Aller au contenu
Tous les transcripts
InterviewLe Crayon· 19 septembre 2026 30 minContradictoireFond programmatiqueEurope & internationalÉconomie & entreprisesDéfenseEnvironnement & énergie

Quelle place pour la France dans le monde ? Grand entretien avec Gabriel Attal

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 81 %Attaque 15 %Défensif 4 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:14OuverteÉludée

    Personne n'a le courage d'affronter Donald Trump ?

  • 1:35OuverteRéponse directe

    À quel point les Français sont menacés par la Russie et l'envoi de soldats français en Ukraine ?

  • 3:22FerméeRéponse directe

    On n'envoie pas de soldats ?

  • 3:54OuverteRéponse directe

    Que dites-vous aux jeunes inquiets d'être envoyés sur le front ukrainien ?

  • 4:38RelanceRéponse directe

    Est-ce que l'Europe n'a pas son rôle à jouer dans cette guerre ?

  • 4:54OuverteRéponse directe

    Quel rôle aura joué l'Europe dans les négociations entre Poutine et Trump sur l'Ukraine ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:08Invité politiqueChiffre
    « Si les salaires des Français avaient augmenté avec le même rythme que l'augmentation des salaires américains depuis 30 ans, le salaire médian en France ne serait pas de 2200 euros net par mois comme aujourd'hui, il serait de 3300 euros net par mois. »
  • 2:51Invité politiqueFait
    « Si la Russie gagne sur l'Ukraine, ce sera probablement la plus grosse vague migratoire que l'Europe aura à connaître, parce que vous aurez des millions d'Ukrainiens qui vont fuir. »
  • 3:00Invité politiqueFait
    « Si la Russie gagne sur l'Ukraine, ça va être un impact sur l'approvisionnement en énergie, en céréales, donc des prix qui vont exploser. »
  • 9:50Invité politiqueChiffre
    « Les exportations chinoises en Europe, depuis le début de l'année, elles ont augmenté de 30 %. »
  • 9:54Invité politiqueFait
    « Une entreprise chinoise sur quatre qui exporte en Europe, elle le fait à perte, subventionnée par l'État chinois. »
  • 12:00Invité politiqueFait
    « En France, on a quand même inventé la photographie, le cinéma, on a sorti le nucléaire civil, le Concorde, le TGV... »
  • 17:46Invité politiqueChiffre
    « Vous allez voir Safran qui font des moteurs bas carbone qui consomment 70-80% de moins que les moteurs actuels. »
  • 20:41PrésentateurChiffre
    « Mistral a levé beaucoup moins de fonds que d'autres intelligences artificielles aux États-Unis. »
  • 21:10Invité politiqueFait
    « On a des Français qui ont inventé un truc à l'époque qui s'appelait Copains d'Avant. Ça aurait pu être le Facebook, en fait, l'autre Facebook, c'est Facebook qui a gagné. »
  • 22:34Invité politiquePromesse
    « Moi, ce que je veux demain, c'est qu'on puisse avoir des champions. »
  • 22:40Invité politiqueFait
    « SpaceX ne serait pas devenue SpaceX sans les commandes publiques de la NASA, du département d'Etat américain. »
  • 22:53Invité politiqueFait
    « Pour une entreprise, recevoir une subvention, ça ne rentre pas dans le chiffre d'affaires, ça ne permet pas de lever des fonds privés. »
  • 23:02Invité politiquePromesse
    « Moi, ce que je veux demain, si les Français me font confiance, c'est que tous les Français puissent bénéficier d'un assistant médical IA, souverain. »
  • 23:27Invité politiquePromesse
    « Moi, je souhaiterais que tous les élèves puissent bénéficier d'un compagnon éducatif IA, souverain, pour les aider dans leurs apprentissages. »
  • 24:44Invité politiqueFait
    « Ce qu'il faut, c'est qu'on assume sur des investissements d'avenir et ça, c'est très important. »
  • 25:45Invité politiquePromesse
    « Moi, je veux qu'on arrive à bâtir, encore une fois, une économie unique entre des pays européens qui acceptent de bâtir ces États-Unis d'Europe. »
  • 26:21Invité politiqueFait
    « L'Europe, ça peut être la première puissance qui sort un vaccin contre le cancer. »
  • 27:09Invité politiqueChiffre
    « Le salaire médian en France ne serait pas de 2200 euros net par mois comme aujourd'hui, il serait de 3300 euros net par mois. C'est 50% de plus. »
  • 28:05Invité politiquePromesse
    « Moi, je propose une solution avec les États-Unis d'Europe qui donnera plus d'argent privé à investir pour nos startups pour devenir des géants. »
  • 28:28Invité politiqueFait
    « Je ne propose pas de créer un nouveau pays. Les pays garderont la maîtrise des questions migratoires, de la défense, de la sécurité. »

Temps de parole

  • Gabriel Attal74 %
  • Présentateur21 %
  • ?5 %

≈ 46,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Gabriel Attal

Si les salaires des Français avaient augmenté avec le même rythme que l'augmentation des salaires américains depuis 30 ans, le salaire médian en France ne serait pas de 2200 euros net par mois comme aujourd'hui, il serait de 3300 euros net par mois.

0:14
Présentateur

Personne n'a le courage d'affronter Donald

0:16
Locuteur

Trump ? Je pense

0:16
Gabriel Attal

que c'est un manque de volonté politique. Si on ne fait rien, si on continue comme avant, si on se contente de faire quelques ajustements,

0:23
Locuteur

on

0:23
Gabriel Attal

va devenir le 51e Etat américain ou la 24e province chinoise. Moi, ce qui m'empêche de dormir, c'est plutôt la Chine.

0:37
Locuteur

Bonjour,

0:37
Présentateur

Monsieur le Prémi-ministre. Bonjour. Merci d'avoir accepté notre invitation. On est aujourd'hui à la suite de votre discours sur l'Europe. On est sur un lieu particulier, chez Latitude, qui construit des engins spatiaux. Votre discours sur l'Europe s'inscrit aujourd'hui en contre-discours, du discours d'Ursula Manderleian, la présidente de la Commission européenne, qui a fait un discours sur l'état de l'Union européenne.

0:58
Locuteur

Un

0:58
Présentateur

discours qui, je dois l'avouer, je pense qu'il est très peu suivi par les citoyens européens aujourd'hui, français, allemands, tous les citoyens européens.

1:07
Locuteur

Pour

1:07
Présentateur

une raison toute simple, l'Europe aujourd'hui nous paraît très technocratique. On est assez déconnectés de l'Europe, alors même qu'il

1:14
Locuteur

y a

1:14
Présentateur

des menaces qui pèsent sur l'Europe. Et vous l'avez dit dans votre discours, la Chine et les États-Unis, et une menace très concrète, qui est la Russie, qui a attaqué l'Ukraine. On va parler de la solution ambitieuse que vous proposez, qui est les États-Unis de l'Europe, un vieux rêve formulé par un Français, Victor Hugo. Mais avant, je veux qu'on s'attarde sur les menaces, et une menace très concrète, qui est celle de la Russie sur l'Ukraine.

1:35
Locuteur

Et

1:35
Présentateur

j'aimerais avoir votre avis là-dessus, à quel point les Français aujourd'hui sont menacés par la Russie, et ce qu'ils font envoyer des soldats français en Ukraine.

1:41
Locuteur

Moi,

1:42
Gabriel Attal

je suis allé à quatre reprises en Ukraine depuis deux ans. Et donc, j'ai pu voir très concrètement à la fois ce qu

1:47
Locuteur

'ils

1:47
Gabriel Attal

subissent,

1:48
Locuteur

c

1:49
Gabriel Attal

'est-à-dire des attaques d'une intensité de plus en plus importante. C'est les infrastructures énergétiques qui sont ciblées, c

1:54
Locuteur

'est

1:54
Gabriel Attal

les civils

1:55
Locuteur

qui

1:56
Gabriel Attal

sont ciblés.

1:57
Locuteur

Et

1:57
Gabriel Attal

j'ai vu aussi des Ukrainiens qui m'ont dit à chaque fois, et j'ai été à quelques kilomètres de la ligne de front, des soldats qui m'ont dit à chaque fois, on se bat pour nous, pour notre souveraineté, pour notre liberté, pour notre indépendance,

2:07
Locuteur

mais

2:07
Gabriel Attal

on se bat aussi pour vous, les Européens. Parce qu'on sait que derrière nous, c'est les pays de l'Union Européenne qui sont les prochains sur la liste.

2:13
Locuteur

Ce

2:14
Gabriel Attal

qu'on fait quand on soutient l'Ukraine, la France, ce n

2:17
Locuteur

'est

2:17
Gabriel Attal

pas une opération humanitaire,

2:18
Locuteur

on

2:18
Gabriel Attal

défend notre propre sécurité. Je vais donner un exemple il y

2:22
Locuteur

a

2:22
Gabriel Attal

un instant sur le fait que la Russie cible les infrastructures énergétiques. Imaginez

2:26
Locuteur

si

2:27
Gabriel Attal

la Russie attaque une centrale nucléaire ukrainienne,

2:30
Locuteur

que

2:30
Gabriel Attal

cette centrale explose.

2:31
Locuteur

On

2:32
Gabriel Attal

a tous en mémoire, on connaît notre histoire, ce qui s'est passé à Tchernobyl. Ça aura un impact sur la sécurité, sur la santé, de tous les Européens, y compris des Français. Et à ce moment-là, il y aura peut-être des gens qui aujourd'hui critiquent le soutien à l'Ukraine, qui diront, pourquoi vous ne les avez pas davantage soutenus pour empêcher que ça arrive, parce que ça nous concerne directement.

2:48
Locuteur

Si

2:48
Gabriel Attal

la Russie gagne sur l'Ukraine, ce sera probablement la plus grosse vague migratoire que l'Europe aura à connaître, parce que vous aurez des millions d'Ukrainiens qui vont fuir.

2:58
Locuteur

Si

2:58
Gabriel Attal

la Russie gagne sur l'Ukraine, ça va être un impact sur l'approvisionnement en énergie, en céréales, donc des prix qui vont exploser. Donc,

3:04
Locuteur

ce

3:05
Gabriel Attal

qui est très important de rappeler, c'est que quand on soutient

3:07
Locuteur

l

3:08
Gabriel Attal

'Ukraine face à l'agression de la Russie, on soutient aussi les Français, parce que c'est notre intérêt immédiat. Ensuite, le soutien qu'on leur apporte, c'est un soutien qui est financier,

3:16
Locuteur

c

3:17
Gabriel Attal

'est un soutien qui est en équipement militaire, c'est un soutien qui est en renseignement militaire, et c'est un soutien diplomatique.

3:22
Présentateur

Et qui n

3:23
Locuteur

'est

3:23
Présentateur

pas humain, on n'envoie pas de

3:24
Locuteur

soldats ? Ce n'est pas la

3:24
Gabriel Attal

demande des Ukrainiens. Les Ukrainiens ne nous demandent pas d'envoyer des soldats français pour combattre à leur côté. Ce qui peut être envisagé éventuellement, c'est dans le cadre d'une fin du conflit, qu'on souhaite, que ce soit un cessez-le-feu, un armistice, une trêve ou une paix signée, qu'à ce moment-là, pour garantir la sécurité et éviter qu'il

3:43
Locuteur

y ait

3:43
Gabriel Attal

un conflit qui reparte, il puisse y avoir des soldats, mais à ce moment-là, européens, ce n

3:47
Locuteur

'est

3:47
Gabriel Attal

pas que des soldats français, qui puissent être présents pour garantir que la paix continue et éviter que les hostilités reprennent.

3:54
Présentateur

Vous dites quoi aux jeunes qui sont inquiets de potentiellement si le conflit dégénère ? Qu'ils soient envoyés sur le front ukrainien ?

4:00
Gabriel Attal

Je dis que la plus grande inquiétude à avoir, c'est si la Russie arrive à l'emporter sur l'Ukraine.

4:05
Locuteur

Et

4:05
Gabriel Attal

que l'objectif qu'on doit poursuivre, c'est que l'Ukraine soit suffisamment forte dans sa résistance,

4:12
Locuteur

que

4:12
Gabriel Attal

la Russie soit suffisamment affaiblie dans son économie, dans ses capacités militaires, pour, à un moment, forcer Vladimir Poutine à se mettre autour de la table de négociation et à arrêter la guerre. Parce qu'il y a

4:22
Locuteur

un

4:23
Gabriel Attal

moyen très simple que la guerre s'arrête. Ça, on a tendance à l'oublier parfois quand on écoute Marine Le Pen. Évidemment, on l'entend pas. Il y

4:28
Locuteur

a

4:28
Gabriel Attal

un moyen hyper efficace pour que la guerre en Ukraine s'arrête. C'est si la Russie arrête de tirer sur les Ukrainiens.

4:34
Locuteur

Le

4:34
Gabriel Attal

jour où la Russie arrête de tirer, il n

4:36
Locuteur

'y a

4:36
Gabriel Attal

plus de guerre en Ukraine.

4:37
Locuteur

Oui,

4:38
Présentateur

mais du coup, est-ce qu'il n

4:39
Locuteur

'y a

4:39
Présentateur

pas un risque aussi que l'Europe n

4:40
Locuteur

'ait

4:40
Présentateur

pas son rôle à jouer dans cette guerre ? Parce qu'on voit des négociations entre potentiellement Poutine et Donald Trump qui discutent si la paix est négociée entre les États-Unis

4:48
Locuteur

et

4:48
Présentateur

la Russie sur l'Ukraine. Quel rôle aura joué l'Europe et quel intérêt aura eu l'Europe dans

4:53
Locuteur

ce

4:54
Présentateur

jeu-là ?

4:54
Gabriel Attal

D'abord, on a vu ces derniers mois que l'Europe a eu un rôle de plus en plus important. Avant, c'était les Américains qui étaient les premiers soutiens militaires de l'Ukraine. Depuis que Donald Trump est revenu, le soutien américain

5:05
Locuteur

a

5:06
Gabriel Attal

été diminué. Et c'est maintenant l'Europe qui est le premier soutien militaire de l'Ukraine. Donc l'Europe a un rôle énorme parce que si l'Ukraine tient aujourd'hui, c'est parce que l'Europe la soutient en prenant le relais sur les États-Unis. Et deux,

5:16
Locuteur

moi, je

5:17
Gabriel Attal

suis intimement convaincu que dans les garanties qui pourront être données pour mettre fin à ce conflit, il y

5:22
Locuteur

a

5:22
Gabriel Attal

notamment la perspective d'une adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne.

5:25
Présentateur

Vous y êtes favorable ?

5:25
Gabriel Attal

Moi, j'y suis favorable dans des conditions évidemment qui doivent être différentes de la manière dont les adhésions ont eu lieu jusqu'à maintenant parce qu'il y

5:31
Locuteur

a

5:31
Gabriel Attal

des inquiétudes et je les entends totalement, notamment sur l'impact pour l'agriculture française, l'agriculture européenne. Donc moi, ce que je propose, c'est que

5:37
Locuteur

plutôt

5:38
Gabriel Attal

que de faire des années de négociations pour l'entrée dans l'Union européenne,

5:41
Locuteur

il

5:42
Gabriel Attal

y

5:42
Locuteur

a

5:42
Gabriel Attal

une entrée qui se fasse mais sans l'accès à un certain nombre de programmes européens et ensuite qu'on négocie programme par programme pour leur entrée, pour protéger aussi évidemment l'économie française et les économies européennes.

5:53
Présentateur

Une autre menace qui pèse sur l'Europe, c'est les États-Unis. Aujourd'hui, Donald Trump, de manière assez agressive en multipliant les provocations, notamment en voulant annexer le Groenland, il est revenu là-dessus, mais il y a des agressions américaines, on va dire, verbales et puis même en termes de droits de douane où il

6:08
Locuteur

y a

6:08
Présentateur

un accord qui a

6:08
Locuteur

été

6:08
Présentateur

négocié avec Ursula von der Neyen et Donald Trump qui

6:11
Locuteur

est

6:12
Présentateur

très défavorable pour l'Union européenne. Aujourd'hui, est-ce que l'Union européenne a les moyens pour réagir face aux États-Unis

6:18
Locuteur

?

6:19
Présentateur

En fait, vous

6:19
Locuteur

avez

6:20
Gabriel Attal

donné deux exemples

6:20
Locuteur

qui

6:21
Gabriel Attal

montrent que oui et que non. Sur le Groenland, Donald Trump menace d'envahir le Groenland et là, vous avez l'Europe qui parle d'une voix, en l'occurrence, c'était la voix d'Emmanuel Macron au forum de Davos et qui dit non et il y a autour de lui...

6:34
Présentateur

C'est la voix de la France ou de l'Europe ?

6:35
Gabriel Attal

Vous aviez autour de lui des leaders européens qui soutenaient la position d'Emmanuel Macron et Trump recule sur l'accord qui a été signé, l'accord commercial. Là, on voit l'exemple inverse.

6:46
Locuteur

On

6:46
Gabriel Attal

s'est couché face à Trump et face aux États-Unis. On a accepté 15% de droits de douane sur nos exportations. On a accepté de devoir s'engager à faire plusieurs centaines de milliards d

6:55
Locuteur

'euros d'investissement

6:56
Gabriel Attal

aux États-Unis et on a accepté de devoir faire plusieurs centaines de milliards d'euros d'achats d'énergie américaine. Mais on s'est couché. L'Europe, Bruxelles, la Commission européenne s'est couché parce qu'on a refusé d'assumer un rapport de force avec les

7:10
Locuteur

États-Unis. Pourquoi

7:10
Présentateur

Emmanuel Macron ne

7:10
Locuteur

l

7:10
Présentateur

'a pas fait ? Pourquoi il n

7:11
Locuteur

'a

7:11
Présentateur

pas assumé

7:11
Locuteur

ce rapport de force quand il l'a fait ? C'est la

7:13
Gabriel Attal

compétence de l'Union européenne. Sur tout ce qui est commercial, droit de douane, c'est la compétence de l'Europe. Et là, en l'occurrence, ils n'ont pas assumé de dire on rentre dans un rapport de force et on assume.

7:23
Présentateur

Personne n'a eu le courage d'affronter Donald

7:25
Locuteur

Trump. Je pense

7:25
Gabriel Attal

que c'est un manque de volonté politique. D'ailleurs, je pense que certains chefs d'État et de gouvernement n'ont pas eu cette volonté politique et à la fin, la Commission européenne, elle défend une position dont elle considère que c'est celle d'une majorité. Et c'est dommage parce qu'on a tous les atouts et tous les moyens d'installer ce rapport de force à condition qu'on soit conscient de notre puissance et qu'on assume d'agir ensemble. Moi, ce que je crois, c'est que

7:48
Locuteur

le

7:49
Gabriel Attal

cadre européen à 27

7:50
Locuteur

où

7:51
Gabriel Attal

aujourd'hui, un État peut bloquer tous les autres, où il y

7:54
Locuteur

a

7:54
Gabriel Attal

besoin de l'unanimité surtout, ça finit par empêcher d'avancer. C'est pour ça que je prône cette idée des États-Unis d'Europe parce que je pense qu'en assumant une plus grande intégration notamment économique, en assumant sur la question de la guerre commerciale et des droits de douane, de dire si les États-Unis nous agressent commercialement ou la Chine nous agresse commercialement, qu'on puisse avoir des mesures de rétorsion très fortes

8:17
Présentateur

pour

8:18
Gabriel Attal

les empêcher. Qu'aujourd'hui, on a un peu dans les règles européennes mais qu

8:21
Locuteur

'on

8:21
Gabriel Attal

n'utilise pas parce que tout

8:22
Locuteur

le monde n'est pas d'accord. Parce qu'on n'a pas

8:23
Présentateur

anticipé que les États-Unis se retournent contre nous,

8:26
Locuteur

que la Chine devienne

8:27
Présentateur

si

8:27
Locuteur

puissante

8:27
Gabriel Attal

? Parce qu'on n'arrive pas à mettre tout le monde d'accord.

8:29
Locuteur

Comme

8:29
Gabriel Attal

27 pays européens ne

8:30
Locuteur

se

8:30
Gabriel Attal

mettent pas d'accord, ça bloque tout le monde. Moi, je pense qu'il faut maintenant qu'il

8:33
Locuteur

y ait

8:33
Gabriel Attal

un groupe de pays qui avance de manière plus forte, plus rapide et je suis convaincu que les autres suivront et voudront rejoindre cette alliance. Parce que ce qui se joue là aujourd'hui quand même,

8:43
Locuteur

c

8:44
Gabriel Attal

'est la survie de l'Europe et c'est notre liberté.

8:46
Locuteur

Moi,

8:46
Gabriel Attal

je n

8:46
Locuteur

'ai

8:46
Gabriel Attal

pas envie que la France, l'Europe, ça devienne le 51e État américain ou la 24e province chinoise. C'est quand même ça qui est en train de se jouer aujourd'hui.

8:55
Présentateur

Justement, sur la Chine, aujourd'hui, un des enjeux principaux, c'est dans l'industrie, dans l'intelligence artificielle. On voit que des modèles chinois qui sont de plus en plus performants et utilisés aussi en open source. Il y

9:05
Locuteur

a

9:05
Présentateur

les voitures chinoises qui arrivent sur le marché européen et qui sont en concurrence avec les voitures européennes. Pourquoi aujourd'hui

9:11
Locuteur

on

9:11
Présentateur

n'arrive pas à favoriser l'industrie européenne ?

9:13
Gabriel Attal

Parce qu'on n'arrivait pas à avoir 27 pays qui se mettent d'accord pour ça. Moi, ce que je propose avec les

9:18
Locuteur

États-Unis... C'est toujours ce sujet-là. En fait, le

9:19
Présentateur

problème, c'est qu'on n'arrive pas à se mettre d'accord

9:20
Locuteur

à l'Union européenne.

9:21
Gabriel Attal

Et moi, ce que je propose, c'est qu'une série de pays, un noyau dur de pays qui,

9:25
Locuteur

eux, sont d'accord

9:26
Gabriel Attal

pour s'intégrer beaucoup plus fortement, pour prendre des mesures de riposte si jamais il y

9:30
Locuteur

a

9:30
Gabriel Attal

des agressions commerciales, avancent ensemble et se dotent de mesures qui permettent d'éviter ça, de mesures de protection parce qu'il faut protéger. Il faut bien se rendre compte de ce qui se passe aujourd'hui. On parle beaucoup des États-Unis,

9:40
Locuteur

on

9:40
Gabriel Attal

parle beaucoup d'un certain nombre de sujets dans l'actualité. Moi, ce qui m'empêche de dormir, c'est plutôt la Chine. Les exportations chinoises en Europe, depuis le début de l'année, elles ont augmenté de 30 %. 30 %. Une entreprise chinoise sur quatre qui exporte en Europe, elle le fait à perte, subventionnée par l'État chinois. Évidemment que nos entreprises, nos industries, elles ne peuvent pas être compétitives.

10:03
Locuteur

Pourquoi on ne

10:04
Présentateur

le fait pas nous-mêmes ? Comment ?

10:05
Locuteur

Pourquoi

10:05
Présentateur

l'Europe ne le fait pas ? En

10:06
Locuteur

fait, l'Europe, ce qu'elle doit faire

10:07
Gabriel Attal

face à ça, c'est se protéger. C'est assumer de dire en fait...

10:10
Locuteur

Donc

10:10
Gabriel Attal

se renfermer sur elle-même ? Assumer d'avoir des mesures de protection à ses frontières pour refuser que vous ayez une stratégie où vous avez un État, la Chine, qui a des entreprises qui exportent à perte en Europe. Donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire que nos entreprises à nous sont plus compétitives, donc forcément elles coulent, elles n'ont plus de commandes.

10:25
Locuteur

Et

10:25
Gabriel Attal

derrière, le plan, c'est qu'une fois qu'on n'aura plus d'industrie, on sera totalement dépendant de l'industrie chinoise et là, ils feront ce qu'ils veulent avec les prix. Regardez ce qui s'est passé ces dernières décennies sur le textile. Ça a déjà commencé. Sur l'automobile, c'est en cours, c'est ce qui se passe. Et là, dans les prochains secteurs, ce qui commence déjà à être concerné est notamment la chimie.

10:44
Locuteur

Le

10:44
Gabriel Attal

secteur de la chimie en France et en Europe

10:46
Locuteur

qui

10:46
Gabriel Attal

est totalement attaqué par cette politique-là. Or, sans chimie, il n

10:50
Locuteur

'y a

10:50
Gabriel Attal

plus d'industrie.

10:50
Locuteur

Le

10:51
Gabriel Attal

secteur de la chimie, c'est ce qui permet toutes les industries.

10:54
Présentateur

Et l'ennemi, c'est la Chine plus que les États-Unis pour vous ? C'est des... Parce que la construction européenne dont on a hérité aujourd'hui, elle n

10:59
Locuteur

'est

10:59
Présentateur

pas aussi héritée du parapluie militaire américain, des États-Unis qui nous ont aidés aussi dans la construction européenne. Est-ce qu

11:05
Locuteur

'on

11:06
Présentateur

ne devrait pas aussi regarder les États-Unis en se disant désormais, merci, mais on va gérer nous-mêmes l

11:11
Locuteur

'Europe ? De toute façon,

11:11
Gabriel Attal

on n'a pas le choix. Les États-Unis ne nous laissent pas le choix. Les États-Unis, leur logique, c'est de dire qu'on se désengage totalement. Ça peut être dramatique pour nous,

11:20
Locuteur

mais

11:20
Gabriel Attal

ça peut aussi être une chance et une opportunité si on se dit bon ben voilà, ils s'en vont. Maintenant, on gère nous-mêmes en Europe. C'est vrai qu'il y

11:27
Locuteur

a

11:27
Gabriel Attal

eu une dépendance qui a été organisée depuis 30-40 ans par des gouvernements successifs qui ont dit on va confier notre défense aux États-Unis. Ça,

11:35
Locuteur

c

11:35
Gabriel Attal

'est plutôt pour d'autres pays que la

11:36
Locuteur

France parce qu'on a la chance d'avoir un vrai modèle. Mais

11:39
Gabriel Attal

en gros, vous avez des pays européens qui ont dit on va confier notre défense aux États-Unis,

11:43
Locuteur

on

11:43
Gabriel Attal

va confier notre énergie à la Russie

11:45
Locuteur

et

11:46
Gabriel Attal

on va confier notre industrie à la Chine. Bon ben voilà, on voit le résultat aujourd'hui. On se retrouve totalement démuni. Bon, maintenant, on a tous les atouts en France, on a tous les atouts en Europe. Et moi, si j'ai voulu qu

11:56
Locuteur

'on

11:56
Gabriel Attal

se retrouve ici, c'est parce que c'est aussi l'image de cet esprit de conquête. En France, on a quand même inventé la photographie, le cinéma, on a sorti le nucléaire civil, le Concorde, le TGV, on a inventé... Enfin, je veux dire, il y a quand même des inventions extraordinaires qui sont venues de l'Europe. On a tous les talents, on a tous les atouts. D'ailleurs, des entreprises américaines, des entreprises chinoises viennent nous les voler.

12:17
Locuteur

On

12:17
Gabriel Attal

en voit tous,

12:18
Locuteur

des jeunes talents,

12:20
Gabriel Attal

des jeunes ingénieurs qui partent ailleurs parce qu

12:22
Locuteur

'on

12:22
Gabriel Attal

vient nous les piquer. Et donc,

12:23
Locuteur

on

12:23
Gabriel Attal

a tous les... Enfin, en fait, tout ce qui nous permettrait d'être la première puissance au monde, l'Europe, on l'a. Il faut la volonté politique et il faut assumer, je le pense profondément, une nouvelle étape décisive dans notre histoire européenne en assumant de créer cette économie unique que seraient les Etats-Unis

12:40
Locuteur

d'Europe. Oui,

12:40
Présentateur

justement, les Etats-Unis d'Europe, du coup, ce serait quel pays, concrètement ?

12:43
Gabriel Attal

Moi, je pense qu'il faut tendre la main à tout le monde.

12:45
Locuteur

Je

12:45
Gabriel Attal

pense

12:45
Locuteur

qu'au départ... Ou les 27 ?

12:45
Gabriel Attal

Je pense qu'il faut tendre la main à tout

12:47
Locuteur

le monde.

12:47
Gabriel Attal

Évidemment, il

12:47
Locuteur

y a

12:47
Gabriel Attal

des pays fondateurs de l'Europe

12:49
Locuteur

et

12:49
Gabriel Attal

il faut tendre la main à tout le monde. Ce que je pense, c'est qu'au départ,

12:52
Locuteur

il

12:52
Gabriel Attal

y aurait probablement quelques pays européens, un noyau, je ne

12:55
Locuteur

sais

12:55
Gabriel Attal

pas s'il serait 6, s'il serait 8, s'il serait 10,

12:57
Locuteur

mais

12:58
Gabriel Attal

un noyau de pays européens qui dirait on est d'accord, on met la première pierre, on signe un nouveau traité économique et écologique pour créer ces Etats-Unis d'Europe. Et ensuite, ma conviction, c'est que

13:07
Locuteur

si

13:08
Gabriel Attal

ça arrive, les autres rejoindront. Évidemment, parce qu'ils verront que ça renforce l'économie, que ça renforce la prospérité.

13:13
Présentateur

Donc l'idée, c'est d'attendre 27, d'être le plus possible.

13:15
Gabriel Attal

Moi, je ne suis pas excluant, bien sûr, mon objectif, c'est qu'on soit

13:18
Locuteur

le

13:18
Gabriel Attal

plus nombreux possible. En revanche, je vois bien qu'aujourd'hui, dans l'Europe telle qu'elle fonctionne, sur tous les chantiers que j'évoque, on ne peut pas avancer à 27.

13:26
Présentateur

Et comment on décide d'arriver à ce niveau-là ?

13:28
Locuteur

Est

13:28
Présentateur

-ce que c'est, vous êtes candidat à l'élection présidentielle, donc est-ce que c'est en votant pour vous, par exemple, et en disant, vous portez ce projet, donc en tant que citoyen français, on vous fait confiance pour porter ce projet, ou est-ce qu'il y aura un référendum pour décider ? Démocratiquement, ça pose question.

13:39
Gabriel Attal

D'abord, c'est au cœur de mon projet. Donc, effectivement, voter pour moi, c'est

13:44
Locuteur

voter

13:45
Gabriel Attal

pour ce projet et pour cet horizon. Ensuite, si les Français me font confiance et que je suis élu, j'irai voir les autres chefs d'État et de gouvernement européens. J'en connais un certain nombre, j'ai été Premier ministre, j'ai fait une tournée européenne il

13:56
Locuteur

y

13:56
Gabriel Attal

a encore quelques semaines pour leur proposer cette première étape. Et ensuite,

13:59
Locuteur

si

14:00
Gabriel Attal

jamais il y a un accord avec d'autres pays européens pour lancer cette nouvelle étape, ce dont je suis convaincu,

14:06
Locuteur

je

14:07
Gabriel Attal

propose qu'il

14:07
Locuteur

y ait

14:07
Gabriel Attal

un référendum dans tous ces pays européens, y compris la France, pour savoir si les peuples acceptent ou pas.

14:12
Locuteur

Oui,

14:12
Présentateur

parce qu'on se souvient du traité de Lisbonne qui a un peu traumatisé les Européens qui avaient,

14:17
Locuteur

on va

14:17
Présentateur

dire,

14:18
Locuteur

fait

14:19
Présentateur

un traité, une sorte de constitution alors que les Européens l'avaient refusé, en tout cas la France et les Pays-Bas avaient refusé la constitution et il

14:25
Locuteur

y

14:25
Présentateur

a eu le traité de Lisbonne par la suite. Et donc,

14:27
Locuteur

c

14:27
Présentateur

'est pour

14:28
Locuteur

ça

14:28
Présentateur

que je posais la question, c

14:29
Locuteur

'est

14:29
Présentateur

ce qui peut inquiéter les Français en se disant est-ce qu'on va nous consulter un moment

14:32
Locuteur

ou on va refaire une Europe ?

14:33
Gabriel Attal

un vrai sujet démocratique dans le fonctionnement de l'Union Européenne aujourd'hui.

14:36
Locuteur

Vous

14:36
Gabriel Attal

avez une commission

14:38
Locuteur

qui

14:38
Gabriel Attal

est objectivement choisie dans des couloirs à Bruxelles, vous avez un Parlement qui est faible et vous avez un Conseil Européen qui a besoin de l'unanimité pour avancer et qui est bloqué par ça.

14:47
Locuteur

Et

14:48
Gabriel Attal

vous avez globalement une Union Européenne qui est gérée par des sommets à huis clos. Moi, je veux que les États-Unis d'Europe, ce soit beaucoup plus démocratique, beaucoup plus ouvert. Donc, je propose par exemple

14:56
Locuteur

que

14:56
Gabriel Attal

le président ou la présidente

14:58
Locuteur

de

14:58
Gabriel Attal

cette institution nouvelle d'États-Unis d'Europe soit élue au suffrage universel par les pays membres, par les

15:04
Locuteur

citoyens

15:04
Gabriel Attal

qui voteront.

15:05
Présentateur

Et sa concurrence l'Union Européenne, concrètement, comment les deux fonctionnent ?

15:08
Locuteur

Parce qu'on a l'impression qu'il

15:09
Présentateur

va y avoir deux Europes

15:10
Locuteur

qui vont éco-hister. Non, il faut le voir comme

15:11
Gabriel Attal

un noyau dans l'Union Européenne qui va plus vite, plus loin et plus fort sur les sujets économiques, sur les sujets technologiques et sur les sujets écologiques.

15:20
Présentateur

Justement, vous avez parlé des sujets économiques. Une question qui se pose aussi,

15:24
Locuteur

c

15:24
Présentateur

'est que vous avez dit uniformiser le droit du travail, par exemple, à l'échelle européenne. Mais lequel on choisit ? Comment on choisit ? Parce qu'en France, on n

15:32
Locuteur

'a

15:32
Présentateur

pas le même droit du travail qu'en Allemagne.

15:34
Locuteur

Il y a

15:34
Présentateur

un héritage passé de plein de choses différentes. Comment on garantit que tout

15:39
Locuteur

ce

15:40
Présentateur

qu'on a eu du passé, on le garde et on évolue dans le bon sens ?

15:43
Gabriel Attal

D'abord, il y

15:44
Locuteur

a

15:44
Gabriel Attal

beaucoup de principes qui sont communs. Après, vous avez des règles administratives, techniques qui sont différentes, ce qui est bien un problème. Il faut bien se rendre compte aujourd'hui que pour une entreprise française

15:53
Locuteur

qui

15:53
Gabriel Attal

veut s'étendre

15:55
Locuteur

et

15:55
Gabriel Attal

donc qui veut pouvoir accéder à des marchés en Allemagne, en Belgique, au Portugal, à chaque fois, elle doit avoir des démarches administratives nouvelles. Elle doit découvrir un code du travail nouveau. Elle doit ouvrir un compte bancaire nouveau et elle a un écosystème fiscal, une fiscalité qui est nouvelle.

16:11
Locuteur

Tout

16:12
Gabriel Attal

ça, ça freine la possibilité de se développer. Aux États-Unis, il n

16:14
Locuteur

'y a

16:14
Gabriel Attal

pas ça. Aux États-Unis, c'est un grand marché et ils ont une économie unique et ils ont la possibilité d'avancer. Ensuite, moi, ce que je crois sur ces sujets-là, c'est qu'il faut avoir une forme de

16:23
Locuteur

grand

16:24
Gabriel Attal

principe et de constitution et ensuite laisser aussi de la souplesse dans les entreprises, dans les branches professionnelles pour négocier.

16:30
Présentateur

Oui, parce que je pose cette question-là parce qu'il peut y

16:32
Locuteur

avoir

16:32
Présentateur

de l'inquiétude, notamment des syndicats qui peuvent s'inquiéter de certains acquis

16:36
Locuteur

sociaux qui sont perdus.

16:37
Présentateur

Les États-Unis qui sont très libéraux sur

16:40
Locuteur

ces sujets-là.

16:40
Gabriel Attal

Mais on a un modèle européen qui est différent de celui des États-Unis

16:43
Locuteur

et

16:44
Gabriel Attal

donc moi, je pense qu'on gardera un modèle européen différent de celui des États-Unis mais la différence, c'est qu

16:48
Locuteur

'il

16:48
Gabriel Attal

sera vraiment européen.

16:49
Locuteur

L

16:50
Gabriel Attal

'intérêt des travailleurs, l'intérêt des salariés, c'est évidemment que les entreprises puissent grandir, qu'elles puissent se développer, qu'elles accèdent à des marchés. Aujourd'hui, c'est encore trop difficile au sein de

16:58
Locuteur

l

16:58
Gabriel Attal

'Union européenne de s'étendre et d'accéder à des marchés.

17:01
Présentateur

Vous avez parlé de l'impact écologique aussi. Une question qui m'est venue en vous écoutant tout à l'heure, c'est si on renforce l'Europe, les États-Unis d'Europe notamment disaient que quelqu'un peut aller de Paris à Francfort sans trop de problèmes. Est-ce qu'on ne

17:15
Locuteur

va

17:15
Présentateur

pas accélérer les déplacements et notamment, je pense, aux déplacements par avion

17:18
Locuteur

?

17:18
Gabriel Attal

On a la chance d'avoir un réseau ferroviaire quand même qu'on va continuer à développer, heureusement. Vous avez vu que même entre la France et l'Allemagne maintenant, vous avez eu des nouvelles connexions plus rapides qui ont été installées. Ça

17:29
Présentateur

reste

17:29
Locuteur

très long

17:29
Présentateur

quand même, même les connexions ferroviaires aujourd

17:31
Locuteur

'hui, c'est beaucoup

17:31
Présentateur

plus

17:31
Locuteur

simple de prendre un avion.

17:33
Gabriel Attal

Moi, ce que je veux, c'est que l'Europe soit aussi en capacité d'inventer et c'est possible et d'être la première puissance à le faire, l'avion bas carbone qui permettra de se développer, de se déplacer en polluant moins. C'est possible, vous savez, vous allez voir Safran

17:45
Locuteur

qui

17:45
Gabriel Attal

font des moteurs bas carbone qui consomment

17:47
Locuteur

70

17:48
Gabriel Attal

-80% de moins que les moteurs actuels. Il y

17:50
Locuteur

a

17:50
Gabriel Attal

d'autres entreprises, y compris en Europe, qui le font. Moi, je pense que l'horizon, ça doit être celui-là. On doit renouer avec les grandes conquêtes et les grands projets.

17:58
Locuteur

Qu

17:58
Présentateur

'on

17:58
Locuteur

a perdu aujourd'hui

17:59
Gabriel Attal

en Europe ? Sur les réseaux sociaux,

18:03
Locuteur

elles

18:03
Gabriel Attal

sont souvent relayées. Vous les voyez comme moi.

18:06
Locuteur

La

18:06
Gabriel Attal

première centrale nucléaire, le premier TGV, le Concorde que la France avait sorti. Et donc, il y

18:13
Locuteur

a

18:13
Gabriel Attal

une forme de nostalgie, je trouve, pour notre génération de se dire, ah ouais, quand même, la France, l'Europe,

18:17
Locuteur

à

18:18
Gabriel Attal

un moment, ils ont éclairé le monde, ils ont été l'endroit où il y avait l'innovation. Aujourd'hui, quand on regarde l'innovation, on regarde la Chine et les États-Unis qui sont à la frontière technologique, surtout la Chine, sur tous les sujets. Mais il n

18:28
Locuteur

'y a

18:28
Gabriel Attal

pas de raison qu'en France, qu'en Europe,

18:31
Locuteur

on

18:31
Gabriel Attal

n'arrive pas

18:32
Locuteur

à

18:32
Gabriel Attal

retrouver cet esprit de conquête et qu'on n'arrive pas à retenir à la pointe sur les sujets d

18:36
Locuteur

'innovation. En même temps,

18:37
Présentateur

il y

18:37
Locuteur

a

18:37
Présentateur

les sujets aussi écologiques,

18:38
Locuteur

alors

18:38
Présentateur

il y

18:38
Locuteur

a

18:38
Présentateur

les sujets technologiques, mais aussi les sujets écologiques. Comment on se positionne aussi dans le climat qui se réchauffe, dans un réchauffement climatique global et on se dit, ok, ce n

18:48
Locuteur

'est

18:48
Présentateur

pas grave, on s'en fiche et on y va à

18:50
Locuteur

fond

18:50
Présentateur

sur l'innovation. Peut

18:51
Locuteur

-être

18:51
Présentateur

qu'il y

18:51
Locuteur

a

18:51
Présentateur

une voie européenne aussi à trouver. D'abord, moi,

18:54
Gabriel Attal

je pense que les deux vont ensemble. Moi, je vois aujourd'hui beaucoup de gens dans le débat politique qui opposent écologie et économie.

18:59
Locuteur

Vous

19:00
Gabriel Attal

avez des gens qui disent il faut sacrifier l'économie pour l'écologie.

19:04
Locuteur

Et

19:04
Gabriel Attal

vous avez des gens qui disent il faut sacrifier l'écologie pour l'économie. Moi, je pense que les deux vont ensemble. Il n'y aura pas d'économie possible sur une planète morte.

19:12
Locuteur

Et

19:13
Gabriel Attal

il n

19:13
Locuteur

'y

19:13
Gabriel Attal

aura pas d'écologie possible s'il n

19:15
Locuteur

'y a

19:15
Gabriel Attal

pas une activité économique qui permet de redistribuer et de financer la transition pour les gens. Donc, les deux doivent aller ensemble. Et d'ailleurs, l'innovation, c'est quand même ce qui permet aussi de réduire l'empreinte carbone, de consommer moins de ressources. Il ne

19:26
Locuteur

faut

19:26
Gabriel Attal

pas être totalement techno-solutionniste. Évidemment, il y

19:29
Locuteur

aura

19:29
Gabriel Attal

toujours un effort à faire dans des changements de mode de vie. Mais enfin,

19:32
Locuteur

quand

19:32
Gabriel Attal

même, l'innovation, c'est aussi ce qui va nous permettre de protéger davantage la planète. Et d'ailleurs, en France, en Europe, on est en train d'inventer ces solutions. Et c'est d'ailleurs une chance pour nous parce que

19:40
Locuteur

globalement,

19:41
Gabriel Attal

les États-Unis, ce

19:42
Locuteur

n

19:42
Gabriel Attal

'est pas leur priorité. Eux, quand ils font des data centers, c'est sûr que c

19:45
Locuteur

'est

19:45
Gabriel Attal

des data centers qui tournent avec de l'énergie carbonée.

19:48
Locuteur

Nous,

19:48
Gabriel Attal

en France, on installe un data center, on a le nucléaire, on a les renouvelables qui font que c

19:53
Locuteur

'est

19:53
Gabriel Attal

l'électricité décarbonée. Vous avez des startups en France qui sont en train d'inventer des solutions pour que l'IA soit beaucoup moins consommatrice d'énergie. Vous avez une startup qui s'appelle Antimateur qui fait des data centers qui consomment beaucoup moins. Vous avez une startup qui s'appelle Arago qui fait des puces, vous savez, dont on a besoin pour l'IA comme celle que fait NVIDIA, mais qui fonctionne avec du photonique, c'est-à-dire qui fait circuler de la lumière au lieu de faire circuler des électrodes, ce qui fait qu'il y

20:22
Locuteur

a

20:22
Gabriel Attal

moins de chaleur, donc il y

20:23
Locuteur

a

20:23
Gabriel Attal

moins besoin de refroidir, donc il y a moins besoin d'utiliser de l'eau. Voilà. Moi, je crois à l'innovation. Elle ne fera pas tout, mais je crois que l'innovation est essentielle aussi pour répondre à ces problèmes environnementaux.

20:34
Présentateur

Une des innovations majeures de notre début de siècle,

20:37
Locuteur

en

20:37
Présentateur

tout cas, c

20:37
Locuteur

'est

20:37
Présentateur

l'intelligence artificielle. On voit en France le développement de Mistral. Vous l'avez dit, Mistral a levé beaucoup moins de fonds que d'autres intelligences artificielles aux Etats-Unis. Est-ce que justement faire les Etats-Unis de l'Europe, ça permettrait de développer des géants mondiaux ?

20:53
Gabriel Attal

Et c'est un des plus gros sujets, en fait. Et d'ailleurs, notre génération, on a vu sur la révolution du numérique, donc dans les années 2000,

21:00
Locuteur

on

21:01
Gabriel Attal

a vu que il y a des Français, il y

21:03
Locuteur

a

21:03
Gabriel Attal

des Européens

21:04
Locuteur

qui

21:04
Gabriel Attal

avaient les mêmes idées au même moment que les Américains.

21:07
Locuteur

Mais

21:08
Gabriel Attal

c'est quasiment toujours les Américains qui ont gagné.

21:10
Locuteur

On

21:10
Gabriel Attal

a des Français qui ont inventé un truc à l'époque qui s'appelait Copains d'Avant. Ça aurait pu être le Facebook, en fait, l'autre Facebook, c'est Facebook qui a gagné.

21:17
Locuteur

On

21:17
Gabriel Attal

a des Français qui ont inventé Viadeo.

21:20
Locuteur

C

21:21
Gabriel Attal

'est LinkedIn qui a gagné. On a des Français qui ont inventé Chauffeur privé.

21:25
Présentateur

Dailymotion.

21:25
Locuteur

C'est

21:25
Gabriel Attal

Uber qui a gagné.

21:26
Locuteur

On

21:26
Gabriel Attal

peut prendre Dailymotion, YouTube,

21:27
Locuteur

il

21:27
Gabriel Attal

y a plein d'exemples. Pourquoi est-ce que c

21:29
Locuteur

'est

21:29
Gabriel Attal

les Américains qui ont gagné à chaque fois ? Parce que les Américains, ils ont plus d'argent à investir dans des startups pour qu'elles deviennent des géants. Pourquoi est

21:36
Locuteur

-ce

21:36
Gabriel Attal

qu

21:36
Locuteur

'ils

21:36
Gabriel Attal

ont plus d'argent à investir parce qu'ils sont plus gros

21:39
Locuteur

et

21:39
Gabriel Attal

qu

21:39
Locuteur

'ils

21:39
Gabriel Attal

ont plus de capitaux parce que, par ailleurs, ils ont des fonds de pension parce que leurs retraites sont capitalisées ? Moi, je veux qu'on ait aussi ça en France et pour l'avoir, il faut l'Europe.

21:47
Présentateur

Mais comment on se bat contre la concurrence entre France et Allemagne ? L'Allemagne va développer son intelligence artificielle, la France aussi, laquelle

21:53
Locuteur

on priorise ?

21:54
Gabriel Attal

Il y aura de la place pour tout le monde parce qu

21:56
Locuteur

'il y a

21:56
Gabriel Attal

plein de secteurs. Vous avez des startups allemandes

21:58
Locuteur

qui

21:59
Gabriel Attal

sont hyper en pointe sur certains secteurs, des startups françaises qui sont aussi hyper en pointe et après, vous avez aussi une concurrence qui se fait entre eux mais aujourd'hui, vous êtes un investisseur ou un assureur allemand,

22:09
Locuteur

vous

22:09
Gabriel Attal

voulez investir dans une entreprise européenne, c'est hyper compliqué parce qu'il y

22:13
Locuteur

a

22:13
Gabriel Attal

des régulateurs qui sont différents, parce qu'il

22:15
Locuteur

y a

22:15
Gabriel Attal

des normes juridiques qui sont différentes. Donc, le plus simple et ce que font beaucoup d'assureurs,

22:20
Locuteur

d

22:20
Gabriel Attal

'investisseurs, ils achètent des bons du trésor américain.

22:23
Locuteur

Donc,

22:23
Présentateur

ça veut dire que... C'est plus simple d'investir aux Etats-Unis qu'en Europe aujourd

22:26
Locuteur

'hui ? C

22:26
Gabriel Attal

'est plus simple d'acheter des bons du trésor américain que de financer la croissance d'entreprises européennes, de startups européennes aujourd'hui.

22:32
Locuteur

Et

22:33
Gabriel Attal

donc, il faut complètement revoir ça. Moi, ce que je veux demain, c'est qu'on puisse avoir des champions. La deuxième chose qu'il faut faire, c'est la commande publique. SpaceX ne serait pas devenue SpaceX sans les commandes publiques de la NASA, du département d'Etat américain. Nous, en France, en Europe,

22:49
Locuteur

on

22:49
Gabriel Attal

fait plutôt de la subvention. Vous

22:51
Locuteur

avez

22:51
Gabriel Attal

l'Etat qui subventionne des entreprises. Sauf que pour une entreprise, recevoir une subvention, ça ne rentre pas dans le chiffre d'affaires,

22:56
Locuteur

ça

22:57
Gabriel Attal

ne permet pas de lever des fonds privés. Il faut qu'on assume de faire de la commande publique. Moi, ce que je veux demain, si les Français me font confiance, c'est que tous les Français puissent bénéficier d'un assistant médical IA, souverain, qui n'aura pas été développé par des fonctionnaires et par l'Etat, mais par une entreprise. Et que cette entreprise soit financée par l'Etat, par la France et par l'Europe d'ailleurs. Pas par des fonctionnaires et par l'Etat. Pourquoi des entreprises ? Parce que moi, je crois aux startups et je crois aux entreprises privées pour porter ces projets-là. Et je pense que c'est très bien de faire confiance aux talents et aux privés pour le faire.

De la même manière, moi, je souhaiterais que tous les élèves puissent bénéficier d'un compagnon éducatif IA, souverain, pour les aider dans leurs apprentissages, pour les aider à continuer à progresser quand ils sont à la maison, pour faire de la remédiation scolaire. Et ça, c'est pareil. Ça peut être un grand projet

23:42
Présentateur

financé de commande publique. Vous pensez qu'il faut de

23:44
Locuteur

l

23:44
Présentateur

'intelligence artificielle pour les plus jeunes ? Les mettre aux plus jeunes à l

23:47
Locuteur

'école, à l'éducation ?

23:48
Gabriel Attal

Mais il y

23:48
Locuteur

en

23:48
Gabriel Attal

a déjà aujourd'hui. Aujourd'hui, l'intelligence artificielle, elle est déjà utilisée, on ne

23:51
Locuteur

va

23:51
Gabriel Attal

pas se mentir. Honnêtement, les devoirs à la maison, on sait très bien qu'aujourd'hui, l'IA est largement utilisé. Donc, on doit repenser la manière dont on apprend. Probablement que le temps qu'on passe à la maison, ça doit être un temps où on apprend davantage, plus de théorie, à travers notamment des outils IA qui peuvent être faits et qu'ensuite, l'exercice, la pratique, tester les connaissances, on le fasse davantage à l'école qu'on le faisait à la maison avec les devoirs.

24:19
Présentateur

Très rapidement, ce qui ne nous reste pas beaucoup de temps, mais il

24:21
Locuteur

y

24:21
Présentateur

a le rapport Draghi qui avait été mis en place. Draghi avait fait un rapport en 2024. Depuis, il n

24:26
Locuteur

'a

24:26
Présentateur

pas vraiment été suivi des faits. Vous en avez aussi parlé tout à

24:29
Locuteur

l

24:29
Présentateur

'heure. Notamment, dedans, il y avait

24:30
Locuteur

le

24:31
Présentateur

fait de mettre les dettes en commun pour financer justement les projets européens. Est-ce qu'il faudrait aller jusqu'au bout et même la dette passée de la France actuelle,

24:41
Locuteur

il

24:41
Présentateur

faudrait

24:41
Locuteur

mettre

24:42
Présentateur

toutes les dettes en commun ou c

24:44
Locuteur

'est

24:44
Présentateur

les dettes futures ? Non,

24:44
Gabriel Attal

ce qu'il faut, c'est qu'on assume sur des investissements d'avenir et ça, c'est très important. Pas pour assurer le fonctionnement des générations actuelles, mais pour investir sur la transition écologique, la transition numérique, il faut qu'on assume effectivement de lever de l'argent en commun.

24:57
Présentateur

Donc, tout ce qu

24:57
Locuteur

'on

24:57
Présentateur

a fait par le passé, il faudra le payer

24:59
Locuteur

quoi qu'il arrive. Je

24:59
Gabriel Attal

veux dire, la dette de la France, c'est quand même la France et donc, c

25:02
Locuteur

'est

25:02
Gabriel Attal

la France qui devra la rembourser. Et pour l'avenir, mais encore une fois, pour l'investissement, pas pour le fonctionnement, la transition écologique, la transition numérique, ça demande une telle somme d'investissement que oui, il faut assumer un endettement commun et pour le rembourser, des ressources propres.

25:17
Locuteur

Quand

25:17
Gabriel Attal

vous allez aux Etats-Unis, vous êtes arrivé à

25:20
Locuteur

SMA ? Oui,

25:20
Présentateur

je suis allé une fois.

25:21
Gabriel Attal

Vous remplissez un formulaire

25:22
Locuteur

qui

25:23
Gabriel Attal

s'appelle ESTA.

25:24
Locuteur

Vous

25:24
Gabriel Attal

payez une petite somme en dollars pour pouvoir aller aux Etats-Unis. Une vingtaine de dollars. Voilà. Pourquoi on ne

25:30
Locuteur

fait

25:30
Gabriel Attal

pas la même chose en Europe avec tous les touristes qui viennent de partout dans le monde pour rembourser l'investissement que je viens d'évoquer ? C'est un exemple parmi d'autres. Il y

25:37
Locuteur

en

25:37
Gabriel Attal

a plein d'autres. Donc oui, c'est nécessaire pour la transition.

25:41
Présentateur

Ce serait quoi vos premières propositions pour l'Europe justement ? Si vous étiez élu président de la République ?

25:45
Gabriel Attal

Moi, je veux qu'on arrive à bâtir, encore une fois, une économie unique entre des pays européens qui acceptent de bâtir ces Etats-Unis d'Europe pour aller plus loin, pour aller plus vite, pour aller plus fort, pour réagir et riposter face à la concurrence très féroce aujourd'hui, notamment de la Chine et des Etats-Unis. Et je veux qu'on puisse lancer des grands projets européens.

26:03
Locuteur

Je

26:04
Gabriel Attal

veux que l'Europe, à nouveau, ça soit le lieu où on déplace les frontières, où on se met à rêver et on arrive à conquérir des nouvelles technologies, des nouvelles solutions pour les Français. Avec les chercheurs qu'on a, la qualité des chercheurs,

26:19
Locuteur

des

26:19
Gabriel Attal

scientifiques qu'on a en

26:20
Locuteur

Europe,

26:20
Gabriel Attal

l'Europe, ça peut être la première puissance qui sort un vaccin contre le cancer. Aujourd'hui, ce qui est fou,

26:26
Locuteur

c

26:26
Gabriel Attal

'est que parler de ça,

26:27
Locuteur

c

26:27
Gabriel Attal

'est presque vu comme être un espèce d'optimiste, bisounours. C'est terrible quand même parce que, je veux dire,

26:34
Locuteur

on

26:34
Présentateur

est... concrètement, ça va améliorer la qualité de vie des Européens et des Français.

26:38
Gabriel Attal

Mais bien sûr, parce que, un,

26:40
Locuteur

si

26:41
Gabriel Attal

vous devenez les champions de l'innovation, vous voyez les salaires des Français qui augmentent.

26:46
Locuteur

Les

26:46
Gabriel Attal

États-Unis, ils ont gagné la bataille du numérique, de la révolution numérique au début des années 2000. Les GAFAM, ils sont américains.

26:53
Locuteur

Et

26:53
Gabriel Attal

parce qu'ils ont gagné cette révolution numérique, les salaires des Américains ont plus augmenté que les salaires des Français et des Européens depuis 30 ans. Si les salaires des Français avaient augmenté avec le même rythme que l'augmentation des salaires américains depuis 30 ans, le salaire médian en France ne serait pas de 2200 euros net par mois comme aujourd'hui, il serait de 3300 euros net par mois. C'est 50% de plus. En fait, l'innovation,

27:18
Locuteur

c

27:18
Gabriel Attal

'est ce qui fait monter toute votre économie et qui fait monter les salaires. Et aujourd'hui, on voit

27:22
Locuteur

qu

27:22
Gabriel Attal

'il

27:22
Locuteur

y a

27:22
Gabriel Attal

un décrochage entre les États-Unis et l'Europe

27:26
Locuteur

qui

27:26
Gabriel Attal

s'est fait depuis plusieurs décennies.

27:28
Locuteur

Vous

27:28
Gabriel Attal

n'avez plus d'un ménage américain sur deux

27:30
Locuteur

qui

27:31
Gabriel Attal

gagne plus de 7300 dollars par mois. Vous vous rendez compte

27:34
Locuteur

?

27:34
Présentateur

Par

27:35
Locuteur

ailleurs, il y a une très

27:35
Présentateur

grande disparité économique aux États-Unis même si le revenu moyen

27:39
Locuteur

est élevé. Oui, mais vous avez un peu de

27:40
Gabriel Attal

pauvreté qui est au plus bas

27:41
Locuteur

parce

27:41
Présentateur

que le

27:42
Gabriel Attal

fait de gagner les révolutions technologiques,

27:43
Locuteur

d

27:43
Gabriel Attal

'être en pointe de l'innovation, ça tire votre économie. Et comme on a raté la révolution du numérique en Europe au début des années 2000, moi, je ne

27:51
Locuteur

veux

27:51
Gabriel Attal

pas qu

27:51
Locuteur

'on

27:51
Gabriel Attal

rate la révolution de l'IA parce que sinon, l'écart va se faire de manière encore plus forte. Et la bonne nouvelle,

27:56
Locuteur

c

27:56
Gabriel Attal

'est que c'est possible. On peut devenir un des leaders de l'IA dans le monde. Ça ne

28:01
Locuteur

fait

28:01
Gabriel Attal

que quelques années qu'ils ont pris de l'avance.

28:03
Locuteur

Et

28:03
Gabriel Attal

ils ont pris de l'avance notamment parce qu

28:04
Locuteur

'ils

28:04
Gabriel Attal

ont plus d'argent à investir. Moi, je propose une solution avec les États-Unis d'Europe qui donnera plus d'argent privé à investir pour nos startups pour devenir des géants.

28:12
Présentateur

Ça sera ma dernière question. Vous avez parlé de faire payer les gens qui arriveraient en Europe comme aux États-Unis. Concrètement, sur l'immigration, ça concernerait, on ferait des nouvelles frontières avec ces pays-là, entre l'Union européenne, entre les pays des États-Unis d'Europe.

28:28
Gabriel Attal

Il faut être très clair. Je ne propose pas de créer un nouveau pays. Les pays garderont la maîtrise des questions migratoires, de la défense, de la sécurité.

28:38
Locuteur

Pas d'armée européenne.

28:39
Gabriel Attal

Toutes les compétences régaliennes, elles restent celles des États. Évidemment. Ce que je propose, c'est une économie unique et une politique écologique et technologique hyper ambitieuse au niveau d'une série de pays européens. C'est ça que je propose. Il y

28:53
Locuteur

a

28:53
Gabriel Attal

plein de choses à faire sur l'immigration. Il y

28:55
Locuteur

a

28:55
Gabriel Attal

des réformes qui ont été votées récemment au niveau européen. Il y

28:58
Locuteur

a

28:58
Gabriel Attal

beaucoup à faire pour renforcer les frontières de l'Union européenne. Il y

29:02
Locuteur

a

29:02
Gabriel Attal

beaucoup à faire en France aussi pour mieux piloter notre immigration. Mais ça ne fait pas partie

29:07
Locuteur

des

29:07
Gabriel Attal

États-Unis

29:07
Présentateur

d

29:07
Locuteur

'Europe.

29:07
Présentateur

À terme, vous seriez pour un État comme les États-Unis arriver à terme à cette solution-là ? Je ne veux pas que la France devienne

29:17
Locuteur

une

29:17
Gabriel Attal

région avec un gouverneur. Je veux que la France reste la France. mais je suis convaincu que si on veut que la France reste la France, si on veut que l'Europe reste l'Europe, il ne faut pas qu

29:29
Locuteur

'on

29:29
Gabriel Attal

se fasse totalement bousiller dans notre économie par la Chine et par les États-Unis. C'est ce qui est en train d'arriver. Si on ne fait rien, si on continue comme avant, si on se contente de faire quelques ajustements,

29:39
Locuteur

on

29:39
Gabriel Attal

va devenir le 51e État américain ou la 24e province chinoise. On sera vassalisé, on sera totalement dépendant sur toutes les questions technologiques, toutes les questions industrielles et demain, toutes les questions de défense. Donc, quand on aime la France, on veut qu'elle soit forte

29:56
Locuteur

et

29:56
Gabriel Attal

pour qu'elle soit forte, on a besoin d'une Europe qui est plus forte.

29:59
Présentateur

Merci beaucoup, Gabriel Atam.

30:00
Gabriel Attal

Merci.