Nicolas Dupont-Aignan invité du Grand Rendez-Vous
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 53 %Défensif 17 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 68 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:21OuverteRéponse directe
Manquerait-il un trait d'union entre les droites françaises ?
- 1:40OuverteÉludée
Est-ce que la distribution de nourriture à Calais est la solution selon vous ?
- 3:08RelanceRéponse partielle
Les forces de l'ordre font tout ce qu'elles peuvent. Même par rapport à des gouvernements précédents de droite, les forces de l'ordre aujourd'hui à Calais font preuve d'une réelle fermeté.
- 6:39RelanceRéponse partielle
Ce serait quoi la réelle fermeté alors ?
- 7:38RelanceRéponse directe
Vous dites dans la même phrase que la loi n'est pas appliquée, puisque les reconduites ne sont pas faites et qu'il faut changer la loi.
- 9:05OuverteRéponse directe
Vous avez face à vous un migrant dans les Alpes, quasiment les pieds nus dans la neige. Est-ce que vous lui venez en aide ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:28Invité politiqueFait
« D'abord, notre pays n'a pas de frontières. »
- 2:31Invité politiqueFait
« Ensuite, notre pays a un système social qui fait appel d'air de manière considérable. »
- 2:46Invité politiqueChiffre
« 90% des personnes qui se voient refuser l'asile en France ne sont jamais expulsées. »
- 2:57PrésentateurChiffre
« Il y a eu l'année dernière 76 000 reconduites prononcées, et 16 000 ont été effectuées. »
- 3:48Invité politiqueFait
« Les gouvernements d'Europe volent de l'immigration. »
- 4:01Invité politiqueChiffre
« Il faut 6 millions d'immigrés supplémentaires en Europe. »
- 4:59Invité politiquePromesse
« 5 ans de travail avant de bénéficier d'une aide sociale. »
- 7:55Invité politiqueFait
« En Allemagne, le centre de rétention peut garder un clandestin 18 mois. »
- 11:20Invité politiqueChiffre
« L'accueil des migrants en France cette année va augmenter de 600 millions d'euros. »
- 11:24Invité politiqueChiffre
« Les Français payent 4 milliards pour l'accueil des migrants. »
- 29:51Invité politiqueFait
« faire le ménage avec les monarchies du Golfe, cela voudra dire ne pas dépendre de l'Arabie Saoudite, ne pas dépendre du Qatar »
- 30:14Invité politiquePromesse
« proposé à tous mes programmes politiques à Debout la France »
- 30:47Invité politiqueFait
« j'ai le sens de la France et de l'État et je souhaite que le président de la République soit à la hauteur de l'enjeu »
- 31:41Invité politiqueFait
« je souhaite que le gouvernement tienne parce que j'en ai assez de voir les élus corse avancer masqués »
- 32:11Invité politiqueFait
« à chaque fois que les corses sont votés, ils ont voté dans les référendums pour le maintien dans la République »
- 34:36Invité politiqueFait
« il m'a menti droit dans les yeux »
- 35:20Invité politiqueFait
« il est le président des multinationales, il est le président des 3000 familles qui vont bénéficier des baisses d'impôts considérables »
- 35:54Invité politiqueFait
« j'ai écrit qu'il y avait un changement de population parce que pour la première fois en 2016, le solde naturel était inférieur au flux migratoire »
- 37:12Invité politiqueFait
« je veux la souveraineté du peuple, c'est-à-dire la démocratie »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan72 %
- Présentateur11 %
- ?9 %
- Invité5 %
- Invité 24 %
≈ 48,3 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonjour
et bienvenue à tous. Alors une question aujourd'hui. Manquerait-il un trait d'union entre les droites françaises ? Valérie Pécresse a été sifflée, on l'a vu, par les militants LR. Marine Le Pen et Laurent Wauquiez semblent se bagarrer, sans doute pour une même frange de l'électorat. Et Florian Philippot est parti seul en croisade contre son ancienne famille, le Front National. Avec un tel panorama, franchement, Emmanuel Macron a-t-il beaucoup de soucis à se faire sur sa droite ? Eh bien, il y en a un qui croit voir là une opportunité. Nicolas Dupont-Aignan, bonjour. Bonjour David Dupont.
Et
bienvenue à vous. 1 695 000 personnes ont voté pour vous au premier tour de l'élection présidentielle en 2017. C'était 4,7%. Et pour ces prochaines années, vous pensez pouvoir incarner l'opposition. Rien d'évident a priori, mais vous nous expliquerez d'où vous tirez cette certitude. On vous interrogera aussi sur la crise migratoire avec, cette semaine, ces scènes de guérilla à Calais, la réforme de la fonction publique, le pouvoir d'achat de nos concitoyens et toutes les questions d'actualité. Pour cela, Nicolas Barré du Journal des Echos. Bonjour Nicolas. Bonjour David. Bonjour à tous. Laurence Ferrari de CNews. Bonjour Laurence. Bonjour David. C'est le grand rendez-vous.
Notre invité, Nicolas Dupont-Aignan. Première question avec vous Laurence.
Et bonjour à vous.
Bonjour Laurence Ferrari.
On
a
assisté évidemment à des scènes de guerre à Calais cette semaine, avec l'usage d'armes à feu entre migrants qui veulent tous passer en Angleterre,
on
le sait, des dizaines de blessés dans leur rang au final. Gérard Collomb, le ministre de l'Intérieur, se rend sur place, annonce l'envoi de davantage de CRS, confirme que l'État va bien organiser la distribution de la nourriture. Alors c'est lors d'une distribution de nourriture que s
'est
déroulée cette RICS. Est-ce que c'est la solution selon vous ? Et quelle est-elle pour vous
?
Cela fait des années
que
le problème s'aggrave parce qu'on ne traite pas les causes du problème. Ce n
'est
pas du laxisme d'État, c'est de la lâcheté d'État. Cela fait des années qu
'on
ne traite pas les causes. Et j'ai été à Calais plusieurs fois, la situation est ahurissante, elle devient totalement ingérable. Inhumaine ? Inhumaine bien évidemment, mais inhumaine pour tous, pour ces migrants, pour les habitants de Calais, pour les forces de l'ordre. Et ce qui est stupéfiant, insupportable à mon sens, c'est de voir le gouvernement Gérard Collomb surpris
qu
'il va organiser une distribution alimentaire. Mais quelle est la cause du problème ? Quelles sont les causes du problème ? D'abord, notre pays n'a pas de frontières.
Et
donc il ne contrôle pas ceux qui rentrent sur son sol.
Ensuite,
notre pays a un système social qui fait appel d'air de manière considérable.
Chaque jour, il
y a des gardes frontières qui raccompagnent à la frontière italienne notamment des migrants. Rien.
Pardonnez-moi Laurence
Ferrari, mais rien. Vous avez les chiffres pour les rejets de demandes d'asile. 90% des personnes qui se voient refuser l'asile en France ne sont jamais expulsées. Et au bout de 5 ans, elles sont régularisées. J
'ajoute un dernier point.
Il y
a
eu l'année dernière 76 000 reconduites, prononcées, et 16 000 ont été effectuées.
Voilà.
Mais ce
n'était
pas
90% non plus. 16 000 contre 76 000. Vous avez raison. La majorité n'est pas...
Allez-y. J'ajoute un dernier point. Moi, je voudrais qu
'on
m'explique
à
quoi sert l'armée française. Nous dépensons 30 milliards d'euros. A quoi sert l'armée italienne ? A quoi sert l'armée espagnole ? A quoi sert ces milliards d'euros ? Face à 200 passeurs
qui
sont des criminels,
qui
exploitent la misère humaine, qui tuent en Méditerranée des migrants. Et quand ils ont débarqué les migrants en Italie, qu'est-ce qu'on fait de leur bateau
? Pourquoi
on ne les coule pas une fois qu'ils sont vides ? Pourquoi on n'intervient pas sur les côtes libyennes
? A
quoi sert notre armée
?
Eh bien, moi, je vais vous dire, c'est qu'en fait, les gouvernements d'Europe
volent
de l'immigration. J'ai repris une déclaration du commissaire européen du 7 mars 2017. Ce n
'est
pas vieux. Vous pouvez vérifier. Je vérifie toujours mes sources. Il n
'y a
pas de fake news. Allez-y. Avra Mopoulos, tribune de Genève, vous vérifiez. Il nous dit, il faut 6 millions d'immigrés supplémentaires en Europe. Cela veut dire quoi ? Cela veut dire qu'en vérité, il faut que les Français sachent que les dirigeants politiques ne veulent pas traiter le problème. C'est tout. Alors, on
gère les conséquences. C'est ce que vous dites à Emmanuel Macron.
Écoutez, nous avions proposé, j'avais proposé à la présidentielle un programme complet, équilibré.
On
accepte le droit d'asile parce qu'un réfugié martyrisé dans son pays doit être accepté. Je ne suis pas pour le rejet du droit d'asile. Mais en revanche, centre de rétention aux frontières. Premier point, véritable guerre contre les passeurs et les mafieux qui tuent en
Méditerranée. Je finis. Aide au développement.
Aide au développement. Parallèlement. Un vrai programme pour l'Afrique que j'avais proposé de 50 milliards d'euros. En un mot, une politique équilibrée. Et puis, la suppression de toute aide sociale
pendant
5 ans à tout étranger qui arrive sur le sol français. 5 ans de travail avant de bénéficier
d'une aide sociale. Et bien, je peux
vous dire là
que
si on mettait en place le programme que je propose avec mes amis de Debout la France,
nous
n'aurions pas zéro immigration. Je ne souhaite pas zéro immigration. Mais nous aurions le problème du moins largement réglé.
D
'ailleurs, il
y a
des pays qui le font. Ce ne
sont
pas des monstres,
ce
ne
sont
pas des fascistes. L'Australie, le Canada. Il y a quantité de pays qui règlent leurs problèmes. Pourquoi la France n'est pas capable
de régler ces problèmes ?
Concrètement, que devrait faire l'armée dans
votre esprit ? L'armée devrait s'attaquer à ces criminels passeurs qu'on connaît. Qu'on ne me dise pas qu'avec les services de renseignement, qu'ont l'OTAN, l'Allemagne, la France, l'Italie, l'Espagne, on n
'est
pas capable de savoir quels sont ceux qui prennent sur les plages de Libye des pauvres airs, qui les amènent
en
Italie et qui
en tuent d'ailleurs la moitié. Monsieur, ils sont
à Calais.
Il y a des réseaux de
mafieux et de passeurs
à Calais. Mais bien sûr. Et
qu'est-ce qu'on fait ? Mais là aussi, c'est le problème de l'autorité de l'État. C
'est la question des règles juridiques. Nicolas Dupont-Vignan. C'est la question
de cet
état d
'esprit en France
qu'il y a.
Attendez, excusez-moi. C'est la question de cet état d'esprit de culpabilisation permanente qui fait qu'on inverse les valeurs. Moi, je suis pour l'application de la loi républicaine. Je suis un républicain par tous les
pores de ma peau. Et la République, c'est
pas la loi de la jungle. Mais regardez ce qui se passe concrètement à Calais quand même.
Je le connais.
La police et la gendarmerie sont sur place. Ils font tout pour éviter
qu'il y ait des points de
fixation. Tout de même, les forces de l'ordre démantèlent les abris de fortune, courent après les migrants. Elles font preuve d'une réelle fermeté. Est-ce que vous
êtes d'accord avec ce... Non, alors ce serait quoi la réelle
fermeté alors ?
Les forces de l'ordre font tout ce qu'elles peuvent. Même par rapport
à des gouvernements précédents de droite, les forces de l'ordre aujourd'hui à Calais font preuve d'une réelle fermeté. C'est constaté sur place.
Les
forces de l'ordre font tout ce qu'elles peuvent. Et je leur rends hommage. Mais la justice derrière applique les lois. Applique les lois européennes. Applique la directive retour. qui fait qu'ils libèrent immédiatement la plupart des migrants, des délinquants, je les appelle des délinquants, qui se sont vus refuser le droit d'asile, qui occupent notre territoire, qui se battent, qui pillent, qui volent. Et ils sont libérés et ils ne sont pas reconduits dans le pays d'origine. Il
faut donc changer les
lois de manière précise pour que, comme dans tous les pays du monde qui se respectent, quand on est illégal, illégaux, eh bien on repart dans son pays d'origine. C
'est
tout.
Il faut traiter la cause des problèmes. Nicolas
Dupont-Unihan, vous dites dans la même phrase que la loi n'est pas appliquée, puisque les reconduites ne sont pas faites et qu'il faut changer la loi. Non
mais soyons précis. Pardonnez-moi David. Soyons très précis. Il
faut les deux. Car vous savez aujourd'hui que compte tenu des lois qui existent et des conventions européennes, on ne peut pas expulser correctement les personnes. J'ajoute que nous sommes le seul pays, en Allemagne, prenons un exemple précis, en Allemagne, le centre de rétention
peut
garder un clandestin 18 mois. Justement, là, ça va
doubler. En France, on va doubler la durée dans le
projet
de loi de Melle
-Colomb. Ça veut
bien dire qu'en France, c'est une demi-mesure, comme d'habitude. On va passer de 45 jours à 90 jours. Ça veut dire 3 mois. Oh ! Vous savez combien dure en France
le
traitement d'une demande d'asile ? Justement,
là-ci, on
veut la
faire
baisser à 6 mois. Eh bien, en attendant, on va passer de 45 jours à 90 jours, alors qu
'on
sait que c'est un an. En Allemagne, ils ne
s
'embêtent pas. C'est 18 mois. En Allemagne, Mme Merkel a supprimé le regroupement familial pour les réfugiés. En Allemagne, vous avez un registre.
Elle ne l'a pas
supprimé.
Vous avez un registre. En Allemagne, vous avez un registre.
Vous avez un registre. Chaque étranger doit s'inscrire dans la ville de sa résidence. Et il n'y a plus d'aide sociale si le réfugié ne s'inscrit pas dans la ville et n'est pas contrôlé. En France, c'est le grand bazar. Il y
a
un moment où il va falloir prendre des mesures.
Mais les gouvernements ne veulent pas. On va passer, Nicolas Dupoignon, à un autre sujet. Mais j'ai une dernière question très personnelle. Non,
non,
non. Nicolas Dupoignon,
un
dernier point. Vous avez face à vous un migrant dans les Alpes, quasiment les pieds nus dans la neige. Est-ce que vous lui venez en aide ? Aujourd'hui, certains de nos concitoyens qui aident, les migrants qui veulent les accueillir, sont poursuivis en justice, voire condamnés.
Voilà
ma question.
Vous
savez, je suis un être humain comme un autre. Mais quand on aspire des responsabilités, on est un homme d'État.
Et
la question que vous posez traduit tout à fait le problème de la France. C'est qu'à force de traiter individuellement chaque cas et de s'apitoyer sur des cas douloureux... Il ne
s
'agit pas de s'apitoyer.
On ne traite plus. Attendez, je peux finir ma phrase. Est-ce que
vous aidez ce
mot ? Je peux finir ma
phrase. J'aide cette personne. D'accord.
Comment ?
En lui donnant à manger, en la réconfortant et en l'expulsant. Et je... Oui, parce que si je ne le fais pas,
je
crée un chaos dans mon pays.
Et
si je crée un chaos dans mon pays, sans aider l'Afrique
à
permettre le développement d'un milliard de nouveaux habitants en 30 ans,
un
milliard de nouveaux habitants en 30 ans, est-ce que vous croyez que c'est parce qu'on va donner une couverture à un migrant à la frontière italienne qu'on va régler le problème de l'Afrique ? Je vous dis
que
la sensiblerie, la fausse générosité a abouti en France à la lâcheté d'État. Cette lâcheté ne sert pas les étrangers en situation régulière qui s'assimilent dans notre pays, ne sert pas les réfugiés qui ont besoin de l'asile français, et aboutit à des heurts et à des crimes. Je crois qu'un homme politique doit être un homme d'État plutôt que de faire de l'émotion à
bon marché. J
'ai autant d'émotion que vous, mais je veux être un responsable politique qui sauve mon pays et qui
change les choses. On
a entendu. Le président Macron rentre justement dans un voyage en Afrique et au Sénégal, où il a annoncé que la contribution de la France au Fonds mondial pour l'éducation serait multipliée par 10, sera portée à 200 millions d'euros. Est-ce que vous êtes d'accord avec cela ? Est-ce que l'éducation, ce n
'est
pas une des clés, évidemment, de l'avenir de l'Afrique pour éviter les vagues migratoires ?
Écoutez, j'ai écrit dans toute ma campagne présidentielle, j'étais un des seuls à parler du développement de l'Afrique. Ce chiffre est positif, 250 millions, mais je vais vous donner un exemple
pour
parler chiffre. Vous
proposez 50 milliards, c'est ça ?
Oui, l'accueil des migrants en France, cette année, va augmenter de 600 millions d'euros.
Et
en gros, les Français payent 4 milliards pour l'accueil des migrants. 4 milliards. Et ça augmente de 600 millions. Le gouvernement a supprimé l'APL, c'est l'aide au logement pour les plus modestes de notre pays, pour
financer les foyers d'hébergement des migrants.
Baisser de 5 euros.
Oui,
5 euros, mais vous savez, quand vous êtes au RSA et qu
'on
vous supprime 5 euros par mois, c'est dur. Et ce que je veux dire aux Français, c'est que cette politique qui consiste à prendre toujours plus d'argent dans leur poche
pour
alimenter une immigration,
4
milliards, et on va mettre 250 millions pour l'éducation en Afrique. Très bien, c'est 250 millions. Mais ce que je veux vous dire, c'est que le plan que je propose pour l'Afrique,
pour
vraiment permettre aux gens de vivre chez eux, tout en contrôlant nos frontières, très fermement, ce n
'est
pas 250 millions, c'est des dizaines de milliards d'euros qu'il va
falloir mettre. Mais vous trouvez où
ces
milliards d'euros ?
Je vais vous dire où j'y trouve.
La
Banque Centrale Européenne
donne
chaque mois, environ entre 30 et 80 milliards, ça s'est réduit, c'était 80 milliards pour les banques, c'est tombé à 30 milliards
par
mois.
Et
on ne
va
pas me dire que ce qu'on peut donner aux banques,
on
n'est pas capable de faire un plan de développement pour l'Afrique comme les États-Unis ont fait avec l'Europe au lendemain de la guerre, avec le plan Marshall. C
'est le défi
majeur.
D
'ailleurs, je
me réjouis que le président Macron
commence
à
réorienter les
faits.
Mais encore une fois, il faut maintenant passer à la vitesse superbe.
Une question
liée au pouvoir d'achat, la loi sur l'agriculture sera présentée cette semaine et vise en gros à faire en sorte que les paysans vivent davantage de leur travail et donc que les consommateurs payent un petit peu plus cher et qu'on supprime ou qu'on élimine les promotions excessives. Est-ce que vous êtes d'accord avec ce schéma ? Cette loi ne traite pas la
cause du tout du problème, elle n'aura aucun effet. C'est une loi d'affichage. La vraie question, c'est ce qu'ont fait les gouvernements. D'ailleurs, c'était M. Le Maire, comme quoi il y
a
une continuité politique. M. Barnier, M. Le Maire, qui ont supprimé, vous savez, tous les prix garantis dans l'agriculture parce qu'ils ont obéi à Bruxelles. On avait une politique européenne, vous voyez, moi je ne
suis
pas contre l'Europe. Il y avait une politique européenne qui marchait, prix garantie du lait, prix garantie de la viande, prix garantie du sucre qui permettait à nos agriculteurs de vivre tout en ayant un libre-échange européen.
Sous
la pression des ultra-libéraux, notamment de tous les pays, notamment allemands et scandinaves, on a cassé et le gouvernement français s'est couché, M. Le Maire à l'époque, à supprimer le prix garantie du lait, le prix garantie du sucre, le
prix
garantie de la viande.
Ça
a désorganisé tous les marchés.
Vous
pouvez faire toutes les lois en France si vous ne traitez pas le problème européen, vous n'y arriverez pas. Donc moi je propose qu'on rétablisse le prix garantie du lait qui permette à nos agriculteurs de vivre dignement et la grande distribution. Et les industriels se priveront de quelques centimes. Et je vais vous dire, même le consommateur ne payera pas un centime de plus. La vraie question en France, c'est le pouvoir scandaleux de la grande distribution. Tant que vous ne casserez pas cette
féodalité...
Donc vous êtes d
'accord sur le fait qu'il faut limiter
certaines promotions ?
Mais non. Limiter certaines promotions, ça ne changera rien. C'est la grande distribution qui va se gaver un peu plus. La vraie question, c'est d'être sûr que les producteurs aient un prix. Mais pour que les producteurs aient un prix, il ne faut pas qu'il y ait des importations de différents pays à des prix cassés. Nous sommes dans un système de libre-échange européen.
Il
y a deux solutions. Soit on rétablit un marché national, et je ne crois pas que ce soit possible. Soit on renégocie des prix européens garantis, et on tape du poing sur la table à Bruxelles.
On
vous a entendu. Nicolas Dupont-Aignan est l'invité du Grand Rendez-Vous en ce dimanche matin. Une première pause, on se retrouve tout de suite après.
Le
Grand Rendez-Vous avec Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France, député de l'Essonne.
On
reprend avec vous, Nicolas Barret.
Dans le Parisien hier, on apprend dans un article très bien informé, que vous aurez conseillé
à
Marine Le Pen de prendre du recul, voire même de partir en Amérique latine, que vous expliquez à l'occasion à Emmanuel Macron comment faire pour tuer les Républicains. Et en gros, il en ressort que Laurent Wauquiez va échouer, que Marine Le Pen aussi, et que la solution c'est vous. Alors, en quoi est-ce que vous auriez plus de chance qu'eux
?
Non mais écoutez, par moment, quand j'ouvre le journal, on parle rarement de moi dans les journaux, mais en général, c'est pas piquer des verres. J'apprends des choses, donc c'est sympathique. Ce que j'ai simplement dit à Marine Le Pen après l'élection présidentielle, c'est ce que j'avais ressenti pour moi-même, c'est que quand on mène une élection aussi difficile,
qu
'on est la cible de tant d'attaques, et j'en ai eu mon lot, ça fait du bien de s'arrêter, c'est tout. Et après, c'est romancé par vos confrères. Et puis, d'une manière générale, je constate, mais je vais répondre à votre question, que sur le fond, ce que j'ai fait entre les deux tours
a
beaucoup surpris, a beaucoup choqué, et était fondamental. Je voulais casser le piège de la division de l'électorat de droite, et au-delà de ça, des patriotes,
qui
assurent la survie d'une gauche minoritaire dans notre pays depuis 30 ans, ce piège de Mitterrand.
Et
beaucoup de gens ont été surpris de ce geste, et veulent à tout prix me fâcher aujourd'hui, avec les millions de Français qui ont suivi mon appel à se rassembler. Et je ne change pas d'avis.
Au
-delà des questions de personnes, qui ne m'intéressent finalement pas beaucoup, je considère que Macron a effectué une vraie recomposition politique,
qui
revient sur de vrais clivages. Vous savez, j'ai quitté l'UMP il y a 10 ans, parce que j'en avais assez du double langage. Comme Mélenchon avait quitté les socialistes, parce qu'il en avait assez du double langage. Ces deux partis, socialistes et républicains, signaient des accords à Bruxelles, qui entraînaient la France, pour moi, dans la fin de tout ce qui caractérise la société française, son humanisme, le dumping social, l'ouverture des frontières, etc. Un monde inhumain. Et en même temps, faisaient des grandes proclamations devant les électeurs à chaque élection. Eh
bien, les socialistes
ont été sanctionnés, et les républicains vont l'être de leurs ambiguïtés. Et Macron, il
faut
être honnête,
je
suis en complet désaccord avec sa politique, mais est cohérent. Il a rassemblé les mondialistes de droite et de gauche, le règne de l'argent roi.
Mélenchon
rassemble la gauche radicale, et du côté droit,
c
'est un peu le chacun pour soi. M. Wauquiez ne
veut
pas parler à Mme Le Pen, M. Philippot et Mme Le Pen se divisent. Eh bien, moi j'ai dit à mes amis,
j
'ai dit on ne
va
pas faire la même chose. Je n'ai qu'un objectif, un seul.
C
'est rassembler les électeurs qui pensent la même chose, qui soient républicains, debout la France, chrétiens démocrates, Front National, et qui veulent qu'on accouche, si je peux me permettre cette expression, d'un beau programme patriotique humaniste.
Donc vous voulez prendre la tête de
cette recomposition de la droite extrême.
Marine Le Pen n'a pas la capacité, selon vous, de relancer le FN ?
Mais Marine Le Pen est présidente du FN. Elle a entamé un programme de rénovation, elle a un congrès bientôt, je ne sais pas ce qui en sortira. En mars. M. Wauquiez a entamé une rénovation des Républicains. Je leur dis simplement à tous les deux. Vous ne gagnerez pas seul. M. Wauquiez ne gagnera pas seul, puisqu'il
y a
la moitié des Républicains qui suivent M. Macron. Et d'ailleurs,
je
remarque, dans sa majorité,
j
'ai vu,
mais
ça m'a... D'ailleurs, je me suis dit, mais c'est bizarre. En Rhône-Alpes, il y a des UDI, des Modem, qui soutiennent M. Wauquiez, mais ils soutiennent le gouvernement. Tout ça
n
'est pas clair. Et vous savez, comme disait Martine Aubry, quand c'est flou, c'est qu
'il
y
a
un loup. Et c'est ce que les gens ressentent sur Wauquiez. Parfois,
il
dit des choses justes, et je m'en réjouis. Et puis, ces alliances sont contradictoires. Il
essaie
de faire ce que vous dites ? Il essaie de rassembler la droite
? Non, il rassemble des gens qui ne pensent pas la même chose. Moi, je ne
vous
parle pas de la droite, je vous parle de la France. Moi, mon seul objectif, ce n
'est
pas Le Pen, Wauquiez et les autres, c'est de leur dire, si vous continuez le chacun pour soi, à penser à votre boutique, avant de penser à notre électorat, à la France, nous assisterons au monopole, au monopole de M. Macron et de M. Mélenchon. Or, il y a des dizaines de millions d'électeurs
qui,
soit ont voté Marine Le Pen au second tour, 10,5
millions,
quand même, soit qui se sont abstenus parce qu
'ils
ne voulaient pas de Macron, 27 millions d'abstentions. Non,
mais attendez, 27 millions d'abstentions au second tour des législatives. Et ces électeurs, on devrait
disparaître ? Chacun dans nos boutiques ? Ça ne m'intéresse pas. Il faut suivre
votre raisonnement.
Je suis votre raisonnement. Je vous en remercie. Et j'en tire une conclusion logique. Il faut que vous vous alliez, lors des prochaines élections européennes de 2019, liste commune avec le Front National de Marine Le Pen.
Il
faut... C
'est de la logique
?
Non, je vais beaucoup plus loin que vous. Il faut rassembler aux Européennes les amoureux de la France.
C
'est d'ailleurs le site Internet qu'on a créé avec Jean-Frédéric Poisson. Les amoureux de la France. Mais pas dans un tête-à-tête seul avec des partis, Front National ou Républicain. Avec l'ensemble. Il faut créer un électrochoc pour que des Républicains, patriotes, gaullistes,
à
des Front National raisonnables, se rassemblent derrière un projet. Mais j'ai voulu aller plus loin. Répondez
à la question, Nicolas Dupont-Aignan. Je m'intéresse justement. Est-ce qu'on va commencer à faire
? Je suis sincère. C'est un beau projet européen. Parce que la différence entre moi et les autres, j'ai une petite petite différence,
qui
m'a d'ailleurs empêché souvent dans le passé, comment dire, de faire le spectacle que font les autres, c'est que je m'intéresse davantage aux idées, aux projets,
qui
pour moi est préalable
aux
personnes et aux jeux politiques.
Donc liste commune. Et donc, non, non.
Excusez-moi.
Debout la France, on aura ces listes. Non. Mais
il faut que vous répondiez à ces questions-là. Non.
Nos concitoyens
veulent des réponses
claires.
Nos concitoyens sont, pardonnez-moi, je pense, plus fins. Non. Plus fins. Il
y a des
règles dans une élection, Nicolas Dupont-Aignan. Il y
a
des listes. Il y a des listes. Est-ce que votre parti aura sa propre liste ? C'est
simple. Mon parti a un projet européen.
Mon
parti pourrait aujourd'hui dire, comme les autres, comme Wauquiez, comme Le Pen, on va faire notre liste. Allez, hop, on y va. Eh bien, moi, je ne veux pas.
Parce
que mon parti, à la différence des autres, parce que nous sommes différents, va d'abord, pendant les quelques semaines qui viennent, bâtir un projet européen capable de changer les choses pour les Français. Et une fois qu'on aura ce projet,
pas
bâti uniquement avec les miens, avec les amoureux de la France, avec des gens du Front National,
je
l'espère, avec des gens,
des
Républicains, par exemple Nicolas Duyck, ancien député républicain de l'Aube, qui vient de nous rejoindre, Julien Rochegui, ancien
des
Front National Jeunesse,
des gens de
partout, des
amoureux de la
France, vont bâtir ce projet, qui va être un beau projet pour permettre aux Français de se réapproprier leur destin,
tout
en construisant une belle Europe. Une fois qu'on aura ce projet solide, eh bien, on fera de la politique politicienne, si vous voulez. C'est-à-dire que ceux qui voudront nous rejoindre seront les bienvenus, ceux qui resteront dans leur petite boutique, ou dans leur esprit de boutique, eh bien, assumeront devant les Français. Vous pourriez être candidat vous-même ? On verra, c'est une décision suffisamment grave pour que vous me laissiez un peu de réflexion. Il est interdit de cumuler avec députés de la nation. On verra, on n
'en
est pas là. Encore une fois, est-ce que
le
pays est en train de crever
?
Macron est un mirage. Macron est un mirage, est un très bon communicant. L'emballage est chatoyant,
mais
le contenu est avarié. La société française souffre,
comme
jamais.
Il
n
'a
pas rendu du pouvoir d'achat aux Français ?
Ah non, je vais bientôt sortir un comparateur, un vrai comparateur, pas celui de Bercy. Quand vous comptez les taxes sur l'essence, sur le diesel, sur l'électricité, le forfeit hospitalier, la taxe sur le gaz, etc.
Vous
vous apercevez que les fameux gains de pouvoir d'achat pour les salariés, parce que les retraités sont massacrés, les fameux gains de pouvoir d'achat sur les salariés sont complètement pris, bouffés, pardonnez-moi l'expression,
et
qu'un couple qui vit dans une zone rurale et qui est obligé de faire 30 kilomètres pour aller travailler ou chercher un boulot, il va payer très cher. Donc, vous savez, moi je crois que la propagande
ne
l'emportera jamais sur la vraie vie des Français. Mais, je pense... C'est quoi ce comparateur que vous venez d'évoquer ? Ça s'appellera la vraie facture Macron et nous avons beaucoup travaillé. Alors, ce n
'est
pas encore prêt, vous l'aurez dans quelques jours. Ce sera en ligne. Ça sera en ligne et ça permettra à chaque Français de voir le vrai coût.
Parce qu'il y en a assez du mensonge... Vous englobez la hausse du
diesel,
la hausse du tabac ? Oui,
parce
que, si vous voulez,
il n
'y a
pas que les Parisiens qui vivent. C'est-à-dire que...
Le tabac, on n'est pas
obligé de fumer.
Vous voulez que je vous raconte
une anecdote pour rire un peu ? C'est triste, c'est tellement triste. Ça illustre d'ailleurs le problème français. Quelqu'un me racontait la commission interministérielle qui a décidé du 80 km heure sur les routes. Mesure débile, par essence. Totalement débile. Ça n
'épargnera pas des vies ?
Non, parce
que ce qui
n'épargnerait des vies, c'est de s'attaquer aux délinquants routiers
qui,
aujourd'hui, roulent sans permis, cannabis, alcool, et qui sont les vrais dangers publics. Là,
on va embêter tous les Français. Vous avez d'ailleurs déposé une proposition de loi en ce sens.
Oui.
Donc, je ne suis pas pour
le laxisme. Mais je ne veux pas qu'on embête des millions de Français pour rien. Eh bien, la personne me racontait que le comité interministériel à Matignon,
il
n
'y
avait que des Parisiens qui n'avaient pas de voiture
qui
ont décidé ça. Et ça illustre la coupure entre le nouveau monde de Macron et la réalité des Français. Alors, moi, je vous dis une chose.
Ça
ne sert à rien de critiquer Macron si on n
'est
pas capable de proposer quelque chose. Je pense que le mirage Macron va passer. Mais que les électeurs, qu'ils soient républicains, Front National ou qui aient voté Macron et qui sont déçus, ne veulent pas voir revenir les boutiques de Mme Le Pen, de M. Wauquiez ou même de M. Dupont-Aignan. Ils veulent un autre état d'esprit. Ils veulent qu
'on
s'occupe d'un vrai projet parce qu'ils ont été bernés par un bel emballage.
Ils
voient le contenu. Maintenant, ils voudraient un beau contenu. Alors, laissez-moi quelques mois pour préparer le beau contenu et puis ensuite, faire appel aux Français pour sauver la France parce que c'est de ça qu'il s'agit. Laurence Ferrari.
Une question qui concerne un ministre du gouvernement d'Édouard Philippe, Gérald Darmanin.
Est-ce
que vous appelez à sa mise en retrait de la vie politique alors qu'une enquête préliminaire pour viol pèse sur lui ?
Est
-ce que Laurent Wauquiez a raison de faire cette requête
?
Écoutez, c'est une question de conscience très difficile.
Vous
savez, on veut toujours que les hommes politiques aient réponse à tout. Moi, je ne
suis
pas un singe savant. Je suis comme tous les Français. Le seul point qui m
'a
un peu choqué dans la parole de Laurent Wauquiez, c'est qu'il fasse déjà le ménage dans son parti. Moi, j'ai eu M. Tron dans mon
département
qui était envoyé aux assises donc après un vrai travail juridique
et
il était toujours président des Républicains. Dans votre département. Oui, donc que Laurent Wauquiez donne des leçons à tout le monde ou à personne.
Ça,
c'est le premier point. Et deuxième point, moi, j'attends que la justice fasse son travail. Je n'aime pas les hommes politiques qui s'élèvent en justicier.
Un dernier point avant que nous
marchions une deuxième pause. Avec vous,
Nicolas Barret, sur la réforme de la
fonction publique. Les pistes ont été annoncées cette semaine. Oui, un certain nombre de pistes, notamment cette idée de plan de départ volontaire. Est-ce que vous pensez que c'est une bonne piste plutôt que simplement réduire les effectifs de la fonction publique en ne renouvelant pas certains départs à la retraite ?
Moi, j'aimerais
qu
'on redéploie les effectifs. Moi, je ne
veux
pas supprimer de fonctionnaires parce que je connais les hôpitaux, je connais les banlieues, je suis élu des banlieues. Je sais les manques qu'il y a. Alors, je sais qu'il
y
a des gains de productivité à avoir. Je ne suis pas pour l'immobilisme. Et dans ma présidentielle, j'étais un des rares à avoir dit je ne supprimerai pas d'emplois de fonctionnaires, mais je les redéploierai. Il manque 50 000 militaires. Il manque 40 000 forces de l'ordre. Il faut augmenter les salaires des gardiens de prison. On va dépenser 50 millions d'euros. Alors, je sais, les
soi
-disant, sur les entreprises privées, pour mettre le téléphone dans les cellules des voyous. Et on n'est pas capable de payer des gardiens de prison. Mais c'est indigne. Alors, plutôt que de vouloir faire partir et de ne
pas
payer les fonctionnaires, j'aimerais qu'on ait une politique plus sélective. Ceux qui bossent, ceux qui sont aujourd'hui à genoux,
on
les défend, on les aide, on les rémunère parce qu'on a besoin d'un État fort. En revanche, là où il y a des gains de productivité, là il y
a
des effectifs en trop, on redéploie. Si des gens
faisaient ça... Et donc on
fait des plans de départ volontaires dans
ce cas-là. Mais pourquoi on peut former ? Pourquoi faire partir ? Pourquoi cette mentalité française de toujours mettre au chômage les gens
?
Pourquoi 55 ans devrait être au chômage ? Non. Moi, je pense que j'ai une autre vision de mon pays. Et dans la fonction publique, il
y a
des gens très bien. Et d'ailleurs, le gouvernement a refusé d'augmenter l'indice de la fonction publique,
ce
qui fait que les fonctionnaires ont perdu encore 50 euros, là, 1,2% de leur salaire. Il
y
a une inflation d'1,2%. Ça fait 4 ans que ça dure. Les infirmières sont paupérisées. J'étais près de la Savoie. Les infirmières partent toutes en Suisse où elles sont payées le double. Donc cette idée qu'il faut toujours payer moins cher les Français, ça aboutit à quoi ? Aux riches qui d'un côté gagnent toujours plus et aux autres.
Donc je
ne suis pas d
'accord avec cette idée. Précisons tout de même qu'une négociation est en cours avec
les syndicats fonctionnaires. pour
compenser la baisse de pouvoir d'achat liée à la hausse de la CIG. Nicolas
Dupont-Aignan est notre invité. Les
Français savent bien que les millions de fonctionnaires qui bossent et les policiers, les gendarmes qui sont insultés gagnent chaque année moins. Est-ce que c'est normal ?
Nicolas
Dupont-Aignan est notre invité, l'invité du Grand Rendez-vous. On marque une deuxième pause très courte et on se retrouve tout de suite après.
Le
président de Debout la France est notre invité, Nicolas Dupont-Aignan. Troisième partie du Grand Rendez-vous avec vous, Laurence Ferrari.
Jean-Pierre Chevènement qui préside la Fondation pour l'Islam de France lance cette semaine des propositions. Par exemple, la création d'une université financée et sur fonds publics pour former les imams de France. Qu
'en
pensez-vous ?
Je l'ai toujours réclamé depuis 20 ans. Tant qu'on ne formera pas les imams et qu'on les importera, pardonnez-moi ce terme un
peu
élégant, de pays étrangers, il n
'y
aura pas de capacité à créer le fameux islam de France. Mais encore une fois, ce qui est stupéfiant, enfin moi ce qui me stupéfait dans d'autres pays depuis des années, c'est qu'on sait ce qu'il faut faire en fait
et
on ne le fait pas. Je lisais dans le journal Le Monde, alors on ne
peut
pas dire que Le Monde, c'est un journal qui m
'est
favorable, qui avait 17 mosquées salafistes à Marseille.
17 ?
Et on laisse ça, on laisse ça, alors il y en a une qui a été fermée, mais une de fermée, c'est une goutte d'eau dans un océan. La vraie question,
la
vraie question, c'est que les gouvernements, par leur relation avec les pays du Golfe, ont laissé s'installer dans notre pays un islam dangereux
qui
nuit aux français de confession musulmane qui pratiquent leur foi tranquillement et qui sont otages d'extrémistes et de dangereux personnages. Nicolas Barret, alors justement, donc faisons le ménage, mais osons le faire. Mais pour ça, ça voudra dire faire le ménage avec les monarchies du Golfe, cela voudra dire ne pas dépendre de l'Arabie Saoudite, ne pas dépendre du Qatar, cela voudra
dire s
'occuper des pays du Maghreb de manière plus intelligente, c'est un enjeu, pas seulement pour la France, c'est un enjeu pour tout le bassin méditerranéen.
Et
là, il va falloir employer les grands moyens, mais pour ça, il
faut
oser.
Jean-Pierre Chevènement propose une autre mesure, c'est que les prêches dans les mosquées soient prononcées en français et pas en arabe. Ce
que j'ai
proposé à tous mes programmes politiques à Debout la France, donc maintenant, il faut
agir, mais vite, il
y
a urgence. Passons à un autre sujet qui va occuper l'actualité à la fois de la semaine, mais des prochaines semaines et des prochains mois, c'est la Corse. Vous avez constaté cette manifestation des nationalistes hier, calme, mais déterminée. Le président de la République arrive sur place dans l'île ce mardi. Est-ce que vous pensez que ce dossier va devenir une déconvenue pour le président de la République ? Est-ce que c'est un piège ? Je ne le souhaite
pas parce que j'ai le sens de la France et de l'État et je souhaite que le président de la République soit à
la
hauteur de l'enjeu, c'est-à-dire qu'il ne fasse pas comme ses prédécesseurs,
qu
'il ne cède pas, je finis ma phrase,
c'est
une affaire suffisamment grave, qu'il ne cède pas à une espèce de fuite en avant. Libre aux Corses, comme
aux
habitants de l'Aquitaine, aux Bretons et aux autres, de vouloir défendre une identité corse que je n'ai jamais niée
et
que je connais. Libre à eux de vouloir, et il y a eu des dispositions pour cela, pour que la langue corse puisse s'épanouir. Mais il y a une chose qui est de vouloir avoir son identité, un minimum de souplesse, et une autre qui est de vouloir nous entraîner vers l'indépendance d'une région en faisant pression sur une population.
Ça,
je ne
l'accepterai jamais. La fermeté, c
'est ce que renvoie aujourd'hui le gouvernement. Est-ce que vous êtes inquiet sur sa capacité à tenir sur ces principes que vous venez de citer ? Écoutez,
je souhaite que le gouvernement tienne parce que j'en ai assez de voir les élus corse avancer masqués. Ils ont profité de la nullité du personnel politique corse des vieux partis et de leur lien bizarre, de leur incapacité à exister. Ils ont apporté un renouveau. Ces nouveaux élus corse, il faut le reconnaître, sinon ils n'auraient pas eu tant de suffrage. Mais prenons garde, il y
a
eu beaucoup d'abstention. À chaque fois que les corses sont votés, ils ont voté dans les référendums pour le maintien dans la République.
Et
donc, je ne voudrais pas que cette victoire des nationalistes dans les urnes
soit
prise comme un blond-seing de la population corse
pour
une aventure indépendante. Vous
craignez un
scénario à la Catalogne ? Oh, je crains surtout une agitation inutile. Et je pense que la République doit être ferme.
Donc, non
à la langue corse officielle, non à l'amnistie et des prisonniers politiques, non au statut de résident corse.
Bien
sûr, parce que ça voudrait dire que c'est un pays identitariste.
C
'est tout le contraire de la République. La République,
c
'est l'égalité des droits et des devoirs. Alors, c'est insupportable. Cela voudrait dire que les assassins des Rignac devraient être libérés. Cela voudrait dire que si on ne parle pas le corse, on ne peut plus être fonctionnaire en Corse. Cela voudrait dire que si on n'a pas cinq ans de résidence, on ne peut pas aller en Corse.
Mais
ce n
'est
plus la République, ce n'est plus la France. À ce moment-là, il faut que les Corses choisissent. mais
l
'idée d'avancer masqué, de faire croire que ce sont de simples demandes d'autonomie, alors qu'en fait, c'est une volonté de
partir
sur l'indépendance. Et ça, c'est inacceptable pour moi, mais c'est aux Corses de choisir. Mais maintenant, il faut arrêter le folklore. Et j'aimerais que les autorités corse se saisissent déjà des compétences énormes qui leur ont été accordées. Et pourquoi pas ? Sur les transports, il y a beaucoup de choses à faire. Et je pense que l'autorité de Corse devrait déjà travailler avec les compétences qui sont les siennes.
On
va parler des médias. Est-ce que vous avez vu la révocation de Mathieu Gallet par le CSA, le patron de Radio France, comme un acte politique ?
Non, non. Je ne
l
'ai pas vu comme un acte politique. Je pense que les sages, comme on dit, ont bien dû hésiter. Maintenant, ils ont pris leurs responsabilités. Ce qui me paraît beaucoup plus grave aujourd'hui en France, c'est ce projet de loi du gouvernement sur ce qu'on appelle les fake news, qui veut dire les fausses nouvelles, alors que nous avons un gouvernement qui a propagé des fausses nouvelles depuis le départ.
Que
M. Macron est le roi de la fausse nouvelle. Ah bon ? Par exemple ? Pendant le débat, je m'en souviens, il m'a eu d'ailleurs, pendant le débat des 11 candidats à la présidentielle,
il
m
'a
assuré droit dans les yeux qu'il n'était pas ministre quand il y a eu les ventes de grandes entreprises et l'abandon, le bradage des grandes entreprises publiques, je n'avais pas vérifié avant, enfin j'avais vérifié mais je n'étais pas sûr à 100% et il a bluffé et il avait tort. Donc,
il m'a menti droit
dans les yeux. Et
moi, je n'aime pas les gens
qui mentent quand ils mentent sur le pouvoir d'achat, quand ils mentent sur les entreprises. Par exemple, il faut quand même parler, j'entends partout, tiens, dans les échos, journal, tout à fait respectable, mais je passe ma vie à lire les échos et je
vois marquer,
je vois marquer, oui mais parfois je me lasse, parce que je vois marquer des fake news permanentes que c'est un président pro-business.
Eh
bien, les charges sur les PME vont augmenter cette année. Vous le savez, le CICE va être réduit. Vous le savez, vous êtes d'accord avec moi. C'est un fait, ça, ce n
'est
pas une fake news. Alors, pourquoi M. Macron se fait passer pour un pro-business et que des grands chefs d'entreprise ne font que des louanges sur lui alors que toutes les PME vont trinquer cette année et que ça va entraîner du chômage en plus. Oui, il est le président des multinationales, il est le président des 3000 familles qui vont bénéficier des baisses d'impôts considérables.
Et
sur le projet
de loi des fake news alors ? Le
projet de loi des fake news, ce sont les juges qui vont décider, qui disent la vérité.
Je
peux vous raconter une anecdote. Je suis convoqué
le
7 février devant le tribunal de Paris.
C
'est la première fois que ça m'arrive.
Par
le parquet.
J
'ai reçu un papier, j'ai eu un choc. Moi qui ai...
Jamais
j'ai vu ça. Et je suis convoqué parce que j'ai fait un tweet pendant la campagne présidentielle au lendemain des statistiques migratoires de 2016.
Et
j'ai écrit qu'il y avait un changement de population parce que pour la première fois en 2016,
le
solde naturel était inférieur au flux migratoire.
C
'est-à-dire que les naissances des Français par rapport au décès étaient inférieures et on atteint 65%. C'est un fait.
Je
suis traduit
pour
incitation à la haine raciale. Ah
! Qu
'est-ce que j'ai fait
?
Vous vous rendez compte
? Un
élu de la République qui s'exprime sur des statistiques migratoires et qui ne fait que dire la vérité
est
traduit en justice. Alors, je serai bien sûr, je l'espère, blanchi. Mais cela veut dire qu'on est en train de réinventer le délit d'opinion.
C
'est extrêmement grave ce qui se passe dans notre pays. Vous êtes
radicalement opposé en fait à toute législation anti
-fait. qui
existe
sur
le droit de la presse qui est sévère
et
qui punit les fausses nouvelles. La diffamation notamment. La diffamation et les fausses nouvelles. Appliquons la législation. Mais je vois une tendance d'un pouvoir
qui
voit que la vérité, que la réalité ne correspond pas à son discours
et
qui voudrait faire taire les Français.
Mais
ce n
'est
pas seulement en France,
c
'est partout dans le monde. C'est, vous savez,
en
vérité, ils volent le système chinois.
L
'ultra-capitalisme chinois et le parti unique.
C
'est ça qu'ils veulent. Eh bien moi, je veux la liberté. Je veux la souveraineté du peuple, c'est-à-dire la démocratie. Et c'est un problème européen, c'est un problème occidental,
c
'est un problème mondial. Quelques multinationales veulent tout décider, sont propriétaires de groupes de presse, veulent influencer les opinions et ne supportent pas que le peuple pense différemment.
Vous dites qu'Emmanuel Macron veut le système chinois en France. Vous effectuez un raccourci, c'est une fake news.
Non,
c'est ce que vous venez de
dire quand même.
Vous venez de dire en résumé que Emmanuel Macron est un mentheur. Je suis en train de préparer un livre.
J'écris un livre en ce moment. J'écris un livre, oui. J'écris un livre et je réfléchis. Est-ce que la démocratie
n
'aura été qu'une parenthèse de deux siècles
? Quand
je vois que l'argent achète tout, les médias, les hommes politiques, les décisions, je me dis est-ce qu'il
y a
encore une démocratie ? Mais moi, je me bats pour que la politique, c'est-à-dire le peuple, reprenne en main son destin. Alors après, ce n
'est
pas au juge de décider, c'est au peuple. Bien sûr, il y a une législation anti-hénie raciale et c'est très bien. Mais attention au pouvoir des juges. Attention à ce qu'on ne transforme pas toute prise de parole en délit d'opinion. Et cette liberté, je sais que les Français y sont profondément
attachés. Alors en parlant de justice, justement, cette semaine, certains ont pu être troublés par l'intervention de plusieurs ministres. Marlène Schiappa qui a critiqué la défense de l'avocat de Jonathan Daval. Avant elle, Nicole Belloubet avait qualifié le comportement de jawad lors de son procès. Est-ce que, selon vous, c'est le rôle des ministres comme ça de commenter l'actualité judiciaire ?
Écoutez, moi je vais vous dire, je la trouve sympathique cette madame Schiappa et elle a résout. parce qu
'il
n'y
a
plus de liberté de parole. Alors, est-ce qu'on peut laisser les gens parler dans notre pays
? Les
ministres, les députés, voilà, moi je vous dis, laissons les gens parler. Mais reprenez les débats avec Crémenceau, avec Zola, mais il y avait une liberté de parole dans notre pays avec Victor Hugo, un peu de liberté.
Mais on parle de la séparation des pouvoirs, on ne parle pas exactement de liberté de parole. Madame
la ministre des droits des femmes a dit quelque chose de très juste, c'est que l'avocat ose dire, elle avait une personnalité envahissante, il l'a égorgée. Bon,
c'est
insupportable.
Étranglé, c'est
bien assez dramatique. C'est
insupportable quand on sait qu'il
y a
des femmes qui meurent tous les jours sous les coups de leur mari, mais c'est insupportable. Donc, elle a raison de le dire. Pour autant, est-ce qu'elle influence la justice ? Elle n'influence rien du tout. Il faudrait que les juges arrêtent de se croire au-dessus de tout le monde. Les juges sont libres de juger, les hommes politiques sont encore libres de parler, les ministres ont encore le droit de parler. Il faut arrêter cette espèce de terreur française. On ne peut plus dire rien. Vous ne pouvez plus rien écrire,
vous
ne pouvez plus rien dire. Il
y
a un moment,
ça se vient en voir. Nicolas Dupont-Aignan
est donc premier défenseur de Marlène Schiappa. Vous nous aurez surpris. Vous nous aurez surpris en ce dimanche matin.
J'ai le droit d'avoir des
convictions sur le droit des femmes et je
suis
le premier à avoir demandé une sévérité absolue sur ce drame des violences. C'est un combat que je mène dans ma ville depuis des années et je peux vous dire que je soutiendrai quel que soit le gouvernement et la couleur politique.
Merci Nicolas Dupont-Aignan d'avoir été notre invité ce
matin au
grand rendez-vous. Merci Laurence Ferrari. Merci David.
Merci à vous Nicolas Barré.
Nicolas Dupont-Aignan