Unis.
Qu'est-ce que ça a produit Daesh ? La dissémination du terrorisme partout. La Libye, c'est pareil.
La Syrie, c'est pareil. C'est-à-dire que ça n'a produit pas le même le même scénario que le scénario se répète. Mais bien sûr et je pense je vais vous dire même franchement que dans son cis, c'est exactement le dessin de monsieur Netaniaah.
Tout le monde sait comment il a depuis le début la jeunesse du Hamas était à la manœuvre pour lui permettre de grandir parce qu'il lui faut euh son euh ennemi. Mais euh sur surtout si on veut pouvoir euh euh cadrer euh euh l'Iran, contraindre l'Iran, il y avait une occasion en ordre de le faire et d'ailleurs, elle avait marché 2015 le traité sur le nucléaire iranien qui l'a remis en cause Donald Trump. que fait Donald Trump aujourd'hui ?
Il profite de la remise en cause de l'accord qu'il a bloqué lui-même. Personne n'est [raclement de gorge] et ce que je ne comprends pas, c'est qu'on n'est pas assez d'analyse pour le dire, pour éclairer l'opinion de cette stratégie incendiaire de monsieur Donald Trump qui est quand même à la tête de la première puissance du monde et qui nous met tous en danger. Donc oui, la France doit faire face et front à monsieur Trump et assumer cette cette opposition.
Christian Cambr on parle d'énergie. La difficulté dans cette affaire, c'est qu'effectivement au au aux yeux du droit international effectivement rien ne colle et l'initiative américaine qui n'a d qui s qui n'adresse pas été communiquée aux Européens car maintenant on nous demande de venir à l'aide des Américains mais les Américains se sont lancés seuls dans cette opération. Bien euh sur le plan du droit international, c'est tout à fait clair.
Ceci posé, je pense qu'il y a beaucoup de bonnes consciences qui considèrent que les États-Unis font le font le mauvais travail et c'est du reste la position euh c'est la position d'un certain nombre de forces politiques. Nous on va pas aider les États-Unis à faire le mauvais travail comme Non non, ce n'est pas notre guerre. Ça a été dit et redit et je crois qu'il faut rester sur cette position.
Ça veut pas dire que la France, membre du conseil de sécurité ne devra pas le moment venu assumer ses responsabilités de pacification comme nous l'avons fait au Liban. On a la finule qui est là bon dans des qui travaille dans des difficultés incommensurables. Mais nous ne pouvons pas nous ne pouvons pas entrer au côté des États-Unis dans cette guerre.
Alors parlons de l'aspect on va quand même évoquer l'aspect énergétique de cette guerre qui est très important notamment pour les Français avec la hausse du prix de l'essence. Le gouvernement réfléchit à des mesures de soutien ciblé pour nos compatriotes et se montre quand même hésitant dans sa communication sur l'ampleur de cette crise. Cécile Sixou, cette situation constitue un nouveau choc pétrolier.
Évidemment, un choc pétrolier n'est pas une bonne nouvelle pour les comptes de l'État. Je le regrette. Un choc pétrolier.
Mardi à l'Assemblée devant la commission des finances puis dans l'hémicycle, les mots du ministre de l'économie Roland l'escur sont forts pour qualifier la crise énergétique lié au conflit au Moyen-Orient. Trop fort dès le lendemain en conseil des ministres, Roland l'escur revient sur ses déclarations. Merci.
Je vais être très clair. Moi, je regrette d'avoir utilisé ce terme. Il s'appliquait, dans mes mots, à la situation internationale et en aucun cas à la situation française.
Mais il a visiblement décloché un débat autour de la situation française. Un débat mais surtout des questions. Mercredi au palais du Luxembourg, des sénateurs de tout bord ont interpellé le gouvernement sur les mesures qu'il compte mettre en place pour les Français face à l'augmentation des prix à la pompe.
Quelle piste pour nos concitoyens les plus modestes et pour nos entreprises les plus fragiles ? Pouvez-vous nous préciser ce que le gouvernement français entend faire concrètement pour limiter l'impact de cette crise ? Je souhaiterais savoir ce que compte faire réellement et concrètement le gouvernement pour soulager la facture de nos concitoyens.
Car si des dispositifs de soutien ont été mis en place pour les secteurs en première ligne comme les transporteurs ou les pêcheurs, rien pour le moment ne concerne les Français. Le gouvernement réfléchit à des mesures. Nous sommes complètement conscients de la situation dans laquelle se trouvent nos concitoyens et nos concitoyens.
Néanmoins, on se doit de faire des choses les plus efficace possible et je crois que tous celles et ceux qui ont essayé des aventures comme la baisse de la TVA par exemple comme en Pologne, je crois s'en sont mordus les doigts. Et donc de grâce aussi, il faut que la classe politique française regarde aussi ce qui a fonctionné dans le passé mais aussi ce qui n'a pas fonctionné. Le gouvernement devrait annoncer dans quelques jours ces nouvelles aides.
Il exclut d'ors et déjà toute baisse de taxe ou même de plafonner les tarif. Merci pour votre question. Pour Yamir Chailler, est-ce qu'on peut parler de choc pétrolier quand on voit la situation pour la France ?
Oui, incontestablement. C'est manifeste. Tous les prix de l'énergie augmentent et ça a des effets et des répercussions mondiales.
Ça avait déjà commencé chez nous parce que nous sommes très dépendants, nous les Français en Ukraine en 2022 avec le prix du blé. Ça continue aujourd'hui avec le prix du gaz et du pétrole de façon spectaculaire en très peu de temps. Alors le D3 d'Ormous parce que je rappelle que c'est l'objectif de monsieur Trump, c'est de dire il faut que les trois dormous soient débloqués, qu'il réfléchisse à la chose suivante avant qu'il intervienne, il était pas bloqué du tout hein.
Bon déjà ensuite euh la France a raison d'ailleurs de ne pas vouloir souscrire à cette stratégie pour éviter que cette crise de s'accélère. Donc on a ce choc. La question c'est comment on y fait face ?
Euh j'ai pas compris dans la réponse du gouvernement ce qu'il voulait faire. Il dit ce qu'il veut pas faire très bien mais il donne aucune indication sur ce qu'il faut faire. Il a dit "Oui, mais votre mesure de TVA euh alors moi je suis pas favorable à cette mesure, mais elle est pas ciblée." Donc une baisse de la TVA sur les carburants.
Oui. Oui. Non non, je ne suis pas favorable à cette mesure du rassemblement national.
Et la question qui a été posée, je crois, par la France insoumise de blocage des prix, euh le gouvernement a répondu en disant "Oui, mais c'est pas ciblé." Bah ciblez-le, c'est pas compliqué. C'est à vous de le faire.
Il y a une mesure puisqu'il faut cibler euh je crois, j'espère en tout cas, je sais pas ce que vous en pensez vous, monsieur Cambon, mais peut-être qu'il se pense un peu les lèvres à avoir refusé la taxe Zucman parce que c'était des ressources supplémentaires. Quand on parle de taxe de ressources exceptionnelles à une crise exceptionnelle, de quoi il s'agit d'aller chercher de l'argent là où il y en a un peu et ben ce serait peut-être le moment pour les grandes fortunes et celles des grandes entreprises qui font de grands profits de montrer leur patriotisme à ce moment-là. Je crois pas que ils en aient fait état.
Qu'est-ce que Qu'est-ce que vous répondez à cette suggestion du député tax ? Non, je [rires] je pas relancer le débat qui a alimenté l'actualité ou une autre ou une autre. Mais alors, quelle mesure pour soutenir les Français ?
Je je bon je pense effectivement que ce qui les mesures qui visent à baisser les taxes la TVA ou la taxe sur les produits pétroliers tout ça n'a aucun effet et à chaque fois que ça a été utilisé c'est revenu en boomerang sur ceux qui les sur ceux qui les avaient initié [raclement de gorge] parce que ça crée parce que ça ça crée des profits pour ceux qui n'en ont pas besoin. Bon, nous sommes effectivement dans une situation de crise. Si on fait baisser pour tout le monde le prix à la pompe, c'est très sympathique bien évidemment, mais je pense qu'il faut cibler les les bénéficiaires de de ces aides.
Alors, on parle des grands rouleurs, c'est-à-dire tous les gens qui utilisent vraiment leur voiture de manière professionnelle. Je crois que le le là-bas, c'est au moins 12000 km professionnels par an. Alors, c'est les transporteurs mais ce sont aussi les pêcheurs, ce sont les agriculteurs et les agriculteurs non seulement sur le fiou mais aussi sur les engrais puisque tout ça c'est des dérivés des produits pétroliers.
Donc je pense qu'il faut cibler les cibles. Cibler mais arrêter de faire ce que nous avons fait en 2022 où ça nous a coûté euh 10 milliards. Pourquoi on ne peut pas faire la même chose que les autres pays ?
Parce qu'on nous cite toujours les exemples des pays méditerranéens, l'Espagne et l'Italie. Mais ils sont dans une situation financière qui n'est pas exactement la même que la nôtre. Nous, on a 3600 milliards de dettes.
Arrêtons, arrêtons. Si c'est pour payer avec de la dette euh ce genre d'avantage, bah moi, j'accepte effectivement de payer un petit peu plus et il faut aider ceux que ça touche directement. Certains appellent à la mise en place d'un d'un chèque énergie, mais on le sait comme vient de le dire le sénateur, c'est très coûteux et et on a 3600 milliards de de dettes.
Vous qu'est-ce que vous proposeriez et comment vous le financeriez ? Bah d'abord euh je pense que s'il faut cibler, il faut d'abord cibler effectivement mais je renverserai le raisonnement parce que si on va au-dessus des 12000 km euh jour, vous savez que si on va au-dessus ceux qui vont bénéficier le plus des a sur une année à l'année. Ceux qui vont bénéficier le plus des aides, c'est ceux qui sont les plus gros consommateurs de ces énergies fossiles.
Ce sont les plus fortunés. C'est-à-dire ceux qui prennent attendez ceux qui prennent des avions régulièrement, ce sont qui prennent des hélicoptères privés régulièrement et c'est ce qui coûte le plus cher. Est-ce qu' j'y viens j'y viens j'y viens et c'est ce qui pollue le plus faire des aides sectorielles au monde de l'agriculture et au monde de la pêche, on sait faire franchement la France elle sait faire donc c'est pas ça le sujet.
On a assez d'expérience et accumulé en France sur ces deux secteurs stratégiques français pour avoir des politiques publiques ciblées, adapté. Non, là je parle de de ressources exceptionnelles parce que tout ça va avoir des impacts effectivement sur les finances publ et derrière sur notre modèle social sur notre capacité à préserver un service public de qualité qui est déjà bien mal en point du fait des politiques conduites par ces gouvernements successifs. Donc ça veut dire rechercher des ressources exceptionnelles en en mettant en place par une contribution exceptionnelle. il faut lui trouver un nom qui va chercher de l'argent par exemple au prorata d'un centre de bénéfices dans les entreprises notamment qui sont directement bénéficiaires ou productrices de ces énergies.
Justement question Cambrice qu'il faut aller chercher l'argent du côté du secteur pétrolier et éventuellement encadrer les marges des distributeurs, des raffineurs car quand on voit que le quand le prix du baril augmente les prix augmentent tout de suite mais quand le prix du baril baisse on voit pas la baisse des prix mais je crois que c'est une politique qui est qui est d'ors et déjà mise en œuvre. D'abord, il y a beaucoup de contrôles et des contrôles qui se sont avérés positifs et dans un certain pas dans tant que cela mais il est évident que les au niveau des distributeurs, il y a des actions à mener et je pense que l'État est tout à fait fondé à demander aux industries pétrolières de contribuer. Mais il faut bien comprendre plusieurs choses.
D'abord, vous prenez l'exemple d'autres pays. Prenez l'exemple de l'Italie par exemple qui a baissé ses taxes. Et où est-ce qu'elle a pris l'argent ? parce qu'il y a pas d'argent miracle dans aucun pays.
Elle l'a [raclement de gorge] pris sur l'éducation et sur les dépenses d'éducation et les dépenses de santé. Est-ce que c'est ça que l'on veut ? Alors que dans le même temps, on réclame effectivement plus d'efforts dans ces domaines-là.
Donc c'est pour ça qu'il faut faire très attention. En plus, il faut bien comprendre que il y a des mécanismes qui fixent le prix. C'est pas comme ça au petit bonheur la chance.
Il y a un un cours du Brain qui est affiché chaque jour, je crois que c'est à Rotterdam. Enfin, il y a il y a des il y a il y a des références qui sont précises. Ce qui convient de mesurer, c'est effectivement euh de prendre en compte le fait que ces hausses doivent être compensés pour les gens qui souffrent le plus.
Et il y en a, on l'a dit, ça peut très bien être fait et je pense qu'il peut y avoir effectivement une contribution des industries pétrolières. Mon dieu, ça c'est normal. contribution euh de Oui, mais il me semble qu'on doit aussi sortir du débat de courte vue.
Là, on est dans un débat sur l'urgence. Comment faire pour compenser les effets ? Mais quand même, on peut pas à chaque fois se mettre dans des situations de de ce type euh où on doit juste colmater des brèches.
La vraie question qui est posé, c'est euh de constater d'abord que nous sommes totalement dépendants aux énergies fossiles qui sont dangereuses, qui sont polluantes. On le dit depuis des années ça juste la France les moins grâce à à son industrie nucléaire qui produit quand même une industrie dépendant l'électricité. Oui.
Du transport maritime pour l'acheminement de certaines marchandises, du pétrole et du gaz. Donc c'est quand même une grosse dépendance, même si deuxièmement ce que ça pose pour nous à cette étape historique, plus que jamais euh de géopolitique renouvelée enfin en tout cas qui qui qui est assez sur nouvelle dans ces termes, c'est la question de notre souveraineté et forme d'une indépendance de de de et de la souveraineté et de la souveraineté [grognement] européenne. Donc les moyens qui seront pris pour faire face à cette situation doivent permettre de financer une transition énergétique, donc d'être moins dépendant aux énergies fossiles.
Ça c'est le plus urgent. Donc plus de nucléaire aussi peut-être mais pas que pas que non attends je m'excuse la contradiction je pourquoi mais je suis ouvert je dis pas que pas que non je dis les énergies renou les énergies les écologistesc enf je le dis avec respect parce que chaque parti a le droit de défendre ses ses ses ses sa doctrin mais enfin il est un fait que dans les dernières années ça ça avait du reste influencer la politique du président de la République qui avait sollicité à son présent mandat la fermeture d'un certain nombre de central Les écologistes je le regrette ne gouvernent pas depuis longtemps sinon ça se [raclement de gorge] nous aide quand même à maîtriser nos dépenses d'énergie. Merci à tous les deux d'avoir participé à ce débat.
Merci d'avoir suivi cette émission et à la semaine prochaine. Ciao. Ciao.
Christian Cambon